‹ Traité de zoologie concrète (volume 2)Chapitre 83 sur 104 · I.F.S 1NRSOIHF.S · texte numérisé non relu

I.F.S 1NRSOIHF.S

Locomotion. Alimentation. Excrétion. — Notre l'éritrichide nage au moyen de sa couronne ciliaire et peut se reposer en se fixant momentanément par l'extrémité inférieure du corps. Il s'alimente au moyen d'un tourbillon déterminé par la zone adorale et il y a ici une sorte de choix des aliments, car bien des parcelles solides précipitées dans le vestibule en ressorlent sans en avoir dépassé le fond. Le pharynx se remplit peu à peu de particules alimentaires. Quand il esl plein, tout ce bol est avalé d'un coup avec une certaine quantité d'eau et forme une vacuole alimentaire. La membrane vestibulaire semble aider à ce mouvement de déglutition.

Nous avons vu les modifications bien superficielles apportées au fonctionnement de l'appareil excréteur par la présence du réservoir contractile. Il nous reste à décrire les phénomènes de la reproduction.

Division. — La division a lieu ici longitudinalement par un plan sagittal qui laisse la bouche et le vestibule à l'individu de gauche (').

La manière dont se forme le nouveau péristomeest très remarquable (fig. 820). A l'opposé du vestibule ancien (A), se forme un nouveau vestibule et il se détache de la zone adorale une nouvelle courbe spirale

qui continue, avec un rayon beaucoup plus petit, la courbure primitive, et plonge dans ce nouveau vestibule. Puis, la portion moyenne de la zone adorale ancienne se détruit, et il reste deux portions semblables de zone adorale représentées l'une et l'autre (Type morphologique). par une extrémité vestibulaire (B). Ces deux Division du péristome (Sçh.). porti0ns se complètent et l'on a alors une

A, Péristome avant la division: 17 ,. 11 , 1 ,.j i . i

b, après sa division. Vorticelle a deux vestibules et deux zones

adorales semblables. Déjà l'animal a commencé à s'élargir transversalement et son péristome a pris une forme ovalaire. Après la division, chaque individu se trouvera avoir une zone et un péristome complets.

Les phénomènes nucléaires n'offrent rien à signaler. Conjugaison. — La dégénérescence sénile produit ici ses effets ordinaires, mais elle n'altère pas progressivement la taille de tous les indi-

l'hypothèse de Biitschli, le pharynx devrait, à partir de l'orifice buccal, remonter vers la surface du péristome au lieu de plonger dans la profondeur.

(*) Si vraiment le péristome était morphologiquement dorsal, cette exception à la règle de division transversale deviendrait plus apparente que réelle, car alors le plan transversal couperait le péristome suivant un diamètre vrai. A vrai dire, il faudrait que la bouche fût rigoureusement anlérieure pour que le plan de division tel qu'il est placé soit réellement transversal. Or, nous avons vu qu'elle est à la partie gauche de la face ventrale. Mais nous savons qu'une certaine obliquité du plan de division esl fréquente.

PÉRITRICHIDES : DEXJOTRICHIDES

vidus, comme à l'ordinaire. Tous gardent d'abord leur taille normale; mais, au moment de la maturité sexuelle, certains se divisent deux fois successivement et si rapidement que l'on trouve des stades où les quatre individus nouveaux sont encore unis en une rosette ('). Ces quatre individus finissent cependant par se séparer. Ils ne grossissent pas et constituent les microgamètes, tandis que les individus non divisés qui ont gardé la taille normale jouent le rôle de macrogamètes.

Le microgamète (fig. 821, A : mg.) nage à la recherche d'un macro-

Fig. 821.

DEXIOTMCIIWJE (Type morphologique). Conjugaison.

A à V, stades successifs de la conjugaison; Mg., inacrogamète; mg., microgaméto; N, n, macroet micronucléus du microgamclc; N', n', macro- et micronucléus du macrogamùte ; Nt n, macroet micronucléus de nouvelle formation.

gamète (A : Mg.) apte à se conjuguer, le poursuit, l'atteint et s'attache

t1) Souvent il n'y a qu'une division en deux, parfois il y en a trois donnant huit indivi-

LES INFl'SOinES

à lui un peu au-dessous de la couronne ciliaire, par son extrémité postérieure (13), et les deux couronnes ciliaires ne tardent pas à disparaître (C). Daus les deux individus, le N se fragmente et les fragments se résorbent lentement à la manière ordinaire (TV. et N'.). Nous n'aurons plus à nous en occuper.

Les phénomènes micronucléaires sont d'abord normaux. Chacun des deux n se divise en quatre dont trois disparaissent et le quatrième se divise en deux, un pronucléus é et un pronucléus $, et le pronucléus é de chacun des deux conjoints se porte vers le pronucléus Ç de l'autre resté immobile (*). Mais ici le n montre une différence importante : au lieu que, des deux côtés, les couples de pronucléus se fusionnent, cela n'a lieu que dans le macrogamète. Son pronucléus $ et le pronucléus p que lui a envoyé le microgamète (/) se fusionnent comme d'ordinaire en un n conjugué (J: n-+-n'=n), tandis que dans le macrogamète, les deux pronucléus, après s'être rapprochés, s'arrêtent sans se joindre et bientôt se résorbent. Cela s'explique tout naturellement par le fait que le microgamète, au lieu de se séparer comme d'ordinaire après l'échange des pronucléus, achève au contraire de se fondre dans le macrogamète (J, K, L, M). Son cytoplasme passe peu à peu dans celui

dus. Dans d'autres cas (Vorticella macrotoma, Lagenophrys), il y a division des individus ordinaires en deux autres très inégaux dont le gros deviendra un macroga

Fig. 822.

mète et le petit un microgamète. Dans le genre Zoothamnium il y a des macrogamètes spéciaux prédestinés, situés sur les rameaux de premier ordre de la colonie à l'aisselle des rameaux de deuxième ordre.

f1) En réalité les choses se passent un peu autrement : le n du microgamèle se divise d'abord en deux [D : n). Ces deux grossissent et se comportent chacun à la manière ordinaire, c'est-à-dire se divisent chacun en quatre par deux bipartitions successives [E : n). Mais les quatre descendants de l'un d'eux se résorbent, tandis que, de l'autre, trois seulement subissent ce sort [F: n), en sorte, qu'il ne reste plus, comme d'ordinaire, qu'un seul n [G : n) qui va se diviser en un pronucléus <? et un pronucléus Ç {H). Le seul effet persistant de cette particularité c'est que le n survivant chez le microgamète représente seulement un huitième de la substance du n primitif, au lieu d'en représenter un quart comme chez le macrogamète et chez les autres Ciliés. On peut exprimer encore cela en disant que le microgamète expulse sept globules polaires au lieu de trois, ou trois au lieu de deux, selon que l'on compte ou non les descendants des n s.b orti f s

Le diagramme ci-dessus (fig. 822) montre clairement cette série de phénomènes.

DEXïO TRTCHIDM (Type morphologique).

Diagramme de la conjugaison (d'ap. Maupas).

PÉRITRICHIDES : DEXIOTRICHIDES

du macrogamète et sa membrane, viciée et flétrie, après être restée quelque temps appendue au point de soudure, finit par tomber et se perdre (0). Il ne reste donc plus qu'un individu, et un seul n conjugué (K : n) lui suffît. A partir de ce moment, les phénomènes ne diffèrent plus de ceux du cas typique que par un détail un peu secondaire qui est celui-ci. Le n conjugué, au lieu de se diviser en deux dont l'un sera le N et l'autre le n définitifs, se divise en huit dont sept grossissent et deviennent autant de N (P : N), tandis que le huitième reste petit et se divise successivement en sept (P, Q, R, S : n) ('). De là résultent sept couples formés chacun d'un N et un n que des bipartitions successives répartiront bientôt en sept individus régulièrement constitués (U).

La conjugaison est donc totale et non simplement nucléaire.

GENRES

TTrichodina (Stein) (fig. 823, 824). La Trichodine est presque la réalisation de notre type morphologique.

Fig. 82!!.

Fig. 824.

Trichodina (d'ap. Fabre-Domergue).

Trichodina Disque adhésif (d'ap.

Fabre-Domergue).

Elle n'en diffère essentiellement que par la transformation de l'extrémité inférieure en une ventouse (fig. 824).

Sa forme est celle d'un disque peu élevé dont les deux bases seraient évasées, la supérieure plus que l'inférieure. La base inférieure est entourée par le cercle des cils, la couronne ciliaire inférieure représente par conséquent la portion du corps située dans cette couronne ; chez notre type morphologique elle est excavée et transformée en un appareil adhésif. Pour cela, la membrane qui tapisse la cavité porte des épaisissements en forme de baguettes et de crampons qui servent, on ne sait trop comment, à la faire adhérer au support. On trouve d'abord un anneau périphérique strié et portant une couronne de 20 à 25 crochets, puis, en dedans de ceux-ci, des baguettes radiaires en nombre égal qui partent de la base des crochets et vont jusqu'au centre. Ces productions sont de même nature chimique que la membrane, mais d'une constitution physique plus dense et plus résistante, elles sous-tendent des parties membraneuses dont les figures indiquent la disposition et qui concourent sans doute au résultat sans que l'on sache bien comment. Immédiatement au-dessus de la couronne ciliaire, insérée à la périphérie du disque adhésif, se trouve une membrane pêripcdieuse circulaire qui s'étale sur les cils de la couronne et recouvre leur moitié proximale. Le

(*) Il y a trois bipartitions successives qui devraient donner naissance à huit noyaux, mais l'une de celles de la deuxième génération ne se produit pas.

LF.S INPUSOinRS

Mb.u.

corps est tout à fait dépourvu de cils. Le péristomé et l'organisation intérieure son1 entièrement conformes ;i notre type morphologique, seulement rentrée du vestibule est située franchement sur la surface verticale du corps et c'est seulement après un certain parcours ascendant que la zone adoralo atteint le bord du péristomé horizontal et achève alors son trajet en suivant ce bord (lmm. Parasite sur divers animaux marins ci d'eau douce: Hydres, Eponges, Planaires, Acéphales, Batraciens, Poissons) (').

Nous allons maintenant rencontrer une longue série de genres qui vont dériver les uns des autres par une série de complications progressives portant sur quatre points : 1° formation d'un rebord contractile autour du péristomé; 2° production d'un pédoncule pour se fixer; 3° sécrétion de logettes pour s'abriter; 4° enfin, formation de colonies arborescentes par division avec séparation incomplète.

