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SALI'IDES

cette petite masse pleine où sont logés les principaux viscères et que nous avons appelée le nucleus. Dans cette cavité est tendue une bandelette qui va obliquement de la partie supérieure de la face dorsale à la partie inférieure de la face ventrale : cette bandelette est la branchie (29, br.), et l'on appelle pharynx ou cavilè branchiale (ph.) toute la partie de la cavité commune qui est située en avant et au-dessus d'elle, et cavité cloacale {cl.) toute la partie qui est située en arrière et au-dessous. Cette dernière est sensiblement moins vaste que la première. Les deux cavités communiquent d'ailleurs très largement entre elles sur les deux côtés de la bandelette branchiale par deux énormes orifices que nous verrons être comparables à la paire de stigmates primitifs de la larve de notre type morphologique général. Au fond de la cavité branchiale, en avant de l'extrémité antéro-inférieure de la branchie, est l'orifice œsophagien (o. œ.), entrée d'un tube digestif pelotonné sur lui-même dans le nucleus. L'anus s'ouvre tout près de la bouche, mais plus dorsalement, dans la partie du cloaque qui confine à l'extrémité inférieure de la bandelette branchiale qui, seule, le sépare de l'orifice œsophagien. Outre le tube digestif, le nucleus ne contient que le cœur (C). Il n'y a pas d'organes génitaux, l'animal se reproduisant asexuellement au moyen d'un stolon {st.) implanté sur sa face ventrale, au-dessus de la base du nucleus.

Paroi du corps. — Elle est formée, outre la tunique, d'un simple épiderme à cellules prismatiques. Cet épiderme n'est doublé d'aucune couche dermique et forme la paroi immédiate de la cavité générale contenant le sang. Mais il existe une puissante musculature pariétale que nous décrirons ici, bien que, embryogéniquement, elle appartienne peut-être plutôt aux parois internes du pharynx et du cloaque.

Tunique. — La tunique est assez épaisse, surtout au niveau du nucleus où elle devient sub-cartilagineuse, tandis qu'elle est plus molle dans les autres points; elle reste néanmoins partout parfaitement hyaline. Elle revêt les prolongements styliformes dans lesquels pénètre un prolongement de la paroi et du schizocœle et forme à elle seule les crêtes verticales. Entre ces crêtes, elle est naturellement beaucoup plus mince. Elle contient, comme d'ordinaire, des éléments émigrés qui, sans doute ici aussi, viennent du mésoderme. Certaines de ces cellules arrivent jusqu'à la surface de la tunique, où elles forment, dans les pomts soustraits à des frottements, un revêtement continu qui a été pris pour un dédoublement de l'épiderme (30, fig. 3).

Musculature (30, //g. 1). — Le corps est comme cerclé par une dizame de bandes musculaires à peu près équidistantes (mt.). Mais ces bandes ne forment pas des anneaux complets; elles sont interrompues à la face ventrale sur une plus ou moins grande largeur. Au voisinage de l'orifice cloacal, elles deviennent plus étroites et plus serrées les unes contre les autres et, cessant d'être interrompues du côté ventral, forment là un sphincter complet {m. cl.). Vers l'orifice buccal, leur

T. vni. ,^2

UROCORDES

TIIALIES

Fig. li'i.

clisposiLioli annulaire se modifie, mais d'une autre façon : les choses sont comme si les bandes buccales, d'abord régulièrement annulaires, s'étaient fusionnées les unes aux autres au niveau de leur partie latérale qui en même temps se serait portée en bas, en sorte que leurs directions divergent à partir de ce point vers les lèvres de la bouche (m. /.); il s'y adjoint môme quelques faisceaux (m. o.) qui se rendent des muscles annulaires voisins à ce point de convergence, et accentuent cette disposition. Tous ces muscles sont striés.

Schizocœle. — Constitué par l'étroit espace compris entre la paroi externe et les parois internes de la branchie et du cloaque, il s'étend autour dos viscères et entre eux dans le nucleus, et se prolonge dans l'épaisseur de la bandelette branchiale. 11 est rempli de sang.

Pharynx. — Le pharynx (29, ph.) est formé d'une simple couche d'épithélium prismatique finement cilié qui seule le sépare du schizocœle. 11 n'y a rien à ajouter à ce que nous avons dit de sa disposition générale, mais nous devons décrire la bouche qui donne accès dans sa cavité et les organes qu'il contient.

