I.KS FLAGELLÉS
1er S0US-0jtDI\E
0LIG0MASTIG1DES. — OLIGOMASTIGIDJS
Sans décrire pour eux de type morphologique, nous les diviserons en doux tribus :
Acraspedina sans collerette; et Craspedina munis d'une collerette (').
1» Tribu
ACRASPÉ DINES. — ACRASPEDINA
TYPE MORPHOLOGIQUE
(FIG. 489 et 490)
11 est inutile de nous étendre longuement sur la description du type
morphologique de ce groupe. Nous aurions à répéter à peu près tout ce que nous avons dit du type général des Flagellés. 11 ne diffère de ce dernier qu'en deux points, les téguments et la bouche, et, quand nous les aurons fait connaître, il sera suffisamment décrit.
Les téguments ont toujours la même constitution typique, mais leurs caractères physiques sont différents. La membrane est à peine indiquée et n'a aucune fermeté, et l'ectoplasme se dislingue, lui aussi, par une mollesse particulière. 11 en résulte que le corps se prête à des déformations amœboïdes plus ou moins étendues après lesquelles il reprend naturellement sa forme primitive : il est métabolique.
La bouche n'existe pas, en tant du moins que dépression infundibuliforme préformée. 11 y a seulement un lieu d'élection pour l'entrée des aliments et ce lieu est situé à la base du flagellum. D'ordinaire, à cette place on ne remarque rien de particulier, surtout si l'animal n'est pas affamé. Mais si le fouet, dans son mouvement, projette vers elle une particule alimentaire, celle-ci pénètre immédiatement dans le cytoplasme et est aussitôt englobée en même temps qu'une petite masse d'eau qui forme autour d'elle une vacuole alimentaire.
(*) Ces Craspedina correspondent aux Craspcdomonadina de Slein et aux Choanoflagellata de Kent.
OLWOMÂSTIGWJE : ACRASPEDINA.
Type morphologique (Sch.).
Sf., noyau ; Vc, vésicule pulsatile.
MONADIDES : OLIGOMASTIGIDES
Si l'animal, depuis quelque temps, n'a pas capturé de nourriture, on voit se former au lieu d'élection une vacuole, parfois si volumineuse qu'elle forme une gibbosité très saillante (fig.
490,-4). C'estune vacuole alimentaire, mais vide, attendant un aliment.
Dès qu'un globule assimilable Vient à être A, particule alimentaire arrivant à la vacuole d'attente ; B et C, la
. , , , • particule est engloutie dans la vacuole et la saillie de la paroi du
projeté COntre Sa mince corps disparaît; DutE, une nouvelle vacuole d'attente se reforme.
paroi, en un clin d'œil
celle-ci s'ouvre, se referme sur lui et, s'enfonçant dans le corps (B), l'entraîne dans la profondeur (C), tandis qu'une nouvelle vacuole d'attente (D, E) vient prendre sa place à la base du flagellum. Ajoutons que la vésicule pulsatile occupe ici la partie supérieure du corps, tandis que le noyau est à la partie inférieure.
L'animal vit dans les infusions et les eaux croupissantes où abondent les Bactéries qui forment sa principale nourriture.
GENRES
testigamœba (F.-E. Schulze)(fig.491).Ce Flagellé se présente, quand il nage, Fiw 4gi sous un aspect très ordinaire, très normal pour un animal .de cette classe. Il a un seul fouet, et son corps piriforme a un contour parfaitement lisse et régulier. On remarque seulement qu'il ne capture point d'aliments. Puis, à un moment donné, on le voit ralentir sa marche, se déformer irrégulièrement, pousser de vrais pseudopodes irréguliers, ramifiés et se mettre à ramper absolument comme un Amibe. Non seulement il ressemble à un Amibe par sa forme, mais il agit comme lui, saisit des particules alimentaires avec ses pseudopodes et les englobe en même temps qu'une petite quantité d'eau formant vacuole alimentaire autour de la particule ingérée. En
1/aS(SchT6a un m0' c es'i un Amibe, sauf Ie flagellum qui persiste, quoique inerte, pendant cette métamorphose. Puis, au bout de quelque temps, il rentre ses pseudopodes, reprend sa forme régulière et se lance à la nage avec son fouet. C'est là sa vie : alternativement Rhizopode pour ramper et manger, Flagellé pour nager, il forme entre ces deux classes un lien des plus curieux (Atteint 0,1. Eau douce) (*).
(*) Cela devient plus évident encore si l'on pense à certains Foraminifères qui ont un vrai pseudopode, comme Podostoma filigerum qui peut-ôlre môme serait mieux à sa place ici. Ce Mastigamœba a un beau noyau vésiculeux en haut, une vésicule pulsatile en bas. On ne connaît pas sa reproduction.
A CRASPEDINA (Type morphologique) (Sch.).
Absorption d'une proie.
Kit;. 492.
Fig. 403.
Dimastigamœba (Blochmann) (fig. 492) est un genre voisin qui se distingue principalement par la présence de deux Ilagellums à peu près égaux dont l'un est souvent dirigé en arrière (').
Dimorpha (Gruber, emend. Blochmann) (fig. 403) se distingue des précédents par le fait que, sous sa forme Hhizopode,il revêtl'aspect d'un Héliozoairc et fait nettement le passage à ce groupe. Les pseudopodes non seulement sont rayonnants, très fins, bien détachés du corps, mais possèdent un filament axial qui se prolonge jusqu'à un petit corps qui occupe, au centre du noyau, la position d'un nucléole.
Les deux fouets sont permanents, môme pendant l'état Héliozoaire, et se continuent aussi jusqu'au même point à l'intérieur du noyau. Pendant l'état Flagellé, on peut encore distinguer dans le corps des stries radiaires qui indiquent la persistance des filaments axiaux des pseudopodes. Les deux fouets sont toujours dirigés en haut. Il y a plusieurs vésicules contractiles (Eau douce).
Mastigophrys (Frenzel) peut être défini : un Ciliophys (V. p. 163) qui posséderait un flagellum unique, permanent, situé entre des pseudopodes ciliophrydiformes, permanents aussi. Il est entouré d'une mince couche gélatineuse protectrice. La présence de ce fouet permanent nous oblige, malgré ses caractères d'Héliozoaire, à faire de cet être un Flagellé (*).
Tripanosoma (Gruby) (fig. 494). Sa forme est d'ordinaire celle d'une languette un peu épaisse, souvent arquée en croissant. Mais, en raison de sa mobilité, il est difficile de la
Dimastigamœba (d'ap. Klebs).
Dimorpha (d'ap. Blochmann).
Fig. 494
(J) L'animal se nourrit aussi pendant la marche à la manière d'une Monade(voir plus bas) et, pendant le repos, devient tout à fait amœboïde et se comporte comme un Mastigamœba. Il se divise comme l'Amibe à l'état de repos ou longitudinalement à l'état libre, et parfois se multiplie sous un kyste.
Il fait passage aux Heteromastigidx par son second fouet dirigé en bas.
Ces deux genres constituent la famille des RiirzoMAsrrom^! [Rhizomastigina (Butschli)] à laquelle Butschli adjoint, à titre d'appendice, le curieux genre Mastigophrys (V. plus loin).
(2) Sans ce caractère il appartiendrait aux Héliozoaires avec lesquels il a de grandes affinités. Au contraire, nous avons laissé parmi les Héliozoaires les genres Ciliopkrys et Actinomonas qui n'ont ce fouet que temporairement (V. p. 162).
Tripanosoma (im. Lankestcr).