La Vorti celle, genre principal du groupe, va nous montrer d'un coup l'apparition des deux

rl . Fig. 825.

premiers caractères. m^ Vorticella (Linné, emend. /, )

Ehrenberg) (fig. 825 à ^^è^^^P^g^ 829). L'animal a la forme siîl>dÉKà&Sd d'un cône à base tournée en haut (fig. 825) et dont le sommet, légèrement tronqué, donne naissance à un long et mince pédoncule (pd.) par lequel il se fixe à quelque objet immergé.

Ce pédoncule n'est pas une sécrétion, c'est une dépendance du corps, c'est la partie inférieure du corps elle-même qui s'est étirée en un long et et mince prolongement.

Nous verrons quelle est sa structure en décrivant la musculature. La portion située au-dessus de lui est divisée en deux autres par un étroit sillon transversal circulaire au fond duquel la membrane absente laisse l'ectoplasme à nu. Ce

cour.

entonn!

Vorticella en état d'extension (Sch.).

a., anus; 1>., bouche ; cloc, cloche; colr., collerette; cour., couronne ciliaire; «Usq., disque ; entonn., entonnoir; ml»., membranolles; Slb.u., membrane ondulante; H, macronucleus; n, micronucléus; pd., commencement du pédoncule; pli., pharynx ; R.v.p., réservoir de la vésicule pulsalile ; »U1., sillon; vest., vostibule; Vp., vésicule pulsatile ; ZaM zone adorale.

(J) Quand l'animal adhère au support, sa membrane péripédieuse est rabattue sur les cils de la couronne ciliaire qui sont immobiles ; pour se déplacer,

PÉRITRICIIIDES : DEXIOTRICMDES

sillon occupe exactement la place de la couronne ciliaire absente et nous verrons bientôt que, flans certaines conditions, cette couronne reparaît exactement dans ce sillon. Sauf ce cas et sauf bien entendu la zone adorale, il n'y a nulle part de cils ni de productions ciliaires quelconques. On a appelé entonnoir (entonn.) la partie du corps située entre ce sillon et le pédoncule, et cloche (cloc.) tout ce qui est au-dessus. Les parois de la cloche montent vers le péristome qui occupe, comme d'ordinaire, la base supérieure ; mais, au lieu de se jeter simplement sur lui de manière à ce que le bord supérieur des parois verticales se confonde avec le bord externe de la base horizontale, elles s'en écartent, le dépassent et forment tout autour de lui une forte collerette (colr.), séparée de lui par un sillon circulaire (sill.). Cette collerette souvent décrite comme la portion périphérique du péristome est, en réalité, tout à fait indépendante de lui et a une origine à part.

On donne souvent le nom de disque au péristome vrai (disq.), c'està-dire à tout ce qui est au dedans du sillon. Gomme la collerette est très contractile, elle peut se fermer au-dessus de lui comme une bourse dont on tire les cordons, de manière à protéger les parties sous-jacentes. C'est là son principal rôle, mais elle sert aussi à déterminer, entre sa base interne et le péristome, le sillon circulaire (sill.) que suivent les aliments pour arriver à la bouche. Ce sillon n'a pas partout une profondeur égale. Au niveau du bord droit, il est peu profond, mais il se creuse et s'élargit en contournant le disque en avant et en arrière, pour atteindre à gauche et un peu en avant son maximum de largeur et de profondeur. Là, il aboutit à un large orifice (vest.) qui est celuidu vestibule.

Le péristome ou le disque (disq.), si l'on veut, a. la forme d'un large plateau horizontal porté sur un large et court pédoncule, formé par la lèvre interne du sillon qui le sépare de la collerette. Ce pédoncule est naturellement plus élevé du côté gauche où est le vestibule, que du côté droit où le sillon est le moins profond. Il est bordé d'une zone adorale (Z.a.) qui tourne autour de lui en hélice et plonge dans le vestibule. La zone commence, par son extrémité adorale, au bord antérieur du disque ou môme un peu à droite, passe successivement à gauche, en arrière et de nouveau à droite en descendant peu à peu sur le pédoncule du disque de manière à se trouver, après un tour complet, un peu au-dessous de son point de départ. De là elle continue à tourner en descendant et arrive ainsi (Mb.u.) à l'entrée du vestibule où elle plonge toujours en tournant en hélice.

il décolle sa membrane, agile ses cils et se meut en glissant sur son support sans se séparer de lui. Il peut aussi se détacher tout à fait et nager en pleine eau en tournant. Sa couronne ciliaire est seule active dans tous ces mouvements. — Genres voisins :

■Anhymenia (Fabre-Domergue), sans membrane péripédieuse, simple sous-genre ; Cyclochœta (Jackson), avec une couronne de hautes soies dressées remplaçant cette membrane, se subdivisant en deux sous-genres :

iLeiotrocha (Fabre-Domergue), à anneau du disque adhésif denticulé, et

LES INFL'SOinES

La formo et la disposition du vestibule, l'anus (a.), la vésicule pulsatile ( V.p.) avec son réservoir (R. V.p.), la constitution de la zone ad orale (Z.a.), la continuation de la membrane ondulante (Mb.U.) qui fait suite aux membranelles (mb.) dans le vestibule, celle des cils paroraux jusqu'au fond du pharynx, le macronucléus (N,), le micronucléus (w.), tout cela est entièrement conforme à noire type morphologique. Il n'y a qu'à reporter ici ce que nous avons dit à ce moment (').

Fig. 82G.

Cyclocyrrha (Fabre-Domergue), à anneau du disque adhésif non denliculé; Hastatella (Erlanger), libre, à soies fortes et nombreuses (40 (i. Eau douce, stagnante); Trichodinopsis (Claparède et Lachmann), à péristome très rétréci (0,13. Intestin et poumon de Cyclostoma elegans). — Ici se rattache avec doute, Hemispeira (Fabre-Domergue), genre à zone dextre et à affinités multiples et indécises. Ces divers genres forment la famille des Uuceola-rtnm [Urceolarina (Slein)].

P) Il ne nous reste pour compléter cette description anatomique qu'à parler maintenant du système musculaire de l'animal, système extrêmement développé et compliqué. Il a été étudié avec beaucoup de détails par Entz [91].

Le tégument se compose, comme d'ordinaire, de la membrane et de l'ectoplasme. La membrane a ici une individualité bien plus marquée qu'à l'ordinaire; elle est limitée par un double contour très net; vue de face, elle paraît ornée de dessins losangiques réguliers qui, sur la coupe optique, montrent un certain relief comme s'ils résultaient d'écaillés imbriquées-. L'ectoplasme est formé de deux couches, une superficielle constituée par les plans musculaires que nous allons bientôt décrire et une profonde de structure très particulière.

Cette couche profonde est formée d'une assise unique de petits corpuscules que l'on serait tenté d'assimiler à de minimes cellule (fig. 826). Chacun est formé, en effet, d'une petite masse protoplasmique figurant le cytoplasme et d'une partie centrale plus dense, plus chromophile, figurant le noyau. Evidemment, ce ne sont pas de vraies cellules, mais des condensations locales régulières de cytoplasme. Pour rappeler ces analogies, on a appelé la masse totale cytophane et le grain central karyophane. On distingue parfois une sorte de filament spiral s'étendant du karyophane à la surface du cytophane en décrivant un ou deux tours. Cette particularité appuyée sur quelques considérations théoriques a fait attribuer à ces petits organes des fonctions nerveuses, mais il n'y a là rien de positif. L'endoplasme se montre, lui aussi, formé de cytophanes au moins dans ses couches superficielles.

La couche superficielle de l'ectoplasme est formée de deux assises de myonèmes ffig. 827), une externe et une interne, com- Structure de l'ectoprenant chacune deux couches de fibrilles, une circulaire externe jP1"81116 £10nlsra"[ et une longitudinale interne. On trouve donc de dehors en dedans : j^/ryophanes 6

1° Une couche circulaire externe [me. ext.) formée par une (d'ap. Entz). seule immense fibre hélicoïdale qui monte, en tours serrés, de la base du pédoncule jusqu'au centre du disque, en garnissant toute la paroi sans interruption; elle se révèle au dehors par une fine striation transversale;

2° Une couche longitudinale externe (ml. ext.) formée de fibrilles qui vont aussi, serrées les unes contre les autres, de l'extrémité inférieure du pédoncule jusqu'au centre du disque, garnissant, elles aussi, toute la surface du corps; sur le disque, ces fibrilles deviennent radiaires. Au niveau de la collerette, les fibrilles de ces deux couches suivent ce repli, montant dans sa paroi externe, redescendant sous sa paroi interne, passent sous le fond du sillon et arrivent au disque par son pédoncule;

3° Une couche circulaire interne (me. int.) très incomplète, absente sur le pédon-

Vorticella .

PÉMTIUCHlDlîS : DEXIOTRICIUDËS

La division des Vorticelles se fait suivant un plan vertical anléropostérieur, non médian : les deux individus filles sont donc inégaux. L'un conserve la bouche et le pédoncule, l'autre se forme une bouche nouvelle, à la manière décrite à propos du type morphologique, et est dépourvu

cule, sur la cloche et sur le disque, et formant seulement quelques tours de spire à la base de l'entonnoir et un fort sphincter dans le bord libre de la collerette. C'est ce sphincter qui sert à fermer la collerette comme une bourse au-dessus du disque;

4o Enfin, une couche longitudinale interne {ml. int.) qui se comporte comme la longitudinale externe, mais est formée de fibrilles beaucoup moins nombreuses, plus espacées et, arrivée au sommet du pédoncule, quitte la paroi et se jette sur le cordon central du pédoncule pour former le spasmonème dont nous allons bientôt parler.

En outre de ces myonèmes ectoplasmiques, il existe un gros faisceau central, contenu dans Tendoplasme, c'est le Fig. 827. rétracteur du disque. Il s'attache à la base du disque et se porte, de là, vers le pharynx pour s'attacher, sans doute, à sa membrane par ses fibrilles dissociées. Il sert à rétracter le disque lorsque la collerette se ferme au-dessus de lui.

Le pédoncule (fig. 827, 828) est formé d'une paroi et d'un cordon central baigné dans un liquide qui occupe l'espace intermédiaire.

La paroi n'est autre chose que le prolongement de celle de l'entonnoir. Elle a donc la même structure: on y trouve la membrane, puis les deux couches musculaires externes (les deux internes manquent, puisque la circulaire interne fait défaut là comme sur la cloche et que la longitudinale interne s'est séparée de la paroi pour se joindre au cordon axial), puis l'assise cytophanique de la couche profonde de l'ectoplasme. Vers le bas du pédoncule, toutes ces couches deviennent indistinctes, et la membrane perd sa structure. Le liquide n'est qu'un élément de remplissage.