La bouche {b.) occupe à elle seule l'extrémité supérieure du corps; elle est fendue transversalement et limitée par deux lèvres (/. d. et /. v.)

formées seulement par les téguments un peu plus minces à ce niveau. La lèvre dorsale (/. cf.), plus épaisse et moins saillante, est peu ou point mobile; l'inférieure plus grande et plus souple est très mobile et peut, en se relevant, fermer entièrement l'orifice. Nous avons vu qu'elles sont pourvues d'une musculature spéciale. L'espace limité par ces deux lèvres correspond au siphon inspirateur de notre type général. C'est comme un siphon fendu transversalement (*).

Uendostyle (29, £.), bien développé en une profonde gouttière verticale à parois épaisses (fig. 144), commence un peu au-dessous de la lèvre ventrale et s'arrête un peu au-dessus de l'orifice œsophagien. Sa structure est conforme à celle que nous avons décrite pour notre type général. Notons seulement que les deux zones glandulaires profondes sont formées de bandes cellulaires divergeant en dehors en éventail, tandis que la zone glandulaire externe est formée de bandes régulièrement alignées. Les rephs marginaux ont la disposition habituelle.

Le cercle péricoronal {pr.) forme une gouttière à deux lèvres comme

Salpe. Coupe transversale de l'endostyle (d"ap. Lahille).

(») Los auteurs no disent pas si los lèvres sont revêtues, en dedans, d'une tunique réiléchie.

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"" ' ' ' ' ' i';q orioBo jiifiJ'j auuu'A .•

Pl. 29.

SALPIDA

(TYPE MORPHOLOGIQUE) Forme solitaire (oozoïte).

b., bouche;

br., branchie;

C; cœur;

ce.) crêtes ciliées;

oL, cloaque;

E., endostyle;

es.; estomac ;

G. n.j ganglion nerveux;

gl. p., glande pylorique;

int., intestin;

/, d., lèvre dorsale; Ig.j languette dorsale; /. lèvre ventrale; œ., œsophage;

0. œ., ouverture de l'œsophage; ph., pharynx; pr., gouttière péricoronale ; st., stolon;

f. V., tubercule vibratile; y.j œil.

Fis 1 Coupe sagittale dans les deux tiers supérieurs du corps et oblique dans le tiers inférieur. L'anus étant caché par la branchie n'est pas visible dans cette figure (Sch.).

Zoologie concukte. T. VIII.

SALPIDES

Fiff. 145.

dans notre type général et afFectant les mêmes rapports avec les replis marginaux de l'endostyle.

La gouttière ventrale a la disposition habituelle.

Tube digestif. — 11 comprend l'œsophage (œ.), l'estomac (est), l'intestin {int.) et une paire d'organes annexes, les glandes pyloriques (^/. p.). Dans son ensemble, il est court et contourné sur lui-même, de telle façon que le rectum passe au côté gauche de l'estomac et va s'ouvrir au même niveau horizontal que l'œsophage, mais plus dorsalement. C'est la base de la bandelette branchiale, prolongée à ce niveau en un petit éperon qui sépare les deux orifices.

Vœsophage (29, œ.) est large, contourné, aplati, cilié. L'estomac (es.) est large, arrondi; il présente une gouttière dorsale ciliée, il est cilié aussi sur ses faces latérales, mais sa face ventrale est formée d'un très haut épithélium cylindrique non cilié. Aucune de ses cellules n'est glandulaire.

L'intestin (int.) part de la partie supéro-ventrale de l'estomac, se porte à gauche et en arrière et va s'ouvrir à l'anus; il est cilié.

Vamis est situé dans la partie inféro-ventrale de la cavité cloacale; nous avons indiqué plus haut ses rapports avec la bouche et la branchie.

La glande pylorique (29, gl. p.) est formée ici d'une paire de cœcums allongés, un peu ramifiés, qui partent de la base de l'estomac et s'étendent jusque sur l'intestin. Ils sont revêtus d'un épithélium non cilié, à hautes cellules cylindriques, entre lesquelles sont de nombreuses cellules glandulaires ovoïdes. Malgré leur parité, ces cœcums correspondent certainement à la glande pylorique impaire du type général des Tuniciers.

