‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 34 sur 271 · COUP D'ŒIL HISTORIQUE · texte numérisé non relu

COUP D'ŒIL HISTORIQUE

L'origine de la zoologie remonte à une très haute antiquité. Aristote cependant (quatrième siècle avant J. C.) peut être regardé comme le véritable fondateur de cette science, car c'est lui qui recueillit les connaissances éparses de ses prédécesseurs, les enrichit des résultats de ses curieuses recherches, et les coordonna scientifiquement dans un esprit philosophique.

Contemporain de Démosthène et de Platon (584-522), il fut chargé par Philippe de Macédoine de l'éducation de son fils, Alexandre le Grand. Plus tard, la reconnaissance de son élève lui procura des moyens uniques pour faire explorer les contrées soumises par le conquérant et y rassembler des matériaux considérables pour l'histoire naturelle des animaux. Les plus remarquables de ses écrits zoologiques2 traitent de la « Génération des animaux », des « Parties des animaux » et de « l'Histoire des animaux ». Malheureusement ce dernier ouvrage, le plus important de tous, ne nous est parvenu que mutilé. Les dix livres qui nous restent ne sont pas tous authentiques ; non seulement les six premiers et le huitième contiennent beaucoup d'interpolations, mais encore le septième, le neuvième et le dixième sont regardés comme des productions étrangères. On ne doit pas chercher dans Aristote un zoologue exclusivement descripteur, ni dans ses œuvres un système suivi jusque dans ses moindres détails. Ce grand penseur ne pouvait se renfermer dans une manière aussi étroite de traiter la science. 11 voyait surtout dans l'animal un organisme vivant; il l'étudia dans tous ses rapports avec le monde extérieur, en observa le développement, la structure et les phénomènes physiologiques dont il est le siège, et créa une zoologie comparée, dans la plus vaste acception du mot, qui, à tous les égards, sert encore de base première à la science. Se proposant pour but de tracer un tableau de la vie du règne animal, il ne se contenta pas d'une simple et aride description des parties et dus phénomènes extérieurs; il s'appliqua à

1 Voy. Victor Carus, Histoire de lu Zoologie, Paris, 1879. — Cuvier, Histoire des sciences naturelles depuis leur origine, Paris, 1841-1845.

2 Voy. Jiirgen Doua Meyer, Arisloteles Thierkunde, Berlin, 1855. — Franlzius, Aristoteles Theile der Thiere, Leipzig, 1853. — Aubert und Wimmer, Aristoteles fûnf Bûcher von derZeugung und Entwicklung der ï/iicre, ùbersetzt uud erlâutert, Leipzig, 18(i0. — Id., Aristoteles Thierkunde, Bd. I et II, Leipzig, 18G8. — Lewes, Aristoteles fragment of the historg of science.

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