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NOCTILUQUES

— Noctiluca miliaris.

N, nucléus.

un aspect strié en travers (fig. 188). Les aliments, qui consistent en Diatomées, parviennent par l'ouverture buccale dans l'intérieur de la masse sarcodaire et aussi dans les expansions périphériques. L'estomac et l'anus, décrits par Huxley, semblent faire défaut, les restes devenus inutiles de la nutrition étant expulsés par la bouche. 11 existe aussi dans l'épaisseur de l'enveloppe une sorte de bâtonnet triangulaire, dont une des extrémités, épaissie, détermine deux petites saillies de la membrane, et dont la signification est inconnue. On a observé plusieurs l'ois la régénération de la membrane, après expulsion de la masse sarcodaire tout entière.

Une petite portion du protoplasma d'une Noctiluque mutilée peut même, dans certains cas, se compléter et former un nouvel animal. La reproduction se fait par division (Brightwell), principalement en hiver et au printemps, et, à ce qu'il semble, avec participation du noyau (fig. 189). Un deuxième mode de génération a lieu au moyen de germes internes (zoospores) (fig. 190). En contractant l'appendice mobile ou en s'en détachant, la Noctiluque se transforme en une sphère lisse, dans laquelle le, bâtonnet a disparu. A cet état, les Noctiluques produisent, suivant M. Cienkowski, des zoospores. Après la disparition du noyau, le contenu sarcodaire se partage en 2 ou 4 masses mal délimitées, auxquelles correspond un nombre égal de lobes de la membrane enveloppante. Sur ces lobes se développe une série de petites saillies, qui sont l'ébauche des zoospores; ils se détachent de plus en plus de la membrane, tandis que le corps de la Noctiluque affecte la forme d'un disque. Ces petits mamelons sont donc produits par le contenu protoplasmique du disque, qui diminue de plus en plus, à mesure que la production des zoospores avance. Ils se séparent enfin entièrement de la vésicule et se mettent à nager à l'état -de zoospores pourvus de nucléus, d'appendices cylindriques, et se transforment probablement plus tard, après avoir subi une série de modifications encore inconnues, en véritables Nocliluques. La conjllgaison aurait aussi lieu, suivant M. Cienkowski, chez les formes normales et chez les formes enkystées. Les deux individus se placent toujours de manière que les points, où est situé le noyau chez l'un et chez l'autre, soient le plus rapprochés possible et se fusionnent après résorption de la paroi

1S9. — Deux individus se conjuguant.

Fig. 190. — Deux zoospores. — Ces trois figures d'après Cienkowski .

qui les sépare et réunion de la masse protoplasmique avec les noyaux en un corps unique. Il est plus que probable que la formation des zoospores est favorisée par . la copulation jointe à l'abondance des aliments. On reconnaît aussi dans ces phénomènes, de même que dans la copulation des zoospores de Diatomées et de Volvocines, des analogies avec la reproduction sexuelle.

Les Noctiluques doivent leur nom à leur phosphorescence, propriété qu'ils partagent avec de nombreux autres animaux marins, tels que les Méduses, les l'yrosomes, etc., et qui réside dans la couche périphérique du protoplasma. Dans certaines conditions favorables, ils montent à la surface en si grand nombre, que la mer prend sur de vastes étendues un aspect gélatineux et rougeàtre, et après le coucher du soleil, surtout lorsque le ciel est voilé, présente le splendide phénomène de la phospborence. L'espèce la plus répandue dans l'océan Atlantique et dans la mer du Nord est la Noctiluca miliaris.

Lue forme voisine des Noctiluca, niais constituant un groupe spécial de Flagellâtes, est le Leptodiscus medusoides, qui a été découverte à Messine et décrite avec soin par R. Hertwig1. Le corps a la forme d'un disque mesurant environ 1 millimètre de diamètre, recourbé comme un verre de montre, à l'état de repos, et se mouvant comme une Méduse. La substance fondamentale hyaline, dans laquelle on trouve un réseau de protoplasma avec un noyau, est entourée d'une membrane, interrompue en deux points, à la base du fiagellum et au niveau de la dépression au fond de laquelle est la bouche. Le noyau, un peu excentrique, est ovale et constitué de deux parties, l'une plus grosse, finement granulée, l'autre plus petite, homogène. Ces deux régions, bien qu'aucune membrane n'existe entre elles, sont nettement distinctes, comme dans les [nfusoires appartenant au genre Spirochonçi. La bouche (cytostomé) est une dépression en forme de sac, excentrique, située sur la face convexe, et réunie au fond à un cordon de fibres plasmiques homogènes. 11 est probable que la véritable bouche est située au fond de cette dépression.. Le fiagellum est couché sur la face dorsale, mais fait partie de la face opposée; il est constamment en mouvement, mais, de même que les cils des Noctiluca, ne sert que fort peu à faire progresser le corps.

