‹ Traité de zoologie concrète (volume 2)Chapitre 54 sur 104 · PERFORÉS : GLOR1GÉR1NIDF.S · texte numérisé non relu

PERFORÉS : GLOR1GÉR1NIDF.S

4e Sous-Ordre

GLOBIGÉRIN1DES. — GLOBIGERINIDJ:

[Globigerinid/e (Brady)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

C'est un Perforé formé d'un petit nombre de loges sphériques, percées de gros et rares pores et disposées en spirale obscure.

GENRES

IQIobigerina (d'Orbigny) (fig. 207 et 208) est une forme polythalame très petite, formée de loges sphériques sou-

Fig. 207.

Fig. 208.

dées les unes aux autres en spire confuse. Les loges nes'ouvrent pas les unes dans les autres : la spire réserve une sorte de cavité ombilicale dans laquelle toutes les bouches s'ouvrent plus ou moins profondément, ou bien cette cavité ombilicale est effacée et la dernière loge seule s'ouvre par la

bouche, à côté de la dépression qui la représente (Vivant et fossile) ('). )0rbulina (d'Orbigny) (fig. 209 à 211) est très petit aussi, formé d'une coquille calcaire entièrement sphérique, avec deux sortes de perforations, les

Globigerina (Sch.).

Vu du côté dorsal.

Globigerina (Sch.).

Vu du côté ventral.

Fig. 209.

Fig. 210.

Fig. 211.

OrbuUna (im. Schlumbcrger).

OrbuUna (Aire d'adhérence vue de face) (im. Rhumblcr).

OrbuUna (Coupe) (Sch.).

unes (a) larges, espacées, les autres (b), petites, serrées. Il n'y a que rarement, en outre de cela, une ouverture plus large que l'on puisse considérer comme bouche. Les individus très adultes sont tous réduits à cela et sont, par conséquent, monothalames. Mais les autres ont, en

(M Le test des formes pélagiques est toujours hérissé d'épines; ce genre est commun dans toutes les mers, pélagique ou dans les grands fonds.

LES RHIZ0P0DB8

outre, à leur intérieur, une masse très semblable à une Globigérine, soudée par sa plus grande loge et par les extrémités de ses épines à la face interne du test de l'Orbuline (').

Les recherches récentes de Rhumbler [94] ont montré que les choses se passent de la manière suivante. Les Globigérines sont do deux sortes, les unes à test épais, les autres à test extrêmement mince. Les premières constituent le genre Globigerina, les secondes ne sont que des jeunes à'Orbulina encore dépourvus delà loge sphérique caractéristique. Les deux sortes de Globigérines grandissent avec des caractères ti semblables (sauf l'épaisseur du test) et se munissent des mômes grandes épines. Si certaines ont été décrites comme étant dépourvues de ces appendices, c'étaient des Globigérines minces (futures Orbulines) dont les épines avaient été rompues par l'engin de pêche, en raison même de la fragilité de leur test. Quand les Globigérines minces arrivent à posséder douze à quatorze loges, elles se sécrètent une grande loge sphérique emboîtante et les voilà Orbulines avec Globigérine incluse. A ce moment la Globigérine occupe environ les 2/3 de la cavité de l'Orbuline, et c'est à ce stade qu'appartiennent les formes présentant à peu près le rapport de taille indiqué. Mais, après un certain temps, la Globigérine incluse commence à entrer en dégénérescence : son calcaire se résorbe, ses loges se réduisent à des lamelles membraneuses qui s'affaissent les unes sur les autres et finissent par disparaître tout à fait. Toutes les Orbulines de grande taille sont dans ce cas. Elles contiennent parfois deux ou trois loges sphériques, incluses, concentriques, mais jamais de spire globigérinienne (*).

On avait cru jasqu'ici que toutes les Orbulines étaient d'abord dépourvues de Globigérine, que certains individus en restaient dépourvus pendant toute leur vie, et que d'autres (dans la même espèce) en formaient une à leur intérieur, à un certain moment de leur existence, par bourgeonnement inlerne à l'intérieur de la loge périphérique. Il y aurait eu là dimorphisme comme chez les Milioles, existence simultanée des deux formes l'une B avec, l'autre A sans spire globigérinienne interne, avec cette différence qu'ici la loge initiale, loge sphérique orbuiinienne, est à la périphérie et que les loges spiralées de la forme B poussent à son intérieur.

(2) Cette remarquable modification de la forme avec l'âge serait due à l'adaptation, les Globigérines étant pélagiques, celles à test mince sont exposées ;'i être endommagées par l'action des vagues et prendraient, lorsque leur taille et le nombre de leurs loges deviennent assez grands pour que le danger soit réel, cette forme sphérique si avantageuse en pareil cas. C'est là évidemment une hypothèse. Mais le fait que l'évolution ontogénétique se passe comme il vient d'être dit repose sur des observations très démonstratives. Rhumbler a trouvé, en effet, des Orbulines chez lesquelles la spire globigérinienne, au lieu d'être soudée à la face interne du lest, faisait partie de sa surface sur une certaine étendue; et l'on voyait (fig. 210, 211), sur le test à trous plus grands et de deux sortes de l'Orbuline, une région perforée comme chez les Globigérines de trous beaucoup plus petits et tous égaux. Cela est impossible à expliquer si l'on admet que la loge orbuiinienne est la première formée, et s'explique au contraire très aisément si c'est la spire globigérinienne qui a formé la loge orbuiinienne: la loge enveloppante a laissé libre une portion plus ou moins étendue de la spire enveloppée. Enfin, la présence des loges membraneuses flétries est la preuve formelle

PF.RFORKS : OLOBIGÉR1NIDES

Hastigerina (Wyville Thompson) (fig\ 204) a une coquille nautiloïcle à parois minces, percées de pores fins et armés de longues épines. La bouche est grande, en croissant. Toute la coquille est noyée au sein d'une masse de protoplasma vacuolaire qui émet de fins pseudopodes réticulés. Les longues épines calcaires sont creuses et remplies de protoplasma (Une seule espèce, vivante, pélagique). Hl/likrocometes (Cienkovsky) est remarquable par sa coquille chitineuse percée de une à cinq ouvertures représentant de gros pores, et par son habitat : c'est, avec le genre Entzia (Daday), le seul

Hasligerina (ira. Brady).

