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EMBRANCHEMENT PROTOZOA. PROTOZOAIRES

Animaux de petite taille, à structure simple, dépourvus d'organes et de /issus cellulaires différenciés, à reproduction le plus souvent asexuelle.

Nous réunissons dans cet embranchement, à l'exemple de de Siebold, les organismes les plus petits, situés à la limite du règne animal, qui ne présentent qu'une différenciation histologiqne à peine marquée et qui sont dépourvus d'organes complexes formés de tissus de cellules.

La similitude que tous présentent dans les propriétés de la substance, qui forme leur corps, a une importance considérable. On trouve toujours chez les Protozoaires une matière informe, contraetile2 qui ne présente jamais d'éléments nerveux, cellules ou fîbres, mais qui parfois se différencie de manière à produire des bandes et des fibres musculaires. Le sarcode^^ieX est le nom que Dujardin a donné à celte substance contractile, est le substratum le plus simple de la vie animale; il est si peu différent du contenu contractile de la cellule végétale, du protoplasma, qu'à l'exemple de Max Sehultze on le désigne aussi sous ce terme. Le sarcode présente chez les Protozoaires une série de modifications, soit dans sa structure propre, soit dans son mode de nutrition, qui permettent d'y reconnaître des formes d'organisation différentes.

Dans le cas le plus simple le corps tout entier est formé par une petite masse de sarcode, dont la contractilité n'est entravée par aucune membrane extérieure résistante, aucun test, aucune coquille, qui tantôt pousse des prolongements, puis les rentre bientôt (Amibes, iig. 174), tantôt, quand les parties qui la composent ont une plus grande consistance, émet sur toute la périphérie et en grand nombre des filaments et des rayons très grêles (pseudopodes). Les noyaux peuvent manquer complètement (Monères), ou exister, tantôt un seul, tantôt, mais plus rarement, plusieurs ensemble. La nutrition se l'ait par pénétration des matières alimentaires dans la masse sarcodaire, où elles sont graduellement dissoutes.

Dans d'autres cas le sarcode sécrète des spicules calcaires ou siliceux^ des tests calcaires percés de trous (Rhizopodes) , et peut présenter dans son intérieur des éléments différenciés, tels qu'une capsule centrale et des cellules colorées (Radiolaires, fig. 175). C'est surtout chez les Infusoires, qui vivent principa-

'éZjfi

Fig. 174. — Amœba [Dactylosphsera) po- Fig. 175. — Acanthometra MùUeri (d'après E. Haeckel).

h/podia. N, nucléus. I'r, vacuole contractile (d'après Fr. E. Schulze).

lement dans l'eau douce, que la substance du corps présente le plus haut degré de différenciation (fig. 176). Le corps de ces animaux est entouré d'une membrane extérieure pourvue de cils vibratiles, de cirres, de soies qui concourent à la locomotion. 11 est rare, comme chez les O/jfl/megjaarasites, que les liquides soient absorbes par endosmose à travers la membrane d'enveloppe, ou aspirés par des suçoh-s rétractiles (Acinètes) ; en général il existe sur un point déterminé du corps une ouverture buccale, par laquelle les aliments pénètrent dans L'intérieur, et sur un autre point une ouverture anale pour l'expulsion des résidus de la digestion. On rencontre encore dans la masse sarcodaire une vacuole pulsatile et des corps particuliers désignés sous le nom de nucléus et de nucléole.

Outre les Rhizopodes et les Infusoires, que nous sommes autorisés à considérer comme des Protozoaires, il existe une foule d'organismes inférieurs, que l'on avait jadis réunis aux Infusoires, à cause de leur propriété de se mouvoir librement, mais qui paraissent d'après des recherches récentes avoir des rapports bien plus intimes avec les Champignons et les Algues. Ce sont les Schizomycètes, les Myxomycètes les Flagellâtes.

I. — Les SGHIZOMYCÈTES1 ou Bactéries sont de petits corps globuleux ou en

1 F. Colin, Ueber Organisme/! der Pockenlymphe, Virchow's Archiv, 1872. — Id. Beitràge zur Biologie der Pflanzen, Heft 2 et 5, 1872 et 1875. — Id. Untersuchungen ùber Bactérien. 1, î et 5 Eidam (Bacterium ternio). — Oestel, Experimentelle Untersuchungen ûber Diphtherie, Deu/sches Archiv fur klinische Medicin, 1875. — Voyez en outre les travaux de Eberlh et de Klebs.

