‹ Traite de zoologie concrète (volume 3)Chapitre 72 sur 112 · CENT · texte numérisé non relu

CENT

Parasites des mélanosarcomes et des cirrhoses biliaires. — Sreinuaus a décrit dans ces maladies des productions nucléaires qu'il semble rapporter à des Coccidies karyophages et sur lesquelles il est actuellement impossible de se prononcer.

Parasites du Cancer. — Beaucoup plus importants au point de vue de l’homme, mais non moins obscure, est la question des parasites du cancer. Dans divers carcinomes, en particulier les épithéliomas, les cellules cancéreuses contiennent, outre leur noyau plus ou moins altéré, des productions d'aspect très variable. Tantôt, c’est une simple petite masse de forme assez régulière que l’on pourrait prendre pour une amibe contractée. Elle n’a pas un noyau bien évident. Mais cependant les colorants de la chromatine colorent plus énergiquement certaines parties de son contenu. Ailleurs, on trouve une sphérule de forme analogue, mais présentant indubitablement des figures astéroïdes comme dans les mitoses. D’autres fois enfin, et cela constitue une indication beaucoup plus précise, on observe, à l’intérieur de la sphérule parasite, une masse moruliforme semblable à celle qui caractérise la plupart des Sporozoaires en train de sporuler.

D'après nombre d'histologistes (Cornir, FABre-DOMERGUE, ete., etc.,) il n'y aurait là que des productions pathologiques non parasitaires, des bourgeonnements nucléaires, des mitoses anormales, des migrations de leucocytes, des dégénérescences, des histotyses vitreuses ou colloïdes, ete.

D'après d'autres auteurs (MALASssEez, METCHNIKOF, SAVTCHENOK, NILSSIÜBRING, SOUDA- KEVITCH, etc.) ce serait là un parasite voisin des Coccidies. KororNer l’a nommé

Rhopalocephalus (Korotnef) (À. carcinomatosus) (fig. 467) et lui a assigné un développe-

ment compliqué dans lequel

il semble bien qu'il a dû Fic.

comprendre des leucocytes migrateurs qui n'ont rien de commun avec la maladie.

Le parasite formerait un kyste (A), d’où pourraient sortir deux sortes de larves, les unes zooïdes (B), se transformant en sortes de Grégarines monocystidées (C), les autres, sporozoides (2) se transformant en amibes (Æ\) qui développeraient en elles (F) de nouveaux zooïdes et sporozoides.

Il semble bien d’après tout cela que : 10 on a décrit comme parasite du cancer des formations pathologiques de la cellule altérée, mais qui n'ont rien de parasitaire ; 20 il existe, dans les cellules cancéreuses, de vrais Sporozoaires à cycle évolutif encore indéterminé, mais on n’est pas en état d'affirmer qu'elles y existent constamment ; 3° la preuve reste à faire, que ces parasites soient la cause réelle de la maladie.

Le cancer est généralement inoculable d’un point à un autre de l'individu qui en est porteur. Il y a des cas incontestables d’inoculations d'un individu à un autre, même d’une espèce à une autre, mais le résultat est alors très aléatoire. Enfin ces inoculations prouvent tout au plus la nature infectieuse de la maladie et nullement que le parasite sporozoaire soit l'agent de l'infection.

Cette importante question attend de nouvelles études.

Rhopalocephalus (im. Korotnef).

302 LES SPOROZOAIRES

Sur le prétendu dimorphisme des Sporozoaires*

« En 1891, le DrR. Prerrrer, de Berlin, ayant trouvé dans l'intestin de jeunes Lapins une Coccidie à développement simple d'£Eimeria, causant une infection grave de ces animaux, émit l’idée que cette Coccidie était une forme évolutive de Coccidium perforans, et qu'ainsi une même Coccidie pouvait avoir, suivant les circonstances, un double développement :

1° Un développement endogène simple (£imeria) reproduisant l'infection chez le même individu par Schwärmersporencysten :

20 Un développement exogène à deux degrés {Coccidium) reproduisant l'infection chez d’autres individus par Dauersporencysten.

« Le Dr Lupwic Preirrer, de Weimar, étendit cette théorie à toutes les Coccidies d'abord, puis à tous les autres Sporozoaires, sauf aux Grégarines, bouleversant ainsi toutes les classifications. Chez la Salamandre, Karyophagus Salamandræ de Steinhaus seraitle Schwärmerstadium de la Coccidie dont le Coccidium proprium de Schneider serait le Dauerstadium. Chez Lithobius, il y aurait une Æimeria, pour répondre à Adelea ovata qui serait le Dauerstadium. La curieuse Coccidie trouvée par Podvissozky dans l’œuf de Poule serait le Schwärmerstadium de Coccidium tenellum. Chez les Sarcosporidies, la forme Dauercysten serait représentée par les tubes de Miescher.

« Plusieurs auteurs, ScHuBERG, MINGAZzINI, soutiennent cette théorie.

« Dans une note précédemment publiée, nous avons établi plusieurs exemples d'infection double dans lesquels l’une des Coccidies était monogénique, l’autre étant digénique et à développement exogène.

« Sans entrer dans les détails des discussions, nous pouvons dire que partout l'évolution de ces Coccidies était différente de À jusqu’à Z; que le développement était indépendant chez toutes, qu’elles pouvaient être distinguées à tous les stades et qu'elles appartenaient certainement à des espèces différentes, sans qu’il fût possible de dire qu'il y eût dimorphisme chez une seule espèce. De ce que deux parasites voisins se trouvent dans le même organe du même hôte, il n’en résulte pas nécessairement qu'ils dérivent l’un de l’autre; et, si leur structure et leur évolution diffèrent depuis les premiers stades jusqu'aux derniers, on ne peut admettre un dimorphisme et l'on doit conclure qu'ils appartiennent à des espèces différentes.

« Nous avons constaté qu’un tel dimorphisme n'existait pas davantage chez les Hémosporidies et les Gymnosporidies.

« Somme toute, nous ne savons pas s’il peut y avoir un dimorphisme évolutif chez les Sporozoaires, mais nous pouvons affirmer absolument que ce dimorphisme n’est pas prouvé dans les cas observés tant par nous que par divers auteurs, et que beaucoup de raisons s'opposent, au contraire, à ce qu’on l’admette. Provisoirement, nous pensons donc que les genres Pfeifferia, Eimeria, etc., sont parfaitement légitimes et ne représentent nullement des phases évolutives d’autres Coccidies ».

(*) Nous laissons la parole à M. Labbé, sur cette importante question dont la solution intéresse la conception toute entière de la classe des Sporozoaires.

DÉUTASSIE

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