Perforé qui ne soit pas marin (Eau douce et étangs salés) ('),

5e Sous-Ordre

ROTALIDES. — ROTALID/E [Rotalidm (Brady)] TYPE MORPHOLOGIQUE

("est une coquille polythalame, enroulée en spirale régulière, et plus embrassante à la face inférieure qu'à la supérieure B, en sorte que celle-ci est concave et laisse voir toutes les loges de la- coquille, tandis que l'inférieure, légèrement convexe, ne laisse voir que celles du dernier tour. C'est elle qui porte la bouche fissiforme. Le test est percé de larges pores. Les parois communes ne sont pas doubles, mais formées seulement par la paroi de la plus ancienne des deux A. Les loges communiquent entre elles par des orifices fîssi- Rotaiide (Sch.). formes (*).

Fig. 213.

d'une dégénérescence de la portion globigérinienne à l'intérieur de l'Orbulinc et est incompatible, au contraire, avec l'hypothèse de loges globigériniennés à l'intérieur de l'Orbuline.

(1) A ces genres principaux s'ajoutent les quelques genres secondaires suivants : ullenia (Parker et Jones), tonnant une spire à plusieurs tours, mais à loges très

embrassantes, en sorte qu'on n'en voit qu'une partie ; toutes les loges communiquent entre elles. Les perforations sont très fines, la bouche est au ras du tour précédent (Vivant et fossile) ;

ohdsroîdina (d'Orbigny), à loges plus embrassantes encore, en sorte qu'on ne voit que

les trois à quatre dernières (Vivant et fossile); mdeina (d'Orbigny), à enroulement trochoïde et à bouche remplacée par des orifices

percés le long des sutures (Vivant).

(2) Mais parfois les parois sont doubles et il peut arriver que la convexité soit à la

LES 1UIIZ0P0DF.S

sans

Fig. 211

Fig. 215.

Le mode de reproduction par bourgeonnement interne, v compris le mode de division du noyau décrit chez les Miliolides (V. p. 120) a été observé aussi chez quelques Ro talides (Discorbina). Les jeunes sortent paï rupture de la coquille maternelle.

GENRES

Spirillim (Ehrenberg) (fig. 214) est conformé comme un Comuspira, s£

divisions intérieures; on ne la rattache

àce sous-ordre, et avec quelques doutes, qu'en raison de son lest perforé

de gros canaux (Vivant cl fossile) ('). Discorbina (Parker et Jones) (fig. 215)

retrace presque exactement notre

type morphologique, mais la face

inférieure n'est pas concave, étant

remplie par un dépôt secondaire de

calcaire non poreux (Vivant et fossile). Rotalia (Lamarck, entend. Parker et Jones) (fig. 216) a des porcs très fins,

un enroulement héliçoïdal et, chez les grandes espèces du moins, les cloisons communes des loges sont

doubles et comprennent entre elles un espace vide

d'où partent vers la surface des canaux qui se

bifurquent avant de l'atteindre. Tivant et fossile (*).

Spirillina (iui. Dradv).

Discorbina (im. Brady).

Fig. 2ic.

Rotalia (Sch.).

face inférieure, bien que celle-ci resle plus embrassante, et que les parois des loges soient doubles et parcourues par un système de canaux du test, mais cela est exceptionnel dans ce sous-ordre.

(') Il forme à lui seul la famille des Spiiullin.e [Spirillinina vBrady)]. [2) Genres voisins :

Asterigerina (d'Orbigny), simple sous-genre du précédent;

Planorbulina (d'Orbigny), fixé par sa face supérieure devenue plane et laissant voir à

peu près toutes les loges des deux cotés (Vivant et fossile) ; Truncatulina (d'Orbigny), fortement convexe en dessous, plan ou concave en dessus

(Vivant et fossile) ;

Anomalina (Parker et Jones), à tours de spire marqués très fortement et à peu près autant

en dessus qu'en dessous (Vivant et fossile); Planulina (d'Orbigny), très plat, presque symétrique (Vivant et fossile)

(Ces trois genres ne sont guère que des sous-genres de Planorbulina) ; Pulvinulina (Parker el Jones), biconvexe, à ombilic souvent comblé; test à pores fuis

(Vivant et fossile);

Cribrospira (Môller), en bélice, à dernier tour seul visible, à orifice terminal cribreux,

à cloisons simples et à pores larges (fossile); Cymbalopora (Hagenof) à loges enroulées d'abord en bélice, puis en cercle, formant

un cône surbaissé à axe creux dans lequel s'ouvrent les cavités des loges

(Vivant et fossile) ;

Carpenteria (Gray), disposé comme le précédent, mais moins régulièrement et fixé par la base du cône dont le sommet tronqué, servant de bouebe commune, se prolonge parfois en un tube simple ou dendritique (Vivant) ;

perfores: rotalides

Fig. 217.

Calcarina (Sch.).

