‹ Traite de zoologie concrète (volume 3)Chapitre 74 sur 112 · SES · texte numérisé non relu

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MONADIDA. Type morphologique (Sch.).

Cela nous autorise à distinguer dans l’ordre des Monadides trois

sous-ordres :

OLIGOMASTIGIDÆ, ayant un fouet principal accompagné ou non de un ou deux fouets accessoires plus petits ou tout au plus égaux au fouet

principal;

HETEROMASTIGIDÆ, ayant, outre le fouet principal, un ou deux grands fouets accessoires dirigés en bas; POLYMASTIGIDÆ, ayant plus de trois fouets.

1% Sous-ORDRE

OLIGOMASTIGIDES. — OLIGOMASTIGIDÆ

Sans décrire pour eux de type morphologique, nous les diviserons

en deux tribus :

ACRASPEDINA sans collerette ; et CRASPEDINA munis d’une collerette (").

Are TrIBu

ACRASPÉDINES. — ACRASPEDINA

(FIG. 489 er 490)

Il est inutile de nous étendre longuement sur la description du type

Fig. 489. |

OLIGOMASTIGIDÆ : ACRASPEDINA.

Type morphologique (Sch.).

N., noyau; Ve., vésicule pulsatile.

morphologique de ce groupe. Nous aurions à répéter à peu près tout ce que nous avons dit du type général des Flagellés. Ine diffère de ce dernier qu'en deux points,les téguments et la bouche, et, quand nous les aurons fait connaître, 1l sera suffisamment décrit.

Les tféguments ont toujours la même constitution typique, mais leurs caractères physiques sont différents. La membrane est à peine indiquée et n'a aucune fermeté, et l’ectoplasme se distingue, lui aussi, par une mollesse particulière. Il en résulte que le corpsse prête à des déformations amæboïdes plus ou moins étendues après lesquelles il reprend naturellement sa forme primitive :

il est métabolique.

La bouche n’existe pas, en tant du moins que dépression infundibuliforme préformée.

Il y a seulement un lieu d'élection pour l'entrée des aliments et ce lieu est situé à la base du flagellum. D'ordinaire, à cette place on ne remarque rien de particulier, surtout si l’animal n’est pas affamé. Mais si le fouet, dans son mouvement, projette vers elle une particule alimentaire, celle-ci pénètre immédiatement dans le cytoplasme et est aussitôt englobée en même temps

qu'une petite masse d’eau qui forme autour d'elle une vacuole alimentaire.

flagellata de Kent.

(1) Ces Craspedina correspondent aux Craspedomonadina de Stein et aux Choano-

MONADIDES : OLIGOMASTIGIDES 921

Si l'animal, depuis quelque temps, n’a pas capturé de nourriture, on voit se former au lieu d'élection une vacuole, 8 parfois si volumineuse qu'elle forme une gibbosité très saillante (fig.

490,A).C'estune vacuole :

alimentaire, mais vide, À B 6 D E attendant un aliment. | ACRASPEDINA (Type morphologique) (Sch.). Dès qu'un globule aSSI- Absorption d’une proie.

milable vient à être 4, particule alimentaire arrivant à la vacuole d'attente ; B et C, la

Ur 2 . particule est engloutie dans la vacuole et la saillie de la paroi du projeté contre EE LHOUEE corps disparaît; DetE, une nouvelle vacuole d'attente se reforme. paroi, en un clin d'œil

celle-ci s'ouvre, se referme sur lui et, s’enfonçant dans le corps (2), l'entraine dans la profondeur (C), tandis qu'une nouvelle vacuole d'attente (D, E) vient prendre sa place à la base du flagellum. Ajoutons que la vésicule pulsatile occupe ici la partie supérieure du corps, tandis que le noyau est à la partie inférieure.

L'animal vit dans les infusions et les eaux croupissantes où abondent les Bactéries qui forment sa principale nourriture.

Fig. 490.

GENRES

Mastigamæba (F.-E. Schulze) (fig. 491). Ce Flagellé se présente, quand il nage,

er LOTS

sous un aspect très ordinaire, très normal pour un animal de cette classe. Il a un seul fouet, et son corps piriforme a un contour parfaitement lisse et régulier. On remarque seulement qu'il ne capture point d'aliments. Puis, à un moment donné, on le voit ralentir sa marche, se déformer irrégulièrement, pousser de vrais pseudopodes irréguliers, ramifiés etse mettre à ramper absolument comme © un Amibe. Non seulement il ressemble à un Amibe par

sa forme, mais il agit comme lui, saisit des particules

LR alimentaires avec ses pseudopodes et les englobe en La même temps qu'une petite quantité d'eau formant vacuole alimentaire autour de la particule ingérée. En

un mot c'est un Amibe, sauf le flagellum qui persiste, ss quoique inerte, pendant cette métamorphose. Puis, au

bout de quelque temps, il rentre ses pseudopodes, reprend sa forme régulière et se lance à la nage avec son fouet. C’est là sa vie : alternativement Rhizopode pour ramper et manger, Flagellé pour nager, il forme entre ces deux classes un lien des plus curieux (Atteint 0,1. Eau douce) (*),

Fig. 491.