Reste à décrire le cordon axial.

Ce cordon axial a pour paroi une gaîne anhiste qui sépare son contenu du liquide précédent. Ce contenu comprend deux parties juxtaposées (fig. 828) : le spasmonème et le cordon plasmalique.

Le spasmonème (spas.) forme un cordon rectiligne ou irrégulièrement onduleux, occupant dans la gaîne une position excentrique. 11 est formé uniquement de myonèmes longitudinaux qui ne sont autres que ceux de la couche longitudinale interne de l'entonnoir groupés en un faisceau massif.

Le cordon plasmatique se compose de deux parties : a) Vaxonème (axo.), cordon central, rectiligne, parallèle au spasmonème et formé de gros cytophanes reliés par

Vorticella.

Disposition des deux couches de myonèmes ectoplasmiques (Sch.).

Dans un des secteurs, la membrane superficielle est enlevée pour montrer la couche externe des myonèmes composée de fibres circulaires me. ext. et de fibres longitudinales ml. ext. Dans l'autre secteur, on a enlevé en outre la couche externe des myonèmes pour montrer la couche interne composée de fibres circulaires inc. Int. et de fibres longitudinales ml. int.

LES INFUSOIHKS

de pédoncule. Par là, la division se rapproche du bourgeonnement puisque l'on peut distinguer un individu mère et un individu fille. Ce dernier ne

spas

Vorticella.

Structure du pédoncule (ini. Entz).

Le dessin représente l'extrémité inférieure avec le disque adhésif.

axo., axonôme; spas., spasmonéme spir., spironéme.

de nombreux el fins tractus longitudinaux, h) le spironéme {spir.) qui décrit une hélice dextre à tours serrés autour de l'axonème. Ce spironéme est lui-même formé de trois

parties concentriques : a) un axe central [contourné en hélice comme le reste du spironéme), rappelant en petit l'axonème et formé comme lui d'une seule file de cylophanes reliés par un filament comme les grains d'un chapelet; (3) une enveloppe anhiste entourant le reste ; y) enfin une couche de myonèmes longitudinaux disposés entre l'axe et la gaine. Comme toujours, tous ces organes contractiles sont anisotropes, c'est-à-dire biréfringents.

Le fonctionnement de toutes ces parties n'est pas aisé à définir. Mettons de côté les cytophanes et par conséquent l'axonème qui en est formé, car, qu'ils soient ou non des éléments nerveux, ils ne sont évidemment pas les agents mécaniques de la contraction. L'action des myonèmes du corps se laisse aisément définir, surtout pour le sphincter de la collerette et le rélracteur du disque. Dans le corps, les éléments longitudinaux doivent servir à ouvrir la collerette et a étaler l'animal, tandis que les éléments circulaires servent peut-être à faire saillir le disque en comprimant l'endoplasme. Mais c'est pour le pédoncule que la chose est difficile. Quand la Vorticelle est inquiétée, brusquement, elle se ^scontracte (fig. 829), retire son disque (disq.), ferme sa collerette (colr.), prend une forme sphérique et, en môme temps, son pédoncule {pd.} se raccourcit en se tortillant en tire-bouchon dans le même sens que le spironéme. Or cet état, qui semblerait être le résultat de la contraction active des éléments du pédoncule, est au contraire un état passif, car les Vorticelles mortes ou enkystées ont leur pédoncule entortillé.

C'est la distention rectiligne qui est l'état actif. D'autre part, quand par la putréfaction les parties molles du pédoncule ont été détruites et que la membrane reste seule, le pédoncule s'étend de nouveau. L'élasticité de la membrane tend donc à l'étendre, ce n'est donc pas elle qui l'enroule, et il faut qu'il y ait, parmi les autres éléments du pédoncule, une partie qui joue le rôle de ressort élastique passif, plus fort que la membrane et déterminant l'enroulement.

M bu

anus ; I».

Vorticella contracté (Sch.).

bouche; doc, cloche; colr., collerette ; conr., couronne ; disq-, disque ; eiitonn., entonnoir ; Mb.u.. membrane ondulante; H, maerouucléus ; n, niicronucléus ; pd., commencement du pédoncule ; slll., sillon ; V.p., vésicule pulsatile; Z.a., zone adorale.

PÉRITRICHIDES : DEXI0TR1CIIIDES

forme pas tout de suite un pédoncule. Il se munit d'abord d'une couronne ciliaire à l'endroit correspondant au sillon qui sépare la cloche de l'entonnoir, couronne formée, en réalité, de petites membranelles. Il nage, l'extrémité inférieure en avant, à la recherche d'une place pour se fixer. Quand il l'a trouvée, il se fixe par cette extrémité et développe son pédoncule. A la place de la couronne ciliaire disparue, on trouve le sillon circulaire qui persiste chez l'adulte.

Quand les conditions deviennent mauvaises, en particulier quand l'eau se putréfie, l'adulte développe une couronne ciliaire de membranelles qui sortent de son sillon, il rompt son attache à son pédoncule, et se lance k la nage. Il nage comme le jeune, la couronne ciliaire en avant et la collerette complètement fermée par-dessus son péristome. Quand il a trouvé une place qui lui convient, il se fixe, résorbe les membranelles de sa couronne ciliaire, ouvre sa collerette, recommence à manger et, peu à peu, reforme son pédoncule.

Il en est de même au sortir d'un enkystement, car la Vorticelle s'enkyste au bout de son pédoncule, mais bientôt le kyste tombe et, au sortir du kyste, l'animal est libre.

La longueur de ces détails se justifie par l'importance de cette forme et sa remarquable différenciation (0,2, sans le pédoncule. Mer et eau douce).

Avant la Vorticelle que nous avons cru devoir décrire la première pour donner tout de suite une idée des particularités du péristome, nous aurions dû placer, si nous avions voulu suivre l'ordre taxonomique régulier un petit nombre de formes dépourvues de pédoncule. Il est aisé de les définir en quelques mots.

Que l'on suppose une Vorticelle de forme cylindrique, sans pédoncule, se terminant à la partie inférieure par un disque adhésif analogue à celui de la Trichocline, mais sans vélum ni couronne ciliaire, et l'on aura l'un des trois genres :

Mais quel est cet élément? Entz à qui nous empruntons la description de tout ce système veut que ce soit le spasmonème. Mais on ne voit pas comment il déterminerait le tortillement du pédoncule en tire-bouchon. Il nous semble plus naturel d'admettre que c'est la gaine du spironème et peut-être son axe et l'axonème qui jouent ce rôle. Les myonèmes en hélice de la paroi du pédoncule et ceux du spironème seraient les agents de l'allongement car, en se contractant, ils tendent à se rapprocher de la direction recliligne et par conséquent à détordre le pédoncule et à bander le ressort spiral. Le spasmonème servirait à donner plus de vivacité au mouvement de rétraction en tirant suivant une des composantes du mouvement de retrait. Les fibrilles hélicoïdales de la paroi semblent bien faibles pour lutter contre la tension du ressort spiral. Mais nous ne savons rien de la force de celui-ci. C'est peut-être pour reposer leurs muscles extenseurs que l'on voit souvent les Vorticelles se contracter brusquement sans cause appréciable, coinme nous clignons de l'œil pour reposer le releveur de la paupière. Au surplus la question réclame de nouvelles études.

LES 1NFUS0IUKS

disq.__ . colr

Scyphidia (im. Clupurèdc et Luchmann).

Gerda (G. glans) (d'ap. Claparèdc et Lachmann).

Fig. 832.

Scyphidia (Lachmann) (fig. 830) qui, quoique dépourvu d'anneau adhésif, vit fixé (0,12. Mer et d'eau douce, sur des Gastéropodes). "ig- 8:10 ' . /'dl5<l

Gerda (Claparèdc et Lachmann) (fig. 831), qui s'en distingue par une forme plus effilée vers le haut (0, 2. Eau douce);

Astylozoon (Engelmann) qui se caractérise par une vie libre et par son extrémité inférieure effilée, munie de deux soies saltatrices (0, 1. Eau douce) (').

Revenant maintenant à la Vorticelle, nous trouvons une série de genres qui en dérivent d'une manière très naturelle.

Carchesium (Ehrenberg) (fig. 832) est une Vorticelle chez laquelle, dans la division, l'individu qui ne garde pas le pédoncule maternel, au lieu de se séparer tout à fait et d'aller se fixer ailleurs, reste attaché à la base de celui-ci et se sécrète là un nouveau pédoncule. Il en résulte que les cordons con- Flg' 833'

tractiles despédoncules ne sont pas continus et que les individus peuvent se contracter isolément ou par groupes. L'ensemble forme un petit arbuscule dichotomique (La colonie peut atteindre 4miH de haut.

L'animal lui-même n'a que 1mm. Le pédoncule commun est fixé sur les plantes d'eau douce). — Chez

Zoothamnium (Ehrenberg) (fig. 833), au contraire, la division se prolonge jusque sur le pédoncule dont chaque individu fille reçoit une moitié longitudinale sur une certaine longueur. Il en résulte que le système contractile du pédoncule est unique et que la colonie se contracte en bloc, tous les individus à la fois (0,08. Les colonies atteignent plusieurs millimètres et se rencontrent dans la mer et l'eau douce) (*).

(!) Ces trois formes constituent pour Butschii un petit groupe des Scyphidina.

(2) Des individus plus gros (0,12) situés sur les rameaux de premier ordre à l'aisselle de ceux de deuxième ordre constituent des macrogonidies.

Ces deux genres forment, pour Butschii, avec la Vorticelle, le groupe des Contractilia (Butschii).

Zoothamnium [Z. alternans) (d'ap. Claparède et Lachm.).

...pd

Carchesium (C. epislylis) (im. Claparède et Lachmann).

1>., bouche; colr., collerette; dlep.. disque; pli., pharynx.

PEMTIUCFIIDES : DEXIOTRICIIIDES

Dans les deux formes que nous venons de décrire le pédoncule est histologiquement constitué comme chez la Vorticelle; il est contractile comme chez elles. Dans celles que nous allons décrire maintenant, il est semblable extérieurement à celui des genres précédents, mais il ne contient pas de filament axile et n'est pas contractile ('). iGlossatella (Bûtschli) (fig. 834) ™ .« Fi&- 835'

est isolé, a un pédoncule si court, qu'on pourrait le dire sessile ; il est remarquable par l'énorme développement de sa membrane ondulante (mb. u.) (0,04. Eau douce). — Chez

IRhabclostyla (Kent), Je pédoncule reprend le développement qu'il avait chez la Vorticelle, mais l'animal ne forme pas non plus une colonie (90 fi. Eau douce, sur des larves de Diptères (*). lEpistylis (Erhenberg) (fig. 835), au contraire, est colonial comme Carchesium (0,8, colonies 4mm. Mer el parfois eau douce). — On a créé le genre : (Campanella (Goldfuss) (fig. 836 à 838) pour une espèce d'Epistylis (E. umbellaria), remar-

Glossalella (G. tintinnabulum) (d'ap. Kent).

