LES IUIIZOI>OI)KS
0011111,0 le» autres granulations, mais ne s'avance jamais bien loin vers la région antérieure.
La nourriture habituelle des Amibes, consiste en végétaux, en Infasoires ou Rhizopodes de petite taille, et en débris de toutes sortes, animaux ou végétaux.
Les granules graisseux sont des produits d'une alimentation exubérante mis en réserve pour les périodes de jeune. Les grains d'excrétion sont des produits de désassimilation.
Respiration. — Celte fonction s'accomplit sans organes spéciaux par toute la surface du corps. Peut-être cependant la vésicule pulsatile contribue-t-elle, ici comme chez les Ciliés, à fournir de l'oxygène aux parties profondes du corps.
Circulation. Excrétion. Vésicule pulsatile. — Ces fondions sont encore le sujet de discussions, car ici les avis sont partagés, les auteurs voyant dans la vésicule pulsatile, les uns un appareil circulatoire, les autres, un organe excréteur.
Nous avons vu que la vésicule se gorille par une lente diastole et se vide par une systole brusque.
Mais où évacue-t-elle son contenu?
Les uns pensent qu'elle l'épanché à l'intérieur, sous l'ectoplasme et constitue ainsi une sorte d'appareil circulatoire. Les autres admettent qu'elle le répand au dehors et sert à expulser les produits usés. S'il en est ainsi, elle doit aussi servir à la respiration car l'eau qu'elle évacue, venue du dehors (par osmose et avec les aliments), était chargée d'oxygène lorsqu'elle est entrée dans l'organisme. Après beaucoup de discussions et d'observations contradictoires, il semble s'établir que La vésicule, ici comme chez tous les autres Protozoaires, s'ouvre simplement à l'extérieur. Mais il n'y a pas d'orifice permanent. A chaque systole la paroi se déchire et se reconstitue par soudure parfaite immédiatement après (*).
(!) D'ordinaire, on admet que la vésicule se vide à l'extérieur et constitue un organe excréteur : l'eau pénètre par osmose dans l'Amibe par tous les points de sa surface, se charge de tous les produits de dénutrition en les dissolvant et est expulsée rhylhmiquement par la vésicnle. Cette opinion s'appuie sur des observations où l'on a vu (ou cru voir) la vésicule se vider au dehors, et sur une remarque de Iîhandt qui a vu l'hématoxyline absorbée par l'animal arriver dans la vésicule et y prendre la teinte brune que lui communiquent les acides.
Pour Claparède et Lachmann, au contraire, la vésicule se vide dans l'endoplasme et constitue un appareil circulatoire. Gkekkf, Pénard sont du même avis. Celui-ci constate que l'on ne voit jamais, au moment de la systole, une projection des particules flottantes du liquide ambiant, projection qui ne manquerait pas de se produire dans ces circonstances. Le premier fait remarquer que la vésicule a souvent, chez les Amibes terrestres, un volume égal au quart de celui du corps et se vide tous les quarts d'heure, en sorte que, si elle se vidait au dehors, l'excrétion éliminerait toutes les heures un volume de liquide égal à celui de l'Amibe, ce qui. d'après lui, serait inadmissible. L'un et l'autre ont vu qu'au moment où la vésicule a disparu, à la
G YMNAMCEBI ENS. 97
Reproduction. — L'Amibe se reproduit essentiellement par division tantôt directe, tantôt indirecte, tantôt intermédiaire à ces deux modes (').
En outre de ce mode de reproduction, habituel et incontestable, on a observé l'enkystemcnt et la conjugaison, phénomènes qui, d'ordinaire, chez les Protozoaires, sont le prélude d'une division, mais qui, ici, ne semblent pas avoir cette signification.
Enkystement. — Ce phénomène consiste d'ordinaire dans la sécrétion d'une membrane forte sous laquelle l'animal, arrondi en sphère, s'abrite pour se reposer, digérer à l'aise, ou se soustraire à des influences
suite de la systole, on observe dans l'endoplasme de nombreuses petites vésicules disséminées. Ces vésicules disparaissent peu à peu à mesure que la grosse se forme. Quand celle-ci est bien pleine (fig. 101, A), elle fait une forte saillie et n'est séparée du dehors que par une paroi très Fig. 101.
mince; mais quand elle se contracte, elle ne fait pas éclater cette paroi, elle se vide en exprimant son contenu dans le cytoplasma ambiant, et c'est ce contenu qui, circulant dans tout le cytoplasme, se l'assemble peu à peu dans les petites vésicules disséminées, qui sont en Vc :-- / VcW
quelque sorte la menue
monnaie de la grosse. PÉ- -'• B> c> états successifs nard a vu, quand la systole de la vésiculc pulsatile vc.
. -ii chez Amœba proteus
n était pas trop rapide, la y
vésicule disparaître progrès- •im- enai
sivement par envahissement
de sa cavité par le cytoplasme sous-jacent et a pu dessiner une phase de ce phénomène (B et C). Greeff assure que, chez les Amibes terrestres, qui ont une cuticule, la vésicule se vide sous la cuticule en sorte que son contenu s'épanche sous la surface, ce qui est une bonne condition pour la fonction respira- '^Q^v~-^^\ toire. S'il en était ainsi, la vésicule serait un organe
non excréteur mais respiratoire et circulatoire. Mais les observations récentes de Butschm, confirmées par Blochmann [94], nous ramènent à l'opinion la plus naturelle. Ce dernier a nettement vu chez un Amibe, la vésicule s'ouvrir au dehors à chaque systole.
(*) La division directe a été observée chez Amœba (Daciylosphxra) polypod ia parF.-E. Schulze, dontl'observation est devenue classique (fig. 102). C'est une division directe typique. Elle dure environ dix minutes. Son existence a été récemment confirmée chez^l. crystalligera (Gruber) par Schaudinn [94]. Ce même auteur [95] a observé chez une autre espèce, A. binucleata Amccb " (Gruber), une division intermédiaire à l'amilose et à la
{Dactyiosplu^iD. polypodia) mitose> mais tenanl davantage de cette dernière. C'est, p v a -u 1 \ en somme, une mitose mais sans centrosome, ni fu-
(,im. p.-x,, benulze). , ... .
A n r n „u,„ seau, dans laquelle les corps chromatiques, d abord ir-
A> °> u, phases successives . , 2 . r . . 1 , .
de la division amiiosique. réguliers de ligure el de position, prennent la forme vc, Vésicule jiuKuiiic. d'haltères et se disposent en plaque équatoriale, puis
se coupent en deux moitiés dont chacune se rend au pôle correspondant. Enfin, Moohe [93] a observé des mitoses alternant avec des divisions directes.
MX
00 LES ÎUIIZOI'OIIKS
nocives (putréfaction, évaporation de l'eau), où pour se diviser. Ici lenkystemenL est très sommaire: l'Amibe s'arrondit et reste immobile sous son ectoplasme devenu plus ferme et plus résistant, mais il n'y a pas de véritable kyste. Sous l'influence d'excitations modérées, l'animal ramollit sa surface, étend des pseudopodes et reprend sa vie active, sans avoir rejeté aucune enveloppe; et on ne l'a jamais vu se diviser ni pendant ni immédiatement après cette phase de repos.
Conjugaison. — Il en est de même pour la conjugaison. Elle n'a été observée que très rarement et ne semble pas avoir ici la signification importante qu'on lui connaît chez les Infusoires par exemple (').
Habitat. — Les Amibes habitent la mer, l'eau douce ou la terre humide. Les terrestres se distinguent par une texture plus ferme de leur ectoplasme et peut-être par la présence d'une cuticule. Quelques-uns vivent en parasites dans le corps des animaux. A. inlestini vulgaris se trouve dans le tube digestif de l'Homme où il paraît d'ailleurs ne causer aucun dommage. Amœba coli (Lôsch) (fig. 103) a été trouvé pullulant dans le gros intestin atteint d'inflammations ulcéreuses.
Fig. 103.
GENRES
Amœba (Auct., emend. Bùtschli) vient d'être décrit comme type morphologique des Gymnamœbiens (Mer et eau douce).
A côté des Amibes, se trouvent quelques autres formes qui vont nous montrer la différenciation progressive «^^eudeart)
(x) D'ordinaire, quand des Amibes se rencontrent, ils se séparent sans adhérer l'un à l'autre aux points où ils sont entrés en contact. Parfois cependant, on les a vus se fusionner deux ensemble, mais aucun phénomène particulier n'a suivi cette fusion; il se pourrait donc qu'elle n'ait aucune signification sexuelle. Cela est d'autant plus admissible que, d'après les observations de Penaud [90], la conjugaison ressemble fort à une lutte dans laquelle l'individu le plus gros mange le plus petit à la suite d'une fuite et d'une résistance énergique de celui-ci.
Greeff a décrit, chez une forme très voisine des Amibes, Pelomyxa, une évolution des globules développés dans les corps brillants (fig. 93) en petites masses qui sortiraient du corps de la mère et se transformeraient en jeunes individus semblables à celle-ci. Son interprétation est repoussée par Bùtschli, mais confirmée par Korotnef [80] et par Weldon chez la même Pelomyxa, et par Pénard [noj chez un vrai Amibe, A. Proteus. Korotnef [8<>] a vu ces corps brillants poursuivre l'évolution suivante (fig. 108). Le corps brillant, d'abord sphérique, se creuse (A) d'une petite cavité dans laquelle pénètre le cytoplasma (mais non ses alvéoles). Cette cavité s'agrandit de plus en plus, à la manière de celle d'une gaslrula embolique, et finit par réduire la parLie réfringente à. une capsule pleine de cytoplasma. Même, l'orifice se ferme et la capsule devient une vésicule close, à paroi épaisse [B). De la paroi de la capsule naît une petite saillie (C: t) qui s'avance en se pédonculant dans la cavité, puis se détache et forme à son intérieur un globule libre (D : /), qui est de même nature que la paroi et devient le corps brillant initial de la spore. A côté, se forme dans le cytoplasma une vésicule pulsalile^/> - Vc). Finalement, la coque amincie disparaît, et il reste un globule muni
GYMNAMOfiBIENS
le genre
Fig. 104.
