‹ Traite de zoologie concrète (volume 3)Chapitre 55 sur 112 · LE · texte numérisé non relu

LE

séparé du genre Amibe simplement à cause de ses pseudopodes digitiformes. Nous en avons parlé (p. 97, note) sous le PAL

nom d'A. polypodia. peut parfoisrentrer ses longs pseudopodes digitiformes peu mobiles et en former d’autres, courts, obtus, très vifs, au moyen desquels il se déplace rapidement. Cela suffit à prouver le peu de valeur de la forme des pseudopodes comme caractère générique (Eau douce).

Chromatella (Frenzel) (fig. 109) diffère du précédent chronatelle(C ere par ses pseudopodes servant au toucher et à la (d'ap. Frenzel). préhension des aliments, mais pas à la locomotion. Il a une vésicule pulsatile mais pas de noyau (5 à 6 y. Lagunes).

Stylamæba (Frenzel) (fig. 110) en diffère SANTE par la possession d’un pédoncule; 1l Fig. 110. a un noyau (visible seulement par les réactifs) et pas de vésicule (110 y.

Lagunes).

Saltonella (Frenzel) a une forme polygonale, un noyau, pas de vésicule et, en place de pseudopodes, aux angles du polygone un petit bouton hyalin. On ne comprend guère comment, si mal armé pour la locomotion, il peut se déplacer comme il le fait, par petits sauts d’une largeur égale à son diamètre (12 y. Lagunes). Sie be

Eikenia (Frenzel) (fig. 111), bien qu à (S. sessilis) peu près semblable, ne se déplace (dap. Frenzel). qu’en rampant (16 à 20 p. Lagunes).

Plakopus (F.-E. Schulze) n’est aussi qu'un Amibe à pseudopodes membraniformes (Eau douce).

Pelomyxa (Greeff) (fig. 112) est un très gros Amibe, muni de courts pseudopodes obtus, privé (à ce qu'il semble) de vésicule pulsatile et pourvu d'un très grand OS nombre de noyaux. Il est caractérisé par la posses- , sion d’un grand nombre de corps brillants très évidents (2mm, Eau douce) (*).

Amphizonella (Greeff) (fig. 113) est remarquable par la présence d’une enveloppe gélatineuse relativement épaisse que traversent les courts pseudopodes digitiformes hyalins. Par ce caractère il se rapproche des Thécamoœæbiens (Eau douce et terre humide).

Eikenia (E. rotunda) (d’ap. Frenzel).

Amphizonella (A .violacea) (d’ap. Greeff).

{} Nous avons exposé plus haut (p. 98) les discussions relatives à la signification de ces corpuseules et à leur rôle dans la reproduction.

THÉCAMOEBIENS

- Podostoma (Clarapède et Lachmann (fig. 114) estremarquable à unautre litre.

ER

C'est comme un Dactylosphærium qui, outre ses pseudopodes ordinaires (p), en aurait un ou quelques-uns (p') terminés par un prolongement long et mince, très mobile, rétractile, glutineux, ser-

+ vant à capturer les proies (Eau douce). Enfin Arcuothrix (Hallez) (fig. 115) montre une différenciation encore plus avancée. Ila un seul pseudopode d’Amibe ordi-

naire et ce pseudopode, situé en avant dans la progres-

sion, a une réelle individualité en ce sens qu'il est tou-

jours présent ou, quand par hasard il rentre dans le Podostoma corps, se reforme à la mème place et pareil à lui-même. Crus À la partie postérieure se trouvent deux très longs et très Lars : fins filaments pseudopodiques, bifides au bout

et parsemés de petits renflements. Ces fila- PR en ES ments sont glutineux et servent à retenir les È ; ) proies. On neles a pas vusrentrer à l'intérieur NS = "ane. À du corps (20 à 24 p. Dans les cultures d’Ascaris DA |

megalocephala (*).

Areuothrix (4. Balbianii) (im. Hallez).

THÉCAMOEBIENS. — THECAMOEBIDA

[AMŒBIENS TESTACÉS|]

CFIG. 116)

Ce type peut se définir en trois mots : c’est un Amibe muni d'une

capsule.

Le corps mou de l'animal ne diffère de celui du type morphologique

Fig. 116.