Fig. 1

Chilodon eucullus d'après Stein, avec l'œsophage en forme de nasse. IV, nucléus et nucléole. Des résidus de la digestion sortent par l'orilice anal.

SCHIZOMYCÈTES. 183

forme de bjHpjmets, parfois contournés en vrille, qui se trouvent dans les substances en putréfaction, et particulièrement à la surface des liquides corrompus, où ils constituent une pellicule mucilagineuse. D'après leur forme, ils se rapprochent beaucoup des Champignons de la levure, avec lesquels ils ont aussi les plus grands rapports par leur mode de nutrition. De même que ceux-ci, ils provoquent la décomposition et la fermentation des matières organiques, soit en leur enlevant leur oxygène, soit en l'empruntant à l'air atmosphérique (ferments de réduction, ferments d'oxydation), mais ils s'en distinguent essentiellement par leur mode de développement; ils se multiplient en effet par division, tandis que les Champignons delà levure [Saccharomyces, Hormiscium) produisent de petils prolongements qui se séparent et constituent des spores. Jusqu'ici ou n'a pas non plus observé chez les Schizomycètes de mode de fructification analogue à celui des Champignons de la levure (formation d'asques avec deux à trois spores). Leur place lapins naturelle semble devoir être près des Phycochromycées pourvues de chlorophylle (Oscillaires, Chroococcacées, Nostochinées) ; ils représentent un groupe parallèle dépourvu de chlorophylle. Ils possèdent un contenu azoté, généralement incolore, avec des granulations brillantes, et une membrane Colin) formée de cellulose ou d'un autre hydrate de carbone analogue. Dans quelques formes la membrane est mince et permet au protoplasma certains mouvements; dans d'autres Bactéries elle est rigide. Quand la division doit avoir lieu, la cellule s'allonge, le protoplasma s'étrangle en son milieu et il se produit en ce point une cloison transversale. Tantôt les cellules filles se séparent immédiatement, tantôt elles restent unies et constituent alors de petits filaments (Bactéries filiformes). Tantôt les différentes générations de cellules restent unies par une substance gélatineuse et produisent ainsi des masses irrégulières [zooglœa) ; tantôt elles sont libres et dispersées par troupes. Elles peuvent aussi former des dépôts pulvérulents, dès que les matières nutritives du liquide où elles se développent sont épuisées.

La plupart passent par deux états caractérisés par leur mobilité ou leur immobilité ; dans le premier cas, elles tournent autour de leur grand axe; elles peuvent aussi s'infléchir et se redresser, mais elles ne présentent jamais de mouvements de progression analogues à ceux des Serpents. Leur mobilité parait être liée à la présence de l'oxygène. La division des Bactéries en genres et en espèces est d'autant plus impossible, que jusqu'ici l'on n'a pas observé chez elles de reproduction sexuelle; il faut se contenter d'établir artificiellement des formes spécifiques et des espèces physiologiques ou variétés, sans pouvoir toujours prouver leur autonomie. F. Colin distingue quatre groupes : les Bactéries globuleuses ou Micrococcus (Monas, Mycoderma, lig. 177), les Bactéries en forme de bâtonnets ou Bacterium (lig. 178), les Bactéries filiformesou Bacillus et Vibrio, les Bactéries en hélice ou Spirillum et Spirochœte.

Les Bactéries globuleuses ont les formes les plus petites, et ne présentent qu'un mouvement moléculaire ; elles provoquent différentes décompositions, mais jamais de putréfaction. On peut distinguer d'après leur aspect des espèces chromogènes (pigments), des espèces zymogènes (ferments), et des espèces pathogènes (germes contagieux). Les premières se rencontrent dans des masses gélatineuses colorées, et végètent sous la forme de zooglœa, par exemple, le

îJi

Micrococcus prodigiosus Ehr. dans les pommes de terre, etc. Aux espèces zymogènes appartient le M. urœe, ferment de l'urine ; aux espèces pathogènes, le M. vaccinas,

lu. 177. Micrococcus à l'état de liberté Fi?. 178. — Bacterium termo, représenté et sous forme de zooglaea, d'après Cohn. à l'état de liberté ou sous forme de

zooglœa, d'appês Colin.

ferment de la vaccine, le M.septicus, ferment de lapyohèmie, le M. diphthericus, ferment de la diphthérie.