Prolamœba (/'. agi lis) (d'ap. Hackel).
Fig. 105
Gringa {G. filiformis) (d'ap. Frenzel).
de ces organismes. Au bas de la série nous trouvons Protamœba (Hackel) (fig. 104) qui se distingue par l'absence de noyau et de vacuole pulsatile. L'absence du noyau, si elle est réelle, constitue un caractère d'infériorité important qui fait de ce genre une Monère (Mer et eau douce). Gloidium (Sorokin) est un Protamibe pourvu d'une vésicule pulsatile. Mais, pas plus que celui-ci, il n'a de noyau; c'est donc encore une Monère (Eau douce). Gringa (Frenzel) (fig. 105) est aussi une Monère et diffère
fort peu du précédent (50 p.. Lagunes). Chœtoproteus (Stein), avec son corps et ses pseudopodes hérissés de petits prolongements spiniformes, n'estguère qu'uneespèce du genre Amibe(Eau douce).
Trichosphserium (Schneider) de même que ■Pachymyxa (Gruber) a une enveloppe de petites épines radiaires de
nature indéterminée.
iHyalodiscus (Hertwig et Lesser) ne diffère d'Amœba en rien d'essentiel. On l'en a séparé pour les formes qui, comme Wk- ioe.
A. guttula ( aujourd'hui Hyalodiscus)\>YQgressent par un unique pseudopode ayant toute la largeur du corps, en sorte que l'animal semble ramper sans pseudopodes (V. p. 93) (Eau douce). De même, ^Dactylosphserium ou Dactylosphsera (Hertwig et Lesser) (fig. 106, 107) a été
Daclijlosphserium
(D. radiosum) (d'ap. Dujardin).
Dactylosphœra [D. polypodia) (d'ap. M. Schultze).
Fig. 108.
d'un corps brillant et d'une vésicule pulsatile qui est le point de départ d'un petit
Amibe (JE) qui n'aura plus qu'à grandir. L'évolution du noyau n'a pas été suivie. Pénard n'a pas vu la formation des spores, mais il les a trouvées mûres dans l'organisme maternel réduit à elles et Jes a vues éclore. Il semble donc permis d'admettre que certains Amibes se reproduisent par des spores formées dans ces corps réfringents issus eux-mêmes du noyau. Mais nos connaissances manquent de précision sur ces points.
Enfin, Carter et Wallisch ont décrit cbez A. radiosa une vraie reproduction sexuelle. Ils auraient vu des œufs et des Evolution des corps brillants spermatozoïdes dans des vésicules spéciales issues du noyau.
dm. Korotnef). Ces éléments se répandraient dans le cytoplasme et produi-
vo.rdans k^exto rexpiication raient de jeunes Amibes jjaia il semble bien qu'il n'y a là
qu'une fausse interprétation de noyaux multiples, peut-être de parasites, ou même, d'après Rhumblbr [95], de petites pelotes de matières fécales.
Fig. 10'J.
Chromatella (C. argenlina) (d'ap. Frenzel).
séparé du genre Amibe simplement à cause de ses pseudopodes digiti
formes. Nous en avons parlé (p. 97, note) sous le
nom d'A. polypodia. Il peut parfois rentrer ses longs
pseudopodes digitiformes peu mobiles et en former
d'autres, courts, obtus, très vifs, au moyen
desquels il se déplace rapidement. Cela suffit
à prouver le peu de valeur de la forme des pseudopodes comme caractère générique (Eau douce). Chromatella (Frenzel) (fig. 109) diffère du précédenl
par ses pseudopodes servant au toucher et à la
préhension des aliments, mais pas à la locomotion. 11 a une vésicule pulsatile mais pas de noyau (5 à 6 Lagunes) Stylamœba (Frenzel) (fig. 110) en diffère
par la possession d'un pédoncule; il Fig. no.
a un noyau (visible seulement par
les réactifs) et pas de vésicule (110 p.
Lagunes).
Saltonella (Frenzel) a une forme polygonale, un noyau, pas de vésicule et, en place de pseudopodes, aux angles du polygone un petit bouton hyalin. On ne comprend guère comment, si mal armé pour la locomotion, il peut se déplacer comme il le fait, par petits sauts d'une largeur égale à son diamètre (12 |*. Lagunes).
Eikenia (Frenzel) (fig. 111), bien qu'à peu près semblable, ne se déplace qu'en rampant (16 à 20 p. Lagunes).
Plakopus (F.-E. Schulze) n'est aussi qu'un Amibe à pseudopodes membraniformes (Eau douce).
Pelomyxa (Greeff) (fig. 112) est un très gros Amibe, muni de courts pseudopodes obtus, privé (à ce qu'il
W\i '-î îi-ii. ii « . j Pelonii/xafP.paluslris)
e) de vésicule pulsatile et pourvu d un très grand ^m G/ce^
nombre de noyaux. Il est caractérisé par la possession d'un grand nombre de corps brillants très évidents (2mm. Eau douce) (').
Amphizonella (Greeff) (fig. 113) est remarquable par la présence d'une enveloppe gélatineuse relativement épaisse que traversent les courts pseudopodes digitiformes hyalins. Par ce caractère il se rapproche des Thécamœbiens (Eau douce et terre humide).
Eikenia {E. rotuiula) (d'ap. Frenzel).
Fig. 112.
Stylamœba (5. sessilis) (d'ap. Frenzel).
AniphizoneHa {A.violacea) (d'ap. Greeff).
(J) Nous avons exposé plus haut (p. 98) les discussions relatives à la signification de ces corpuscules el à leur rôle dans la reproduction.
TIIÉCAM0EB1ENS 401
Podostoma (Clarapède et Lachmann (fig. 114) est remarquable à un autre titre. C'est comme un Daclylosphserium qui, outre ses ^ Fig- 114i pseudopodes ordinaires (p), en aurait un ou quelques-uns (p) terminés par un prolongemen t long et mince, très mobile, rétractile, glutineux, servant à capturer les proies (Eau douce). Enfin Arcuothrix (llallez) (fig. 115) montre une différenciation encore plus avancée. Il a un seul pseudopode d'Amibe ordinaire et ce pseudopode, situé en avant dans la progression, a une réelle individualité en ce sens qu'il est toujours présent ou, quand par hasard il rentre dans le corps, se reforme à la môme place et pareil à lui-même. A la partie postérieure se trouvent deux très longs et très fins filaments pseudopodiques, bifides au bout et parsemés de petits renflements. Ces filaments sontglutineux et servent à retenir les proies. On ne les a pas vus rentrer à l'intérieur du corps (20 à 24 \i. Dans les cultures d'A scaris megalocephala (*).
Podostoma [P. filigerinriS (im. Clarapède et Lachmann).
2e Ordre
Arcuothrix (A. Balbianii) (im. Hallez).
Fis. 116.
THÉCAMOEBIENS. — THECAMOEBIDA [Amœbiens TestacésJ
type morphologique
Ce type peut se définir en trois mots : c'est un Amibe muni d'une* capsule.
Le corps mou de l'animal ne diffère de celui du type morphologique
précédent qu'en deux points : 1° étant suffisamment protégé par la capsule, il n'a pas besoin de différencier à sa surface une couche protectrice, aussi ne monîre-t-il pas d'ectoplasme; 2° dans tous les points où il est en contact avec la capsule, il ne peut ni émettre des pseudopodes ni capturer d'aliments, aussi ces deux fonctions se limitent-elles à la région qui est en facedel'ouverturedelacapsule. Cette capsule (c.) est une mince enveloppe formée de chitine ou d'une substance analogue, sécrétée par la surface du cytoplasme. Elle est continue en ce sens qu'elle n'a pas de pores microscopiques, et est munie d'une simple large ouverture appelée bouche, par où sort une partie du corps qui émet des pseudopodes.
P) Mycetomyxa (Zacharias) (fig.118) nous parait devoir prendre place ici. Il se compose d'une
Thécamœbien (Type morphologicpje) (Sch.)
1 c, capsule; n., noyau ; Te, vési ciilo pulsatilo.
Kig. 117.
ammal ramPe sur la houche de sa capsule. Il peut, à l'occasion, s( retirer complètement à son intérieur. 11 arrive aussi quelquefois, mail très exceptionnellement, qu'il peut en sortir (<). Il ne lui est donc uni par aucun lien organique. Mais normalement il ne la quitte point. Elle s'accroît avec lui par intussusception et il la conserve jusqu'à la mort. Pour se reproduire il se relire à l'intérieur, se divise et l'un des individus filles garde l'ancienne capsule, tandis que l'autre en sort et s'en sécrète une nouvelle.
Cochliopodium (Hertwig et Lesser) (fîg. 117) est une des formes les plus simples. Son
corps a la forme d'une marmite. Il est a, ranimai étendu; b, ie même rétracté; revêtu d'une cuticule si mince et si souple c'' C0(iuille-
qu'elle participe à ses déformatioas et se voit difficilement. A la bouche, qui est très large, cette cuticule se prolonge un peu sur la base des pseudopodes. Ceux-ci sont modérément longs, étroits, à peine ramifiés, quelque peu anastomosables à leur base (Eau douce) (*).
Cochliopodium (Sch.)
Fig. 118.
cellule fusiforme émettant par chacune de ses extrémités un prolongement pseudopodique ramifié un peu rigide. Certaines ramifications de ces prolongements se terminent .par un ou plusieurs petits appareils formés, selon toute apparence, de filaments entortillés terminés par une sphérule verte qui n'est rien autre chose qu'une colonie fille de Pandorina morum. Ces sphérules sont en partie décolorées et représentent évidemment des proies capturées et déjà attaquées. Mais la nature des appareils terminaux est impossible à déterminer d'une manière tout à fait certaine et il reste possible qu'ils soient formés de petits segments fusiformes placés bout à bout. Dans la cellule centrale, est une vésicule, mais qu'on n'a pas vu se contracter, et l'on n'a pas pu distinguer un noyau. Ce serait donc une Monère.
Cet être singulier appartient évidemment aux Rhizopodes, mais a quelques traits frappants de ressemblance avec certains Mycétozoaires ou Champignons inférieurs tel que Rhizidium ou Spivophora (26 p.. Eau douce, lac de Pion).
