‹ Traité de zoologieChapitre 370 sur 434 · SOUS-CLASSE CHELONIA:. CHÉLONIENS · texte numérisé non relu

SOUS-CLASSE CHELONIA:. CHÉLONIENS

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Corps court et ramassé, avec un bouclier osseux sur le dos ét sur le « ventre et des mâchoires dépourvues de dents et entourées d'une gaine cornée.

Aucun groupe de Reptiles n’est aussi nettement délimité, ni aussi bien carac- … {érisé par un ensemble de particularités dans la forme et l'organisation que celui

—. ! Voyez, outre les traités généraux d'erpétologie déjà mentionnés, A. F. Schweigger, Pro- … dromi monographiae Cheloniorum, sectio 4 et 2. Regiomonti, 1814. — A. Bojanus, Aralome 4 Lestudinis Europae. Nilnae, 1819. — MH. Rathke, Ueber die Enlwicklung der Schildkrôten. … Braunschweig, 1848. — Gray, Synopsis Reptilium, or short descriptions of the species of Reptiles. Part. 1. Cilaphracta. London, 1831. — Id. s Catalogue of shield Repiles in the collection … ofthe Brilish Museum. Part. 1. Testudinata. London, 1855. Suppl. 1870. Append. 1872. Part. 9, 4872. — L. Agassiz, Embryology of the Turtle. Contributions to the natur. hist. of the United States, vol. I et Il. Boston, 1857. — 4. Strauch, Chelonologische Studien, Mém. de l'Acad. de Saint- Pétersbourg, 7° sér., vol. V, 1862. — Id., Die Vertheilung der Schildkrôten über den Erdball. Ibid., vol. V, 1865. — Gray et Sowerby, Tortoises, Terrapins and Turtles drawn from life. Hbndon, 1872. — W. K. Parker, On the development of the skull and nerves in the green Turtle. ” Proceed. Roy. Soc., t. XXVIIL. 1879. — Id., Development of the green Turtle observed during the Voy. of the Challenger. Challenger Reports, t. 1, 1880.

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des Tortues. La présence autour du tronc d’une enveloppe solide, formée par carapace dorsale plus ou moins bombée, ordinairement osseuse, et un plast ventral réunis latéralement par des prolongements transversaux, a autant d'in portance comme caractère distinctif des Chéloniens que les plumes et les a pour la classe des Oiseaux (fig. 1087).

Par la brièveté du tronc et la forme large et ramassée de la carapace, dans

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Fig. 1087. — Squelette de Cistudo (Emys) europaea. — V, plaques vertébrales ou neurales; costales; M, plaques marginales; Nu, plaque nucale; Py, plaque pygale; Jcl, entoplast ÿ plastron ; B, hyoplastron suivi de l'hypoplastron et du xiphiplastron; Sc, omoplate; Co, coracoi achromion (procoracoïde) ; Pb, pubis; Js, ischion ; J{, iléon; H, humérus; R, radius; U, cu) fémur; T, tibia; F, péroné. File VONT

plètement se retirer, les Tortues rappellent les Crapauds, mais par leur «

tion intérieure elles sont placées à un degré bièn plus élevé. La cuirasse que rigide, quisert à protéger les partiesmolles de leur corps lourd et pe est produite par une transformation spéciale des pièces osseuses de

