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TRILOBITES

certaine. Les Trilobites ne se trouvent qu'à l'état fossile dans les formations géologiques les plus anciennes. Quoiqu'ils se soient très bien conservés et qu'ils soient représentés par des formes très nombreuses, cependant les conditions dans lesquelles il se sont fossilisés sont telles, (pie la partie inférieure de leur corps et l'organisation de leurs membres nous restent complètement inconnues et <pie par conséquent les caractères qui seuls pourraient nous renseigner sur leur parenté font défaut. Kl, bien qu'or* puisse logiquement supposer (pie les membres étaient formés de parties molles, cependant on n'est pas suffisamment autorisé à eont dure, avec Burmeister, que ces membres présentaient la structure de ceux des Phyllodes1.

Le corps fréquemment enroulable est recouvert d'une épaisse carapace et divisé par deux lignes longitudinales parallèles en une région médiane saillante (rhachis) et deux régions latérales (plèvres) (fig. 638). 11 n'atteint que rarement une taille considérable. On y remarque une portion antérieure recourbée et en demi-cercle, la tête ou le céphalothorax, et une série d'anneaux bien marqués, qui appartiennent en partie au thorax, en partie à l'abdomen, série terminée par une pièce caudale, le pygidium. Sur le bord du pygidium, la face supérieure de la carapace se recourbe sur la face ventrale, de telle sorte qu'elle ne laisse libre que la portion

1 Nous croyons devoir donner ici, d'après M. Barra nde et M. Pictet, un résumé des principales particularités anatomiques qu'offrent les Trilobites, car c'est sur elles qu'est basée leur classification.

Le corps des Trilobites, composé d'une série d'anneaux, est divisé en trois parties principales : 1° la tête (Milne Edwards), qui a été aussi appelée céphalothorax (Dalinan) et bouclier (Brongniart); '2° le thorax (Milne Edwards), ou tronc (Dalman), on abdomen (Brongniart) ; 3° l'abdomen (Milne Edwards), ou pygidium (Dalinan), ou postabdomen (Brongniart).

La face supérieure de chacun des anneaux est partagée par deux sillons longitudinaux, en trois lobes; l'un, situé au milieu, appelé lobs moyen, les deux autres situés de chaque côté et appelés lobes latéraux ou flancs. Au thorax, on désigne aussi le lobe moyen sous le nom d'anneau et les lobes latéraux sous le nom de plèvres. Les plèvres peuvent être de deux sortes : les plèvres à bourrelet offrant, sur leur milieu, une saillie, et les plèvres à sillon, offrant au contraire une dépression.

La tôle est toujours distincte du thorax, mais souvent il n'existe pas de ligne de démarcation Lieu tranchée entre les anneaux du thorax et ceux de l'abdomen.

La tête est en général plus large que le reste du corps, elle a la forme d'une demi-lune, arrondie en avant, concave en arrière. Elle présente à considérer le limbe ou bord, dans lequel on distingue le filet marginal et la rainure du bord, et qui se divise en trois perlions, le bord frontal etles bords latéraux. Le bord postérieur de la tête porte au milieu ie nom d'anneau occipital et, sur les côtés, celui de bord postérieur de la joue. Le lobe médian de la tête est la glabelle, qui parfois n'est pas parfaitement distincte, par suite de l'existence de sillons secondaire.

Les différentes pièces de la tête sont réunies par des lignes suturales sinueuses, dont les modifications fournissent de bons caractères. La grande suture contourne de chaque côté et en dedans l'œil; elle se termine au bord postérieur de la tête. L'espace qu'elle laisse entre elle et la glabelle est la joue fixe, l'espace placé en dehors est la joue mobile. La pointe génale est l'angle postérieur de la joue.