ïalcarina (cTOrbigny) (fig. 217) est constitué comme Rotalia, mais est recouvert d'un dépôt calcaire concrélionné appelé inlersqueleile, qui garnit

toule la surface, comble toutes les dépressions, tous les intervalles, ne laissant apercevoir qu'une faible partie du test (les dernières loges à la face inférieure) et des épines très développées, insérées sur le test et traversant cet intersquelette. Celuici se dépose pendant toute la vie, en sorte qu'il existe jusqu'au centre de la masse séparant les tours de spire; mais il augmente d'épaisseur avec l'âge, en sorte que la coquille vraie, avec ses loges à paroi propre mince, y est complètement noyée. Ces parois propres sont percées des gros pores habituels ; l'intersquelelte, au contraire, est parcouru d'un riche système de fins canaux ramifiés et anastomosés qui viennent s'ouvrir à la surface (Vivant et fossile) ('). Tinoporus (Carpenter) (fig. 218) a une forme variant de la sphère au cône et à la lentille, souvent avec de gros tubercules très saillants; il est formé de loges cuboïdes, toutes semblables, disposées en strates horizontaux et verticaux séparés par des lames calcaires de même direction; les parois des loges sont simples, généralement sans canaux dans leur épaisseur; les horizontales sont percées de nombreux et fins pores, les verticales d'un petit nombre d'orifices plus larges, en sorte qu'elles communiquent toutes ensemble; les superficielles communiquent par leurs pores avec le dehors, mais il n'y a pas de grand orifice méritant le nom de bouche. Quand on examine avec soin la disposition des loges, on voit qu'il y en a au centre un certain nombre enroulées en une spire plane régulière, tandis que les autres sont orientées radiairement. Ces loges spirales constituent la coquille primitive et les autres sont des loges accessoires, développées comme celles de la cavité axiale des Patellines dans un squelette secondaire abondant qui s'est rapidement développé autour de la coquille primitive, et a empêché son développement ultérieur. Un système de canaux, s'ouvrant, d'une part dans les chambres, d'autre part au dehors se montre dans ce squelette secondaire et en particulier dans ses protubérances spiniformes (Vivant et fossile) (*).

Fig. 218.

Tinoporus (im. Brady).

Rupertia (Wallich), dont la coquille a un enroulement spiral irrégulier déterminant une masse sphérique irrégulière où les loges ne sont pas visibles et qui est fixée par une colonnelle dépourvue de pores (Vivant) ;

Patellina ;\Villiamson), enroulé comme le précédent, mais à cavité axiale remplie de loges irrégulièrement empilées communiquant avec celles de la surface, qui sont incomplètement divisées en logeltes par des sepla radiaires (Vivant et fossile).

f1) Tous ces genres, depuis et'y compris'Discorbina, forment la famille des Rotalix^e [Botalina (Brady)].

(2) «M'. Munier-Chalmas pense que certains genres de Foraminifères se comportent

LKS ItlMZOPODES

Pig. 21!).

Polytrema (R.sso) (fig. 219) est formé «l'une base encroûtante dans laquelle on reconnaît, au centre, ungroupe de loges à arrangement spiral qui représente a coquille primitive. Mais à ces loges primitives s'en ajoutent d autres, beaucoup plus nombreuses, qui s'entassent d'abord en couebes irrégulières, puis forment des tubes dressés ramifiés, creux. Gela donne à l'animal la forme d'un petit Polypier et, comme il est ordinairement rouge, il a été longtemps pris pour une sorte de Corail. Les loges de ce système secondaire n'ont pas de pores ordinaires, et leurs communications entre elles et avec le debors s'établissent par des sortes d'enfoncements en forme de piliers creux qui partent du plancher des loges, et descendent dans la loge sous-jacente, la traversent et se fixent à son plancher. La cavilé de ces piliers s'ouvre en haut à plein canal dans la loge supérieure, et en bas, par des orifices latéraux, dans la sous-jacente. Pour les loges superficielles, le tube s'ouvre distalement en dehors (').

Polytrema (P. cylindricum) (d'ap. Carter) montrant une coupe transversale, l'ensemble de l'animal, le détail de la surface et une partie de la section transversale plus grossie.

comme s'ils représentaient des colonies dérivées par blastogénèse de types simples. Dans cette hypothèse, les loges sériées qui se développent sur le pourtour ou sur les côtés d'un individu central ou médian, représenteraient un développement blastogénélique ; ainsi Tinoporus serait une colonie dérivée d'un type simple analogue à Calcarina. Il en serait de même des rapports d'Orbitoïdes et de Cycloclypeus. Dans ce môme ordre d'idées Dicyclina représenterait deux individus d'Orbitolina accolés par la face qui ne porte pas le réseau externe».

Cette note nous est communiquée par M. Munier-Chalmas.

Nous exprimons à notre collègue nos remerciements pour l'obligeance avec laquelle il a bien voulu nous donner la primeur de ses idées nouvelles. Mais il nous semble difficile d'interpréter comme un phénomène blastogénétique la formation des loges secondaires quand les loges de la coquille primitive se forment par un phénomène d'accroissement.

Qui dit blastogénèse, en effet, dit formation d'un nouvel individu par bourgeonnement. Or chez ces êtres, l'individu comporte au moins un noyau : une loge sans noyau n'est pas un individu. Chez la Polyslomelle macrospbérique, par exemple, la formation des nouvelles loges est un phénomène d'accroissement et non de blastogénèse : cela est démontré par le fait que le noyau reste unique pendant leur formation. Pour que l'on put dire que chez Tinoporus, les loges delà coquille primitive se sont formées par accroissement et celles de la coquille secondaire par blastogénèse, il faudrait que l'on ait constaté que le noyau reste unique pour la formation des loges de la première et se divise pour former les loges de la seconde. Or personne n'a constaté cela et nous sommes convaincus qu'en cherchant à le vérifier on reconnaîtrait que les choses ne se passent pas ainsi. Très probablement, ici comme ailleurs, le noyau reste unique pendant l'accroissement de l'individu et se divise seulement à certains moments pour sa reproduction.

