GO
LES FLAGELLÉS
Fig. GO'i.
Uroglena (Ehrenbcrg) (fig. G04) est formé d'individus nus avec deux fouels inégaux, réunis dans une épaisse niasse gélatineuse sphérique. Ils se prolongent tous vers le dedans en un filament caudal qui se ramifie et s'anastomose avec ceux des autres individus de manière à constituer un réseau qui va jusqu'au centre. Cela sert à donner plus de solidité à l'union des individus entre eux, car leur gélatine est extrêmement faible. Les colonies se divisent (Zacharias [94]) (Colonie, plus de 0,1. Eau douce).
Toutes ces formes ne sont point sans analogie avec les Volvocines, mais elles s'en distinguent nettement par leur matière colorante jaune et non verte.
Uroglena (im. Stein, Kent).
- 3e Tribu
GIIL AM YDOMON ADINE S . — CHLAMYDOMONA DINA [ Cul a myd omona dîna (Biïtschli)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
Ici, le corps n'est plus, comme dans les Phytoflagellides précédents, revêtu d'un tégument délicat permettant des déformations variées. Il est emprisonné (fig. 605) dans une capsule ferme (mb.), entièrement fermée et adhérente au corps, qui rappelle la membrane cellulosique épaissie d'une cellule végétale. Dans certains cas, on a constaté qu'elle était formée de cellulose. Cependant elle paraît correspondre plutôt à une capsule qu'à une vraie membrane cellulaire, car elle ne prend pas part à la division du corps, et parfois elle est ouverte et non adhérente au corps. Par elle, toute déformation du corps est empêchée.
Il n'y a pas trace de bouche ou de pharynx. L'extrémité supérieure régulièrement arrondie donne insertion à deux fouets égaux (flg.). A l'intérieur, il n'y pas d'ectoplasme distinct. Le corps est occupé par une calotte de protoplasma chargé de chlorophylle qui l'embrasse tout entier sauf l'extrémité supérieure. Dans cette couche, immédiatement sousjacente à la membrane, sont plongés quelques pyrénoïdes épars (p.), formés de leur petite masse centrale de protoplasme el d'une enveloppe d'amidon, de vrai amidon végétal. Au haut, est une vésicule pulsalile (V. c), et sur le côté un stigma (slig.) formé comme celui des Euglènes,
PHYTOFLAGELLIDES : CHLAMYDOMONADINES
sauf qu'il n'y a qu'un corps réfringent unique, central et formé d'un grain d'amidon.
L'être nage avec ses cils et se nourrit exactement comme une Algue véritable. Parfois il peut se mettre à l'abri sous un kyste. Pour se reproduire, au lieu de se diviser simplement en long comme un Flagellé ordinaire, il se comporte de la manière suivante (fig. 607).
Sous la capsule qui reste intacte, il divise son corps protoplasmique en deux (A), puis en quatre (B), puis en huit(C) et enfin en trentedeux (D). Chose singulière, pendant tout le temps de cette division, l'individu mère garde ses fouets et continue à se mouvoir, ce qui
Fig. 606.
CULA M Y DO MON A DINA (Type morphologique). CHLAMYD OMONA DI NA
Conjugaison (Sch.). (TvPe morphologique) (Sch.).
flg., flagellum ; m*., capsule; S., noyau ; -p., pyré-
laisse supposer que ses fouets nQïdeS5 v.c, vésicule Pui8«tnè.
restent en relation avec quelqu'un des produits de la division. Enfin, les fouets tombent, la membrane s'ouvre, les jeunes sortent munis de leurs deux fouets et se mettent à nager (E). Alors ils se fusionnent par conjugaison totale (fig. 606)
en un zygote arrondi et sans fouets. Mais bientôt les deux fouets se montrent, l'animal se met à nager et n'a plus qu'à grandir («).
I1) Ce cycle évolutif fort simple se complique dans la réalité par le fait que,
CHLAMYD OMONA DINA (Type morphologique). Division (Sch.). A a D, stades successifs de la division ; E, sortie des jeunes.
LES FLAGELLÉS
Ces êtres, on le voit, ont beaucoup d'affinités avec les Algues inférieures, et divers botanistes les réclament pour les placer à côté des Protococcus.
Fig. COS.
Fig. G09.
Chlorogonium (im. Franzé).
Chlamydomonà s
(C. obtusa) (d'ap. Franzé).
GENRES
Chlamydomonas (Ehrenberg) (fig. 608) est notre type morphologique, mais avec une forme cylindrique ou sphérique et une vésicule pulsatile double (45 jj.. Eau douce et mer).