Le test, en se recourbant au-dessous de la glabelle, limite l'ouverture buccale, où l'on distingue en avant Vhypostome analogue au labre, et en dedans etparallèlemenl l' épis tome. La suture kypostomalc est située au-dessous de la tête, en avant de l'hyposlome. Les sutures de jonction, qui n'existent pas toujours, sont tantôt au nombre de deux, tantôt au nombre d'une seule ; elles s'étendent de la grande suture à la suture hypostomale. Lasuture suboculaire contourne l'œil comme la grande suture, mais en dehors.

Le pygidium est composé d'anneaux, dont les dimensions diminuent progressivement à mesure qu'ils sonl plus postérieurs. Sa l'orme est très variable; elle est ovalaire, parabolique, trapézoïdale, etc. Parfois le pygidium est terminé par un appendice allongé ou lamelleux. — (Trad.)

moyenne de cette dernière. Les parties latérales de la tête, dont la partie médiane ou glabelle est saillante, portent, en général, sur deux emmenées, de gros yeux '

à facettes; elles se terminent souvent par deux longs stylets dirigés en arrière, se repliant également sur la face ventrale. A l'exception d'une lamelle, comparable a la lèvre inférieure des Entomostracés (hypostome), on n'a pu démontrer d'une manière certaine la présence d'aucune sorte d'organes buccaux sur la face ventrale de la tête. Les anneaux du thorax, dont le nombre est très variable, mais presque toujours déterminé pour chaque espèce à l'état adulte, présentent également sur les parties latérales de la face ventrale d'ordinaire des replis, ainsi que des appendices aliformes et de longs aiguillons de forme très diverse.

Les Trilobites habitaient la mer; ils vivaient probablement dans les eaux profondes, dans le voisinage des côtes. Leurs restes fossilescompites tent parmi les débris organiques animaux les plus anciens. On les trouve déjà, principalement en Bohême, en Suède, en Russie, etc., dans les couches les plus inférieures des terrains de transition. D'après la structure de la tête, en particulier de la glabelle, d'après la forme du pygidiurn et le nombre des anneaux thoraciques, on distingue de nombreuses familles. Les genres les plus importants sont : Harpes (H. macrocephalus Gold.), Paradoxides (P. Tessini Brongn., Entomolithus paradoxus L.), Calymene \C. Blumenbachii Brongn.), Olenus (0. gibbosus Wahlb.), Ellipsocephalus (E. Hoffii Schlolth.), Phacops (P. caudatusBrwan.), Àsaphus (A. expansus Wahlb.), Ârges, Broutes, etc.

Fig. 638. — Diagramme du Bal Hausmanii ^d'après Pictet). — Gl, Gla belle; Sf, grande suture; 0, yeux: Ge joues; M, rachis (tergum) ; PI, plèvres Py, Pygidium.

c2. CLASSE ARAGHNOIDEA1. ARACHNIDES

Trachéales dépourvus d'ailes, présentant un céphalothorax, deux paires de mâchoires, quatre paires de pattes et un abdomen apode.

Les Arachnides, qui constituent un groupe d'Arthropodes àrespiraïionaérienne,

1 C. A. Walckenaer et P. Gervais, Histoire naturelle des Insectes apl'eres. 5 vol. Paris, 1857- 1844. — Halm nul Koch, Die Arachniden getreu nach der IS'atur abgebildet und beschrieben. 16 \»ls. Nûrnberg, 1831-1809. — E. Blanchard, Organisation du règne animal. Arachnides. Paris, 1860.