5". — Sous le nom de CATALLACTES2 on réunit ces petites sphères ciliées que lliickel a découvertes dans la mer, qui sont formées d'un grand nombre de cellules ciliées, piriformes, dont l'extrémité atténuée est dirigée vers le centre de la sphère. Quand la sphère se désagrège, les cellules, semblables à des Infusoires, nagent de côté et d'autre, tombent au fond après avoir contracté leurs cils, et rampent à la manière des Amibes. Elles s'enkystent plus tard, se partagent par une bipartition continue en un agrégat de cellules qui, à leur tour, Ise revêtent de cils, rompent la capsule et reproduisent de nouvelles sphères ciliées. Magosphssra planula E. Iheck, côtes de Norvège.

«. — LesLABYRlNTHOLÉES5 ont été découvertes par Cienkowski sur des pilotis

1 Richard Hertwig, Vcber Leptodiscus medusoides. Jenaischer naturw. Zeitschr, t. XI. 1877. - E. Hœckel. Studien ûber Moneren und andere l'rolislcn, Leipzig-, 1870. 3 Voy. L. Cienkowski, Ueber den Bau und die Entwicjilung der Labyrinthuleen. Archiv fur mikrosk. An3t., vol. III, 1867.

GRÉGARINES. 193

plongés clans la mer, dans le port d'Odessa. Ce sont des amas de cellules nucléées, <|iii se reproduisent par division et possèdent un certain d^iv de contractilité. Ce qu'elles ont de remarquable, c'est qu'elles sécrètenl nue substance tibriliaire qui se durcit et l'orme des réseaux de filaments anastomosés. C'est dans le tissu même des mailles de ce réseau qu'elles glissent en pivotant; elles se réunissent de nouveau en niasse et s'enkystent, chaque cellule s'entourant d'une membrane résistante, tandis que toutes ensemble sonl enveloppées d'une substance corticale. De ces kystes sortent, après un temps plus ou moins long, quatre cellules qui se transforment probablement en jeunes Labyrinlbulées. Par leur développement elles semblent se rapprocher de certaines ?almellèes(Anthophysa). Labyrinthula vitellina, L. macrocystis, Cnk.

î. — Les grégarines1 sont des organismes cellulaires pourvus d'un noyau et d'une membrane, qui vivent en parasites dans le tube digestif et dans les organes internes d'animaux inférieurs. Le corps des Grégarines, que l'on a longtemps pris pour des Vers intestinaux en voie de développement, est en général vermiforme, mais d'une organisation très simple (fig. 191). Une membrane délicate, qui ne présente d'ouverture d'aucune sorte, en- • ? toure une masse granuleuse, visqueuse et faiblement contractile, dans laquelle est enfoui un corps transparent, rond ou ovale, le noyau. Cependant membrane et noyau peuvent manquer, ce qui est le cas pour les formes qui produisent des Psorospermies. La ressemblance incontestable de beaucoup de Grégarines avec une cellule simple se trouve altérée par des différenciations ultérieures. En effet, l'extrémité antérieure du corps, dans laquelle se trouve le noyau, s'isole au moyen d'une cloison transversale, et prend l'aspect d'une tète, d'autant plus qu'il s'y développe des croebets ou dif- Fig- l'Ji. — «. Styiorhynchus lereiils appendices du même genre. La bouche, le tube (ciepsiirina) poiymorpha en digestif et l'anus font défaut; la nutrition a lieu par voie de conjugaison (d'après

° l Slem)

endosmose à travers la paroi du corps; le mouvement

se borne à une sorte de glissement lent dû à de faibles contractions du corps.