(*) Genres voisins :

Gypsina (Carter), parfois fixé et encroûtant, grossièrement perforé, sans système de

PERFORÉS NUMMUL1TIDES

6° Sous-Ordre NUMMUL1TIDES. — NUMMUL1 Tl 1 )E.

[ Nvmmulinjda (Carpenter, emend. Brady)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

C'est un Perforé libre, à pores fins, polythalame, à enroulement régulièrement spiral et symétrique. Mais les parois des loges sont doubles, en ce sens que, lorsqu'une nouvelle loge se forme, elle ne se contente pas, là où elle confine aux loges anciennes, de la paroi de celles-ci, mais en sécrète une autre qui la double. Dans l'espace entre ces deux parois contiguës, naît un système compliqué de canaux. Enfin, un squelette supplémentaire et perforé se développe dans divers points. Mais il n'est guère possible de systématiser les dispositions de ces diverses parties; elles seront indiquées dans la description des genres.

GENRES

vusulina (Fischer de Waldheim) (fîg. 220). La coquille a l'aspect d'un petit fuseau de 10 à 12 millimètres de long. Pour la disposition intérieure des loges primaires et de leurs cloisons, c'est absolument une Alvéoline.

Ce sont les mêmes

Fig. 220. i i

loges, basses et

•o. o restant basses mal-

coup pour faire un

Fusulina (im. Carpenter). tour> mais larges

et augmentant de

plus en plus en largeur à mesure que la coquille s'accroît, de manière à être toujours absolument embrassantes, s'étendant d'un pôle à l'autre jîe la coquille dans toute la longueur du méridien correspondant. La bouche forme une longue fente méridienne. Les cloisons primaires

canaux ni protubérances (Vivant et peut-être fossile, mais cela n'est pas certain); phrosina (Carter), finement perforé, fixé, encroûtant (Vivant);

telamopora (Rômer), en forme de tigelle ramifiée, fixée par sa base et dépourvue de bouche (Fossile);

' labelliporus (Dervieux), caractérisé par le fait que les loges de la coquille initiale sont laissées tout au bord de la coquille par les logettes secondaires qui sont plus petites, d'abord semi-lunaires, puis rhomboïdales.

Ces genres forment la famille des TiNovoitm^E [Tinoporinx (Brady)] qui a pour caractère cette combinaison de loges primitives régulièrement spirales et de loges secondaires tout autrement disposées que l'on retrouve chez tous.

LES Ull/ni'iiM s

sont simples comme chez l'Alvéoline. Mais le test est perforé de très fins pores extrêmement serres. 11 y a, en outre, des différences dans le détail de la structure. Ici, en effet, les cloisons primaires sont complètes et séparent entièrement les loges (/.),sauf un assez large orifice fissiforme (o) au ras du plancher, dans le plan équatorial de la coquille. Tous ces orifices forment donc un canal spiral ininterrompu qui traverse toutes les loges en leur milieu. 11 n'y a ni cloisons secondaires, ni cloisons tertiaires; mais il y a cependant des loges secondaires produites de la manière suivante. Les cloisons ne sont pas des lames planes. Elles sont planes seulement dans 1/5 environ de leur hauteur, le long du plafond (a, b); niais dans les quatre autres cinquièmes, elles sont fortement onduleuses, plissées, disons môme gaufrées. Les plis sont disposés perpendiculairement à la hauteur de la cloison, s'avançant alternativement dans les cavités des deux loges que la cloison sépare. Ils sont si saillants qu'ils arrivent à se rencontrer d'une cloison à l'autre, divisant aussi la loge en logettes (c). Mais ces logettes ne régnent, comme les plis, que dans les 4/5 de la hauteur delà loge et communiquent ainsi toutes avec elle le long du plafond de celle-ci (Fossile) (*). Polystomella (Lamarck) (fig. 221, 222 et 223). La coquille a un enroulement nautiloïde symétrique. Les loges sont nombreuses à chaque tour et très embrassantes, mais pas complètement, en sorte qu'à l'ombilic on devrait,

de chaque côté, voir tous les tours précédents. On les voit en effet sur l'animal décalcifié. Mais, le plus souvent, l'ombilic est comblé par un tissu squeletlique secondaire, en sorte que l'ensemble devient lenticulaire.

Les cloisons de séparation des loges sont simples et perforées d'une rangée de trémas disposés sur une seule ligne un peu au-dessus du plancher.

Il en est de même pour l'orifice buccal. Enfin, les loges envoient en arrière des prolongements en cul-de-sac

ll) Genres voisins :

Hemifusulina ^Môller) n'est guère qu'un sous-genre des Fusulines, mais ses cloisons sont formées de deux lamelles entre lesquelles règne un espace qui s'ouvre dans la loge par une fente située au-dessus de l'orifice de communication des loges. Dans cet espace se trouve, en outre, un système de canaux ramifiés (Fossile);

Fusulinella (Môller) considéré par les uns comme un sous-genre des Fusulines serait pour les autres un Imperforé voisin d'Ah'eolina (Fossile);

Schwaggerina (Moller) diffère de la Fusuline en ce que ses cloisons, dans la plus grande partie de leur étendue, ne sont pas plissées; mais, en approchant de l'axe, elles deviennent brusquement très sinueuses, se ramifient, anastomosent leurs ramifications et forment là un tissu irrégulièrement réticulé, à peu près comme chez les Nuramulites (V. p. 150) (Fossile).

Ces trois genres forment la famille des FusOLUtlNJB [Fusilinmm (lirady)J.

Fig. 221.

Polystomella.