Voyez aussi les mémoires de Tréviranus, Hcrold, Léon Dufour, Claparède, Blanchard, etc.

ou Trachéates, bien nettement délimité, présentent de très grandes variations dans la forme générale du corps. La tête et le thorax sont dans la règle, il est vrai, confondus ensemble de manière à constituer un court céphalothorax (sauf chez les Solpugides), mais l'abdomen peut être très différent. Chez les véritables Araignées il est rende, globuleux, sans divisions, et réuni au céphalothorax par un court pédicule; chez les Scorpions, au contraire, l'abdomen très allongé est articulé avec le céphalothorax dans toute sa largeur; il se divise en deux parties, un préabdomen large et composé d'une suite d'anneaux distincts et un postabdomen étroit également annelé et très mobile. Chez les Acariens, l'abdomen n'est pas annelé et est confondu avec le céphalothorax, («liez les Pentastomides, le corps ressemble à celui d'un Ver muni de deux paires de crochets placés symétriquement à la partie antérieure, au lieu de membres : aussi a-t-on désigné ces animaux sous le nom de Linguatules, cl à cause de leur parasitisme les avait-on rangés parmi les Vers intestinaux.

Une disposition caractéristique des Arachnides, c'est la réduction très prononcée de la région céphalique, à laquelle appartiennent seulement deux paires démembres qui fonctionnent comme pièces buccales. Jusqu'ici on n'a pas encore pu déterminer si la paire antérieure de ces appendices correspond morphologiquement aux antennes, ou bien, comme le pense Erichson, aux mandibules des Crustacés et des Insectes, et cela d'autant moins qu'on n'a nullement réussi à ramener à une souche anceslrale commune les deux groupes de Trachéates. La première opinion, déjà soutenue par Latreille, s'appuie sur l'origine des nerfs qui aboutissent à ces appendices. Ceux-ci sont, ou bien des chélicères quand l'article terminal peut se mouvoir et constituer une pince didactyle avec un prolongement de l'article précédent (Scorpions, Acariens), ou des griffes, quand il est simplement recourbé en bas et en dedans (Araignées). Ils peuvent constituer aussi des sortes de longs stylets qui sont contenus dans un tube formé par les membres suivants (Acariens). Les appendices céphaliques de la deuxième paire ou mâchoires se composent d'un article basilaire en forme de lame, portant un palpe maxillaire, qui ressemble beaucoup à une petite patte. Tantôt ce palpe se termine par une griffe, tantôt par une grosse main à deux doigts conformés en manière de pinces (Scorpions), tantôt est dépourvu de griffe. Très généralement il existe entre les articles basilaires des mâchoires une pièce impaire qui est la lèvre inférieure. Les quatre paires de membres thoraciques suivantes sont des pattes ambulatoires, dont la première revêt parfois une forme différente, se prolonge à la manière d'un palpe (Pédipalpes) et peut même fonctionner avec son article basilaire comme mâchoire. Les pattes se composent de sept ou six articles, auxquels on a donné chez les Arachnides supérieures les mômes noms que chez les insectes. L'article basilaire, ou hanche, s'articule avec le thorax, elle est réunie par l'intermédiaire d'une petite pièce, trochanter, avec le troisième article très long, la cuisse ou fémur. Les deux articles suivants forment par leur réunion h\ jambe ou tibia, les derniers enfin, terminés par une griffe, constituent le tarse.

L'organisation interne des Arachnides présente des modifications aussi considérables que celle des Crustacés. Le système nerveux peut former une masse ganglionnaire commune au-dessus et au-dessous de l'œsophage; le cerveau peut

même n'être représenté que par une simple bandelette transversale sus-œsophagienne (Pentastomides). Dans la règle il existe une séparation entre le cerveau el la chaîne ventrale; celle-ci présente des degrés de développement très-divers. On a démontré la présence de nerfs viscéraux (stomato-gastrique) chez les Araignées et les Scorpions. Les organes des sens sont en général moins développés que chez les Crustacés. Les organes de la vue sont représentés par des yeux plus ou moins gros, qui ne possèdent jamais de cornée à facettes; ils sont simples, immobiles, au nombre de 2 à 12, et répartis symétriquement à la face supérieure du céphalothorax. Les organes auditifs n'ont pas été jusqu'à présent découverts. Par contre, les organes du tact sont très-répandus. Les palpes maxillaires et les extrémités des membres en remplissent les fondions; chez les Scorpions on voit apparaître à la base de l'abdomen des appendices spéciaux en forme de peigne, pourvus de nombreux petits mamelons tactiles. Le canal digesti V étend en droite ligne de la bouche à l'extrémité postérieure du corps et se divise en un étroit œsophage et un large intestin, qui porte dans la règle des culs-de-sac latéraux. Les glandes annexes du tube digestif sont les glandes saliva ires, chez les Araignées et les Scorpions un foie formé de nombreux tubes ramifiés, et à quelques exceptions près, à l'extrémité de l'intestin, des canaux de Malpighi ou organes urinaires.

