‹ Traité de zoologie concrète (volume 2)Chapitre 74 sur 104 · AS TA. UN A · texte numérisé non relu

AS TA. UN A

(Type morphologique) (Sch.).

1>., orifîco terminal du pharynx ; 1tg., flagellum mit., membrane tégumentaire; r., réservoir V., vésicules formatrices ; Te, vésicule pnlsatile.

EUfiLÉNIDES : ASTASINES 347

tégument, des éléments nutritifs contenus dans les liquides, à la manière d'une racine de plante dans le sol. C'est ce que l'on appelle Y alimentation saprophy tique. Aussi ne peut-il vivre, ou du moins prospérer et se multiplier, que dans les eaux croupissantes riches en substances organiques dissoutes. Il se reproduit par division longitudinale à l'état libre.

GENRES

Astasia (Dujardin) (fig. 561, 562), forme allongée mais très métabolique, à cuticule finement striée en spirale. Un seul flagellum (0,1 et plus. Eau douce) (').

Distigma (Ehrenberg) (fig. 563, 564) diffère du précé- Fie-561- Fig-5G2dent uniquement par cessoire , inséré à c comme lui (fig. 563) et, le plus souvent, par la présence de deux stigma noirs (taches oculiformes) à l'extrémité supérieure (fig.

\Menoidium (Perty) est un Astasia mais dont la forme du corps est fixe, non métabolique, un peu contournée (40 p..

Eau douce) (a).

SSphenomonas (Stein) (fig. 565) est un Distigma de forme fixe. Il a comme lui un fouet tcr) accessoire, parfois deux, très petits (30 jx. Eau douce) (s).

(x) Genres voisins :

AAstasiopsis (Biitschli), ÂAstasioides (Biitschli) el [p. p), ^Cyclidium (Dujardin), ne sont guère que des espèces d'Astasia.

(2) Genre voisin :

ftRhabclomonas (Fresenius) n'est qu'une espèce de Menoidiumow peut-être de Sphenomonas.

(3) Il se distingue en outre par la présence de une ou plusieurs carènes longitudinales et, dans l'intérieur du corps, par une grosse masse d'aspect gélatineux dont la signification est inconnue. Le genre

lAtractonema (Stein) n'est qu'une espèce du précédent.

la possession d un fouet ac- ;ôtéi du principal el dirigé

Fig. 5C3.

Distigma (D. proteus) (d'ap.

Stein).

Fig. 564.

Distigma (D. proteus) (d'ap.

Stein).

Fig. 5C5.

Sphenomo nas (S. teres) (im. Klebs, Stein).

Astasia étendu (im. Car-

Astasia contracté (d'ap.

Carter).

LES FLAGELLES

Fijr. 566

2e Tnmu EUGLÉNINES. EUGLENINA

[EUGLENIDA (Klebs), non EVGLENJNA (Stcin)].

TYPE MORPHOLOGIQUE

(FIG. 566 et 567)

Pour la structure du corps et des organes, c'est une Astasine. Mais il y a ici en plus deux organes : des grains de chlorophylle et une tache

pigmcnlaireoculiforme ou stigma (*).

Les grains de chlorophylle(c) sont fort petits (2 k 4 p.) et généralement discoïdes ; ils sont logés sous le tégument et ne sont nullement des Algues parasites ou des particules ingérées : ce sont des organes de l'animal. Normalement, leur structure est la suivante.

Au centre estle pyrénoïde, petite masse de protoplasma différencié, enveloppée d'une couche deparamylum qui prend la forme de deux hémisphères creux, formant une sorte de boîte sphérique qui renferme le globule protoplasmique. Tout cela est entouré d'une atmosphère de protoplasma coloré en vert par la chlorophylle. Mais souvent le pyrénoïde manque et le paramylum se forme sous la petite masse de chlorophylle, au contact du cytoplasma sous-jacent. Il y a, en outre, desgrains de paramylum libres dans la profondeur du cytoplasma.

