V. spt., vaisseaux des septa de la branchie
V, vl-i vaisseau mouiliforme de la moitié droite du vélum ;
V. vntr. br., vaisseau ventral delà branchiiou ai'tère branchiale;
V. vnt., int., vaisseau ventral de l'intestin, veine intestinale (veine porte).
Fig. 1. Vue par la face dorsale (Sch.)
Fig. 2. Ensemble de la circulation du C()té gauche, nu de profil (Sch.). Fig. 3. Vue de la face venti-alo (Sch.).
('.(lî)
Zoologie concrète. T. VIII. Pl. 15.
CÉPIIALOCORDES — AMPIIIOXUS 97
Ajoutons que l'interne (14, /ig. 1, v. i. s.) naît par deux racines, l'une venant du bulbille, l'autre plus directe et plus importante venant directement de l'artère branchiale. Arrivés à l'extrémité dorsale des septa, les trois vaisseaux se réunissent de nouveau pour se jeter dans le tronc aortique correspondant (v. d. d.).
Les languettes n'ont, comme nous savons, que deux canaux sanguins (v. i. I. et V. e. /.) correspondant au moyen et à l'interne de ceux des septa. De plus, ces canaux n'ont aucune relation directe avec l'artère branchiale et reçoivent le sang des canaux septaux par l'intermédiaire de fins canaux contenus dans les synapticules. Dorsalement, ils se terminent comme ceux des septa.
Aortes et artère intestinale. — De chaque côté de la gouttière épipharyngienne, dans un espace lymphatique compris entre les deux lames du mésentère dorsal péritonéal, est un tronc aortique {lS,fig. l, V. d. d. et V. d. g.) qui va de haut en bas en grossissant progressivement à mesure qu'il reçoit de nouveaux affluents des languettes ou des septa. En bas, ces deux aortes se réunissent en une artère intestinale impaire (v. d. c.) qui continue à courir dans le mésentère dorsal de l'intestin et qui s'épuise peu à peu en ramifications latérales, sur l'estomac et l'intestin.
La manière dont se terminent en haut les aortes ne semble pas établie d'une manière bien définitive. Elles se prolongent l'une et l'autre dans la tête en une artère carotide.
D'après les travaux les plus récents, ceux de van Wijhe, la carotide gauche poursuivrait sa route en arrière du tube hypophysaire, avec un calibre très faible et sans donner de branches, pour aller se continuer au-dessus de la bouche avec la terminaison de l'aorte droite, au moyen d'une anastomose transversale située en avant de la notocorde.
La carotide droite a une distribution bien plus compliquée. Elle commence par fournir, après avoir dépassé le pharynx, un diverticule allongé moniliforme (15, /tg. 1, v. vl.) qui se porte en avant sous l'insertion du vélum et se termine sans fournir de branches, en cul-de-sac, sous le bord inférieur de la bouche (*). Après avoir fourni ce diverticule, la carotide droite continue son trajet mais en se divisant en une sorte de rete mirabile {I.) qui s'étend jusqu'à la fossette de Hatschek et qui, en passant le long de la bouche, fournit de petits canaux aux cirres, non seulement aux cirres de droite mais à ceux de gauche, et se termine par l'anastomose qui le réunit à l'aorte gauche.
Veine intestinale, système porte et veine cave. — Les capillaires intestinaux fournis par l'artère dorsale de l'intestin se réunissent du côté ventral de cet organe et donnent naissance à une veine intestinale
(') J. MiiLLUn croyait qu'un canal semblable existait du côté gauche et que l'un et l'aulre se jetaient dans l'ai-li-n- branchiale, formant ainsi une paire d'a/vs aorliques directs (ductus BotaUi] .
CEPIlALOCOnOES — AMPHIOXUS
l'ig. 91.
