‹ Traite de zoologie concrète (volume 3)Chapitre 77 sur 112 · FIG · texte numérisé non relu

FIG

L'animal est incolore comme une Astasine, mais son alimentation

est animale au lieu d'être saprophytique. Il se nourrit de particules solides.

qu'il introduit dans son cytoplasma par le moyen de son flagellum (//g.). Pour cela, son pharynx (ph.) est percé, au fond, d'un orifice suffisamment large mettant le cytoplasma à nu (b).

En outre, le pharynx est fendu longitudinalement, en sorte que son orifice d'entrée n’est pas un trou rond comme chez les précédents, mais une fente verticale. Le flagellum est inséré, non au fond, mais sur la paroi dorsale de cette gouttière. Enfin, 1l existe une sorte d'appareil pharyngien (c) formé de deux baguettes d’une substance protéique solidifiée qui convergent l’une vers l’autre ou même se continuent l’une avec l’autre, disposées, en somme, comme les deux branches d'un diapason. Cet appareil, pris longtemps pour un œsophage, est plongé dans le cytoplasma et remonte vers le haut dans la direction de la bouche pour venir faire saillie dans le pharynx en avant ou à côté de son orifice d'ingestion. Il peut s’avancer vers le dehors et doit aider probablement à l’ingestion des particules solides dont l'animal se nourrit.

Malgré cette alimentation animale, il chez les Euglénines et Astasines.

GENRES

Fig. 576.

PARANENINA (Type morphologique) (Sch.).

b, orifice terminal du pharynx; €, appareil pharyngien ; fig., flagellum ; N., noyau; ph., pharynx; r., réservoir ; Ve., vacuole collectrice; w., vacuoles formatrices.

se forme du paramylon comme

Le corps peut être de forme fixe ou métabolique; il peut y avoir

deux fouets ou un seul. La combinaison

de ces caractères deux à deux

nous donne quatre caractéristiques qui permettent un groupement rationnel des genres : ceux qui sont métaboliques montrent une striation en hélice.

1° Corps métabolique, oo Fig. 578. Fig. 579.

un seul flagellum : à Euglenoplis (Klebs) (fig. 577) a une forme en fuseau, le pharynx fendu latéralement et point d'appareil pharyngien (20-30 y. Eaux riches en matières végétales macérées) ; Peranema (Dujardin) (fig.

578), au contraire, a un appareil pharyngien bien

£ k : = Euglenopsis Peranema Dreeol né ; il possède GE Peraner rceolus eu é ù . (£. pores) (im. Klebs, (U. cyclostomus) aussi un anus fixe (80 y. (d’ap. ,Klebs). Bütschli). (tn Klcbe).

Eau douce) ; Urceolus (Merechkovsky) (fig. 579) a le pharynx non fendu et très évasé en haut (50 p. Eau douce; (").

20 Corps métabolique, deux flagellums :

Heteronema (Dujardin) (fig. 580) a Le corps allongé, fusiforme ou globuleux, pas d'appareil pharyngien, le pharynx fendu verticalement et donnant insertion à deux fouets, un supérieur ascendant, gros

Fig. 580,

Fig. 581.

et fort, etun inséré un peu plus bas, des- R

cendant et beaucoup plus petit (40-50 p. NE - Eau douce et mer); NS Zygoselmis (Dujardin) est ovoïde à grosse NE

extrémité inférieure (0,1. Eau douce) ; Dinema (Perty) (fig. 581) a la forme d’un boudin. Son pharynx est longuement fendu ventralement et possède un appareil pharyngien. Le fouet ascendant s'insère un peu latéralement. Un peu audessous de lui, est un fouet descendant beaucoup plus gros et plus long, qui se courbe en U pour sortir du pharynx et ponema œ. pue dont la racine pénètre assez profondé- (4. «cus) (im, Klebs). ment dans le cytoplasme (80 s. Eau douce RL à stagnante (*).

(!} Ces genres constituent la famille des PrrAa eur x [Peranemina (Klebs)]. ] Ces genres forment la famille des Hzrzroveurv.» | Heteronemina (Klebs)].

CS cn

EUGLÉNIDES : PÉRANÉMINES aus

3° Corps de forme fixe, un seul fouet :

Petalomonas (Stein) (fig. 582) a son fouet inséré latéralement dans le

pharynx. Le corps porte des carènes ou des lobes qui lui donnent une forme bizarre. Le noyau est placé à la même hauteur que la vésicule pulsatile (20-30 . Eau douce).

Scytomonas (Stein) (fig. 583) a, au contraire, une forme régulière ovoiïde. Il est très petit etse nourrit de Bactéries qu'il semble aspirer (5 à 6 p. Eau douce) (").

40 Corps de forme ordinaire-

HUE fer Fig. 582. Fig. 584.

Scytomonas ment fixe, deux fouets : «| y (im. Stein, | Anisonema (Dujardin) (fig. 584) est hs Kleps): | caractérisé par la présence, sur la NRC | face ventrale, d'un sillon vertical (jap. Klebs). ) assez profond. Il n’y a pas, à pro- pt » D 0 im. Klebs, prement parler, de pharynx ou, du moins, celui-ci n est que es

la partie supérieure du sillon précédent. Les deux fouets

Marsupiogaster (Cheviakof), avec ses deux

Tropidoscyphus (Stein) (fig. 585) est remar-

Entosiphon(Dujardin,emend.Stein) (fig.586)

s’y insèrent à côté de l’orifice d’ingestion. Il ne paraît pas y avoir d’appareil pharyngien. Des deux fouets, le plus petit est ascendant, le plus grand est descendant et inséré au-dessous de l’autre (15 y. Eau douce et

peut-être aussi mer) (?).

Fig. 585.

fouets implantés au bord droit du péristome, nous semble devoir prendre place ici (Eau douce).

Fig. 586.

quable par huit fortes carènes longitudinales qui ornent son corps.

a le pharynx représenté par un large enfoncement termino-ventral, dans lequel fait saillie un appareil pharyngien protractile, et où s'insèrent les deux fouets dont l'inférieur est un peu plus grand et un peu rejeté de côté (20 à 30 p.

Mer et eau douce) (*).

Entosiphon (im. Klebs, Kent).

Tropidoscyphus (!) Ces deux genres forment la famille des (d’ap. Stein). Pz£rarouon4niNz [Petalomonadina (Bütschli)].

(*) Klebs distingue un sous-genre

Metanema (Klebs) qui a tous les caractères d’Anisonema, mais dont le corps est

métabolique comme chez Heteroneminæ, et dont les deux fouets sont subégaux. (#) Ces genres constituent la famille des Awzsoxzuixæ [Anisonemina (Klebs)].

PHYTOFLAGELLIDES. — PHYTOFLAGELLIDA

[non PayromoNADINA (Blochmann)]

Les représentants de cet ordre pour lequel il n'est guère aisé de constituer un type morphologique ont pour caractère commun une alimentation holophytique, identique à celle des végétaux colorés, en particulier des Algues, en suite de quoi la bouche et le pharynx disparaissent et l'animal se trouve ramené à une constitution très semblable à celle de certaines zoospores. Les formes les plus avancées de ce groupe arrivent à ressembler à tel point à des plantes qu'on les place souvent parmi les végétaux.