vertébrale ainsi que par le développement d’os dermiques accessoires, qui s

sent plus ou moins intimement avec les premières. Le bouclier inférieur plat,

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plastron, considéré jadis à tort comme un sternum modifié, est constitué, suivant Rathke, exclusivement par des os dermiques et comprend d'ordinaire neuf pièces osseuses plus ou moins développées, une pièce antérieure impaire (entoplastron) t quatre paires de pièces latérales (épiplastron, hyoplastron, hypoplastron et viphiplastron), entre lesquelles il peut rester un espace médian fermé par la u ou du cartilage (Trionyx, Chelonia, etc.). Par contre, à la formation de vaste carapace dorsale prennent part les apophyses épineuses et les côtes des ertèbres dorso-lombaires, ainsi qu'un certain nombre de plaques osseuses der- - miques paires ou impaires (plaques complémentaires), qui viennent s'y ajouter . soit sur la ligne médiane au cou (plaque nucale) et dans la région sacrée (plaque . pygale), soit sur les bords (vingt-deux plaques marginales). Les apophyses épi- —…. neuses de sept vertèbres dorsales (de la deuxième à la huitième) constituent une . série de plaques médianes; les côtes de huit vertèbres (de la deuxième à la neu- . ième) sont transformées en larges plaques transversales unies par des sutures . dentelées, qui présentent encore la particularité d'envoyer aux apophyses épineuses — de larges prolongements recouvrant de bonne heure les muscles du dos. Sur la face … externe des deux boucliers sont d'ordinaire appliquées en outre de grosses pla- …. ques régulières (Chelonia imbricata, Chelonia midas), produites par l'épiderme — devenu corné, et qui sont ce qu'on appelle vulgairement l’écaille. Ces plaques - épidermiques ne correspondent pas aux pièces osseuses sous-jacentes ; elles sont + 4 disposées cependant très régulièrement, de manière à former sur la carapace — une rangée médiane et deux rangées latérales et sur le plastron deux rangées — seulement. Elles ne font défaut que dans la famille des Trionychides et dans le …. genre Sphargis. La peau des parties saillantes et libres du corps, telles que le — iète, le cou, les membres, s’épaissit et constitue des plaques et des tubérosités, — dont le revêtement épidermique ne subit pas d'ailleurs des modifications aussi —. prononcées. Les glandes cutanées paraissent faire complètement défaut; mais il — existe chez les Tortues marines et les Tortues d'eau douce deux paires de glandes … latérales particulières, situées dans la cavité générale du corps et qui débou- … chent sur la face ventrale.

Tandis que les vertèbres de la région moyenne de la colonne vertébrale sont 4 ainsi soudées avec le bouclier dorsal, les pièces des régions qui la précèdent et ; la suivent sont très mobiles. Huit longues vertèbres, dépourvues de côtes et — d'apophyses transverses, forment le cou, qui peut, en se recourbant en différents —. sens, se retirer plus ou moins complètement dans l'intérieur de la carapace. Aux “ dix vertèbres dorso-lombaires munies de côtes, dont les quatre postérieures “— peuvent être considérées avec Rathke comme dés vertèbres lombaires, font suite deux ou trois vertèbres sacrées, libres, puis un nombre considérable de vertèbres … caudales très mobiles. * :

—. La tête est sensiblement bombée; les os y sont solidement réunis par des —.sutures et forment un vaste toit qui se continue en arrière avec une crêle occi- … bitale bien développée, et qui est remarquable par la présence de deux päriétaux et de frontaux antérieurs volumineux‘. Des pariétaux partent des prolongements sed descendants sur les côtés de la capsule crânienne cartilagineuse jus-

…. ! Huxléy, Lectures on the elements of comparative anatomy. London, 1864. — W,.K, Parker et G. T. Bettany, The morphology of the skull. London, 1871. — W. K. Parker, Loc. cit.