(15, fiQ. 2 et 3, V. vntr. int.) qui monte en grossissant à mesure qu'elle reçoit de nouveaux aFIluents, en particulier au niveau de Testomac
Ar rivée au cœcum hépatique, celte veine se dissocie brusquement en capillaires [cpll. hép.) ([in se répandent sur ce cœcum et garnissent ses parois jusqu'à son sommet. Ces capillaires sont recueillis par une veiiie cave (15, /if/. 2, V. cv.) qui prend naissance par une extrémité mince au sommet du cœcum et se porte de haut en bas vers la base du cœcum, suivant le bord dorsal de cet organe, en grossissant de plus en plus à mesure qu'elle rencontre de nouveaux capillaires. Cette veine (fig. 91) n'est pas d'ailleurs unique, mais forme une sorte de réseau dont les mailles sont de simples fissures longitudinales tandis que les canaux qui les limitent sont larges et très rapprochés les uns des autres. Enfin, à la base du cœcum, cette veine se recourbe vers le haut pour monter le long de l'endostyle et constituer, en changeant seulement de nom, Yarière branchiale (15, fig. 1 et 2, V. vntr.br.), large et à calibre unique. On remarquera que la veine intestinale, prenant origine des capillaires intestinaux pour se résoudre en capillaires hépatiques, a le caractère d'une veine porte.
Le sang contient des amœbocytes irréguliers et, d'après Rohon, quelques rares globules rouges ovales qui ne suffisent pas à le colorer.
Appareil excréteur. — Deux organes contribuent à la fonction excrétrice : desbourrelets épithéliaux (13,//V/.1\ r. pbr.) situés dans la cavité péribranchiale et des tubes néphridiens (r.) placés dans le cœlome rétropharyngien. Au point de vue morphologique, on pourrait peut-être assimiler à des néphridies les entonnoirs alriocœlomiques de Ray Lankester (entn.). Mais, outre que cette assimilation n'est nullement certaine, ces organes ne paraissent avoir aucune fonction excrétrice, aussi n'en parlerons-nous pas ici.
Rein êpithélial péribranchial. — Sur le plancher ventral de la cavité péribranchiale, dans la région médiane, entre les deux séries d'organes génitaux et principalement au voisinage du spiraculum, se voient des bourrelets saillants (fig. 92 et 13.
Mi
mm
Amphioxus.
Veine cave (d'ap. Schneider).
Fii;. 92.
Ampliioxii.s.
Coupe transversale du pore abdominal (d'ap. Rolpli). iiitpl., luotaplourcs : pl»r., alriuni ou cavité i>oribrjiiicIiial.- .: r., roiii cpitliolial <Io la cavité péribranchiale.
CEPHALOCORDES
AMPIIIOXUS
Fig. 93.
/î(j. '?, r. pbr.) disposés sans rcg-ularitc, tant au point de vue de la symétrie bilatérale qu'à celui d'une succession métamérique. Leur forme, irrégulière aussi, est allongée dans le sens de l'axe du corps et leur nombre est variable aussi. Disons pour fixer les idées qu'on en peut trouver de chaque côté une vingtaine ou plus; les plus voisins du spiracnlum sont les plus gros.
A leur niveau, l'épithélium péribranchial, formé ailleurs de cellules basses à un seul cil, prend un caractère tout différent. Il reste à une seule assise mais devient beaucoup plus élevé et se montre formé de deux sortes de cellules. Les unes, cellules rénales, sont grosses, ovoïdes, ont leur noyau près de la base et contiennent des grains d'excrétion; les autres sont de même hauteur que les précédentes, mais formées d'un pied filiforme et d'un petit renflement terminal contenant le noyau et situé près de la surface. Les unes et les autres portent un unique flagellum. Les petites cellules dessinent une sorte de réseau dont chaque maille est occupée par une des grosses cellules excrétrices.
Au bord externe des cloisons qui séparent les fentes branchiales, l'épithélium péribranchial présente des caractères analogues à celui de ces grosses cellules.
Tubes néphridiens de Boveri.
— Ces tubes (13 et 14, fig. 2, r.)
constituent un système tout à fait différent et extrêmement intéressant à tous les points de vue. Ce sont de petits canaux, formés de deux branches rectangulaires (fig. 93), situés à cheval sur la partie dorsale des languettes du pharynx, dans ces deux couloirs cœlomiques qui régnent de part et d'autre du mésentère dorsal du pharynx et qui sont séparés de la cavité péribranchiale par le ligament dentelé. Il y en a exactement un pour chaque languette et par conséquent en tout environ 90 paires; leur disposition est donc métamérique, en concordance avec la mélamérie des fentes branchiales, ce que l'on exprime par le mot de branchiomérie.
