‹ Traite de zoologie concrète (volume 3)Chapitre 58 sur 112 · PRO · texte numérisé non relu

PRO

IMPERFORÉS : ARÉNACÉS 129

Pilulina (Carpenter) (fig. 180) a sa coquille, ici encore, monothalame et de

Storthosphæra (Brady) (fig.183), qui est subglobuleux,

Dendrophrya (Wright), qui peut être défini: un Astro-

Syringammina (Brady), qui est au contraire constitué

forme ronde, formée uniquement de spicules d’ Éponges ou de sable fin, sans ciment calcaire ou autre. La bouche est fusiforme, courbe (Mer. Vivant).

Il en est de même chez Technitella (Norman), de forme ovale et cylindrique, à bouche arrondie (Mer. Vivant).

Saccammina(Sars) (fig. 1I81)est. selon les espèces,mono- Où pitina (im.Brady). polythalame. Les formes polythalames, toutes fossiles, sont formées de loges monothalames unies, soit latéralement de manière à respecter la bouche, soit en série linéaire par leur tube buceal, le tube de la précédente étant soudé au pôle aboral de la loge suivante. Les formes vivantes sont monothalames sphériques, ont une carapace lisse formée de gros grains de sable soudés par un fort ciment corné qui forme en outre un enduit intérieur continu. La bouche est au sommet d'un petit prolongement

conique (Vivant et fossile) (QE Saccammina (im. Brady).

Fig. 180.

Fig. 181.

une bouche au sommet d’un prolongement chiltineux,ce qui lui donne la forme d'une bouteille (Mer);

très irrégulier, garnide nombreuses protubérances terminées chacune par un orifice buecal {Mer);

rhiza à disque plus élevé et pourvu de prolongements ramifiés, dressés ou rampants. Sa coquille est aussi formée de chitine et de vase{Gmm,Mer);

de gros grains de sable làächement agglomérés, et formé d'une masse globuleuse de tubes branchus . disposés radiairement,arrangés plus ou moins dis- Pelosina Storthosphæra tinctement en couches superposées (Mer. Vivant); (im. Brady). (im. Brady).

Julienella (Schlumberger), à test épais, à loge cen-

trale eloisonnée et à tubes courts et irréguliers (Vivant).

Ces genres forment avec Astrorhiza la famille des Asrrormzinæ [Astrorhizsinæ (Brady)].

()} On ne sait rien de plus au sujet des formes polythalames fossiles, mais RHuMBLER [94], qui a fait une étude très détaillée de ce Foraminifère a fait connaître plusieurs particularités intéressantes des formes vivantes monothalames. Quand il est jeune, Saccammina a une coquille primitive de OmmlI formée de tout petits grains avec des spicules d'É iponges et d'Oursins. Mais il s'en forme bientôt, en déhors de celle-ei, une seconde qui grossit beaucoup plus, en sorte que la première est accolée à elle comme une petite tubérosité. Cette seconde coquille n’est pas encore la coquille définitive : elle n’a, en effet, pas de bouche et les grains de sable qui la forment sont disposés sans aucune régularité en sorte qu'elle est très raboteuse. L'animal ne communique avec le dehors que par des expansions pseudopodiques qui passent dans les interstices des grains de sable. En cet état il a élé décrit comme un genre spécial sous le nom de Psammosphæra (F.-E. Schulze).

Mais peu à peu, l'animal remanie sa coquille, oriente ses grains de sable de manière

os

Sorosphæra (Brady) est monothalame et n’a, à son unique loge, aueun orifice notable méritant le nom de bouche; ses pseudopodes sortent des orifices interstitiels, mais sa coquille comprend plusieurs chambres directement unies entre elles (Mer. Vivant) (*).

Jusqu'ici, nous n'avons trouvé, comme éléments de formation de la coquille, que des grains de sable et, s’il s'y trouvait mêlés des spicules d'Éponges, ce n’était qu'à titre exceptionnel. ;

Dans les Arénacés qui nous restent à citer, les spicules d'Eponges font régulièrement partie de la coquille et sont fortement unis entre eux et à des grains de sable pour la constituer. En outre, la forme de la coquille dérive de tubes cylindriques directement associés entre eux(*).

Jaculella (Brady) (fig. 184) forme un simple tube conique ouvert à la grosse extrémité (atteint près de 10%, Mer. Vivant).

Bathysiphon (Sars) est en forme de tube légèrement conique, non cloisonné, dont la paroi, d'épaisseur notable (Omm5), contient des spicules d’Eponges agglutinés que l’on peut mettre en évidence en dissolvant la partie calcaire (20mm, Mer. Vivant et fossile).