() Cela devient plus évident encore si l’on pense à certains Foraminifères qui ont un vrai pseudopode, comme Podostoma filigerum qui peut-être même serait mieux à sa place ici. Ce Mastigamæba à un beau noyau vésiculeux en haut, une vésicule pulsatile en bas. On ne connaît pas sa reproduction.

Dimastigamæba (Blochmann) (fig. 492) est un genre voisin qui se distingue principalement par la présence de deux flagellums à peu près égaux dont l’un est souvent dirigé en Fig. 493.

arrière (*). /

Dimorpha (Gruber, emend. Blochmann) (fig. 493) se distingue des précédents par le fait que, sous sa forme Rhizopode, il revèt l'aspect d’un Héliozoaire et fait nettement le passage à ce groupe. Les pseudopodes non seulement sont rayonnants, très fins, bien détachés du corps, mais possèdent un filament axial qui se prolonge jusqu’à un pelit corps qui occupe, au centre du noyau, la position d’un nucléole.

Les deux fouets sont permanents, Dimorpha même pendant l’état Héliozoaire, et Late (d’ap. Blochmann).

4 re À ne Dimastigamæba se continuent aussi jusqu au MÊME (Jap. Klebs). point à l’intérieur du noyau. Pendant l’état Flagellé, on peut encore distinguer dans le corps des stries radiaires qui indiquent la persistance des filaments axiaux des pseudopodes. Les deux fouets sont toujours dirigés en haut, Il y a plusieurs vésicules contractiles (Eau douce).

Mastisophrys (Frenzel) peut être défini : un Céliophys (V. p.163) qui posséderait un flagellum unique, permanent, situé entre des pseudopodes ciliophrydiformes, permanents aussi. Il est entouré d’une mince couche gélatineuse protectrice. La présence de ce fouet permanent nous oblige, malgré ses caractères d'Héliozoaire, à faire de cet être un Flagellé (?).

Tripanosoma (Gruby) (fig. 494). Sa forme est d'ordinaire celle d’une languette un peu épaisse, souvent arquée en croissant. Mais, en raison de sa mobilité, il est difficile de la

Fig. 492.

Fig. 49%

(1) L'animal se nourrit aussi pendant la marche à la manière d’une Monade(voir plus bas) et, pendant le repos, devient tout à fait amæboïde et se comporte comme un Mastigamæba. I] se divise comme l’Amibe. à l’état de repos ou longitudinalement à l’état libre, et parfois se multiplie sous un kyste.

I] fait passage aux Heteromastigidæ par son second fouet dirigé . Tripanosoma en bas. (im. Lankester).

Ces deux genres constituent la famille des RzIZOMASTIGINÆ [Rhizomastigina (Bütschli}] à laquelle Bürsenzi adjoint, àtitre d'appendice, le curieux genre Mastigophrys (V. plus loin).

(?) Sans ce caractère il appartiendrait aux Héliozoaires avec lesquels il a de grandes affinités. Au contraire, nous avons laissé parmi les Héliozoaires les genres Ciliophrys et Actinomonas qui n’ont ce fouet que temporairement (V. p. 162).

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préciser. Le long de l’un des bords (le convexe s’il y en a un) règne une

haute membrane ondulante qui se termine en haut par un flagellum.

Ce flagellum peut disparaître par moments ainsi que la membrane et

l'animal deviendrait alors amæboïde, mais la chose n’est pas absolument

certaine (Jusqu'à 80 y. Parasite dans le sang de divers Vertébrés(Batraciens, Poissons,

Tortues), et dans le tube digestif de divers Invertébrés ;

(Ostrea, Tapes (sur la tige cristalline), Pontobdella, Pyxi- Fig. 495.

cola) ou Vertébrés (Poule, Oie, Canard, dans le cœcum). Cercomonas (Dujardin) (fig. 495) a la forme d’un ovoïde pointu aux deux bouts. L'extrémité supérieure porte le flagellum, l’inférieure se prolonge en un long appendice caudal. Ici, tout redevient conforme à notre type morphologique en ce qui concerne la bouche et la capture des aliments; mais il reste une trace sensible du caractère amœæboïde des formes précédentes dans le prolongement caudal et les parties voisines. Celles-ei prennent à certains moments (P) le caractère de vrais pseudopodes. Cependant ce n’est là, ni une nécessité pour l'animal, ni mème une condition habituelle. C'est seulement au moment de la con- “ jugaison qu’on le voit développer beaucoup cette NE te

partie amæboïde et s'en servir pour se souder à (GC. crassicauda) (d'ap. Stein).

son conjoint (60 y. Infusions d’eau douce et tube digestif

de l'Homme, peut-être plus spécialement dans certaines diarrhées, mais seulement

dans les points où la réaction est alcaline) (*).