Ampliioxus, Un tube néphridien du côté gauche (d'ap. Boveri). c, cellules pédonculées de Boveri; f., fentes branchiales; fl., flamme vibralile de rorilice excréteur; o., orifices néphridiens de la cavité générale.
100 cÉPHALOconoES — ampiiioxus
Comme ils sont tous semblables sauf la laille (ceux des extrémités étant moins grands et ayant un moindre nombre d'oriflces cœlomiques) décrivons-en un de la partie moyenne.
Ce tube coudé est disposé de telle sorte que l'une de ses branches est supérieure et parallèle aux fentes branchiales, c'est-à-dire dorsoventrale avec une obliquité plus ou moins accentuée en avant et en bas; l'autre branche est donc perpendiculaire aux fentes branchiales et son milieu correspond à une languette. Comme le tube est situé à la face externe de la languette, la paroi ventrale de cette branche se trouve en rapport en avant avec le sommet des voûtes que forme le ligament dentelé en face des languettes et qui sont séparées par les prolongements qu'envoie le ligament dentelé à la face externe des septa pour former la paroi externe des canaux cœlomiques de ces septa. Là, au sommet de ces voûtes, la branche verticale de chaque tube s'ouvre dans la cavité péribranchiale par un orifice situé au centre d'une petite papille (fig. 93, fl.). Cette papille correspond au milieu de la longueur de cette branche verticale.
Le tube s'ouvre d'autre part dans la cavité cœlomique où il est contenu, premièrement à ses deux extrémités, secondement par un certain nombre d'orifices (deux à six environ) situés sur les deux branches, sur la face opposée à celle qui porte l'orifice atrial. Tous ces orifices (o.) sont portés au sommet d'un petit prolongement évasé en trompette.
Le tube lui-même est formé d'un épithélium à petites cellules cubiques ciliées. Les cils de l'orifice atrial sont beaucoup plus longs et plus actifs. Dans les orifices infundibuliformes donnant dans le cœlome, se trouvent entremêlées aux cellules épilhéliales qui les tapissent de curieuses cellules (c.) très longuement pédiculées et terminées par un renflement sphérique. Elles donnent l'impression de bouquets de Vorticelles. Elles jouent très probablement le rôle d'éléments excréteurs, mais on ne sait rien de précis à leur égard : ce sont les cellules, pédonculées de Boveri [F adenzellen) .
A ces organes s'adjoignent autant de petits plexus vasculaires formés par le vaisseau le plus externe du septum et de la languette correspondant à chaque tube (14, fig. 1, r.). Ces vaisseaux, avant de se jeter dans le tronc aortique correspondant se résolvent en un réseau qui couvre le tube de ses mailles. Il y a là un appareil excréteur très remarquable par sa ressemblance avec certaines phases embryonnaires de l'appareil néphrétique embryonnaire des Vertébrés.
On cite en outre, d'ordinaire, comme organe excréteur, le prétendu nephridium céphaliqiie de Hatschek; mais nous avons vu (p. 86) que, d'après les récentes recherches de Legros [98], cet organe est en réalité un tul)e hypophysaire.
Système nerveux. — Nous décrirons séparément le système nerveux central, constitué par le cordon médullaire dorsal, et le système j " phérique, constitué par les nerfs.
CÉPHALOCOnOES — AMPIIIOXUS 101
Cordon nerveux médullaire. — Ce cordon ou plutôt ce tube nerveux
Fijï. 94
Amphioxus . Coupe transversale du cordon nerveux dorsal dans la région moyenne
du corps (d'ap. Rohde).
c, canal do l'ôpendyme; t., faisceaux do soutien ; incl., muscles; nf. , nerfs.
est couché dans le canal creusé dans la substance squelettogène en arrière de la notocorde. Il a la forme d'un prisme triangulaire isocèle dont l'arête impaire est dorsale (fig. 94, 95 et 96); il est en outre renflé dans sa partie moyenne et atténué aux deux bouts. L'extrémité inférieure va en s'effilant progressivement en un filament terminé par un tout petit renflement olivaire. L'extrémité supérieure, au contraire, s'amincit très peu et se termine par une extrémité coupée à pic (fig. 97, 98). C'est un fait presque unique dans le règne animal, le cordon nerveux, qu'il soit dorsal ou ventral, se renflant toujours dans la région
Fiff. 95
Amphioxus.