EpislyUs (Sch.).

n v Fig. 83G.

quablepar 1 enorme développement de sazoneadorale qui se prolonge à son extrémité aborale et décrit cinq tours complets sur le disque (fig. 837). Celte

forme est en- Campanella (Sch.).

COre remar - colx\, collerette ;dlsq., disque ;pd., pédoncule; pli., pharynx; ml>., membranelles.

Fig. 837.

Fig. 838.

disq

Campanella.

Disque f«lisq.) vu de dessus (d'ap. Blttschli).

mb., membranelles.

Campanella.

Deux néiïiatocyslc's dont un présente son filament déroulé (d'ap. Btltschli).

quable par le fait que, seule

parmi les Péritrichides, elle possède des trichocystes (fig. 838), très gros (35 [j.) au nombre d'une trentaine, épars parallèlement à la surface. Ces

(') On trouve à sa partie supérieure un rudiment de spasmonème mais qui se termine presque aussitôt en pointe.

(2) Ce n'est peut-être que le jeune de certains Epistylis. — Le genre Opisthostyla (Stokes) n'est guère qu'un sous-genre du précédent.

lus

LKS INKUSOIHKS

Kig. 8:i'J.

disq

m bu

y . mb

disq

Irieliocystes, par une cxccpLion uni(juo chez les Ciliés, sont comme les némalocystes des Cœlentérés, formés d'un tilament spiral qui se dévaginc à l'explosion. Celle explosion est facile à provoquer artificiellement, et elle doit avoir lieu naturellement, mais on ne l'a jamais observée (0,15, colonie 4""". Eau douce).

Opercularia (Steiri) (fig. 839) peut être défini comme un Epislylis de forme plus rélrécie en haut, à vestibule très élargi d'où sort une énorme membrane ondulante. Cet élargissement du vestibule entraîne un rétrécissement du pédoncule du disque qui prend l'aspect d'un opercule muni d'un manche étroit et fonctionne comme tel, en se rabattant (0,25. Eau douce) (*).

Ophrydium (Bory de Saint-Vincent) (fig-. 840) est comme un Operculaire dont le vestibule serait moins large et le disque plus trapu tout en gardant les caractères d'un opercule. Les individus d'une même colonie sécrètent une substance gélatineuse commune au-dessus de laquelle ils peuvent s'élever en s'épanouissant, mais où ils se retirent dès qu'ils sont inquiétés, chacun dans une logette particulière (0,4. Eau douce) (*).

Opercularia (O. articulala) (im. Bûtschli).

bcli-, bouche; disq., disque mit., membrane inb.u., membrane ondulante; p., pédoncule du disque; pli., pharynx.

Ophrydium (Sch.)

Toutes les formes que nous venons de décrire, pédonculées ou non, étaient nues. Nous allons maintenant rencontrer un perfectionnement nouveau, c'est la formation de petites logettes permanentes sécrétées par l'animal autour de lui pour s'abriter.

Vaginicola (Claparède et Lachmann) (fig. 841) peut être défini comme une Vorticelle qui aurait perdu son pédoncule et pris la forme d'un urinai de ma-

Fig. 841.

Vaginicola ( V. longicottis) (d'ap. Fromentel). c.Joge.

f1) Genre voisin :

Pyxidium (Kent), forme douteuse qui en différerait par l'absence de colonie (50 [a. Eau douce, sur des Cypris.

(2) Remarquer en outre la forme du corps allongé, un peu renflé en bas, la longueur et l'étroilesse du pharynx, et l'énorme développement du réservoir de la vésicule pulsalile. Quand les colonies deviennent très grosses (elles atteignent alors plusieurs pouces de diamètre) il peut se développer dans la masse gélatineuses des bulles gazeuses qui la détachent et la font flotter.

Ces genres constituent pour Bûtschli un petit groupe des Acontvactilia (Bûtschliji

l'ÉltlTltlCMIDES : DEXIOTrtlCIlIDKS

lacle. Il habite une petite logette chitineuse de même forme à laquelle

elle est attachée par toute sa face ventrale. La tête sort par le goulot.

La coquille elle-même est fixée sur les plantes (0,1. Eau douce). — Chez Cothurnia (Claparède et Lachmann) (fig. 842) la logette

est plus ou moins cylindrique, verticale, et l'animal,

fixé au fond par un court pédoncule, n'a pas d'autre

attache avec elle ; mais il porte sous le bord de son

entonnoir une sorte de bourrelet saillant qui ferme

l'entrée de la logette quand il se contracte (0,4. Mer

et eau douce). ('). — Enfin dans le genre Lagenophrys (Stein) (fig. 843), l'animal, de forme arrondie, habite une coquille géla-

colr

tineuse de même forme, munie d'un orifice étroit; il est fixé par les bords de sa face supérieure à cet orifice, en sorte que son disque cilié, longuement pédonculé, peut seul sortir. Ce disque ne porte pas de clapet, mais les bords de l'orifice de la coquille peuvent se rabattre en dedans pour le fermer (0,07. Eau douce, sur les branchies ou les poils des petits Crustacés) (*).

Fis. 843.

.bch

Lagenophrys (Scb..).

l»cli., bouche; c, loge; colr., collerette ; rtisq., disque; pli., pharynx.

Cothurnia (Sch.).

c, logette; colr., collerette ; «lisq. , disque ; m., membrane eu gouttière; op., opercule.

ferme le tube.

(*) Parfois, il existe au lieu de l'appareil précédent, un

opercule chitineux spécial {op., fig. 842), indépendant du corps,

attaché par une partie de son bord à la partie supérieure du'

tube et relié au fond de celui-ci par une mince membrane en

gouttière [m.]. Cette partie n'a aucune contractilité propre, mais

quand l'animal rentre dans son tube il force la membrane à se

courber et par suite à tirer vers le bas l'opercule qui ainsi Pyxicola (Kent), Pachycola (Kent), Pachytrocha (Kent),

Thurioola (Kent), sont plutôt des sous-genres caractérisés par diverses particularités du

mode de fermeture. — Genre voisin :

Cothurniopsis (Entz), commensal d'animaux aquatiques, à N courbe au lieu d'être rubané

(Mer et eau douce).

Ces quelques formes constituent pour Biitschli le petit groupe des Cothurnina. Depuis et y compris Vorticella, cette longue série de genres constitue la famille des Vorticbilinm [Vorticellina (Ehrenberg, emend. Biitschli)].

(2) Pour se diviser, l'animal rompt ses adhérences à sa coquille et se relire au fond; un des individus filles garde l'ancienne coquille, l'autre sort et s'en reforme une nouvelle. Cette forme constitue presque à elle seule la famille des LAOExorinn ix i; [Lagenophryina (Biitschli)].

Stylohedra (Kellicott) n'est qu'un sous-genre du précédent.

Quelques auleurs rattachent aux Vorticelles ou aux [nfusoires tentaculifères le genre encore mal connu Erythropsis Ilertwig), que nous avons placé en appendice aux Dinoflagellés (V. p. 387).

lf.s îNi'iisomr.s

2° Sous-Classe

tent styl

lent cap

TENTACULIFËRES. — TENTA CULIFERIM

vel

SUCEURS. — SUCTORIM

[A cine tina (aucL); — Tentacuuiera (Huxley, Kent); — Suctoria (Kent, Bûtschli)]

Si nous nous étions astreints à décrire les groupes en suivant l'ordre de supériorité organique, nous aurions dû placer les Tentaculifères avant les Ciliés, car il leur sont incontestablement inférieurs. Nous avons préféré les décrire après ceux-ci, parce qu'ils peuvent être facilement étudiés par comparaison avec le type des Ciliés, tandis que l'inverse n'eût

guère été possible; et, d'autre Flg* m' part, nous avons le droit de sui-

vre cet ordre parce que les Tentaculifères, s'ils sont inférieurs aux Ciliés, ne sont pas pour cela plus rapprochés du type ancestral. Il est probable qu'ils en dérivent au contraire par modification régressive, comme semble l'indiquer le fait qu'ils ont, à l'état embryonnaire, des cils qu'ils perdent plus tard (').

TYPE MORPHOLOGIQUE

Structure.

Idée générale de l'être. — Notre ïentaculifère est un animalcule plus petit que le Cilié, ne mesurant guère qu'un dixième de millimètre au lieu d'un tiers de millimètre, comme celui-ci. Il est fixé au sommet d'un long pédoncule (pd.), mince mais rigide . wovx et dilaté au sommet en coupe (c.)

TENTACUUFERI/E (Type morphologique) (Sch.). 1 a., l'animal; c, partie cupuliforme du pédoncule; S,

macronucléus; n, micronucléus ; oVp., orifice excré- m BuTSCHU Considère les tentacules

leur ; tent. cap., tentacule capité ; tent. styl., tenta- , .... . __.i.___-,.

cio styiiformc vP., Vésicuiepulsatile. des Tentaculifères comme homologues

à la bouche des Ciliés qui se serait multipliée et placée au bout d'un tentacule. Celte opinion semble à peine soutenable.

pd

TENTACULIFÈRES

Fig. 845.

pour le recevoir. Dans cette excavation terminale, est l'animal (a.), en forme d'ovoïde trapu, reposant dans la coupe par le petit bout. Son corps est entièrement dépourvu de cils. On y trouve, vers la partie supérieure, un petit pore excréteur (oVp.), semblable à celui d'un Cilié, mais il n'y a ni bouche, ni anus. En place de cils, la surface porte de nombreux prolongements tentaculiformes (lent, cap., tent. slyl) qui ont valu son nom à ce groupe d'êtres. L'organisation intérieure (fîg. 845) est, en gros, celle d'un Cilié. Il y a une membrane, un ectoplasme (ectop.), un endoplasme (endop.), avec des inclusions variées, un N et un n, situés vers la partie inférieure du corps, et enfin une vésicule pulsatile (Vp.), à côté du pore excréteur.

