PERFORÉS
2e Ordre
Fig. 197.
PERFORÉS. — PERFORIDA [Perforata (Carpenter)] TYPE MORPHOLOGIQUE
Le corps mou n'offre, ici encore, aucune parlicularité différente de celles des Imperforés. La coquille (c) est calcaire et, sous sa forme la plus simple, sphéroïdale. Elle est munie d'un large orifice qui est la bouche (o), par où sortent des pseudopodes réticulés.
Mais,enoutre,elleestpercée, sur toute sa surface, d'une multitude de fins pores qui donnent issue à des pseudopodes filiformes rayonnants ... réticulés. Il existe un noyau mais, pas plus ici que chez les Perforés à coquille opaque, on ne sait s'il y a une vésicule pulsatile.
Comme chez les Imperforés, cette coquille simple, monothalame, réalise la forme primitive fondamentale; mais, comme chez eux aussi, cette forme peut se compliquer par l'adjonction de nouvelles loges qui s'unissent entre elles de façons très variées. Nous retrouverons ici les mêmes complications progressives que chez les Imperforés, et d'autres encore (').
Perforé (Type morphologique).
I1) Le caractère essentiel du Perforé est la perforation de la coquille. Nous avons trouvé dans le sous-ordre des Arénacés des formes qui émettaient aussi des prolongements protoplasmiques sur la surface du corps mais, la plupart du temps, ces prolongements étaient simplement destinés à la capture des éléments de la coquille; ce n'étaient pas de vrais pseudopodes réticulés comparables à ceux qui sortaient par la bouche. Dans les quelques cas où cette distinction n'eût pas été justifiée, il restait au moins ceci, que les pores par où ils sortaient étaient de simples hiatus entre les éléments dissociés de la coquille et nous ne les avons jamais rencontrés dans des coquilles compactes. La présence de pores définis, donnant issue à de vrais pseudopodes à travers une coquille compacte est donc le caractère essentiel des Peefoeida, Tout ce que nous avons dit de l'accroissement de la coquille à propos des Perforés à coquille calcaire (V. p. 109 et 1 17) s'applique naturellement ici.
I '3fi
ow LES (IHJZOPODES
Un Dimorphisme semblable à celui des Imperforés existe aussi chez beaucoup de Perforés. Il n'y a qu'à appliquer ici tout ce que nous avons dit en discutant cette question à propos des MUiolides (V. p. 118) (*).
Nous diviserons les Perforés en six sous-ordres :
Lagenid/e, à pores fins et sans enroulement vrai;
Cm il ostome lli dm, à pores fins et enroulement de Miliolide;
Textularid/e, à pores fins et enroulement en hélice ;
GlobigemnidjE, à pores larges et enroulement en spire obscure;
Rotaljdje, à pores larges et enroulement spiral régulier asymétrique;
Nummiliti D/E, à pores fins cl enroulement spiral régulier symétrique.
1er Sous-Ordre
LAGÉNIDES. — LAGENID/E [Lagenid.e (Carpenter)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
Le type de ce sous-ordre serait une formé à perforations très fines, polythalame, à loges unies les unes aux autres en série linéaire, et agencées de telle façon que la partie supérieure de la précédente forme le fond de la suivante, les parois communes étant formées d'une seule lame calcaire qui appartient tout entière à la plus ancienne des deux. La forme de la série est, soit rectiligne, soit courbe, ou se complique d'autre manière. Enfin, il peut n'y avoir qu'une seule loge. De la combinaison de ceux de ces caractères qui sont variables, état monolhalame ou polythalame et forme de la colonie dans le cas de polythalamie, résultent de nombreuses formes que l'on peut rattacher à quatre genres types.
GENRES Fig. 199.
Lagena (Walker et Boys) (fig. 198) est monotha-
lame et a une forme sphérique ou ovoïde Fis- 198
ou en fuseau; la bouche est à un pôle, géné-
ralement portée par un col allongé. La co- M
quille est compacte, brillante, percée de pores
très fins (Vivant et fossile) (*).
Nodosaria (Lamarck) (fig. 199) est formé de È;ï£Ê
plusieurs loges de Lagena disposées en ligne
droite. La bouche est ronde (Vivant et fossile).