Cloaque. — Le cloaque (cl.) est cette partie de la cavité centrale de l'animal qui est au-dessus et en arrière du niveau de la branchie. Iln'est séparé du pharynx que par l'étroite bandelette branchiale (29, br. et fig. 145), et communique très largement avec lui sur les côtés de la branchie par deux très larges ouvertures homologues des tubes expirateurs des Appendiculaires et delà première paire de trémas de la branchie des larves des Ascidies. Nous avons vu que l'anus s'ouvre dans sa cavité.

Branchie. — La branchie présente, en raison de sa forme, deux faces latérales semblables et deux

bords, libres l'un et l'autre, l'un supéro-dorsal formant l'étroit plancher du cloaque, l'autre inféro-ventral formant la, plus étroite encore, voûte

Coupe transversale de la branchie (Sch.).

cl., i);irni cloncalo de la bi-iin- '^hic; g., gouttière dorsale <lu pharynx; v., tiers antérieur de la brancliio ijourvue d'une côte ciliée.

180 unoconDES — tiialiés

de la cavité pharyngienne. Elle est fixée par ses deux extrémités. Son bord dorsal est légèrement convexe en haut, non cilié. Son bord ventral, sensiblement plus long que le dorsal, est creusé d'une profonde gouttière (rig. '145, g.) non ciliée, dont les deux lèvres, comme celles de l'endostyle, se continuent en baut avec la lèvre inférieure de la gouttière péricoronale, tandis que la lèvre supérieure de celle-ci passe ininterrompue audessus. Les faces latérales sont formées de deux parties, s'étendant parallèlement dans toute leur longueur, une dorsale, formant à peu près les deux tiers de la surface, non ciliée et ne présentant rien de particulier; c'est simplement une lame mince; l'autre ventrale (i^.) qui est rehaussée de nombreuses côtes ciliées (29, ce), parallèles entre elles et à peu près perpendiculaires au bord libre, sauf une certaine obliquité en avant et en bas. Ces côtes sont séparées par des espaces non ciliés plus larges qu'elles (').

La branchie est partout limitée par une simple lame épilhéliale. L'étroit espace compris entre ses deux faces dépend du schizocœle; il est occupé par du sang et cloisonné par quelques brides conjonctives irrégulières.

Cœur et lacunes (30, /if/. 2). — Dans le nucleus, entre l'estomac et le cul-de-sac terminal de l'endostyle, se trouve le cœur (C) présentant les rapports avec le péricarde et la structure décrits à propos du type général.

Le schizocœle, où s'ouvre à ses deux bouts le cœur, ne contient point de vrais vaisseaux et le sang a accès partout. Mais des cloisonnements conjonctifs, des rétrécissements locaux délimitent des sortes de canaux lacunaires, non endigués, qui jouent le rôle de vaisseaux. On en trouve de tels dans la lame dorsale de la branchie (v. br.), autour de l'endostyle, le long de la gouttière péricoronale (v. pr.), sous les muscles annulaires, autour de la masse du nucleus {v. ncl.J, etc.

Système nerveux et sens. — Le f/anf/lion, très volumineux (29, G. n.), est situé à la partie dorsale du pharynx, en arrière de l'extrémité supérieure de la branchie, dans une lacune sanguine. Il a une forme subsphérique, mais sa partie supéro-dorsale est excavée en fer a cheval (fi*^. 146). 11 est formé d'une couche corticale cellulaire et d une masse centrale fibriUaire. Il émet huit à dix paires de filets nerveux, mais on n'a pu suivre jusqu'à leur terminaison que ceux qui vont a l'organe vibratile et aux lèvres. ^

Languette (29, Ig-)- — A l'entrée du pharynx, du cote dorsal, audessus de la gouttière péricoronale et de l'organe vibratile, se trouve un long prolongement, probablement tactile qui, par sa position, semble

(1) LAH^i^nsidère ces côtes ciliées, ot principalement les invaginations Jo;";);^ poci s où elles plongent dans le genre P.r/m, connne .les sortes ,1e hrnias '"^«"M^ Son. XmmirLia. qu'il donne aux Salpides. Pour Hkroman, il ne J^^^J^^, J trémas la branchi.' tout .-ntière de l'animal ne représentant que la te rfo)*»/^' qvn, chez les Ascidies, sépare les deuv moitiés percées de trémas de la l)ranchie.

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l'iol b! -A) f>-i À

Pl. 30.

