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STRUCTURE ET FONCTIONS DES ORGANES DE LA VIE VÉGÉTATIVE

Los organes de la vie végétative président d'une manière générale aux phénomènes de la nutrition. Ces phénomènes, que présente nécessairement tout être vivant, sont communs aux plantes et aux animaux, et atteignent graduellement chez ces derniers, tout en restant toujours en rapport intime avec les fonctions animales de plus en plus perfectionnées, un développement beaucoup plus varié et plus élevé. L'usage des aliments entraine naturellement chez l'animal sa digestion. Les substances, susceptibles d'être assimilées, deviennent solubles, se transforment en un liquide nourricier (sang), pénètrent sous cette forme dans les différentes parties du corps et sont répandues dans tous les organes par un système de canaux plus ou moins complet; ce liquide abandonne dans son passage à travers l'organisme des éléments nutritifs et entraîne les produits de décomposition devenus inutiles, qu'il charrie jusque dans les parties où ils doivent être rejetés au dehors. Les organes qui se différencient peu à peu pour remplir les fonctions de la nutrition constituent les organes de ia préhension, de la digestion et de la formation du sang, de la circulation, de la respiration et de Yexcrétion.

Organes digestifs. — On observe déjà, chez les animaux uni cellulaires, qu'il y a absorption de matières alimentaires solides. Dans les cas les plus simples, chez les Amibes et les Rhizopodes, ce sont des prolongements du sarcode (pseudopodes) qui entourent les corps étrangers (fig. 65). Chez les Infusoires qui sont recouverts extérieurement d'une couche résistante, il existe une masse de sarcode centrale à demi fluide (endoplasma), distincte de la couche résistante du sarcode périphérique (ectoplasma), dans laquelle sont reçues par l'ouverture buccale et digérées les substances alimentaires. Les organes préhensiles sont représentés par des rangées de cils rigides (zone de cils circumbuccaux des Infusoires ciliés) (fig. 66).

Parmi les animaux à parenchyme cellulaire différencié (Métazoaires), on remarque que chez les Cœlentérés la cavité interne du corps (qui morphologiquement n'est pas comparable avec la cavité viscérale des autres animaux, mais qui est identique avec leur tube digestif) fonctionne comme poche digestive, et que ses diverticulums périphériques, disposés tout autour, tiennent lieu de système vasculaire (cavité gastrovasculaire). Chez les Polypes (Anthozoaires), un tube fait saillie dans la partie centrale de la cavité digestive, par invagination du bord de l'ouverture buccale; on lui donne le nom de tube stomacal, quoiqu'il ne serve qu'à l'introduction des matières alimentaires et remplisse par conséquent plutôt l'office d'un tube buccal ou d'un oesophage (fig. 67).

A cet appareil si simple viennent déjà se surajouter des organes de préhen-

sion; on voit en avant de la bouche, disposés tout autour d'elle, ou symétriquement de chaque côté, des appendices, de simples prolongements du corps, qui déterminent des courants pour attirer les particules alimentaires, ou agissent comme des bras pour s'emparer des corps étrangers et les porter à la bouche (Polypes, Méduses) (fig. 68). Des appendices analogues, destinés au même usage, peuvent aussi se rencontrer loin de l'ouverture buccale (fils pêcheurs des Méduses, des Siphonophores, des Cténophores).

Quand la cavité digestive est pourvue d'une paroi propre distincte de la paroi

du corps et le plus sou vent(sauf chez les Vers pareil eh y mateux) séparée de cette dernière par une cavité viscérale, elle n'est d'abord qu'un tube terminé en culde-sac, simple, bifurqué ou ramifie muni d'un pharynx distincl ( Trématodes , Turbellariés), ou bien c'est un tube digestif terminé par un orifice particulier, l'anus (fig. 69 cl 70). Dans ce dernier cas, on peul y distinguer au moins trois parties, l'intestin buccal (œsophage), qui sert à l'introduction et

au passage des aliments, l'intestin moyen, qui les digère, et l'intestin terminal, qui conduit au dehors les fèces. Le tube digestif peut aussi être atrophié et la bouche peut, comme chez certains Protozoaires (Opalines), manquer aussi (Acanthocéphales, Ceslodes Rhizocéphales).

Dans les animaux supérieurs, d'ordinaire non seulement le nombre des divisions de l'appareil digestif augmente, mais encore la forme et la disposition en sont plus variées. Les organes destinés à saisir la nourriture, office que remplissent souvent des appendices situés près de la bouche, tels que les pattes, sont aussi plus compliqués. A l'intestin buccal se joint une cavité buccale, de-

ng.es.

