‹ Traité de zoologieChapitre 28 sur 434 · DIVISION DU TRAVAIL PHYSIOLOGIQUE ET PERFECTIONNEMENT · texte numérisé non relu

DIVISION DU TRAVAIL PHYSIOLOGIQUE ET PERFECTIONNEMENT

à 5 ACCROISSEMENT ET ORGANISATION PROGRESSIVE DIVISION DU TRAVAIL PHYSIOLOGIQUE ET PERFECTIONNEMENT

Chez les animaux inférieurs on ne trouve ni organe formé de tissu cellulaire, ni même de tissu cellulaire. L'organisme tout entier correspond à une seule cellule, la masse du corps est représentée par le protoplasma, la peau par la membrane cellulaire, qui parfois même n'offre aucun orifice pour l'introduction d'aliments solides, de sorte que la nutrition s'opère par endosmose. Dans ces conditions, qui se trouvent réalisées par exemple chez les Grégarines et les Opalines parasites, la paroi du corps suffit (comme la membrane cellulaire pour la cellule) pour assurer l'absorption des substances et l'expulsion des produits d'excrétion, et par conséquent l'exercice des fonctions végétatives. Le protoplasma “onstitue à lui tout seul le parenchyme du corps; c'est dans son intérieur que s'accomplissent tous les actes, aussi bien de la vie organique que de la vie animale.

On observe. en conséquence, des rapports définis entre les fonctions de la surface périphérique et la masse qu'elle limite, dans les diverses parties de laquelle s'accomplissent les actes de la vie animale et végétative, tandis que la première sert en quelque sorte d'intermédiaire à ces deux ordres de phénomènes. Ce fait suppose une relation définie entre l'étendue de la surface et le volume de la masse, relation qui varie avec les progrès du développement du corps de l'animal. Et comme l'accroissement de la masse se fait suivant les trois dimensions, tandis que celui de la surface ne se fait que suivant deux, il s'ensuit que le rapport se modifie aux dépens de la surface, ou, ce qui revient au même, qu'à mesure que le corps grandit, sa surface devient relativement plus petite. Il arrive un moment où elle ne suffit plus pour entretenir les actes vitaux; alors, pour que la vie puisse se maintenir, il faut qu'elle s'agrandisse par la production de surfaces nouvelles. Cela se voit non seulement dans les animaux les plus simples, cellulaires, mais aussi dans les cellules dont la grandeur, comme on le sait, ne dépasse pas certaines limites. Ainsi, à mesure que la masse augmente, non seulement le protoplasma se divise en unités cellulaires plus ou moins nombreuses, mais encore celles-ci se groupent et s'étalent de façon à former des surfaces. De la sorte l'organisme cellulaire acquiert non seulement une surface externe, mais aussi une surface interne, où les cellules sont disposées en couches régulières. L'apparition d'une surface interne à pour résultat une division du travail dans la fonction des deux couches cellulaires. La couche interne préside aux fonctions animales et à certains actes végétatifs ayant surtout rapport à la respiration et aux excrétions, tandis que la couche interne, cavité digestive, sert à l'absorption des aliments et à leur digestion.

Par là, non seulement se trouve prouvée la nécessité d’une organisation se développant en même temps que l'accroissement du corps progresse, mais encore se trouve caractérisée dans son essence l’organisation animale. Les nombreuses

cellules produites par l'organisme primitivement si simples, au début sembiables entre elles et disposées en une couche périphérique (colonies de Protozoaires,

Vo!vox, vésicule blastodermique ou blastosphère) (fig. 62 et 63), pour subvenir

aux besoins de l'organisme en voie de croissance progressive ont dû peu à peu se diviser pour limiter les deux surfaces, l’une externe, l'autre interne, qui se réunissent dans la région du corps où s'ouvre à l'extérieur la cavité interne, c'est-à-dire dans la région buccale. Leur structure diffère, on le comprend, suivant les fonctions différentes que

la couche externe, qui concourent principalement Fig. 62. — Colonie cellulaire d’un à l'exécution des fonctions animales, sont riches Volvox globator jeune (d'après Dir ses ï + :

Stein). en principes albuminoïdes, pâles, cylindriques et pourvues de cils. Celles qui revêtent la poche digestive ont une forme plus arrondie, sont remplies de granulations foncées et peuvent aussi être munies de cils

tit vibratiles destinés à mettre en mouvement le con-

\ | | ha tenu de la cavité. Dans le fait, on trouve cette forme

; NX ao JL d'un organisme cellulaire différencié, la plus simple SN Ve = que les considérations physiologiques nous fassent

. entrevoir, réalisée dans la Gastrula, constituée par

== deux couches de cellules, qui se présente à:l'état TES $ larvaire dans presque tous les embranchements

LR ne ae du règne animal, et qui, dans le groupe des Cœlentérés, se rapproche beaucoup de la forme adulte,

JA douée de la faculté de se reproduire (fig. 64). Fig.63.— Phase de blastosphère d'une Cette organisation se complique au fur et à mesure larve d'Acaléphe (Aurelia Aurila). qe l'accroissement ultérieur, et ce perfectionnement est en partie le résultat d'un agrandissement des surfaces, causé par des invaginations secondaires, en partie la conséquence de l’apparition de nouveaux tissus entre les deux couches cellulaires déjà existantes. Ces invaginations remplissent des fonctions spéciales ; elles se transforment en organes glandulaires.

rôle plus important : ils servent en première ligne de charpente solide et forment le squelette; ils augmentent aussi la puissance de locomotion de l'organisme, et en tant que muscles, sont en rapport intime avec les feuillets cellulaires externe (muscles

Fig. 64. — Phäse de gastrula d’une - : :

arve d'Acalèphe (Aurelia Aurita: de la peau) et interne (tunique musculaire du tube

Be, ectoderme; En, entoderme; 0; digestif). Un espace situé dès l’origme entreces

bouche de la gastrula' (blastopore). 2 s F :

. SO) deux lames cellulaires qui constituent la paroi du

corps (cavité viscérale primaire), ou produit par division ultérieure de la couche

de tissu intermédiaire, devient la cavité viscérale; c'est aux dépens de cette dernière couche que se forme le système vasculaire. L'apparition des muscles coïncide

les deux surfaces ont à remplir. Les cellules de

Page 1