Chlorogonium (Ehrenberg) (fig. 609) s'en distingue, au contraire, par une forme très allongée et par la possession de nombreuses vésicules pulsatiles disséminées, ce qui est exceptionnel chez les Flagellés. Il y a une variété incolore (120 fx. Eau douce).
Polytoma (Ehrenberg) ressemble encore plus à Chlamydomonas, bien qu'il ait un stigma, mais il est incolore. Aussi est-il saprophyte. Il forme de l'amidon aussi bien que s'il avait de la chlorophylle (Eau douce et infusions).
Hœmatococcus (Agardh) (fig. 610) ressemble à Chlamydomonas mais, sous sa capsule ovoïde, le corps protoplasinique est comme rétracté et ne tient à elle que par des brides radiaires et par un prolongement au niveau des fouets. Pas de stigma (50 à 60 fx. Mer, eau douce et neige des hautes montagnes et des régions polaires qu'il colore en rouge sang).
Carteria (Diesing) (fig. 611) est un Chlamydomonas à quatre fouets (20 [x. Eau douce).
Spondylomorum (Ehrenberg) est une colonie cylindrique de seize Carteria disposés en quatre couronnes superposées de quatre individus. Les colonies naissent ainsi toute formées de la division d'un même individu (10 jj- . Colonie, 50 [x. Eau douce).
Chlorangium (Stein) (fig. 612) présente quelque chose de semblable, mais dérivant d'une forme à deux fouets et sans stigma. Les individus se forment sous la membrane maternelle, fixés par un pédoncule qui part
Fig. G10.
Fig. 611.
Hxmatococcus
Car 1er ia (d'ap. Stein).
après la division en quatre ou en huit, les quatre ou huit jeunes peuvent sortir de la capsule et mener quelque temps une vie libre avant d'achever leur division en huit ou en quatre pour arriver finalement toujours à trente-deux, après quoi ils se conjuguent.
On a interprété comme macrogamètes et microgamètes ces différents gamètes dont la taille diffère naturellement par suite de cette particularité de la division. Mais le zygote se forme aussi bien par l'union de gamètes de même taille que par celle de gamètes différents.
Il n'y a donc là qu'un fait secondaire, nullement sexuel.
PHYTOFLAGELLIDES : CHLAMYDOMONADINES
de leur extrémité céphalique, en sorte qu'après la déhiscence de la capsule, ils forment un petit buisson (F). Mais, à un moment donné, ils se détachent, forment une paire de fouets là où était le pédoncule et nagent librement à la manière d'un Chlamydomonas.
Puis, après un certain temps, ils perdentleurs fouets, se fixentparla tète (B), développentunpédoncule (C) et se divisent sous leur membrane (D et E) pour recommencer le même cycle (30 p.. Eau douce).
Coccomonas (Stein) (fig. 613) nous ramène à une forme isolée libre ressemble fort à Hsematococcus par sa capsule trop large pour son corps; mais cette capsule est percée au haut d'un petit orifice qui fait communiquer sa cavité avec le dehors et par où sortent les deux fouets (25 p.. Eau douce) (*). ^fUMesosti gma (Lauterborn) est réniforme, muni de deux fouets un peu au-dessus du milieu de la face ventrale qui porte le hile. Sa capsule est délicate et ponctuée au bord (18 (x. Eau douce stagnante).
^Phacotus (Perty) (fig. 614) a une coque solide
(peut-être silicieuse), lenticulaire, plus ou moins ornée de sculptures et bivalve (les deux valves étant simplement rapprochées et non soudées, et se détachant après la mort), mais sans ouverture large pour le passage des fouets. L'animal n'occupe qu'une partie de sa loge (2b p.. Eau douce) (*).
Chlorangium (im. Stein).
Fig. 613.
Fig. 614.
Coccomonas (im. Stein).
Phacotus (P. lenticularis) (im. Stein)
Fig. 615.
(!) On ignore s'il n'y a pas une seconde membrane mince doublant le corps en dedans de la capsule.
(2) Bûtscîili place ici avec doute quelques formes dont les caractères ne se rapportent nettement à celle d'aucun groupe ; Tetratoma (Bùtschli), qui serait un Carteria dont les quatre fouets s'inséreraient en quatre points séparés (Eau douce);
Pyramimonas (Schmarda) (fig. 61b) a quatre fouets, mais rapprochés au sommet d'un corps conique muni de quatre côtes verticales et d'une mince enveloppe striée (3b fi. Eau douce) ; Chloraster (Ehrenberg) (fig. 616), muni d'un cinquième fouet au milieu genre précédent dont il ne diffère d'ailleurs en rien d'essentiel sous ports (3b p.. Mer et eau douce).