Lestigma(stig., fîg. 567) a l'aspect d'un gros granule rouge situé contre la paroi de la vésicule collectrice. Il est formé d'une masse de protoplasma réticulé dont les mailles sont occupées chacune par un globule d'une substance rouge, oléagineuse. Au centre de cette masse, se trouve un gros grain sphérique de paramylum formant lentille, et un petit nombre d'autres grains semblables, mais plus petits, sont situés plus superficiellement ou môme tout à fait à la surface, dans une disposition régulière. C'est bien là du para-

EUGLENINA (Type morphologique) (Scb.).

>., bouche; c, grains de chlorophylle:

11g., flagellum ; ml»., membrane ; N., noyau ; pli., pharynx ; r., réservoir: stig., stigma; V., vésicules formatrices; Te, vésicule pulsatile.

Fig. 5C7.

EUGLENINÂ (Type morphologique).

Stigmn (im. Franzé).

(*) Certaines Astasines (p. ex. Distigma) ont bien une tache pigmentaire comparable au stigma, mais par exception, tandis qu'ici le stigma est la régie

EUGLÉNIDES : EUGLÉNINES

mylum car, lorsqu'il est soumis au jeûne, l'animal consomme ses cristallins en même temps que ses autres réserves. Par son stigma l'animal sent la chaleur et reconnaît la lumière qu'il recherche avidement.

La chlorophylle fonctionne ici comme chez les plantes, décomposant l'acide carbonique de l'air, rejetant l'oxygène et fixant le carbone pour former du paramylum qui est consommé au fur et à mesure des besoins. Il en résulte que l'animal se nourrit à la manière des plantes. C'estceque l'on appelle Y alimentation holophy tique. Sans doute il peut absorber comme les Astasines des liquides nutritifs par la peau ou peut-être par le pharynx, mais c'est là un mode secondaire, accessoire ou accidentel. Dans une eau croupie et mal éclairée, il peut vivre longtemps de cette manière, mais il jaunit, s'étiole et ne peut se reproduire activement (*).

Il jouit aussi d'une autre propriété que nlont pas les Astasines, c'est celle de sécréter autour -de lui une substance gélatineuse sous laquelle il peut s'arrondir et se mettre à l'abri après avoir perdu son flagellum. C'est une sorte d'enkystement rudimentaire dont il use toutes les fois que les conditions deviennent trop défavorables. Au retour des conditions normales, il sort de sa gélatine et reforme son flagellum. C'est toujours à l'état de repos sous sa gélatine qu'il se reproduit par division longitudinale, et c'est là une nouvelle différence qui le distingue des Astasines. Cela ne l'empêche pas de former à l'occasion de véritables kystes.

Fig. 5C8.

GENRES

Euglena (Ehrenberg) (fig. 568) est notre type morphologique avec une forme très métabolique allongée, ordinairement ovoïde, effilée en bas, tronquée obliquement en haut et en avant (100 Eau douce) (*).

(') Il faut bien que les Euglénines puissent absorber par la peau ou autrement quelques substances albumineuses. car ce n'est pas leur chlorophylle qui peut leur fournir l'azote dont elles ont besoin pour leur croissance. Ce qui le prouve, en outre, c'est la formation, bien observée par Kavkine [se], de grains de paramylum indépendamment des corps chlorophylliens chez les Astasines. Il y a quelques rares espèces et variétés de ce groupe qui sont incolores comme les Astasines.

(2) Les stries sous-tégumentaires sont bien visibles, les unes Ion- (d'aprKent). giludinales, les autres obliques. L'animal rejette facilement son flagellum et le reforme. Il y a quelques variétés incolores. Chez beaucoup d'espèces, le fouet tombe facilement.

Il arrive fréquemment que les Euglènes s'enkystent et se divisent sous leur kyste. Les deux produits de la division, au lieu de quitter le kyste et de se transformer en Euglènes flagellées, s'enkystent, se divisent dans le kyste maternel, et la chose continue ainsi pendant plusieurs générations et donne lieu à de nombreux systèmes de kystes emboîtés, tous contenus dans le kyste maternel primitif. Celui-ci se dilate progressivement au fur et à mesure de la multiplication des kystes contenus, se gélifie partiellement et se soude à ses voisins. Il résulte de là des nappes plus ou moins étendues flottant à la surface de l'eau ou gisant au fond.

