TRIBU
ACEPHALINES. — ACEPHALINA vel MONOCYSTINES. — MONOCYSTINA [GRÉGARINES GOELOMIQUES |
Notre Monocystine, avec les caractères généraux de la Grégarine décrite au commencement de cet article, présente trois particularités qui en font un type à part: 10 il a pour hôte, non un Insecte ou quelque autre Articulé, mais un Ver (Annélide ou Géphyrien); 2° il habile non l'intestin, mais la cavité générale; 30 il n'a pas d’épimérite etest par conséquent acéphale, puisqu'on nomme céphalins ceux de ces êtres qui ont un épimérite. En outre, il n’a pasde septum ni par conséquent de protomérite distinct d'un deutomérite; il redevient la cellule simple munie de sa membrane et de son noyau, sans appendices d'aucune sorte, mais allongée et mobile à la façon des Grégarines ordinaires, grâce aux myonèmes de son ectoplasme. Il vit là, se nourrissant sans doute des substances albumineuses dissoutes dans le liquide
MONOCYSTINA (Type morphologique) (Sch.). cavilaire, grandit, arrive à L’adulte, les différents stades de la sporulation À à D maturité et s’enkyste. Ses COHROU EE Pr kystes (A) peuvent, selon le
Kys., kyste; sp., spore; spz., sporozoïte à l’intérieur S x 5 £ de la Spore. cas, être évacués par les
organes segmentaires ou n’arriver au dehors qu'après la mort de l'hôte et la destruction de son
Pyxinia (Hammerschmidt) (fig. 433 à 435), où une pointe centrale naît en outre du centre de la cupule;
BRACHYCYSTIDES : GRÉGARINIDES 279
. corps. Là, dans l’eau, ils s'ouvrent par déhiscence simple, sans sporoductes ou pseudokyste ou autre disposition particulière quelconque, et Les spores sont mises en liberté (F). Elles sont avalées par Re des individus de l'espèce à laquelle appartenait leur hôte, s'ouvrent sous l'influence de leurs sucs digestifs et mettent leurs sporozoïtes (spz.) en liberté. Ceux-ci pénètrent dans une cellule de l’épithélium intestinal, mais ne s y arrêtent pas (peut-être même passent-ils entre les cellules) et arrivent bien vite dans la cavité générale où ils n’ont qu'à grandir pour devenir la Grégarine monocystidée qui nous a servi de point de départ.
Fig. 433. Fig. 434.
Pyxinia. Spore (D’ap. Léger).
Pyxinia (P. rubecula) (d'ap. Léger).
Geneiorhynchus (Schneider) (fig. 436), où il a la forme d’un petit bouton longuement pédonculé et armé d’une Fig. 436.
bande de crochets
- dirigés en bas; | Pyxinia.
- Xyphorhynchus (Léger) \ Déhiscence (fig. 437), où il est ee ne formé d'une cou- (HepESecn ronne de crochets et d’une longue pointe conique ; Cr net EN Fig. 439 Dufouria (Schneider), (G. Monnieri) Xyphorhynchus où l’on retrouve les (d’ap. A. (X. firmus) longs filaments de Schneider). (d’ap. Léger). Pogonites; … Bothriopsis (Schneider) (fig. 438), chez lequel l’épimérite est difficile à trouver et dont le protomérite en forme de large ventouse ressemble si bien à un épimérite qu'on l’avait pris pour celui-ci et que l’on Bothriopsis | avait décrit l'animal comme manquant de proto- (B. histrio) mérite ; (d’ap. Léger).
Schneideria (Léger) (fig. 439), qui a un épimérite en couronne côtelée avec une pointe au centre, se distingue des précédents et de tous les autres Polycystines jusqu'ici étudiés parce que seul il est, normalement et toujours, dicystidé, c'est-à-dire pourvu gepneideria d'un épimérite à l’état jeune, mais dépourvu en tout temps de (S. mucronata) septum et par conséquent de protomérite ; (d’ap. Léger.) Coleophora (Schneider) et Doliocystis |Léger) qui sont dans le même cas. Tous les genres de cette série habitent le tube digestif des Coléoptères carnassiers
et forment avec Actinocephalus la famille des Acrrvoczrnaizi x [Actinocéphalides (Léger)].
276 LES SPOROZOAIRES
GENRES Monocystis (Stein) est la réalisation exacte du type morphologique ci-dessus décrit. Ce genre a contenu un moment toutes les formes de Monocystines vrais. Il ne contient plus aujourd’hui que les Monocystines de
Ver de terre, principalement M. agilis et M. magna (0,05 à 5mm, Cavité générale de Zumbricus ).
