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EUGLÉNIDES : ASTASINES 347
tégument, des éléments nutrilifs contenus dans les liquides, à la manière d'une racine de plante dans le sol. C'est ce que l'on appelle l'alimentation saprophytique. Aussi ne peut-il vivre, ou du moins prospérer et se multiplier, que dans les eaux croupissantes riches en substances or- FE es dissoutes. Il se reproduit par division longitudinale à l'état ibre.
GENRES
Astasia (Dujardin) (fig. 561, 562), forme allongée mais très métabolique, à cuticule finement striée en spirale. Un seul flagellum (0,1 et plus. Eau douce) (*).
Distigma (Ehrenberg) (fig. 563, 564) diffère du précé- Fi: 561. Fig. 562. dent uniquement par la possession d’un fouet ac- \ cessoire, inséré à côté, du principal et dirigé | comme lui (fig. 563) et, le plus souvent, par la présence de deux stigma noirs (taches oculiformes) à l'extré- © mité supérieure (fig.
Menoidium (Perty) est un
Fig. 565.
. œ se g. 964.
Fig. 563. | |
ñ e \4 Astasia mais dont la ÿ Astasia forme du corps est fixe, Se : ve ap, non métabolique, un Distigma pistiema ei
peu contournée (40 y. (pro (D. pro- Sphenomo-
teus) teus) nas Eau douce) (*). (d’ap. (ap: Ne) :
Sphenomonas (Stein) Stein). Stein). (im. Klebs, A ! È 1 : ét (fig. 565) est un Dis- OR Ge
higma de forme fixe. Il à comme lui un fouet te) accessoire, parfois deux, très petits (30 y. Eau douce) (*).
(!) Genres voisins :
Astasiopsis (Bütschli), Astasioides (Bütschli) et (p, p), Cyclidium (Dujardin), ne sont guère que des espèces d’Astasia. Rhabdomonas (Fresenius) n’est qu'une espèce de Menoidium ou peut-être de Sphenomonas. (*) Il se distingue en outre par la présence de une ou plusieurs carènes longitudinales et, dans l'intérieur du corps, par une grosse masse d'aspect gélatineux dont la signification est inconnue. Le genre Atractonema (Stein) n'est qu’une espèce du précédent.
2e TRIBU
EUGLÉNINES. — EUGLENINA [ÆuGLENIDA (Klebs), non EUGLENINA (Stein)].
TYPE MORPHOLOGIQUE (FIG. 566 er 567)
Pour la structure du corps et des organes, c’est une Astasine. Mais il y a ici en plus deux organes : des grains de chlorophylle et une tache
Fig. 566.
EUGLENINA (Type morphologique) (Sch.).
b., bouche: e€., grains de chlorophylle; fig., flagellum ; mb., membrane; N., noyau ; ph.,pharÿynx; r., réservoir; stig., stigma: W., vésicules formatrices; Ve., vésicule pulsatile.
pigmentaire oculiforme ou sfigma (*).
Les grains de chlorophylle(c.) sont fort petits (2 à 44) etgénéralement discoïdes ; ils sont logés sous le tégument et ne sont nullement des Algues parasites ou des particules ingérées : ce sont des organes de l'animal. Normalement, leur structure est la suivante.
Au centre estle pyrénoide, petile masse deprotoplasmadifférencié, enveloppée d'une couche de paramylum qui prend la forme de deux hémisphères creux, formant une sorte de boîte sphérique qui renferme le globule protoplasmique. Tout cela est entouré d'une atmosphère de protoplasma coloré en vert par la chlorophylle. Mais souvent le pyrénoïde manque et le paramylum se forme sous la petite masse de chlorophylle, au contact du cytoplasma sous-jacent. Il y a, en outre, des grains de paramylum libres dans la profondeur du cytoplasma.
Le stigma(stig., fig. 567) a l'aspect d'un gros granule rouge situé contre la paroi de la vésicule collectrice. Il est formé d'une masse de protoplasma
réliculé dont les mailles , Fig. 567.
sont occupées chacune par un globule d’une substance rouge,
oléagineuse. Au centre de cette masse, se trouve un gros grain sphérique de paramylum formant lentille, et un petit nombre d'autres grains semblables, mais plus petits, sont situés plus superficiellement ou même tout à fait à la surface, dans une disposition régulière. C'est bien là du para-
() Certaines Astasines (p.ex. Distigma) ont bien une tache pigmen-
EUGLENINA (Type morphologique).
Stigma (im. Franzé).
taire comparable au stigma, mais par exception, tandis qu'ici le stigma est la régle.
et den a hi se ms LE
ni di 2
Euglena (Ehrenberg) (fig. 568) est notre type morphologique
EUGLÉNIDES : EUGLÉNINES 349
mylum car, lorsqu'il est soumis au jeûne, l'animal consomme ses cristallins en mème temps que ses autres réserves. Par son stigma l'animal sent la chaleur et reconnaît la lumière qu'il recherche avidement.
La chlorophylle fonctionne ici comme chez les plantes, décomposant l'acide carbonique de l'air, rejetant l'oxygène et fixant le carbone pour former du paramylum qui est consommé au fur et à mesure des besoins. Il en résulte que l'animal se nourrit à la manière des plantes. C'est ce que l'on appelle l'alimentation holophytique. Sans doute il peut absorber comme les Astasines des liquides nutritifs par la peau ou peut-être par le pharynx, mais c’est là un mode secondaire, accessoire ou accidentel. Dans une eau croupie et mal éclairée, il peut vivre longtemps de cette manière, mais il jaunit, s’étiole et ne peut se reproduire activement (*).