Blochmann les place dans une famille de Polyblepharidx voisine des Chlamydomo nadines dont il prend le type dans le genre
Pyramimonas (im. Stein).
Chloraster (im. Stein).
des quatre du es autres rap-
LES FLAGELLÉS
Fig. 617.
stig ..
4° Tiubu VOLVOCINES. — VOLVOCINA [Volvocina (Ehrenberg, emend)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
(FIG. 617 et 620 a 624)
Structure.
L'individu isolé est de structure très simple. Il diffère à peine de
celui des Chlamydomonadines. C'est le même petit Flagellé piriforme, muni au gros bout de deux fouets, sans ectoplasme ni membrane distincts, dont le corps est coiffé d'une calotte de protoplasma coloré par de la chlorophylle où l'on distingue un ou deux gros pyrénoïdes (p.) et de nombreux grains plus petits. Sous le flagellum, il montre deux petites vésicules pulsaliles.
Son noyau (N.) est gros et central. Un peu au-dessous des vésicules, il porte d'un P côté un stigma rouge (stig.) formé d'un réticulum protoplasmique contenant dans ses mailles de nombreuses gouttelettes d'une huile rouge et, au centre, une lentille formée d'un grain d'amidon sphérique. Les
VOLVOCINA (Type morphologique) (Sch.).
Gel., gélatine; N., noyau; p., pyrénoïdes ; stig., Stigma.
Polyblepharides (Dangeard) (fig. 618) à six ou huit fouets Fi8- 618-
égaux, muni d'une délicate enveloppe de cellulose et Fig. ois»,
coloré en vert vif. Sous le noyau, est un pyrénoïde avec enveloppe d'amidon. Il a y un stigma et deux vésicules pulsatiles (10 à 14 fx. Eau douce). Nous placerons ici avec Klebs le cUrieux
Nephroselmis (Slein) (fig. 619) réniforme, très aplati et à grand axe transversal. De Péchancrure tournée en haut naissent deux fouets subégaux. Tout Polyblepharides Nephrotelmu le corps est entouré d'un long cordon arqué formé (p. dngitlaris) (im- Stein). de substance chromatique brune avec un gros (d'np.Dnngenrd)-
PHYTOFLAGELLIDES : VOLVOCINES 365
produits de réserve prennent, comme chez les Chlamydomonadines, la forme de grains d'amidon. Ce qui constitue ici le trait le plus frappant, c'est que l'animal (fig. 620) sécrète autour de lui une abondante substance gélatineuse (gel.) dans laquelle tous les individus nés de la division d'un même individu mère sont enrobés côte à côte en une colonie sphérique (*). La colonie est permanente en ce sens que jamais les individus qui la composent n'ont été et ne seront libres et isolés. Tous sont près de la surface et leur corps est complètement noyé dans la gélatine, mais leurs fouets émergent et mettent la colonie en mouvement.
Physiologie.
Mouvements. Nutrition. — La colonie se meut suivant une certaine direction, en tournant sur elle-même. Les individus ne prennent aucune proie, leur alimentation est purement holophytique et ces associations n'ont qu'un avantage défensif en formant des masses qui, par leur taille, résistent aux attaques des ennemis.
Reproduction. — La colonie n'augmente pas le nombre de ses membres. Elle grossit seulement en se nourrissant et lorsqu'elle est bien adulte, elle commence à se reproduire d'abord par voie agame.
Division. — Les individus (fig. 621), les uns après les autres, au fur
,-gei
y: mm
fig. :'(&\^|p
VOLVOCINA (Type morphologique). Reproduction par division (Sch.).
A, l'individu perd ses cils; B, il gagne l'intérieur de la colonie; C a. H, stades successifs do la division ; /, mise en liberté de la colonie fille, flg., flagellums abandonnés; gel., gélatine de la colonie mère.
et à mesure qu'ils arrivent à maturité, perdent leurs fouets (A: flg.), rentrent dans l'intérieur de la gélatine (B) et s'y divisent (C&H). Cette division se fait d'une manière toute spéciale, par des plans radiaires, en sorte qu'au stade huit (E) , l'animal est découpé en huit segments, tous dans
grain d'amidon au milieu. Dans la concavité de l'arc est la vésicule en haut, le noyau au-dessous. L'animal se meut transversalement dans la direction de son grand axe (18 |i. Eau douce).
(*) Cette substance est considérée par quelques botanistes comme une membrane gélifiée.
Fig. 620.
VOLVOCINA (Type morphologique).
Colonie (Sch.).
Fig. 621.