À ce genre se rattachent diverses formes mal déterminées qui ne sont là que provisoirement (*), et quelques genres que l’on rig. 40. a séparés en se fondant sur la forme des spores et sur quelques autres caractères.
Savoir :
Zygocystis (Stein) (Testicule du Lombric); Platycystis (Schneider) (Chez Sabella et Audouinia) ; Gonospora. Gonospora (Schneider) (fig. 440), à spores denticulées à un pôle Spore
d’ap.Léger).
(Chez Terebella, Glycera et autres Polychètes) ; (TASSE
Ceratospora (Léger) (fig. 441), à spores munies de deux longs filaments divergents (Parasite de Glycera); et enfin
Pig--441- Fig. 442. \ INC | / Fa A Ceratospora. Spore (d’ap. Léger). ‘1 1e
Urospora (Bütschli) (fig. 442), à spores munies d'un seul long filament (Testicules de Tubifex el Urospora. Spore cavité générale de divers Annelés: Nemertes, Sipun- (FApotésen culus, Synapta.) Kystes cœlomiques purs. — Certains de ces Urospora présentent dans leur développement une particularité du plus haut intérêt. Ceux de
() Telles sont :
Cytomorpha (Mingazzini) (Chez Diazona violacea); Lecudina (Mingazzini) {Chez Nereis et Sagitta); Kéllikeria (Mingazzini) (Chez Staurocephalus) ; Ophioïdina (Mingazzini) (Chez Lumbriconereis, Sapphirina, Nepthys et Discocelis tigrina); Polyrabdina (Mingazzini) (Chez Spio, Cirratulus et Serpula); Esarabdina (Mingazzini) (Chez Terebella); Nematoides (Mingazzini) (Chez Balanus); Lankesteria |[Mingazzini) (Chez les Ascidies); Pleurozyga (Mingazzini) (Chez Clavellina); Anchorina (Mingazzini) (Chez les Capitelliens). Tous ces genres ont été créés par Mingazzini pour des Monocystines qui ne sont guère déterminés que par leur habitat; leurs spores et leurs kystes n'ayant pas élé rencontrés dans la majorité des cas.
BRACHYCYSTIDES : GRÉGARINIDES 977
la Némerte et du Tubifex sont de vraies Grégarines, libres et mobiles dans le corps de leur hôte. Mais celui de la Synapte [U. Synaptæ (Léger)] met si longtemps à traverser la tunique intestinale de son hôte, qu’il est déjà adulte quand il arrive à la cavité générale. Aussi, bien qu'au moment où, se détachant de l'intestin, il tombe dans cette cavité, il n'ait encore aucune enveloppe kystique, ilest déjà arrondi et immobile, comme pour s'enkyster, et il s’'enkystera sans avoir pris forme de Grégarine ni manifesté la mobilité de ces animaux. Chez celui du grand Siponele (U. Sipunculi) les choses vont encore plus loin, car l'enkystement a lieu pendant que l'animal est encore engagé dans les tuniques intestinales, et ce sont des kystes tout formés qui tombent dans Fig. 413. la cavité générale. La phase libre est supprimée. Nous avons rencontré une évolution semblable, à titre d'adaptation temporaire, chez certaines espèces de Polycystines (fig. 443) (V. p. 268). Mais chez elles la forme libre existait concurremment avec la forme kystique cœlomique, sinon au même moment, du moins avant chez le même hôte, et après chez des hôtes de la même espèce. Ici, au contraire, la phase libre est supprimée pour l'espèce. C’est une espèce réduite à des kystes cœlomiques purs. Ce fait est surtout intéressant en ce quil nous met sous les yeux une forme qui se rattache aux Grégarines normales par des transitions insensibles et qui cependant ne diffère presque en rien d'une Coccidie, ainsi que nous allons le constater en étudiant cet ordre de Sporozoaires.
Lithocystis (Giard) est attribué par Cuéxor aux Monocystines cœlomiques (Parasite des Oursins) (").
Kystes cœlomiques (im. Léger).