Coupe transversale de la moelle (d'ap. Rohde).
cil. ggl., cellules ganglionnaires : cil. st., cellules de soulicn ; en., canal do ré)iendyme.
CEPIIALOCOUDES — AMI'IIIOXUS
Fig. 96.
HA
céphalique. En longueur, il s'étend un peu moins que la nolocorde nui le dépasse aux deux bouts, principalement en haut (*).
En largeur, il est loin de remplir le canal qui le contient, et baigne dans un liquide lymphatique.
C'est un tube, avons-nous dit, mais son canal central est fortpetit. Ce canal épendymaire communique avec la surface par une fissure (fig. 95, en.) qui rejoint le bord dorsal et rappelle l'invagination ectodermique qui lui a donné naissance.
En haut, dans la partie non renflée qui occupe la place du renflement céphalique des Verté-
1 ^ r -, Amphioxus.
nres, le Ca- Coupe longitudinale de la moelle (d'ap. Rohde).
nal se dilate fijc.,nx., faisceaux de fibres nerveuses; fsc. st., faisen une lar^e ceaux tle soutien ; cil. egl., cellules ganglionnaires ;
. ° cU. st., cellules de soutien; en., canal de l'épendvme.
cavité rappelant les ventricules de ces animaux (fig. 98, cv.). Ce ventri-
Fi.r. 97.
Amphioxus.
Coupe longitudinale du cordon nerveux dorsal au niveau de la vésicule cérébrale (d'ap. Rohde).
cule se prolonge en haut en un petit diverticule(o//'.) qui se termine en cul-de-sac (chez l'adulte du moins) dans le 'pédoncule olfactif, prolongement qui s'avance de l'extrémité supérieure du cerveau vers la fossette olfactive située à gauche sur le dos de la tête. Sur le plancher ventral du ventricule,
Fis. 98
(1) En bas, Hetzius l'a vu parfois so continuer au delà du renl'lenienl oiivaire en un filament qui conlourne revlréniiléde la iiotocurde.
Ampliioxtis.
Section sagittale de la vésicule cérébrale (d'ap. Kupffer).
c. ggl., cellules ganglionnaires: cv., cavili- tle la vi'sioule cérébrale; liif., inliintlibuluui : olf., lobe oiractil', t., lubercule postérieur; y., tache pigluenlaire.
Pl. 16.
CEPHALOCIIOHDIA {Ampkioxtis)
(TYPE MORPHOLOGIQUE) {Suite).
Système nerveux.
ann. Ib., anneau ni'i-VHiix labial (deFusari) l'ornu' par les nerfs profonds de la cavité buccale. Cet anneau ost accolé à la face interne du muscle labial ; ann. vl., anneau nerveux du vélum ; crd. n., cordon nerveux dorsal;
Ib., lèvre;
mol., muscles;
n. 1 f n. 2, n. 3, etc., première
deuxième.
troisième, etc., paires de nerfs; nch.f notocorde; n. mt., norfs moteurs; r. d., rameau nerveux dorsal:
r. V., rameau nerveux ventral; rst.f rostre.
Fié- 2 Fig. 3
Fig. 4.
Fig. 5.
Fig. 6, Fig 7.
(Dans les figures 1, 2 et 3 les nerfs du côté gauciie ont été figui-és en rouge et ceux du côté droit en bleu.)
Système nerveux demi-schématique du côté di-oit de la tête (d'ap. dessin original inédit de Van Wijhe).
Système nerveux demi-schématique, du côté gauche de la tête (d'ap. dessin original inédit de Van Wijhe).
Système nerveux de la région céphaHque vu de face. Les nerfs du côté droit ne prennent aucune part à la formation du plexus profond de la paroi buccale, ni à celle de l'anneau nerveux labial, ni à celle de l'anneau nerveux du vélum (d'ap. les données de Van Wijhe). (Sch.). — Le bord ventral de la bouche a été échancré pour laisser voir le vélum.
(Les nerfs du côté droit sont représentés en bleu et ceux du côté gauche en rouge.)
Schéma de l'extrémité supérieure du cordon nerveux dorsal montrant la disposition des cellules géantes et des faisceaux nerveux qui en partent id'ap. Rohde).
