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V., sinus ventral ou inférieur du stolon

Zoologie conchète. T. Vlll.

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SALPIDES

branchie. Le cerveau, le péricarde, le cœur, le tube digestif, les bandes musculaires qui se sont développées des bandes mésodermiques, tout est pareil, sauf trois choses : 1° à l'extrémité inférieure de la face ventrale est une masse mésodermique dont les cellules engraissées constituent une réserve nutritive, c'est Véléoblaste destiné à se résorber plus tard ; 2° l'animal communique avec ses deux voisins par deux pédicules, un dorsal qui va à la face ventrale du précédent, un ventral qui va à la face dorsale du suivant, et qui contiennent chacun un canal endodermique, en sorte que les cavités pharyngiennes de tous les individus du stolon communiquent ensemble (32, fig. 1 à 6', en.); 3° l'animal est traversé par deux sinus sanguins {d. et i'.). Nous avons dans l'esquisse de ce développement laissé de côté ces sinus; il faut maintenant y revenir, car ils ont une importance capitale physiologique et morphologique. Au début, ils étaient contenus entre les branches verticales de l'H, l'un dorsal (cf.) au-dessus de la branche transversale, l'autre ventral au-dessous {v.). Quand les deux branches supérieures et les deux inférieures se sont soudées, elles ont enfermé ces deux sinus qui, maintenant, traversent de part en part la cavité pharyngienne (31, y^^, 2, s. d. et s. v.), l'un au-dessus, l'autre au-dessous du prolongement de l'axe du stolon. Ils sont limités l'un et l'autre par une paroi endothéliale complète et ne s'ouvrent nullement dans les cavités pharyngiennes des bourgeons; ils ne communiquent même nulle part avec leur cavité générale qu'ils traversent et qui est remplie du sang des bourgeons; ils servent à la nutrition des bourgeons, mais uniquement par des échanges osmotiques.

Déplacement et rotation des bourgeons. — Il semblerait qu'arrivés à ce point les bourgeons n'ont plus qu'à se détacher pour mener une vie indépendante du parent. Il n'en est pas ainsi. Ils ont encore à subir des déplacements considérables, à contracter avec le stolon et entre eux des rapports tout autres, et cela va entraîner dans les rapports de leurs organes des modifications très compliquées. Ces déplacements commencent de bonne heure et, à vrai dire, les bourgeons n'ont jamais la constitution et les rapports que nous avons indiqués dans la description précédente car, en même temps que l'évolution des organes progresse, ces déplacements et rotations lui impriment des modifications que nous devons maintenant expliquer.

Les déplacements sont au nombre de trois :

1° Les bourgeons s'abaissent peu à peu au-dessous de l'axe du stolon (33, fig.l à .5), de telle sorte qu'à la fin ils sont tout à fait au-dessous de lui, par conséquent le pédoncule de liaison des bourgeons entre eux, au heu de rester au centre des bourgeons, remonte peu à peu vers la partie supérieure de leur corps. Le stolon arrive de la sorte à acquérir une individualité qui lui manquerait sans cela. Tel que nous l'avons décrit, en effet, il se compose seulement de l'ensemble des pédicules de haison des bourgeons entre eux et se trouve ainsi formé de segments discontinus, tandis que lorsque les bourgeons se sont abaissés au-des-

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SOUS de leurs pédicules, ceux-ci arrivent à former un cordon continu auquel les i)ourgeons sont simplement appondus.

2° Les bourgeons se portent alternativement l'un à droite l'autre à gauche (33, jig. 7 à S') comme des soldats (jui alignés sur une seule file se disposent sur deux files par un mouvement Lien connu dans leur exercice, ceux de rang imj)air se portant un peu à droite, ceux de pair un peu à gauche. Mais au lieu de s'aligner comme des soldats deux par deux sur des lignes transversales, ils ne se déplacent pas dans le sens de la longueur du stolon, en sorte que ceux d'une rangée correspondent aux intervalles de ceux de la rangée parallèle. Cette disposition est d'ailleurs préparée dès le début par le fait que les sillons de séparation des segments sur le stolon jeune ne sont pas perpendiculaires à son axe, mais obliques, alternativement dans un sens et dans l'autre.

3* Enfin, par un troisième mouvement, de rotation celui-là, les bourgeons qui jusqu'ici regardaient tous parleur face ventrale l'extrémité libre du stolon (33, jlg. 8), font un demi-tour autour de leur axe sagittal (33, fig. 9), alternativement ceux de gauche vers la droite et ceux de droite vers la gauche, de manière à tourner tous leur face ventrale en dedans. Dès lors les deux rangées se regardent par la face ventrale.

Les bourgeons s'étant abaissés au-dessous du stolon qui passe rectiligne au-dessus d'eux, rien n'est plus facile que de se représenter ces déplacements sans que le stolon perde son caractère de tige rectiligne continue, le mouvement se faisant aux dépens du pédicule particulier de chaque bourgeon.

Cela est facile, en etîet, à se représenter si l'on suppose comme nous l'avons fait que ces déplacements ont lieu successivement et après l'achèvement des bourgeons. Mais il n'en est pas ainsi. Ils se produisent tous ensemble et dès le début de leur développement, lorsque les pédicules qui les rattachent l'un à l'autre s'insèrent encore au milieu de leurs faces dorsale et ventrale. Il nous faut donc maintenant revenir à nos schémas du développement des bourgeons et y introduire (33, //g. 1 à 5) les modifications que provoquent ces déplacements.

Le mouvement d'abaissement résulte de ce que les parties du corps supérieures au pédicule se développent peu ou point en hauteur, tandis que les autres dimensions prennent un grand accroissement. Le résultat est le même que si le pédicule se transportait effectivement à une place plus élevée.

Le mouvement de déplacement latéral qui détermine l'alignement sur deux files résulte de ce que le pédicule ne se transporte pas directement vers le haut, mais incline, alternativement, pour les individus qui seront à droite vers leur gauche, pour ceux qui seront à gauche vers leur droite.

Voyons avant de passer au mouvement de rotation les effets de ces deux premiers et suivons-les sur un individu de droite vu par la face postérieure. Les phénomènes sont naturellement symétriques pour

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SALPIDA

(TYPE MORPHOLOGIQUE) Bourgeonnement.

Développement des bourgeons du stolon en individus de la forme agrégée (SuUe). Déplacement et rotation des bourgeons.

al., branche supôrioiiro ilo l'II du tube on-

doderiiiKjiic |)(''ii(''lranl dans le pMi-

cule du bourgeon ; al'., branche inférieure de l'II du tube i>ndo-

dernii(iuepénélranl dans le pédicule

du bourgeon ; 0., paroi du sinus sanguin entourant l'organe

visuel ;

d., sinus sanguin dorsal ou supérieur du stolon ;

en., tube endodermique du stolon; Gn., ganglion nerveux ; gb., gubernaculum ;

0., orifice faisant communiquer le sinus sanguin entourant l'organe visuel avec la cavité générale;

ov., ovaire;

pd., pédicule du bourgeon;

pp., papilles adhésives;

s., sinus sanguin entourant l'organe visuel;

tes., testicule;

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