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RELATIONS ENTRE LES FORMES FOSSILES ET LES ESPECES ACTUELLES

fères, éteints aujourd'hui, dont on a retrouvé les restes dans les formations tertiaires. On rencontre dans les phosphorites du Quercy des crânes de Lémuriens

Mylodon robust

Burmeisler).

[Adapis) mdont la dentition établit le passage entre celle des Lémuriens et des Ongulés anciens (Pachylémuriens), de sorte qu'on s'est demandé si les Lémuriens n'avaient pas une origine commune avec certains Ongulés éocènes (Pachydermes)1. Dans les mêmes localités on rencontre les os bien conservés de Carnivores remarquables, les Hyœnodontes, que pendant longtemps on plaçait avec doute parmi les Marsupiaux, jusqu'à ce que Filhol eût déterminé leur place très vraisemblable parmi les Carnivores placentaires, en montrant que toutes leurs dents de lait étaient remplacées par des dculs permanentes, lors de la seconde dentition. Les grandes ressemblances des molaires de ces Hyœnodontes avec celles des Marsupiaux carnivores, ainsi que les petites dimensions de la cavité crânienne, qui dénotent un cerveau relativement peu développé, semblent démontrer, ce qu'on soupçonnait en s'appuyant sur des raisons d'un autre ordre, que les Mammifères placentaires sont dérivés, pendant la période mésozoïque, des Marsupiaux.

Dans les couches éocènes les plus anciennes on trouve déjà, dans les deux hémisphères, les Mammifères placentaires supérieurs avec tous les traits de leur organisation élevée et leurs caractères différentiels bien marqués {Artiodactyles, Pévksodactyles), cependant il n'y a aucune raison de considérer l'immense période qui remonte jusqu'aux marnes irisées, dans lesquelles ont été jusqu'ici trouvés les restes les plus anciens des Mammifères (dents et os de Marsupiaux Insectivores), comme l'époque pendant laquelle l'organisme de ces animaux est arrivé à ce haut degré de perfectionnement (Jura, Angleterre).

Ailleurs encore, la paléontologie nous fait connaître des formes de transition entre catégories élevées, entre des ordres et des classes. Les restes d'Insectes les

1 Voyez H. Filhol. Recherches sur les phosphorites 'tu Quercy, Elude des fossiles qu'on y rencontre cl spécialement des Mammifères, Ann. des sciences géol., vol. VII, 1876.

plus anciens du terrain carbonifère réunissent des caractères spéciaux aux Névroplères et aux Orthoptères. Les Trilobites également très anciens, très répandus surtout dans le silurien et qui plus tard ont disparu, paraissent avoir eu de grandes affinités avec les gigantesques Mérostomes (Pterygotus) et les Xiphosures, dont un genre, le genre Zimulus, vit encore, tandis que des Mérostomes a dû dériver le groupe des Scorpionides. Les Labyrinthodontes, les plus anciens Batraciens, qui apparaissent déjà dans le carbonifère, manifestent de nombreux caractères des Poissons (pièces osseuses sur le thorax, etc.) et ont un squelette cartilagineux. Beaucoup de genres de Sauriens fossiles constituent des ordres et des sous-ordres (Halosauiiens, Dinosauriens, Ptérodactyliens, Thécodontes, fig. 171),

dont aucun représentant n'est arrivé jusqu'à l'époque actuelle; d'autres genres nous fournissent des formes de transition avec nos ordres actuels, comme cela a été encore dernièrement démontré pour des Lézards à forme de Py-

rus, des couches crétacées de l'Amérique, qui, par la conformation du crâne et des mâchoires, forment le passage aux Serpents.

D'après les recherches d'Owen sur les Beptiles fossiles du Cap.

autrefois vivaient dans ces contrées des Reptiles (Tliériodonte*) qui, par la conformation des pieds et le système dentaire, se rapprochaient d'une façon frappante des Mammifères carnivores. Leurs dents, bien qu'à une seule racine, se divisent en incisives, canines, molaires, et conduisent à penser que la dentition des Marsupiaux les plus anciens que l'on connaisse

Goldfuss).

Fig. 171. — l'ierodactyhts crassi rosi ris (d'apr

jusqu'ici (marnes irisées), dérive de la dentition de Beptiles semblables aux Thériodontes. Même pour la classe si nettement délimitée et si uniforme dans sa structure des Oiseaux, il y a une vingtaine d'années que l'on a découvert dans les schistes de Solenhofen une forme, qui établit la transition aux Beptiles, représentée, il est vrai, par un seul échantillon incomplet (Archœoptevyx lithographica, lig. 172), dont les organes du vol présentaient des modifications assez considérables, consistant essentiellement en ce que la queue courte des Oiseaux, terminée par un os vertical et aplati, est remplacée par une longue queue de Beptile, formée de vingt vertèbres supportant deux rangées de pennes rectrices, et qui se rapproche par la composition de la colonne vertébrale aussi bien que par la structure du bassin d'un Ptérodactyle. Ce fossile remarquable des cou-

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