LES FLAGELLÉS

Colacium (Ehrenberg) (fig. 5G9) est une Euglène qui, après avoir erré libre* mcnl avec une constitu-

Fig. 669

Fig, 570.

tion normale (a), rejelLe

son flagellum (b), se fixe

par l'extrémité cépha-

lique sur quelque Co-

pépode ou Rotifère, et

sécrète un pédoncule gélatineux, gros et court (c)

et une enveloppe de la

môme substance.

En se divisant en

long (c et d), elle forme

de petites colonies (50 à 60 \t. Eau douce). Eutreptia (Perty) (fig. 570), est une Euglène à deux flagellums (50 ja. Eau douce). Ascoglena (Stein) (fig. 571), est une Euglène abritée dans une petite capsule

fixée brunâtre, qu'elle a sécré-

Colaciuni (im. Stein).

, un individu en liberté; b, chute du flagelluin et fixation par le pôle buccal ; c et d, formation du pédoncule et division.

Eutreptia (E. viridis) (d'ap. Kent;.

Fig. 571.

Fig.

Ascoglena (A. vaglnicola) (d'ap. Stein).

tée (40 jj.. Eau douce).

Trachelomonas (Ehrenberg) (fig.

572) a aussi une capsule, mais libre et ornée le plus souvent de sculptures ou d'épines. Le fouet est trois à quatre fois aussi long que le corps (20 à 30 [x. Mer et Eau douce).

Phacus (Nitzsch) (fig. 573). Le corps

esticipiriforme, aplati, prolongé

en bas en une queue effilée, et

plus ou moins asymétrique et tordu sur son axe. La membrane est forte et la forme fixe, non métabolique

La bouche est rejetée un peu dor-

salement (10 [a. Eau douce) (*) .

Cryptoglena (Ehrenberg) (fig. 574)

est non métabolique, ovoïde, et

a, sur les flancs, une paire de

valves, d'une substance solide,

sécrétée et appliquée immédiatement au corps. Sa chlorophylle

forme deux rubans longitudinaux

symétriques {chrmp.) (30 [a. Eau

douce)- Cryptoglena

(im. Klebs, Stein).

chrmp., chromoplaslcs; atlg.f stigmajîî., noyau:

Te, vésicule pulsatilc.

Trachelomonas (im. Kent).

Fig. 575.

Fig. 574.

Phacus (im. Franzé, Stein).

slicr

nriup

(^ D'ordinaire le paramylum forme une ou deux fortes masses de formes diverses.

Lepocinclis (Perty) (fig. 575) est voisin.

Lcpocinclis (im. Franzé, ButsebJi).

EUGLÉN1DES : PÉRANÉMINES

C Fia. 576.

Xanthodiscus (Cheviakof) a son corps chlorophyllien formant une seule masse excavée et un gros pyrénoïde unique tout au haut (Eau douce, Australie).

3e Tiubu

PÉRANÉMINES. — PERANEMINA [ Peranemina (Klehs) non Peranemina (Biitschli) ]

TYPE MORPHOLOGIQUE

L'animal est incolore comme une Astasine, mais son alimentation est animale au lieu d'être saprophytique. Il se nourrit de particules solides, qu'il introduit dans son cytoplasma par le moyen de son flagellum (flg.). Pour cela, son pharynx (ph.) est percé, au fond, d'un orifice suffisamment large mettant le cytoplasma à nu (b).

En outre, le pharynx est fendu longitudinalement, en sorte que son orifice d'entrée n'est pas un trou rond comme chez les précédents, mais une fente verticale. Le flagellum est inséré, non au fond, mais sur la paroi dorsale de cette gouttière. Enfin, il existe une sorte d'appareil pharyngien (c) formé de deux baguettes d'une substance protéique solidifiée qui convergent l'une vers l'autre ou même se continuent l'une avec l'autre, disposées, en somme, comme les deux branches d'un diapason. Cet appareil, pris longtemps pour un œsophage, est plongé dans le cytoplasma et remonte vers le haut dans la direction de la bouche pour venir faire saillie dans le pharynx en avant ou à côté de son orifice d'ingestion. Il peut s'avancer vers le dehors et doit aider probablement à l'ingestion des particules solides dont l'animal se nourrit.