Schéma de l'extrémité inférieure du cordon nerveux dorsal montrant la disposition des cellules géantes et des faisceaux nerveux qui en partent (d'ap. Rohde).
(^oupe transversale schématique du cordon nerveux dorsal pour montrer le
rapport dos faisceaux uerveuv partant dos cellules géantes (d'ap. Uohde). Coupe transversale moutraut la distribution des nerfs moteurs (d'ap. Uohde).
(lu-J)
ZOOLOGIR CONCRIiTE, T. VIII.
Pl. 16.
CEPIIALOCORDES — AMPIIIOXUS
vers sa partie inférieure, on remarque un petiUliverlicule, Vinfundihuliim (inf.), limité par une saillie située au-dessous de lui et que Kupffer appelle le tuberculuni poslerius [t.).
Sa structure est remarquable en ce qu'elle rappelle sous plus d'un rapport celle des embryons des Vertébrés et de certaines formes des Invertébrés. Sous une enveloppe méning-ée assez épaisse, se trouve un complexe de fibres et de cellules. Les fibres sont pour la plupart longitudinales et se présentent sous l'aspect d'un pointillé sur les coupes transversales; elles occupent, comme chez les Invertébrés, la périphérie, tandis que les cellules sont centrales. Celles-ci sont en effet groupées autour du canal central, oîi elles conservent une disposition nettement épithéliale (fig. 95). Mais elles sont de trois sortes : les unes, ayant évolué en éléments de soutien [cU. st.), donnent naissance à des prolongements radiaires qui traversent la moelle et lui forment une sorte de squelette; les secondes sont des éléments ganglionnaires (cU. ggl.) ; les dernières forment de petits organes sensitifs, visuels, qui seront décrits à propos du sens de la vue (V. p. 106). — Il y a enfin deux amas de grosses cellules multipolaires superficielles du côté dorsal un peu au-dessous du cerveau (fig. 98, c. ggl), un dorsal entre les paires de nerfs 2 à 5, un ventral entre les paires 4 et 5.
En outre de ces éléments, il existe un système très curieux de cellules géantes et de fibres géantes dont Rohde a fait une étude détaillée. Ces cellules sont au nombre de vingt-six que Rohde a désignées par les lettres de l'alphabet (y compris le W). Elles sont disposées en deux groupes, un groupe supérieur comprenant douze cellules {16, fig. 4) massées dans le
Fie. 99.
Fig. 101.
Amphioxus. Amphioxus.
Coupe transverse de la moelle Coupe transverse de la moelle
au niveau d'une cellule géante au niveau d'une cellule géante (d'ap. Rohde). (d'ap. Rohde).
cil. g., cellule géante. cU. g., cellule géante.
Amphioxus.
Reconstitution d'une cellule géante, vue de face (d'ap. Rohde).
cil. g., cellule géante; iif., fibre do la cellule géante.
premier tiers de la moelle et un groupe inférieur formé des quatorze cellules espacées dans le tiers inférieur (16, fig. 5). Le tiers moyen en est dépourvu. Toutes ces cellules sont multipolaires et situées dans l'axe du canal central (fig. 99 et 100, cil. g.). Chacune émet, outre les prolongements multiples peu considérables, un prolongement principal qui est une fibre géante (fig. 101, nf.). La fibre de la première
CEIMIALOCOUDRS
AMP//IOXUS
Amphioxus, Extrémité supérieure du cordon nei'veux dorsal (d'ap. Schneider)
Amphioxus.
Distribution des racines nerveuses dans chaque mélamère musculaire (d'ap. Rohde).