MONADIDES : OLIGOMASTIGIDES
Cercomonas
préciser. Le long de l'un des bords (le convexe s'il y en a un) règne une haute membrane ondulante qui se termine en haut par un flagellum. Ce flagellum peut disparaître par moments ainsi que la membrane et l'animal deviendrait alors amœboïde, mais la chose n'est pas absolument certaine (Jusqu'à 80 p. Parasite dans le sang de divers Vertébrés (Batraciens, Poissons, Tortues), et dans le tube digestif de divers Invertébrés [Ostrea, Tapes (sur la tige cristalline), Pontobdella, Pyxi- Fig. 495.
cola) ou Vertébrés (Poule, Oie, Canard, dans le cœcum). Cercomonas (Dujardin) (fig. 495) a la forme d'un ovoïde pointu aux deux bouts. L'extrémité supérieure porte le flagellum, l'inférieure se prolonge en un long appendice caudal. Ici, tout redevient conforme à notre type morphologique en ce qui concerne la bouche et la capture des aliments; mais il reste une trace sensible du caractère amœboïde des formes précédentes dans le prolongement caudal et les parties voisines. Celles-ci prennent à certains moments (B) le caractère de vrais pseudopodes. Cependant ce n'est là, ni une nécessité pour l'animal, ni même une condition habituelle. C'est seulement au moment de la conjugaison qu'on le voit développer beaucoup cette
partie amœboïde et s'en servir pour se souder à (C. crassicauda) (d'ap. stein). son conjoint (60 [i.. Infusions d'eau douce et tube digestif
de l'Homme, peut-être plus spécialement dans certaines diarrhées, mais seulement dans les points où la réaction est alcaline) (*).
J1) Genres voisins :
Herpetomonas (Kent) (fig. 496), est dépourvu de prolongement caudal, à Fig. 49é. l'extrémité inférieure du corps, il est encore amœboïde, mais sensiblement moins ; sa forme est très allongée ;
Ancyromonas (Kent) (fig. 497), Fig- *»8.
i a i . • Fig. 497.
a les mêmes caractères, mais Fig. 499.
est piriforme (6 |i. Mer); Oikomonas (Kent) (fig. 498), est de même, mais presque sphérique et peut se fixer par son extrémité inférieure étirée en filaments (4 à 16 v.. Ancyromonas Eau stagnante et infusions) ; (a. sigmoides) Ihylacomonas (Cheviakof) n'est (d'ap. Kent), plus du tout amœboïde et a son fouet implanté sur le côté latéral d'une légère excavation dont le fond n'est point oikomonas une bouche (22 [a. Eau stagnante); (o. termo)
phyllomonas (Klebs) (fig. 499) se distingue des (im- Kent), précédents par sa forme singulière qui peut se comparer à une feuille triangulaire, à demi ployée et par son flagellum inséré et dirigé en arrière par rapport au sens de la progression (6 à 7 [x. Eau stagnante). Ces êtres forment la famille des Ceucquonadwjz [Cercomonadina (Kent, emend.)].
Phyllomonas (d'ap. Kent).
Herpetomonas {H. muscadomesticse)
(d'ap. Kent).
LES FLAGELLÉS
Codonœca (J. Clark) (fig. 500) peut .être comparé à un Oikomonas qui
Fig. 001.
Codonœca (C. coslala) (d'ap.
Clark).
serait sécrété une logelte gélatineuse, en forme d'urne élégante, fixée par un pédoncule, et assez large pour que son corps ne la remplisse pas entièrement (14 i*. Mer et eau douce) (').
Bicosœca(i. Clark) (fig. 501) présente un caractère nouveau : c'est un prolongement aplati de l'extrémité supérieure, auquel on a donné le nom de péristome. Le flagellum part de la base du péristome et l'ingestion des aliments a lieu entre la base du llagellum et celle du péristome, ou à la face de celui-ci qui regarde le flagellum. L'animal se sécrète une capsule transparente, de forme ovoïde, juste suffisante pour le contenir. Il est fixé dans sa capsule par un pédoncule qui traverse celle-ci et se fixe au sol; il peut resserrer l'entrée de sa capsule lorsque, effrayé, il se rétracte à son intérieur (zu«c«s*m) (d'ap.su (12 à 15 [j.. Mer et eau douce) (*).
Proteriodendron (Stein) (fig. 502) est un Bicosœca à péristome beaucoup plus développé et qui forme des colonies résultant de ce que les jeunes restent fixés parleur pédoncule soit au pédoncule de leurs parents, soit à la paroi largement évasée de leur capsule (3).
Monas (Ehrenberg, emend.) (fig. 503) nous ramène à une forme sans capsule et très voisine d' 'Oikomonas par exemple ; mais il s'en dis-
(l) Celte forme est fort Fig. 504.
incomplètement décrite.
Platytheca (Stein) (fig. 504) semble devoir prendre place auprès d'elle bien que son flagellum court et immobile n'ait guère Piatytheca le caractère de celui d'un ^ micropom) Flagellé. (Stein),
Ces deux genres forment la famille des Codoxœcixjs [Codonœcida (Kent)].
(2) Genre voisin :
Hedraeophysa (Kent), à capsule scssile.
(3) Ces trois genres forment la famille des Bikœcixa; Proteriodendron [Bikœcina (Stein)]. (P. peliolatum) (d'ap. Stei
Fig. 003.
Monas (Sch.).
MONADIDES : OLIGOMASTIGIDES 325
tingue par la présence d'un ou deux petits fouets accessoires à la base du°fouet principal (30 (x.Eau douce et peut-être mer) > #
Le genre libre ,¥owas, est le chef de file d'une petite série de formes nui ont un fouet accessoire, mais sécrètent un pédoncule par lequel ils se fixent et s'associent en colonies (flg. 505). Le fouet accessoire est inséré au pied du fouet principal et, au côté opposé de celui-ci, le corps se prolonge en une sorte de rostre assez accusé. Le lieu
Fig. 505
d'ingestion est à côté du fouet accessoire.
La colonie résulte toujours de la division d'un individu qui est lui-même fixé par un pédoncule (A)
et, en Se divisant, Se fend Formalion de la colonie chez un Monadien colonial (Sch.).
de haut en bas jusqu'à la
naissance de celui-ci (B et C). Les deux individus ainsi formés allongent leur pédoncule (D) et ainsi s'écartent l'un de l'autre, puis se divisent (E), et ainsi de suite. On comprend que, suivant les rapports de vitesse de la division et de l'allongement des pédoncules, les colonies prendront des formes variées. Ces formes permettent de distinguer trois genres : CDendromonas (Stein) (fig. 506), qui forme des arbuscules régulièrement dichotomiques sur lesquels les individus sont situés côte à côte, tous à la même hauteur (18 p.. Eau douce).
Mnthophysa (Bory de Saint- Vincent) (fig.
507), qui forme des capitules sphériques
Fig. 50G.
Fig. 507.
(x) La Monade peut se déformer par des bosselures amœboïdes, mais cela ne va pas jusqu'à former des pseudopodes.
Quelquefois, cependant, elle peut émettre un filament par lequel elle se fixe, et ce filament ne peut guère être interprété que comme un long pseudopode filiforme. Il existe, icietchez quelques
autres genres, une petite Dendromonas (Sch.). Antliaphysa (A. vegetans) (irai. Kent), ligne brillante située
sous la base du fouet et que l'on appelle la bandelette buccale, Franzé a montré que ce n'est là qu'une rangée de grains d'amidon représentant morpbologique-
326 LES FLAGELLÉS
de cinquante à soixante individus sessiles au sommet de longs pédoncules dichotomiques dont les parties anciennes sont colorées en brun par de l'oxyde de fer (30 jj.. Eau douce); et
Cephalothamnium (Stein) (fig.508) , qui forme des groupes d'importance différente d'individus sessiles au sommet de pédoncules raides et courts ramifiés une ou deux fois seulement (20 (l. Eau douce) (*).