(!) Rhumbler [oi] a observé le fait chez Arcella, lorsque l'eau est trop chargée de Ractéries.
(2) La cuticule est d'aspect chitineux, mais formée d'une substance différente de la chitine et plus résistante aux réactifs. Elle est ornée de ponctuations orientées suivant deux systèmes de lignes presque rectangulaires. Il y a un seul noyau, deux ou plusieurs vésicules pulsatiles.
Mycctomyxa (M. Zopfii) (d'np. Zacharias).
tiif,(:am(h:i$iens
Arcella (Ehrcnberg) (fig-. 119 à 121 et 124 à 126) possède une cuticule plus épaisse, très visible, véritable capsule ou coquille (c.) qui a la forme d'un verre de montre très profond dont l'ouverture serait rétrécie par un diaphragme plan percé d'un trou central. Le corps ne la remplit pas
Fig. 121.
Fis. 119.
Arcella {A. vulgaris) (Sch.).
Arcella
[A. vulgarls) Vu de dessus (Sch.).
Arcella .
Coupe (Sch.).
toute entière et lui est rattaché seulement par quelques brides entre lesquelles sont des espaces courbes servant de chambres incubatrices.
La partie qui confine à l'ouverture déborde parla au dehors et émet quelques rares et gros pseudopodes digitiformes (psdp.). Dans le corps, on remarque de nombreuses vésicules pulsaliles (Vc.) et de nombreux (4 à 32) noyaux (N.). Les uns et les autres sont disposés en cercle non loin du bord de la capsule, mais ceux-ci sont assez profonds, tandis que celles-là sont très superficielles. Gruber [92] a vu les noyaux se multiplier par mitose sans disparition de la membrane. Il y a, en outre, de nombreuses et grosses vacuoles à gaz servant de flotteur à l'animal, qui semble pouvoir les former et les résorber selon qu'il veut flotter ou s'enfoncer.
La coquille est formée d'une mince couche anhiste interne et d'une couche externe de petits prismes hexagonaux disposés côte à côte radiairement et soudés par une mince couche de substance agglutinante. Pour grossir , l'animal fait éclater sa coquille, la disjoint en quelques places et la répare sous ses nouvelles dimensions (Eau douce) (').
Pseudochlamys (Claparède et Lachmann) (fig. 122) s'en distingue par un diaphragme péribuccal purement membraneux.
Pyxidula (Ehrenberg) en diffère par sa surface hérissée de minimes pointes. L'un et l'autre diffèrent à peine du précédent, et Biïtschli se demande s'ils ne représenteraient pas des formes jeunes du genre Arcella (Eau douce).
Fis. 122.
Pseudochlamys (P. palclla) (im. F.-E. Schulze).
I1) L'animal se reproduit par division .- une parlie du corps sort de la coquille et se sécrète une coquille nouvelle, formant ainsi une nouvelle Arcelle jeune, collée
Hyalosphenia (Stein) (lig. 123) en dilï'ère par sa coquille anlnste et sa forme allongée suivant l'axe et fortement aplatie parallèlement à ce môme axe (Eau douce).
Difflugia (Leclerc) (lig. 127, 128, 130, 133, 134) a une capsule en forme de bouteille sans col. Le corps, qui est loin de la remplir, émet par l'orifice un petit nombre de longs pseudopodes tligitiformes. Cette capsule n'est pas, comme chez li s Arcelles, formée uniquement de substance sécrétée. Elle est, pour la majeure partie, composée de particules étrangères, fragments de quartz, carapaces de Diatomées, etc. Muis, dans chaque individu, elle est assez uniforme : si elle est for- ^HateT" mée de carapaces de Diatomées, elle ne contient que cela ; (im.F.-E.Schplze . si elle est bâtie de grains de sable, ceux-cisont triés de taille et de forme assez homogènes. Ces particules ne sont pas agglutinées du
Fis- 124.
Arcella. Conjugaison (Sch.j.
Arcella. Reproduction (Sch.).
bouche à bouche à l'ancienne. Puis les deux individus se séparent. C'est donc plutôt une sorte de bourgeonnement qu'une division.
On a observé (lig. 124) une conjugaison de deux individus, parfois trois, quatre ou
cinq, qui se soudent bouche à bouche et échangent des courants protoplasmiques. Mais, comme on n'a vu ni les noyaux y participer, ni la division ou quelque autre reproduction se produire à la suite, on n'est pas sùr que ce soit là un acte sexuel.
La reproduction par bourgeons a été nettement constatée (flg. 125). On voit de petites masses (jusqu'à neuf) de protoplasma logées dans le cytoplasma de l'animal mère. Ces petites masses {g) se munissent d'un noyau et d'une vacuole, se détachent, cheminent dans le cytoplasme, sortent de la coquille par la bouche, s'éloignent de la mère et se munissent d'une coquille. Malheureusement on ne sait pas comment se forment le noyau et la vacuole du bourgeon.
Pénard [90] aurait vu toute la masse de la mère se transformer en sortes de spores que l'on trouve, au nombre d'une douzaine, munies chacune d'un noyau et d'une vacuole, attachées au fond de la coquille vide et fermée à l'orifice par un feutrage de détritus.
Busk[78] a décrit une formation de petites masses nucléées lli". 126) qui se segmentent, formant une sorte de morula et finalement se désagrègent en fines particules dont il n'a pu suivre l'évolution.
Les mitoses observées par Gruber [»2] dans les noyaux maternels semblent se produire pour une multiplication en vue de la formation de ces spores ou bourgeons.
Venkystement a été observé. Le corps se contracte, se ramasse en boule et se fixe sous la bouche de la coquilie,
Fis. 126.
Arcella. Reproduction (Sch.).
nroté-é en outre par une membrane kystique mince, de nouvelle formation. Quant à une°rcproduclion sexuelle affirmée ici aussi par Grkeff, elle n'est pas mieux établie
ici que chez les Amibes (V. p. 97)
THÉCAM0EB1ENS
Fiff. 127.
dehors. Elles ont été incorporées comme des aliments, rejetées à la surface et maintenues là, agglutinées par une minime quantité de sécrétion. Même certains globules formés de toutes pièces à titre & excréta entrent dans sa composition au même titre que
ces particules étrangères. Dans le corps, on trouve un nombre de noyaux qui varie depuis quelques-uns jusqu'à 250 (Blanc [92]). II y a aussi des vacuoles contractiles en nombre très variable (').
Quadrilla (F.-E. Schulze) (fig. 129) est tout à fait
Fi":. 129.
Fig. 128.
Difflugia (Sch.).
Difflugia.
Coupe longitudinale (Sch.).
comparable au type précédent et s'en distingue principalement par sa coquille plus renflée et formée de plaquettes siliceuses carrées,\transparentes (Eau douce).
Fig. 130.
xUUy ■ ■
Quadrilla (Q. symmetrica) ji) Le corps est souvent bourré de grains de chlo-
(im. F.-E. Schulze). rophylle (fig. lbO) contenant chacun un grain d'ami-
don; on y trouve aussi quelques Micrococcus verts. Cela donne à ces individus une teinte verte très accentuée. Ces grains verts pourraient être des aliments, des parasites ou des commensaux. C'est cette dernière interprétation qui est la plus probable, car : 1° ils sont inaltérés; 2° ils paraissent, d'après Penaud [92], logés exclusivement dans l'ectoplasme, ce qui n'arrive jamais aux aliments et s'explique aisément chez des organismes vivants doués d'un tacti.sme positif pour la lumière; 3o enfin, les individus qui en possèdent supportent si bien le jeune qu'on a émis l'idée exagérée qu'ils pouvaient se passer d'aliments.
Les Difflugies se reproduisent par division, à la manière des Arcclles. L'un des deux produits garde la coquille ancienne et l'autre doit s'en fabriquer une; mais on a constaté qu'avant ce moment le protoplasma se bourre de particules destinées à former la coquille nouvelle.
On a fréquemment observé (fig. 133) la conjugaison, môme à plusieurs comme
Grains de chlorophylle avec amidon au centre (im. Pénard).
LES IUIIZOPODES
Fig. 13t.
Nebela (Leidv) diffère du précédent par sa coquille fortement comprimée, piriforme de profil, à bouche bilabiée formée de plaquettes siliceuses, arrondies ou irrégulières, fixées sur une membrane de nature également siliceuse (Eau douce) (*).
Heleopera (Leidv) s'en dislingue par sa coquille piriforme, à peu près lisse vers le haut, garnie au bas de grains de sable (Eau douce).
Lecquereusia (Schlumberger) (fig. 131) peut être considéré comme un Difflugia dont la capsule, toute garnie de grains de sable, aurait déjeté sa bouche sur Le côté et fait, en s'accroissant, un demi-tour de spire [Eau douce).
Est-ce bien ici qu'il convient de placer les deux genres ci-dessous qui sont insuffisamment étudiés ? Le premier est
Petalopus (Claparède et Lachmann) (fig. 132) qui a, comme tous les précédents, ses pseudopodes limités à une partie du corps, sans que cela s'explique par la présence d'une capsule. Mais l'absence de capsule est mise en doute par Biitschli. Elle pourrait exister et être si mince qu'elle aurait passé inaperçue, et l'unique espèce du genre n'a jamais été revue depuis sa découverte (Eau douce) (*).- Le second est
Arcellina (du Plessis) dont la capsule, sphérique ou ovoïde, chitineuse, serait percée de fins pores s'ouvrant au dehors sur de petites tubérosités. L'animal est polynucléé et possède des corps brillants (Eau douce).
. Petalopus
Lecquereusia {L. spiralis) (im. Wullicb).
chez les Arcelles, et Javorovsky [oaj a vu pendant ce temps les ^(f'^l'^J ^ap' noyaux se multiplier, s'entourer chacun d'un peu de proto- Lachmann plasma et se transformer en zoospores.
H. Blanc [92] a vu les noyaux s'isoler avec une portion du cytoplasma et se transformer en spores (fig. 134) qui sortiraient Fig. 133.
par la bouche pour devenir de petites l)ifflugies.