cellule se place clans lo plan sagittal, en avant du canal médullaire cl peut Fig. 102. ^^'"^ poursuivie loin vers Texlréniilé j,. ^
inférieure de la moelle. Celles des autres cellules ne sont pas médianes :
elles partent alternativement à droite et à gauche, plongent dans la substance fibreuse, contournent le canal médullaire du côté ventral, passent du côté opposé et là, prennent une direction longitudinale qu'elles n'abandonnent plus. Celles du groupe supérieur (16, fig. 4) vont de haut en bas, celles du groupe inférieur de bas en haut
Système nerveux périphéiHque. — De la moelle partent latéralement des paires nerveuses correspondant aux myotomes et par conséquent alternant (fig. 102), comme ceux-ci, d'un côté à l'autre. Tous ces nerfs sont semblables, sauf ceux de l'extrémité céphalique, aussi décrirons-nous seulement ceux formant une paire quelconque dans la partie moyenne du corps. Il naît de chaque côté, dans chaque métamère musculaire (fig. 103) deux nerfs (fig. 104, r. d. etr. -u.), un dorsal et un ventral. On leur donne souvent
le nom de racines nerveuses, en les comparant aux racines des nerfs des Vertébrés; mais, bien qu'elles soient la ventrale motrice et la dorsale principalement sensitive, elles diffèrent des racines des nerfs rachidiens par plusieurs importants caractères : 1° elles ne se réunissent pas en un nerf
mixte et se rendent indépendamment à leur destination respective; elles ne sont donc pas des racines d'un même nerf, mais des nerfs indépendants ; 2° le nerf dorsal n'a pas de ganglion; 3° ce même nerf dorsal est mixte par lui-même.
henerf dorsal (fig. 104, r. of.)naît(fig. 105) sousla forme d'un cordon unique, volumineux, entouré par
Fig. 105.
-\-\- n-v-Jcbr
Amphioxus.
Coupe transversale du cordon nerveux dorsal au niveau d'un nerf scnsitif gauche (d'ap. Rohde).
Amphioxus. Schéma des nerfs rachidiens.
n. c, nerf eiilané delà face ventrale; n. «1., nerf dorsal; n. V., nerf ventral ; I». vsc, nerf viscéral; n. V8C. asc, ramean viscéral ascendant; n. vsc.
tr., viscéral Iransversc ; r. d., racine dorsale ; r. v., racine ventrale.
CÉPHALOCORDES — AMPUIOXUS 105
un prolongement de l'enveloppe méningée delà moelle. Son origine réelle se fait sonvent en face d'une cellule géante, mais toujours sans recevoir aucun filament ni de cette cellule ni de la fibre géante qui en part. A l'entrée dans la moelle, ses fibres se divisent en deux groupes, un qui se continue avec les fibres longitudinales du même côté, un qui se rend aux cellules ganglionnaires péri-épendymaires et se met en relation avec elles.
Ce nerf plonge dans le myocomme qui sépare le myomère auquel il appartient de celui situé immédiatement au-dessous; avant d'arriver à la peau, il se divise en deux branches qui, cheminant dans la couche conjonctive se portent l'une vers le dos (fig. 104, n. d.), l'autre vers le ventre {n. v.). La première, èrawc/ie dorsale, s'épuise dans les téguments dorsaux auxquels elle fournit la sensibilité. La seconde, brancJw ventrale, fournit de même la sensibilité aux téguments des parties latérale (n. o.) et ventrale {n. c.) ; mais, au niveau du bord antérieur du muscle pariétal, elle émet en dedans une branche viscérale (n. vsc.) qui passe sous les glandes génitales et se divise en deux rameaux dits viscéral transverse et viscéral ascendant. Le viscéral Iransverse se porte à la face viscérale des muscles ventraux et forme là un 'plexus symjmthique très riche qui innerve les muscles ventraux et la séreuse qui les recouvre. Le viscéral ascendant se porte dorsalement en suivant la face interne du muscle pariétal, atteint l'insertion pariétale du ligament dentelé, passe dans ce ligament et arrive en le suivant à la paroi pharyngienne, oii il se jette dans un plexus branchial étalé sur la branchie ('). Les nerfs viscéraux n'existent que du vélum au spiraculum. Entre l'extrémité inférieure de la branchie et le spiraculum, la terminaison des branches viscérales ascendantes n'est pas bien connue : elle paraît se faire sur le tube digestif. L'anus est innervé par le 14* nerf dorsal gauche en comptant à partir de la queue et peut-être par les 15® et 16" gauches et le 13« droit.
Le nerf ventral (fig. 104, /•.■».) se comporte tout autrement. Il naît par un faisceau de fines fibrilles sans enveloppe qui se jettent immédiatement dans le myomère pariétal correspondant (c'est-à-dire celui situé immédiatement au-dessus de lui) et l'innervent. Il est exclusivement moteur.