qu’au basisphénoïde. La fosse temporale est, surdbtit chez les Tortues de mer, recouverte par de larges plaques osseuses, qui sont formées par le post-frontal, le jugal, le quadrato-jugal et le squamosal. En arrière du prooticum, qui con stitue les parois latérales de la cavité crânienne, l’opisthotieum reste distinct de l'occipital latéral, auquel il est uni par des sutures. Il n'existe pas d'os trans: verse, mais l’arcade maxillo-jugale forme un large anneau osseux au-dessous de l'orbite. Toutes les parties de l'appareil maxillo-palatin sont, comme l'os carré, 4 soudées aux os du crâne et souvent séparées les unes des autres par des sutures u dentelées. La face est excessivement courte; les nasaux manquent. La partie 0sseuse du palais est formée par le vomer réuni aux palatins, derrière lesquels s'ou= \ vrent les orifices des fosses nasales. Les ptérygoïdes sont aussi très larges et lamelleux. Les dents font complètement défaut sur les os du palais, aussi bien que sur les os des mâchoires; mais celles-ci ont leurs bords recouverts, comme le bec des Oiseaux, de lames cornées, dentelées et tranchantes, qui dans certaines espèces peuvent mordre énergiquement et même causer des blessures. Leurs quatre membres permettent aux Tortues de ramper et de courir sur le. sol ferme; dans les formes qui vivent dans l’eau, ils sont disposés pour nager. 5 Dans les Tortues d’eau douce, ils se terminent par des pieds palmés; dans les … Tortues marines, ils sont transformés en nageoires, les doigts ne sont plus dés: tincts, et tout au plus deux ongles sont implantés sur leur bord. Chez les Tortues terrestres, les doigts sont aussi réunis ensemble ; ils forment un pied épais, à ple calleuse, portant à son extrémité quatre ou cinq ongles cornés. Un fait ren quable, mais qu'explique le développement de la carapace par l'accroissem des côtes antérieures et postérieures, c'est la position de la ceinture basilai des deux paires de membres et des muscles correspondants entre le plast et la carapace. L'omoplate forme un stylet osseux ascendant, dont l’extrémi supérieure est réunie soit par du cartilage, soit par des ligaments avec l'e physe transverse de la première vertèbre dorsale. La clavicule manque; m un acromion très développé (procoracoïde) s'étend depuis l'omoplate jusqu'à pièce impaire du plastron, à laquelle elle se fixe également par des cartile et des téguments. Le bassin présente une structure très analogue à celu Sauriens, et, excepté chez les Tortues terrestres, n'est pas solidement réun carapace. - DR Les Tortues sont des animaux lourds et paresseux, chez lesquels Îes foncti végétatives sont très développées et l’activité psychique au contraire très limitée. Le cerveau est allongé et fortement rétréei en avant‘. Les hémisphères céréh comparés à ceux des Amphibiens, présentent un développement beaucoup considérable; ils recouvrent le cerveau intermédiaire et en partie le : moyen. La moelle allongée, séparée à la base du cerveau, par un sillon tran du cerveau moyen, présente déjà une courbure très prononcée. Le cervele en avantde la moelle allongée, a la forme d’une lamelle transversale légè bombée, à concavité postérieure. Parmi les nerfs eräniens, le facial et auditif naissent par un tronc commun. La moelle épinière est eylindriq s'étend jusqu'à l'extrémité de la queue. Les yeux sont contenus dans des ce

1 L. Stieda, Ueber den Bau des centralen Nervensystems der Schildkrôte. Leitschr. £. wiss t. XXV. 1875. Ë

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orbitaires complètes et possèdent des paupières, une membrane nictitante et une glande de Harder. Il existe aussi une grosse glande lacrymale dans l'angle externe postérieur de l'œil. La paroi du globe oculaire présente un cercle osseux entre la cornée et la sclérotique. L'organe de l'audition est également très développé‘. Il n'existe pas d'oreille externe; la membrane du tympan est à fleur de et la cavité tympanique renferme une columelle et communique avec ière-gorge avec une large trompe d'Eustache. Dans le labyrinthe membraeux, les canaux demi-circulaires ont à peu de chose près la même position que chez les Anoures, mais leur conformation est plus semblable, Les ampoules des . deux canaux demi-circulaires externe (horizontal) et antérieur (sagittal) débou- . chent dans la partie antérieure de l’utricule, celle du canal demi-circulaire pos- - térieur (frontal) dans sa partie postérieure. Le saccule, très grand, communique . toujours avec l’utricule; de sa face inférieure se détache le limaçon, qui a la . forme d’un court appendice en massue.