Supposons un Monas chez lequel le fouet accessoire serait devenu égal au fouet principal, à tel point qu'on ne saurait l'en distinguer, ce sera
Amphimonas (Dujardin) ('fîg. 509) qui, en outre, est fixé par un pédoncule dont il peut se détacher à l'occasion pour nager librement (12 [x. Mer et eau douce) (a).
Imaginons maintenant que des Amphimonas sécrètent une substance gélatineuse capable de se solidifier autour d'eux de manière à les réunir en colonies et nous obtiendrons une petite série de genres, faciles à distinguer d'ailleurs par la forme que prend cette sécrétion en se modifiant. Chez
Spongomonas (Stein) (fîg. 510), c'est une masse gélatineuse commune dans laquelle les individus sont englués côte à côte, ne laissant sortir que leurs deux fouets (3) (Atteint 10mm. Eau douce). Chez
Cephalothamn iu m (d'ap. Kent).
Amphimonas (im. Kent).
Spongomonas {S. discus) (im. Stein).
ment le stigma des Flagellés colorés, mais qui n'a ici
aucun rôle dans la perception de la lumière ou de la
chaleur. Genres voisins :
Sterromonas (Kent), qui est un peu douteux, et Arhabdomonas (Fisch), qui n'a qu'un fouet accessoire.
(!) Ces trois genres forment la famille bien naturelle
des Dendromonadinm \Dendromonadina (Stein)].
(2) Il y a de plus cette différence que la vacuole nutritive peut se former en n'importe quel point du corps. Comme Monas, Amphimonas est un peu amœboïde. Les deux fouets sont parfois assez écartés l'un de l'autre. Le genre
Dinomonas (Kent) n'est peut-être pas très bien ici à sa place, car il paraît avoir une bouebe préformée bien que non visible lorsqu'elle ne fonctionne pas.
Ce genre forme, avec Amphimonas, la famille des AxrunioxADiXjE[Amphimonadina (Kent)]. Mais on lui adjoint d'ordinaire diverses formes, Pseudospora et autres que nous avons mises avec Ciliopkrys et Actinomonas parmi les Héliozoaires (V. p. 163).
(3) Cette masse peut d'ailleurs revêtir les formes les plus diverses : sphérique, discoïde, cylindrique ou lobée de façons diverses.
MONADIDES : OLI GOM ASTI GI DES 327
Cladomonas (Stein) (fig. 511), elle forme de petits tubes ramifiés et les individus sont logés au bout des branches où ils peuvent s'enfoncer plus ou moins ou sortir presque entièrement au dehors (7b p. Eau douce). Chez
Fig. 511.
Cladomonas (C. fruticulosa) (im. Stein).
Rhipidodendron (R. splendidum) (im. Stein).
^Rhipidodendron (Stein) (fig.,512), ce sont aussi des tubes, mais disposés côte à côte de manière à former une sorte d'éventail découpé (Eau douce. La colonie atteint jusqu'à 3mm de haut) (').
2e Tribu
CRASPÉDINES. — CRASPEDINA vel CHOANO-FLAGELLÉS. — CHOANO-FLA GELLINA [Craspedomonadina (Stein); — Ghoanoflagellata (Kent)]; Cylicomastiges (Bùtschli)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
En tout ce qui concerne la constitution générale du corps, le Choano-flagellé estsemblable au Flagellé ordinaire représenté par le type morphologique précédent. Bien qu'il n'y ait pas de mouvements amœboïdes, les téguments sont si délicats qu'il est à peine permis de parler d'ectoplasme et de membrane ; il n'y a guère qu'un léger raffermissement
Fig. 513.
- stig.
(') C'est avec doute que l'on place ici le genre Diplomila Diplomita (Kent) (fig. 313) que l'on peut définir : un individu de Spon- (im- Kent). gomonas vivant isolé dans une loge de Bicosœca avec un pédoncule stig., stigma. comme celui-ci (13 Eau douce).
Ces genres forment la famille des Spoxgomoxadixje [Spongomonodina (Stein)].
LES FLAGELLÉS
progressif de la surface du corps; le noyau est petit et situé en haut sous le ilagcllum; la vésicule pulsatile, souvent double, occupe au contraire
Fig. 514.
Pig, 515.
CnASPnnWA (Type morphologique) (Sch.).
c, collerette dilatde.
CRASPEDINA (Type morphologique) (Sch.).
c, collerette contractée.
la région inférieure; en bas, le corps se prolonge en un pédoncule fixé à quelque support et qui est formé, non par une sécrétion, mais par une substance protoplasmique plus ou moins modifiée.
Mais ce sont là des particularités secondaires, de même nature que celles qui caractérisaient simplement les genres dans le groupe précédent. Ce qui donne aux Choano-flagellés un caractère à part et permet d'en faire une tribu (*), c'est un appareil singulier dont est munie l'extrémité supérieure de leur corps ; on l'appelle la collerette (c). Que l'on se figure une sorte de cône tronqué dont la grande base tournée en haut est libre, tandis que la petite base s'insère à l'extrémité supérieure du corps, sur une ligne circulaire, à quelque distance au-dessous du flagellum. Ce dernier est naturellement contenu dans la collerette.
(*) Butschm en fait comme Kent un ordre, ce qui nous paraît exagéré et Klebs une simple famille ce qui nous semble insuffisant.
MONADIDES : OLIGOMASTIGIDES
Fig. 51G
mais il la dopasse de beaucoup, car il est deux ou trois fois plus long que le corps, tandis que la collerette n'atteintque tout au plus la hauteurde celui-ci. La collerette est extrêmement mince et transparente; elle n'est pas une sécrétion inerte, mais une émanation protoplasmique du corps. Elle est mobile, non entraînée, comme le croyait Kent, dans un mouvement tourbillonnaire, mais souvent animée d'un frémissement vibratoire et capable de s'étendre, de s'élargir (fig. 514, c) ou, au contraire, de se contracter et de se réduire à un petit tube conique (fig. 515, c) dont la partie étroite est tournée en haut. Elle peut même, dans certaines conditions, rentrer entièrement dans le corps, comme un pseudopode, mais c'est là un fait exceptionnel qui ne se produit qu'à de rares intervalles (dans l'enkystement ou dans certains cas de division) et non à chaque instant et à volonté, comme la rétraction. L'animal fait tourbillonner l'eau avec son fouet et détermine un courant d'eau ascendant qui entraîne les particules situées au-dessous de la collerette et les précipite contre la face externe de cet organe où elles se collent et sont peu à peu entraînées vers le bas (fig. 516). Là, se trouve une grosse vacuole d 'attente (v.), vide par conséquent, qui semble faire incessamment le tour du corps' un peu au-dessous de l'insertion de la collerette (c). La particule alimentaire (p.) arrive nécessairement à la rencontrer et dès qu'elle l'a touchée, d'un mouvement brusque, elle est engloutie. La vacuole plonge alors et, devenue simple vacuole alimentaire, entraîne la particule dans la profondeur du corps où elle est digérée, tandis qu'une nouvelle vacuole d'attente prend sa place à la base de la collerette.
La sortie des résidus de la digestion se ferait par l'extrémité supérieure, à l'intérieur de la collerette (').
La division longitudinale (fig. 518), chez notre
ClUSPEMNA (Type morphologique).
Préhension des aliments (Sch.).
Fig. 517.