Dans la région céphalique, les nerfs dorsaux 3 à 7 servent à l'innervation de la bouche, des cirres et du vélum. Leurs branches dorsales, semblables à droite et à gauche, fournissent un plexus externe qui s'étend sous l'épiderme cutané des parois buccales et des cirres, leur fournit la sensibilité et innerve probablement le muscle labial externe. Sous l'épithélium de la face interne ou muqueuse de la bouche, règne un autre plexus; mais ce plexus interne ne pénètre pas dans les cirres et VAN WiJHE a constaté qu'il est fourni uniquement par les branches ventrales ou viscérales des 3'= à 7"- nerfs dorsaux du côté gauche (16, 2, /la à n^ et fig. 3) ; il forme l'anneau nerveux labial ôit plexus de Fusari {ann. Ib.)
(') Le prétendu nerf pneumogastrique allant de la ivirion céphalique à la branchie n'est qu'une illusion résultant de la vue en coupe du plexus du ligament dentelé.
CEPHALOCORDES
AMI'IIIO.Xrs
Fig-. 105 his.
Système nerveux de lii région buccale vu de l'iicc (d'apr. Hoymans el, Van der Stricht)
fig. lOC.
dont la moitié droite est fournie par les 2'' et 3" nerf du côté gauche. Les recherches d'ilEYMANS et Van deh Stricht [98] ont confirmé ces résultats
(fig, 105 bis). Le vélum tout entier est innervé parles4'à7''branches viscérales des nerfs dorsaux gauches qui forment làun anneau nerveux (16, //>7.2el.?,ann.
W.). Ce sont là de nouveaux exemples de l'asymétrie de l'Amphioxus (*).
Enfin, les deux premiers nerfs (16, /ig. 1 et 2, n, et nî) sont encore plus différents de ceux de la partie moyenne (lu tronc. Ils n'ont pas de partie ventrale motrice, le premier myotome étant innervé par le nerf n° 3 situé dans le myocomme interposé aux myomèrcs 1 et 2. Ils sont entièrement symétriques d'un côté à l'autre. Ceux de la première paire se portent directement en haut vers le rostre. Ceux de la deuxième paire partent sur les côtés et se rendent aux parties latérales du rostre. L'un et l'autre ne comprend que des filets sensitifs. Ils ont ceci de remarquable qu'avant d'atteindre l'épiderme, leurs
ramifications portentde petits renflements ganglionnaires (fig. 106).
Sens. — Sauf l'ouïe, tous les sens existent.
Le toucher a pour organes les cellules sensitives que nous avons fait connaître en décrivant l'épiderme. C'est àce sens aussi, sans doute, qu'il faut rapporter les boutons sensitifs des faces latérales des cirres et peut-être ceux du vélum, à moins qu'on ne préfère rattacher ces derniers à une fonction gustative. Ces boutons sensitifs sont de simples renflements épithéliaux. plus saillants que le reste de l'épiderme, formés de cellules disposées en gerbe de blé, les unes ordinaires, avec un cil vibratile, les autres sensitives chez lesquelles le cil est remplacépar un poil sensitif immobile.
La vue a pour organe principal une tache pigmentaire située dans l'épaisseur même de la paroi de la vésicule cérébrale, sur la ligne médiane
Fig. ll»7.
Cellules ganglionnaires périphériques des nerfs crâniens de l'Amphioxus (d'ap. Fusari).
Aniphioxus.
Aspect ventral du cerveau (d'ap. Langerhans).
n. 1, n.a, l'o et 2» p.iires de nerl's; y., tache pigmentaire
(1) Van Wliiie a émis l'idéo (|uo la ho\\c\w est inin'rvée par le colr gauclu\ parro (nrclli' est moi-pliologiqiiêmt'nt et priinitivi'iiiciil un organe gauclic qu'il (-onipare à lovent gaucho ilos Sélaciens, tandis que lèvent tiroil serait iv[)résenté par un organe larvaire, la glande en massue.
Pl. 17.
CEPHALOCIWHD lA {^Amphioxns)
(TYPE MORPHOLOGIQUE
(Suite.)
Organes génitaux.
c/.^ cloison séparant le sac génital du scl6ro- j mal. v., muscles ventraux ;