L'animal peut s enkyster sous une membrane de nouvelle formation protégée en outre par la coquille bouchée à l'orifice par des détritus (fig. 134).
On l'a vu aussi abandonner sa coquille par une sorte de mue.
(!) Il y a peut-être exagération à élever au rang de genre celte forme que d'autres auteurs considèrent comme une simple espèce de Difflugia ou de Quadrula.
(2) Pseudopodes aplatis au bout; noyau et vésicule pulsalile inconnus
Difflugia Conjugaison (im. Pénard).
Difflugia Sporulation (d'ap. Blanc).
FORAMlNIFKltKS
4e Sous-Classe FORAMINIFÈRES. — FORA MINIFERIM
[Foraminifera (d'Orbigny, emend.)]
Les Foraminifères se distinguent des Amœbiens, auxquels on les réunit souvent, par un caractère capital : ils ont toujours des pseudopodes fins, ramifiés et anastomosables, en un mot réticulés, formant, en dehors du corps proprement dit de l'animal, un riche réseau de forme irrégulière (fïg. 135). Ils sont, en outre, toujours pourvus d'une capsule qui, ici, est si généralement encroûtée de substances minérales dures (calcaire, silice) qu'elle mérite bien le nom de coquille qu'on lui donne habituellement.
On divise les Foraminifères en deux ordres :
Imperforés, à coquilles dépourvues de pores;
Perforés, à coquille percée, en outre de la bouche, de fins pores par où sortent des pseudopodes (').
1er Ordre
IMPERFORÉS. — 1MPERFORIDA [Imperforata (Carpenter)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
L'être est essentiellement constitué par un corps de Rhizopode réticulé renfermé dans une coquille. Cette coquille, dont la forme dérive de la sphèrè, est continue, percée seulement à la partie supérieure d'une assez large ouverture, la bouche. Elle est constituée par du carbonate calcaire uni à une minime quantité d'un substratum chitineux qui sert de ciment aux molécules inorganiques. Le corps protoplasmique renfermé dans cette capsule n'offre rien de bien particulier. Il ne montre pas de différenciation en ectoplasme et endoplasme. Il possède un noyau (N.) et probablement une vésicule pulsalile(Pc.).On y trouve, à titre de résidus alimentaires, des carapaces de Diatomées et autres particules du même genre (p-.). Quand ranimai est au repos, il est entièrement renfermé dans sa coquille. Mais quand il est en
(J) La question du dimorphisme des Foraminifères sera trailée à l'occasion des
Fig. 135.
(Type morphologique) (Sch.).
ST., noyau ; pr., proie; Vc, vdsiculo pulsatilc.
i.r.s uin/opom.s
état d'activité, principalement pour la recherche de la nourriture, il s'épanche au dehors et, en quelque sorte, déborde de sa coquille. Celle masse protoplasmique extérieure forme une sorte de bouchon irrégulier et c'est de lui, uniquement, que partent les pseudopodes. Cëûx-ci sont larges à la base mais, en se ramifiant, deviennent rapidement plus fins. Ils s'anastomosent enlre eux en un vaste réseau extrêmement irrégulier. Ce réseau de prolongements toujours en mouvement sert à la reptation et à la capture des aliments qui sont englobés par eux et entraînés dans le corps ou digérés sur place. Le long des pseudopodes, môme les plus fins, on observe le curieux spectacle de la circulation du protoplasme rendue manifeste par le mouvement des granulations que l'on voit rouler, en direction centrifuge le long d'un bord, et en sens opposé le long de l'autre, courir ici vite, là plus lentement, hésitant un instant aux anastomoses avant de se décider à suivre l'une ou l'autre des deux voies qui lui sont offertes.
L'animal se reproduit principalement par division (V. p. 120, la reproduction des Miliolides). Pour cela, il se retire dans sa coquille et divise son corps protoplasmique, soit longitudinalement, soit transversalement; l'une des deux moitiés reste dans la coquille ancienne où elle continue à grandir à l'aise, tandis que l'autre en sort et se sécrète une coquille nouvelle (*).
La coquille que nous avons attribuée à notre type morphologique est la plus simple comme forme et la plus caractéristique comme composition. Mais il faut savoir que cet organe est extrêmement varié chez les Foraminifères et que ses variations constituent le principal critérium dans la distinction des groupes grands et petits.
Nous distinguerons trois sous-ordres dans l'ordre des Imperforés :
Gromides, à coquille continue, chitineuse;
Miliolides, à coquille continue, calcaire; et
Arénacés, à coquille discontinue, formée de grains de sable.
A propos de chacun d'eux, nous exposerons l'importante question de l'accroissement de la coquille, qui diffère selon sa constitution physique et chimique.
Miliolides et des Perforés au sujet desquels elle se pose le plus nettement (V. p. 118).
(!) La coquille, par son opacité, oppose de sérieuses difficultés à l'étude de l'organisation intérieure. On peut la dissoudre par les réactifs, mais l'animal ne peut plus être observé vivant. La présence du noyau peut être aisément constatée après la mort. On s'est assuré ainsi qu'il y en avait toujours au moins un et souvent plusieurs, ou même un grand nombre. Quant à la vésicule pulsatile, on n'a pu s'assurer de sa présence que chez les formes à coquille mince et transparente, mais pour les autres, on reste dans l'ignorance à son sujet. Chez les premières, on a souvent constaté l'existence de plusieurs vésicules, mais chez les formes à coquille opaque on ne sait rien de leur existence.
La division du noyau est, ici encore, fort embarrassante à définir. La plupart des observations anciennes signalent une simple division directe. Dans certains cas, on
IMPERl'ORÉS : GROMIDES
lor Sous-Ordre
GROMIDES. — GROMIDJE [Gromidea (Claparède et Lachmann)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
Ce type ne diffère de celui que nous avons esquissé pour l'ensemble des Imperforés en rien de ce qui concerne la forme de la coquille ou la constitution du corps. Nous le caractériserons d'un mot en disant que sa coquille est mince, formée d'une membrane chitineuse continue, douée d'une certaine souplesse, et toujours monothalame, c'est-à-dire à une seule loge.
Son accroissement se fait, comme chez Arcella et autres analogues, par intussusception, et doit être compris de la manière suivante. Etant un peu élastique elle se laisse distendre, ce qui entraîne un écartement de ses molécules constituantes. Entre les molécules ainsi écartées, de nouvelles molécules peuvent se déposer par précipitation au sein du liquide qui les baigne. Lorsqu'elles sont formées, elles remplissent les vides produits par la distension. Dès lors il n'y a plus distension et la coquille accrue
aurait une division indirecte plus ou moins réduite. Puis, brusquement, dans un type étudié à fond avec les ressources de la technique moderne, on découvre une mitose typique. En sorte que l'on se demande si les autres genres, étudiés de la même manière, ne fourniraient pas des faits analogues. Mais néanmoins on hésite à généraliser. Ici c'est Cheviakof [88] qui a découvert cette mitose chez Euglypha. Le noyau au repos comprend une membrane, un nucléole et un réseau chromatique. Le réseau s'épaissit, puis se coupe et l'on observe successivement les phases classiques de spirème, de peloton lâche, de peloton segmenté, Y orientation des chromosomes, la division longitudinale et la disparition progressive du nucléole. A ce moment, se montrent deux centrosomes, venus on ne sait d'où, aux deux pôles du noyau, avec leurs asters; les anses jumelles se séparent, se portent aux deux pôles, le noyau s'allonge en biscuit, se coupe, les deux centrosomes disparaissent, et les deux noyaux fdles repassent à l'état de repos. La membrane nucléaire persiste pendant toute la durée du phénomène.
En ce qui concerne la division de l'animal, ajoutons que souvent, surtout quand la division est longitudinale, les deux jeunes abandonnent la coquille ancienne et s'en forment chacun une nouvelle. Quand elle est transversale, on a vu l'individu situé au fond sortir et laisser à l'autre la libre possession de la coquille ancienne.
Les prétendus corps reproducteurs signalés chez divers types ne sont, ainsi que l'a montré Kiiumbler ['J3], que des pelotes fécales que l'animal n'a pu éliminer à cause de leur volume et qu'il a isolées en les entourant d'une membrane.
Dans quelques cas très rares [Ilyalopus), on a observé la conjugaison de zoospores
Vig. 187.
Pseudopodes
occupe sans effort la même étendue qu'auparavant sous cet effort ('). Elle est donc susceptible d'une extension nouvelle et le phénomène recommence.
GENRES
Nous pouvons, dans ces Gromides, distinguer trois groupes, ayant pour chefs de file : l'un Euglypha, forme de transition entre les lobés et les réticulés, l'autre Gromia, franchement réticulé , avec une seule bouche, le troisième Diplophrys, à deux bouches diamétralement opposées.
Euglypha (Dujardin) (fig. 137 à 140) peut servir de forme de transition entre les Amœbiens testacés et les Foraminifères. Les pseudopodes sont en effet d'ordinaire fins, allongés, ramifiés, comme chez ceux-ci, mais anastomosables, à leur base seulement, et fort peu. La coquille (Test) (fig. 137) a la forme d'un ovoïde dont la petite extrémité serait largement tronquée par l'orifice buccal.
Elle est formée de plaquettes siliceuses arrondies qui, en s'imbriquant par leurs bords, déterminent des dessins hexagonaux. Ces plaquettes sont sécrétées par le protoplasma et déposées à la surface du corps où elles sont soudées par un ciment chitineux (0,1 à 0,2. Eau douce) (*).
Zone granul.
Vésic. puis.
Zone hyal.
Euglypha (Sch.).
flagellées, produites par division simultanée de tout le corps mou de l'animal, mais jamais on n'a pu suivre l'évolution du produit de la conjugaison.
Parfois cependant le phénomène est plus brutal. 11 se forme sous la pression du cyloplasma turgescent de petites déchirures de la coquille, qui se réparent parla sécrétion d'un nouveau ciment. Le fait a été constaté chez Arcella, comparable sous ce rapport aux animaux dont nous nous occupons en ce moment.