Jaculella (im. Brady).

Marsipella (Normann) (fig. 185) est un tube Hess, cylindrique Fig. 185.

ourenflé en fuseau au milieu et ouvert aux deux bouts {6mm, Mer. Vivant).

Rhabdammina(Sars) (fig. 186) est formé de tubes radiaires droits ou ramifiés, ouverts à l’extrémité, et souvent s'insérant par l’autre sur une partie centrale renflée qui joue le rôle de chambre commune (25mm, Mer. Vivant).

Marsipella (im. Brady).

Rhabdammina (im. Brady).

à se former une surface tout à fait lisse, et se forme une bouche au sommet d’un prolongement conique. Dès lors, les orifices par où passaient les pseudopodes se ferment.

L'animal contient un noyau avec plusieurs prétendus nucléoles qui se dissolvent peu à peu {sans doute quand l'animal se dispose à se diviser) et fournissent la substance d'un réseau chromatique qui se dessine progressivement.

Rhumbler décrit ici cinq nouveaux genres de Protozoaires ou Protophytes dont il indique à peine les affinités et dont nous ne ferons que citer les noms en indiquant les groupes avec lesquels il leur trouve des ressemblances:

Rhynchogromia (Rhumbler), | Dactylosaccus (Rhumbler), Rynchosaccus (Rhumbler), Ophiotuba (Rhumbler) et

I les a trouvés dans la coquille de sa Saccammina. Il croit reconnaître des affinités chez le premier avec les Gromies, chez le deuxième avec les Grégarines, chez le troisième et le cinquième peut-être avec les Characées, chez le quatrième avec les Haliphysema.

(1) Ces genres forment la famille des SaccammNxz [Saccammininæ (Brady)].

@) Is constituent la famille des RzazpamNæ [Rhabdammininæ (Brady)].

Dentrotuba (Rhumbler).

IMPERFORÉS : ARÉNACÉS 131

Hyperammina (Brady) pourrait se définir un Æhabdammina réduit à un tube unique ayant les caractères de l’un des tubes du genre précédent (Mer. Vivant).

Aschemonella (Brady) (fig. 187), n’était la Consti- Fig. 187. tution de sa coquille onu à ce que nous venons d'indiquer, ne serait qu'une espèce d'Astrorhiza. Cependant, il faut noter que les tubes peuvent être moins nombreux et que, parfois, ils se soudent par leur extrémité au bout des tubes d'individus voisins, de manière à former Asckemonella (im. Brady). un organisme polythalame (Mer. Vivant).

Rhizammina (Brady) (fig. 188) est formé d'une masse libre de tubes flexibles,

Fig. 188 Fig. 189.

NS nt Dr

Rhizammina (im. Brady).

irrégulièrement ramifiés (25mm. Mer. Vivant). Sagenella (Brady) (fig. 189) est assez semblable, mais ses tubes sont fixés sur un Sasenella (im. Brady). support (pierre ou coquille) (Mer. Vivant). nn Reno Botellina (Carpenter) est en forme de tube cylindrique dont l'intérieur porte des saillies irrégulièrement contournées, déterminant un cloisonnement incomplet. Il paraît ètre fixé à une extrémité, SN tandis que l’autre laisse passer les pseudo- KK podes par des interstices (25mm, Mer. Vivant). Haliphysema (Bowerbank) (fig. 190) a une —=2È coquille constituée comme toujours de particules étrangères, mais qui sont ici presque exclusivement es spicules d'Éponges. La forme est celle d'une sorte de verre à pied long, étroit, irrégulier, dont le pied discoïde sert à fixer l’animal, Par l’orifice évasé, sortent les pseudopodes, longs, minces, irréguliers, très réticulés (Mer. Vivant) (*).

(1) Le corps contient de nombreux noyaux et des globules énigmatiques qui sont peut-être des sortes de spores. Haliphysema Cet être singulier avait été pris par BOWERBANK pour (A. Tumanovitzii) une Éponge, et par Häckec [77] pour un être extrêmement (d’ap. Ray Lankester). simple à deux feuillets, le prétendu ÆZnterozoon (Häckel) dont il faisait le type d’une classe des Physémaires. Ses beaux dessins où est repré-

2e TRrIBU

LITUOLINES. — ZITUOLINA [Lirvozrnx (Brady)]

Indépendamment des caractères indiqués plus haut, la coquille présente, chez beaucoup de Lituolines, un caractère singulier. L'animal, après l'avoir formée, comme nous l'avons vu, de particules étrangères, l'accroît intérieurement par le dépôt, à la face interne, de nouvelles particules qui dessinent des lames irrégulières se coupant de la manière la plus variée, de façon à combler presque entièrement la cavité avec une substance réticulée labyrinthique. Les cloisons de séparation des loges polythalames se perdent plus ou moins dans cet ensemble. C'est ce caractère que nous désignerons sous le nom de chambres labyrinthiques chaque fois que nous le rencontrerons.