L âge n a
(!) On l'a constaté dans les genres suivants : (l,n- Urady)- Nodosaria (Sdfô Nodosaria, Dentalina, Siphogencrina, Rotaiià, Tnui-
catulina, Calcarina, Potlystomella, Amphistcgïnà, NammuUtçs et Assilina,
(2) Dans ce genre on a taillé des sous-genres que l'on peut considérer comme de
PERFORÉS : LAGÉNIDES
Ce genre est le chef de file d'une longue série de genres dérivés (*).
Polymorphina((ig. 200) (d'Orbigny) justifie son nom par ses loges de forme très variable, disposées sur deux rangs ou en spirale, mais toujours d'une façonpeu nette, etplus ou moins embrassantes, en sorte que les nouvelles cachent un nombre variable des anciennes (Vivant et fossile) (a).
Ramulina (Rupert Jones) (fîg. 201) est formé, dans ses premières loges, comme une Polymorphine, mais continue par des loges armées de tubulures, les unes longitudinales servant à les
simples espèces. Ils forment avec Lagena la famille des Lageninm [Lageninse (Brady)] . : Entosolenia (Ehrenberg) à col invaginé,
Fissurina (Reuss) à bouche fissiforme, . Capitellina (Marsson) à col étranglé,
1 Sycidium (Sandb.), genre douteux, la structure de son test étant inconnue. (*) Voici, rapidement résumés, les caractères de ces genres : Dentalina (d'Orbigny), semblable à Nodosaria, mais légèrement courbe (Vivant et fossile); Rhabdogonium (Reuss), semblable au même, mais à loges carénées, triangulaires ou qua-
drangulaires sur la section transversale (Vivant); Orthocerina (d'Orbigny), à loges indistinctes à la surface; i Vaginulina (d'Orbigny), comprimé d'un côté (Vivant et fossile) ; i Marginulina (d'Orbigny), en crosse (Vivant et fossile) ; Planularia (Defrance), semblable, mais comprimé latéralement; Cristellaria (Lamarck), partiellement ou tout à fait spiral (Vivant et fossile) ; . Lingulina (d'Orbigny), comme Nodosaria, mais comprimé et à bouche fissiforme ; fiRimulina (d'Orbigny), Vaginulina a bouche fissiforme (Vivant et fossile) ;
Robulina (d'Orbigny), Cristellaria à bouche fissiforme [Vivant et fossile); G Conulina (d'Orbigny), simple sous-genre du précédent; Glandulina (d'Orbigny), Nodosaria à loges embrassantes recouvrant la majeure partie des précédentes (Vivant et fossile) ; F Psecadium (Reuss), sous-genre de Robulina; Frondicularia (Defrance), comprimé en feuille et à loges triangulaires embrassantes, cachant, les précédentes (Vivant et fossile); ■ Flabellina (d'Orbigny), semblable au précédent, mais à premières loges enroulées en spire comme chez Cristellaria (Fossile); Amphimorphina (Neugeboren), commençant en Frondicularia et finissant en Nodosaria : Dentalinopsis (Reuss), commençant en Rhabdogonium et finissant en Nodosaria ; 4mp/)/co/*y/ie(Schlurnberger), commençant en Cristellaria et finissanten Nodosaria (Vivant) ; Lingulinopsis (Reuss), commençant en Cristellaria et finissant en Lingulina, dont il ne constitue guère qu'un simple sous-genre.
Tous ces genres forment, avec leur chef de file, la famille des Nodosmux^e [genre Nodosarina (Carpenter)].
(2) Genres voisins :
imorphina (d'Orbigny), qui commence en Polymorphina et fin i L en Nodosaria (Fossile);
Fig. 201.
Polymorphina ,.
» r Ramulina (im. Brady). ^d-ap Schlumberger).
LES MIIZOPODES
unir aux loges précédente et suivante, les autres latérales qui servent à tixer 1 animal tandis que la loge elle-même est libre (Vhant)f).