(2) Souvent l'orifice buccal est denté et souvent aussi la coquille est ornée, surtout vers le bas, de longues épines. Le noyau (Noy.), gros et unique, est au centre de la partie inférieure du corps. Une vésicule pulsatile [Vésic. puis.) se montre un peu plus haut. Le cytoplasma forme trois assises : une supérieure (Zone alvéol.) très vacuolaire d'où partent les pseudopodes, une moyenne granuleuse (Zone granul .) où s'accumulent les aliments et résidus digestifs, et une inférieure (Zone hyal.) périnucléaire. hyaline.
Euglypha présente une particularité rare chez les Koraminifères, c'est celle de
IMPKRFORÉS : GROMIUES
L'Euglyphe et les quelques genres secondaires (*) qui se rattachent à lui en raison de leurs pseudopodes fins, il est vrai, et aptes à se ramifier, mais peu ou point anastomosables, ne sont pas de vrais Fo-
s'enkyster. Pour cela (fig. 138), il commence par fermer sa coquille (c.) au moyen d'un diaphragme d'Algues el de Diatomées agglutinées, puis il se contracte et se réduit à une masse sphérique qui en occupe le tond. Là, il sécrète un premier kyste ovoïde [kys.) formé de plaques contiguës comme la coquille, puis, après un nouveau retrait, un second kyste sphérique plus petit lb), formé de petits grains arrondis, et suspendu dans le premier par un cordon.
Fig. 140.
Euglypha.
Enkystement (Sch.).
Euglypha. Division (im. Cheviakof).
c, coquille ; plaques de la nouvelle coq.
Euglypha.
Division (im. Cheviakof).
a., individu primitif; nouvel individu; p., migration des plaqnos allant former la coquille du nouvel individu.
La division (fig. 139, 140) a été très bien observée par Cheviakof [88] et mérite de nous arrêter un instant. Quand l'Euglyphe se prépare à se diviser, elle sécrète d'abord de nombreuses petites plaquettes squelettiques, identiques à celles qui forment sa coquille. Ces plaquettes [p.) se rassemblent dans le protoplasma hyalin périnucléaire, concentriquement autour du noyau. Puis son protoplasma commence à faire hernie à l'orifice buccal où il forme un bouchon (b.) qui grossit progressivement jusqu'à constituer une masse égale à celle qui remplit la coquille. C'est d'abord le protoplasma alvéolaire qui sort, puis le protoplasma granuleux; la portion hyaline périnucléaire reslant dans la coquille. En môme temps, les plaquettes squelettiques se rendent toutes dans la masse extérieure, et se disposent à sa périphérie, en une couche continue, formant à cette masse fille, une coquille complète et normale d'Euglyphe. On a alors un être double, formé de deux Euglyphes soudés par la bouche, mais un seul d'entre eux possède un noyau. Ce noyau entre alors en division et donne naissance, par le processus indiqué plus haut (V. p. 109) à un noyau fille qui se porte dans l'individu fille, entraînant avec lui une partie du protoplasma hyalin périnucléaire. Les deux individus se séparent alors, forment des pseudopodes el il ne reste aucune trace de ce qui s'était passé.
ulociimann [8-] a observé chez les Euglyphes une conjugaison suivie d'enkysieincnt.
i1) Voici, rapidement caractérisés, ces genres qui forment, avec Euglypha, la
LES RHIZOPODBS
FiK. 141.
raminifères réticulés. On pourrail aussi bien les réunir aux Difflugies.
Avec les genres suivants, au contraire, nous abordons les Forainiu itères normaux.
Gromia (Dujardin) (fig. 141) possède une petite coquille chitineuse flexible, ovoïde, elle cytoplasma non seulement la remplit tout entière, mais déborde par l'orifice et forme tout autour d'elle une couche irrégulière. De lous les points de ce revêtement protoplasmique extérieur partent des pseudopodes (psdp.) anastomosés eu un riche réseau irrégulier; mais c'est surtout en face de la bouche qu'ils sont nombreux et ramifiés (Mer et eau douce) (').
Des formes assez nombreuses se rattachent à ce type principal et plusieurs s'en distinguent par des caractères assez impor-
Gromia (G. oi'iformis) (im. Dujardin).
Fis. 143.
Vie. 142.
famille des Euglypiiin.k [Euglyphina (Bùtschli)] : Sphenoderia (Leidy) et
Placocysta (Leidy), qui ne sont guère que des espèces A'Euglyphai
Trinema (Dujardin) (fig. 142), qui peut être défini un Eugly- />/m,dontla bouche serait rejelée de côté (Eau douce);
Assulina (Ehrenberg), qui est un Euglypha très aplati à bouche irrégulièrement dentée. (Eau douce);
Cyphoderia (Schlumberger) (fig. 143), qui est plus allongé et a sa coquille formée de plaquettes chitineuses plus petites (Eau douce et mer);
Di scella (Nemec), qui se distingue par une coquille rudimentaire formée de petits disques brillants, indépendants et mobiles, et qui émet des pseudopodes seulement par ses parties nues (Parasite entre les lamelles branchiales de Ligidium];
Paulinella ( Lauterborn ) , lagéniformc , à coquille formée de cinq rangées verticales de plaquettes siliceuses hexagonales, à pseudopodes longs et minces non anastomosables (0,2 à 0,3. Eau douce) ;
Campascus (Leidy), qui est un Cyphoderia dont la coquille serait incrustée de corps étrangers et serait ornée en bas d'appendices spiniformes (Eau douce).
(*) L'animal ne possède pas de vésicule pulsatile. Quand il est jeune, il n'a qu'un noyau, mais les individus âgés en ont jusqu'tà une soixantaine.
Plagiophrys (Claparède et Lachmann) a été créé pour les espèces de Gromia sans coquille, si vraiment il en existe ce qui n'est pas bien démontré; ce genre reste donc douteux.
Trinema im. Dujardin).
Cyphoderia (C. margaritacca) (im. Schulze).
IMPERFORES : OROMIDES
tants. L'extension du cytoplasma sur toute la face externe de la coquille, en particulier, est spéciale à la Gromie et ne se rencontre pas ailleurs.
Hyalopus (Schaudinn) est un genre créé pour recevoir une espèce du genre Gromia, G. Dujardinii, qui se distingue des autres par ses pseudopodes entièrement hyalins non anastomosables, par ses courants de granulations, par la présence de certains grains réfringents brunâtres dans le corps et, fait plus intéressant, par la formation de zoospores isogames qui se conjuguent deux à deux (').
L/ejber/(u/7fl/a(ClaparèdeetLachmann)(fig.l44 et 145) diffère de la Gromie par sa coquille ovoïde ou piriforme (c) dont l'ouverture est située dans une dépression latérale de la grosse extrémité qui est plus ou moins quadrilobée. En outre, le protoplasma ne forme pas un revêtement extérieur complet, mais émet un seul gros tronc pseudopodique (o) d'où se détachent de nombreuses ramifications anastomosées en réseau. On ne lui a pas trouvé de vésicule pulsatile (0,4. Eau douce) (*).
Microgromia (R. Hertwig) (fig. 146 à 149), forme très petite, est remarquable par son mode singulier I de reproduction et par les f;k- i*6.
colonies auxquelles elle donne naissance.
psdp./y ysA A
Lieberkiilinia (L. Wagneri) (d'ap. Claparède et Lachmann).
I1) Schaudinn a pu observer le retrait du corps protoplasmique dans la coquille et le morcellement du corps en petites masses nucléées (sans participation des grains bruns qui tombent au fond) qui se munis-
Fig. 145.
psdp
Microgromia
(M. socialis) (im. Hcrt-wig et Lesser).
sent d'un flagellum et se conjuguent. Mais il n'a pu observer le sort ultérieur du produit de la conjugaison.
(2) L'animal se reproduit par division de la manière suivante (fig. 145). Une seconde bouche s'ouvre au fond de la coquille, et par là sort un second tronc pseudopodique
Lieberkiilinia (L. paludosa).
Division (im. Cienkovsky).
L'individu isolé (ig. 146) a une coquille (c) d'apparence chitineuse, en tormo d urne ouverte au sommet. Le corps protoplasmique contient un gros noyau unique et une petite vésicule pulsalile. Il n'émet au dehors Fig- mqu'une petite masse de substance d'où partent seulement quelques fins pseudopodes peu ramifiés (*).
La formation des colonies ré- J suite (fig. 147, 148) d'une division
Fig. 148.
Microgromia.
Colonie dispersée (im. Hertwig et Lesser). Fig. 149.
Microgromia.
Division (im. Hertwig et Lesser).
A, division longitudinale; B, division transversale; C, D, sortie d'un des deux individus; E, sa transformation en zoospore ; F, son union à l'autre individu pour former une colonie, a., l'individu qui reste dans la coquille ancienne ; l»., celui qui en sort.
M icrogro ni ia .
Colonie rassemblée (im. Hertwig et Lesser).
semblable au premier. La coquille se creuse à son équaleur d'un sillon circulaire qui s'approfondit de plus en plus; elle finit par se couper; le corps mou continue à s'étrangler et l'isthme de réunion s'allonge, en sorte qu'on a deux individus [a, h) réunis par un cordon. Enfin ce cordon se coupe et les deux individus se séparent. (*) A un moment donné (fig. 148), le corps protoplasmique se divise,- soit longitudi-
IMPERFOnÉS : CROMIDES
Fiff. 150.
Platoum (P. stercoreum) (im. Cienkovsky).
incomplète. L'individu né d'une division (b, dans A à D, fig. 148) sort bien comme d'ordinaire de la coquille ; mais il reste attaché à l'ancien habitant (a) par quelques filaments pseudopodiques et se munit d'une coquille (F). C'est là le commencement d'une colonie qui s'accroîtra par la répétition du môme processus (40 p. Eau douce) (*).
Pamphagus (Bailey) est un Microgromia à coque souple, suivant plus ou moins les mouvements du corps (Eau douce).
Lecythium (Hertwig et Lesser) n'est guère qu'une
espèce du précédent (Eau douce).