Les deux cavités nasales, séparées par une cloison cartilagineuse, renferment deux paires de glandes nasales, l’une supérieure dorsale, l'autre inférieure. Les . glandes de cette dernière paire débouchent sur le palais dans la partie postérieure . de la cavité nasale et sont aussi désignées sous le nom de glandes palatines. Les - cornets sont remplacés par des saillies recourbées de la cloison et des parois latérales de la cavité nasale.

Les organes de la digestion et de la génération se rapprochent en partie de ceux des-Grocodiles, en partie de ceux des Oiseaux. Avec les premiers ils ont en particulier de commun la conformation des organes mâles (Jean Müller) et la . présence de canaux péritonéaux, clos il est vrai. Il est intéressant de remarquer . que les conduits sexuels et les uretères débouchent dans le col de la vessie uri- . naire, qui fonctionne par conséquent comme sinus génito-urinaire. La langue est » fixée au plancher de la cavité buccale et n’est pas protractile; chez les Tortues terrestres, elle est munie de longues papilles. A la base des papilles linguales - débouchent de petits sacs glandulaires (glandes linguales). De nombreux organes « cupuliformes du goût existent dans l’épithélium de la langue. L'œsophage n'est pas nettement distinct de l'estomac et présente des replis très prononcés de la —. muqueuse, ouest pourvu de longues papilles cornées dirigées en arrière (Tortues … marines). Chez les Sphargis, l'œsophage décrit une grande courbe. La structure …— de l'estomac présente dans les différentes familles de nombreuses variations …. dans les caractères des cellules caliciformes, ainsi que des glandes muqueuses et … des glandes à pepsine?. Le cæcum paraît faire toujours défaut. Le foie et le «. pancréas sont très développés. Le cœur est très large, aplati, et sa pointe est … arrondie. La cloison des ventricules est encore très incomplète; le ventricule droit . est représenté par le compartiment droit antérieur. De même que chez tous les autres Reptiles, le repli du tronc de l'aorte forme une cloison complète qui sépare

1 C. Hasse, Das Gehôrorgan der Schildkrôte, in Anatom. Studien. 2 Heft.

> J. Machate, Untersuchungen über den feinern Bau des Darmkanals von Emys crapaees Zeitschr. für wiss. Zool. 1879.

5 E. Brücke, Beiträge sur vergl. Anatomie und FÉob gie des Gefässystems der Amphibien. kschr. der K. Acad. Wien., t. LIL 1852, — G. Fritsch, Zur Vergl. Anatomie der Amphibienzen, Archives de Müller. 1869. — Sabatier, Ann. des Sc. nat., 1873 et 1874, et Revue des sc. nat, Montpellier, 2 sér., t. II, 1881.

l'aorte gauche de l'aorte droite. Sur le cœur des Tortues vivantes on remarqu pendant la diastole du ventricule, que les deux compartiments renferment | sang différent. Pendant la systole, le compartiment de droite a aussi une te plus claire (Brücke). La contraction ne se produit pas régulièrement, ear ell manifeste d'abord principalement dans le compartiment droit, puis dans le co: partiment gauche, dont la systole dure un peu plus longtemps. Il en résu que, comme tous les troncs artériels partent du compartiment veineux du ventri cule, le sang foncé est chassé le premier et s'écoule principalement dans 1 artères pulmonaires; puis le sang artériel passe du compartiment gauche dan le droit en se mélangeant en partie avec le sang veineux et de là dans -droite. Outre une veine porte hépatique, il existe aussi une veine porte rén très développée, dont les branches afférentes amènent principalement le

taux. Les veines efférentes se réunissent pour former la veine cave inférieure Dans le système lymphatique il faut noter l'existence de cœurs lymphatiqu -situés au-dessus de l'extrémité postérieure de chaque ilion, au-des partie postérieure de la carapace?.