Pédoncule. — Le pédoncule (fîg. 844, pd.) n'est pas, comme celui des Vorticelles, une partie du corps devenue filiforme. C'est une partie surajoutée, une simple sécrétion comparable à ces logettes chitineuses que nous avons maintes fois trouvées chez d'autres

Ciliés. La seule différence, c'est que tmtaculiferije (Type morphologique) l'animal est soudé dans une excavation terminale de sa logette au lieu d'être contenu à son intérieur. Ce pédoncule se compose de trois parties : une moyenne, cylindrique, une inférieure,

un peu élargie, fixée par une sécrétion durcie à quelque objet immergé, et une supérieure dilatée et excavée (c). Le tout est creux et formé d'une paroi chitineuse et d'un contenu liquide ; la membrane chitineuse qui forme le fond excavé de la capsule est continue, et il n'y a aucune communication entre le corps de l'Infusoire et le liquide sous-jacent (*).

Tégument. Cytoplasme. — V endoplasme (fîg. 845, endop.) a la même structure que chez les Ciliés. Il n'y a pas de plasma cortical distinct.

can

Structure (Sch.).

can., canal du tentacule; can'., prolongement endoplasmique du canal : cap., cupule du tentacule capité ; ectop., ectoplasme; endop., endoplasme; tent.cap., tentacule capité; tent. styl., tentacule styliforme.

(M Cette paroi devrait laisser distinguer trois couches, de haut en bas : 1° l'ectoplasme, 2° la membrane appartenant au corps de l'Infusoire, 3° la paroi chitineuse du pédoncule. En réalité, on ne distingue, le plus souvent, qu'une paroi, comme si les trois couches se confondaient là en une simple cloison de séparation. Mais la paroi pédonculaire existe certainement, car lorsque l'animal meurt et se décompose, celte paroi résiste et persiste lorsque toute trace du corps a disparu. D'autre part, il semble bien peu probable que l'endoplasme soit à nu au contact d'un produit de sécrétion.

Le pédoncule n'existe pas toujours. Bon nombre de Tentaculifères sont sessiles et dépourvus de toute enveloppe sécrétée. Quelques-uns sont tout à fait libres. D'autres fois, au contraire, le corps est dans une vraie logette ouverte seulement en un ou quelques points.

u:s infusoiiies

L'ectoplasme (ectop.) a ici un aspect homogène et on ne lui trouve plus aussi nettement la strialion radiaire qu'il présentait habituellement chez les Ciliés. La membrane existe mais peu accusée (').

Inclusions du cytoplasme. — L'ectoplasme ne renferme point d'éléments différenciés. Il n'y a ni myonèmes ni trichocysles (*).

Dans l'endoplasmc, on trouve les vacuoles ordinaires faisant partie de sa structure, mais pas de vacuoles alimentaires. En fait d'inclusions solides, on ne trouve pas de grains d'excrétion, mais on rencontre en grande abondance des grains incolores réfringents qui sont des réserves nutritives, car le jeûne les fait disparaître. Certains d'entre eux, mais pas tous, sont de nature graisseuse (3).

Appareil nucle'aire. — Le N, ovoïde, est disposé transversalement à la partie inférieure du corps. Tout contre lui, est un n. Ils ont l'un et l'autre la même structure que chez notre type morphologique de Cilié.

Vésicule pulsatile. — H y a une (parfois plusieurs) vésicule pulsatile du type de celles à vésicules formatrices en cercle autour de la vésicule centrale.

Elle est placée sous l'ectoplasme dans la partie supérieure du corps, en face du point où le pore excréteur traverse celui-ci. Tout l'appareil est constitué comme chez les Ciliés, mais on ne voit point de réseau de canalicules (*). Cela d'ailleurs n'a pas grande importance. Qu'il y ait ou non des chemins tracés d'avance dans la substance, l'eau n'en suif pas moins le même cours, entrant dans le corps par osmose en tous points et convergeant vers la vésicule chargée de l'expulser.

On le voit, notre Tentaculifère est, sous tous ces rapports, entièrement conforme aux Ciliés et, malgré l'absence de bouche (les Opalines sont dans le même cas), malgré même l'absence de cils, nous en aurions

l1) Il y a de grandes discussions au sujet des couches tégumentaires. Les uns décrivent une membrane sans ectoplasme, les autres un ectoplasme sans membrane; d'autres enfin, un ectoplasme et une membrane. La première opinion semble peu soutenable, car cette membrane serait bien épaisse et formerait a elle seule la paroi des tentacules et, d'autre part, on peut affirmer à priori que, s'il y a un ectoplasme ayant la structure fondamentale du cytoplasma, même à éléments aussi fins que l'on voudra, il y a toujours, à la surface au moins, ce liséré continu que nous avons défini comme étant la membrane protoplasmique sous sa forme la plus simple. Or, la membrane des Infusoireseslune membrane protoplasmique et non un exsudât, même lorsqu'elle est le plus apparente. Récemment, Cheviakof a représenté chez un Trichophrya un ectoplasme avec la structure typique qu'il a chez les Ciliés.

(2) Le genre Ophriodendron seul fait exception ; il possède des formations qui semblent bien être des trichocystes.

(3) Dans quelques genres, on a rencontré des grains d'excrétion. On a trouvé parfois des granulations pigmentaires, variant du jaune au brun rouge. Enfin, on a donné le nom de grains chromophiles à des particules qui se rencontrent quelquefois, mais qui ne constituent probablement pas une catégorie spéciale, car elles ne sont, selon toute apparence, que des débris du N fragmenté après la conjugaison et en voie de résorption.

(4) Dans quelques cas cependant on a trouvé les premières voies de ce réseau lacunaire.

TENTACULIFÈRES

fait tout au plus un ordre de ces derniers, s'il n'en différait par un caractère capital. Ce caractère, c'est le tentacule que nous allons maintenant décrire.

Tentacules. — Toute la surface du corps, principalement vers la partie supérieure, est hérissée de prolongements assez lins et dont la longueur est à peu près égale au diamètre du corps, ce sont les tentacules. Les tentacules sont de deux sortes; les uns (fig. 844) sont graduellement effilés, puis légèrement tronqués au bout (tent. styl.), les autres terminés par un petit renflement en tête d'épingle (tent. cap.). On les distingue souvent sous les noms de ravisseurs et suceurs, il vaudrait encore mieux les appeler styliformes et capités car, sous le rapport des fonctions, il n'y a entre eux aucune différence réelle (*).

Les uns et les autres sont creux et leur canal (fig. 845, can.) est librement ouvert, d'un côté dans l'endoplasme, de l'autre au dehors. Dans les styliformes, le canal s'ouvre simplement à la pointe tronquée du tentacule; dans les capités, il s'ouvre au fond d'une petite dépression cupuliforme (cap.) qui constitue une sorte de ventouse au sommet du renflement terminal. A leur base, les tentacules s'insèrent à angle vif sur la surface du corps. Leur membrane se continue avec la membrane, leur ectoplasme avec l'ectoplasme et leur canal central s'ouvre en plein endoplasme. Ils sont donc formés par un prolongement de la couche tégumentaire (*).

Quand ils rentrent dans le corps leur paroi se fusionne avec celle du corps à leur base et leur canal se perd dans la cavité virtuelle qui sépare l'ectoplasme de l'endoplasme.

Physiologie.

Mouvements. — L'animal étant fixé sur un pédoncule non musculeux, étant dépourvu de cils vibratiles, est condamné à l'immobilité. Il n'y a de mobile en lui que ses tentacules, mais ils le sont à un haut degré et par eux le corps est susceptible de quelques mouvements. Les tentacules peuvent se contracter en se contournant en vis, comme si le mouvement était produit par une contraction de l'ectoplasme suivant une ligne héliçoïdale, ou s'étendre en reprenant leur aspect primitif ; ils peuvent, en tous sens, se courber ou, restant droits, s'infléchir à partir de leur

(') La preuve en est que bien des Tenlaculifères n'ont que des tentacules dits ravissews et, cependant, se nourrissent tout comme les autres par succion. Les longs tentacules ravisseurs n'ont pas été observés jusqu'ici chez les formes d'eau douce qui n'ont que des tentacules capités ou coniques à tête, mais très courts.

(2) La distinction des deux couches tégumentaires dans leur paroi est encore plus théorique que pour le reste du corps. En réalité, on ne voit que quatre lignes, deux limitant le canal et deux limitant le tentacule. Dans quelques cas, on voit le canal central se continuer assez avant dans l'endoplasme (fig. 845, can'.), mais ce n'est là qu'un trajet sans parois spéciales autres que l'endoplasme commun et cela ne prouve point, comme quelques-uns le prétendent, que le tentacule lui-même s'enfonce dans le corps en se rétractant.

LES INFUSOinF.S

base; ils peuvent enfin se rétracter en rentrant dans le corps, partiellement ou tout à fait, et disparaître alors entièrement pour se reformer plus tard. Ces divers mouvemenls sont très lents mais fort étendus, aussi, quand on ne regarde l'animal qu'un instant, on le croit inerte, mais si on le regarde de nouveau quelque temps après, on voit que la disposition de ses tentacules est complètement modifiée. 11 faut trois ou quatre heures h un tentacule pour se rétracter entièrement, un peu moins pour se reformer.

Alimentation. — Quand un animalcule (c'est généralement un Cilié souvent plus gros que notre Tentaculifère) vient en nageant à rencontrer un tentacule, il est tout d'abord arrêté, car le tentacule est glutineux et se colle à lui. Cependant il se débarrasserait bientôt d'une si faible attache, mais les tentacules voisins convergent vers lui et, s'attachant aussi sur la proie, la maintiennent solidement : les tentacules capités s'attachent par leur ventouse, les autres simplement par leur pointe. D'ailleurs, il semble qu'un venin spécial émane des tentacules, car la victime avant d'être mécaniquement endommagée semble paralysée : si elle est ciliée, ses cils s'arrêtent et elle devient incapable de se défendre (*).

Les tentacules exercent alors une succion. Tout d'abord, on n'en voit pas les effets, mais sous son influence la membrane et l'ectoplasme du Cilié capturé finissent par crever et l'endoplasme alors pénètre dans le canal tentaculaire, le parcourt, et arrive à l'endoplasme de l'agresseur dans lequel il s'écoule d'un mouvement continu. Quand la victime est complètement vidée, sa dépouille est abandonnée par les tentacules qui lâchent prise et s'écartent lentement.

La cause mécanique de cette succion n'est pas très nettement élucidée. On a cru d'abord à un mouvement de pompe, exercé par les contractions alternatives des tentacules, mais en réalité ce mouvement n'a pas lieu. Tout est immobile dans l'Infusoire pendant qu'il suce avec énergie ; tout, sauf naturellement la vésicule pulsatile. Aussi est-ce à elle qu'EiSMOND [90], attribue le rôle actif dans ce phénomène. Expulsant sans cesse de l'eau qui occupait dans le corps une certaine place, elle produit un vide relatif qui tend à faire affluer dans son intérieur toutes les substances mobiles auxquelles la voie est ouverte pour y entrer (*).