Distribution des Grégarinides. — D'une manière générale, on peut dire Ce] s ,
{1} La classification des Grégarines est rendue fort difficile par le fait que la variation de leurs caractères ne suit pas une marche parallèle. La forme et la structure de l'adulte, étant très uniformes, ne peuvent servir presque à rien. Nous avons vu que la présence ou l'absence du septum, sur laquelle se basait l’ancienne division en Polycystides et Dicystides, n'a pas même une valeur spécifique absolue puisque des individus de même espèce peuvent avoir un septum ou en manquer. La forme de l’épimérite en raison de sa fixité dans chaque genre et de sa variabilité dans l’ordre, pourrait fournir un critérium utile, mais c'est an organe caduc et difficile à observer. Celle des spores a Pavantage de faire porter le critérium sur un organe relativement facile à voir, mais elle n’est pas d'accord avec celle des épimérites, et ne respecte pas toujours les affinités réelles, comme le montre le cas de Monocystis qui, par ses spores, pourrait prendre place à côté de Pyæinia et de Dufouria. Le meilleur critérium semblerait devoir être l’évolution, mais elle dépend si étroitement de l'adaptation qu’elle établit des analogies entre les formes les plus disparates comme Clepsidrina longa et Urospora Sipunculi. Pour la succession des genres que nous venons d'étudier, nous avons combiné de notre mieux les divers eritériums, empruntant beaucoup à LéGer et quelque peu aux autres, en attendant qu'on ait {trouvé un classement satisfaisant à toutes les exigences.
978 LES SPOROZOAIRES
que les Grégarines polycystidées ont pour hôtes habituels les Arthropodes (sauf les Diptères, où elles sont très rares) les Hyménoptères et Lépidoptères, et les Arachnides. En revanche, les Cœlentérés, Echinodermes, tous les Vers, les Tuniciers, les Crustacés, abondent en Monocystines cœælomiques ou non. Les Vertébrés n’ont jamais de Grégarines, pas plus que les Mollusques (*).
2 Sous-ORDRE
COCCIDIDES. — COCCIDIDÆ [C'occiprinæÆ (Leuckart); — PSOROSPERMIES OVIFORMES]
TYPE MORPHOLOGIQUE (FIG. 444 à 446)
Notre Coccidie (*) typique est un petit être qui se présente, au stade de son évolution qui correspond le mieux à l’état adulte de la Grégarine, sous
Fig. 444.
l'aspect d'une simple cellule, conte- EAN nue, en qualité de parasite, dans une LE
cellule intestinale de quelque hôte LR vertébré ou invertébré. Bien qu'elle 4. 2 ie soit très grosse par rapport à la Diese
cellule hospitalière qu'elle distend fortement,son volume se trouve limité par cette condition intracellulaire à 20 ou 30 y. Sa forme est sphérique.
(!) Amphioxus en possède peut-être une, décrite récemment par Porrarv. Les Tuniciers (Salpes, Ascidies simples et composées) ont de nombreuses espèces de Monocystines. Les Vers abritent beaucoup de Lee Monocystines, surtout les Annélides ma- Pa e cérs Lens en
u É : à e ôte; N., noyau du parasite; N., noyau rins (Wereis, Lumbriconereis, Nepthys, Gl- de la cellule de l'hôte. | cera, Spio, Serpula, Staurocephalus, divers Capitelliens et Maldanniens. On en trouve aussi chez les Oligochètes {Nais, Tubifex), les Géphyriens (Sipunculus, Phascolosoma, Echiurus), les Némertiens (Cirratulus, Borlasia), les Planaires (Discocelis, Planaria, Mesostomum), même chez les Trématodes, les Cestodes et les Nématodes. Il en existe chez les Chætognathes.(Sagitta). Enfin, les Echinodermes ont des Grégarines cœlomiques (£chinocardium, Synapta, Holothuria). Les Arthropodes possèdent surtout des Polycystines. Peripatus en héberge une. Les Crustacés n’ont que peu de ces parasites. Les Décapodes (Æomarus, Carcinus), les Amphipodes (Gammarus), les Copépodes (Cyclops, Sapphirina) et les Cirripèdes (Balanus, Pollicipes) sont seuls infectés. Les Arachnides n’en ont pas. En revanche, les Insectes {à la seule exception des Hyménoptères et Lépidoptères) et les Myriapodes possédent une énorme quantité de Grégarines.
L’aire de répartition des Grégarines est donc fort répandue. On peut remarquer que les Vertébrés et les Mollusques ne possèdent pas de Grégarines, mais seulement des Coccidies. Ce qui ne veut pas dire, du reste qu'il n'existe pas de Coccidies chez les Myriapodes et les Insectes, où ces parasites existent, au contraire, assez souvent.