(x) Kent croyait que les particules entraînées dans le prétendu mouvement tourbillonnaire de la collerette montaient d'abord sur la face externe, puis descendaient à la face interne pour être absorbées par un point de la partie du corps renfermé à son intérieur. Mais les observations nouvelles ont démenti cette interprétation.
Il y avait aussi une interprétation particulière de Entz, sur la nature vraie de la vésicule d'attente et nous njen aurions peut-être pas parlé si tout récemment elle n'avait été reprise par Franzr [94], et il n'est pas impossible que cette nouvelle manière de voir les choses soit la vraie et se substitue finalement à celle que nous avons
CRASPEDINA (Type morphologique).
Collerette en oublie (Sch.).
LES FLAGELLES
Choano-flageUé, est quelque peu modifiée par les particularités de l extrémité supérieure. L'animal commence par résorber son flagellum; puis il se fend à la partie supérieure de son corps, en sorte qu'à un certain moment, il a un corps simple en bas, bifide en haut, avec deux
Fig. 518.
CRASPEDINA (Type morphologique). Division longitudinale (Sch.). A à F, stades successifs de la division.
collerettes distinctes en bas, fusionnées en haut et ne présentant qu'un seul orifice. Comme les flagellums se sont régénérés à ce moment, on les voit sortir tous les deux par l'orifice commun. La division s'achève ensuite d'abord, pour la collerette, puis pour le corps, jusqu'au pédoncule.
La division transversale est moins rare ici que chez les Monadines sans collerette (*) .
exposée. La collerette ne serait pas fermée latéralement comme un vrai cône, mais fendue à la manière d'une oublie ou plutôt d'un cornet de papier (fig. 517), la partie qui double sur l'autre étant intimement appliquée sur celle-ci. A la base, cette partie qui double sur l'autre, au lieu de s'arrêter à l'insertion sur le corps, s'étendrait vers le bas et c'est celte partie située au-dessous de la base d'insertion qui, à demi déroulée, formerait une saillie marginale [h] et donnerait l'illusion de la vacuole d'attente. Cette partie saillante, formant une sorte de cuiller, recueillerait les particules alimentaires amenées sans doute jusqu'à elle par un mouvement gyratoire, et les conduirait par un prolongement de sa partie inférieure jusque vers la partie inférieure du corps où une vacuole alimentaire (p) les recevrait. Cette vacuole aurait souvent été vue, mais méconnue et prise pour une deuxième vésicule pulsalile. L'avenir dira ce qu'il faut croire de ces interprétations.
La sortie des résidus de la digestion se ferait, non pas par l'extrémité supérieure, mais au contraire par un point quelconque de la surface, à l'exception de celui-là.
(!) Elle s'observe chez des formes sans pédoncule. L'individu supérieur garde la collerette ancienne ou parfois la régénère. L'inférieur s'en forme une nouvelle un peu à côté du pôle inférieur.
MONADIDES : OLIGOMASTIGIDES
Venkystementse produit dans les conditions ordinaires (fïg. 519), après disparition du flagellum et de la collerette. Il aboutit fréquemment à une
Fig. 519.
CRASPEDINA (Type morphologique).
Division dans un kyste et sporulation (Sch.).
F, première division dans le kyste, donnant naissance à deux niasses cellulaires ; K k L, les deux niasses filles continuent à se diviser; M, sortie des produits de la division.
Fig. 520.
sporulation. Le contenu du kyste se divise en nombreux fragments nucléés qui sortent, munis seulement d'un flagellum, puis se fixent, forment leur collerette et n'ont plus alors qu'à grandir (*).
On avait cru observer une conjugaison dans laquelle un individu libre se serait soudé par sa base au flanc d'un individu fixé (fig. 520). Mais, après vérification, il se trouve qu'il n'y a là qu'un fait de division anormale qui cependant s'achève normalement, la ligne de séparation arrivant, à la fin, jusqu'au pédoncule.
Enfin, il arrive que l'animal peut quitter son pédoncule et nager quelque temps en liberté pour changer de place et se fixer ailleurs. Or on observe (Type morphologique), qu'en nageant, à l'inverse des autres Flagellés, il Division anormale avance, le cil en arrière (*).
Tous ces caractères sont en somme fort constants dans le groupe
(*) Chez les formes pédonculées le kyste reste adhérent au sommet du pédoncule; chez celles qui ont une capsule, il reste dans la capsule.
(2) Ce n'est là, sans doute, que la régularisation d'un mode de natation que nous avons vu exister chez les autres Flagellés lorsqu'ils veulent reculer devant un obstacle. Ici l'obstacle est permanent, c'est la collerette qui serait extrêmement gênante dans la progression en avant. L'animal cependant conserve à l'état de repos le même mouvement du flagellum qui le faisail, à l'état libre, progresser a reculons puisque nous avons vu que son courant d'eau alimentaire est dirigé de bas en haut, ce qui implique une réaction sur le corps en sens inverse.
CRASPEDINA
LES FLAGELLÉS
très naturel des Choano-flagellés. Il n'y a guère de variable que le pédoncule qui peut exister ou manquer, les cupules que la plupart sécrètent autour d'eux pour s'y abriter et La Fig. 521. Pig. sas. forme des colonies qui résultent, chez le plus grand nombre d'entre eux aussi, d'une séparation incomplète des individus nés de la division.
GENRES
Monosiga (Kent) (fig. 521). C'est exactement notre
type morphologique. Il est donc solitaire, sans
capsule, pédonculé (7 à8 [i. et 35 à 40 p., y compris
la collerette et le pédoncule moyennement développé.
Mer et eau douce.) Codosiga (Kent) (fig. 522) ne diffère du précédent
que parce qu'il forme des colonies où les individus sont groupés par bouquets au sommet de
longs et minces pédoncules (Colonies, 60 [t. Mer et
eau douce) (').
Hirmidium (Perty) (fig. 523) est formé d'individus sans pédoncule, réunis côte à côte par le flanc en une série
Fig. 523.
Hirmidium (im. Kent).
longitudinale. La colonie comprend une dizaine d'individus et se meut sous l'action synergique des fouets de ces individus (15 (j.. Mer et eaudouce) (*).
(*) Genres voisins :
Astrosiga (Kent) ressemble absolument à un bouquet terminal de Codosiga détaché, et peutêtre n'est-il rien autre chose;
Codonocladium (Stein) (fig. 524) peut être défini : une colonie de Codosiga réunis par les extrémités de leurs pédoncules sur un pédoncule commun (Colonie, 50 à 260 fi. Mer et eau douce).
(2) Quand la colonie devient trop nombreuse, elle se scinde en deux.
Codonocladium (Sch.). ,
MONADIDES : OLIGOMASTIGIDES
Fig. 520.
Sphserœca (Lauterborn) est formé d'individus sans loge, pédonculés, noyés, sans être unis par leurs pédoncules, dans une substance gélatineuse commune (Colonies, 12 à 200 p..
Etangs).
Diplosiga (Frenzel) (fig. 525) f se distingue des précédents, auxquels il ressemble sous les autres rapports, par le caractère remarquable d'avoir deux collerettes concentriques (10 [x. Eau douce).
Protospongia (Kent) (fig. 526).
Diplosiga
Ce sont encore des individus ^'ap. Frenzel). semblables à ceux de Mono-
Protospongia (Sch.).
siga, mais sans pédoncule, et logés par 50 à 60 dans une masse commune d'une substance gélatineuse transparente qu'ils sécrètent (Colonie, 0,1. Eau douce) (').