Entier (d'ap. Brady) et décalcifié (d'ap. Carpenter)-

PERFOniïS : NOM MUUTIDES

qui font saillie sur son bord postérieur. En outre de cela, il existe un système de canaux interseptaux et, de chaque côté, un canal spiral qui suit la spire ombilicale (').

Ces deux canaux (fig. 222) sont réunis par des canaux méridiens (cl.) qui suivent la suture de chaque cloison avec le plafond de sa loge. Ces canaux méridiens émettent : 1° des canaux divergents (cd.) qui se portent alternativement en avant et en arrière, dans le plafond delà loge suivante

Poli/slomella (Soh.).

Test coupé pour montrer la disposition des loges et des canaux interseptaux.

c, culs-de-sac des loges; c<l., canaux divergents; cl., canaux méridiens; cpa., canal hélicoïdal supérieur; cspl., canal hélicoïdal inférieur; est., surface externe du test; l.o.l.. loges coupées longitudinalement; l.o.t., loges coupées transversalement; <!.,«., trémas faisant communiquer les loges entre elles; p., pores terminaux des canaux divergents.

et dans celui de la précédente, et, très courts, se terminent presque immédiatement à la surface externe de ce plafond. Au dernier tour, ces canaux s'ouvrent donc au dehors par deux rangées de pores (p.) parallèles à la suture; mais aux tours précédents, ils s'ouvrent dans les loges situées au-dessus d'eux et établissent ainsi une communication entre ces loges et le système des canaux. Les canaux méridiens émettent, en outre, des canaux convergents qui descendent dans l'épaisseur de la cloison sous-

(*) Pour bien comprendre celte structure, supposons enlevé le bouchon calcaire qui comble l'ombilic de chaque côté. Les tours n'étant pas complètement embrassants, on voit de chacun de ceux qui précèdent le dernier, une étroite bordure. Cette bordure dessine un petit trottoir hélicoïdal qui va, en descendant, de la bouche au centre de l'ombilic. Le long de cette hélice règne, de chaque côté, un canal. Ce canal est logé exactement dans l'angle entre les deux tours, sous le bord extrême du plus jeune des deux, étant formé par un espace que laisse chaque nouvelle loge en se soudant à la loge correspondante du tour précédent.

LES RfflZOPODES

jacente et vont se jeter dans les trémas (o) de communication entre les loges. Les deux masses calcaires qui corn Ment les ombilics, sont percées de canaux à peu près rcctilignes, parlant du canal spiral sous-jacent et débouchant au dehors par de fins porcs. Tous les canaux sont occupés par des prolongements du protoplasma comparables aux pseudopodes (Vivant et fossile).

Les Polystomelles sont dimorphes. La forme B, beaucoup plus rare que l'autre ne se rencontre guère qu'une fois sur quarante. C'est à elle surtout, parmi les Perforés, que s'applique la théorie de Lister du Dimorphisme initial et des zoospores. Nous renvoyons pour le détail à l'exposé que nous en avons donné à propos des Miliolides (V. p. 118) ('). Nummulites (Lamarck) (fig. 224, 225). La coquille est lenticulaire; elle a donc un axe très court. Malgré cela, elle est cons- Polyatomeiia. truite essentiellement comme une Fusuline, et la différence S?<j£es ^f^1 lt \ de forme tient seulement à ce que les parties latérales des loges sont si plates qu'elles n'augmentent, à chaque tour, l'épaisseur de la coquille que d'une quantité très faible relativement à son augmentation de diamètre dans le plan équatorial. Les loges sont donc, comme celles de la Fusuline, étendues d'un pôle à l'autre tout le long des méridiens; mais, au lieu d'être à peine concaves vers le centre de la coquille, elles sont formées de deux moitiés qui se joignent au bord de la coquille sous un angle très aigu. Il y a un grand nombre de tours et Fig 224 un grand nombre de loges par tour. Le dernier tour

est circulaire, il se ferme donc sur lui-même, en sorte qu'il n'y a pas de bouche. Les cloisons sont complètes, sauf un orifice fissiforme au ras du plancher dans le plan équatorial, comme chez la Fusuline. Elles sont convexes vers la bouche et régulièrement disposées dans toute leur partie moyenne équatoriale, mais dans ces prolongements latéraux dirigés vers les pôles ou centre de la coquille, elles deviennent très irrégulières, se ramifient, s'anasto- Nummuhtes. mosent entre elles et donnent naissance à une sorte

Structure (Sch.). - , . ,

de reseau irregulier.

Les cloisons sont doubles ainsi que toutes les parois communes

(i) Le noyau toujours unique delà forme A est constamment situé dans une des deux ou trois dernières loges de l'avant-dernier tour. L'un de nous a observé comment il s'étire pour passer, au fur et à mesure de l'accroissement, d'une loge dans la suivante, par quelqu'un des orifices de communication beaucoup plus étroits que lui. Nonionina (d'Orbigny) diffère du précédent par sa bouche fissiforme, ses septa percés d'une fente unique dans le plan équatorial, l'absence des prolongements en cul-de-sac des loges et le faible développement du système de canaux du test (Vivant et fossile).

Ces deux genres forment la famille des Polystojielli.we [Polrstomellinx (brady)].

