‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 78 sur 271 · PERFECTIONNEMENT PROGRESSIF · texte numérisé non relu

PERFECTIONNEMENT PROGRESSIF

des Plagiostomes, et les Cryptogames vasculaires (Fougères arborescentes, Lépidodendrons, Calamités, Sigillaria, Sligmaria).

Pendant la période secondaire, qui comprend les formations triasique, jurassique et crétacée, les Lézards, ainsi que les Conifères et les Cycadèes, qui s'étaient déjà montrés à l'époque houillère, acquièrent une importance telle, que l'on pourrait la caractériser en la désignant parle nom de période des Sauriens el des Gymnospermes. Ce sont surtout les gigantesques Dinosauriens, les Ptérodactyles et les llalosauriens, avec leurs genres les plus connus, Ichthyosaurus et Plesiosaurus (lig. 173), qui sont spéciaux à cette époque. On trouve déjà, isolés dans le trias supérieur et dans le jurassique, quelques Mammifères appartenant exclusivement au groupe le plus inférieur, celui des Marsu-

Fi^r. 17."). — I'L'-siosaurux macrocepkàlus (d'après Burmeister).

piaux, ainsi que des Oiseaux, dont l'empreinte des pas s'est conservée dans le grès rouge du Conneclilut. Quant aux Phanérogames, ainsi qu'aux Poissons osseux, on les rencontre pour la première fois dans la craie.

Mais ce n'est que dans le tertiaire, que les plantes supérieures et les Mammifères, dont l'ordre le plus élevé, celui des Singes, a déjà ses représentants, atteignent un développement considérable; aussi pourrait-on appeler cette période l'âge des Mammifères et des forêts d'Angiospermes. Dans les couches supérieures, la ressemblance avec les animaux et les plantes actuels devient de plus en plus manifeste. Pendant l'époque diluvienne et l'époque récente, les types les plus élevés des Phanérogames se multiplient et acquièrent une extension de plus en plus considérable, et l'on reconnaît dans tous les ordres

de Mammifères des formes dont la structure se spécialise de plus en plus dans des directions déterminées, et par cela même deviennent plus parfaites. Enfin apparaissent dans le diluvium les premières traces incontestables de la présence de l'Homme, dont l'histoire remplit la dernière période de l'époque récente, relativement si courte.

Quelle que soit l'imperfection des documents géologiques, ils suffisent cependant pour prouver un développement progressif, depuis les degrés les plus inférieurs de l'organisation jusqu'aux degrés les plus complexes et les plus élevés, pour confirmer la loi d'un perfectionnement progressif dans la succession des groupes '. Dans tous les cas, il ne nous est pas permis d'embrasser en entier celte marche progressive, et nous devons nous borner à chercher les preuves de celte loi dans les derniers termes de celte échelle de développement continu.

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Si, d'après la série de considérations que nous venons d'exposer, nous ne pouvons plus repousser l'hypothèse de la descendance, et si nous devons la regarder comme justifiée par les faits naturels, la théorie de la sélection de Darwin acquiert dès lors une haute valeur et le plus grand degré de vraisemblance pour expliquer la voie que les espèces ont suivie dans leurs transformations. Il existe encore de nos jours, il est vrai, des naturalistes qui, tout en rejetant l'hypolhèse mystique de créations isolées, et en admettant la transformation continue des règnes organisés, combattent le principe de la sélection naturelle et la métamorphose progressive des espèces, basée sur l'accumulation d'influences infiniment petites agissant pendant des périodes de temps immenses, mais qui ne proposent aucune explication pour remplacer celle qu'ils rejettent. La théorie de la sélection est précisément la partie la plus solide des fondements sur lesquels repose la doctrine de la descendance, et de même que beaucoup d'autres phénomènes, que nous avons passés en revue, la loi du perfectionnement progressif s'accorde avec elle de la manière la plus heureuse. La sélection, qui agit en conservant et en accentuant les propriétés avantageuses, tend

1 L'idée de perfectionnement a à lutter contre de très grandes difficultés, car nous n'avons aucun critérium absolu pour juger les différents degrés de perfectionnement. Certains groupes du même embranchement, ou de la même classe, occupent une position supérieure dans telle direction, certains autres dans telle autre : ainsi, par exemple, les Poissons osseux par la nature de leur squelette, la plupart des Poissons cartilagineux par l'ensemble de leur organisation. Les organismes appartenant à des classes différentes, tels que le Perroquet et la Souris, se laissent difficilement comparer sous le rapport de la supériorité de l'organisation; quant à ceux qui rentrent dans des types différents, tels que la Seicbe et l'Abeille, il est impossible d'établir entre eux de semblables comparaisons. Cependant il est possible d'établir d'une manière très générale les rapports des groupes les uns avec les autres, et de reconnaître ainsi le degré de supériorité de l'organisme; de même dans les animaux voisins d'un même groupe, on pourra toujours y arriver très suffisamment, en considérant le degré de spécialisation et de division du travail qu'ils présentent.

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