Lecythia (Wright), que l'on place ici avec doute, serait
un Lecythium porté sur un pédoncule (Mer). Platoum (F.-E. Schulze) (fîg. 150) forme aussi des colonies: c'est un Microgromia à bouche rétrécie, à coquille un peu souple et un peu trop vaste pour le corps qui l'occupe (Eau douce, terre humide et substances putréfiées). Plectophrys (Entz) ne diffère du précédent que par la structure de sa
coquille (Marais salés de Klausenburg, Hongrie). Pseudodifiïugia (Schlumberger) (fîg. 151) ne diffère de la Gromie que par sa coquille qui admet des particules étrangères comme celle de la Difflugie (Eau douce et stagnante).
Diaphoropodon (Archer) (fîg. 152) a sa coquille entièrement formée de particules étrangères (Diatomées, etc.).
Comme à l'ordinaire, de la bouche
sortent des pseudopodes branchus, mais en outre de fins pseudopodes filiformes non réticulés passent dans les vides laissés entre les particules constituantes de la coquille sur toute la surface du corps.
Pseudodifjlugia (P. ainphitrematoïdes) (im. Archer).
Diaphoropodon [D. mobile) (im. Archer).
nalement(/4) et alors les deux individus ont accès à la bouche, soittraversalement [B) et dans ce cas l'un des deux est relégué au fond. Bientôt l'un des deux (b) (dans le cas de division transversale, c'est celui du fond) rampe hors de la coquille, reste attaché quelque temps à l'autre par quelques filaments (C, D), mais s'en sépare sous la forme d'une zoospore à deux lïagellums (E) qui s'éloigne en nageant. Cette zoospore est sans doute destinée à se transformer en une petite Gromie, mais on n'a pas suivi son évolution.
[l] Les individus de la colonie peuvent s'écarter les uns des autres (fig. 147) en
LES Itlll/OI'ODI'S
Ces caractères lui donnent quelque analogie avec un Perforé, mais surtout une étroite ressemblance avec les Arénacés et il semble que l'on pourrait tout aussi bien le placer parmi ces derniers.
Les genres précédents étaient caractérisés, outre leur coquille mince et généralement chitineuse formée dune seule loge, par leur bouche unique.
Les quelques suivants ont au contraire pour trait «I istmclifleur bouche double. La coquille estpercée aux deux pôles opposés de deux orifices semblables par où sortent également des bouquets de pseudopodes réticulés (').
Diplophrys (Barker) (fig. 153) a ainsi une coquille sphérique ou fusiforme, percée dune bouche arrondie en deux points diamétralement opposés. Mais ce genre à affinités douteuses pourrait aussi bien, comme nous lavons vu page 81, être placé parmi les Labyrinthulés (20 (i. Eau douce et sur les excréments (*).
Ditrema (Archer) en diffère par sa coquille plus épaisse et ses bouches à bord un peu reployé en dedans (Eau douce).
Amphitrema (Archer) (fig. 154) a, au contraire, la bouche
un peu saillante et la coquille incrustée de corps étrangers (Eau douce)
Fig. 154
Diplophrys (D. Archerî) (im.
Hertwig et Lcsser)
Amphitrcina (A. Wrighli anum) (im. 'Archer).
Shepheardella (S. lœniiformis) (im. Ray Lankcster).
Shepheardella (Siddal) (fig. 155), a une coquille hyaline membraneuse en forme de long tube rétréci aux deux bouts (5mm, Mer) (*).
allongeant leurs pseudopodes, ou se rapprocher en les rétractant (fig. 149). Ils arrivent parfois à former, en se collant les uns aux autres, des amas compactes émettant quelques pseudopodes par la périphérie. Dans cet état, ils ont été décrits par Archer comme un genre distinct sous le nom de Cyslophrys. On ne peut s'empêcher de remarquer une certaine ressemblance entre ces colonies et celles de certains Labyrinthulés (V. p. 81).
f1) Les précédents formaient la famille des Gromtx.e [Gromidea (Clarapède et Lachmann)]; ceux-ci vont former celle des Amphistomix.e [Amphistomata (Hertwig et Lesser)]. Les uns et les autres étaient réunis par Uhadv dans son ordre de Gromidea.
(2) Cette coquille est d'ailleurs une simple membrane si mince que sa présence est douteuse. Il y a un noyau, plusieurs petites vésicules pulsatiles et un ou deux globules graisseux de couleur orangée.
(3) Le proLoplasma qui remplit le tube et fait saillie aux deux bouts pour former les
IM PERFORÉS : MILIOLIDES
2° Sous-Ordre MILIOLIDES. — MILIOLID/E [Miliolida (Carpenter emend.)] TYPE MORPHOLOGIQUE
Ici encore, le corps mou de l'animal ne diffère en rien de celui des autres Imperforés et c'est seulement dans Fj 156
la coquille que résident les caractères. Cette
coquille est solide, calcaire, porcelainée, \Jt j
formée d'une substance calcaire sécrétée par le protoplasma en même temps qu'une ma- , \&hf\\ \ A ; ' / tière chitineuse qui lui sert de ciment. Nor- pr \ \\Ji f /[/"'"} /. 4;
malement, elle est simplement sphérique ou ovoïde avec une large bouche à un pôle (*).
Accroissement de la coquille. — Comment s'accroît-elle dans ce cas?
Le processus qui expliquait l'accroissement des coquilles chitineuses n'est plus applicable ici, puisqu'elle est inextensible. Malheureusement on manque de matériaux pour résoudre cette importante question.
Toutce que l'on sait, c'est qu'elle s'accroît, que celle des adultes est plus grande que celle des jeunes : ce n'est donc pas comme chez les Coléoptères, par exemple, qui ont d'emblée leur taille définitive. On sait aussi qu'elle n'est pas rejetée et remplacée par une autre: ce n'est donc pas comme chezles Crustacés qui muent. On en est dès lors réduit à l'hypothèse de Max Schultze [54] : la coquille se résorberait par sa face interne, en même temps qu'elle s'accroîtrait, en épaisseur et par conséquent en surface, par le dépôt de nouvelles couches à sa face externe. La réalité de ce dépôt est d'ailleurs certaine, car c'est ainsi que se fait l'accroissement en épaisseur et que se forment, à la surface, les saillies, côtes, épines, qui ornent certaines coquilles. Le protoplasma qui déborde par la bouche pour former les pseudopodes s'étend, par moments au moins, sur toute la surface et dépose la substance minérale nécessaire pour les former.
pseudopodes, circule rapidement dans le tube d'un boula l'autre, entraînant le noyau qui roule sur lui-même en se déplaçant.
(*) La présence de ce ciment est rendue évidente par le fait que, dans certaines conditions de pénurie alimentaire, l'animal ne sécrète plus de calcaire et se forme une coquille chitineuse renforcée seulement de quelques grains de sable. Dans les grands fonds on a trouvé des coquilles formées d'une trame siliceuse.
Miliolide (Type morphologique) (Sch.).
N., noyau ; pi1., proie ; ïc, vésicule pulsatile.
Fia, 157.
Miliolides.
Coquilles polythalames (Sch.).
A, B, C différents modes d'agencement des loges.
Voilà pour les coquilles monothalames, c'est-à-dire formées d'une
seule loge.
Mais nous pouvons dire dès maintenant que la plupart des Miliolides ont des coquilles polythalames, c'est-à-dire à plusieurs loges et, dans ce cas, la question se simplifie singulièrement.
Quand le corps s'est trop accru pour tenir dans la loge primitive, il se porte au dehors et en forme une seconde un peu plus grande, qui communique avec l'ancienne par la bouche de celle-ci ouverte au fond de la seconde, et ainsi de suite. Il n'abandonne pas pour cela la loge ancienne, mais les occupe toutes les deux.
Les loges successives peuvent se disposer à la suite les unes des autres (fig. 157) de manières très différentes: en ligne droite (A), en spirale (C), en hélice, en crosse (B), etc., etc., ce qui, joint à leurs différences individuelles, explique l'infinie variété de formes que peuvent revêtir ces Foraminifères. Dimorphisme. — Un autre facteur vient encore accroître cette diversité. Dans beaucoup de coquilles enroulées, on trouve, à l'origine de l'enroulement (fig. 158, A et B et 159, A), une loge initiale sphérique (A) appelée mégasphère, plus grande que les suivantes. Cette loge communique par un canal (c) avec la première loge spirale qui, tout de suite, prend la disposition d'enroulement caractéristique de l'espèce. Or, chez d'autres individus de la même espèce, on trouve (fig. 159, B), en place de cette grande loge initiale, plusieurs petites loges (en général six) dont une initiale très petite, appelée microsphère, au centre, et les autres groupées autour d'elle en spirale, sans souci de l'arrangement spécial Fig. 159.
des loges suivantes.
Ces deux formes ont élé désignées :
la première, sous le nom de mègasphérique ou forme A, ladeuxiôme sous celui de microsphérique ou forme B (').
(*) C'est à MM. Munier-Chalmas el Schlumbergeh que l'on doit l'intéressante découverte de ce polymorphisme. Nous ne manquerons pas de signaler au passage les genres où il se rencontre. Voici la liste de ceux où il a été observé parmi les Imperforés: Biloculina, Dillina, Fabularia, Lacazina, Triloculina, Trillina, Quinqueloculinat Pentellina, HelcvilUna, Orbitolifes, Alvéolina. II existe aussi chez divers Perforés. Nous le signalerons quand nous traiterons de ce groupe.
Mégasphère (d'ap. Munier-Chalmas).
A, de face; B, en coupe.
Le canal communique en c avec la mégasphère, en o avec la 1" logo spiralée.
Portion centrale de la coquill (d'ap. Munier-Chalmas).
dans la forme mégasphérique ; la forme microsphérique.