Les Bactéries en bâtonnets forment de petites chaînes et montrent des mouvements spontanés quand l'alimentation est suffisante et en présence de l'oxygène. Les plus communes sont le Bacterium termo Ehr. répandu dans toutes les infusions animales et végétales, qui est le ferment nécessaire de la putréfaction, comme la levure celui indispensable à la fermentation alcoolique; le B. Lineola Ehr. de taille plus considérable, que l'on rencontre dans l'eau de puits et dans l'eau dormante, mais qui, pas plus que le Micrococcus prodigiosus, ne produit la putréfaction. D'après Hoffmann, le ferment de l'acide lactique serait une forme spéciale de Bactérie.

Parmi les Bactéries filiformes, le Bacillus {Vibrio) subtilis Ehr., doué de mouvements, détermine la fermentation butyrique, et se trouve aussi avec le B. termo dans les infusions. La Bactérie du sang de rate, B. Anthracis, s'en distingue à peine, mais elle est immobile. Les Vibrio rugula et serpens sont caractérisés par leurs mouvements ondulatoires, et nous amènent aux formes en vrille, dont les unes, Spirochœte, représentent une hélice longue et flexible, à tours serrés, les autres Spiriïlum une hélice courte, rigide, à tours lâches, Spirochœte plicatilis, Spiriïlum tenue, undula, volutans.

On doit ranger encore parmi les Bactéries le Mycoderma aceti, la mère du vinaigre. Petits corpuscules très nombreux, courts, en forme de bâtonnets, ayant à peine 0,001 de millimètre de largeur, souvent mobiles, se divisant en travers et parfois réunis en chaînes, qui sont entourés par une sorte de matière gélatineuse et forment des pellicules à la surface des liquides qui tournent ; ils provoquent, comme l'a prouvé Pasteur, l'oxydation de l'alcool dilué et sa transformation en acide acétique.

2. — Les MYXOMYCÈTES1 ou Champignons muqueux, quand ils se disposent à fructifier, se transforment tout entiers en sporanges, vésicules rondes ou

1 A. de Bary, Die Mycetozoen, Leipzig. 18G4. — ïd. Morphologie und Physiologie der Flechlen, Pilze und Myxomyceten, Leipzig, 1SG6. — Rostafinski, Versuch dues Systems der Mycetozoen, Strasbourg, 1N7Ô. — Cienkowski, Zur Entwickelungsgeschichte der Myxomyceten, Pringsheim's iahrbùcher, vol. III, et Botanische Zeilung, 1*7LJ.

spore; 2, o, sorlio (lu corps protoplasmique ; 1, 5, il devjênl une zoospore à un cil; 0,7, il perd son cil ei devient amiboïde N, !i, in, 11. fusion progressive des Myxamibes; 12, nue jeune plasmodie (d'après Cienkowski.)

MYXOMICKTES. 18b

oblongues do la grosseur d'un pois, colorées, ou, plus rarement, tubes cylindriques ou aplatis, dont l'intérieur est rempli de spores, parfois entourées d'un réseau de libres particulières ou capillUium (l'Injsarum, Trichia, Didymium, Slemonites, etc. lig. 179 et 180).