Malgré cette alimentation animale, il se forme du paramylon comme chez les Euglénines et Astasines.

GENRES

Le corps peut être de forme fixe ou métabolique; il peut y avoir deux fouets ou un seul. La combinaison de ces caractères deux à deux

PARAIS EN IN A (Type morphologique) (Sch.).

Il, orifice terminal du pharynx; c, appareil pharyngien ; flg., flagellum ; Jï., noyau ; pli., pharynx; r., réservoir ; Te., vacuole collectrice; v., vacuoles l'ormalrices.

LES FLAGELLÉS

Figt 577.

Fig. 579.

Euglenopsis (E. vorax) (d'ap. Klebs).

Pcranema (im. Klebs, Butscbli).

Urceolus (II. cycloslomus) (im. Klebs).

nous donne quatre caractéristiques qui permettent un groupement rationnel des genres : ceux qui sont métaboliques montrent une strialion en hélice.

1° Corps métabolique, 578.

un seul /lagellum :

Euglenoplis (Klebs) (fig. 577) a une forme en fuseau, le pharynx fendu latéralement et point d'appareil pharyngien (20-30 ji.. Eaux riches en matières végétales macérées) ; Peranema (Dujardin) (fig.

578), au contraire, a un appareil pharyngien hien développé ; il possède aussi un anus fixe (80 Eau douce) ;

Urceolus (Merechkovsky) (fig. 579) a le pharynx non fendu et très évasé en haut (50 [j.. Eau douce) (').

2° Corps métabolique ,deu£ flagellums :

Heteronema (Dujardin) (fig. 580) a le corps allongé, fusiforme ou globuleux, pas d'appareil pharyngien, le pharynx fendu verticalement et donnant insertion à deux fouets, un supérieur ascendant, gros et fort, et un inséré un peu plus bas, descendant et beaucoup plus petit (40-SO (jl. Eau douce et mer) ;

Zygoselmis (Dujardin) est ovoïde à grosse extrémité inférieure (0,1. Eau douce) ;

Dinema (Perty) (fig. 581) a la forme d'un boudin. Son pharynx est longuement fendu ventralement et possède un appareil pharyngien. Le fouet ascendant s'insère un peu latéralement. Un peu audessous de lui, est un fouet descendanl beaucoup plus gros et plus long, qui se courbe en U pour sortir du pharynx et dont la racine pénètre assez profondément dans le cytoplasme (80 p.. Eau douce stagnante (*).

Fig. 581.

HeteroAemà (//. acus) (im. Stein, Klebs).

Dinema (D. griscolum) (im. Klebs).

(*) Ces genres constituent la famille des Pesas bjihtm [Peranemina (Klebs)]. (2) Ces genres forment la famille des Heteroseuix:e [Hcteronemina (Klebs)].

EUGLÉNIDES : PÉRANÉM1NES

Fiff. 584.

Fig. 583.

Sci/iomonas Klebs).

Pctalomonas (P. Steinii) (d'ap. Klebs).

Anisonema (im. Klebs, Stcin).

3° Corps de forme fixe, un seul fouet :

[petalomonas (Stein) (fig. 582) a son fouet inséré latéralement dans le pharynx. Le corps porte des carènes ou des lobes qui lui donnent une forme bizarre. Le noyau est placé à la même hauteur que la vésicule pulsatile (20-30 [j.. Eau douce).

SScytomonas (Stein) (fig. 583) a, au contraire, une forme régulière ovoïde. Il est très petit et se nourrit de Bactéries qu'il semble aspirer (5à6[x. Eau douce) (*).