2° Sous-Oudre
CHILOSTOMELLIDES. - CHILOSTOMEL LWJE [ C hilostomellid/e (Brady); — Cryptostegu (Reuss)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
On peut s'en faire une idée en imaginant un Perforé polythalame à fins pores dont les loges sont disposées suivant la loi des Miliolides, c'est-à-dire formant chacune un demi-tour et transportant la bouche alternativement d'un pôle à l'autre de la coquille. Comme chez les Miliolides, elles peuvent revêtir l'apparence bi-, tri- ou uniloculinaire.
GENRES
Allomorphina (Reuss) (fig. 202) est construit comme une Triloculine, c'est-à-dire formé de loges embrassantes sur trois rangs, chaque loge nouvelle cachant la plus ancienne des trois ms- 202précédentes et transportant la bouche fîssiforme à son extrémité (Vivant et fossile).
Chilostomella (Reuss) est un Allomorphina, mais construit comme une Biloculine, sauf que les loges sont plus enveloppantes, en sorte que l'on ne voit qu'une faible partie de la précédente. La bouche est successivement trans- Allomorphina portée aux deux extrémités de l'axe (Vivant et fossile). (im. Brady).
EHipsoidina (Seguenza) est complètement embrassant et ne
laisse voir que la dernière loge comme les Uniloculines. Mais, à l'intérieur, toutes les loges ont la bouche dirigée dans le même sens et sont réunies entre elles par une petite colonne insérée près de la bouche fîssiforme (Vivant et fossile) (*).
Uvigerina (d'Orbigny) qui a ses loges disposées sur trois rangs en spire hélicoïdale et la
bouche prolongée en col (Vivant et fossile); Sagrina (d'Orbigny) qui commence en Uvigerina et se termine en Nodosaria (Vivant et
fossile).
Ces genres forment avec leur genre type la famille des Polymoepiiix^: [Polymorphininw (Brady)].
(!) Genre unique de la famille des Ramulix/e [Ramulininx (Brady)].
(2) Cet arrangement des loges qui rappelle celui des Globigérines. sauf qu'il n'est pas spiral comme chez celles-ci, donne la raison pour laquelle ces êtres avaient été réunis sous le nom de Cryptostegia (Beuss) aux Globigérines; mais celles-ci s'en distinguent, outre le caractère sus-indiqué, par la grandeur de leurs pores.
PERFORÉS : TEXTULARIDES
3e Sous-Ordre
TEXTULARIDES. — TEXTULARID/E [Textularid/e (Brady)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
C'est un Perforé polythalame à fins pores, à test hyalin chez les petites formes, recouvert chez les grandes d'une couche arénacée, ayant ses loges disposées toujours en hélice, mais de telle façon que, souvent, l'hélice portant juste deux ou trois loges par tour, celles-ci ont l'air disposées sur deux ou trois rangées parallèles non spirales. Souvent l'enroulement varie avec l'âge.
GENRES
Textularia (Defrance) (fig. 203) est formé de loges arrondies, assez peu embrassantes, disposées sur deux rangées contiguës. Les nouvelles loges appartiennent alternativement à l'une et à l'autre rangée et portent la bouche, en fente verticale, à leur bord interne presque sur le prolongement de la ligne de suture des deux rangées. La coquille est calcaire et finement poreuse (Fossile) (*).
Textularia (Sch.).
Fig. 204.
(*) A ce genre se rattachent de nombreuses formes dont beaucoup pourraient être comptées comme de simples sous-genres : Plecanium (Reuss), formé de particules arénacées (Vivant et fossile); I Venilla (Gùmbel), qui commence en Plecanium et finit en Liguline (Fossile) ;
. Grainmostomum (Ehrenberg), à bouche terminale et corps déprimé d'avant en arrière (Vivant et fossile);
; Schizophora (Reuss), Grammostomum finissant par des loges unisériées (Fossile);
; Gemmulina (d'Orbigny), qui diffère du précédent par sa bouche ronde (Vivant);
! Cuneolina (d'Orbigny), à corps comprimé en sens inverse de Grammostomum et autres, c'est-à-dire ayant les deux séries de loges aplaties l'une contre l'autre (Vivant et fossile);
i Verneuilina (d'Orbigny), à coquille arénacée, à loges sur trois rangs donnant à la coquille la forme d'une pyramide triangulaire, et à bouche de Textularia (Vivant et fossile);
' Tritaxia (Reuss), Verneuilina à bouche centrale (Vivant et fossile) ;
I Reussia (Schwager), Verneuilina à coquille calcaire (Fossile) ; ' Valvulina (d'Orbigny), semblable à Verneuilina, à coquille arénacée
comme chez celui-ci, mais à grains très Ans 'et à bouche recouverte d'une lèvre (Vivant et fossile); Bigenerina (d'Orbigny), commençant en Textularia et finissant par
des loges unisériées en ligne droite, avec une bouche ronde
terminale (Vivant et fossile) ; Siphogenerina (Schlumberger) (fig. 204), différant de Bigenerina par
la présence d'un canal inférieur qui réunit toutes les loges et ne
leur permet de communiquer que par une fente dont il est percé au-dessus de chaque
bouche (Vivant et fossile);
Siphogenerina (d'ap. Schlumberger).