Lé
: vhr 1441414511 À RTE] D LE dns
[4 DAGEAS AACALRAS,
COCCIDIDÆ (Type morphologique) (Sch.).
(*) Ne pas confondre ce terme, pris souvent comme synonyme de Coccidides, avec le nom français du genre Coccidium.
BRACHYCYSTIDES : COCCIDIDES 279
Structure
Elle a la constitution d’une cellule ordinaire (c.), sauf qu'elle est nue, ou du moins n'a que cette membrane protoplasmique, simple bordure hyaline, qui sépare du dehors le cytoplasme granuleux.
Son cytloplasme est finement vacuolaire et renferme, outre les microsomes, de grosses granulations qui représentent des produits plus ou moins avancés de l'assimilation (matériaux de réserve) ou de la désassimilation. Il n'y a pas d'ectoplasme distinct d’un endoplasme (*).
Au centre du cytoplasme est un gros noyau (N.) pourvu d'une membrane et dans lequel on distingue un réseau chromatique et un gros nucléole. À l'un de ses pôles sont, côte à côte, deux centrosomes (ctrs.) (Labbé).
Physiologie.
Nutrition. — En raison de sa situation intracellulaire et de l'absence de membrane, notre Coccidie n'a besoin d'aucun organe spécial de nutrition ou de désassimilation. Elle assimile et désassimile par simple osmose, dans son milieu ambiant formé par le cytoplasma vivant de la cellule hospitalière. Elle n'a de mouvements d'aucune sorte. Sa physiologie ne nous laisse donc à étudier que les phénomènes de son cycle évolutif.
Division. — Bien qu'elle ne soit pas le mode principal de reproduction, la division n'en existe pas moins. L'animal peut, quand il ne remplit pas toute la cellule, se multiplier par ce processus. La division a lieu par mitose (Labbé).
Enkystement. — Après avoir atteint sa taille définitive, la Coccidie s’enkyste sur place. Elle n'a pour cela qu'à sécréter son kyste. Il est fait ici d’une mince membrane d'une substance d'aspect chitinoïde (fig. 445, Kyst.) analogue à la membrane interne du kyste des Grégarines. Les granules plasmatiques disparaissent avant l’enkystement.
Sporulation (fig. 445). — Dès que l’enkystement est opéré (A), l'animal se dispose à sporuler. La membrane nucléaire disparaît (B), le nucléole se résorbe, et il sort du noyau une masse chromatique qui se porte vers la surface de la cellule pour s'éliminer et qui représente peut-être un globule polaire (Labbé). Mais cela n’est suivi d'aucun phénomène sexuel, l'enkystement étant toujours solitaire. Le noyau, resté au centre, se divise alors par mitose (C')et donne successivement de petits noyaux qui se portent à la surface (D)à peu près comme dans la segmentation centrolécithique des Insectes. À la surface aussi s'est accumulé tout le plasma formatif du cytoplasme. Chaque noyau masse autour de lui sa part proportionnelle de ce plasma et forme ainsi une petite masse nucléée. Ces petites masses sont d'abord
(1) Laggé distingue, selon leur aspect et leurs réactions des granules plasmatiques et des granules chromatoides plus petits.
280 LES SPOROZOAIRES
continues par leur base avec le cytoplasme sous-jacent, mais peu à peu elles s'individualisent, s'arrondissent et se séparent sous la forme de
coccipiDpÆ (Type morphologique). Sporulation (Sch.).
A à E, Stades successifs. ctrs., centrosomes ;: kys., enveloppe kystique; N., noyau de la cellule de l'hôte (e); N., noyau; sp., spores.
petites cellules nues, les sporoblastes (*), du plasma formatif qui se retire au centre où il forme un volumineux reliquat résiduel qui ne sera pas utilisé.
Ces sporoblastes se transforment en spores par le fait qu’ils se sécrètent deux membranes, une exospore d'abord, une endospore ensuite. Formation des sporozoites (fig. 446). — Après avoir formé ses membranes, la spore commence l’évolution intérieure qui conduit à la formation
() Laggé les appelle archéspores, mais nous préférons conserver une dénomination tout aussi applicable, plus ancienne et d’une signification plus générale. Disons que c'est aux belles recherches de cet auteur que nous devons la connaissance des phénomènes réels de la sporulation. Sa description, beaucoup plus conforme aux lois générales de la cytologie, se substitue à celle que ScaNEIDER avait donnée pour Ælossia octopiana et où il faisait dériver la chromatine des nouveaux noyaux d'un bourgeonnement endogène du nucléole.