4° Corps de forme ordinairement fixe, deux fouets :

iAnisonema (Dujardin) (fig. 584) est caractérisé par la présence, sur la face ventrale, d'un sillon vertical assez profond. Il n'y a pas, à proprement parler, de pharynx ou, du moins, celui-ci n'est que la partie supérieure du sillon précédent. Les deux fouets s'y insèrent à côté de l'orifice d'ingestion. 11 ne paraît pas y avoir d'appareil pharyngien. Des deux fouets, le plus petit est ascendant, le plus grand est descendant et inséré au-dessous de l'autre (15 [j.. Eau douce et peut-être aussi mer) (*).

Warsupiogaster (Cheviakof), avec ses deux fouets implantés au bord droit du péristome, nous semble devoir prendre place ici (Eau douce).

JTropidoscyphus (Stein) (fig. 585) est remarquable par huit fortes carènes dinales qui ornent son corps.

îEntosiphon (Dujardin, emend. Stein) (fig. 586) , a le pharynx représenté par un large enfoncement termino-ventral, dans lequel fait saillie un appareil pharyngien protractile, et où s'insèrent les deux fouets dont l'inférieur est un peu plus grand et un peu rejeté de côté (20 à 30 y.. Mer et eau douce) (s).

Fis. 585.

Fig. 586.

longitu-

Tropid oscyph us (d'ap. Stein).

Enlosiplion (im. Klebs, Kent).

(*) Ces deux genres forment la famille des P eta louon a din/E [Petcilomonadina (Bùtschli)]. (2) Klebs dislingue un sous-genre Metanema (Klebs) qui a tous les caractères d' 'Anisonema, mais dont le corps métabolique comme chez Heteroneminse , et dont les deux fouets sont subégaux. i3) Ces genres constituent la famille des Ahi^qnbuinm [Anisonemina (Klebs)].

est

LES FLAGELLÉS

3° Ordue

PHYÏOFLAGELLIDES. — PH YTOFLA G ELUDA [non Phytomonadwa (Bloclimann)]

Les représentants de cet ordre pour lequel il n'est guère aisé de constituer un type morphologique ont pour caractère commun une alimentation holophytique, identique à celle des végétaux colorés, en particulier des Algues, en suite de quoi la bouche et le pharynx disparaissent ei l'animal se trouve ramené à une constitution très semblable à celle de certaines zoospores. Les formes les plus avancées de ce groupe arrivent à ressembler à tel point à des plantes qu'on les place souvent parmi les végétaux.

Nous diviserons l'ordre immédiatement en quatre tribus :

1° Ghloromonadina, à corps nu, possédant de la chlorophylle et pourvus d'une bouche et d'un pharynx ne servant pas à l'alimentation;

2° C hrom omonadina, à corps nu, possédant deux lames chromoplastiques jaunes, sans bouche ni pharynx;

3° C hlamyd omonadina, à corps enfermé dans une capsule ferme, possédant de la chlorophylle, sans bouche, ni pharynx;

4° V olvocina, à corps enfermé dans une substance gélatineuse commune à de nombreux individus formant une colonie, possédant de la chlorophylle, sans bouche ni pharynx.

Ire Tribu

CHLOROMONADINES. — CHL OROMONA DINA [Chloromonadina (Klebs)]

L'animal a un peu l'aspect d'une Euglène. Il en a la forme générale et la couleur verte, due comme chez elle à une couche de petits grains de chlorophylle disposés sur la surface du corps. Mais, au lieu du tégument solide et d'un dessin ferme de celle-ci (c), il a un périplaste épais (ectop.), réfringent, homogène et très délicat, recouvert d'une très mince pellicule membraneuse. Aussi est-il très métabolique et même un peu amœboïde. Il n'a pas non plus les stries contractiles ni le stigma que l'on remarquait chez l'Euglène. Mais la différence capitale consiste dans la constitution de l'extrémité supérieure. En place du profond entonnoir pharyngien, on ne trouve qu'une petite dépression (b.) dans laquelle s'insèrent deux flagellums subégaux {flg.s. et flg. ?'.) et, du fond de la dépression, part un canal qui représente peut-être morphologiquement le pharynx des Euglènes, mais qui n'est actuellement que le canal excréteur d'une vaste vésicule collectrice par laquelle s'écoulent au dehors les produits de la vésicule pulsalile (Vc), située un peu plus

PHYTOFLAGELLIDES

et entourée de sa couronne

haut

formatrices (v.).