Thécamæbien

(Type morphologique) (Sch.).

e., capsule; n., noyau; Ve., vésicule pulsatile,

précédent qu'en deux points : 1° étant suffisamment protégé par la capsule, il n’a pas besoin de différencier à sa surface une couche protectrice, aussi ne montre-t-il pas d’ectoplasme ; 2° dans tous les points où il est en contact avec la capsule, il ne peut ni émettre des pseudopodes ni capturer d'aliments, aussi ces deux fonctions se limitent-elles à la région qui est en face del’ouverturede la capsule. Cette capsule (c.) est une mince enveloppe formée de chitine ou d'une substance analogue, sécrétée par la surface du cytoplasme. Elle est continue en ce sens qu'elle n’a pas de pores microscopiques, et est munie d'une simple large ouverture appelée

bouche, par où sort une partie du corps qui émet des pseudopodes.

j () Mycetomyxa (Zacharias) (fig. 118) nous parait devoir prendre place ici. Il se compose d’une

102 d LES RHIZOPODES

L'animal rampe sur la bouche de sa capsule. Il peut, à l'occasion, se retirer complètement à son intérieur. Il arrive aussi quelquefois, mais très exceptionnellement, qu'il peut en sortir (*)+ Il ne lui est donc uni par aucun lien organique. Mais normale- Fig. 17.

ment il ne la quitte point. Elle s'accroît avec lui par intussusception et il la conserve jusqu'à la mort. Pour se reproduire il se retire à l’intérieur, se divise et l’un des individus filles garde l’ancienne capsule, tandis que l’autre en sort et s’en sécrète une nouvelle.

Cochliopodium (Hertwig et Lesser) (fig. 117) A B est une des formes les plus simples. Son Cochliopodium (Sch.).

corps a la forme d'une marmite. Il est 4, l'animal étendu; B, le même rétracté ; revêtu d’une cuticule si mince et si souple Pr

qu'elle participe à ses déformations el se voit difficilement. À la bouche, qui est très large, cette cuticule se prolonge un peu sur la base des pseudopodes. Ceux-ci sont modérément longs, étroits, à peine ramifiés, quelque peu anastomosables à leur base (Eau douce) (°).

cellule fusiforme émettant par chacune de ses extrémités un prolongement pseudopodique ramifié un peu rigide. Certaines rami-

fications de ces prolongements se terminent Fig. 118.

par un ou plusieurs petits appareils formés,

selon toute apparence, de filaments entor- | : tillés terminés par une sphérule verte qui g o “ n’est rien autre chose qu’une colonie fille de | ge 7

Pandorina morum. Ces sphérules sont en f Vs partie décolorées et représentent évidem- D:

ment des proies capturées et déjà attaquées. y

Mais la nature des appareils terminaux est PK

impossible à déterminer d'une manière tout ÉŸ £

à fait certaine et il reste possible qu'ils <a Ve “ee > soient formés de petits segments fusiformes D < SE placés bout à bout. Dans la cellule cen- hi trale, est une vésicule, mais qu'on n'a pas vu se contracter, et l’on n’a pas pu distinguer un noyau. Ge serait donc une Monère.

Cet être singulier appartient évidemment aux Rhizopodes, mais a quelques traits frappants de ressemblance avec certains Mycétozoaires ou Champignons inférieurs tel que Rhisidium ou Spirophora (26 p. Eau douce, lac de Plün).

C) RaumBLer [91] a observé le fait chez Arcella, lorsque l'eau est trop chargée de Bactéries.

(2) La cuticule est d'aspect chitineux, mais formée d’une substance différente de la chitine et plus résistante aux réactifs. Elle est ornée de ponctuations orientées suivant deux systèmes de lignes presque rectangulaires. Il y a un seul noyau, deux ou plusieurs vésicules pulsatiles.

Mycetomyxa (M, Zopfii) (d'ap. Zacharias).

THÉCAMOEBIENS 103

Arcella (Ehrenberg) (fig. 119 à 121 et 124 à 126) possède une cuticule plus épaisse, très visible, véritable capsule ou coquille (c.) qui a la forme d’un verre de montre très profond dont l'ouverture serait rétrécie par un diaphragme plan percé d’un trou central. Le corps ne la remplit pas

Fig. 120. Fig. 121.

Fig. 119.

Arcella Arcella Arcella.

(4. vulgaris) (Sch.). (4. vulgaris) Vu de dessus (Sch.). Coupe (Sch.).

toute entière et lui est rattaché seulement par quelques brides entre lesquelles sont des espaces courbes servant de chambres incubatrices.

La partie qui confine à l'ouverture déborde par là au dehors et émet quelques rares et gros pseudopodes digitiformes (psdp.). Dans le corps, on remarque de nombreuses vésicules pulsatiles (Ve.) et de nombreux (4 à 32) noyaux (N.). Les uns et les autres sont disposés en cercle non loin du bord de la capsule, mais ceux-ci sont assez profonds, tandis que celles-là sont très superficielles. Gruser [92] a vu les noyaux se multiplier par mitose sans disparition de la membrane. Il ÿ a, en outre, de nombreuses et grosses vacuoles à gaz servant de flotteur à l'animal, qui semble pouvoir les former et les résorber selon qu'il veut flotter ou s’enfoncer.