B, dans
[M PERFORÉS : MILIOLIDES
Les relations mutuelles de ces deux formes ont été beaucoup discutées et l'on n'est que tout récemment, et seulement pour quelques acnres, arrivé à une conclusion certaine. Deux opinions principales étaient en présence. D'après l'une, les deux formes seraient les états successifs d'un même individu. Les jeunes naîtraient tous de la forme A. Beaucoup d'entre eux vivraient et mourraient sans se modifier, mais quelques-uns, à un moment donné, résorberaient leur mégasphère et bourgeonneraient, à sa place et en sens inverse de l'accroissement à la bouche, une courte spire de quelques loges. D'ailleurs ces formes microsphériques, en se reproduisant, engendreraient de nouveau des formes A. Mais Van der Brock [93] et d'autres ont constaté que les loges voisines de la région affectée par le dimorphisme ne sont pas disposées de la même manière dans les deux formes, en sorte qu'il faudrait qu'une région importante de la coquille se résorbât et fût reformée à nouveau. Or ce travail prendrait un temps assez long et l'on devrait pouvoir surprendre des individus en voie de transformation, ce qui n'arrive jamais.
La seconde opinion est que ce dimorphisme est initial, que les individus naissent et meurent dans la forme qui leur est propre et que les deux formes résultent d'une alternance de génération, ceux de la forme A engendrant ceux de la forme B, etréciproquement. Cette opinion repose sur des faits certains, observés, il est vrai, chez un tout petit nombre de formes, mais il semble bien qu'on est en droit de les généraliser (*).
(x) Lister [95] el Schaudinn [95] sont les observateurs auxquels on doit cette importante découverte. Leurs observations, concordantes dans leurs traits généraux bien qu'entreprises séparément, inspirent toute confiance.
D'après Lister, qui a étudié à la fois les Imperforés (Orbitolites) et les Perforés (Polystomella), les individus A se reproduisent d'abord sous leur forme et par le procédé habituel. Les petites masses destinées à former les jeunes (V. p. 120), se munissent d'une coquille spbérique et constituent la loge initiale Fig. îeo. d'un jeune de la forme A. Celui-ci forme, en une heure, une deuxième loge, en vingt-quatre heures une troisième, etc., et devient peu à peu \ adulte. Cela continue ainsi pendant plusieurs générations ; mais, à >-0 \) un moment donné, le processus change, l'animal se rétracte dans sa coquille et fragmente tout son contenu en nombreuses petites masses -Ss arrondies qui se munissent d'un flagellum et constituent autant de zoospores. Ces zoospores (fig. 160), qui mesurent 4 jx, se conjugueraient Polystomella. el formeraient une petite masse de 6 à 13 jj. qui serait la loge initiale Spores flagellées d'un individu de la l'orme B. Celui-ci grandirait mais, au moment de (d'uP- Lister), se reproduire, donnerait naissance, non à des zoospores ni à des tonnes B, mais à des formes A, selon le procède décrit il y a un instant pour celles-ci. Ainsi il y aurait alternance périodique entre une série de générations agames a et une génération sexuée' B.
D'après Schaudinn, qui a étudié seulement Polystomella, la forme A ne se reproduit qu'exceptionnellement par elle-même. La forme B est caractérisée par la présence de nombreux noyaux répandus dans toutes les loges et provenant de la division d'un noyau initial unique (V. ci-dessous, fig. 101). Son protoplasme sort de la coquille el se morcelle autour des noyaux, chaque fragment devenant une loge
LES lllllZOl'ODi s
Reproduction. — La reproduction par division, si facile à comprendre chez les formes monothalames ou à coquille souple, ne se conçoit plus aussi bien avec les coquilles calcaires à loges très nombreuses et très entortillées que nous allons maintenant rencontrer. Ici se présente un mode particulier de reproduction qui tient du bourgeonnement et delà division successive. Dans l'intérieur de la coquille, le noyau unique se divise en un grand nombre de petits noyaux qui se répandent dans toutes les loges ('). Ces noyaux condensent autour d'eux des petites masses de protoplasma qui prennent la forme d'un jeune individu, se munissent d'une coquille et sortent, soit par la bouche (Ammodiscus), soit par rupture de la coquille. Chez Miliolina le corps protoplasmique maternel sort en masse de la coquille et se divise en jeunes (*).
initiale macrosphérique d'individu A. Celui-ci est d'abord polynucléé, niais ses noyaux se fusionnent bientôt en un, en sorte qu'il est désormais uninucléé. Quand il est devenu adulte, son noyau se morcelle en fragments qui se répandent dans toutes les loges, y subissent une division mitosique et, se partageant le cytoplasme, donnent naissance à autant de zoospores qui se conjugueraient avant de se développer en individus de la forme B.
Il faut noter que la conjugaison des zoospores et le sort ultérieur du produit de cette conjugaison hypothétique n'ont jamais été observés. Schaudinn [94] a, il est vrai, vu la conjugaison des zoospores chez une Gromie (Hyalopus), mais les Gromies sont bien loin des Polystomelles et il n'a pu suivre l'évolution du produit conjugué.
« Dans leurs travaux sur le dimorphisme des Foraminifères, MM. Munikk-Chalmas et Schlumberger avaient admis que la forme microsphérique dérivait par modification interne de la forme macrosphérique. Aujourd'hui M. Munier- Chalmas pense que, contrairement à cette opinion, tous les faits observés sont en faveur de la seconde hypothèse qui accorde une origine distincte à chacune des deux formes (*).» M. Schlumberger s'est également rallié à l'opinion de Schaudinn et de Lister.
(*) Le mode de division du noyau a été étudié par Schaudinn [94], Le noyau (fig. 161) est d'abord formé (A) par une masse chromatique homogène sans membrane. A un moment donné, il devient très vacuolaire (B) au moyen de liquide cytoplasmique qu'il absorbe, grossit beaucoup et se munit d'une membrane (6'). Le réseau intervacuolaire se montre formé d'une substance achromatique sur laquelle sont semées des granulations chromatiques [D). La chromatine s'accumule d'abord au centre (E), puis se porte à la périphérie le long de filaments achromatiques radiaires (F) et s'y accumule en petites masses disposées régulièrement (G). Enfin la membrane se détruit et les petites masses mises en liberté (H) constituent les noyaux filles qui se dispersent dans le cytoplasme [p).
(2) Chez Orbitolites, Brady [ss] a trouvé des jeunes réduits à leur loge initiale au centre de la coquille. Il a vu aussi [92] que (*) La note entre guillemets nous est communiquée par M. Munier-Chalmas.
Miliolidc (Type morphologique).
Division du noyau (im. Schaudinn).
IMPEKFOnÉS : MILIOLIDES
GENRES
Calcituba (Roboz) (fig. 162 à 166), par la simplicité de sa coquille el de son
Fig. 162.
Calcituba [C. polymorpha) montrant la chambre centrale et les tubes ramifiés qui en partent (d'ap. Schaudinn).
Calcituba.
Formation de la loge centrale (d'ap. Schaudinn).
Calcituba.
Seplum séparant 2 chambres consécutives (d'ap.
Schaudinn).
Fig. 165.
mode d'accroissement, se place à la base des Miliolides. A l'état le plus parfait, c'est une coquille extrêmement mince, laissant voir la couleur rose du protoplasma sous-jacent, et formée simplement de grains calcaires soudés entre eux, mais pas assez noyés de ciment pour donner la structure porcelainée. Elle est formée (fig. 162) d'une grande chambre centrale irrégulière d'où parten t en tous sens des tubes ramifiés par dichotomie irrégulière. La paroi est imperforée, les tubes sont ouverts au bout, ce qui fait autant de bouches que de ramifications, enfin des septa incomplets assez espacés (fig. 164) les segmentent en chambres reconnaissables du Fis- 166-
dehors à un léger étranglement (10 à 12mm. Mer) (').
l'animal, quand il est adulte, forme sur son bord de grandes chambres incubalrices tapissées d'une mince couche de proloplasma ; le protoplasma des parties centrales y arrive et y forme de nombreux individus réduits à leur loge initiale avec, un noyau, qui sont mis en liberté par résorption des parois de la chambre incubalrice. Schlumbekgeu [ss] fait remarquer que tous ces individus
jeunes ont pour loge initiale une macrosphère. 11 y a ici encore dimorpliisme (') L'évolution de cette forme a été récemment étudiée par Schaudinn [osl el
Calcituba.
Division des amibes (d'ap. Schaudinn).
Calcituba.
Sortie des petites amibes (d'ap. Schaudinn).
LES RHIZ0P0DE8
Squamulina (M. Schultze) (fig. 167), représente le type morphologique du groupe a 1 état nionotlialamc, mais sa forme est plan-convexe; il est fixé par sa face plane el 11 ";T
porte, excentriquement sur la face convexe, une bouche arrondie assez large (Vivanl el peut-être aussi fossile).
Nubecularia (Defrance) (fig. 168), est polythalame, formé de loges fixées aussi par une face. Ses premières loges sont en spirale, mais les suivantes deviennent si irrégulièrement disposées („ (d^M^Schdtze). que la coquille n'a point de for-
Fi0* 1 G8
me définie; elle est en outre souvent incrustée de sable.
Ce caractère monothalame, ou polythalame à disposition irrégulière des loges constitue la caractéristique assez peu nette de cette première série de
Nubecularia{Sch.). genres (').
Bien mieux caractérisée est |la série suivante qui a pour type l'ancien genre Miliola (Lamarck) (fig. 170, 171). La coquille est polythalame et les loges se succèdent en formant une spirale plane; chacune forme exactement un demi-tour et porte la bouche à son extrémité, en sorte que cet orifice
mérite de nous arrêter un instant. L'animal, constitué comme nous venons de le voir, est fixé sur quelque Algue marine qu'il mange. Il pousse sans cesse par la périphérie. Quand le support est mangé, la partie centrale se rompl en fragments qui lumbent au fond tandis que les bouts des tubes restent sur l'Algue où ils continuent à grandir. Ces bouts, en s'accroissant, continuent à se ramifler, mais toujours ils grandissent par l'extrémité distale, tandis que l'extrémité proximale se rompt par fragments successifs qui tombent aussi au fond. Ces fragments délacbés (que ce soient ceux du début ou les autres), s'ils sont tombes sur une Algue, peuvent y trouver de la nourriture et grandir. Sinon, ils sont affamés et alors, ou bien s'isolent en fermant leurs orifices par une lamelle de chitine et attendent quelque chance de rencontrer des aliments à leur portée, ou bien ils s'égrènent en petites amibes qui sortent du tube (fig. 165), rampent et s'éloignent pour manger. Mais il reste toujours dans le tube une importante portion du protoplasma continu qui, lui, est destiné fatalement à mourir. Ces amibes peuvent, si elles sont assez grosses, se diviser (fig. lliti:. mais en tout cas elles mangent, grossissent et reconstituent peu à peu l'individu primitif. La forme de celui-ci résulte (fig. 163) de ce que, au début, elles ne formcnl pas de pseudopodes, restent contractées (montrant parfois une tendance à l'enroulement spiral) et sécrètent du carbonate de chaux. Ainsi se forme la première chambre, puis elles émettent de gros pseudopodes qui, à leur tour, se couvrent de calcaire. Ceux-ci, dès lors, ne croissent plus que par le bout, se dichotomisent, et ainsi s'explique la forme de l'animal. Le cycle est terminé.