Salpingœca (S. Clark) (fig. 527). L'animal ne diffère pas de ceux des genres précédents, mais il possède, en plus, une capsule fixée à quelque support par un pédoncule et dont la forme, variable et le plus souvent très élégante, se laisse ramener à une sorte
d'urne renflée en bas avec un goulot
Salpingœca (S. ampulla) (d'ap. Kent).
rétréci à sa naissance et évasé à sa terminaison. Il ne forme pas de colonies (Environ 30 jx avec la capsule. Mer et eau douce) (*).
Polyœca (Kent) (fig. 528) est un Salpingœca qui se distingue de celui-ci par le fait qu'il forme des colonies : les jeunes issus de la division se fixant par leur pédoncule aux bords de la capsule des individus anciens (Mer).
(*) La colonie est discoïde et les individus, dont le nombre peut atteindre une soixantaine, y sont irrégulièrement distribués et jouissent d'une certaine mobilité dans la masse. Ils peuvent passer à un étatamœboïde et rentrer au centre de la colonie pour s'y enkyster et sporuler. Ce genre a une certaine célébrité parce qu'il avait été donné comme fournissant le passage des Protozoaires aux Spon- Polyœca giaires, théorie abandonnée aujourd'hui. (p. dcéhotoMtt
l2) Mais les proportions du goulot par rapport à l'urne et sa (d'ap. Kent), forme établissent des différences spécifiques assez importantes. L'animal est d'ordinaire, mais pas toujours, relié au fond de sa capsule par un ligament contractile. Il peut quelquefois se détacher et nager avec sa capsule en pleine
LES FLAGELLÉS
La grande homogénéité de structure de toutes ces formes n'est un peu altérée que par un der-
nier genre, Phalansterium (Cicnkovsky) (fig. 529) chez lequel la grande collerette mobile des autres types est remplacée par une étroite collerette tubuliforme fixe et semblable à ce que sont celles des autres genres dans leur état de rétraction maxima.
L'animal forme des colonies discoïdes ou arborescentes, constituées par des tubes gélatineux sécrétés par les individus et soudés entre eux de diverses façons, mais jamais ramifiés (Colonies, environ 0,13 |x. Eau douce) (').
Fig. 529.
Phalansterium (P. digilatum) (d'ap. Stein).
2e Sous-Ordre HÉTÉROMASTIGIDES. — HE TER OMA S TIGIDjE
[Bodonina (Bûtschli entend.)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
Revenons au type morphologique des Monadida (V. p. 319). Nous aurons, pour le transformer en type de ce groupe, à lui faire subir les mêmes modifications que pour obtenir le type des Acraspédines. C'est la même structure du corps, avec un tégument très délicat permettant des déformations presque amœboïdes, la même absence de bouche; le noyau et la vésicule pulsatile sont à la même place, le premier vers la partie inférieure, la seconde vers le haut. Le caractère essentiel réside dans la structure de l'extrémité supérieure et dans les fouets.
eau et l'on a voulu faire de cette forme libre un prétendu genre Lagenœca (Kent).
Il se divise dans sa capsule, s'y enkyste, y sporule, en un mot ne s'en sépare jamais. On a observé cbez certaines espèces une division transversale dans laquelle l'animal perd sa collerette et son flagellum et sépare de lui un individu amœboïde qui va plus loin se fixer et se transformer en un jeune Salpingœca, tandis que l'autre individu garde la capsule et régénère un flagellum et une collerette.
(:) Quelques auteurs nient l'existence de cette collerette et placent ce genre parmi les Spongomonadines.
MONADIDES HÉTÉItOMASTIGIDES 335
Un peu au-dessous du pôle supérieur de l'animal, se trouve une encoche latérale, et du fond de cette encoche naissent deux fouets. L'un (flg. s.) est dirigé en haut, c'est le
flagellum ordinaire. L'autre est donc le flagellum accessoire ; il est cependant plus gros d'ordinaire que le principal et s'en distingue surtout en ce qu'il est dirigé vers le bas (flg. i.). L'animal peut se servir de ce fouet accessoire pour se fixer temporairement : l'extrémité de cet appendice s'attachant à un support quelconque. Quand il nage lentement, il se sert seulement de son fouet principal, l'autre se laissant traîner inerte, et ne servant qu'à de^ rares intervalles à changer la direction au moyen de quelques secousses, à la manière d'un gouvernail ; mais quand il veut se hâter les deux fouets contribuent également au mouvement. Parfois aussi, il nage sous l'action de son fouet accessoire seulement. Il faut donc que
• le mode d'action de ces deux fouets soit inverse, puisque l'un tire pendant que l'autre pousse. Le mode de capture des proies est aussi très particulier. Le lieu d'élection pour l'absorption des aliments est exclusivement cette partie du corps qui surmonte les fouets à la manière d'un rostre. Là, la surface est glutineuse, molle, différenciée enfin de telle façon que les particules alimentaires qui viennent s'y coller sont retenues et aussitôt dégluties.
La division longitudinale, la sporulation sous un kyste ont été observées ainsi que la conjugaison.
GENRES
Bodo (Stein) (fig. 531). C'est à peu près notre type morphologique. La partie du corps située audessus des fouets est conformée' en rostre et le noyau se trouve à peu près central (20 à 30 |x. Eau
• douce et parfois mer (*).
flg. s.
II E TE H OMA STIGIDJE.
Type morphologique (Sch.
flagellum supérieur ; flg. i., inférieur.
flagellum
Fig. 531.
[l] Certaines formes peuvent passer à un état amœboïde. Certaines espèces vivent en parasites dans le tube
Bodo
(B. cdax) (d'np. Klebs).
a, un individu avec son noyau
et sa vésicule pulsatile; li, nu individu Suçant une proie, i».
LES FLAGELLÉS
Fig. 032.
Phyllomitus (Stein) (fig. 532) a ses deux fouets insérés dans une assez pro fonde fossette par laquelle a lieu la déglutition des aliments. C'est comme si le rostre de Bodo s'était élargi et excavé (Environ 20 p. Eau douce).
Colponema (Stein) peut être considéré comme un Phyllomitus chez lequel un sillon, parti de la fossette buccale, parcourrait toute la face ventrale. Le fouet accessoire est logé dans ce sillon (30 p. Eau douce).
C'est avec quelque hésitation que nous plaçons ici, avec Klebs, le genre si singulier
Oxyrrhis (Dujardin) (fig. 533) conformé un peu comme Phyllomitus, mais chez lequel l'excavation buccale est très grande et s'enfonce en une sorte de pharynx dans le corps, presque comme chez les Euglè
Phyllomitus (d'ap. Klebs).
Fig. 533.
nés dont il diffère d'ailleurs par ses téguments délicats. 11 se meut, le fouet en bas, à la manière d'un Dinoflagellé (30 p..
Mer) (*).
Trimastix (Kent) (fig. 534). Le corps est piri forme, à extrémité supérieure très effilée. De celte pointe, part le fouet principal dirigé en haut.
Immédiatement au-dessous de celui-ci, naissent deux fouets accessoires, d'égale longueur, un peu plus petits que le fouet principal, et dirigés l'un et l'autre en bas. Le côté droit du corps se développe en une sorte de membrane verticale, saillante en avant, contre laquelle un des deux fouets accessoires se maintient
Oxyrrhis (im. Kent).
Trimastix (T. marina) (im. Kent).
digestif de divers animaux [Lacerta, Grillotalpa et sa Fis- 535- Fie- 536.
larve).
Pleuromonas (Perty) (fig. 535) est un Bodo réniforrae dont les deux fouets sont assez écartés à leur base, i Ihez
Rhinchoinonas (Klebs) (fig. 536), le fouet principal est remplacé par une sorte de trompe très mobile. L'absorption de la nourriture se fait par la base de cette trompe, au-dessus du fouet accessoire. Pleuromonôa l1) Les genres précédents, constituant la famille des (d'ap. Fisch). BodomxjE [Bodonina (Bùtschli), Heteromitidic (Kent)], n'ont qu'un seul fouet accessoire.