Les organes fructifères du plus vulgaire des Champignons muqueux, ceux de VJEthalium septicum, appelés fleurs de tau, ont la forme de gâteaux qui atteignent jusqu'à un pied de longueur et de largeur et plus d'un pouce de bailleur. Ils soûl, formés d'une ècorce rude, d'abord jaune vif, plus tard brunâtre, et d'une niasse intérieure consistant en tubes anastomosés en réseau, feutrés en tous Fig l79 . p^ysaru sens, et qui possèdent d'ailleurs exactement la structure des sporanges de Physarum. Les spores germent, quand elles se trouvent dans des lieux humides; le protoplasma se gonfle, l'ail éclate) la membrane, et grâce à ses mouvements amiboïdes s'échappe au dehors (fig. 181). Il change ensuite de for- ....-..- -. 7

me, il s'allonge, se termine à une de ses extrémités par un long cil ; il esl devenu alors une zoo- *}>on>, qui rampe ou nage de côté et d'autre. Après que ces zoospores se sont multipliées par divisions répétées ^qu'elles ont perdu leurs cils, elles se réunissent tout en conservant leur nature amiboïde, pour former un corps protoplasmique , également amiboïde, une plasmodie, dont l'aspect gélatineux a fait donner à ces Champignons le nom de Champignon muqueux. Ces cordonsmobiles, anastomosés en réseaux ou parfois isolés, qui vivent le plus souvent dans l'intérieur des plantes en putréfaction, présentent une courbe pariétale plus résistante et une substance fondamentale à moitié fluide, dans laquelle se montrent des vacuoles tantôt persistantes, tantôt disparaissant pour

Fig. 1X0.

Plasmodie du Dydimium leucopus (d'après Cienkowski.)

reparaître un moment après, ainsi que de nombreuses granulations de carbonate de chaux. Le mouvement de la masse est dû à une sorte de glissement lenl de la substance qui la compose et au développement et parfois à la fusion des pseudopodes entre eux. Des corps solides tels que des grains d'amidon, des particules végétales, sont, comme cbez les Rhic r zopodes, peu à peu entourés et attirés dans l'inté-

rieur; les plus gros d'entre eux sont ensuite expulsés avant l'apparition des sporanges. Ouand ceux-ci £ se forment, tantôt la plasmodie se divise en plu-

sieurs parties, tantôt, au contraire, plusieurs plasmodies se fusionnent, la couche extérieure se dessèrlie, et à l'intérieur se développent les spores et le capillitium. Des noyaux se produisent en grand , nombre, et autour de chacun d'eux se groupent

des masses arrondies de protoplasma qui s'entou- Fig. 181.- Zoospores A'^thaiiumscp- rent plus tard d'une membrane. ticum ; a sortie du corps p.otopias- yM 0lx[ve, quand la sécheresse empêche leur dé-

mique ; /', il devient une zoospore ; *

c, il devient amiboïde; d, une jeune veloppement normal, les zoospores et les plasmoplasmodie (d'après de Bary). djes peuvent passer des phases de rep0Sj el fonilol.

des kystes auxquels on donne le nom de microkystes et de sclérotes.

3. — Les FLAGELLATES ' sont des organismes scmblablesàdes Infusoires, dont les organes locomoteurs sont formés par un ou plusieurs flagellums et parfois aussi par des cils disposés en ceinture. Ils passent par une période de repos, et se rattachent par leur mode de développement et de nutrition aux Champignons et aux Algues inférieures. Ils forment le groupe intermédiaire aux deux règnes le plus intéressant, parce qu'ils réunissent les caractères des végétaux aux caractères des Rhizopodes et des Infusoires : aussi certains naturalistes en rangent-ils une grande partie parmi les Infusoires. Ce qui a pu décider à les considérer comme des animaux, c'est la contractilité du corps, que les zoospores des Myxomycètes présentent du reste à un degré aussi élevé qu'eux, la contractilité des flagellums, les mouvements en apparence volontaires, la présence de vacuoles contractiles, et même, comme cela a été constaté dans certains cas, la pénétration de petits corps étrangers dans l'intérieur du corps par une ouverture située à la base du flagellum. Cependant ces phénomènes ne sont nulle-