Nous diviserons l’ordre immédiatement en quatre tribus :

1° CHLOROMONADINA, à corps nu, possédant de la chlorophylle et pourvus d'une bouche et d’un pharynx ne servant pas à l'alimentation;

2 CHROMOMONADINA, à Corps nu, possédant deux lames chromoplastiques jaunes, sans bouche ni pharynx;

3° C'HLAMYDOMONADINA, à corps enfermé dans une capsule ferme, possédant de la chlorophylle, sans bouche, ni pharynx;

4 VozvociNA, à corps enfermé dans une substance gélatineuse commune à de nombreux individus formant une colonie, possédant de Ja chlorophylle, sans bouche ni pharynx.

Are TRIBU

CHLOROMONADINES. — CHLOROMONADINA [CazoromoN4DINA (Klebs)]

L'animal a un peu l'aspect d'une Euglène. Il en a la forme générale et la couleur verte, due comme chez elle à une couche de petits grains de chlorophylle disposés sur la surface du corps. Mais, au lieu du tégument solide et d’un dessin ferme de celle-ci (c), il a un périplaste épais (ec{op.), réfringent, homogène et très délicat, recouvert d'une très mince pellicule membraneuse. Aussi est-il très métabolique et même un peu amæboïde. Il n'a pas non plus les stries contractiles ni le stigma que l'on remarquait chez l'Euglène. Mais la différence capitale consiste dans la constitution de l'extrémité supérieure. En place du profond entonnoir pharyngien, on ne trouve qu'une petite dépression (b.) dans laquelle s'insèrent deux flagellums subégaux (/{g.s. et flg. à.) et, du fond de la dépression, part un canal qui représente peut-être morphologiquement le pharynx des Euglènes, mais qui n’est actuellement que le canal excréteur d'une vaste vésicule collectrice par laquelle s’écoulent au dehors les produits de la vésicule pulsatile (Vc.), située un peu plus

Cœlomonas (Stein) (fig. 588). Ce serait

. Vacuolaria (Cienkovsky), au contraire, il y

Raphidomonas

PHYTOFLAGELLIDES : CHROMOMONADINES 32)

haut et entourée de sa couronne habituelle de petites vésicules formatrices (v.).

Plus bas que la vésicule, se trouve Beer le noyau (N.). L'animal se reproduit \ par division sous une enveloppe de 7 gélatine après perte des flagellums et (.flg.s

rétraction du corps, comme l'Euglène. |

GENRES

exactement notre type morphologique si le fouet n'était unique (60 y. Eau douce). Mais chez

a bien les deux fouets, le second un peu plus petit et ramené lelong

du corps (*).

Fig. 588. Fig. 589.

(Stein) (fig.

089), se distingue de Cœlomonas uniquement par une constitution plus fer-

CHLOR OMONADINA (Type morpholog.)(Sch.) b., dépression buccale; e., grains de chlorophylle ; eetop., ectoplasma; endop., endo-

me, par la pos- Cæœlomonas 3 lasma ; fig. i., flagellum inférieur ; fig. s., . s) Raphid : Are a session éven- (C. grandis) GP zu PRET flagellum supérieur ; N., noyau ; Ve., vésicule Fidlled: î (im. Stein). (im. Stein). pulsatile ; w., vésicules formatrices.

uelle a un deu-

xième fouet, et la présence singulière de trichocystes dans l'ectoplasme. C’est le seul Flagellé qui en possède (50 y. Eau douce).

2e TRIBU

CHROMOMONADINES. -— CHROMOMONADINA [C'aromomonADINA (Klebs)]

TYPE MORPHOLOGIQUE (FIG. 590) lei, les téguments ont la même constitution délicate et homogène que chez les Chloromonadines, mais la bouche etle pharynx ont entièrement disparu. Il n'y a ni solution de continuité des téguments, ni mème

() Mais Kzess pense que ces deux genres n’en font qu'un et que Stein n'a pas vu le second fouet. Vacuolaria ne forme ni amidon, ni paramylum, mais de la graisse. C’est la forme que prennent, d’après Klebs, ses réserves alimentaires.

d'invaginalion en cul-de-sac. Les flagellums (/g.), au nombre de deux, égaux, s'insèrent simplement à la surface du corps. L'animal ne prend aucune nourriture solide venant

RE ve du dehors (*). Il se nourrit à la manière des plantes au moyen de

% / deux larges lames chromoplastiques ÿ Û te (chrmp.) situées symétriquement \ SR à droite et à gauche sous la sur-

face. Mais ces deux lames sont teintées non en vert, mais en jaune plus ou moins rabattu de brun par une substance, le chrysochrome (Klebs), voisine de la diatomine, et qui contient peut-être de la chlorophylle masquée par une teinte additionnelle, car en la traitant par Palcool on la fait virer au vert comme si l'alcool dissolvant d’abord la couleur étrangère faisait apparaître la chlorophylle. Ces lames chromoplastiques ne conliennent pas de pyrénoïdes et la substance quelles élaborent au contact du cytoplasma nest ni l'amidon ni le paramylum, mais CHROMOMONADINA (Typemorphologique)(Sch). une substance d'aspect graisseux chrmbp., chromoplastes ; endop., endoplasma ; et de nature protéique soluble ectop.,ectoplasma; filg., flagellums; N., noyau : , . . stig., Stigma ; V.e., vésicule pulsatile. dans l’eau, la leucosine (Klebs), qui se retrouve aussi chez les Hydrurées et les Phæosporées, et forme souvent dans le corps des accumulations considérables.

Accolé à l'une de ces lames, près de l'extrémité supérieure, est un stigma rouge (stig.).

Le noyau (N.) est gros, vésiculeux, très pâle. La vésicule pulsatile (V.c.) simple ou multiple (1 à 5) est tantôt en haut tantôt en bas.

L'animal se reproduit par division longitudinale à l’état libre ou sous une enveloppe gélatineuse, et forme aussi, à l'occasion, des kystes de protection.

GENRES

Nous rencontrons d’abord deux genres notablement aberrants par rapport au type morphologique qui précède.

(!) Parfois, cependant, il absorbe quelques Bactéries, à la manière des Monades, au moyen d'une vacuole qui se forme vers l’extrémité supérieure.

jp # ral

PHYTOFLAGELLIDES : CHROMOMONADINES 397

Cryptomonas (Ehrenberg) (fig. 591), en effet, possède un vaste infundibulum où s’insèrent les deux cils; il en part un tube qui plonge dans le corps et dessine un large pharynx, mais qui n’a peut-être pas la signification fonctionnelle de cet organe (30 y. Mer et eau douce).

Chilomonas (Ehrenberg) se distingue du précédent par l’absence de plaques chromoplastiques et par une alimentation saprophytique. Chose remarquable, il n'en forme pas moins de l’amidon (30 y. Infusions).