Enkystement. — L'animal s'enkyste rarement pour se soustraire à des influences nocives et jamais pour se diviser. Pour s'enkyster, il

(a) Claparède et Lachraann ont vu cependant une fois un Stylonichia capturé se diviser rapidement et ne laisser au ravisseur qu'une de ses moitiés. C'est un mode d'autotomie défensive assez original.

(2) Quand l'Infusoire ne mange pas, cette tendance aspiratrice est satisfaite par l'eau qui pénètre par osmose à travers les téguments. Or, cette eau continue à pénétrer quand l'Infusoire mange. Il est vrai que l'aspiration doit se partager entre la surface du corps et les orifices des tentacules, mais étant proportionnelle à la surface, elle doit être bien minime dans ceux-ci. Si la vésicule se contractait plus vite pendant la succion, l'hypothèse d'Eismond se trouverait presque démontrée, mais l'auteur ne dit pas qu'il en soit ainsi,

TENTACULIFÈRES

rétracte complètement tous ses tentacules, s'arrondit et se sécrète une coque de chitine au sommet de son pédoncule. On peut appliquer ici tout ce que nous avons dit de l'enkystement défensif chez notre type morphologique de Cilié.

Reproduction. — Notre Tentaculifère se reproduit uniquement par division transversale. Mais cette division, égale dans le principe, assume les caractères d'un bourgeonnement lorsque l'individu fille supérieur est plus petit que l'inférieur; ce bourgeonnement peut devenir interne lorsque le bourgeon s'invagïnc dans une cavité incubalrice pour se développer; enfin, au lieu d'un bourgeon, il peut y en avoir plusieurs, soit externes, soit internes. Cela fait autant de cas qu'il nous faut examiner successivement.

Division égale ou presque égale (fig. 846). — Elle se fait, comme d'ordinaire chez les Ciliés, par un plan transversal. Les phénomènes cytoplasmiques et nucléaires, la formation d'une seconde vésicule pulsatile, ne présentent aucune différence importante avec ce qui se passe chez ceux-ci. Mais voici où la chose devient intéressante. Avant de se diviser, l'animal

rétracte complètement tous ses tentacules (^4) ; après la division, l'individu inférieur garde le pédoncule (pd.) et il n'a qu'à pousser de nouveaux tentacules pour être de nouveau complet (D). Mais que va faire l'individu supérieur (A ')? On le voit, avant que la séparation soit achevée, se couvrir de cils (B' : c.) comme un Cilié, et avec ces cils il nage à la recherche d'une place pour se fixer (C). Pendant tout ce temps, il ne diffère en rien d'essentiel d'une Opaline par exemple. Quand il a trouvé un support propice, il s'attache à lui par un point de sa surface, résorbe ses cils, pousse des tentacules (D'), sécrète un petit pédoncule qui grandit lentement et, peu à peu, revêt ainsi les caractères d'un Tentaculifère normal (*).

Bourgeonnement externe simple. — Il n'y a d'autre différence entre

(*) Ce mode de division se rencontre chez les Podophryn, Sphserophrya, Urnula, Melacineta. Chez Sphserophrya l'individu libre présente des tentacules dès sa séparation.

TENTA CULIFERl/E (Type morphologique). Division (Sch.). A à D, stades successifs de la division; A' à D' produit de la division correspondant à chacun de ces stades : c, cils; ïï, macronucléus ; n, micronueléus; pd., pédoncule; "Vp., vésicules pulsatiles.

LF.S INFUSOIRF.S

Fig. 8«

ce cas elle précédent qu'une forte infériorité de taille de l'individu supérieur (A'). Celui-ci se présente comme un simple mamelon au pôle supérieur du corps.

Bourgeonnement externe multiple (fig. 847). — L'Infusoire s'étant préparé comme pour une division égale ou un bourgeonnement simple, c'est-à-dire ayant rétracté ses tentacules, forme à sa partie supérieure un certain nombre de mamelons

saillants juxtaposés (brg.) ; le N se ramifie et envoie une branche dans chacun de ses bourgeons ; le n, sans doute, se divise autant de fois qu'il est nécessaire, les bourgeons se détachent et tout s'achève pour chacun d'eux comme dans le cas précédent.

Bourgeonnement interne simple (fig. 848). — Le phénomène commence comme pour le bourgeonnement externe simple mais, dès que le bourgeon (A : brg.) commence à se dessiner comme un petit mamelon superficiel, on le voit s'enfoncer dans le corps de la mère (B). Un sillon circulaire se creuse autour de lui et, TmTÀCUJ-I^ER,IJE

' (Type morphologique),

par l'approfondissement graduel de Ce Bourgeonnement interne simple (Sch.).

sillon, il s'invagine à mesure qu'il gran- a. à g, états successifs du bourgeonne et d;

d' l i n\ Tl l J i l F r stades correspondant à C et D dans le cas

lt (6). 11 Se trOUVe de la SOrte forme, on la cavité incubatrice disparaît.

comme à l'ordinaire, d'une protubérance tors-> bourgeon; s, macroauciéus; n, mi-

. . , . ' 1 . cronucléus; "Vp., vésicule pulsatile.

bien accusée, mais celte protubérance

est logée au fond d'une cavité incubatrice dont les parois remontent autour d'elle et se rejoignent au-dessus sans arriver tout à fait au contact et en laissant un petit orifice de communication avec le dehors. Les phénomènes nucléaires se passent comme à l'ordinaire et, en outre de son N, de son n et de sa vésicule, le bourgeon se munit d'une ceinture verticale de cils. Quand tout cela est préparé, le bourgeon continue à grandir, achève de s'énucléer, dilate l'orifice de la cavité incubatrice et apparaît libre au dehors (D : brg.). Ou bien, tout en restant

TENTA CULlFEBlJE (Type morphologique). Bourgeonnement externe multiple (Sch.).

brg., bourgeons ; ST, macronucléus ;. p€l., pédoncule.

TENTACUL1FÈRES

encore attaché à la mère, il se dévagine (C), la cavité incubatrice s'efface autour de Lui et il ressemble à un bourgeon externe; mais il finit enfin par se détacher et devient libre également (D' : brg.). Avec sa ceinture ciliaire qui s'est complétée, il nage à la recherche d'un support convenable et, quand il l'a trouvé, il se fixe par un point voisin de sa ceinture ciliaire. Tout s'achève alors comme pour les bourgeons externes (E,F,G).

Bourgeonnement interne multiple. — Qu'il ait lieu par bourgeons séparés dans autant de cavités distinctes ou par plusieurs bourgeons logés dans une cavité incubatrice commune, la différence est toute contingente et le processus se comprend sans plus ample description (').

Conjugaison. — La conjugaison (fig. 849) a lieu ici comme chez les Ciliés. Deux individus voisins s'accrochent par Fig 849

quelques tentacules, se rapprochent, se soudent, et entre eux se produit toute la série de divisions d'échanges, de transformations dont nous avons décrit la succession à propos de notre type morphologique de Cilié.

Ici, malheureusement, quelques stades n'ont tentacvlifemm pu être observés, mais leur existence résulte (Type morpk.). Conjugaison d'une induction très légitime. C'est encore Maupas ^dap' FialPont)qui les a observés et bien des auteurs moins prudents se seraient contentés de ce qu'il a vu, car il a reconnu le plus grand nombre de stades et en particulier les plus importants. Il est à remarquer que la

(*) Bien entendu, ces divers modes ne se rencontrent pas à la fois dans la même espèce. Chaque forme a le sien. La division égale est rare et ne se rencontre que dans des formes inférieures : Hypocoma, Sphœrophrya, Podophrya. Elle devient un peu inégale et fait le passage au bourgeonnement chez certaines espèces à'Urnula, Metacineta, Acineta. Le bourgeonnement simple ne se rencontre guère que chez les Sphœrophrya et les petites formes à bourgeonnement multiple. Ce dernier mode est le plus habituel chez les Tentaculifères. Ephelota gemmipara en fournit un exemple bien connu. Il se rencontre aussi chez la plupart des Acinétines et ailleurs.

Le bourgeonnement interne simple se rencontre principalement chez Dendrocometes, Tokophrya et quelques espèces d' Acineta. Dendrosoma possède des chambres incubatrices multiples contenant chacune un seul bourgeon; enfin, on trouve plusieurs bourgeons dans une même chambre incubatrice chez certains Acinètes, A. tuberosa, A. cucullus et chez Ophryodendron.

Les cils du bourgeon n'ont souvent pas achevé de disparaître lorsque les tentacules se montrent déjà; d'autre part, ceux-ci ne disparaissent pas toujours, au moins complètement, dans la division, en sorte que la coexistence momentanée de ces deux sortes d'appendices n'est pas rare.

Dans ces divisions et bourgeonnements, le rôle du n n'a pu être nettement observé, mais il n'est guère douteux qu'il ne soit le même que chez les Ciliés, et ne consiste en une division simple ou multiple.

La répartition des cils sur le bourgeon est très variable : tantôt les cils sont uniformément répartis, tantôt ils n'occupent que la face ventrale, ou dessinent des spires, ou se réduisent à une simple couronne. De là, la distinction des bourgeons holotriches, hypotriches, hétérotriches. Mais ces expressions n'ont qu'une valeur descrip-

iNFUsoinrs

Fig. 850.

JnfusA'

série semble ici plus simple que chez les Ciliés. Elle est conforme à ce

que nous avons décrit chez le type morphologique, c'est-à-dire que le n conjugué donne immédiatement par division un N et un n, sans se diviser au préalable en les noyaux conjugués des deux individus (îlles qui doivent naître de la première division post-conjugale. Le schéma réel est donc celui que nous avons donné pour notre type de Cilié et que nous reproduisons ici (fig. 830).

