TRILOBITES
droit, dans lequel vient déboucher le foie. L'anus est situé en avant de la base du stylet caudal. Le cœur est allongé, tubuleux; il présente huit paires d'ouvertures fermées par des valvules. Les artères se déversent bientôt dans des espaces lacunaires. Deux trajets sanguins conduisent le sang des branchies dans le sinus péricardique. Cinq paires d'appendices des pattes abdominales, composées d'un grand nombre de lamelles serrées les unes contre les autres comme les pages d'un livre, jouent le rôle de branchies. Les ovaires ramifiés aboutissent à deux oviductes, qui s'ouvrent séparément sur la première paire de patios, en dessous. Les orifices des conduits déférents s'ouvrent au même point chez le mâle. Les pattes thoraciques antérieures du mâle sont terminées par de simples griffes. Quant au développement de ces animaux, on sait que les embryons ,>—— quittent l'œuf sans posséder encore le stylet caudal
et souvent dépourvus aussi des trois paires de pattes branchiales postérieures. On a appelé cette phase évolutive, la phase de Trilobite, à cause de la ressemblance que les larves présentent à cette époque avec les Trilobites (fig. 657). Le bouclier céphalothoraeique présente une pièce médiane saillante qui ressemble à la glabelle, il en est de même des huit articles abdominaux, dont le dernier encadre le rudiment du stylet caudal. Dans la phase suivante,
Fig. 657. - Embryon de Limulus à J l
la phase de Trilobite (d'après a. le bouclier caudal se solidifie et le stylet caudal
n°hm)- prend tout son développement.
Les animaux adultes atteignent une longueur de plusieurs pieds et vivent exclusivement dans les mers chaudes de l'archipel Indien et sur les côtes occidentales de l'Amérique du Nord. Ils se tiennent â une profondeur de deux à six brasses dans les fonds sablonneux, où ils. s'enfoncent en recourbant et allongeant alternativement leur bouclier céphalique et leur bouclier caudal ainsi que leur stylet. Leur nourriture est principalement formée de Néréides. On les rencontre à l'état fossile surtout dans les schistes lithographiques de Solenhofen, et aussi dans les couches anciennes jusqu'aux terrains de transition.
Fam. Xjphosura. Une seule famille et un seul genre. Limulus Mull. L. moluceanus (lins. On le pèche en abondance dans les mois de juillet et d'août dans le voisinage du port de Batavia. Les œufs et la chair sont comestibles. S. longispinus v. der Ilœv., Japon. L.polyphemus L., sur les côtes occidentales de l'Amérique du Nord.
Les principales formes fossiles sont les suivantes : Limulus Walchii Desm., voisin du L polyphemus, L. giganteus Munst. Tons les deux dans l'oolithe de Solenhofen. Belinurus 1 ilobiloides Buckl., dans le terrain carbonifère.
A la suite des Mérostomes et des Xiphosures nous étudierons brièvement les TRILOBITES1. dont la place ne peut pas encore être déterminée d'une façon
1 Outre les mémoires anciens de Lhwyd, Hermann, Walch, etc., voyez: Audouin, Recherches sur les rapports naturels des Trilobites. Mém. Muséum, vol. VII, 1821. — Milne Edwards, Sur les affinités des Trilobites. Journal l'Institut, 18">7. — Broneniarl, Histoire naturelle des Crustacés fossiles. 1822. — Castelnau, Sur les pattes des Trilobites. Journal l'Institut, 1842. — H. Durmeister, Die Organisation der Trilobiten. Berlin, 1843. — Beyrich, Untersuchungen ûber Trilobiten. Berlin. 1845-1846. — J. Barrande, Système silurien du rentre de la Bohème. Prague, 1852. — S. AV. Salter, Amonography of British Trilobites. London, 1864-1866.