Lieberkuhn avait déjà observé sous la cuticule de plusieurs Grégarines une

1 Voy. A. Franizius, Observaliones quœdam de Gregarinis, Wratislav, 1846. — F. Stein, Ueber die Natur der Gregarùtài, Mûller's Archiv, 1848. — Kôlliker, Ueber die Gattung Grega* /■in». Zeitschrift fur wissenschattliche Zoologie, 1848. — A. Schraidt, Abhandl. d. Senkenb Ges., vol. I. I854-. — N. Lieberkuhn, Evolution des Grégarines, Muai. cour, de l'Acad. de. Lel^.. 1855. — Id., Bcitrag zur Kenntniss der Gregarinen, Archiv fur Anat. und Physiol., 1865. — Th. Eimer, Ueber die ei-oder kugelfôrmigen Psorospermien derWirbelthiere, Wùrtzburg, 1870. — Ed. van Beneden, Recherches sur l'évolution des Grégarines, Bulletin de l'Acad. roy. de Belgique, 2e série, XXXI, 1871. — B. Lankester, Remarks ou the structure oj Ihe Gregarinœ, etc., Quarterl. Journ. microsc. Soc, 1872. — L. Dufour, Ann. se. nat., lre sér., vol. VIII, p. ïô, 1826, — Id., ibid., vol. XIII, p. 566, 1828. — Id., Recherches anatomiques .sur les Hémiptères, 1833. — Id., Ami. se. nul.. 2e sér., vol. VII, p. 10. I8~>7. — Klebs, Virchow's archiv, vol. XVI, p. 188. — Aimé Schneider, Contribution à l'étude îles Grégarines. Archives de Zool. expér., t. IV, 1876. — kl. Sur 1rs Psorospermies oviformes ou Coccidies Uni i. IX. 1881. — Id., Sur quelques points de l'histoire du genre Gregarina. Ibid., t. II. 1^73. — Biitschli, Kleine Beitrag zur Kenntniss der Gregarinen. Zeitschr. fur wiss. Zool, t. XXXV. 1881. Voy. aussi : Leuckart, Die Parasitai des Menschen, 2e (dit., t I., Leipzig, 1881.

TRAITÉ DE ZOOLOGIE. — 8e ÉIUT. 13

Fig 192. — a el b, Gtégs s'enkystant («1 après Sti

Fig. 193. —a, formation des pseu donavicelles ; b, kyste de pseudonavicelles (d'après Stein).

couche striée, comparable à une couche musculaire, et récemment E. van Beneden a démontré la présence d'une lame de libres musculaires transparentes dans les Grégarines géantes du Homard. Enfin Aimé Schneider distingue entre la cuticule et la couche musculaire une couche intermédiaire, amorphe. Dans le jeune âge les Grégarines vivent toujours isolées; à l'état adulte on les trouve fréquemment réunies deux ou plusieurs ensemble. Ce phénomène précède la reproduction, et représente une sorte de conjugaison (lig. 192). Les deux individus, accolés l'un à l'autre suivant leur grand axe, se contractent, s'entourent d'une enveloppe commune, et après une division analogue à la segmentation se partagent en une masse de petites vésicules qui se transforment en pelits corps fusiformes (Pseudonavicëlles). Le kyste qui s'est formé autour des deux individus conjugués, rarement autour d'un seul, devient un kyste de pseudonavicëlles, qui se déchire par place et laisse sortir les corps fusiformes (fig. 19Ô). Il arrive aussi parfois que chacun des deux individus conjugués acquiert une chambre particulière, avant la sporulation, de sorte que ce kyste parait divisé en deux loges (pseudo-conjugaison)- Suivant A. Schneider, voici comment se forment les pseudo-navicelles chez le Stylo-

rhynchus oblongatus : les spores bourgeonnent à la surface de la masse qui se segmente et se transforme d'abord en petits bâtonnets mobiles; puis chacun de ceux-ci devient immobile, reprend la forme sphérique et s'entoure d'une membrane résistante. Quand les spores se sont formées, le reste de la masse centrale acquiert une enveloppe particulière (pseudokysle), puis en s'accroissant elle détermine la rupture du kyste et facilite ainsi la dispersion des spores. Chez les Gregarina (Clepsidrina) et les Gamocystis, il se forme des sporoductes ou conduits spéciaux, par lesquels s'échappent les spores (lig. 194). Parfois les spores semblent présenter plusieurs formes; on peut ainsi les distinguer en macrospores et microspores.