1 Voy. Ehrenberg, Die Infu&ionsthierchen dis vollkommenc Organismen, 1858. — F. Cohn, Ueber Slephanosphœra pluvialis. Zeitschr. fur wissenschaft. Zoolog., vol. IV. — kl., Nalurgeschichte des Protococcus pluvialis. Nova acta, vol. XVII. — kl., Untersuchungen ùber die Entwiklungsgeschichte der mikroskopischen Algen und Pilze. .Nova acta, vol. XXIV, 1854, et XXVI, 185G. — kl. Die Entwiklungsgeschichte der Gattung Volvox, Beitràgezur Biologie der Pflanzen Z Ileft, 1875. — Perty, Zur Kenntniss der kleinslen L'ebensformen,etc, Bern, 1852. — Claparède et Lachmann, Études sur le* Infusoires elles Rhizopodes, Genève, 1858-1861. — Carter, Annals and Magazin of natural history, 1858, vol. I et II. — Pringsheim, Veber die Paarung von Schwârmsporen, Berlin, 18G9. — F. Stein, Do- Organismus der Infusionsthiere nacheigenen Untersuchungen in systématise her Reihenfolge bearbeitet. III. Die Naturgeschichte der Geisselinfusorien oder Flagellaten. Leipzig, 1868. — Dallinger et Drysdale, Researchcs on thelife history ofthe Monads, Monthly microscop. Journ. T. X à XIII. — Saville Kent, A. Manual of the Infusoria, London, 1880.

FLAGELLATES. 187

ment, comme nous l'avons indiqué plus haut, un critérium de L'animalité. Quoi qu'il en soit, nos connaissances actuelles sur les Infusoires, qui nous conduisent, contrairement à l'opinion dominante jusque dans ces dernières années, à considérer l'organisation de ces animaux comme beaucoup plus simple et se rapprochant de la cellule, et par conséquent à attacher une grande importance au mode de nutrition, ont aussi pour résultat de nous montrer les rapports qui unissent certaines séries de formes de Flagellâtes aux Infusoires, et à admettre ceux-ci dans l'embranchement des Protozoaires. Un examen général des formes, qui présentent d'une façon plus marquée les caractères du végétal, indique qu'il faut en retrancher une partie des Monades, qui ne sont que des zoospores de Champignons inférieurs. Pour beaucoup d'autres Monades, comme par exemple les espèces qui vivent en parasites sur le corps de l'homme, Cercomonas urinarius, C. intestinal is, Trichomonas vaginalis, etc. (fig. 182), le /développement est encore complètement inconnu. U On doit considérer comme très voisines des Algues (Protococcacces) les Volvocines, quoiqu'il soit hors de doute que beaucoup d'entre elles possèdent des vacuoles contractiles. Ce qui porte à considérer ces êtres comme des colonies d'Algues unicellulaires réunies dans une masse gélatineuse commune, c'est leur mode de développement, ^Z^rAclZZZXalis l'alternance de phases actives et de phases d'enkys- (d'après R. Leuckart) lement, la présence d'une capsule de cellulose dans ce dernier cas, l'exhalation d'oxygène et l'abondance de chlorophylle ainsi que d'huiles végétales rouges ou brunes. Pendant la phase active elles possèdent la faculté de se reproduire; certaines de leurs cellules se divisent régulièrement et forment des colonies filles dans l'intérieur de la colonie mère. Quelques-unes des cellules mères grossissent et se partagent en nombreuses microgonidies ou corpuscules séminaux; d'autres se transforment en cellules-œufs, qui sont fécondées par les premières, s'entourent ensuite d'une membrane et tombent au fond de l'eau. Les Volvocines les plus connues sont les suivantes : Volvox globator (fig. 185), Gonium pectorale, Stephanosphœra pluvialis (fig. 184),

udorina elegans.

' Les Astasiées sont des Flagellâtes unicellulaires éminemment contractiles, qui par leur genre ^

d'existence se placent à côté des Volvocines. Le o genre le plus connu est le genre Euqlena. pourvu, :3j| suivant Stein, d'une ouverture buccale et d'un v|§ pharynx. Le noyau se partagerait dans certaines conditions en 7-10 petites masses, qui, tantôt se transforment en œufs (?), tantôt présentent un cil Fig-, îsô.-Coio fia ge Uiforme. Euglena viri<lis (fig. 185), E. sangui- vox Qiobator jeane(d'aprésStein.) nolenta. Astasia Ehrbg. également avec une bouche. A. triehopora Ehrbg. extrémité postérieure arrondie ; un très long flabellum à l'extrémité antérieure du corps. A une petite distance de la base du flabellum se trouve la bouche, peutêtre avec un pharynx; et tout à côté la vacuole contractile. Ici se placent aussi

lonie cpiiui

les Anisonema Duj. avec un grand et un petit flabellum à l'extrémité antérieure. A. sulcatum Duj.