Les suivants formant celle des Tbimastigixje [Trimastigihâ (Blochmann)] en ont deux. Ils se distinguent absolument des Monades à deux fouets accessoires par le fait qu'ici, ces deux fouets sont dirigés en bas, ce qui oblige à les incorporer aux Hétéromastigides.
Rhynchomonas (d'ap. Klebs).
MONADIDES : POLYMASTIGIDES 337
accolé. La vésicule pulsatile est placée très haut, immé- Flg- 537diatement au-dessous de la base des fouets (15 p.. Eau de mer croupie) (*).
Il faut faire une place à part au genre Costia (Leclercq) (fig. 537), chez lequel les trois fouets sont dirigés en bas et logés dans un sillon ventral pendant le repos, tandis que, pendant la natation, tous les Irois sont libres et relevés vers le haut (0,3. Mer, eau douce, infusions) (").
Coslia
IC. nccalrix)
3° Sous-Ordre (d.ap Hcnneguy).
POLYMASTIGIDES. — POL Y M A S TIG1DJE [Pol y m asti giNjE (Bùtschli, emend. Klebs)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
Il se caractérise uniquement par ses fouets, en nombre supérieur à trois. Les téguments sont délicats comme dans les groupes précédents, mais le noyau est souvent en haut, prenant la place de la vésicule qui se place à la partie inférieure. La position et la direction de ces fouets et les caractères de la bouche se montreront clairement dans les descriptions suivantes.
Fig. 538.
Nous diviserons ce sous-ordre en quatre tribus : Astomin a , dépourvus de bouche; Monostomina, avec une bouche unique; Distomina, à deux bouches;
Triciionymphina, formes aberrantes ayant des caractères de Ciliés.
(J) Genres voisins :
Dallingeria (Kent) (fig. 538), où il n'y a pas cette membrane et où les deux
fouets accessoires s'insèrent plus latéralement et plus bas; Elvirea (Parona).
(2) 11 y en a un très grand et deux beaucoup plus petits. Le sillon, Dallingeria très dilatable, forme en haut une large excavation superficielle D'l/sclahi) quand il est ouvert. Le noyau est au-dessus de la vésicule. ' c^PDii gd^"fer
Le C. nccalrix est le Bodo necator de Henneguy (20 à 30 p.) qui vit fixé sur 1'épiderme des alevins de Truite [Trutta], chez lesquels il produit, quand il est abondant, une maladie mortelle.
LES FLAGELLÉS
1™ Thibu ASTOMINES. — ASTOMINA [ // ol oma stiginm ( Lau te r b o r II)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
C'est un Polymastigide à nombreux flagellums et sans bouche pré formée.
Ce groupe ne renferme qu'un petit nombre de genres placés auparavant en appendice aux Flagellés comme formes incerlœ sedis et dont un seul est certain, le genre Multicilia.
GENRES
Multicilia (Cienkovsky) (fig. 539) est un petit être incolore, de forme arrondie, ovoïde ou un peu irrégulière et très métabolique, qui porte, répartis sur toute la surface de son corps, de longs flagellums grêles qui s'agitent paresseusement et irrégulièrement, sans les fouettements énergiques et réguliers habituels à ces organes. Cela semble être dû d'ailleurs à leur longueur et à leur faiblesse plutôt qu'à une différence de nature. Parfois, entre eux, apparaissent de petits pseudopodes courts et obtus. Ce sont ces pseudopodes occasionnels et non les llagellums permanents qui servent à capturer la nourriture (consistant en Flagellés déplus petite taille) qui est absorbée par un point quelconque du corps. Occasionnellement, ces pseudopodes peuvent aussi servir à la reptation. 11 y a un (M. marina) ou plusieurs (M. lacuslris) noyaux, tantôt des vésicules pulsatiles (M. lacustris), tantôt point (M. marina). L'animal se reproduit par division (20 à 30 p. Mer el eau douce) (').
Multicilia (d'ap. Cienkovsky).
(a) A ce genre se rattachent un certain nombre de formes douteuses : Haliophrynella (Vejdovsky) que son auteur rapporte aux Héliozoaires, FlS- 54°mais dont les longs appendices ressemblent plus à des flagellums qu'à des pseudopodes, liutschli tendrait à y voir peut-être une larve de Bothriocéphale ;
Grassia (Fisch) (fig. 540) qui avait été décrit comme une forme auto- ^8i^. nome très semblable à la précédente, s'en distinguerait par des flagellums plus nombreux et posséderait, outre le noyau, deux petites vésicules pulsatiles (A peine S jju Parasite dans le tube di- Grassia gestif delà Grenouille et dans le sang de la Rainette [«)■/«]). (d'ap. Fisch).
Mais Schubkrg [89] a démontré que la forme qui habite l'intestin n'est autre chose qu'une cellule épithéliale de la paroi digestive détachée et déformée. Ce genre devra sans doute disparaître. Gela est encore plus certain pour le prétendu
Asthmatos (Salisbury) qui vivrait en parasite sur les muqueuses oculaire et respiratoire des personnes atteintes d'asthme et de coryza des foins el serait la cause de leur
MONADIDES : POLYMASTIG1DES
Fig. 542.
2° Tribu
MONOSTOMINES. — MONOSTOMINA [Tetramitina (Biitschli)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
11 peut être défini en quelques mots.
Il suffit de prendre notre type morphologique de Monadide (V. p. 319) et déplacer à la partie supérieure delà face ventrale une large dépression peu profonde servant de lieu d'in- Fig 541
gestion, puis d'insérer quatre ou six fouets à la partie supérieure de cette dépression.
GENRES
KCollodictyon (Carter) (fig. 542) a la forme d'un ovoïde aplati.
La dépression buccale n'est pas bien marquée, mais il y a un sillon vertical assez accentué sur l'une de ses faces. Il y a quatre flagellums formant deux paires symétriques (35 \x. Eau douce).
Tetramitus (Perty) (fig. 543)
n'a pas de sillon ventral, mais la dépres sion buccale est très grande. Un des flagellumsestordinairement dirigé en bas (50 [x. Mer et eau douce).
'' Monocercomonas (Grassi) diffère du précédent par sa forme effilée en bas et sa fossette buccale à peine indiquée (15 Parasite dans l'intestin de divers Insectes
et Reptiles et chez l'Homme dans certaines diarrhées) (')
Collodiclyon {C. sulcatus) (im. Slein).
Fis. 543.
Tetramitus.
(T. descissus) (d'ap. Klebs).
MONOSTOMINA (Type morphologique) (Sch.).
I»., dépression buccale; flM flngellums.
affection. Ce n'est sans doute, comme l'a dit Leidy, que des cellules vihratiles plus ou moins altérées, détachées de l'épithélium nasal. H Le genre.
Triohomastix (Blochmann) n'en diffère que par des caractères secondaires.
Fig. 5M.
Trichomonas (Donné) (fig. 544) a les mômes caractères et ses trois llagellums ascendants sont normaux, mais le descendant est remplacé par une membrane ondulante ventrale. Le corps se termine ordinairement en pointe vers le bas. Il y a, en outre, une petite lame dorsale ('iOjju Intestin de divers animaux: Ral, Souris, Chat, Cobaye, Canard, Limace, el dans le mucus vaginal de la Femme).
Megastoma (Grassi) a, au contraire, la dépression buccale beaucoup plus grande, bordée de deux ou trois paires de fouets insérés sur les bords et le corps terminé par une queue effilée qui porte une paire de longs fouets (Intestin grêle de l'Homme, du Chat et de la Souris) (*).