SALPIDA

(TYPE MORPHOLOGIQUE) Forme solitaire (oozoïte) {Suite).

br., branchie; C, cœur; c. sn., canal;

e. ; couche pigmontaire de l'œil; eC; ectoderrae;

f. , fond de l'excavation en fer à cheval ; t., couche des cellules à bâtonnets ;

l.i lacune sanguine de l'œil;

m., couche ganglionnaire;

m. cl., sphincter de l'orifice cloacal;

m. I., muscles des lèvres;

m. 0., muscles obliques; m. t., muscles transverses; p. ph., paroi du pharynx; V. br., canaux lacunaires branchiaux; V. me/., canaux lacunaires dorso-ventraux parallèles aux muscles transverses; V. ne/.; canaux lacunaires du nucléus; I'. pn., canaux lacunaires périneuraux ; /. prc, canaux lacunaires de la gouttière péricoronale;

y., œil.

Fig. 1. Système musculaire delà forme solitaire (Sch.).

Fig. 2. Système circulatoire de la forme solitaire (Sch.).

Fig. 3. Coupe à travers la tunique (d'ap. Lahille).

Fig. 4. Coupe transversale du ganglion nerveux (im. Metcalf).

Fig. 5. Réseau nerveux et poils tactiles des lèvres (d'ap. Lahille). ^

Fig. 6. Détail de la structure de l'œil vu en coupe transversale (d'ap.

Zoologie CONCRÈTE. T. VIII.

SALPIDES

Fiff. 140

Œil de Salpe vu de dos (Sch.).

f., excaviilion située entre les branches du fer à cheval formé par l'œil; n. Iv., nerfs; y., œil en fer à cheval.

Fiff. 147.

représenter non, comme on l'indique parfois, une des languettes de la

crête dorsale, mais plutôt la couronne tentaculaire, réduite ici à un seul tentacule. On lui donne le nom de languette

Poils tactiles (30, fig. 5). — Les bords de la lèvre dorsale sont garnis de minuscules poils tactiles portés par des cellules épilhéliales entremêlées aux autres, mais un peu plus volumineuses. Sous l'épiderme se trouve un riche réseau nerveux avec cellules ganglionnaires.

Œil (30, fiff. 4 et 6 et fig. 146 et 147). — Il est impair, situé dans l'excavation en fer à cheval creusée à la face dorsale du cerveau (fig. 146). Le fond de cette excavation (f.) est formé de substance cérébrale simple, et c'est seulement la bordure du fer à cheval (fig. 147, y.) perpendiculaire à la surface générale qui est ditlerenciée en œil.

Elle forme un bourrelet arqué (30, fig-^,y.) ouvert en avant et soudé par ses bords à l'ectoderme (ec), de manière à limiter une lacune sanguine spéciale (/.) oti il baigne. Le bourrelet optique est formé de trois couches concentriques : une externe pigmentaire (e.), une moyenne ganglionnaire (m.) et une interne (/.) formée de cellules à bâtonnets. Ces cellules à bâtonnets sont formées de deux parties (30, fig. 6), une renflée, tournée vers le dedans, contenant le noyau et envoyant les filets nerveux aux cellules cérébrales voisines, et une tournée en dedans à parois fortement épaissies et constituant le bâtonnet proprement dit qui plonge dans la couche ganglionnaire. En raison du relief que forme l'épiderme au niveau de l'œil, c'est la couche pigmentaire périphérique (/.) qui se

(') Parfois très développé, il peut èlre très réduit et semble même manquer tout à fait chez certaines espèces.

Salpe. Région du gang-lion nerveux (Sch.). l>r., branchio; c. c, côtes ciliées tic la hraiichie; gl., glande ncurale droite: o. l>r., orifice du communication du scliizocœle branchial et pariétal; p. cl., paroi cloacalo; i>. pli., paroi du pharynx; t. v., tuljercule vibratile; y., œil.

182 IIROCOIIDUS — TIULIÉS

trouve le plus exposée aux rayons lumineux, et c est par elle sans doute que les l»i\lonnets sont impressionnés.

Organe vibratile (29, et fig. 147, l. v.). — Il ne semble pas y avoir à l'extrémité de ce canal une partie glandulaire représentant la glande prénervienne. L'appareil est réduit à un court diverticule de la cavité pharyngienne qui s'ouvre à la face dorsale de cette cavité au-dessus de la gouttière péricoronale, et se termine en cul-de-sac dans les lacunes sanguines sous-jacentes. L'organe vibratile reçoit du cerveau deux nerfs très nets. Au lieu d'être comme chez les autres Tuniciers immédiatement sous-jacent au cerveau, il est situé assez haut au-dessus de lui et sans relation avec lui. Mais c'est là une disposition secondaire, car chez l'embryon il a les rapports les plus intimes avec le cerveau, qui même se développe d'un foisonnement de ses cellules constitutives.