Biilschli1 réunit dans le groupe des Cylicomastiges les deux genres Scdpingceca

'm mm

Fig. 184. — Stephanosphxra pluvialis, d'après Colin.

et Codosiga décrits par Clark, à cause de la présence d'une sorte de collerette entourant la base du flabellum et qui correspond à la collerette des cellules

Fig. 185. — Euglcna viridvs a, h. en liberté et à divers états de contraction; c, cl, c, enkysté et en voie de division (d'après Stein).

j entodermiques des Éponges; caractère, sur lequel Clark se basait pour rapprocher les Flagellâtes des Éponges. Codosiga Botrytis Elnbg. C. umbellata (fig. 186), réunis en colonie, absorbent des corps solides au moyen d'une vacuole spéciale, noyau et vacuole contractile. Salpingœca Clarkii Bûtschli, avec un

p test.

P^^Un autre groupe de Flagellâtes, auquel on donne le nom de C Mo flagelle s -, se distingue, outre le flagellum, par la présence d'une couronne de cils vibratiles située sur la cuirasse dermique. Les Péridines. qui en font partie, qui pour la plupart ont une forme bizarre, et dont le test porte des espèces de cornes recourbées, se rapprochent, autant du moins qu'on en peut juger par ce que l'on

1 0. Biitschli, Beitrâge zur Kenntmss de?' Flagel/alen etc. Zeitseh. fin- wissensch. Zoologie. t. XXX.

- R. S. Bergt, Der Organismus dey Ctlioflagcllalen, Morphol. Jahrb, t. VII

FLAGELLATES.

connaît de leur développement, des Englènes. La bouche est placée au fond d'une dépression, elle est suivie souvent d'un œsophage que traversent les particules alimentaires pour tomber de là dans une vacuole. Outre ces formes mobiles et cuirassées, il en est d'autres qui sont dépourvues de test et d'organes locomoteurs : on observe aussi des kystes, dans lesquels un grand nombre de jeunes formes prennent, dit-on, naissance.

Ceratium cornyhim, C. tri pou (fig.

187), Peridiniumpulvisculus, P. sanguineum.

t\)-Les Monades sens, str. ' sont des êtres unicellulaires, dépourvus de chlorophylle, dont les zoospores passent, pour la plupart d'entre eux, par l'état amiboïde et qui, après avoir absorbé des aliments, entrent dans une période de repos, caractérisée par la formation d'une membrane cellulaire résistante. Un grand nombre d'entre eux (Monas, Pseudospova, Colpodella) sont des zoospores ciliées, qui ont complètement l'aspect des zoospores des Myxomycètes et qui, à l'exception de ceux des Colpodella, se transforment en amibes. On pourrait aussi les regarder comme de petites plasmodies, puisque, dans le Monas amyli, plusieurs zoospores se fusionnent pour former une amibe. Elles s'arrondissent ensuite, en même temps qu'elles s'entourent d'une membrane, et se divisent, par segmentation du protoplasma, dans l'intérieur du kyste ainsi formé, en un grand nombre de petites masses qui s'échappent ensuite pour répéter la même série de phénomènes évolutifs. Colpodella pugnax sur les Chlamydomonas. Pseudospora volvocis.

Le second groupe des Monades, les Tetraplastes (Vampyrella, Nuclearia), ne passe jamais parla phase de zoospore. Pendant l'état d'enkystement, le protoplasma produit, par une division en deux ou en quatre, un nombre pareil d'amibes, qui tantôt, comme les Colpodella, prennent leur nourriture dans les cellules des Algues (Spyrogirées, .Edogoniées, Diatomées, etc.], tantôt enveloppent des corps étrangers. Par leur

Colonie de Codostrfa umbellata (d'après Stein.)

1S7. — Ceratium tripos (d'après Nitzsch).