Trichomonas (im. Stein).
3° Tribu DISTOMINES. — DISTOMINA [Distomata (Klebs)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
La constitution caractéristique des Polymastigidœ, conservée en tout ce qui concerne les autres caractères, est modifiée par v le fait que les fouets se sont séparés en deux groupes symétriques, situés l'un à droite l'autre à gauche, et à chacun desquels est annexée une grande dépression buccale (b.) constituée d'ailleurs essentiellement comme la dépression unique de Tetramitus. Il y a quatre cils de chaque côté, dont trois ascendants (c.) ou transversaux et un plus grand descendant (c.). Tous s'insèrent à la partie supérieure de la dépression buccale et c'est surtout au-dessous de leur insertion que se fait l'ingestion des aliments.
DISTOMINA (Type morphologique) (Sch.).
1»., ï>., dépressions buccales : c, cils ascendants ; c'., cils descendants; TT., noyau : V. p., vésicule pulsatile.
(*) Genre voisin :
Polymastix (Biitschli) serait un Trichomonas armé de trichocystes. Mais la vraie nature de ces prétendus trichocystes n'est, paraît-il, rien moins que certaine.
MONADIDES : POLYMASTIGIDES
GENRES
Fig. 5'iG.
Fig. 517.
Trigonomonas (T. compressa) (im. Klebs). ^
Fig. 548.
Hexamiius (H. inflattis) (im. Klebs).
Trigonomonas (Klebs) (fig. 516) est notre type morphologique avec une forme triangulaire et trois fouets seulement à la partie supérieure de chaque bouche (20 <j..
Eau croupie).
Hexamitus (Dujardin) (fig.547,548). Pour faire de notre type un Hexamitus, il faut supposer que les deux bords de
chaque bouche se sont élevés et avancés l'un vers l'autre de manière à dessiner de chaque côté un canal vertical et latéral, fendu le long de son bord externe; mais, la fente est presque fermée dans la plus grande partie de sa longueur, et largement ouverte à son extrémité inférieure évasée. Les trois fouets supérieurs sont placés hors de la bouche et ne servent qu'à la locomotion; le fouet inférieur plus long et plus fort est au contraire resté engagé dans le canal et sort par son orifice inférieur. C'est lui seul qui, en tournoyant, détermine un courant alimentaire ascendant qui entre dans le canal buccal et y pousse les particules alimentaires qui sont aussitôt absorbées (20 à 30 fj.. Eau douce croupie et intestin de quelques Amphibiens et de l'Huître) ('). Trepomonas (Dujardin) (fig. 549) peut aussi se comprendre aisément malgré sa forme singulière, en partant encore de notre type. Supposons qu'un seul des deux bords de chaque bouche se soit développé en une large expansion aliforme verticale, recourbée vers la bouche. Il en résultera que la bouche, au lieu de regarder latéralement, regardera directement en avant ou en arrière. Or, pour l'une des bouches, la lèvre est formée par le bord dorsal, pour l'autre, par le bord ventral, en sorte que l'une regarde en avant, l'autre en
Hexamiius fixé par ses cils inférieurs (im. Stein).
Fig. 549.
Trepomonas (T. rotans) (im. Klebs).
(*) L'animal nage en tournant sur lui-môme. Il peut se fixer par l'extrémité de ses fouets inférieurs (fig. 548) et se balancer ou tourner sur ce double pédoncule accidentel.
Urophagus (Klebs) est un genre voisin à extrémité inférieure formant une sorte de prolongement bilabié par où les aliments arrivent aux fentes buccales (Eau douce).
LES FLAGELLÉS
arrière, sans qu'on puisse dire cependant où est le ventre et où est le dos puisque, en tournant de 180° autour de son axe, l'animal ne change pas d'aspect. Vers le milieu de cette longue fosse buccale, s'insèrent (dans chacune) trois à quatre flagellums, dont deux ou trois (appelés cils buccaux) assez courts, égaux, descendants, insérés dans la cavité morne et un plus grand, inséré près du bord et dirigé vers le bas (20 [x. Eau croupie) (').
Spironema (Klebs) (fig. 550) offre une disposition analogue, mais les deux bouches sont obtenues par une simple excavation en gouttière de la partie supérieure du corps aux deux bords opposés des faces opposées, et les fouets, assez nombreux, sont insérés au bord externe libre de chacune des deux bouches. Le corps, en outre, est effilé en {s.muUiaMatum) pointe vers le bas (15 h 20 f*. Eaux stagnantes) (*). (d'aP. Klebs).
Spironema
4e Tribu
TRIG HONYMPIIINE S . — TRI CHON Y M PHI NA [Trichonymphida (Leidy, emend.)]
Nous plaçons ici comme tribu des Polymastigidœ un petit groupe d'êtres dont la position n'est pas encore définitivement établie, mais qui semblent bien se rattacher ici par leurs affinités principales.
TYPE MORPHOLOGIQUE
C'est un petit être ovoïde mesurant 20 à 30 [x et vivant en parasite dans le rectum de quelque Orthoptère. Le corps est dépourvu d'appendices mobiles ; de l'extrémité supérieure part une abondante touffe de longs flagellums
(!) Le corps est souvent métabolique, le noyau est vers le haut, la vésicule a une position variable.
(2) Le genre Gyromonas (Seligo) paraît voisin du précédent.
Assez douteuses sont les affinités de Pteridomonas (Pénard) parfois fixé par un filament inférieur et possédant au haut une sorte d'excavation pharyngienne d'où sort un grand flagellum entouré a sa base d'un cercle de 12 à 18 cils assez développés.
TiiiciroxrMPiriNA (Type morphologique) (Sch.)-
MONADIDES : POLYMASTIGIDES
Fig. 552.
Fig. 553-
grêles qui s'agitent en ondulant sans énergie. A leur base, se trouve un petit orifice buccal. Le corps est revêtu d'une membrane. A l'intérieur, dans un cytoplasme sans différenciation en endoplasme et ectoplasme, se trouvent un noyau vésiculeux situé assez haut et de nombreuses particules alimentaires semblables aux résidus que contient le rectum de leur hôte. On ne connaît pas la reproduction (').
Lopltonionas (L. BlaUàrum) (d'ap. Stein).
GENRES
Aophomonas (Stein) (fig. 552) ne diffère de notre type en rien d'essentiel. Les flagellums sont insérés sur une petite surface en fer à cheval située au sommet tronqué du corps (0,03. Rectum de Periplaneta et peut-être Grillotalpa)(9). (£.Çor^iM.M)(d'ap.^eMél). , . , h /u i\ If kko\ r«- J ' ' L'individu et le détail
ILeidyonella (Frenzel) (fig. 553) diffère du prece- de sa cuticule, dent par son extrémité supérieure prolongée en
un col court, effilé, terminé par un bouton qui donne insertion aux flagellums. Il y a, en outre, une houppe de flagellums semblables à l'extrémité inférieure (0,2 à 0,4b. Rectum A'Eutermes) (3). 'iTrichonympha (Leidy) (fig. 554) a l'extrémité supérieure du corps saillante, séparée du reste par un sillon transversal et semblable à une mamelle surmontée de son mamelon. C'est sur cette partie que sont insérés les longs flagellums disposés sur trois cercles. Une quatrième rangée circulaire, insérée au voisinage de l'extrémité inférieure, repré-
Fig. 554.
Trie h onympha [T. agilis) (d'ap. Leidy).