Plus bas que la vésicule, se trouve le noyau (N.). L'animal se reproduit par division sous une enveloppe de gélatine après perte des flagellums et rétraction du corps, comme l'Euglène.

GENRES

Cœlomonas (Stein) (fig. 588). Ce serait exactement notre type morphologique si le fouet n'était unique (60 p.. Eau douce). Mais chez

Vacuolaria (Cienkovsky), au contraire, il y a bien les deux fouets, le second un peu plus petit et

CHROMOMONADINES 355

habituelle de petites vésicules

Fig. 587.

sa

mû}, âr'ss

edop

Fig. 588.

Fig. 589.

.andop

ramené le long du corps (*).

Raphidomonas (Stein) (fig.

589), se distingue de Cœlomonas uniquement par une constitution plus ferme, par la possession éventuelle d'un deuxième fouet, et la présence singulière de trichocystes clans l'ectoplasme C'est le seul Flagellé qui en possède (50 (*. Eau douce).

Cœlomonas

(C. grandis) Raphidomonas (im. Stein). (im. Stein).

CIILOR OMONADINA (Type morpholog.)(Sch.) !>., dépression buccale; c, grains de chlorophylle; ectop., ectoplasma ; endop., endoplasraa ; flg. i., flagellum inférieur ; lig. s., flagellum supérieur ; N., noyau ; Te, vésicule pnlsatile ; v., vésicules formatrices.

2e Tribu

CHROMOMONADINES. — CHROMOM ONADINA [Chromomonadina (Klebs)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

Ici, les téguments ont la même constitution délicate et homogène que chez les Chloromonadines, mais la bouche elle pharynx ont entièrement disparu. Il n'y a ni solution de continuité des téguments, ni même

(*) Mais Klebs pense que ces deux genres n'en font qu'un et que Stein n'a pas vu le second fouet. Vacuolaria ne forme ni amidon, ni paramylum, mais de la graisse. C'est la forme que prennent, d'après Klebs, ses réserves alimentaires.

BLendop

d'invagination en cul-de-sac. Les flagellums (flg.), au nombre de deux, égaux, s'insèrent simplement à la surface du corps. L'animal ne prend

aucune nourriture solide venant du dehors ('). Il se nourrit à la manière des plantes au moyen de deux larges lames chromoplasliques (chrmp.) situées symétriquement à droite et à gauche sous la surface. Mais ces deux lames sont teintées non en vert, mais en jaune plus ou moins rabattu de brun par une substance, le chrysochrome (Klebs), voisine de la diatomine, et qui contient peut-être de la chlorophylle masquée par une teinte additionnelle, car en la traitant par l'alcool on la fait virer au vert comme si l'alcool dissolvant d'abord la couleur étrangère faisait apparaître la chlorophylle. Ces lames chromoplastiques ne contiennent pas de pyrénoïdes et la substance qu'elles élaborent au contact du cytoplasma n'est ni l'amidon ni le paramylum, mais c//flo,uo.i/oiV40CT,i(Typemorphoiogique)(Sch.). une substance d'aspect graisseux

chrmp., chromoplastes : endop., ondoplasma ; et de nature protéique SOluble

îl^iSS^^S^^^'.1'^"1'' dans leau' la bucosine (Klebs), qui

se retrouve aussi chez les Hydrurées elles Phœosporées, et forme souvent dans le corps des accumulations considérables.

Accolé à l'une de ces lames, près de l'extrémité supérieure, est un stigma rouge (stig.).

Le noyau (TV.) est gros, vésiculeux, très pâle.

La vésicule pulsatile (V.c.) simple ou multiple (1 à 5) est tantôt en haut tantôt en bas.

L'animal se reproduit par division longitudinale à l'état libre ou sous une enveloppe gélatineuse, et forme aussi, à l'occasion, des kystes de protection.

GENRES

Nous rencontrons d'abord deux genres notablement aberrants par rapport au type morphologique qui précède.