Les Lituolines sont souvent perforés et font ainsi le passage à l’ordre des Perforida (").

GENRES Lituola (Lamarck) est une forme libre, polythalame, à loges labyrinthiques disposées en spirale régulière, sauf les dernières qui peuvent prendre la direction de la tangente. La coquille est épaisse, rugueuse, grossière, formée de gros grains de sable (Vivant et fossile) (?).

sentée l’organisation de cet être avec des feuillets épithéliaux réguliers à belles cellules nucléées ne correspondent à rien de réel.

(2) Bürseuzt [80-82] n'admet pas le groupe des Liluolines, préférant répartir ses genres parmi les Perforés et les Imperforés avec lesquels ils présentent le plus d’affinités.

Au point de vue de l’enseignement, cette manière de faire a l'inconvénient de troubler la pureté des caractères des groupes où l’on fait entrer ces Lituolines. C’est pour cela que nous ne l'avons pas adoptée. Mais, au point de vue des affinités, elle est très admissible, la famille des Lituolines ne contenant guère de formes propres et étant surtout formée de représentants arénacés des types hyalins ou porcelainés des autres groupes tels que Cornuspira, Miliolina, Peneroplis, Lagena, Nodosaria, Cristellaria, Globigerina, Rotalia, Nonionina, etc.

(?) Ge caractère de structure de la coquille est celui d’une série de genres qui constituent la famille des ZrrvozINx |Lituolinæ (Brady]) dont la Zituole est le type.

Ces genres sont les suivants:

Haplophragmium (Reuss) (fig. 191), qui est un Zituola à loges non labyrinthiques (Fossile);

Haplostiche (Reuss), qui est un Zituola dont les loges sont disposées en ligne droite ou un peu courbe, mais non spirale ; il est parfois monothalame (Vivant et fossile);

Rheophax (Montfort), qui est un Æaplostiche à loges non labyrinthiques (Vivant et fossile) ;

Coskinolina (Stache), quiest un Æaplophragmium dont : les dernières loges vont en diminuant rapidement;

Bdelloidina (Carter), qui représente, avec la structure de coquille particulière aux Lituolines, un Peneroplis: il est fixé par une face; la

Fig. 191.

Haplophragmium (Sch.).

A, entier ; B, en coupe.

IMPERFORÉS : ARÉNACÉS 133

Trochammina (Parker et Jones, emend. Brady) (fig. 192), au contraire, a sa coquille mince, lisse, par le fait qu'elle est formée de très petits grains de sable, fortementsoudés par un ciment chitineux et calcaire. L'intérieur des chambres est lisse,nonlabyrinthique(Vivantet fossile) (").

Endothyra(Phillips) (fig. 193) dissimule plus encore que les précédents son caractère

Fig. 192. Fig. 193.

Endothyra

arénacé par la prédominance du ciment :

É É 3 ë rochammina (E. crassa) calcaire sur les grains de sable (Fossile) (?). (im. Brady). (im. v. Müller).

parlie supérieure des loges est labyrinthique; le test serait perforé, les septa de séparation des loges sont percés d'une série de trous qui font communiquer les loges entre elles (Vivant, non fossile);

Placopsilina (d'Orbigny), qui représente le précédent sans perforations ni cloisons labyrinthiques (Vivant et fossile).

(1) Ces caractères se retrouvent dans toute une série de genres Fig. 194. constituant la famille des TrocxamuiNx |Trochammininæ [Brady)|, dont Trochammina est le type. Génériquement celui-ei est caractérisé par ses loges multiples enroulées à la manière de celles d’un Nautile où d’un Trochus. Il est libre on fixé (Vivant).

Voici les autres genres de la famiile :

Thurammina (Brady) (fig. 194), qui est monothalame, formé d’une seule loge sphérique, avec ou sans bouche principale à un pôle, Mais AVEC Tpurammina plusieurs orifices accessoires au sommet de petites éminences (Vi- (7. papillata) vant); (im. Brady).

Thuramminopsis (Häusler), qui n’est qu'un sous-genre du précédent;

Hippocrepina (Parker), qui est aussi monothalame, mais à loge allongée, renflée à un bout, étroite à l’autre avec une bouche unique, de forme variable (Vivant);

Hormosina (Brady), qui est, pour la forme, un Rheophax à loges plus arrondies, pour la structure, un Trochammina (Vivant); Fig. 195.