PERFORÉS : NUMMULITIDES

Fig. 225.

des loges et, entre ces parois, s'étend un système de canaux du test qu'il faut maintenant décrire. Il y a d'abord deux canaux spiraux, comme chez les Polystomelles, mais autrement situés : au lieu d'être relégués à la partie la plus externe de la loge, ce qui, ici, les confondrait au pôle, ils sont tout près de l'équateur, séparés l'un de l'autre seulement par l'orifice fissiforme qui perce les cloisons pour faire communiquer les loges; ils sont contenus entre le plafond de la loge d'au-dessous et le plancher de la loge d'au-dessus. De ces canaux partent des ramifications qui se répandent dans l'épaisseur des cloisons et y forment tout un réseau. De nombreuses branches de ce réseau s'ouvrent dans les loges et établissent la communication avec celles-ci, pour permettre au protoplasma de les envahir. En outre, il existe, le long du bord dorsal des loges, exactement dans le plan équatorial, une bande calcaire imperforée constituée par un épaississement de la paroi en ce point. Cette bande, appelée cordon dorsal suit naturellement tous les tours de spire dans le plan équatorial. Le cordon dorsal est parcouru dans toute sa longueur par quatre canaux plus petits que les canaux spiraux, mais qui donnent, comme eux, des branches qui se répandent dans toute l'épaisseur du cordon dorsal et se mettent en communication avec le réseau des cloisons, en sorte que tout le système est continu.

Il y a ici aussi dimorphisme, avec deux formes A et B (fig. 225) ('). Cycloclypeus (Carpenter) (fig. 226) est une grande coquille lenticulaire, contenant dans son plan équatorial une seule couche de loges d'abord spirales, puis circulaires. Tout le reste de l'épaisseur est formé par une épaisse masse calcaire secondaire, perforée, dont les pores, développés ici en longs canaux en raison de l'épaisseur delà masse, s'ouvrent

Nam nullités. Formes A etB (im. Schlurnberger).

Fig. 226.

Cycloclypeus (im. Brady).

(') Le genre Nummulites (Lamarck) a été dédoublé par d'Orbigny en deux sous-genres :

Nummu/ina (d'Orbigny), qui est la forme que nous avons

décrite sous le nom de Nummulites (Lamarck) et Assilina (d'Orbigny), qui se distingue de Nummulina par le fait que la portion des loges qui recouvre les tours précédents est si mince et si plate qu'elle laisse voir tous les tours de spire. Genres voisins :

Operculina (d'Orbigny), Nummulite atours d'abord non embrassants, puis embrassants; croissant rapidement en bauteur, ne devenant pas circulaires et laissant une bouche fissiforme au ras du plancher (Vivant et fossile) ;

Heterostegina (d'Orbigny) a un enroulement semblable à celui du précédent, mais a ses loges subdivisées par des cloisons secondaires perpendiculaires aux cloisons primaires, et la bouche formée d'une rangée d'orifices (Vivant et fossile) ;

Amphistegina (d'Orbigny) est très transparent, plus convexe d'un côté que de l'autre ;

LES RHIZ0P0DE8

au plafond des loges. Les loges d'un môme lour ne communiquent pas entre elles, mais avec celles des deux tours conligus, avec lesquelles elles alternent, par de grosses perforations de leurs parois circulaires. Dans l'épaisseur des parois des loges et de leurs cloisons circule un riche système de canaux du lest qui s'ouvrent fréquemment dans les loges et établissent une communication générale de toutes les parties de ranimai. L'épaisse couche du squelette secondaire est traversée par des enclaves de substance non poreuse, en forme de lames verticales (la coquille étant à plat), qui continuent jusqu'à la surface les parois des loges. Certaines sont minces, mais renflées en certains points en forme de cônes qui se terminent à la surface par une papille saillante représentant leur base. Ces enclaves sont formées de calcaire non perforé, mais sont traversées par des prolongements des canaux du test qui viennent s'ouvrir à la surface au niveau de leur base (50 à 60mm. vivant et fossile). Orbitoïdes (d'Orbigny) (fig. 227) se déduit aisément du précédent en ajoutant que la masse de calcaire secondaire est creusée de plusieurs couches de loges secondaires communiquant entre elles. Ces loges, dans une même rangée verticale, communiquent entre elles, avec la loge principale correspondante et avec le dehors, par les perforations de la masse poreuse dans laquelle elles sont W creusées; elles communiquent avec celles des rangées voisines, avec lesquelles elles alternent, par des canaux orbitoïdes obliques allant aux deux qui lui correspondent un peu plus (im. Brady). ^^j. e(. UQ peu pjus has Enfin les loges principales conti-

guës d'un même cycle communiquent entre elles par un canal percé dans leur cloison de séparation. Le système des canaux du test et des enclaves de substance non poreuse, canaliculée, est semblable en ses traits essentiels à celui de C ïy cloclypeus (Fossile) (').

des deux côtés ses loges se prolongent presque jusqu'à l'ombilic mais, du côté le moins convexe, elles restent simples dans leur partie latérale, tandis que, du côté le plus convexe, elles donnent naissance, par une bifurcation accessoire, chacune à une loge secondaire (Vivant et fossile); Hemistegina (Kaufmann) est plan convexe, à loges atteignant l'ombilic du côté convexe, effacées du côté plat par accolement de leurs parois en une masse calcaire feuilletée (Fossile);

Archœdiscus (Brady), lenticulaire, formé d'un tube simple, sans cloisons, à parois percées de fins pores," et pelotonné sur lui-même en nombreux tours spiraux alternativement conligus entre eux et séparés, noyés dans une masse calcaire finement tubulée qui comble tous les intervalles et revêt la surface d'une couche uniforme (Fossile). Tous ces genres forment la famille des NusiuuLiTiyjs [Nummulitinx (Brady)]. (!) Gumbel divise Orbitoïdes en cinq sous-genres :

Discocyclina (Gumbel),

Phipidocyclina (Gumbel),

Astinocyclina (Gumbel),

qu'il distingue par des caractères de forme et par quelques détails d arrangement

des loges principales. . .„...«

Tous ces genres forment la famille des CtclqclypeixjE [Cycloclypcinx (Brady)].