Cyathomonas (Fromentel, emend. Kent) présente le même caractère d'absence de chromoplastes, mais son alimen-

5 : # A Cryptomonas tation est animale (25 p. Eau douce) (*). (ap Stein),

Les suivants sont au contraire conformes au type. Ils se divisent en trois groupes selon que leur corps est nu ou protégé par une capsule ou une membrane adhérente au corps.

La première série de genres comprend ceux qui sont nus :

Chrysamæba (Klebs) (fig. 592) est aux Chromomonadines ce que sont aux Acraspédines les Mastigamibes. Quand il nage, 1l est conforme à notre type morphologique sauf qu'il ne porte qu’un flagellum. Son corps nu est de forme ovoïde et régulière. Mais He par moment il s'arrête et se transforme en une amibe à vrais pseudopodes longsetfins, rayonnants(12à 15 y.Eau douce)(?).

Chromulina(Cienkovsky)(fig.595) n'est plus amæboïde que par places, surtout à l'extrémité inférieure; il est nu aussi et n'a également qu'un flagellum Chrysamæba Ris (5 à 40 p. Eau douce) (°). C. radians (d'ap. Klebs). (d'ap. Klebs).

Fig. 591.

Fig. 593.

A E dre =

() Ces trois genres forment à eux seuls la famille des CrrPromonwanr az [Cryptomonadina (Bütschli, emend. Klebs)]. D’après DANGEARD, le pharynx ne serait pas infundibuliforme, mais formerait une simple gouttière ouverte en avant et tapissée au fond de petits bâtonnets d'une substance plasmatique. Les genres suivants de cette tribu constituent la famille beaucoup plus nombreuse des CarYsomo ADIN x [Chrysomonadina (Stein, emend. Klebs)] divisés, par leur auteur, en trois groupes: les nuda, nus ou enveloppés seulement, pendant l’état de repos, d'une couche de gélatine; les loricata, abrités en tout temps dans une capsule mince et ferme, plus large que leur corps, et les membranata protégés par une enveloppe étroitement collée au corps.

(2) Cependant, même dans cet état, il ne prendrait aucune nourriture solide, mais la chose est niée par certains auteurs. Ses lames de chrysochrome sont au nombre de deux à trois; il a deux à trois vésicules pulsatiles petites et une plus grande, et pas de stigma.

(3) Par une exception rare dans ce groupe, il absorbe aussi de la nourriture solide, en particulier des Diatomées. Dans l’état de repos, il se recouvre de gélatine. Il n’a parfois qu'une seule lame de chrysochrome.

Ochromonas (Vyssotzki) (fig. 594) a encore des mouvements amœæboïdes, parfois aussi une seule lame de chrysochrome, mais possède deux flagellums (15 à 20u. Eau douce) (*).

Stylochrysalis (Stein) Fig. 595. Fig. 597.

(fig. 595) a aussi rig.594.

deux cils, mais n’est plus amæboïde et est fixé par un pédoncule gélatineux.

Il n’a pas de stigma (9 s. Eau douce, fixés sur des £udorina).

Les genres suivants ont le corps

Fig. 596.

no 5 | Stylochrysalis Chrysococcus 2 rune cap- «

pi AE PALUNC CAPE romonas (S. parasitica) (C.rufescens)

sule : (d'ap.Klebs). (d'ap. Stein). (d’ap. Klebs).

Chrysococcus (Klebs) (fig. 596) représente notre type morphologique, mais avec une forme arrondie et un seul fouet. Sa capsule | est une épaisse coque sphérique ne laissant qu'un petit Dinobryon orifice pour la sortie du fouet (3 à 10y) (?). . (D. sertularia) Dinobryon (Ehrenberg) (fig. 597) a, au contraire, deux EE fouets, dont un très petit. Il est piriforme et se sécrète une capsule de forme analogue à la sienne, où il est très au large et fixé seulement au fond par l'extrémité effilée de son corps. Il nage librement en pleine eau, emportant sa capsule. Souvent les jeunes se fixent au bord interne de la capsule des parents et il en résulte des colonies arborescentes libres nageantes (0,1. Eau douce, au large dans les étangs) (*). Enfin, dans cette dernière série de genres, l'animal est protégé, non par une capsule, mais par une membrane adhérente au corps. Hymenomonas (Stein) (fig. 598) représente aussi notre type morphologique, sauf qu'il a deux fouets et pas de stigma; son enveloppe Fig. 508. est épaisse, molle, de couleur brunâtre (15 à 25 y. Eau douce) (*).

() I prend aussi de la nourriture solide.

2) Il se divise dans sa coque et le jeune sort nu.

() La partie inférieure du corps contient une masse accumulée de leucosine. Il s’enkyste à l'occasion dans sa loge sous une épaisse coque siliceuse.

Genres voisins :

Epipyxis (Ehrenberg), solitaire, libre ou fixé par l'extrémité inférieure de sa capsule À (H. roseola) Chrysopyxis (Stein), fixé par deux filaments émanés de sa capsule. Fe Klebs

Blochmann place ici Nephroselmis que nous rencontrerons plus Stein). Ù loin.

(t) Il possède une accumulation de leucosine à l'extrémité inférieure du corps.

Hymenomonas

PHYTOFLAGELLIDES : CHROMOMONADINES 399

Microglena (Ehrenberg) (fig. 599) rappelle le précédent, mais n'a qu'un fouet; son enveloppe est beaucoup plus mince et son stigma peut être double ou triple (30 y. Eau douce).

Mallomonas (Perty) (fig. 600) n'a aussi qu'un fouet, maispas "#°”?

de stigma et son enveloppe est épaisse, réticulée et gar- \ nie de longues soies raides, dirigées en bas (20 à 25 p). Fig. 600.

Synura (Ehrenberg) (fig. 601, 602) ressemble au ( précédent, sauf qu'il a deux fouets, que sa ) coque est très mince, continue, et que les soies sont plus courtes, dirigées en haut et non constantes. Mais son caractère essentiel est quil forme des colonies sphériques, nées de la division longitudinale, dans lesquelles les individus, dont le nombre peut atteindre soixante, restent attachés ensemble au centre par leur extrémité inférieure effilée en un prolongement caudal. Ces colonies HR Sn peuvent se diviser; elles peuvent aussi se (im. Kent, Klebs). Klebs). dissocier en mettant leurs membres en liberté (35 x environ et, par conséquent, 70 y de diamètre pour les colonies. Eau douce) (*).

Microglena (M. punctifera)

Fig. 601. Fig. 602. Fig. 603.

Synura (S. uvella).

Un individu Colonie Syncrypta. Golonie isolé (d’ap. Stein). (d’ap. Stein).

(d’ap. Klebs).

Syncrypta (Ehrenberg) (fig. 603) représente une colonie de Synura, mais où les individus seraient nus et la colonie, au contraire, pourvue d'une épaisse enveloppe gélatineuse qui ne laisse passer que les fouets (Colonie, 45 x. Eau douce).