Les appareils de la circulation et de la respiration présentent également des degrés de développement très divers et ne manquent absolument que chez les Acariens inférieurs. Le cœur est situé dans l'abdomen, il a la forme d'un vaisseau dorsal allongé, divisé en plusieurs chambres et muni d'ouvertures latérales pour donner entrée au sang, et parfois d'aortes simples ou ramifiées à l'extrémité antérieure et postérieure, et en outre chez les Scorpions d'artères latérales. Les organes respiratoires sont des cavités remplies d'air, qui tantôt ont la forme de tubes arborescents (trachées), tantôt représentent des lamelles creuses (poumons), placées en grand nombre à côté les unes des autres comme les feuillets d'un livre, et par leur ensemble affectant l'aspect d'un sac. Ces espaces, remplis d'air, sont toujours maintenus ouverts par une solide membrane de chitine interne, de telle sorte que l'air peut pénétrer dans les trachées ouïes poumons par des ouvertures (stigmates) placées à la partie antérieure de l'abdomen et se répandre jusque dans les ramifications les plus fines.

A l'exception des Tardigrades, qui sont hermaphrodites, chez toutes les Arachnides les sexes sont séparés. Les mâles se distinguent fréquemment par des caractères sexuels extérieurs, par exemple, par leur plus petite taille, par la présence d'organes de fixation (Acariens), ou par la grosseur et la conformation de certains membres. Leurs organes génitaux se composent en général de tubes testiculaires pairs, d'où partent deux canaux déférents, qui reçoivent en outre dans la règle, avant de déboucher par un orifice commun ou par des orifices distincts à la base de l'abdomen, les canaux excréteurs de glandes accessoires. En général il n'existe pas d'organes de copulation surajoutés aux ouvertures sexuelles, tandis que des membres qui en sont très éloignés (palpes maxillaires des Araignées) peuvent servir à transporter le sperme pendant l'accouplement. Les organes génitaux femelles sont également des glandes paires, en général en grappes, munies de deux oviductes qui, avant de débouchera la partie antérieure de l'ab-

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domen, d'ordinaire par un orifice commun, se renflent de manière à constituer un réceptacle séminal et communiquent aussi avec des glandes accessoires. Rarement (Phalangium) il existe un long oviscapte protractile.

Un petit nombre d'Arachnides seulement sont vivipares (Scorpions et Acariens ovovivipares), la plupart pondent des œufs, qu'ils portent parfois avec eux dans des poches spéciales jusqu'au moment de l'éclosion. En général les jeunes qui viennent d'éclore présentent déjà la forme de l'animal adulte; chez la plupart des Acariens cependant il manque encore deux, plus rarement quatre pattes qui apparaissent seulement après les mues. Les Pentastomides, les Trombidides les Hydrachrrides, seules, subissent une véritable métamorphose.

Presque toutes les Arachnides se nourrissent de matières animales liquides, rarement de sucs végétaux. Les formes inférieures sont parasites; les formes les plus élevées en organisation capturent elles-mêmes la proie vivante dont elles font leur nourriture, principalement des Insectes et des Araignées, et possèdent en général des armes à venin pour les tuer. Un grand nombre tissent des toiles et des réseaux dans lesquels se prennent les animaux destinés à leur servir d'aliment. La plupart se cachent pendant le jour sous les pierres, et n'en sortent que le soir pour se mettre en chasse.

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