1 Voy. L. Cienkowski, Beitiâ.jc zur Kenntniss der Monaden, Archiv f ùr mikrosk. Anal., vol. I, 1865. — Id., Veber Palmellaceen und cinige Flagellaten, ebend., vol. VI, 1870.

mode de mouvement et de nutrition, les Monades se rattachent aux Rhizopodes, et aussi à des formes de Champignons inférieurs, telles que les Chytridium; par l'ensemble de leur développement elles offrent les plus grandes analogies avec les Champignons, et les Algues unicellulaires, et en partie aussi avec quelques Infusoires, tels que les Amphileptus. Cienkowski, Lieberkûhn et autres pensent que les Monades sont des animaux qui établissent le passage aux végétaux par la présence de cellules qui développent des zoospores. La Spumella vulgaris (termo Ehrbg. ?) de Cienkowski offre un mode de développement et un enkystement quelque peu différent; il en est de même de la Chromulina nebulosa Cnk et de la C ochracea Ehrbg.

Récemment, Hœckel a séparé les genres Monas (Protomonas) et Vampyrella, parce qu'ils n'ont pas de noyau (cytoblastes), des autres genres de Monades, et a établi pour eux, ainsi que pour quelques autres formes qui présentent des analogies avec les Rhizopodes et sont également dépourvues de noyau, Protogenes, Protomyxa, Myxastrum, Myxodictyon, une classe particulière, celle des Monères1. Cependant le manque de noyau ne peut avoir assurément, quand il s'agit de déterminer les affinités naturelles, la même importance que les rapports de similitude dans le mode de nutrition et de reproduction. Le développement du Protomyxa aurantiaca ressemble, il est vrai, de la manière la plus frappante à celui des Monades. Il en est de même du Myxastrum; cependant la ressemblance de cette grande forme, décrite par M. Hseckel, avec le corps sarcodaire des Rhizopodes, semblerait plutôt la rapprocher de ces animaux.

Enfin il y a des organismes, semblables à des Monades, qui vivent ensemble réunis en masses gélatineuses et constituent des colonies ayant la forme de boucliers ou detubes. Phalansterhtm Cnk.,P/i. consociatum Fr., Ph. intestinum Cnk.

4. — Les NOCTILUQUES2 doivent aussi se rattacher aux Flagellâtes. C'est un groupe de petits animaux marins phosphorescents, dont le corps, qui a la forme d'une pèche, est entouré d'une membrane résistante et porte un appendice mobile. À la base de ce dernier on voit une gouttière profonde, dont l'ouverture est remarquable par la présence d'une saillie immobile, dentiforme, et de cils vibratiles attachés à une de ses lèvres. Le corps mou se compose d'une masse irrégulière de substance contractile, qui entoure un nucléus transparent, et envoie vers la périphérie à la face interne de la membrane, où ils se terminent en formant de lins réseaux à travers un liquide hyalin, de nombreux cordons de sarcode, qui s'anastomosent entre eux et laissent voir des courants de granulations. La substance contractile s'étend aussi jusque dans l'appendice mobile et y prend

1 Voy. E. Hœckel, Monographie der Moneren. Jenaische Zeitscbr . , vol. IV.

2 Voy. Suriray, Description du Nocliluca miliaris. Guérin, Magazin de Zoologie, 1830. — A. de Quatrefages, Observations sur /es Noctiluques, Annales des sciences naturelles, 3e sér., vol. XIV. — W. Lliisch, Beobachtungen ùber Anatomie und Entwicklungsgeschichte einiger wirbellosen Thiere, 1851. — Huxley, On tlie structure of Nocliluca miliaris, Quart, Jonrn. of microsp science, vol. III. — Woodham Webb, On the Noctiluca miliaris, ibid., 1855. — Brightwell, On self divisionin Noctiluca, ibid., 1857. — L. Cienkowski, Ueber Noctiluca miliaris, Arch. fur mikrosk. Anatomie, 1871 ei 1872. — Ch. Robin, Recherches sur la reproduction gemmipare et fissipare des

TSoctilwpj.es. Journ. de l'anat. et delà physiol., t. XIV, p. 5(55. W. Vignal, Recherches histo-

logiques et physiologiques sur les Nocliluques, Arch. de physiol. normale et pathol., 2e série, t.V, p. 415.

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