Asterocyclina (Gumbel), Lepidocyclina (Gûmbel),

F01UMINIFÈHES : APPENDICE

APPENDICE

Aux Foraminifères se rattachenl, avec doule, cerlaines formes dont les affinités ou même la nature animale sont forL disculées. Nous les présenterons ici rapidement, sans vouloir préjuger par là de leur vraie nature, et uniquement pour donner au lecteur quelques renseignements à leur sujet.

STROMATOPORIENS. — STROMA TOPORE A

[ S TR OMA TOPORIDA (Nicholson et Mûrie)]

On désigne sous ce nom des formes, toutes fossiles, qui se présentent (fig. 228) sous l'aspect de lames calcaires onduleuses superposées parallèlement en masses feuilletées. Les espaces compris entre ces lames sont imparfaitement divisés en loges par de petites colonnes calcaires qui, d'ordinaire, s'étendent d'une lamelle à l'autre, mais souvent s'arrêtent à moitié route. Ces lamelles sont, en outre, percées de pores et ornées de papilles. Tout le système

est traversé par des canalicules entrecroisés Fis- 228.

généralement à angle droit, qui sont répandus dans l'épaisseur des lames et passent de l'une à l'autre par les colonnettes. Il y a là certainement un ensemble de dispositions qui fait penser aux Foraminifères et en particulier aux genres Parkeria et surtout (Bùtschli) Polytrema; mais Rosen [07] a décrit ces canalicules comme des fibres cornées et considéré tout le système comme fibreux. D'autre part, on observe parfois des canaux verticaux à parois propres et, à la surface des lamelles, des sillons étoilés groupés autour d'une papille saillante qui, jointes à d'autres particularités de la structure, font penser à certains Hydroïdes du groupe des Hydrocorallines (Mûrie et Nicholson [78]). On hésite donc, pour ces êtres, entre les Foraminifères, les Eponges et les Hydrocorallines. On en a décrit de nombreux genres dont nous ne donnerons que les noms :

Stromalopora [S. rcticulata) (d'ap. Zittel).

SStromatopora (Goldfuss, emend. Nicholson

et Mûrie) (fig. 228), SStylodictyon (Nicholson et Mûrie),

Chlathrodictyon (Nicholson et Mûrie), z Pachystroma (Nicholson et Mûrie),

Dictyostroma (Nicholson et Murie\

Ellipsactinia (Steinmann), Caunopora (Phillips),

Stromatocerium (Hall, emend. Nicholson et

Mûrie), Labechia (Lonsd.)

RECEPTACULIENS. — RECEPTACULEA

[RECEPTACULITID/E (Rijmer)]

Non moins douteuse est la signification des Receptaculiens, formés des débris de la grande famille des Dactyloporida dont les autres genres [Dactylopora, Thyrsoporella, Gyroporella, Utevia, Petrasculà, Ovulites, etc.), ont été rendus pur .Munikr-Chalmas aux Algues calcaires). Le genre type

u:s iiiir/oiMim.s

Receptaculites (Defrance)(fig.229)est une grande coquille (100,n r"), en forme de coupe évasée, à parois épaisses. Ces parois sont re-

vêtues, en dedans et en dehors, de plaquettes losangiques marquées de lignes diagonales. L'espace compris entre les deux lames de plaquettes, et qui forme la plus grande partie de l'épaisseur de la paroi de la coupe, est divisé par des colonneltes radiaires qui s'appuient par leurs bases sur les plaquettes. Tout le système est traversé par de fins canalicules (Fossile).

Les autres genres, tous fossiles aussi, sont :

RccepUiculiles (/?. Nepluni) (d'up. G(linbel). A. l'ensemble; R, coupe transversale.

Ischadites (Murchison), Cyclocrinus (Eichwald), Pasceolus (Billings), Polygonosphaerites (Rômer),

Dictyocrinus (Hall), Sphasrospongia (l'engelly)?, Tetragonis (Fichwakï)?,

Archaeocyathus Billings), Archasocyathellus JFord.l, Protocyathus (Ford.).

TESTAMOEBIFORMIENS. — TES TA M ŒB IF ORME A

[TES TA MŒBIFORMIA (Carter)] Flg' 23<K

Nous signalerons ici encore trois formes vivantes dont la place précise n'est pas déterminée faute de renseignements suffisants à leur égard :

Ceratestina (Carter) (fig. 230), formé de chambres chitineuses, sub- (c^SSte)

globuleuses réunies par un tube stolonifère (Vivant) ; f d'âp. **Carter)

Cycleodictyina (Carter) (fig. 231), à coquille calcaire formant un réseau rampant sur le support et à surface uniformément ponctuée (Vivant);

F0RAM1NIFÈRES : APPENDICE 155

Holocladina (Carier) (fig. 232), à coquille calcaire ramifiée à surface couverte de papilles marquées d'un point central (Vivant).

Fig. 232.

Holocladina (H. pustuliforma) (d'ap. Carter) montrant l'ensemble, une branche plus grossie et le détail des tubercules

de la surface.

On ne sait rien des parties vivantes. Les formes de ces coquilles rappellent celles des Amœbiens et Brady se demande si ces êtres ne seraient pas plutôt à rapprocher des Foraminifères lobés testacés ou Thécamœbiens.