Chlorodesmos (Phillips) est un genre voisin un peu douteux dont la colonie

est en chaîne (Eau douce).

(!) Les individus contiennent une grosse accumulation de leucosine.

Uroglena (Ehrenberg) (fig. 604) est formé d'individus nus avec deux fouets inégaux, réunis dans une épaisse masse gélatineusé sphérique. Ils se prolongent tous vers le dedans en un filament caudal qui se ramifie et s’anastomose avec ceux des autres individus de manière à constituer un réseau qui va jusqu'au centre. Cela sert à donner plus de solidité à l'union des individus entre eux, car leur gélatine est extrêmement faible. Les colonies se divisent (Zacharias [94]) (Colonie, plus de 0,1. Eau douce).

Toutes ces formes ne sont point sans analogie avec les Volvocines, mais elles s’en distinguent nettement par leur matière colorante jaune et non verte.

Fig. 604.

Uroglena (im. Stein, Kent).

3e TRIBU CHLAMYDOMONADINES. — CHLAMYDOMONADINA

[C'uLAMYDOMONADINA (Bütschli)]

Ici, le corps n'est plus, comme dans les Phytoflagellides précédents, revêtu d’un tégument délicat permettant des déformations variées. Il estemprisonné (fig. 605) dans une capsule ferme(mb.), entièrement fermée et adhérente au corps, qui rappelle la membrane cellulosique épaissie d'une cellule végétale. Dans certains cas, on a constaté qu'elle était formée de cellulose. Cependant elle paraît correspondre plutôt à une capsule qu'à une vraie membrane cellulaire, car elle ne prend pas part à la division du corps, et parfois elle est ouverte et non adhérente au corps. Par elle, toute déformation du corps est empêchée.

Il n’y a pas trace de bouche ou de pharynx. L'extrémité supérieure régulièrement arrondie donne insertion à deux fouets égaux (//g.). A l'intérieur, il n°y pas d'ectoplasme distinct. Le corps est occupé par une calotte de protoplasma chargé de chlorophylle qui l'embrasse tout entier sauf l'extrémité supérieure. Dans cette couche, immédiatement sousjacente à la membrane, sont plongés quelques pyrénoides épars (p.), formés de leur petite masse centrale de protoplasme et d'une enveloppe d'amidon, de vrai amidon végétal. Au haut, est une vésicule pulsatile . (V.c.), et sur le côté un sigma (stig.) formé comme celui des Euglènes,

PHYTOFLAGELLIDES : CHLAMYDOMONADINES 361

sauf qu'il n'y à qu'un corps réfringent unique, central et formé d’un grain d'amidon. | L'être nage avec ses cils et se NN FR

nourrit exactement comme une à Algue véritable. Parfois il peut se mettre à l'abri sous un kyste. Pour se reproduire, au lieu de se diviser fl simplement en long comme un Flagellé ordinaire, il se comporte de la manière suivante (fig. 607).

Sous la capsule qui reste intacte, il divise son corps protoplasmique en deux (A), puis en quatre (B), puis en huit(C) et enfin en trentedeux (D). Chose singulière, pendant tout le temps de cette division, l'individu mère garde ses fouels et continue à se mouvoir, ce qui

Fig. 606.

HD Ce D #4

CH LAM YDOMONADINA (Type morphologique).

Conjugaison (Sch.).

CHLAMYDOMONADINA

(Type morphologique) (Sch.).

fig. flagellum ; mb., capsule; N., noyau; p., pyré- : noïdes ; stig., stigma; V.e., vésicule pulsatile. laisse supposer que ses fouets restent en relation avec quelqu'un des produits de la division. Enfin, les fouets tombent, la membrane s'ouvre, RESTE ITES sortent munis de leurs deux fouets et se mettent à nager (Æ). Alors ils se fusionnent par conjugaison (totale, (fig. 606) en un zygote arrondi et sans fouets. Mais bientôt les deux fouets se montrent, l’animal se met à nager et n’a plus qu’à grandir (‘).

CHLAMYDOMONADINA (Type morphologique). Division (Sch.). À à D, stades successifs de la division ; £, sortie des jeunes.

() Ce cycle évolutif fort simple se complique dans la réalité par le fait que,

Ces êtres, on le voit, ont beaucoup d'affinités avec les Algues inférieures, et divers botanistes les réclament pour les placer à côté des Protococcus.

GENRES

Chlamydomonas (Ehrenberg) (fig. 608) est notre type morphologique, mais avec une forme cylindrique ou sphérique et une vésicule pulsatile double (45 y. Eau douce et mer).

Chlorogonium (Ehrenberg) (fig. 609) s'en distingue, au | contraire, par une forme très allongée et \ par la possession de nombreuses vésicules pulsatiles disséminées, ce qui est exceptionnel chez les Flagellés. Il y a une variété incolore (120 . Eau douce).

Polytoma (Ehrenberg) ressemble encore plus à Chlamydomonas, bien qu'il ait un stigma, mais il est incolore. Aussi est-il saprophyte. Il forme de l’amidon aussi bien que s’il avait (C#/orogonium

: - (im. Franzé).

de la chlorophylle (Eau douce et infusions).

Hæmatococcus (Agardh) (fig. 610) ressemble à Chlamydomonas mais, sous sa capsule ovoïde, le corps protoplasmique est comme rétracté et ne tient à elle que par des Fig. 610. brides radiaires et par un prolongement au \ niveau des fouets. Pas de stigma (50 à 60 y. Mer, * eau douce et neige des hautes montagnes et des régions polaires qu’il colore en rouge sang).

Carteria (Diesing) (fig. 611) est un Chlamydomonas à quatre fouets (20 y. Eau douce).

Spondylomorum (Ehrenberg) est une colonie Cy- yematococeus | lindrique de seize Carteria disposés en quatre (im. Stein). Care

r eee (d’ap. Stein).

couronnes superposées de quatre individus. Les colonies naissent ainsi toute formées de la division d’un même individu (10 y. Colonie, 50 p. Eau douce).

Chlorangium (Stein) (fig. 612) présente quelque chose de semblable, mais dérivant d'une forme à deux fouets et sans stigma. Les individus se forment sous la membrane maternelle, fixés par un pédoncule qui part

Fig. 608,

Fig. 609,

Chlamydomonas (C. obtusa) (d’ap. Franzé).

Fig. 611.

après la division en quatre ou en huit, les quatre ou huit jeunes peuvent sortir de la capsule et mener quelque temps une vie libre avant d'achever leur division en huit ou en quatre pour arriver finalement toujours à trente-deux, après quoi iis se conjuguent.

On a interprété comme macrogamètes et microgamètes ces différents gamètes dont la taille diffère naturellement par suite de cette particularité de la division. Mais le zygote se forme aussi bien par l’union de gamètes de même taille que par celle de gamètes différents.

Il n’y a donc là qu’un fait secondaire, nullement sexuel.