Ammodiseus (Reuss) (fig. 195), qui est libre et a une forme spirale ou héliçoïdale plus ou moins irrégulière : il est néanmoins monothalame, sa coquille n’ayant point de cloison intérieure {Vivant et fossile);

Carterina (Brady), qui est polythalame, et représente un Trochammina avec spicules calcaires lui appartenant en propre (Vivant);

Webbina (d'Orbigny), qui est fixé, formé d’une ou plusieurs loges, Ammodiscus réunies dans ce dernier cas en série irrégulière par des tubes de (im. Brady). jonction (Vivant).

(2) I est le type de la famille des £xporurrixz | Endothyrinæ (Brady)] caractérisée par cette structure de la coquille ainsi que par la netteté des cloisons qui séparent les loges. Celles-ci ne sont point labyrinthiques. La plupart de ces formes sont perforées et font le passage aux Perforida.

Voici les genres de cette famille :

Nodosinella (Brady), qui est un Nodosaria (V. p. 135) pour la forme, un Endothyra pour la structure (Fossile);

Polyphragma (Reuss), qui a la forme d'un tube fixé par une extrémité, formé de courts segments cylindriques superposés, labyrinthique à l'intérieur et terminé par une bouche criblée (Fossile);

Involutina (Terquem), qui a un enroulement nauliloïde, mais à tours si embrassants que

Loftusia (Brady) (fig. 196) est caractérisé par une structure arénacée si dissimulée par la finesse des grains et l’abondance du ciment calcaire qu’elle a pu être mise en doute. En outre, la structure intérieure des loges est compliquée par le développement d'un tissu labyrinthique abondant qui obstrue, en grande partie, la cavité de la coquille. Cette forme est perforée et fait, comme les précédentes, passage aux Perforida (Fossile) (").

Parkeria (Carpenter) est de forme sphérique et ses chambres très basses n’ont pas de vraies É cloisons, mais sont soutenues par des piliers Loftusia (Sch.). créux qui s'ouvrent dans la chambre située sn ds au-dessus et établissent ainsi une communication. Il n'y a pas de bouche. Les prétendues chambres initiales centrales, orientées suivant un rayon de la sphère, ne sont peut-être que la place du support primitif englobé par la coquille (Fossile).

Fig. 196.

l’'ombilic est caché et que l’ensemble ne forme plus qu’une masse lenticulaire où l’on ne distingue pas les différents tours (Vivant et fossile);

Bradyina (Müller), qui est un Endothyra à bouche criblée (Fossile);

Stacheya (Brady), qui est fixé et dont l’enroulement est rendu irrégulier par la présence du support (Fossile).

(1) Que l’on se figure une grande coquille nautiloïde (0mm8) à tours embrassants jusqu'à l'ombilie, de sorte que le dernier cache toujours tous les autres. Ces tours, très nombreux, jusqu'à vingt-cinq et plus, sont très peu élevés, mais très larges, en sorte que la coquille gagne plus en épaisseur, c’est-à-dire dans le sens de l’axe passant par l'ombilic et perpendiculairement à l’enroulement, que dans le sens de l’enroulement, et la coquille devient ainsi ovoide ou même fusiforme, le grand axe passant par les ombilics. En outre, au lieu d’un cloisonnement régulier, avec des sepla bien nets, séparant des loges bien libres, on trouve une disposition très différente. Plaçons-nous, par l'imagination, dans l’intérieur de la coquille en un point quelconque, les pieds tournés vers l'axe et la figure vers l'ouverture. Nous avons pour plancher la lamelle qui nous sépare du tour précédent, pour plafond celle qui nous sépare du tour suivant. À droite et à gauche, nous pourrions atteindre jusqu’à lombilic. Le plancher est lisse, mais le plafond est garni d’une épaisse couche de tissu labyrinthique qui rétrécit de moitié au moins l’espace déjà si restreint entre le plancher et la voûte. De distance en distance, sont les cloisons qui séparent les chambres. Ces cloisons sont obliques, complètes, mais formées du même tissu labyrinthique qui est à la voûte, en sorte qu'elles laissent communiquer les loges entre elles. Enfin, entre les cloisons, s'étendent des tubes calcaires qui subdivisent la loge en loges secondaires. On voit que la cavité de la coquille est aux trois quarts remplie par ces productions squelettiques : les loges anciennes le sont même tout à fait.

La famille comprend seulement un autre genre :

Cyclammina |(Brady), moins compliqué, simplement nautiloïde (Vivant).

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