‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 72 sur 271 · RELATIONS DES FORMES FOSSILES AVEC LES ESPECES ACTUELLES · texte numérisé non relu

RELATIONS DES FORMES FOSSILES AVEC LES ESPECES ACTUELLES

les espèces se confondent à leurs points de contact, mais ce désavantage n'est qu'apparent, car lorsqu'il existe des transitions dans la nature, la systématique est bien obligée d'en tenir compte. » M. Wûrtemberger a essayé de prouver que les modifications des Ammonites apparaissent d'abord dans la dernière chambre et s'étendent ensuite graduellement aux autres chambres, de telle sorte que la coquille débute pour ainsi dire, par une forme ancienne, qui se modifie d'une manière parallèle aux variations que l'on rencontre dans la suite des temps. Les liélemnites, de même (pie les Ammonites, ont permis, grâce au nombre de formes de transition qu'elles présentent, d'établir une longue série d'espèces qui sont peu distinctes les unes des autres.

Parmi les Urachiopodes, qui étaient jadis infiniment plus variés qu'ils ne le sont aujourd'hui, le genre Terebratula principalement comprenait des espèces, qui avaient une extension considérable. La T. biplicata s'étend depuis le terrain lurassique jusque, dans le terrain tertiaire. M. Kaiser a établi récemment dans les Brachiopodes de Devon des séries de formes passant de l'une à l'autre. Parmi les Lamellibrancbes, on peut suivre quelques espèces de Pecten, depuis le trias jusque dans le jurassique. Quelques espèces de Gastéropodes, dans le genre Turritella par exemple, sont si voisines, qu'il n'est pas possible de les séparer avec quelque certitude. Les genres Turbo et Troch us passent de l'un à l'autre par une série d'espèces intermédiaires. La Valvata muUiformis, qui se rencontre en quantités si considérables dans les dépôts d'eau douce de Steinheim,. présente des variations si grandes dans la forme de sa coquille, tantôt déprimée, presque plate, tantôt ayant la forme d'une toupie, que l'on distinguerait plusieurs espèces, si l'on ne connaissait tous les intermédiaires1. Il est vraisemblable aussi que toutes les variétés ne sont pas réunies toutes ensemble, mais sont réparties dans les différentes zones d'un même dépôt; car les formes aplaties (planorbiformis) commencent dans les couches les plus anciennes, et passent graduellement, dans les couches supérieures, à la forme en toupie (troch iformis). Un exemple plus frappant de la transformation progressive qu'une espèce peut subir par ces innombrables variations si minimes, dans le cours des siècles, nous est offert par les Paludines du terrain tertiaire de l'Esclavonie. Elles se modifient dans la série des couches au point d'acquérir des carènes, des côtes très saillantes, et finalement toutes les particularités que l'on considère comme suffisantes pour caractériser le genre fulotoma (Neumayr).

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