Eozoon

Enfin reste le fameux

Eozoon (Dawson) (E. canadense) (fig. 233) qui serait, s'il est vraiment un animal, le plus ancien fossile connu, ayant vécu dans les gneiss laurentiens d'Amérique et d'Europe. Ce sont des rognons irrégulièrement hémisphériques, gros comme la tète ou le poing, formés de lamelles onduleuses alternantes de calcaire et de serpentine. Dans quelques échantillons, considérés comme mieux conservés, on observe que les lamelles de serpentine ne sont pas planes, mais forment des nodosités sphériques soudées entre elles par leurs bords. La surface de ces nodosités se dessine comme une paroi propre, transparente, formée de chrysolite, d'asbeste, de fines fibres de serpentine, et l'on observe des canaux, remplis aussi de serpentine, qui se ramifient dans les lames calcaires ou réunissent deux lames serpentines voisines. D'après Dawson et Carpenter, la partie occupée par la ser- Eozoon (E. Canadense) pentine serait un système de loges, communiquant entre (d'ap. Carpenter). elles, munies d'une paroi propre, et les parties remplies

de calcaires représenteraient un intersquelette. Dans ce cas, l'animal aurait eu, après sa mort, toutes ses cavités remplies par la serpentine qui aurait comblé les parties occupées par le protoplasme. Mais la question est de savoir s'il n'y a pas là une simple injection de serpentine dans des calcaires avec suffusion de celui-ci par celle-là. Le débat semble se trancher dans ce sens par les dernières recherches de Mobius [78], mais les particularités de forme des lames de serpentine restent inexpliquées.

Archœosphœrina (Dawson) serait un genre voisin.

Ajoutons enfin que Hahn considère l'Eozoon comme un végétal et en fait le genre Eophyllum.

i.rcs luiizoponr.s

5° Sous-Classe

HÉLIOZO AIRES. - HELIOZOA RIM [Heliozoa (Hâckel)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

( FIG. 234 a 243)

Structure.

L'animal est très petit, il atteint à peine un demi-dixième de millimètre et, comme il est très transparent, on ne peut guère l'apercevoir à l'œil nu dans l'eau où il vit. 11 est, comme un Amibe, formé d'une

Héliozoaire (Type morphologique) (Sch.).

v.. noyau; pedp., pseudopodes; v., vacuole; V. c, vésicule pulsatile.

masse de protoplasme dans laquelle on distingue un endoplasme et un ectoplasme, pourvue d'un noyau, d'une vésicule pulsatile et de pseudopodes qui rayonnent autour d'elle. Mais toutes ces parties ont ici des caractères spéciaux qu'il faut faire connaître.

Le noyau est central, grand, vésiculeux, formé d'une membrane et d'un suc nucléaire abondant. 11 renferme un gros corps chromatique central que l'on appelle nucléole, bien que sans doute il corresponde

HÉLIOZOAIRES 157

plutôt à l'ensemble des parties chromatiques du noyau typique (*).

V endoplasme occupe la partie centrale du corps, autour du noyau, et forme environ la moitié de la masse totale. Il est hyalin, sans vacuoles, ni granulations spéciales; les aliments ne pénètrent pas à son intérieur; il se continue avec l'ectosarque par une transition graduelle (*).

Vectoplas)ne forme à la surface du corps une épaisse couche périphérique. Il est formé d'un protoplasmagranuleuxetextrêmement vacuolaire.

Ces vacuoles ( V.) sont remplies de liquides et si nombreuses qu'elles se compriment réciproquement et rendent cette région spumeuse (3).

Les granulations sont souvent brillantes et probablement de la nature des grains d'excrétion que nous avons rencontrés déjà chez les Amibes. 11 y en a parfois dans le liquide des vacuoles.

La vésicule pulsatile ( V. c.) est contenue dans l'ectoplasme. Elle est très grosse et très superficielle, en sorte que souvent elle détermine une saillie volumineuse. Elle bat environ une fois par minute. Malgré sa grosseur et la netteté de ses contractions, nous retrouvons ici les mêmes divergences d'interprétation que nous avons rencontrées déjà au sujet de savoir si elle se vide en dehors ou au dedans. Il semble bien probable que la question se tranchera ici, comme d'ordinaire, dans le sens de l'ouverture au dehors. En tout cas, il n'y a pas d'orifice préformé et l'expulsion se ferait, d'après Zenker, par une rupture fissiforme dont les bords se réagglutineraient aussitôt (').

J1) Pénard [89] considère ce corps central chez Actinophrys comme constituant à lui seul le vrai noyau (fig. 235), et voit dans la membrane, qu'il appelle capsule nucléaire, un équivalent de la capsule centrale des Radiolaires; il décrit cette membrane comme percée de pores et revêtue extérieurement d'une seconde membrane continue. Cette interprétation paraît d'autant moins justifiée que parfois le corps chromatique central est multiple. On ne distingue pas en générai de réseau, mais Brauer [94] en a à'Aciïlophrys trouvé un dans les noyaux à'Actinosphxrium, et il est bien possible (im. Pénard). que l'on trouvât la même chose dans d'autres genres si on les étudiait de la même façon. Le noyau est normalement unique chez les formes sans squelette, le plus souvent multiple chez celles pourvues d'un squelette.

(2) Greeff décrit une membrane qui le séparerait de l'ectoplasme et serait l'équivalent de la capsule centrale des Radiolaires. Mais cette membrane ne paraît pas réelle.

(3) Les vacuoles sont beaucoup moins abondantes dans les formes pourvues d'un squelette que dans les nues.

(*) Pénard [s»] est cependant Fig- 23C-

bien affirmatif dans le sens contraire et donne pour preuve de son opinion que cette contraction, quoique violente, ne chasse

jamais les minimes particules qui psdp. p sdp ■-' -psdp -.psdp

se trouvent en face d'elle. La pa- Héliozoaires. Contraction de la vésicule pulsatile (Vc); roi prend, pendant la systole, un p8aP., pseudopode s (im. Pénard).

aspect déchiqueté (fig. 236) venant de ce qu'elle ne peut se fondre dans les parties voisines aussi vite que le nécessiterait la rapidité du retrait. C'est l'ancienne opinion de Clapauède et Laciimann.

LES RH1Z0P0DKS

psdp...

psdr>

Page 1