PHYTOFLAGELLIDES : CHLAMYDOMONADINES 303

de leur extrémité céphalique, en sorte qu'après la déhiscence de la capsule, ils forment un petit buisson (F). Mais, à un moment | Fig. 612.

donné, ils se détachent, forment \

une paire de fouets là où était le pédoncule et nagent librement à la manière d’un Chlamydomonas.

Puis, après un certain temps, ils perdentleurs fouets, se fixentparla tête (B), développentun pédoncule (C) et se divisent sous leur membrane (D el E) pour recommen- Chlorangium (im. Stein).

cer le même cycle (30 y. Eau douce).

Coccomonas (Stein) (fig. 613) nous ramène à une forme isolée libre. Il ressemble fort à Hæmatococcus par sa capsule trop large pour son corps; mais cette capsule est percée au haut d’un petit orifice qui fait \ | D communiquer sa cavité avec le dehors et par où sortent les deux fouets (25 y. Eau douce) (‘).

Mesostigma (Lauterborn) est réniforme, muni de deux fouets un peu au-dessus du milieu de la face ventrale qui porte le hile. Sa capsule est délicate et ponctuée au bord (18. Eau ;

OCComonas douce stagnante). (im. Stein).

Phacotus (Perty) (fig. 614) a une coque solide or (peut-être silicieuse), lenticulaire, plus ou moins ornée de Rs sculptures et bivalve (les deux valves étant simplement rapprochées et non soudées, et se détachant après la mort), mais sans ouverture large pour le passage des fouets. L'animal n'occupe qu'une partie de sa loge (25 s. Eau douce) (*).

Fig. 613. Fig. 614.

() On ignore s’il n’y a pas une seconde membrane mince doublant le corps en dedans de la capsule.

(?) Bütschli place ici avec doute quelques formes dont les caractères ne se rapportent nettement à celle d'aucun groupe ;

Tetratoma(Bütschli}, qui serait un Carteria dont les quatre fouets s'inséreraient en quatre points séparés (Eau douce);

Pyramimonas (Schmarda) (fig. 615) a quatre fouets, mais rapprochés au sommet d’un corps conique muni de Pyramimonas quatre côtes verticales et d'une mince enveloppe (im. Stein). striée (35 u. Eau douce);

Chloraster (Ehrenberg) (fig. 616), muni d’un cinquième fouet au milieu des quatre du genre précédent dont il ne diffère d’ailleurs en rien d’essentiel sous les autres rapports (35 . Mer et eau douce).

BLocManx les place dans une famille de Polyblepharidæ voisine des Chlamydomonadines dont il prend le type dans le genre

Chloraster (im. Stein).

4e TRIBU

VOLVOCINES. — VOLVOCINA [ VozrociNA (Ehrenberg, emend)]

Structure.

L'individu isolé est de structure très simple. Il diffère à peine de

sug...

VOLVOCINA (Type morphologique) (Sch.).

Gel., gélatine; N., noyau; p., pyrénoïdes ; stig., stigma.

celui des Chlamydomonadines. C'est le même petit Flagellé piriforme, muni au gros bout de deux fouets, sans ectoplasme ni membrane distincts, dont le corps est coiffé d’une calotte de protoplasma coloré par de la chlorophylle où l’on distingue un ou deux gros pyrénoïides (p.) et de nombreux grains plus petits. Sous le flagellum, il montre deux petites vésicules pulsatiles.

Son noyau (N.) est gros et central. Un peu au-dessous des vésicules, il porte d'un côté un stigma rouge (stig.) formé d'un réticulum protoplasmique contenant dans ses mailles de nombreuses gouttelettes d’une huile rouge et, au centre, une lentille formée d'un grain d'amidon sphérique. Les

Polyblepharides (Dangeard) (fig. 618) à six ou huit foucts Fig. 618. égaux, muni d'une délicate enveloppe de cellulose et . Fig. 619.

coloré en vert vif. Sous le noyau, est un pyrénoïde avec enveloppe d'amidon. Il a y un stigma et deux

vésicules pulsatiles (10 à 14 u. Eau douce).

Nous placerons ici avec Klebs le curieux

Nephroselmis (Stein) (fig. 619) réniforme, très aplati et à grand axe transversal. De l’échancrure tournée en haut naissent deux fouets subégaux. Tout le corps est entouré d’un long cordon arqué formé

Polyblepharides Nephroselmis (P. singulartis) (im. Stein).

de substance chromatique brune avec un gros (d'ap.Dangeard)-

PHYTOFLAGELLIDES : VOLVOCINES 36

produits de réserve prennent, comme chez les Chlamydomonadines, la forme de grains d'amidon. Ce qui constitue ici le trait le plus frappant, c'est que l'animal (fig. 620) sécrète autour de lui une abondante substance gélatineuse (gel.) dans laquelle tous les individus nés de la division d'un mème individu mère sont enrobés côte à côte en une colonie sphérique (*). La colonie est permanente en ce sens que jamais les individus qui la composent n'ont été et ne seront libres et isolés. Tous sont près de la surface et leur corps est complètement noyé dans la gélatine, mais leurs fouets émergent et mettent la colonie en mouvement.

Physiologie.

; VOLVOCINA (Type morphologique).

Mouvements. Nutrition. — La colonie se Colonie (Sch.).

meut suivant une certaine direction, en

tournant sur elle-même. Les individus ne prennent aucune proie, leur alimentation est purement holophytique et ces associations n'ont qu'un avantage défensif en formant des masses qui, par leur taille, résistent aux attaques des ennemis.

Reproduction. — La colonie n'augmente pas le nombre de ses membres. Elle grossit seulement en se nourrissant et lorsqu'elle est bien adulte, elle commence à se reproduire d’abord par voie agame.

Division. — Les individus (fig. 621), les uns après les autres, au fur

Fig. 621.

gel “

VOLVOCINA (Type morphologique). Reproduction par division (Sch.).

À, l'individu perd ses cils; B, il gagne l'intérieur de la colonie; C à H, stades successifs de la division ; I, mise en liberté de la colonie fille. flg., flagellums abandonnés; gel., gélatine de la colonie mére.

età mesure qu'ils arrivent à maturité, perdent leurs fouets (À : f{g.), rentrent dans l’intérieur de la gélatine (B) et s'y divisent (Cà H). Cette division se fait d'une manière toute spéciale, par des plans radiaires, en sorte qu'au stade huit (Æ), l'animal est découpé en huit segments, tous dans

grain d’amidon au milieu. Dans la concavité de l’arc est la vésicule en haut, le noyau au-dessous. L'animal se meut transversalement dans la direction de son grand axe (18 w. Eau douce).

() Cette substance est considérée par quelques botanistes comme une membrane gélifiée. -

un même plan et convergeant vers le centre, comme une tarte découpée en huit parties. Mais à mesure que la division se poursuit, la lame s'incurve (}°) et finit par former une sphère creuse((r) percée seulement d'un petit pore qui, lui-même, finit par disparaître (77). Tous les individus sont à ce moment serrés les uns contre les autres, mais alors la petite colonie qui a, maintenant, son nombre de membres normal et définitif, sort de la colonie mère par destruction de la paroi de celle-ci (2), sécrète sa gélatine qui écarte les individus les uns des autres et se met à nager, tournant en avant le pôle opposé au point où la sphère a achevé de se fermer. Elle n’a plus qu'à grossir. La colonie mère disparaît ainsi par transformation de tous ses membres en colonies nouvelles, mais sans que rien ne meure en elle, puisque tout, au contraire, prend un nouveau développement.