Il y a là plusieurs noyaux par chambre. Ceux-ci ne se multiplient jamais par division simple. Leur mode de multiplication est conforme à celui que nous avons décrit à la page 120.
(*) Cette première série de genres constitue la famille des Nubecvlmus.k [Nubecularinx (Brady)].
La série suivante forme la famille des Miliolix.e [Miliolininx (Brady)].
IMPERFORÉS : MILIOL1DES
est transporté alternativement aux deux extrémités d'un même diamètre. Son entrée est rétrécie par une dent saillante à sa face interne ou par une plaque criblée. Si les loges sont peu ou point embrassantes, chacune s'ajoute aux précédentes sans les cacher, en sorte qu'il est facile de les compter toutes. Mais, dans le cas contraire, elles cachent tout ou partie des loges anciennes de manière à n'en laisser voir qu'un certain nombre et on en compte en dehors beaucoup moins qu'il n'y en a en réalité. C'est d'après cet aspect extérieur que l'on a établi divers genres dont le nom rappelle ce que l'on voit et nullement ce qui est (*).
Supposons une Miliolide qui, constituée à l'état jeune comme un Miliola (Lamarck), c'est-à-dire avec un enroulement spiral régulier et deux loges par tour, change ensuite cette disposition et prenne alors trois ou quatre loges au plus à chaque tour, nous aurons un "P/an/sp/r/na (Seguenza)(fig. 169) (Vivant et fossile). Supposons maintenant qu'avec un début semblable, les loges, au lieu de continuer
Fig. 169.
(!) Voici ces genres : Planispirina (im. Schlumberger).
iSpiroloculina (d'Orbigny) (fig. 170), laisse voir toutes ses A> en coupe; B, entier.
loges (Vivant et fossile) ; . Quinquelooulina (d'Orbigny) est un peu embrassant et laisse voir quatre loges d'un
côté et trois de l'autre,
mais comme deux se voient Fig. 1 70. Fig. m.
des deux côtés, il n'en reste que cinq différentes visibles du dehors, d'où le nom (Vivant et fossile); ? Pentellina (Munier- Chalmas), V Massilina (Schlumberger) et - Adelosina (Schlumberger) (fig.
171) sont des genres voisins; dans ce dernier, la loge initiale est complète- Spiroîoculina ment renfermée dans la (Sch.).
suivante (Vivant) ;
Triloculina (d'Orbigny), est plus embrassant et ne laisse voir que les trois dernières loges. (Vivant et fossile) ;
Trillina (Munier-Chalmas et Schlumberger) et ^ Linderina (Schlumberger) sont des genres voisins;
Biloculina (d'Orbigny) ne laisse plus voir que deux loges (Vivant et fossile);
Fabularia (Defrance) est un genre voisin à chambres cloisonnées. Enfin
Uniloculina (d'Orbigny), n'en laisse plus voir qu'une, la dernière (Vivant).
Malheureusement, cette simplicité élémentaire ne correspond pas à la réalité des laits, caries loges deviennent de plus en plus embrassantes à mesure que l'animal s'accroît, et la Ouinqueloculine devient plus lard Triloculine, en sorte que ces deux genres ne sont pas toujours distincts et on a proposé de les réunir dans
Adelosina (im. Schlumberger).
A, entier; B, en coupe.
Fig, 172.
Vertebralina im. Carpentcr)
Mg. 173.
leur enroulement spiral, s'écartent pour se disposer en ligne droite suivant la tangente, et nous aurons un
Vertebralina (d'Orbigny) (fig. 172) (Vivant et fossile) (*).
Peneroplis (Montfort) (fig. 173) a, comme les précédents, un enroulement différent suivant l'âge : les premières loges sont disposées en spirale, tandis que les suivantes, sans se disposer tout à fait en ligne droite, deviennent de moins en moins courbes. Mais ici, même dans la partie jeune, le nombre des loges par tour est indéterminé et ne suit pas la loi des Milioles. Ce dernier caractère est celui d'une série de genres dont celui-ci est le type (*). On peut ajouter que les loges ne sont jamais embrassantes en sorte que la coquilie reste très plate (') :
l'cnuroplts (im. Brady
le genre Miliolina (Williamson). Bien plus, Munier-Chalmas et Schlumberger [85 ont montré qu'une espèce, classée antérieurement comme Triloculine et comme Quinqueloculine selon Fig. 174.
son âge, était successivement constituée comme ces deux genres, puis comme une Biloculine et enfin comme une Uniloculine. Ils en ont fait le
Jdalinà au stade biloculine (d'ap. Munier-Chalmas et Schlumberger).
Idalina (fig. 174) (Fossile). Genres voisins : Periloculina (Munier-Chalmas et Schlumberger;, à
chambres pourvues de côtes longitudinales saillantes intérieurement (Fossile), et Lacazina (Munier-Chalmas), à chambres pourvues de
piliers (Fossile).
Il résulte de la que les formes bi-, tri-, quin-
queloculinaire ne caractérisent pas les genres
de nom semblable, mais ceux-ci n'en sont pas
moins très réels par l'ensemble de leurs caractères
et méritent d'être conservés.
(*) Ces deux genres sont les types de la famille
des Hauerinm [Haucrina (Brady)], caractérisés par ce début en coquille de Miliole
et cette variation dans le nombre des loges ou le sens de leur succession. Dans la
même famille sont les genres :
Hauerina (d'Orbigny), qui diffère du premier par le fait que les tours précédents
ne sont point, comme dans celui-ci, cachés par des expansions aliformes du dernier
tour (Vivant et fossile); Articulina (d'Orbigny), constitué à fort peu près comme le second ( Vivant et fossile); Ophthalmidium (Kùbler), en tube spiral à cavité d'abord libre puis cloisonnée, et Sigmoïlina (Schlumberger), genre dédoublé des Spirillines.
(2) Ces genres constituent la famille des Pkxf.uoi'lixj: [Peneroplida (Brady)].
(3) Quant au détail de la disposition des loges, il est variable. Ici, il y a une courte partie spirale suivie d'une partie qui se détache suivant la tangente et s'élargit en éventail. La bouche est fermée par une cloison percée d'une unique rangée de trous et toutes les cloisons de séparation des loges ont le même caractère.
IMPERFORÉS : MILIOLIDES
Orbiculina (Lamarck) (fïg. 175) a ses loges formées suivant la même loi que
Peneroplis, mais il se forme en outre de petites
cloisons radiaires perpendiculaires aux faces de
la coquille et aux cloisons concentriques séparant les loges. Ces cloisons divisent chaque loge
en nombreuses logettes disposées comme les
degrés d'une circonférence. Elles sont, déplus,
percées de trous qui permettent aux logettes
d'une même loge de communiquer ensemble,
tandis que les trous des cloisons circulaires leur
permettent de communiquer avec celles des orbiculina (Sch.).
loges contiguës (Atteint 19mm. Vivant et fossile) ('). ïOrbitolites (Lamarck) (fïg. 176) diffère du précédent principalement par le fait
que son enroulement est spiral dès l'origine et devient toujours et
rapidement cyclique : il y a la loge centrale,
puis deux loges faisant un deuxième tour
et, dès le tour suivant, chaque loge fait un
tour complet. Les loges s'épaississent en
grandissant, en sorte que l'ensemble prend
la forme d'un disque plus épais au bord
qu'au centre; elles sont subdivisées en orbitolites (Sch.).
logettes de la même manière que chez Orbiculina, et alternent d'un cycle à l'autre (Atteint 0mm9. Vivant et fossile) (*).
(!) Une autre complication peut s'ajouter à la précédente et elle se présente dans les
formes les plus typiques du genre. Que l'on suppose les dernières loges continuant à
s'accroître en éventail chez un Peneroplis ; elles circonscriront peu à peu la partie
ancienne de la coquille et finiront par l'entourer complètement. Les loges deviendront
alors circulaires et formeront chacune un tour complet. A partir de ce moment,
l'accroissement continuera de la môme manière, chaque loge formant un tour entier,
concentrique aux précédents. Dès lors, la bouche formera toute la circonférence de la
coquille. Comme chez Peneroplis, la bouche étant percée d'une rangée de trous, quand
une nouvelle loge se formera, cette ancienne bouche deviendra la cloison circulaire
de séparation entre les deux dernières loges, cloison percée aussi d'une rangée de
trous pour les faire communiquer ensemble. Il peut aussi y avoir plusieurs rangées
parallèles de trous, lorsque la loge est assez épaisse.
(2) C'est à cela que se borne la complication dans les plus simples Orbitolites dont
on a fait le sous-genre
Sorites (Ehrenberg). Mais dans les vrais
Wrbitolites (Lamarck, s. str.), les logettes se subdivisent, non tout de suite, mais dans les cycles qui sont à quelque distance du centre, en trois parties superposées, une centrale et deux superficielles. La centrale, plus grande, plus élevée que les deux autres, conserve les mêmes rapports et multiplie simplement ses communications avec les logettes voisines de même ordre à mesure qu'elle augmente de hauteur. Dans les parties anciennes où elle est peu élevée, elle communique par un seul canal avec ses deux voisines du même cycle et par deux canaux avec les voisines des cycles limitrophes avec lesquelles elle alterne. Mais dans les parties épaisses de la coquille, il y a, pour chacune de ces communications, plusieurs canaux superposés. Les périphériques forment sur les deux faces du disque une couche de logettes spéciales. Celles-ci ne