Rotalia veneta, avac une Diatomée prise dans le réseau des pseudopodes (d'après Max Schullze).

vant laquelle ou dans l'intérieur de laquelle des formations solides, dents et mâchoires, servent à saisir et à broyer les aliments (Vertébrés, Gastéropodes), sur lesquels viennent aussi agir chimiquement certaines sécrétions spéciales (salive). Fréquemment l'appareil masticateur est situé à l'extérieur, en avant de la bouche; il est représenté par des paires de pattes-mâchoires {Arthropodes), ou transformé pour piquer ou sucer (Parasites); il peut être relégué en arrière dans le pharynx (Rotifères), ou même, dans la portion terminale dilatée et musculeuse de ce dernier organe. En ce point, le tube digestif présente le plus souvent une portion dilatée, l'estomac, dans laquelle débute la digestion après une nouvelle division mécanique des aliments (estomac masticateur des Crustacés), ou bien, grâce à la sécrétion de certains liquides spéciaux (pepsine), parlois l'estomac remplit les deux fonctions (Oiseaux) ; après quoi le chyme passe dans l'intestin moyen. Des diverticulums accessoires peuvent encore se développer, par exemple sur les côtés de la cavité buccale des abajoues, sur l'œsophage un gésier et sur l'estomac d'autres poches terminées en culde-sac, qui servent de réservoirs où s'emmagasinent temporairement les aliments ingérés (estomac des Ruminants) (fig. 71 et 72).

Fig.

Kig. t>7. — Coupe longitudinale à travers le corps d'un Polype Anthozoaire (Octatinie). M, tube o-sophagien, avec l'orifice buccal entouré de tentacules bipinnés Mf, replis mésentéroides ; G, organes génitaux.

Stylonyckia mutilas d'après Stein, vu par la face ventrale. Wz, zone ciliée adorale; C, vacuole contractile; N, noyau; .V, nucléole; A, anus.

Dans la région moyenne du tube digestif, intestin moyen, que l'on désigne le plus souvent sous le nom d'intestin stomacal ou d'intestin chylifique se termine la digestion commencée dans la cavité buccale par l'affluxde la salive et continuée dans l'estomac sous l'action du suc gastrique (pepsine, digestion des principes albuminoïdes en présence d'un acide). La bouillie alimentaire, ou chyme, subit de nouvelles transformations par suite de l'action de nouvelles sécrétions (hépatopancréas, pancréas, gangles intestinales) qui, comme le suc gastrique (mais en solution alcaline, Irypsine), jouissent de la propriété de. dissoudre les principes albuminoïdes. et finalement se trouve transformée en un liquide, ou chyle, qui

est absorbé par les parois intestinales. Il n'est pas rare que l'intestin moyen,

dont la surface est multipliée surtout, par la formation de replis et de villosités, ainsi que par l'accroissement en longueur, se subdivise à son tour en parties douées de propriétés différentes, par exemple chez les Mammifères, où il se partage en duodénum, jéjunum et iléon. Chez les Invertébrés on désigne souvent la première et la plus antérienre de ces parties, élargies et munies de glandes accessoires (foie) sous le nom et le segment suivant étroit et long sous celui d'intestin grêle.

Le gros intestin, qui n'est pas toujours nettement séparé de l'intestin moyen, a pour mission de rassembler et d'expulser les résidus de la digestion, mais peut aussi être le siège.

dans sa partie proximale'ou dans son appendice crecal, d'une sorte de digestion ultérieure. Peu étendu chez les animaux inférieurs, il atteint dans les divisions les plus ig. 70. - Tube digestif d'un jeune Né- élevées de l'échelle

inatode. 0, bouche; Oe, intestin buccal animale Ulie lonSUeilF

MA Fig. 68. - Médusa atirita, vue par la face inférieure. M.\, les quatre bras buccaux entourant la bouche; Gk, glandes sexuelles; (.11, ouvertures sexuelles; /;/,'. corpuscules marginaux ; RG, canaux radiaires ; T, tentacules marginaux.

d'eslomac,

l'i . 69. —Tube digeslil du liitomum hepaticum, d'après R.

euckart. /', branches du tube digestif; 0, bouche.

(œsophage) avec sa dilatation pharyngienne l'Ii ; D, intestin moyen;

considérable. 11 com-

Dans la terminologie allemande et anglaise les expressions, extrémité proximale el extrémiti

mence par un (Mammifères) ou deux csecums (Oiseaux); il peut se diviser en plusieurs portions, telles que le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon descendant et le rectum, et à sa terminaison être en communication avec des "•landes de nature diverse (organes urinaires et sexuels, glandes anales). Il peut encore remplir d'autres fonctions, par exemple servir à la respiration (larves de Libellules) ou sécréter un liquide particulier (larve du Fourmilion) (fig. 75

et 74).

Les glandes salivaires, le fuie, le pancréas ne sont pas autre chose que des enfoncements de la muqueuse, qui ont subi des différenciations nltèrieures cl se sont transformés en glandes. Les pre- S~\

mières déversent leurs sécrétions dans la cavité buccale et concourent à liquélier les aliments, en même temps qu'elles exercent sur eux une action chimique, qui consiste essentiellement dans la transformation de

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