Conjugaison. — Les choses se passent ainsi pendant toute la première

VOLVOCINA (Type morphologique). Formation des microgamètes (Sch.).

partie de l’année. Vers la fin de l'été (fig. 622), certains individus de la colonie se comportent comme précédemment (A à £); mais, dans les jeunes colonies auxquelles ils donnent naissance, toujours par le mème procédé de division, les individus, au lieu de revètir la forme ordinaire, s’effilent beaucoup (F et () et deviennent des maicrogamètes (fig. 623). Leur constitution interne est cependant au fond la même que celle des individus ordinaires; ils ont leurs deux vésicules, leur stigma, leur noyau, leur partie

Fig. 623.

VOL VOCINA (Type morphol.). ot, :

Deux formes de postérieure verte et leur pointe

microgamètes

(im Stein). incolore et munie de deux fouets.

Cette petite colonie mâle sort de la mère, nage et, au moment voulu, se dissocie en ses membres qui vont féconder les macrogamètes. D'autres individus de la colonie maternelle, au contraire, ne se divisent pas (fig. 624); ils deviennent des macrogamètes en VOLVOCINA grossissant sur place ou dans la profondeur de la (Type morphologique).

as : £ ; £ x Formation des macrogélatine où les microgamètes vont se conjuguer à gamètes (Sch.). eux (fig. 625). Après la conjugaison qui est totale, le zygotes enkyste(fig.625,A )sousune double membrane etmis en liberté par

PHYTOFLAGELLIDES : VOLVOCINES 307

la destruction de ce qui reste de la colonie, tombe au fond de l’eau. Cela se passe à la fin de l'automne. Le kyste reste au fond de l’eau tout l'hiver, puis, dès le premier printemps, la membrane externe éclate, l'interne se gélifie et, sous cette enveloppe, le corps protoplasmique se divise. Cette division a lieu par le même procédé que toutes les précédentes et donne naissance à une petite colonie sphérique (1) qui, dès qu’elle a ac-

quis son nombre nor- VOLVOCINA (Type morphologique). Conjugaison (Sch.). mald'individus,se m unit A, zygote; Bet C, division à l’intérieur du kyste; D, mise en liberté

de la colonie; gel., gélatine; kys., kyste; Mg., macrogamète; mg., microgamete.

de ses fouets et se met à nager, toujours en tournant en avant le pôle opposé au point de fermeture de la sphère.

Notre type morphologique représente une forme moyenne, avec un cycle évolutif moyen. Nous allons voir ce cycle commencer par l’isogamie pure et arriver, dans les formes les plus élevées, à une véritable fécondation sexuelle et même à la séparation des sexes.

Stephanosphæra (Cohn). La colonie est formée de huit individus disposés d'abord en anneau dans un plan, leurs fouets dirigés dans le plan (fig. 626) de l'anneau, et réunis par une gelée commune (gel.).

La colonie arrive à la forme sphérique, mais non par le processus de notre type mor- nue | phologique. Elle sécrète une masse sphérique de gélatine dont l’anneau primitif forme 3 l'équateur. La surface de cette gelée se con- ie (Sch.). dense en une membrane, les individus s'allongent perpendiculairement au plan équatorial (fig. 627), et s'attachent

à la membrane par leurs extrémités ramifiées.

Les fouets n’enrestent pas moins disposés suivant

l'équateur et déterminent, en même temps que

la translation, une gyration autour de l'axe perpendiculaire à cel équateur.

La reproduction agame n'offre rien de particulier mais, dans [A conjugaison, il n'y à pas distinction en macrogamètes et microgamètes.

Fig. 627.

Stephanosphæra. me Colonte (Bch.). Toutes les cellules de la colonie se divisent cha-

cune en seize ou trente-deux gamètes semblables qui se conjuguent. Le zygote se comporte comme nous avons dit, mais

au printemps, il donne d’abord par division quatre individus libres qui, chacun, donne naissance en se divisant à une colonie normale (Colonies 30 à 60 p.. Eau douce, surtout eaux de pluie ie

Pandorina (Bory de Saint-Vincent) (fig. 628) a la forme d’une sphère pleine de 16 à 64 individus, à fouets orientés suivant les rayons de la sphère. La reproduction agame a lieu suivant le mode indiqué, sauf que la jeune colonie se recourbe d'emblée en sphère pleine et non creuse. Pour la conjugaison, les colonies nées par voie agame donnent naissance à de petites colonies de huit cellules qui deviennent chacune un gamète simplement en prenant leur liberté. Tous les gamètes sont égaux. Il y a donc isogamie comme chez le Stéphanosphère. Mais le zygote, au retour du printemps. donne directement naissance aux colonies comme dans notre type morphologique (60-90. Eau douce.

Colonies) (?).

Fig. 628.

(1) Genres voisins :

Stephonoma (Werneck);

Gonium (O0. F. Muller, emend.){fig. 629). L'être forme des colonies de huit ou seize individus non réunis par des communications protoplasmiques, disposés aussi dans un plan, mais avec les fouets lournés vers le haut, el animés d'un tremblement saccadé et irrégulier. Dans certaines conditions, les cellules de la coloniese dissocient, perdent Fig. 629. leurs cils et, après une période de repos durant laquelle elles se sont entourées d'une membrane de cellulose, se divisent pour constituer une nouvelle colonie de quatre cellules mobiles dont on n'a pas suivi le développement ultérieur. Le chromatophore n’est pas homogène, mais formé par la réunion de granulations chlorophylliennes de 1/2 y de diamètre séparées par des espaces incolores (MiGuLA).

La conjugaison n’est pas connue (Colonie, 90 y. Eau douce).

Pectoralina (Bory de Saint-Vincent) ;

Glenogonium (Diesing).

C'est ici que nous semble devoir prendre place le genre

Stephanoon (Cheviakof) dont les colonies en forme d’ellipsoïide de révolution comprennent seize individus disposés en zigzag dans le plan équatorial (Eau douce, Gontum.

Australie). Colonie, en haut de face, en bas

Mastigosphæra (Cheviakof) se rapproche plutôt de Pando- de profil} (m,.sStein): rina. C'est encore une colonie de seize individus, mais formant une masse sphérique et disposée suivant les rayons de la sphère (Eau douce, Nouvelle-Zélande).

(?) Genres voisins :

Synaphia (Perty);

Diplodorina (Fromentel).

Pandorina. Colonie (Sch |.