(1) Genres voisins :

“Herpetomonas (Kent) (fig. 496), est dépourvu de prolongement caudal, à Fig. 496: l'extrémité inférieure du corps, il est encore amæboïde, mais sensiblement moins ; sa forme est très allongée ;

“Ancyromonas (Kent) (fig. 497), a Fig. 498.

a les mêmes caractères, mais pe et / Fig. 499. est piriforme (6 y. Mer); …Oikomonas (Kent) (fig. 498), est de

même, mais presque sphé-

— rique et peut se fixer par son extrémité inférieure étirée en filaments [4 à 16 &. 4rcyromonas Eau stagnante et infusions); (A. sigmoides)

Thylacomonas (Cheviakof) n’est (d’ap. Kent).

plus du tout amæboïde et a En son fouet implanté sur le côté latéral d’une j légère excavation dont le fond n’est point Oikomonas 2AYllomonas ( puscaune bouche (22 y. Eau stagnante); (O. termo) (d’ap. Kent). domesticæ)

Phyllomonas (Klebs) (fig. 499) se distingue des (im. Kent). (d'ap. Kent).

— précédents par sa forme singulière qui peut se comparer à une feuille triangulaire, à demi ployée et par son flagellum inséré et dirigé en arrière par rapport au sens de la progression (6 à 7 p. Eau stagnante).

Ces êtres forment la famille des Czzcowoxanvæ [Cercomonadina (Kent, emend.)].

Herpetomonas

Codonœæca (J. Clark) (fig. 500) peut être comparé à un Oikomonas qui se serait sécrété une logette gélati- Re \ neuse, en forme d'urne élégante, fixée par un pédoncule, et assez large pour que son corps ne laremplisse pas entièrement (14 g. Mer et eau douce) (").

Bicosæca (J. Clark) (fig. 501) présente un caractère nouveau : c'estun prolongement aplati de l'extrémité supérieure, auquel on a donné le nom de péristome. Le flagellum part de la base du péristome et l'inges- Codonæea tion des aliments a lieu entrelabase (C: costata) (d'ap. du flagellum etcelle du péristome,ou SRE à la face de celui-ci qui regarde le flagellum. L'animal se sécrèle une capsule transparente, de forme ovoïde, juste suffisante pour le contenir. Il est fixé dans sa capsule par un pédoncule qui traverse celle-ci et se fixe au sol; il peut resserrer l'entrée de sa capsule UE lorsque, effrayé, il se rétracte à son intérieur (g./acustris)(d’ap.Stein). (12 à 15. Mer et eau douce) (?).

Proteriodendron (Stein) (fig. 502) est un Bicosæca à Fig. 502. péristome beaucoup plus développé et qui forme 2 des colonies résultant de ce que les jeunes restent | S 4) fixés par leur pédoncule soit au pédoncule de leurs parents, soit à la paroi largement évasée de leur capsule (°).

Monas (Ehrenberg, emend.) (fig. 503) pets nous ramène à une forme sans | capsule ettrès voisine d'Oikomonas | par exemple; mais il s'en dis-

(?) Cette forme est fort incomplètement décrite.

Platytheca (Stein) (fig. 504) semble devoir prendre place auprès d'elle bien que son flagellum court et immobile n’ail guère Platythecs | le caractère de celui d’un (P. micropora) Monas (Sch.). | Flagellé. (Stein).

Ces deux genres forment la famille des Copoxæcixx [Codonæcida (Kent)|. | (?) Genre voisin : | Hedræophysa (Kent), à capsule sessile. JL (5) Ces trois genres forment la famille des Brxæcixx PRET pe [Bikæcina (Stein)]. (P. petiolatum) (d'ap. Stein).

Fig. 501.

MONADIDES : OLIGOMASTIGIDES 325

tingue par la présence d’un ou deux petits fouets accessoires à la base du fouet principal (30 p. Eau douce et peut-être mer) (*).

Le genre libre Honas, est le chef de file d’une petite série de formes qui ont un fouet accessoire, mais sécrètent un pédoncule par lequel ils se fixent et s'associent en colonies (fig. 505). Le fouet accessoire est inséré au pied du fouet principal et, au côté opposé de celui-ci, le corps se prolonge en une sorte de rostre assez accusé. Le lieu d'ingestion est à côlé du fouet accessoire.