(!) Parfois, cependant, il absorbe quelques Bactéries, à la manière des Monades, au moyen d'une vacuole qui se forme vers l'extrémité supérieure.

PHYTOFLAGELLIDES : CHROMOMONADINES

Cryptomonas (d'ap. Stein).

Cryptomonas (Ehrenberg) (fig. 591), en effet, possède un vaste infundibulum où s'insèrent les deux cils; il en part un tube qui

Fig. 591.

plonge dans le corps et dessine un large pharynx, mais qui n'a peut-être pas la signification fonctionnelle de cet organe (30 p. Mer et eau douce).

Chilomonas (Ehrenberg) se distingue du précédent par l'absence de plaques chromoplastiques et par une alimentation saprophytique. Chose remarquable, il n'en forme pas moins de l'amidon (30 p. Infusions).

'Cyathomonas (Fromentel, emend. Kent) présente le même caractère d'absence de chromoplastes, mais son alimentation est animale (2b p'. Eau douce) (f).

Les suivants sont au contraire conformes au type. Ils se divisent en trois groupes selon que leur corps est nu ou protégé par une capsule ou une membrane adhérente au corps.

La première série de genres comprend ceux qui sont nus : ïïhrysamœba (Klebs) (fig. 592) est aux Chromomonadines ce que sont aux Àcraspédines les Mastigamibes. Quand il nage, il est conforme à notre type morphologique sauf qu'il ne porte qu'un flagellum. Son corps nu est de forme ovoïde et régulière. Mais par moment il s'arrête et se transforme en une amibe à vrais pseudopodes longsetfins, rayonnants(12àlb>.Eaudouce)(*).

;:C/iromi//ma(Cienkovsky)(fig.593) n'est plus amœboïde que par places, surtout à l'extrémité inférieure; il est nu aussi et n'a également qu'un flagellum o à 40 p. Eau douce) (3).

Fig. 593.

Fig. 592.

C/iri/samœba C. radians (d'ap. Klebs).

Chromulina (d'ap. Klebs).

I1) Ces trois genres forment à eux seuls la famille des Cryptomonadis-<e [Cryptomonaâina (Biitschli, emend. Klebs)]. D'après Dangeard, le pharynx ne serait pas infundibuliforme, mais formerait une simple gouttière ouverte en avant et tapissée au fond de petits bâtonnets d'une substance plasmatique. Les genres suivants de cette tribu constituent la famille beaucoup plus nombreuse des Chrysouoxadin^e [Chrysomonadina (Stein, emend. Klebs)] divisés, par leur auteur, en trois groupes : les nuda, nus ou enveloppés seulement, pendant l'état de repos, d'une couche de gélatine; les loricata, abrités en tout temps dans une capsule mince et ferme, plus large que leur corps, et les membranata protégés par une enveloppe étroitement collée au corps.

(2) Cependant, même dans cet état, il ne prendrait aucune nourriture solide, mais la chose est niée par certains auteurs. Ses lames de chrysochrome sont au nombre de deux à trois; il a deux à trois vésicules pulsatiles petites et une plus grande, et pas de sligma.

(3) Par une exception rare dans ce groupe, il absorbe aussi de la nourriture solide, en particulier des Diatomées. Dans l'état de repos, il se recouvre de gélatine. Il n'a parfois qu'une seule lame de chrysochrome.

LES FLAGELLÉS

Ochromonas (Vyssotzki) (fig. 594) a encore des mouvements amœboïdes, parfois aussi une seule lame de chrysochrome, mais possède deux flagellums (15 à 20n. Eau douce) (*).

Stylochrysalis (Stein) Fig. 595. Fig. 597.

(fig. 595) a aussi Fig. 594.

deux cils, mais n'est plus amœboïde et est fixé par un pédoncule gélatineux.

Il n'a pas de stigma (9 [x. Eau douce, fixés sur des Eudorina).