(!) Lorsque l'animal devient très adulte, il a une tendance à perdre ses flagellums. L'existence de la bouche n'est pas tout à fait certaine. Cependant elle est bien probable, car on est sûr, par la présence des parcelles alimentaires dans son intérieur, que l'animal avale de la nourriture solide et l'on a souvent cru voir, là et nulle part ailleurs, un petit orifice.
Ce que l'on a pris chez quelques genres comme une couche d'alvéoles ectoplasmiqucs comparable à celle des Infusoires semble être dû à de simples petits bâtonnets renforçant une cuticule plus épaisse. Cela a de l'importance au point de vue des affinités éventuelles de ces êtres avec les Infusoires.
L'habitat est caractéristique pour tout le groupe.
(2) Il y a de part et d'autre du noyau deux masses de protoplasma différencié de nature inconnue.
I3) On voit bien ici le caractère de la cuticule qui a dû en imposer pour une couche alvéolaire.
LES FLAGELLÉS
sente la houppe terminale du genre précédent (0,12. Rectum de Termes). Jœnia (Grassi) ressemblerait plutôt à Lophomonas, mais il en diffère par sa forme allongée, son extrémité supérieure plus largement tronquée, ses flagellums périphériques récumbanls et la présence d'une garniture de courtes soies en forme de cils immobiles sur tout le corps
(Rectum de Callotermes) (*).
APPENDICE AUX TRYCIIONYMPIIINA
Fig. 555.
Fig. 55G.
Nous placerons ici, en appendice aux Trichonymphines, deux genres que Bûtschli place dans leur groupe, mais qui mériteraient aussi bien d'être joints aux Infusoires holotriches comme l'indique Fbenzel [91]. Ils diffèrent des premiers et de tous les Flagellés par un revêtement ciliaire général vrai, et se rapprochent par là des Ciliés, sauf l'absence d'ectoplasme, de micronucléus et peut-être de bouche. Ils ont exactement l'habitat et les mœurs des Trichonymphides. Voici ces genres :
Pyrsonympha (Leidy) (fig. 555) a la forme d'une pointe allongée; l'extrémité obtuse, tournée vers le bas, porte un petit prolongement caudal et, tout le long d'un des bords, règne une sorte de membrane ondulante. Tout le corps est garni d'un revêtement uniforme de vrais cils assez fins. On n'a pu découvrir de bouche bien que l'animal absorbe certainement de la nourriture solide que l'on retrouve dans son cytoplasme, tout comme chez les Trichonymphines (0,1. Rectum de Termes) (*).
Dinennympha (Leidy), (fig. 556) en diffère par sa forme rubanée, contournée en spirale et
peut-être par un petit bouquet de cils à l'extrémité supérieure (0,1. Rectum de Termes) (*).
Fig. 557.
(*) Il y a, en outre, au-dessous du noyau, un long processus strié comparable à un faisceau de queues de spermatozoïdes, qui est tout à fait énigmatique.
(2) Parfois, on le rencontre tout à fait dépourvu de cils, mais ce n'est peut-être là qu'un phénomène secondaire comme chez les Trichonymphines vieux. . |
(3) Il faut sans doute ajouter ici quelques formes que Leidy donne comme des jeunes de Trickonympha (fig. 557), mais dont les relations de parenté avec ce genre ne sont nullement démontrées et qui Trickonympha ont, comme les deux genres précédents, un revêtement ciliaire Forme jeune (?)
général. (d'ap. Leidy).
Pyrsonympha (P. vertens) (d'ap. Leidy).
Dinennympha (D. gracilis) (d'ap. Leidy).
EUFLAGELLÉS : EUGLÉNIDES
Fis. 558.
2e Ordre
EUGLÉNIDES. - EUGLEN1DA [ E uglenidina (Bûtschli, emend.)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
(FIG. 558 et 559)
Les Flagellés de cet ordre se distinguent de ceux de Tordre précédent par deux caractères essentiels : 1° leur tégument (mb.) est ferme, solide, bien délimité et, s'il permet encore les changements de forme, du moins s'opposet-il définitivement à toute espèce de mouvement amœboï.de (*) ; 2° la petite dépression buccale s'est transformée en un profond entonnoir (ph.) bien dessiné, s'ouvrant à l'extrémité supérieure et un peu ventralement, et formé par un refoulement des téguments. Les parois de cet entonnoir ou pharynx ont donc la même structure que la surface externe du corps, mais le fond laisse à nu l'endoplasme (b.), et c'est là que se fait la pénétration des aliments." Le flagellum naît un peu audessus de ce point, à la face dorsale de l'entonnoir. La vésicule pulsatile (Vc.) se distingue par des connexions particulières. Elle est placée à quelque distance au-dessous de l'orifice interne du pharynx et se montre là entourée d'une couronne de petites vésicules formatrices ( F.). Elle se vide, non au dehors , mais
, V ' . • i a ■ o ■ EUGLENIDA.
clans une vésicule collectrice, parfois (Type morphologique) (Sch.).
. !>., orifice buccal ; 11g., flagellum; ml)., mem-
brane; "S., noyau; pli., pharynx; r., réser- „, , , . voir ; V'., vésicules formatrices ; "Vc, vési-
l1) La structure de ce tégument est d ail- cule pulsatile. leurs assez mal déterminée. Il n'y a pas de
distinction nette entre membrane et ectoplasme, comme si celle-ci s'était confondue avec la couche superficielle de ce dernier, imprégnée de substances non digestibles dans la pepsine et résistant à la putréfaction. Ce n'est cependant point de la cellulose. Au-dessous de cette couche, il n'y a pas d'ectoplasme mou ; c'est directement l'endoplasme qui se rencontre là avec ses caractères ordinaires et sa mobilité très grande. Cependant, chez les formes contractiles, se trouvent, à la face profonde du tégument, des fibrilles, les unes longitudinales, les autres circulaires qui semblent bien être l'agent spécial de la contractilité.
LES FLAGELLÉS
appelée réservoir (r.), qui s'ouvre elle-même à l'orifice terminal du pharynx. Il n'y a pas là, sans donle, de conduit permanenl, mais une simple communication qui s'établit au moment de la systole par rupture de la mince couche de cytoplasme qui sépare la vésicule du fond du pharynx. Le corps renferme de nombreux grains d'une suhstance amylacée, le paramylon (%. 559), qui se présente sous la forme de courts bâtonnets à structure stratifiée comme l'amidon. C'est un produit de réserve qui s'accumule quand la nourriture est abondante et s'épuise pendant la disette
Fijf. 559.
EUGLENIDA ( Type morphologique) Paramylon.
L'ordre des Euglénides se divise naturellement en trois groupes auxquels nous préférons donner le nom de tribus que celui de sous-ordres pour ne pas attribuer aux différences qui les séparent une valeur exagérée : Astasina , sans chlorophylle et à pharynx presque fermé au fond ; E uglenjna , avec chlorophylle et à pharynx presque fermé au fond ; Peranemina, sans chlorophylle et à pharynx largement ouvert au fond.
Ire Tribu
ASTASINES. — ASTASINA [Astasiida (Klebs non Bûtschli)]
Fig. DCO
TYPE MORPHOLOG
Les Astasines se distinguent du type morphologique des Euglenida par un seul caractère. Leur pharynx conique (ph.) se termine presque en pointe au fond et ce sommet étroit est presque obturé par la base du flagellum (flg.) qui s'insère précisément là. • Il reste cependant un petit espace libre (ô.)et cet espace est indispensable pour l'ouverture de la vésicule collectrice, mais il est trop petit pour admettre de la nourriture solide. Il n'est même pas certain qu'il serve à l'introduction de liquides alimentaires (f).
L'animal se nourrit donc par imbibition, par osmose, à travers son