Il jouit aussi d'une autre propriété que n’ont pas les Astasines, c'est celle de sécréter autour de lui une substance gélatineuse sous laquelle il peut s’arrondir et se mettre à l'abri après avoir perdu son flagellum. C'est une sorte d’enkystement rudimentaire dont il use toutes les fois que les conditions deviennent trop défavorables. Au retour des conditions normales, il sort de sa gélatine et reforme son flagellum. C'est toujours à l’état de repos sous sa gélatine qu'il se reproduit par division longitudinale, et c'est là une nouvelle différence qui le distingue des Astasines. Cela ne l'empêche pas de former à l’occasion de véritables
kystes.
GENRES
avec une forme très métabolique allongée, ordinairement ovoïde, effilée en bas, tronquée obliquement en haut et en avant (100 u. Eau douce) (*).
(!) Il faut bien que les Euglénines puissent absorber par la peau ou autrement quelques substances albumineuses, car ce n’est pas leur chlorophylle qui peut leur fournir l’azote dont elles ont besoin pour leur eroissance. Ce qui le prouve, en outre, c’est la formation, bien observée par Kavrine [86], de grains de paramylum indépendamment des corps chlorophylliens chez les Astasines. Il y a quelques rares espèces et variétés de ce groupe qui sont incolores comme les Astasines. Euglena
@) Les stries sous-tégumentaires sont bien visibles, les unes lon- (d’ap. Kent). gitudinales, les autres obliques. L'animal rejette facilement son flagellum et le reforme. Il y a quelques variétés incolores. Chez beaucoup d'espèces, le fouet tombe facilement.
Il arrive fréquemment que les Euglènes s’enkystent et se divisent sous leur kyste. Les deux produits de la division, au lieu de quitter le kyste et de se transformer en Euglènes flagellées, s’enkystent, se divisent dans le kyste maternel, et la chose continue ainsi pendant plusieurs générations et donne lieu à de nombreux systèmes de kystes emboîtés, tous contenus dans le kyste maternel primitif. Celui-ci se dilate progressivement au fur et à mesure de la multiplication des kystes contenus, se gélifie partiellement et se soude à ses voisins. Il résulte de là des nappes plus ou moins étendues flottant à la surface de l’eau ou gisant au fond.
Colacium (Ehrenberg) (fig. 569) est une Euglène qui, après avoir erré librement avec une conslitution normale (a), rejette son flagellum (b), se fixe par l'extrémité céphalique sur quelque Copépode ou Rotifère, et sécrète un pédoncule gélatineux, gros et courte) À el une enveloppe de la Colacium (im. Stein).
même substance. a, un individu en liberté; b, chute du flagel-
En (se * divisant deg € meet eee long (ec et d), elle forme de petites colonies (50 à 60 uw. Eau douce).
Eutreptia (Perty) (fig.570), est une Euglène à deux flagellums (50 1. Eau douce).
Ascoglena (Stein) (fig. 571), est une Euglène abritée dans une petite capsule fixée brunâtre, qu'elle a sécrétée (40 y. Eau douce). SENTE
Trachelomonas (Ehrenberg) (fig. | \ 072) à aussi une capsule, mais À libre et ornée le plus souvent de | sculptures ou d’épines. Le fouet est trois à quatre fois aussi long que le corps (20 à 30 x. Mer et Eau douce).
Phacus (Nitzsch) (fig. 573). Le corps
Fig, 570.
(A) k ne À |
Eutreptia (£. viridis) (d’ap. Kent).
Fig. 572. Fig. 573.
Ascoglena
estici piriforme, aplati, prolongé Ne Phacus [ 1 à ah; P pi e) (4. vaginicola) Trachelomonas (im. Franzé, en bas en une queueeffilée, et (d'ap. Stein). (im. Kent). Stein).
plus ou moins asymétrique et tordu sur son axe. La membrane est forte et la forme fixe, non métabolique. La bouche est rejetée un peu dor- < salement (10 y. Eau douce) (*). + fig: ba INR
Cryptoglena (Ehrenberg) (fig. 574) Ms?
est non métabolique, ovoïde, et a, sur les flancs, une paire de valves, d'une substance solide, sécrélée et appliquée immédiatement au corps. Sa chlorophylle formedeux rubanslongitudinaux symétriques (chrmp.) (30 p. Eau douce).
Cryptoglena == —— (im. Klebs, Stein).
(*) D’ordinaire le paramylum forme ehrmp., chromoune ou deux fortes masses de formes plastes; stig., var stigma ; N., noyau; * :
diverses. Ve., vésicule pul- Lepocinelis
Lepocinclis (Perty) (fig. 575) est voisin. satile, (im. Franzé, Bütschli).
> ER à
EUGLÉNIDES : PÉRANÉMINES 301
Xanthodiscus (Cheviakof) a son corps chlorophyllien formant une seule masse excavée et un gros pyrénoïde unique tout au haut (Eau douce,
Australie).
3e TRIBU
PÉRANÉMINES. — PERANEMINA [ PERANEMINA (Klebs) non PERANEMINA (Bütschli) ]