PHYTOFLAGELLIDES : VOLVOCINES 369

Eudorina (Ehrenberg) (fig. 630)] forme des colonies de 16 à 32 individus, disposés tout à fait comme dans notre type morphologique. La reproduction agame se fait aussi suivant le mode indiqué. Pour la conjugaison, il se forme des colonies qui, semblables au début aux autres, évoluent les unes en macrogamètes, les autres en microgamètes. Dans les premières tous les individus se transforment directement en macrogamètes par le seul fait qu'ils grossissent sans se diviser. Dans les secondes, tous les individus, au contraire, se divisent par le processus habituel et donnent de petites colonies non reployées en sphère, étalées en disque Eudorina. Colonie (Sch.). plan et formées de microgamètes conformes à ceux de notre type. Ces petites colonies planes nagent à la rencontre des colonies femelles, s’attachent à elles et se dissocient, alors seulement, en leurs microgamètes constituants qui pénètrent dans la gélatine et se conjuguent aux macrogamètes : on pourrait dire les fécondent, car il y a là une vraie sexualité et même, comme on le voit, séparation des sexes. Le reste de l’évolution est conforme au type morphologique (Colonie, 0,1. Eau douce).

Volvox (Linné, emend. Ehrenberg). Les colonies sphériques (fig. 631) sont formées d’un nombre considérable d'individus (jusqu'à 22,000). Tous sont réunis les uns aux autres par des communications protoplasmiques. La colonie est orientée par rapport au sens de son mouvement; c'est toujours le même pôle qui regarde en avant et La rotation a lieu autour d’un axe passant par ce pôle ou tout à côté. Il résulte de là une différenciation intéressante. C’est que

lesindividus de l'hémisphère antérieur ont leur stigma bien développé (fig. 632); vers l'équateur, le stigma commence à se réduire; au delà, il s'atrophie de plus en plus et finit par disparaître au pôle opposé. Tout cela donne à l’ensemble le faciès d'un être tendant vers l'unité organique et la pluricellularité,

Fig. 630.

Fig. 631.

Fig. 632.

Volvox (Sch.). Colonie.

Volvox.

Deux individus du pôle an- La différenciation s'étend plus loin, car les

térieur avec leurs stigma individus ne sont pas tous aptes à reproduire la (im. Franzé).

stig., stigma; gel, gélatine, COLONIE ni par voie agame ni autrement. Dans les colonies asexuées du printemps, il y a seulement 8 cellules, plus grosses que les autres et disposées sur l'hémisphère

postérieur, qui soient aptes à reproduire la colonie. On les appelle les parthénogonidies. I y a aussi 10 à 30 parthénogonidies abortives qui ont seulement une taille un peu plus élevée, sans avoir le pouvoir reproducteur et font le passage aux individus ordinaires. Quand ces 8 parthénogonidies ont donné, conformément à notre type morphologique, de nouvelles colonies, le reste de la colonie mère meurt.

Cette mort est un phénomène nouveau que nous n'avions pas rencontré encore chez les Prolozoaires et qui constitue une ressemblance nouvelle et non des moins remarquables entre les Métazoaires et le Volvox.

Dans les colonies sexuées de l'automne, nous trouvons la même différenciation. Les macrogamètes et microgamètes, nous pourrions dire les œufs et les spermatozoïdes, se comportent tout à fait comme dans notre type, mais il n'y a que quelques colonies à microgamètes ou androgonidies (3 à 15, ordinairement 5 ou 6) et une trentaine: d’ œufs par colonie mère, et ceux-ci n'apparaissent que lorsque les premières ont déjà quitté la colonie, ce qui constitue un hermaphroditisme protérandrique excluant la fécondalion entre frères et sœurs (pas absolument cependant). Le développement de l'œuf fécondé a lieu comme dans notre type morphologique.

Les Volvocines nous montrent donc à la fois‘le passage des animaux aux plantes (des Flagellés aux Algues), celui des Protozoaires aux Métazoaires, et l'apparition de la sexualité vraie et complète, de la séparation des sexes et enfin de la distinction entre cellules somatiques et cellules reproductives chargées de plasma germinatf. Pour toutes ces raisons, elles offrent un vif intérêt qui justifie l'extension que nous avons donnée à leur étude.

Nous laissons parmi les plantes les Hydrodictyées immobiles. Nous ferons connaître dans un chapitre spécial à la fin du volume sur quoi nous fondons notre distinction des animaux et des végétaux.

\ dt À ds

SILICOF LAGELLÉS ol

2e Sous-CLASSE

SILICOFLAGELLÉS. — SILICOFLAGELLIÆ

[SzLICOFLAGELLATA (Borgert)]

Ce petit groupe, dont les affinités précises ne sont pas encore bien éclaircies, a été formé pour des êtres que l’on rangeait il y a quelques années parmi les Radiolaires dans lesquels ils vivent en parasites ou en commensaux, prenant leur squelette, seule partie que l’on connût alors de leur organisme, pour le squelette du Radiolaire lui-même

Nous prendrons pour type le Distephanus (Slôühr) qui est le genre

principal du groupe.

L'animal est formé d'une petite masse de protoplasma nu,mesurant environ 20 y, colorée en jaune par une substance qui semble être de la diatomine. Au centre, est un noyau formé d’un gros corps chromatique central entouré d’une couche de protoplasma vacuolaire (reticulum?), le tout renfermé dans une membrane nucléaire. Il n'y a point de vacuoles. Un flagellum part de la partie supérieure du corps et entraine l'animal en avant dans la natation. Il n’y a point de bouche. Ce qui donne à cet organisme, qui jusquici ne présente rien de bien spécial, une place à part parmi les Flagellés, c'est la présence d'un squelette beaucoup moins semblable à celui d’un Flagellé qu'à celui d'un Radiolaire, en particulier à celui des TrMPANINÆ (parmi les Acanthaires) pour la forme, et à celui d'un PHÆODARIÉ pour la structure. Ce squelette se compose en effet de tigelles siliceuses creuses soudées en une

Fig. 633.

SILICOFLA GELLIÆ (Type morphologique) (Distephanus).

L'animal entier montrant le squelette, les parties molles et le flagellum.

petite coque grillagée. Il est formé ici de deux anneaux parallèles et de

o12 LES FLAGELLÉS

diamètre inégal réunis par des tigelles de manière à dessiner le cadre

SILICOFLAGELLIÆ

(Type morphologique) (Distephanus).

Squelette vu de face et de profil.

d'un tronc de cône ou de pyramide. Ce squelette est à la surface du corps, mais nullement renfermé dans une gelée. Ce fait, l'absence de vrais pseudopodes et la présence du flagellum sont les principaux caractères qui autorisent à séparer ces êtres des Radiolaires pour les réunir aux Flagellés.

On ne sait rien de la phvsiologie de l'animal, si ce n’est son mode de progression. On rencontre assez souvent des individus réunis à la manière de deux cônes adossés par leurs

faces et l’on pense qu'il pourrait y avoir là un fait de conjugaison. Ces êtres sont naturellement tous marins comme les Radiolaires

qui les hébergent.

Distephanus (Stühr) (fig. 633 à 635) est le type mème ci-dessus décrit ().

Fig. 635.