Infus.A

Infus.B

GENRES

De tous ces caractères, les plus variables sont la présence ou l'absence du tenta cvlifebim (Type morphoiog.). pédoncule, le nombre, la forme et la Diagramme montrant révolution des disposition des tentacules. Partant des

noyaux dans la conjugaison . . , . . , - ,

(im. Maupas). Acinetmes qui représentent la torme

moyenne, nous suivrons deux séries de transformations, Tune descendante où nous verrons le pédoncule disparaître, les tentacules diminuer de nombre, et enfin des cils se montrer; l'autre ascendante où le pédoncule disparaîtra encore, mais où la forme va se compliquer par des prolongements variés au sommet desquels les tentacules vont se localiser. Quant à la présence de logettes protectrices, aux variations secondaires des tentacules, du noyau, de la vésicule, au mode de bourgeonnement, tout cela ne suit aucune marche régulière et nous servira à caractériser les genres. Acineta. (Erhenberg, emencl. Biitschli) (fig. 851). C'est

Fig. 851.

tive, car nulle part on ne trouve les eirres ou la zone adorale caractéristiques des deux derniers ordres et, si ces êtres étaient des adultes, on les classerait tous parmi les Holotri- Acineta chides. La disposition des cils en ceinture annulaire chez les ^ emaciata) bourgeons internes de Tokophrya a un intérêt particulier, parce (d'ap. Maupas . qu'elle permet de fixer l'orientation du bourgeon par rapport à

l'animal. En effet, cet anneau ciliaire étant vertical et médian sur le bourgeon il faut le considérer comme traçant le plan sagittal, et le bourgeon se fixant par un point voisin de cet anneau prend, sûrement dans un sens et très probablement dans les deux, la même orientation que la mère.

On observe dans quelques genres : Podophrya, Metacineta, Dendrocometes, un singulier phénomène qui s'explique par une modification de la division. L'animal abandonne son pédoncule, ou, s'il n'en a pas, son point de fixation, se munit de cils et se met à mener une vie libre. Ce n'est pas ici cette simple mutation de condition commune chez les Vorticelles, mais quelque chose de comparable à la rénovation totale de Spirochona (V. p. 482). L'animaJ,en effet, se comporte comme pour se diviser, mais il fait passer toute sa substance nucléaire et la presque totalité de son cytoplasma, y compris la vésicule, dans l'individu supérieur qui se détache. 11 n'abandonne qu'une minime partie de sa substance sous la forme d'un résidu minime, incapable

TENTACULU'ÈMiS

Fig. 85:).

notre type morphologique, sauf que les tentacules sont tous capités (0,2. Mer et eau douce) ('). — Chez Fig. 852.

\Metacineta (Bûtschli) (fig. 852), la cupule terminale se développe en une logette qui enveloppe entièrement le corps, sauf six fentes verticales partant de la partie supérieure et régulièrement espacées, par lesquelles sortent les tentacules disposés en six groupes. Mais la cupule est libre ainsi que la cavité du pédoncule : il n'y a pas, comme chez l'Acinète, un liquide spécial maintenu par une cloison (0,7. Eau douce) (a). — Chez

Solenophrya ( Claparède et Lachmann) (fig. 853), le pédoncule disparaît et il n'y a plus que la cupule terminale, mais largement ouverte à sa partie supérieure (0,16. Eau douce) (8). — Chez

Tokophrya (Bûtschli) (fig. 854), au contraire, c'est la cupule terminale qui disparaît et il ne . g54

reste qu'un pédoncule directement inséré au pôle inférieur du corps (0,24. Mer et eau douce) (4). — Il en est de même chez

Podophrya (Erhenberg, emend. Bûtschli), chez qui, en outre, les tentacules deviennent de longueur inégale (0,07. Eau douce et probablement mer). — De même encore, chez Tokophrya

Ephelota (Wright, «on Kent) (fig. 855), (d'aP. Cheviakoi).

Solenophrya {S. crassa) (d'ap. Claparède et Lachmann)

Meiacineta (Sch.).

Fig. 855.

Ephelota [Hemîohrya) (E, Thuuleti) (d'ap. Maupas).

de vivre, mais représentant morphologiquement l'individu inférieur d'une bipartition incomplète, réduit à un volume dérisoire.

t1) Le bourgeonnement est interne. La longueur du pédoncule et la hauteur de la partie du corps abritée dans sa cupule terminale sont très variables avec les espèces. Dans certaines, les tentacules tendent en outre à se grouper par petits bouquets. Aussi les genres caractérisés d'après le développement du pédoncule ou de ses parties, ou par la disposition des tentacules sont-ils un peu secondaires. Acinetopsis (Robin) n'a sans doute que la valeur d'une espèce du genre Acineta.

(2) Aussi faut-il sans doute considérer cela comme une logette analogue à celle que nous trouverons chez Umula par exemple, et munie d'un prolongement pédonculaire, plutôt que comme un vrai pédoncule semblable à celui du type morphologique. Mais la distinction est un peu subtile et ni ce caractère ni les autres ne nous semblent autoriser pour ce genre la création d'une famille des Metacinetina (Bûtschli).

(3) C'est encore, ici comme dans le cas précédent, une vraie logette. Actinocyathus (Kent) n'est qu'un genre douteux voisin du précédent (0,04. Mer).

(4) Genre voisin :

Discophrya (Lachmann) qui n'est guère qu'un sous-genre du précédent (Mer et eau douce).

LICS IM" IJSOIHKS

mais ici les tentacules sont, non seulement de longueur inégale, mais de nature différente : les longs sont styliformes, les courts sont capités (0,2. Mer, sur divers Hydraires/ Bryozoaires et Crustacés (').

Certaines espèces de Podophrya (P. Libéra) peuvent se détacher de leur pédoncule et mener une vie libre. Elles établissent par là la transition avec le genre Sphserophrya (Claparède et Lachmann) (fig. 856, 857). Ici, toute trace de

pédoncule ou de logclte disparaît. L'animal devient entièrement libre et son corps, à peu près sphérique, est garni sur toute sa surface de longs tentacules capités (fig. 856, lent.). Quand un Cilié {pr.) vient à passer au contact d'un de ses tentacules, ce dernier le saisit, se fixe à lui, le paralyse et suce son endoplasme, puis rejette la dépouille et attend une autre proie. Mais il n'y a que les grosses espèces qui se comportent ainsi (S. magna, S. sol). Les petites procèdent autrement (fig. 857) (*). Chez S. pusilla par exemple, le jeune bourgeon libre et cilié, capable de nager par conséquent et déjà muni de quel-

Fig. 857.

Sphserophrya. Stades successifs de l'évolution à l'intérieur d'une Paramécie (Sch.). Il, silhouette de la Paramécie. A et B, pénétration ; C et D, accroissement ; E et F, bourgeonnement; G, sortie des embryons ciliés du Sphxrophrya (a.)

ques tentacules capités, atteint une Paramécie et se fixe à elle par ses

Ne pas confondre avec le genre homonyme Discophrya (Stein), Cilié voisin des Opalines que nous avons décrit plus haut (V. p. 452).

Ces genres forment la famille des AcixetixjE [Acinetina (Bûtschli), à l'exception de Melacineta).

(*) En outre, le N est long et courbé en fer à cheval. Il se ramifie pour les besoins du bourgeonnement qui est externe et multiple. — Le genre Podocyathus (Kent) possède, en plus, une logelle terminale où il abrite son corps (0,04. Mer, sur des Bryozoaires et Ilydraires).

(2) Ces espèces ne sont peut-être que des âges divers d'une même forme. Mais cela n'a point d'intérêt dans la question.

Sphserophrya {S. Magna) (d'ap. Maupas).

pr., Ciliés capturé par les tentacules.

TENTACULIFÈRES

tentacules (A). 11 perd ses cils, s'enfonce dans le corps de l'hôte (B) et finalement se trouve logé au centre de celui-ci, dans une profonde dépression communiquant avec le dehors par un canal plus étroit (C). Pendant ce temps, il a perdu ses tentacules et, en se nourrissant sans doute par imbibition, a beaucoup grossi. Il a donc l'aspect d'une sphère entièrement lisse (D), munie d'un N, d'un n et d'une vésicule pulsatile. Il se divise en deux (E), qui se divisent à leur tour et ainsi multiplient et occupent, dans leur chambre agrandie, une bonne partie de la cavité de la Paramécie (F). Peu à peu, cette division se transforme en bourgeonnement externe. Les bourgeons naissent munis de cils et de quelques tentacules, ressortent par l'orifice d'entrée (67) et vont à la recherche d'un nouvel hôte. C'est alors que Stein les avait pris pour les jeunes de la Paramécie.

A la fin, les derniers individus prennent aussi les caractères de bourgeons et se comportent comme les précédents. Ces formes parasites sont très petites. Elles atteignent les Paramécies, les Stylonichies et les Stentors (0,08. Eau douce).

Endosphsera (Engelmann) (fig. 858), ne diffère du précédent que par son mode de bourgeonnement qui est interne et par ses bour- Fig. 858. geons ciliés, mais dépourvus de tentacules (Endoparasite chez diverses Vorticellines et chez des Tentaculifères). — Ici se place aussi le genre

Amsebophrya (Kôppen), parasite interne soit des Acanthomètres (^4. acanthometrae) , soit de Sticholonche (A. Slicholonchse). Dans l'un comme dans l'autre de ses hôtes, il a été méconnu et pris comme un organe de ceux-ci. Dans les Acanthomètres, on l'a décrit comme un noyau de forme spéciale avec une portion invaginée (fig. 310) qui n'est autre chose en réalité qu'un bourgeon interne analogue à celui du Tokophrya, et dans le Sticholonche on l'a pris pour un organe spécial, le corps spiral (V. p. 206 et 251) (').

Avec les trois formes suivantes, nous tombons aux derniers degrés de dégradation des appareils qui caractérisaient les formes élevées dont nous sommes partis.

Urnula (Ciaparède et Lachmann) (fig. 859) qui, vivant fixé sur le pédoncule des Epistylis, a été pris à une époque pour le jeune de ce Cilié, est un petit être de forme irrégulièrement ovoïde, fixé par un très court pédoncule dans une logette chitineuse fixée elle-même par un court prolongement pédonculaire sur le pédoncule de l'hôte. On trouve un N et deux vésicules pulsatiles avec leurs caractères habituels, mais r'appareil tentacu- E^lstylidU) laire est réduit à deux ou trois (parfois un seul, rare- (d'up. cw.parède

et Luchinann).

(J) Ces formes constituent la famille des PodopiuiyivjE [Podoplujina (Bùtschli)].

Eadospliœra (spl«.) dans un Epistylis (d'ap. Ciaparède et Lachmann).

LKS INFl'SOlUES

ment jusqu'à cinq) tentacules d'aspect si singulier qu'on les a pris un moment pour des pseudopodes de Rhizopodes.