L’accouplement dure tout un jour; pendant cet acte le mâle est porté -dos de la femelle. Les œufs sont pondus en petit nombre, excepté chez les. ‘tues marines, où ils sont très nombreux. Îls contiennent au-dessous de la coquil une couche d'albumine qui entoure le vitellus. Ils sont enfouis dans la terre et chez les Tortues aquatiques dans le voisinage du rivage. Suivant Agas les Tortues qui habitent les marais dans l'Amérique du Nord ne pondent qu’un fois par an, bien qu'elles s’accouplent deux fois, au printemps et en automne. premier accouplement n’a lieu, d’après ce naturaliste, pour l'Emys picta, -dans la septième année, et la première ponte seulement dans la onzième. faits s'accordent avec l'accroissement si lent du corps des Tortues et le gran âge qu’elles atteignent. IL faut aussi noter la grande résistance vitale que. -sèdent ces Reptiles, qui leur permet de survivre longtemps à des mutilation même d'organes internes. Dans les pays du Nord, les Tortues s'enfoncent dans d ‘trous où filé subissent un sommeil hibernal; sous les tropiques, elles rest pendant toute la saison sèche dans leur retraite sans prendre de nourriture. tortues habitent principalement les climats chauds; elles se nourrissent st tout de végétaux, et plusieurs espèces en outre de Mollusques, de Crustacés e e Poissons.

Les Chéloniens commencent à apparaitre en petit nombre dans le Jurassi “supérisq mais c'est surtout dans les étages Kimméridgien et Portland qu'on les rencontre en abondance (Soleure, Hanovre)5. Presque toutes à tiennent à la famille des Chélydes (Plesiochelys, Craspedochelys), quelques:

1 Voyez, outre Bojanus : Nicolai, Unlersuchungen über den Verlauf und die Vertheilung: Venen, etc., die Nieren betreffrend. Isis., 1826. 2 Outre Panizza et Rusconi, voyez : Jean Müller, Abhandl. der Kônigl. Acad. der Wis £ lin, 1839.

5 G. A. Maak, Die bis jets bekannten fossilen Schildkrôten, ete. Palaeontographica, t À 1868-1869. — T. C. Winkler, Des Tortues fossiles, etc. 1869. — Rütimeyer, Die fos: -Schildkrôten von Solothurn und der übrigen Juraformation Neue Denkschr. der allg. Schw Gesellsch. für die Gesammt. Naturwiss., t. XXV. 1873.

seulement à la famille des Émydes (Thalassemys, Helemys). On a rencontré des

restes fossiles de Tortues d'eau douce en Angleterre dans les calcaires de Purbeck et dans l'étage Wealdien (Pleurosternon). Des formes semblables d'eau douce se continuent dans la craie à côté de véritables Tortues marines et d'espèces du genre Trionyr. On a rencontré dans ce terrain, en Angleterre et principalement dans l'Amérique du Nord, des Tortues marines parfaitement conservées (Chelone).

3 Le terrain tertiaire renferme aussi de nombreuses Tortues, surtout dans l'Éo- « cène (Trionychides). Enfin, à la fin de l’époque tertiaire vivaient de véritables … Tortues terrestres gigantesques (Megalochelys).

La classification des Chéloniens a été, il y a quelques années, l’objet d'importants travaux de la part de Strauch".

1. Fan. Gaeconnnas. Tortues marines (fig. 1088). Carapace plate et plastron souvent cartilagineux, entre lesquels la tête et les membres ne peuvent pas se retirer. Pattes transformées en nageoires, à doigts immobiles réunis, recouverts par les téguments et le plus souvent dépourvus d'ongles ; les antérieures plus longues que les postérieures ét recourbées en arrière à l’articulation du coude. Os du plastron non réunis. Mächoires dépourvues de lèvres. Queue très courte. Habitent les climats chauds, nagent et plongent, ét se nourrissent en partie de plantes marines, en partie dé Crustacés et de Mollusques, qu'ils broient à l’aide de l’armature ornée de leurs mâchoires. Après accouplement, qui a lieu dans l’eau, les femelles se rendent en grandes troupes, et accompagnées des mâles beaucoup plus petits, sur la côte.