(1) On remarquera que le grand axe de la coquille est horizontal.

Cela est nécessité par la position du flagellum. Häckel, au contraire, plaçait cet axe verticalement [V. p. 241).

Les autres genres du groupe ne se distinguent de Distephanus que par des caractères secondaires. Ce sont : Mesocena (Ehrenberg), ayant en guise de squelette des sortes d’anneaux Distephanus

siliceux de 0,02 à 0,05, assez régulièrement distribués dans la couche (im. Häckel).

périphérique de son corps;

Dyctiocha (Ehrenberg) semblable au précédent, mais ayant ses anneaux (de 0,02 à 0,03)

surmontés de deux arcades perpendiculaires formant une sorte de petite charpente

hémisphérique à jour;

Cannopilus (Häckel), semblable au précédent, mais avec les tigelles de réunion des deux

anneaux bifurquées de manière à former deux rangs de mailles (0,02 à 0,05) ;

Ebria (Borgert), qui s’en distingue par deux flagellums.

DINOFLAGELLÉS 316

32 Sous-CLASSE

DINOFLAGELLÉS. — DINOFLAGELLIÆ

[DINOFLAGELLATA (Bütschli)]

Idée générale de l'animal. — L'animal a une forme ovoïde à grand axe vertical. Il mesure environ Omw1; il est donc tout juste visible à l'œil nu.

Son corpsest protégé par une épaisse cuticule formée de plaques (fig.636)réunies par des lignes suturales, ornées de dessinsen relief et percées de fins pores (fig. 638 à 640).

Il est partagé en deux parties à peu près égales par un sillon transversal en hélice sénestre qui fait un peu moins d'un tour (pl. s.) Ce sillon commence en haut sur la face ventrale, se porte à droite, c’est-à-dire vers le côté gauche de l'animal, traverse la face dorsale, reparaît au bord droit et atteint de nouveau la face ventrale où 1l se termine à quelque distance au-dessous de son origine. Ce sillon, bien qu'assez creux, ne met pas le protoplasma à nu, car il estprotégé par une plaque en ceinture spéciale (pl. s.). Un sillon longitudinal verlical mais pastout à faitrectiligne, rejoint les deux extrémités du sillon transversal et s’é-

Fig. 636.

plq op

pi eq.sup…f#

fla.s

pLleq.inf

pl'anteap...

DINOFLAGELLIÆ (Type morphologique) (Sch.).

Aspect extérieur montrant la disposition des plaques de la cuticule, du sillon transversal et du sillon longitudinal avec sa fente flagellifère.

er. al., crêtes aliformes; fig. 1., flagellum inférieur ou longitudinal ; fig. s., flagellum supérieur ou transversal ; pla. anteap., plaques antéapicales; plq. op., plaques apicales ; pl. eq. sup., plaques équatoriales supérieures ; pl. eq.inf., plaques équatoriales inférieures ; pl. s., plaque en ceinture ; pl. vtr., plaque ventrale.

tend un peu au delà, en dessus comme en dessous de lui. Il est, comme le transversal, en contre-bas de la surface générale, mais ne met pas davantage le cytoplasma à nu, protégé qu'il est par une plaque spéciale (p/. vtr.). Cependant, dans sa partie moyenne et le long de son bord gauche,

cette plaque est percée d'un orifice fissiforme vertical, appelé la fente flagellifère, qui met à nu le cytoplasma sous-jacent. IT y à aussi un orifice au pôle supérieur du corps (0.). De la fente flagellifère, naissent deux flagellums ou fouets, un transversal et un longitudinal. Le flagel- Lum transversal (flg.s.)naîten face de l’origine du sillon transversal. Il se porte immédiatement dans cesillon qu'ilsuit dans toute son étendue, logé dans sa cavité, décrivant comme lui un peu moins d’un tour d'hélice descendante dextre. Il est contourné sur lui-même en ressort à boudin. Le flagellum longitudinal (flg. à.) naît un peu au-dessous du précédent, se porte en bas en suivant la portion du sillon longitudinal située audessous de lui, et s'étend bien au delà en formantune sorte de queue.

Dans la fente buccale s'ouvrent, tout près l’un de l’autre, deux orifices (0.,0’., fig. 637) qui sont ceux del'appareil pulsatile. Sous l'enveloppe cuticulaire est le cytoplasme dans lequel on peut distinguer un ectoplasme (ectop.) formant une couche assez épaisse où trouvent asile de nombreuses nclusions, chromoplastides (chrmp.), graisse, pigment, etc., et un endoplasme creusé d’une rangée de grandes vacuoles qui occupent presque tout l'espace annulaire qui reste entre l'ectoplasme et le noyau. Le noyau (N.) est subcentral et très grand; 1l

Fig. 637.

DINOFLAGELLIÆ (Type morphologique) (Sch.).

Organisation interne.

chrmp., chromoplastes ; eetop., ectoplasma ; N., noyau; ©., orifice de la vésicule sac; o'., orifice de la vésicule pulsatile ; p., plaques de la euticule; pl. s., plaque en ceinture; pla. vtr., plaque ventrale; r., vésicule sac; W., vésicule accessoire; w!., vésicule pulsatile.

est entouré d’une couche continue d'endoplasme. Enfin, dans l'endoplasme se trouve un appareil pulsatile volumineux et compliqué. Il y a

d'abord une vésicule pulsatile proprement dite (V'.), constituée sur le type ordinaire de cet organe, c'està-dire entourée d’une couche de petites vésicules formatrices et s'ouvrant dans la fente buccale par un petit canal (0’.). Indépendamment d'elle, existe une vésicule beaucoup plus grande, la vésieule sac (r) (Schütt) dans laquelle s’ouvre une vésicule accessoire (V.) (parfois plusieurs) et qui s'ouvre elle-même dans la fente buccale, indépendamment de la vésicule ordinaire, mais tout près d'elle (0.).

() Senürr [95] à qui l'on doit la description de cet appareil n'a que rarement suivi les deux canaux indépendamment jusqu’à leur orifice et l'on peut se demander si les connexions qu'il indique sont bien rigoureusement démontrées.

DINOFLAGELLÉS 010

Structure.

Maintenant que nous avons une idée générale de l'être, nous pouvons, sans crainte de nous égarer, aborder l'étude des détails de sa structure.

Enveloppe cuticulaire et organes extérieurs. — C'esl une vraie cuticule (p., fig. 637), c'est-à-dire un produit de sécrétion formé en dehors du cyloplasme et non par transformation de la couche superficielle (*).

Elle est composée de cellulose ou d'une substance analogue à réactions un peu différentes. Elle est assez épaisse et assez rigide pour former une véritable coque qui se tient seule quand l'animal est mort ou qu'il s’est contracté pour s'enkyster.

Les plaques (p.) qui la forment (fig. 638 à 640) s'unissent les unes aux autres par leurs bords en biseau dont l'un recouvrant et l'autre recouvert sont soudés par un ciment qui unit leurs faces en contact. Ces plaques sont polygonales et pourvues de côtes en relief suivant des

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