‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 80 sur 271 · LACUNES DE LA DOCTRINE ÉVOLUTIONNISTE · texte numérisé non relu

LACUNES DE LA DOCTRINE ÉVOLUTIONNISTE

comprendre ce mode brusque de transition d'un type à un autre, qu'il est basé sur l'hypothèse d'un « plan de développement » ou d'un « principe de perfectionnement i) des organismes. Ajoutons à cela que nous ne voyous pas d'autre explication possible de la génération alternante et de l'hétêrogonie, que l'adaptation progressive et lente de l'organisation à des conditions vitales très divergentes, dont le terme extrême seul serait la séparation brusque do cet ensemble de formes, qui embrasse une série de générations, en espèces et en genres très différents correspondant à des conditions alimentaires et vitales tout autres. C'esl une grande illusion de croire qu'à l'aide de la génération alternante et de l'hétêrogonie on puisse arriver à trouver une explication qui rende inutile la sélection naturelle. Ces formes de développements ont besoin elles-mêmes d'être expliquées, et le sont jusqu'à un certain point par le principe de l'accumulation de variations infiniment petites, à l'aide de la sélection.

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Et quand même, en présence de ces difficultés de diverses sortes, nous ne considérerions pas la théorie de la sélection comme suffisant entièrement pour expliquer la grande métamorphose qui s'est opérée dans la nature organique pendant le cours de périodes de temps immenses, nous devrions cependant, en ce qui concerne l'explication de nombreuses adaptations et transformations, la regarder comme une doctrine solide et positive. Mais nous ne devrons pas oublier non plus que par la théorie delà sélectionetlathéoriedeladescendanceunebienfaible partie de l'énigme de la vie organique nous est révélée d'une manière satisfaisante. Si l'on réussit à établir, à la place de l'ancienne conception des créations répétées, un mode d'évolution naturel, il reste cependant à expliquer la première apparition des organismes inférieurs, ce que nous ne pouvons guère faire jusqu'ici que par l'hypothèse de la génération spontanée, si mal appuyée par les faits; il reste à comprendre avant tout la voie, qu'a prise l'organisation en se compliquant et se perfectionnant de plus en plus, dans les degrés successifs du système naturel. Une foule de phénomènes merveilleux du monde organisé, ne fût-ce que celui de l'origine de l'homme pendant les époques dilu-

bien plus rationnel de considérer la génération alternante, de même que le développement avec métamorphose, comme une lente et progressive évolution des espèces, que de la ramener à une sorte de progrès brusque et subit inhérent à un plan de développement, et de se figurer par analogie la création subite des espèces d'organisation plus élevée. Il serait plus vraisemblable d'admettre une brusque métamorphose régressive des types inférieurs, d'après le procédé de la génération alternante, le scolex devenant individu sexué, que de supposer que le germe produise des œufs et des spermatozoïdes et ne se transforme pas en une génération d'ordre plus élevé. Le savant histologiste ne semble pas avoir été plus heureux dans son second ouvrage, Morphologie und Entwickelungsgeschichtedes Pennatulidestammes nebst allgemeinen Betrachtungen zur Descendemlehre, Francfort, 187-2. Ce qu'il essaye de mettre à la plaça du principe de la sélection n'a rien de commun avec une théorie, car les analogies générales de la génération alternante et de l'hétêrogonie, qui elles-mêmes attendent leur explication, bien loin de prouver quelque chose, n'expliquent absolument rien.

vienne ou tertiaire supérieure1, sont pour nous autant d'énigmes dont la solution est réservée aux recherches futures.

1 L'Homme n'est nullement autorisé à s'attribuer le privilège de faire exception dans l'ensemble de la création organisée, et à considérer son apparition comme le résultat d'un acte de création particulier. Depuis que les sciences naturelles ont pris en main l'étude des premières périodes de l'histoire de l'humanité, les doctrines de l'ancienne tradition sur son origine et sur le temps, qui s'est écoulé depuis ont graduellement perdu du terrain, (iràce aux moyens et à la méthode (pie la Géologie, la Paléontologie et l'Anatomie nous fournissent, il est prouvé, de la manière la [dus évidente, que l'Homme était déjà contemporain à l'époque diluvienne de l'Eléphant, du Mammouth, du Rhinocéros et de l'Hippopotame. Cependant jusqu'ici nous ne possédons aucun renseignement certain sur ses premiers ancêtres, qui se sont peut-être rencontrés pour la première fois pendant la période tertiaire.

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