Après le coucher du soleil, elles viennent à terre et enfouissent leurs œufs dans le sol. Immédiatement après leur éclosion, les jeunes Tortues se rendent dans la mer. Atteignent une taille considérable; leur poids dépasse souvent plusieurs quintaux, On leur donne la chasse à cause de leur chair et de l’écaille qu’elles fournissent.

1. Sous-Fan. Gheloniinae. Carapace et plastron recouverts de plaques cornées.

Chelonia Flem. (Chelone Brongn-). Carapace et plastron recouverts de plaques cornées régulières. Pattes présentant chacune une ou deux griffes. Carapace composée de treize plaques. Une seule plaque sus-orbitaire. Ch. virgata Schweig., Amérique du Sud. Ch. escunr Merr. (Midas Latr.), Japon, Brésil. Ch. (Caretta) imbricata L., Océan Atlantique et ndien.

Thalassochelys VFitz. (Caouana Gray). Carapace composée de quinze plaques. Deux plaques sus-orbitaires. Th. caretta L. (Th. corticata Rond.), Océan Atlantique et Méditer-

Fig, 1088. — Thalassochelys caretla (règne animal).

ranée.

2. Sous-Fan. Sphargidinae. Carapace et plastron recouverts d’une peau coriace. Sphargis Merr. Carapace et plastron recouverts d’une peau épaisse coriacée. Pas de plaques cornées. Pattes dépourvues de griffe. Sp. coriacea Gray. Rare dans la Méditerranée,

1 Strauch, loc. cil., et Die Vertheilung der Schildkrülen über den Erdball. Mém. Acad{St-Pé-

… tershourg, 7° sér., t. VHIL. 1805.

plus fréquent dans l'Océan Atlantique et l'Océan Indien. Des formes fossiles se contrent déjà dans le Jurassique.

9. Fam. TrionwyemDar. Carapace plate, ovale, incomplètement ossifiée. Plastron incot plet, à pièces osseuses non soudées, recouvert d’une peau molle. Tympan caché sous peau. Cou long, rétractile. Mâchoires à bords tranchants, entourées de lèvres charnu Tête et pattes non rétractiles. Pattes transformées en nageoires; sur les cinq doi libres qu’ils composent, les deux extrêmes n'ont pas de griffes. Narines sur une long trompe. Carnassiers, habitent les mers et les fleuves des pays chauds.

Trionyx Geoffr. Plastron court, rétréci à chaque extrémité ; sept ou huit paires côtes. Tr ferox Merr. Tortue dont la morsure est à redouter; sa chair est très pee Fleuves de la Caroline. Tr. aegyptiacus Geoff. Tr. gangeticus Cuv. , des.

Cryptopus Dum. Bibr. Plastron large, dont le bord postérieur porte trois operc fermant les ouvertures qui donnent passage aux pattes et à la queue. Cr. gr - Schweig., Indes. Cr. senegalensis Dum. Bibr.

3. FAM. CHELYDAE. Carapace ossifiée plus ou moins bombée, soudée avec le plas! et recouverte de plaques cornées. Ceinture pelvienne toujours soudée avec le plastron: Tête et pattes non rétractiles. Pattes terminées par des doigts libres, réunis 4 une membrane natatoire et munis de griffes. Cou recouvert d’une peau rigide, protégé latéralement par la cuirasse.

Chelys Dum. Tête large et plate, munie sur les côtés de lobes cutanés et de franges: quatre barbillons sous la gorge et deux au menton. Nez saillant en forme de trompe. Carapace composée de trois rangées de pièces coniques. Plastron long et étroit, fourchu en arrière, Ch. fimbriata Schweig. Matamata, Amérique du Sud.