Les genres suivants ont le corps protégé par une capsule:

Chrysococcus (Klebs)

(fig. 596) représente notre type morphologique, mais avec une forme arrondie et un seul fouet. Sa capsule est une épaisse coque sphérique ne laissant qu'un petit orifice pour la sortie du fouet (3 àl0(j.) (*). Dinobryon (Ehrenberg) (fig. 597) a, au contraire, deux

fouets, dont un très petit. Il est piriforme et se sécrète une capsule de forme analogue à la sienne, où il est très au large et fixé seulement au fond par l'extrémité effilée de son corps. Il nage librement en pleine eau, emportant sa capsule. Souvent les jeunes se fixent au bord interne de la capsule des parents et il en résulte des colonies arborescentes libres nageantes (0,1. Eau douce, au large dans les étangs) (3).

Enfin, dans cette dernière série de genres, l'animal est protégé, non par une capsule, mais par une membrane adhérente au corps. Hymenomonas (Stein) (fig. 598) représente aussi notre type morphologique,

Ochromonas (d'ap. Klebs).

Stylochrysalis (S. parasilica) (d'ap. Stein).

Chrysococcus (C. rufescens) (d'ap. Klebs).

Dinobryon (D. serlularia) (im. Klebs, Stein).

sauf qu'il a deux fouets et pas de stigma; son enveloppe est épaisse, molle, de couleur brunâtre (15 à 25 $>.. Eau douce) (4).

Fig. 598.

ll) Il prend aussi de la nourriture solide.

(2) Il se divise dans sa coque et le jeune sort nu.

(3) La partie inférieure du corps contient une masse accumulée de leucosine. Il s'enkyste à l'occasion dans sa loge sous une épaisse coque siliceuse.

Genres voisins :

Epipyxis (Ehrenberg), solitaire, libre ou fixé par l'extrémité inférieure de sa capsule ;

Chrysopyxis (Stein), fixé par deux filaments émanés de sa capsule.

Blochmann place ici Nephrosclmis que nous rencontrerons plus loin.

(4) Il possède une accumulation de leucosine à l'extrémité inférieure du corps

Hymenomonas [H. roseola) (im. Klebs, Stein).

PHYTOFLÀGELLIDES : CIIROMOMONADINES

Fig. G00.

Fig. 5!>9.

Microglena (Ehrenberg) (fig. 599) rappelle le précédent, mais n'a qu'un fouet; son enveloppe est beaucoup plus mince et son stigma peut être double ou triple (30 [x. Eau douce).

Mallomonas (Perty) (fig. 600) n'a aussi qu'un fouet, mais pas de stigma et son enveloppe est épaisse, réticulée et garnie de longues soies raides, dirigées en bas (20 à 25 (a).

Synura (Ehrenberg) (fig. 601, 602) ressemble au précédent, sauf qu'il a deux fouets, que sa coque est très mince, continue, et que les soies sont plus courtes, dirigées en haut et non constantes. Mais son caractère essentiel est qu'il forme des colonies sphériques, nées de la division longitudinale, dans lesquelles les individus, dont le nombre peut atteindre soixante, restent attachés ensemble au centre par leur extrémité inférieure effilée en un prolongement caudal. Ces colonies peuvent se diviser; elles peuvent aussi se dissocier en mettant leurs membres en liberté (35 u environ et, par conséquent, 70 jj. de diamètre pour les colonies. Eau douce) (')

Mallomonas (M. Plsesslii) (im. Kent, Klebs).

Microglena (M. punctifera) (im. Stein, Klebs).

Fig. 601.

Fig. 602.

Synura.

Un individu

isolé (d'ap. Klebs).

Synura (S. uvella).

Colonie (d'ap. Stein).

Syncrypta. Colonie (d'ap. Stein).

Syncrypta (Ehrenberg) (fig. 603) représente une colonie de Synura, mais où les individus seraient nus et la colonie, au contraire, pourvue d'une épaisse enveloppe gélatineuse qui ne laisse passer que les fouets (Colonie, 45 [i. Eau douce).

Chlorodesmos (Phillips) est un genre voisin un peu douteux dont la colonie est en chaîne (Eau douce).

(*) Les individus contiennent une grosse accumulation de leucosine.

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