BRACHYCYSTIDES : COCCIDIDES 281
des sporozoïtes. Pour cela, son noyau se divise et donne un petit nombre de noyaux entre lesquels le cytoplasma de la spore se partage, et ainsi se forment quelques sporozoïtes. Il reste cependant un petit résidu de cytoplasme inutilisé. Pendant que ces phénomènes s’accomplissent dans les spores, la cellule hospitalière est usée, détruite par le kyste qui forme dans son sein un énorme corps étranger incompatible avec une longue existence, et le kyste tombe dans la cavité intestinale. Là, deux éventualités peuvent se présenter pour lui. Tantôt, il éclate dans l'intestin, laisse échapper les spores mûres, et celles-ci mettent en liberté les sporozoïtes qui attaquent immédiatement COCCIDIDÆ (Type morphologique).
Formation des sporozoïtes (Sch.).
de nouvelles cellules du ctrs., centrosomes; endosp., endospore; épisp., épispore; même hôte ; tantôt, les N., noyaux; V., vacuoles du sporozoïte, kystes sont éliminés avec les fèces, s'ouvrent dans l'humidité, et les spores, avalées par le même hôte ou par ses congénères, mettent les sporozoïtes en liberté. Ceux-ci sont, comme chez les Grégarines, des corpuscules falciformes doués, ici aussi, de mouvements énergiques. Ils attaquent les cellules épithéliales de l'intestin, chacun pénètre dans une d'elles, s’y arrondit et n’a qu'à grossir pour devenir la Coccidie adulte avec les caractères que nous lui avons trouvés en commencant cette description.
Les Coccidies ne sont donc, en somme, que des Grégarines qui restent intracellulaires jusqu'à l’enkystement et sont, par conséquent, privées de vie libre et de mouvements. Mais nous avons vu que, parmi les Grégarines cœlomiques, certaines (Urospora Sipunculi) n'avaient pas non plus de vie libre. Ilne resterait donc d'autre différence que le fait que la Coccidie s'enkyste dans la cellule, tandis que le kyste cœlomique grégarinien senkyste hors de la cellule, dans le parenchyme de l'intestin. Mais cette différence elle-même disparaît, certaines Coccidies (Xlossia) s'enkystant de la même manière, comme nous allons le voir dans un instant.
Fig. 446.
endosp, endosp endos
CUS episp) : :SS .episp CT episp
Le sous-ordre des Coccidides est fort homogène et nous n’allons trouver entre les genres que des différences secondaires portant surtout sur le nombre des spores dans le kyste et sur le nombre des sporozoïtes dans la spore.
282 LES SPOROZOAIRES
GENRES
Klossia (Schneider) représente à peu près le type morphologique et nous n'avons que quelques différences à signaler et quelques particularités à préciser. L'animal quitte la cellule hospitalière à l'état de Coccidie et s’enkyste dans l'épaisseur des parois inlestinales où il se forme même un kyste adventice aux dépens du tissu conjonctif de cet organe. C’est plus tard, par destruction de la muqueuse, que les kystes sont mis en liberté dans l'intestin. Chaque kyste contient un nombre de spores très grand et non défini et chaque spore contient un nombre non défini de sporozoïles (Bien visible à l’œil nu. Tube digestif de Sepia où d'Octopus, principalement dans l'intestin spiral et rein d'Æelix) (*).
Pfeifferia (Labbé) (fig. 447) est, comme Xlossia, polysporé, c’est-à-dire qu'il produit dans son kyste un nombre grand et indéfini de sporoblastes, mais ici Au les sporoblastes se transforment directe- -KYS Kys. ment chacun en un sporozoïte B sans À former de membrane autour de lui, c’està-dire sans passer par l'état de spore. Le kyste émet directement les sporozoïtes quand il se rompt (Parasite chez les Lapins,
les Passereaux, les Gallinacés, le Triton et divers Poissons) (?).
Pfeifferia (Sch.).
A, formation des sporozoïtes; B, spo- 1 Be ; rozoïtes à l’intérieur du kyste; €, ma- \ ) Genres voisins : crosporozoïte; D, microsporozoïte. Adelea (Schneider) qui n’a que deux sporozoites kys., kyste. (Chez Lithobius); Barroussia (Schneider) qui n’en a qu'un (Chez Mepa cinerea).