Chaque Pseudonavicelle produit un corps amiboïde, comme l'ont montré les observations de Lieberkùhn sur les Psorospermies du Brochet, mais ce phénomène, d'après Schneider, ne se présente pas chez toutes les Grégarines. Ce corps amiboïde ne se transforme pas cependant directement en une petite Grégarine, mais produit, suivant E. van Beneden, deux Grégarines. Il perd sa mobilité, émet

Fig. 101. — L'a kyste mur de Gregarina [Clepsidrina) Blatlarum avec neuf sporoductes, d'après liùtschli. — Ch, enveloppe propre du kyste fortemi nt rétractée et épaissie. Les pseuctonavicelles sont sorties en grande partie par les sporoductes ; il en reste un petit amas, ps, au centre; s, x, canaux plasmiques qui servent à conduire les pseudonavicëlles vers tes sporoductes. gh, enveloppe gélatineuse ; sph, membrane du contenu du kyste: spi, sporoduetc.

GRÉGARINES.

doux prolongements inégaux, qui se séparent, deviennent de jeunes Grégarines filiformes (Pseudofîlaires) et produisent plus tard un noyau. Dans les cas (Monocystis, Gonospora, etc.), où les spores produisent des corpuscules falciformes avec des noyaux, la phase amiboïde ne se présenterait pas.

Les petits organismes connus depuis longtemps sous le nom de Psorospermies, et que l'on rencontre dans le foie du Lapin, dans les cellules èpithéliales de l'intestin, dans les branchies des Poissons, dans les muscles de beaucoup de Mammifères, etc., présentent une grande ressemblance avec les kystes de Pseudonavicelles, sans que l'on sache au juste quelle est leur nature. Il en est de même des corpuscules des muscles du Cochon, décrits par Mischer ou Rainey (fig. 195), et aussi de ces vésicules parasites des Cloportes et des Le revisses, désignées sous le nom de Amœbidium parasiticum, que Cienkowski rapporte aux Champignons.

On doit aussi considérer comme des Grégarines les Coccidies, que l'on rencontre dans les cellules de l'épithélium intestinal et de l'épit hélium des conduits biliaires cliez les Mammifères (fig. 190). Elles se transforment en Psorospermies ovalaires ; en effet, elles s'entourent d'une enveloppe et donnent naissance aux dépens de leur masse granuleuse à des spores. Dans le Coccidium ovifonne du foie du Lapin et de l'Homme, il ne se produit jamais que quatre spores, qui

Les principaux genres des Grégarines sont : Stijhrlnjnchus Stein. Corps à

Fig. 195. — Corpuscules de Rainey provenant des muscles du Porc. — a, un corpuscule dans l'intérieur de fibre musculaire. — b, extrémité postérieure du même fortement grossie. C, couche cuticulaire ; B, amas de spores.

se transforment en bâtonnets falciformes. a, h c

septum plan. Extrémité antérieure prolongée en rostre, fixé à l'état jeune.

La rupture des kystes de pseudonavicelles. est déterminée par l'accroissement du pseudokyste. Spores réunies en longs chapelets. Vivent dans le tube digestif des Ilétéromères. St. longicollis Stein, dans les Blaps. Gregarina L.

Duf. (Clepsidrina llammersch.). Corps à septum plan. Extrémité antérieure terminée par un bouton arrondi, individus fixés à l'état jeune. Gr. Blattarum v. Sieb. Gr. polymorpha llammersch., dans la larve du Tenebrio molitor. Porospora Sclm. Corps très allongé, muni d'un septum. Individus solitaires. P. gigantea Ed. v. Lien., dans l'intestin du Homard.

Actinocephalus St. Corps avec un septum. En avant un long appendice en

fWUÏÏ

Fig. 196.— Coccidium ovif orme, provenant du foie du Lapin grossi 550 fois, d'après Leuckart. c, d, diverses phases de la formation des spores, que l'on n'observe qu'en dehors de l'hôte.

ion

forme de trompe, élargie à son extrémité et garnie d'une couronne de crochets. A. stelliformis Schn. dans les Carabes. Pour les genres nouvellement établis, Echinocepkalus, Pileoeephalus, Ditfoitria, Urospora, Gonospora, etc., voyez Aimé Schneider.

Les Protozoaires proprement dits comprennent deux classes, les Rkizopodes et les Infusoires.

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