La coquille est formée d’une mince couche anhiste interne et d'une couche externe de petits prismes hexagonaux disposés côte à côte radiairement et soudés par une mince couche de substance agglutinante. Pour grossir, l'animal fait éclater sa coquille, la disjoint en quelques places et la répare sous ses nouvelles dimensions (Eau douce) (*).

Pseudochlamys (Claparède et Lachmann) (fig. 122) s'en distingue par un diaphragme péribuceal purement membraneux.

Pyxidula (Ehrenberg) en diffère par sa surface hérissée ni de minimes pointes. L'un et l’autre diffèrent à peine à, REA du précédent, et Bütschli se demande s'ils ne représenteraient pas des formes jeunes du genre Arcella (Eau douce).

(!) L'animal se reproduit par division : une partie du corps sort de la coquille et se sécrète une coquille nouvelle, formant ainsi une nouvelle Arcelle jeune, collée

Hyalosphenia (Stein) (fig. 123) en diffère par sa coquille anhiste et sa forme allongée suivant l'axe et fortement aplatie parallèlement à ce même axe (Eau douce).

Difflugia (Leclerc) (fig.127, 128, 130, 133, 13#) a une capsule en forme de bouteille sans col. Le corps, qui est loin de la remplir, émet par l’orifice un petitnombre de longs pseudopodes digitiformes. Cette capsule n’est pas, comme chez les Arcelles, formée uniquement de substance sécrétée. Elle est, pour la majeure partie, composée de particules étrangères, fragments de quartz, carapaces de Diatomées, etc. Mais, Pr dans chaque individu, elle est assez uniforme: sielle est for- {y java) mée de carapaces de Diatomées, elle ne contient que cela ; (im. F.-E. Schulze). sielleest bâtie de grains de sable, ceux-ci sonttriés de taille et de forme assez homogènes. Ces particules ne sont pas agglutinées du

bouche à bouche à l’ancienne. Puis les deux individus se séparent. C’est done plutôt une sorte de bourgeonnement qu'une division.

On a observé (fig. 124) une conjugaison de deux individus, parfois trois, quatre ou cinq, qui se soudent bouche à bouche et échangent des courants protoplasmiques. Mais, comme on n’a vu ni les noyaux y participer, ni la division ou quelque autre reproduction se produire à la suite, on n’est pas sùr que ce soit là un acte sexuel.

La reproduction par bourgeons à été nettement constatée (fig. 125). On voit de petites masses (jusqu'à neuf) de protoplasma logées dans le cyto-

Arcella. Conjugaison Arcella, Reproduction Llasma de l'animal mère. Ces petites

(Sch.). (Sch.). masses (g) se munissent d’un noyau et

d’une vacuole, se détachent, cheminent

dans le cytoplasme, sortent de la coquille par la bouche, s'éloignent de la mère

et se munissent d'une coquille. Malheureusement on ne sait pas comment se forment le noyau et la vacuole du bourgeon.

PÉNARD [9] aurait vu toute la masse de la mère se transformer en sortes de spores que l’on trouve, au nombre d'une douzaine, munies chaeune d’un noyau et d’une vacuole, attachées au fond de la coquille vide et fermée à l'orifice par un feutrage de détritus.

Bus [78] a décrit une formation de petites masses nucléées fig. 126) qui se segmentent, formant une sorte de morula et finalement se désagrègent en fines particules dont il n’a pu suivre l’évolution.

Les mitoses observées par GRUBER [92] dans les noyaux maternels semblent se produire pour une multiplication en vue de la formation de ces spores où bourgeons.

Arcella. Reproduction L'enkystement a été observé. Le corps se contracte, se

(Seh:): ramasse en boule et se fixe sous la bouche de la coquille, protégé en outre par une membrane kystique mince, de nouvelle formation. Quant à une reproduction sexuelle affirmée ici aussi par Gregrr, elle n'est pas mieux élablie ici que chez les Amibes {V. p. 97).

Fig. 125.

Fig. 126.