La colonie résulte toujours de la division d’un individu qui est lui-même fixé par un pédoncule (À) À 8 c D = et, en se divisant, se fend de haut en bas jusqu'à la naissance de celui-ci (B et C'). Les deux individus ainsi formés allongent leur pédoneule (D) et ainsi s’écartent l’un de l'autre, puis se divisent (E), et ainsi de suite. On comprend que, suivant les rapports de vitesse de la division et de l'allongement des pédoncules, les colonies prendront des formes variées. Ces formes permettent de distinguer trois genres : Dendromonas (Stein) (fig. 506), qui forme des arbuscules régulièrement dichotomiques sur lesquels les individus sont situés côte à côte, tous à la même hauteur …. (18p. Eau douce).

Anthophysa (Bory de *. Saint-Vincent) (fig.

507), qui forme des capitules sphériques

Formation de la colonie chez un Monadien colonial (Sch.).

(!) La Monade peut se déformer par des bosselures amæboïdes, mais cela ne va pas jusqu'à former des pseudopodes.

- Quelquefois, cependant, M elle peut émettre un fila-

ment par lequel elle se — fixe, et ce filament ne - peut guère être inter- … prété que comme un long RE “ pseudopode filiforme. I] io à | existe, icietchez quelques F | :

autres genres, une petite Dendromonas (Sch.). Anthophysa (A. vegetans) (im. Kent).

ligne brillante située

sous la base du fouet et que l’on appelle la bandelette buccale. FRAN7 a montré que ce n'est là qu'une rangée. de grains d’amidon représentant morphologique-

de cinquante à soixante individus sessiles au sommet de longs pédoncules dichotomiques dont les parties anciennes sont colorées en brun par de l’oxyde de fer (30 y. Eau douce); et

Cephalothamnium (Stein) (fig.508), qui forme des groupes d'importance différente d'individus sessiles au sommet de pédoncules raides et courts ramifiés une ou deux fois seulement (20 p. Eau douce) (*).

Supposons un Monas chez lequel le fouet accessoire serait devenu égal au fouet principal, à tel point qu’on ne saurait l’en distinguer, ce sera {

Amphimonas (Dujardin) (fig. 509) qui, \ en outre, est fixé par un pédoncule | dont il peut se détacher à l’occasion

Fig. 508. Fig. 509.

pour nager librement (12 y. Mer et eau l /

douce) (?). | \ ‘Imaginons maintenant que des k

Amphimonas sécrètent une substance j

gélatineuse capable de se solidifier |

autour d’eux de manière à les réunir CR

en colonies et nous obtiendrons une (d’ap. Kent). Amphimonas

petite série de genres, faciles à dis- (Aer

tinguer d’ailleurs par la forme que prend cette sécrétion en se modi-. fiant. Chez

Spongomonas (Stein) (fig. 510), c'est une masse gélatineuse commune dans laquelle les individus sont englués côte à côte, ne laissant sortir que leurs deux fouets (*) (Atteint 10mm,. Eau douce). Chez

Fig. 510.

ment le stigma des Flagellés colorés, mais qui n’a iei aucun rôle dans la perception de la lumière ou de la chaleur. Genres voisins :

Sterromonas (Kent), qui est un peu douteux, et Arhabdomonas (Fisch), qui n’a qu'un fouet accessoire. Spongomonas

(:) Ces trois genres forment la famille bien naturelle (S. diseus) (im. Stein). des DENDROMONADINZ | Dendromonadina (Stein)].

() I y a de plus cette différence que la vacuole nutritive peut se former en n'importe quel point du corps. Comme Monas, Amphimonas est un peu amæboïde. Les deux fouets sont parfois assez écartés l’un de l’autre. Le genre

Dinomonas (Kent) n’est peut-être pas très bien ici à sa place, car il paraît avoir une bouche préformée bien que non visible lorsqu'elle ne fonctionne pas.

Ce genre forme, avec Amphimonas, la famille des AwParmonvaniNx [Amphimonadina (Kent)]. Mais on lui adjoint d'ordinaire diverses formes, Pseudospora et autres que nous avons mises avec Ciliophrys et Actinomonas parmi les Héliozoaires (V. p. 163).

(*) Cette masse peut d’ailleurs revêtir les formes les plus diverses : sphérique, discoide, cylindrique ou lobée de façons diverses.

MONADIDES : OLIGOMASTIGIDES |

Cladomonas (Stein) (fig. 511), elle forme de petits tubes ramifiés et les individus sont logés au bout des branches où ils peuvent s’enfoncer plus ou moins ou sortir presque entièrement au dehors (75 y. Eau douce). Chez

Fig. 511.

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