Peltocephalus Cuv. Tête convexe, dépourvue de plaques dures. Carapace fortement OI vexe, dépourvue de plaque nucale. Mâchoires dépourvues de lèvres. P. Trazaca Bibr., Amérique du Sud. Podocnemis Wagl.

Ster notherus Bell. Tête médiocrement aplatie, garnie de plaques. Portion. : rieure du plastron mobile. Carapace dépourvue de ‘plaque nucale. St. nigricans ] Afrique. é 4 di

Autres genres : Pelomedusa Wagl., Platemys Wagl., Hydromedusa Wagl., Chelod 1e Bibr.

. FA. EmyDar. Tortues d'eau douce. Carapace ovale et aplatie, plastron en gé ie tous deux complètement ossifiés. Le cou est entouré d’une peau très lâche, laquelle la tête recouverte de plaques ne peut jamais rentrer comme dans un étui. P. épaisses, à doigts libres, mobiles, réunis par une membrane natatoire; les antérieu avec cinq ongles, les postérieures avec quatre. Nagent très bien, se meuyent aussi ar adresse sur terre; se trouvent principalement dans les cours d’eau peu rapides, les m et les étangs. Les œufs Sont enfouis dans des trous, dans le voisinage de l’eau. nourriture se compose essentiellement de Poissons.

Cistudo Dum. Bibr. (Emys Wagl.). Plastron composé de douze plaques réunies. pat cartilage à la carapace bombée, et divisé en travers par une articulation en deux mobiles. C. europaea Schneïd. (C. lutaria Gesn.). Tortue commune. Répandue da sud de l'urope (Espagne, Italie, France, Grèce), en Allemagne ainsi qu’en Bohèm Hongrie. Se rend à terre pendant la nuit, et se nourrit de Vers, de Mollusques € Poissons, et aussi de Plantes. C. carolina L. Amérique du Nord. |

Emys Brongn. (Clemmys Wagl.). Plastron simple, non mobile, réuni à la cara une suture. £. caspica Schweig., Mer caspienne, Dalmatie, Grèce. E. picta, geogr Amérique du Nord.

Chelydra Schweig. Plastron petit, en forme de croix. Deux barbillons. Une crête do sur la queue. C. serpentina L. Mâchoires très tranchantes. Tortue à queue de l'A du Nord.

Cinosternon Spix. Plastron composé de onze plaques, divisé en deux parties ci et postérieure mobiles. G. pensylvanicum Wagl.

5. Fan. Caersinar. Tortues terrestres. Carapace osseuse, élevée et bombée, à est soudée le plastron, très grand et toujours complètement ossifié. Carapace et pl recouverts de plaques cornées. Tête et pattes entièrement rétractiles. Les doigts n

pas mobiles et réunis jusqu'aux ongles. Ceinture pelvienne libre, non soudée au plastron.

Mächoires toujours avec des bords cornés tranchants. Pas de lèvres. Habitent les endroits

humides et ombragés dans les climats chauds. Se nourrissent de végétaux.

Testudo L. Pattes avec cinq doigts. Plastron non mobile, composé de douze plaques.

- T: graeca L. Sud de l'Europe, Asie Mineure. S’accouple en été et pond une douzaine

— d'œufs de la grosseur d’une noix qu’elle enfouit dans la terre humide. T. nemoralis. Aldr. (TL. marginata Wagl.). Bords latéraux fortement échancrés en dedans. T. tabulata Daud.,

Amérique. Homopus Dum. Bibr. Plaque postérieure du plastron mobile. Chersina Gray.

. Pyxis Bell. Lobe antérieur du plastron fixé par un ligament élastique à la pièce médiane, mobile. P. arachnoïdes Bell., Indes. Cinixys Bell. 7 postérieure de la carapace

mobile. C. Homeana Bell., Afrique. Manouria Gray

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