Ces quelques genres constituent la tribu des Polyplastidés digéniques de Labbé : Polyplastidés parce que les kystes contiennent beaucoup de spores, et digéniques parce que les sporozoïtes ne naissent pas directement des sporoblastes.
F) Gette Coccidie présente encore deux particularités intéressantes. Premièrement, ses sporozoïites sont de deux tailles selon les kystes. Il y a des kystes à macrosporozoites (14 à 15 y) (fig. 447 C) et des kystes à microsporozoites(T à 8 y) (D). La signification de cette différence n’est pas connue; peut-être a-t-elle quelque chose de sexuel. Il semble que les macrosporozoïtes doivent simplement différer des derniers par une plus grande richesse en matières nutritives, car ils ne laissent pas de reliquat résiduel. Or on sait que ce reliquat est formé, en général, de la partie nutritive du plasma. En second lieu, l'animal peut se multiplier une ou deux fois par division mitosique dans la cellule hospitalière, avant de s’enkyster. Elle produit alors des infections aiguës très graves pour l'hôte.
Avec le genre voisin
Eimeria (Schneider), à sporozoïtes en tonnelet (chez la Souris), il constitue pour LABBE, la tribu des Polyplastidés monogéniques dont la définition se comprend d'elle-même après ce qui à été dit au sujet de Ælossia.
C'est avec doute que nous plaçons ici les genres
Gymnospora (Moniez) trouvé par Montez dans une Chenille et considéré par cet auteur comme appartenant aux Coccidies, malgré les sporoductes formés par son kyste. Le contenu du kyste se résout tout entier en nombreuses spores, mais qui donnent chacune plusieurs sporozoïites. Le reste de l’évolution n'est pas connu;
BRACHYCYSTIDES : COCCIDIDES 283
Coccidium (Leuckart) (fig. 448). Tout est conforme à notre type morphologique chez Coccidium, saufquelenoyau du kyste ne se divise que deux fois et donne seulement quatre sporoblastes et par conséquent quatre spores :
(C: sp.) celles-ci sont à l'intérieur du kyste et donnent, à leur tour, à leur intérieur, deux sporozoïtes disposés
tète-bèche (G) (‘).
c dop”
Coccidium (Sch.).
A à C, ormation des spores dans le kyste; D à G, formation des Distribution des Coc- sporozoïtes dans la spore; edop., endospore; epsp., épispore
kys., kyste; rlq., reliquats de segmentation; sp., spores.
cidides. — Les Coccidies se rencontrent dans toutes les classes des Vertébrés et chez quelques Invertébrés : (Céphalopodes (Octopus, Sepia), Gastéropodes (Limax, Helix, Succinea, Neritina), Myriapodes (Lithobius, Glomeris), et peut-être dans une chenille de Lépidoptère (?).
Cretya (Mingazzini), genre incertæ sedis, qui se rapporte probablement à Pfeifferia :
Gonobia (Mingazzini) qui se rapporte sans doute à £imeria;
Rhabdospora (Henneguy) qui se distingue des genres précédents par des sporozoïtes en forme d'épingle, la tête de l'épingle étant le noyau du sporozoïte [Trouvé par Laguesse et Thélohan dans divers organes des Poissons).
() Les Coccidium sont les uns endogènes, les autres exogènes. Ils sont très répandus chezles Vertébrés supérieurs.
Citons : C. oviforme et C. perforans (Leuckart) du Lapin; C. tenellum (Raillet) du Poulet; C. Delagei (Labbé) des Tortues ; C. proprium [Schneider) du Triton, ete.
Genres voisins :
Goussia (Labbé), dont la spore s'ouvre par deux valves {Chez les Poissons);
Cristallospora (Labbé (Coccidium .crystalloides de Thélohan) à spore bipyramidale affectant une forme cristalline (Chez Motella) ;
Bananella (Labbé) à trois spores seulement ;
Diplospora (Labbé) à deux spores qui ont chacune quatre sporozoïtes (Chez les Passereaux) ;
Cyclospora (Schneider) et
Isospora (Schneïder) sont également disporés.
Le genre Orthospora (Schneider) n'existe pas : c'estle Coccidium proprium du même auteur.
(*) On a trouvé, chez l'Homme, plusieurs cas bien observés d'une Coccidie voisine de C. perforans. Les Coccidies sont communes chez la plupart de nos animaux domestiques.
284 LES SPOROZOAIRES
3 Sous-ORDRE
HÉMOSPORIDES. — ÆLÆMOSPORIDÆ
[Hémoseoripres (Labbé)]