Glandes sous-neurales. — Nous devons décrire ici, bien qu'elles n'aient probablement aucun rapport avec les perceptions sensitives, une paire de glandes (fig. 147, gl.) qui sont situées en avant du cerveau, contre lequel elles s'appuient par une extrémité en cul-de-sac renflée, tandis que leur canal très sinueux va s'ouvrir à la voûte du pharynx par un petit pertuis. Ces deux orifices formant la paire sont bien distincts de celui du tubercule vibratile et situés bien plus bas. Entre le fond renflé de ces glandes et le cerveau se trouve une masse cellulaire assez volumineuse (').

Physiologie.

Habitat. — L'animal est pélagique et marin. Il est cosmopolite et se rencontre dans toutes les mers, mais de préférence dans celles qui sont tièdes ou chaudes.

Locomotion. — 11 se meut par le jeu de ses bandes musculaires, qui se contractent rythmiquement d'une manière très régulière. A chaque contraction, la bouche se ferme par le jeu de ses muscles, et l'eau comprimée dans les cavités pharyngienne et cloacale ouvre Torifice cloacal et s'échappe en produisant une poussée de réaction qui chasse l'animal dans le sens de sa bouche, c'est-à-dire en avant. Puis, quand les muscles se relâchent, le corps reprend son volume par l'effet de l'élasticité de la tunique qui est l'exact antagoniste des muscles, et l'eau rentre dans le corps par la bouche, qui à ce moment s'ouvre tandis que le cloaque se ferme par ses muscles. L'animal avance par petites saccades.

Respiration. — Pendant ce passage incessant de l'eau, le sang de la cavité générale séparé de l'oxygène dissous par une simple membrane épithéliale respire sans doute partout. Mais la lame de suspension de la branchie est particulièrement favorable à l'osmose par sa situation au

(1) Metcalf qui a découvert ces organes les assimile, iiialflrré leurs couiiexioiis diff-'-rentes, avec les glandulcs préiicrvieiuies qui chez Pliallasia mammUlata s'ouvreul dans la cavité péribranchiale.

SALPIDES 183

milieu du courant, la minceur de ses parois et sa richesse en lacunes sanguines. Les côtes ciliées de la branchie ne jouent qu'un rôle insig-nifiant dans la circulation de l'eau, et cela est d'autant plus à remarquer que chez les autres Tuniciers, Ascidies et Âppendiculaires, les cils sont l'agent exclusif de ce mouvement.

Alimentation. — Les particules alimentaires qui entrent dans la cavité pharyngienne sont dirigées par les cils de la gouttière péricoronale vers l'endostyle, qui les englue et qui les achemine en bas vers la gouttière ventrale laquelle les conduit à l'œsophage. Il est à remarquer aussi que, pendant la contraction des muscles, la cavité pharyngienne est réduite à un canal limité ventralement par l'endostyle et dorsalement par la gouttière du bord libre de la branchie; or ce canal où le courant est très vif conduit directement à l'œsophage.

La digestion s'accomplit sans doute sous l'action de la sécrétion des cœcums pyloriques. Les fèces agglutinées sortent par l'anus et le cloaque.

Circulation. — Le sang poussé par le cœur sort par l'ouverture supérieure et se rend dans un riche lacis de canaux situé autour de l'endostyle. De là il passe à droite et à gauche dans des canaux demicirculaires sous-jacents aux muscles et à la gouttière péricoronale et arrive, en suivant la face dorsale, jusqu'à l'insertion supérieure de la branchie. Là, il pénètre entre les deux lames de cet organe et redescend jusqu'au cœur, où il rentre par son orifice inférieur. Un autre courant revient au cœur par ce même orifice inférieur, après avoir parcouru les lacunes du nucleus et communiqué avec les lacunes canaliformes sousjacentes aux muscles de la région cloacale.

Le sens du courant est assuré par le fait que les fibres musculaires de cet organe se contractent successivement d'une extrémité à l'autre. Mais, comme chez tous les Tuniciers, il se renverse périodiquement après un certain intervalle.