Quadrula (F.-E. Schulze)

THÉCAMOEBIENS 105

dehors. Elles ont été incorporées comme des aliments, rejetées à la surface et maintenues là, agglutinées par une minime quantité de sécrétion. Même certains globules formés de toutes pièces à titre d'excreta entrent dans sa composition au mème litre que ces particules étrangères. Dans le corps, on trouve un nombre de noyaux qui varie depuis quelques-uns jusqu'à 250 (BLanc [92]). Il y a aussi des vacuoles contractiles en nombre très varia-

ble (‘).

(fig. 129) est tout à fait

Fig. 129.

Difflugia.

Difflugia (Sch.). Coupe longitudinale (Sch.).

comparable au type précédent et s'en distingue principalement par sa coquille plus renflée et formée de plaquettes siliceuses carrées, transparentes (Eau douce).

Quadrula (Q® symmetrica) () Le corps est souvent bourré de grains de chlo- Gm. F.-E. Schulze). rophylle (fig. 130) contenant chacun un grain d'ami-

don; on y trouve aussi quelques Micrococcus verts. Cela donne à ces individus une teinte verte très accen-

tuée. Ces grains verts pourraient être des aliments, Fig. 130. des parasites ou des commensaux. C'est celle dernière interprétation qui est la plus probable, car : 10 ils sont Ka] ©

inaltérés; 20 ils paraissent, d’après PÉNARD [»2], logés

exclusivement dans l’ectoplasme, ce qui n'arrive jamais Grains de chlorophylle aux aliments et s'explique aisément chez des organis- + eMail Centre mes vivants doués d’un tactisme positif pour la lumière; (im. Pénard).

30 enfin, les individus qui en possèdent supportent si bien le jeûne qu'on a émis l’idée exagérée qu'ils pouvaient se passer d'aliments. Les Difflugies se reproduisent par division, à la manière des Arcelles. L'un des deux produits garde la coquille ancienne et l’autre doit s'en fabriquer une; mais on a constaté qu'avant ce moment le protoplasma se bourre de particules destinées à former la coquille nouvelle.

On a fréquemment observé (fig. 133) la conjugaison, même à plusieurs comme

Nebela (Leidy) diffère du précédent par sa coquille fortement comprimée, piriforme de profil, à bouche bilabiée formée de plaquettes siliceuses, arrondies ou irrégulières, fixées sur une membrane de nature également

siliceuse (Eau douce) (").

Heleopera (Leidv) s'en distingue par sa coquille piriforme, à peu près lisse vers le haut, garnie au bas de grains de sable (Eau douce).

Lecquereusia (Schlumberger) (fig.131) peut ètre considéré

comme un //fflugia dont la capsule, toute garnie de grains de sable, aurait déjeté sa bouche sur le côté et fail, en s’accroissant, un demi-tour de spire (Eau douce}.

Est-ce bien ici qu'il convient de placer les deux genres ci-dessous qui sont insuffisamment étudiés ? Le premier est

Petalopus (Claparède et Lachmann) (fig. 132) qui a,

comme tous les précédents, ses pseudopodes limités à une partie du corps, sans que cela s'explique par la présence. d’une capsule. Mais l'absence de capsule est mise en doute par Bütschli. Elle pourrait exister et être si mince qu'elle aurait passé inaperçue, et l'unique espèce du genre n'a jamais été revue depuis sa découverte (Eau douce) (?). Le second est

Arcellina (du Plessis) dont la capsule, sphérique ou

ovoide, chitineuse, serait percée de fins pores s'ouvrant au dehors sur de petites tubérosités. L’animal est polynucléé et possède des corps brillants (Eau douce).

chez les Arcelles, et Javorovsky [s2] a vu pendant ce temps les noyaux se multiplier, s’entourer chacun d'un peu de protoplasma et se transformer en zoospores.

Lecquereusta (L. spiralis) (im. Wallich).

Fig. 132,

Petalopus (P. Difflupens) (d'ap.

Claparède et Lachmann).

H. BLANG [2] a vu les noyaux s’isoler avec une portion du cytoplasma et se

transformer en spores

(fig. 134) qui sortiraient Fig. 133.

par la bouche pour devenir de petites Difflugies.

L'animal peut s’enkyster sous une membrane de nouvelle formation protégée en outre par la coquille Difflugia bouchée à l'orifice par Conjugaison (im. Pénard), des détritus (fig. 134).

On l’a vu aussi abandonner sa coquille par une sorte de mue,

(!) Il y a peut-être exagération à élever au rang

de genre celte forme que d'autres auteurs consi- Difflusia dèrent comme une simple espèce de Difflugia ou de Sporulation (d’ap. Blanc).

Quadrula.

(”) Pseudopodes aplatis au bout; noyau et vésicule pulsatile inconnus.

rs en ht —

at. =

Page 1