A, entier; B, en coupe.
LES RHIZOPODBS
Mg. 205.
Bulimtna (im. Carpcnter).
Pig, 200.
Bulimina (d'Orbigny) (fig. 205) est construit sur un autre plan. Ses loges sont
enroulées en hélice et forment une
coquille turbinée. La bouche, en
virgule, est placée sur le côté de la
dernière loge (Vivant et fossile] (').
Cassidulina ( d ' 0 rbign y) (fig. 200 ) peu t
être défini une Textulaire dont la
coquille, à deux séries de loges,
serait enroulée en spirale; la
bouche est latérale, en fente (Vivant et fossile) (*).
Cassidulina (Sch.).
Pavonina (d'Orbigny), semblable à Bigenerina, mais la partie qui, chez celui-ci, est droite devenant ici courbe, aplatie et en éventail, et la bouche étant cribriforme (Vivant);
Spiroplecta (Ehrenberg), différant de Textularia par ses premières loges enroulées en spirale (Vivant et fossile);
Gaudryina (d'Orbigny), à loges d'abord trisériées, puis bi- ou unisériées et à bouche en fente (Fossile);
Plectina (Marsson), représentant un Gaudryina à bouche ronde (Fossile);
Clavulina (d'Orbigny), à loges d'abord trisériées, puis unisériées, à coquille arénacée et à bouche valvulée (Vivant);
Climacammina (Brady), à loges disposées à peu près comme chez une Textulaire, mais à bouche très large et fermée d'une plaque cribreuse, et à coquille calcaire revêtue d'une couche extérieure arénacée à ciment calcaire (Fossile1;
Tetrataxis (Ehrenberg, emend. Nôllcr), à loges disposées en hélice conique à axe creux communiquant toutes avec cette cavité columellaire par leur bouche tournée en dedans, et à coquille formée de deux couches, comme chez le précédent, mais avec la couche arénacée en dedans (Fossile);
Chrysalidîna (d'Orbigny), qui peut être défini une Textulaire trisériée à bouche de Climacammina (Vivant et fossile).
Tous ces genres forment avec la Textulaire la famille des Tsxtitlâbin^ [Textularidse (Garpenter)].
(J) Genres voisins :
Robertina (d'Orbigny) n'est qu'un sous-genre de Bulimina (Vivant et fossile);
Virgulina (d'Orbigny), dont le pas de l'hélice est tel que les loges tendent à reprendre une disposition irrégulièrement bisériée (Vivant et fossile);
Bolivina (d'Orbigny), tout à fait bisérié, mais que sa bouche de Bulimine empêche de joindre aux Textulaires (Vivant et fossile);
Pleurostomella (Reuss), à loges bisériées aussi, mais à bouche de Bulimine très élargie et entaillée à son bord inférieur (Vivant et fossile);
Bifarina (Parker et Jones), commençant en hélice et se terminant par des loges unisériées.
Ces genres forment la famille des Bulimikm [Buliminx (Brady)].
(2) Genres voisins :
Orthoplecta (Brady), qui n'est qu'un sous-genre du précédent; Ehrenbergia (Reuss), qui pourrait être défini : une Cassiduline déroulée.
Ces trois genres forment la famille des Casswjjlwb [Cassidulina (Brady)].