Ils sont, en ëffet, hérissés de petites saillies irrégulières qui semblent se mouvoir à leur surface comme des granulations protoplasmiques et montrent parfois comme un commencement de ramification. Mais une observation attentive a montré que cet aspect est dû aux plissements que provoquent les contractions, car tout cela s'efface quand le tentacule est tout à fait étendu (0,08. Eau douce). — Chez Rhyncheta (Zenker) (fig. 860), il n'y a plus qu'un seul tentacule slyliforme, mais bien formé et très actif, qui prolonge le corps à la manière d'une trompe (0,09. Eau douce; fixé, la trompe en Fig. seo. arrière, entre les pâlies d'un Cyclops) ('). — Enfin dans le

genre

Fig. 80 1.

ter*

tlypocoma (H. parasitica) (d'ap. Plate).

Hypocoma (Gruber) (fig. 861), il n'y a aussi qu'un tentacule, mais capité et qui semble se prolonger en dedans dans le corps. Ce tentacule (tent.) naît de la partie supérieure de la face ventrale, et tout le reste de cette face est garni de cils, sauf une étroite bordure qui en est dépourvue. On pourrait voir là une transition entre les Tentaculifères et les Ciliés, mais c'est plus probablement la persistance d'une condition larvaire (0,046. Mer, sur le pédoncule de diverses Vorticellines) (*). Rhyncheta

' w . (R. Cyclopum)

(d'ap. Zenker).

Nous plaçons ici avec doute deux formes de Tentaculifères qui, bien plus que la précédente, feraient le passage aux Ciliés si leurs particularités d'organisation étaient mieux connues et plus solidement interprétées. La première est le genre Suctorella (Frenzel) (fig. 862) qui a l'apparence d'un Tokophrija et possède, en plus, une petite ouverture fissiforme garnie de cils très fins. Si l'animal avait contenu un bourgeon interne, l'interprétation de cet orifice cilié eût été simple, et sa présence n'eût rien eu de bien remarquable, mais il n'y avait rien de tel, en sorte que l'on se demande si ce ne serait pas le reste, physiologiquement inactif (car les cils sont bien trop fins pour jouer une fonction alimentaire), d'une bouche (0,04. Eau douce). — Le second est le

.tent

Suctorella (d'ap. Frenzel).

P) Ces deux genres constituent la famille des Urxulixa: [Urnulina (Bûlschli)]. (2) L'animal est de forme ovalaire, mais avec la face ventrale excavée. Il con-

TENTACUL1FÈRES

Peitiada (Frenzel) (fig. 863),ilaune forme ovoïde, mais se prolonge en haut en deux cols qui, l'un et l'autre, se terminent par un tentacule capité. A la base de chaque col, est une sorte de soie raide et tout le corps est revêtu de cils fins (0,075. Dans une petite lagune) (').

Revenons maintenant aux Acinètes, aux Tokophrya, à ces formes typiques qui nous ont servi de point de départ.

Nous allons suivre une nouvelle série de modifications qui va nous conduire aux formes les plus étranges qu'il soit possible d'imaginer. Ces modifications ont pour origine principale la formation de lobes sur lesquels les tentacules viennent se grouper. Trichophrya (Claparède et Lachmann) (fig. 864) ne diffère presque de Tokophrya que par l'absence de pédoncule. Que l'on suppose un Tokophrya libre, sans pédoncule, avec les tentacules groupés, comme ils le sont dans quelques espèces de ce genre, en bouquets sur des parties du corps légèrement saillantes et l'on aura un Trichophrya (0,24. Mer et eau douce) (*).

Pciliada (d'ap. Frenzel).

Fig. 865.

Fig. 864.

, le.nl

Trichophrya (T. cordiformis)

(dap. Chcviakof). Dendrosoma (im. Kent).

Dendrosoma (Ehrenberg) (fig. 865) est d'une taille colossale pour un Ten-

tient un longN, concave aussi en bas et une vésicule pulsatile située dans la concavité du N. Ce genre constitue la famille des JlyrocoMnvjs [Ilypocomina (Bûtscbli)].

(') Frenzel a trouvé ces deux formes dans la République argentine. La première vivait en compagnie d'autres Acinètes. 11 a vu les tentacules fonctionner. C'est donc sûrement un Tentaculifèrc. Il a trouvé le N, deux vésicules pulsatiles, mais pas de n. Un individu ne montrait aucune trace de cette bouebe. La seconde est moins sûrement un Tenlaculifère, car l'auteur n'a pas vu les tentacule* en action.

(2) Cette forme vit sur divers animaux marins et d'eau douce (pédoncule d'Epis-

LES INPUS01RES

Fig. 8(iC.

taculifère, puisqu'il atteint 2raml/2. On croirait, au premier abord, avoir devant les yeux une petite colonie d'il ydraires. Ce sont en effet comme des stolons ramifiés dans un plan horizontal, sur lesquels auraient poussé des individus dressés côte à côte, ramifiés et portant au sommet de chacune de leurs ramifications un petit bouquet de tentacules terminés en boule au sommet. Eh bien, malgré cet aspect, ce n'est rien qu'un Tenlaculifère à tentacules capités, et encore n'est-il pas colonial, car une observation attentive montre que tout le système est parcouru par un énorme N continu, mais ramifié et envoyant une branche dans chacun des rameaux dressés (2,5. Eau douce) (*).

Dans ces deux genres les tentacules étaient nettement capités. Dans le genre Dendrocometes (Stein) (fig. 866), ils sont styliformes, très courts etinvaginables au bout. Le corps, en forme d'hémisphère allongé, est fixé par sa face plane et émet par sa surface convexe trois à quatre (parfois deux, d'autres

Demi roco mêles (D. paradoxus). pr., proie (d'ap. Vrzesniovski).

Fig. 807.

tylis, cavité branchiale de divers Tuniciers, surface du corps de certains Entomostracés el même sur les branchies de quelques Poissons. L'une d'elles T. cordiformis qui vit entre les fourches caudales de Cyclops phaleratus a été prise pour une valve operculaire, sorte de telson, destiné à protéger l'anus. Le bourgeonnement est endogène et tout semblable à celui de Tokopkrya.

Nous placerons ici, l'auteur n'ayant pas discuté ses affinités, le curieux genre Staurophrya (Zacharias) (fig. 867), forme libre, comparable à une sphère munie de six protubérances, deux aux pôles supérieur et inférieur, déterminant le grand axe et quatre dans le plan équatorial. Ces protubérances sont grosses, très obtuses et portent chacune quinze à vingt tentacules non capites, très rétractiles bien que lents à se mouvoir. Sur ces tentacules, on voit parfois se former des vésicules comme s'ils avaient une membrane. Par une exception rare, l'animal est capable d'absorber de petits fragments solides que l'on retrouve dans son endoplasme (0,05. Eau douce).

(*) Il y a de nombreuses vésicules pulsati- Staurophrya (d'ap. Zacharias).

les éparses dans tout le corps. Aux extrémités de certains rameaux, se voient des bourgeons externes et, plus bas sur la con-

TENTACULIFÈUES

fois cinq ou six) gros prolongements qui se ramifient deux ou trois fois, et chaque fois en trois branches, mais irrégulièrement. Chaque branche se termine par un petit bouquet de trois à quatre tentacules très courts, en forme de cône fortement tronqué, dans lesquels le canal et ses parois sont très évidents et qui sont très rétractilcs et peut-être invaginables à leur extrémité.

Les canaux des différents tentacules se continuent indépendamment les uns des autres jusque dans l'intérieur du corps, ce qui permet d'interpréter les bras tentaculifères comme formés simplement par les tentacules soudés jusqu'auprès de leur extrémité. La lobation du corps est donc plus apparente que réelle (0,1. Eau douce, sur les branchies des Gammarus) ('). — Chez

Stylocometes (Stein), les tentacules, semblables en eux-mêmes à ceux du précédent, restent indépendants jusqu'au bout, en sorte qu'il n'y a plus du tout de lobation, ni réelle, ni apparente (0,1. Eau douce, sur les branchies d'Asellus el sur les bouquets à! Ophvydium) (*).

Il ne nous reste plus à présenter qu'un genre, mais le plus singulier de tous, incontestablement. C'est le

Fig. 868.

genre

Ophryodendron (Claparède et Lachmann) (fig. 868 à 870). L'animal (fig. 868), de forme ovoïde allongée, est fixé par l'extrémité inférieure de son corps rétrécie en pédoncule. A la partie supérieure, il porte un à quatre gros et très

Fig. 869.

longs prolongements coniques, dressés, très rétractiles, armés vers l'extrémité de petits tentacules styliformes. L'animal produit par bourgeonnement interne de petites larves munies d'une ceinture de cils (fig. 869), qui se fixent et se transforment à la manière ordinaire en individus semblables au parent.

Mais il naît aussi, à la base du (ou des) prolongement tentaculifère, des bourgeons externes (fig. 870, A : a) qui se détachent

Ophryodendron.

(O. abieiinuni).

Larve (d'ap.

Claparède et Lachmann).

Fig. 870.

Ophryodendron (O. multiplicatum) (d"ap. Kent).

tinuité des rameaux, des sortes de tumeurs déterminées par des bourgeons endogènes.

Ces deux genres constituent la famille des Dendro somiNjE [Dendrosoinina (Butschli)].

(:) L'animal possède un N auquel est accolé la vésicule pulsatile. Celle-ci est donc profondément située dans le corps, aussi est-elle munie d'un long canal excréteur très évident. Le bourgeonnement est endogène

(2) Ces deux genres forment la familledes DExmiocoMETixji\Deiidvocometina (Stein)]-

Ophryoden dron.

Formation de l'individu vermiforme.

A, B (O. pedicellaturn) ; a, ï>, bourgeons (d'ap. Koch); C, individu vermiforme d'O. trinacrium (d'ap. Grubor).

516 LES INFU80IHES

(B : b) et se transforment en individus dits vermiformes (C) qui sont tout autrement conformés que le parent. Leur forme est plus allongée et leur corps se termine par un simple prolongement en col de bouteille muni d'un orifice à son extrémité. Ils sont fixés auprès des individus de la première forme ou môme sur eux.

On ne sait rien de certain sur les relations biologiques de ces deux formes.

On s'est demandé si la seconde ne représentait pas simplement une phase jeune de certaines larves, ou si elle n'était pas destinée à s'unir à l'autre par conjugaison (0,13. Mer) (').

(!) Les espèces, assez nombreuses, ont des formes très dilïérenles et on a souvent fait des genres avec des différences moindres. Chez une espèce, 0. abiclinum, on trouve des trichocystes. Mais comme ces trichocystes manquent quelquefois et qu'ils sont tout à fait semblables aux nématocystes de la Campanulaire sur laquelle vit l'animal, on est peut-être fondé à se demander s'ils lui appartiennent bien en propre.

Ce genre constitue à lui seul, et à bon droit, la famille des Opiiryodkmjius.e [Ophryodendrina (Stein)] .

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