Innervation. — On ne sait à peu près rien de cette fonction, mais il est à croire que le jeu des muscles, l'ouverture et la fermeture des orifices en temps opportun sont dus à des filets spéciaux.

Phosphorescence. — Certaines formes sont phosphorescentes iSalpa maxima, S. zonaria) ; c'est le nucleus qui émet de la lumière.

Bourgeonnement .

Nous avons jusqu'ici omis à dessein de parler d'un organe important, qui, en l'absence de glandes génitales, assure la reproduction de 1 animal. Cet organe est le stolon (29, st.).

Chez la forme isolée adulte que nous venons de décrire, il se présente sous la forme d'un long cordon qui part, d'abord très mince, de la tace ventrale, au-dessus du nucleus et s'étend en grossissant de plus en plus Normalement, il est allongé le long de la face ventrale, tournant en haut son extrémité distale libre. Plus souvent, il se porte d'abord en

UnOCORDES — TIIAMÉS

FIg. 148.

bas, puis contourne l'extrémité inférieure de gauche à droite et reparaît au côte droit du nucleus (fig. 148, st.). En tout cas, il est apj)liqué contre la paroi du corps et contenu dans un fourreau de substance tunicalc ouvert librement à son extrémité, de manière à le laisser en libre communication avec le dehors. Sous cet état, le stolon est déjà

chargé de bourgeons développés. Pour comprendre le bourgeonnement, il faut suivre le développement du stolon depuis le moment où la forme solitaire qui le produit était encore elle-même toute jeune {31, /ig. 5) et pourvue de certains organes embryonnaires, le placenta (pl.) et Véléoblaste (e/.), destinés à disparaître et dont nous étudierons en temps et lieu la structure et la signification.

Le stolon jeune. — Le stolon se montre sur le jeune encore relié à sa mère par le placenta {pl.) sous la forme d'une petite protubérance conique {st.) entièrement revêtue par la tunique qui, plus tard seulement, lui formera une gaine tubuleuse ouverte au sommet; il remonte le long de la face ventrale, en sorte que sa face dorsale est tournée vers la face ventrale de la mère et que son extrémité libre regarde en haul ; ses côtés droit et gauche correspondent aux côtés homonymes de la mère.

a) Le stolon en coupe transversale. — Sur une coupe transversale, cet organe se montre formé des parties suivantes :

1° Une membrane épidermique épithéliale (31, fig. 3, p.) qui enferme tout le reste dans sa cavité ;

2° Un tube endodermique (en.) qui présente sur la coupe la forme d'un H, étant formé d'une partie transversale médiane qui relie deux courtes branches verticales symétriques ; il est constitué par une simple couche épithéliale plus haute sur les parties latérales;

3o Une paire de tubes périthoraciques (pth.) situés immédiatement en dehors des branches verticales de l'H et formés aussi d'une simple paroi

épithéliale; . / n / •

4° Une paire de bandes cellulaires mésodermiques {ms.) situées immédiatement en dehors des tubes périthoraciques. L'ensemble de ces parties forme dans le tube épidermique une cloison transversale complète qui divise sa cavité en deux parties occupées par :

Salpe solitaire avec le stolon, vue parla l'ace ventrale {im. Leuckarl).

st., slolon.

iii/inaitj . . Hubhiinn b asquoig ,(i .jjij)

;oij; •

. ■liillO •itlCi

rriu!

Pl. 31.

SALPIDA

Forme solitaire; bourgeonnement.

A. B.C. (fig. 1), groupes d'individus agrégés de

ai, branches supérieures de l'H de la vésicule endodermique.

slI'., branches inférieures de l'H de la vésicule endodermique ;

b., bouche;

C, (fig. 3), cœur;

d., canal dorsal du stolon;

ec; ectoderme;

el., éléoblastc;

en./ tube endodermique;

g., cordon génital;

ms., bandes cellulaires mésodermiques ;

n., tube nerveux;

p., paroi ectodermique du stolon:

même taille, prenant naissance simultanément.

pc, tube péricardique ; pi., placenta;

pth., tubes périthoraciques ;

r., espace Mbre de l'extrémité du stolon

réunissant le canal dorsal au canal

ventral ;

sd.. sinus dorsal ent(3uré par les ailes dorsales du tube endodermique après leur soudure sur la ligne médiane;

st., stolon;

sv., sinus ventral entouré par ks ailes ventrales du tube endodermique après leur soudure sur la ligne médiane;

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