LAN
RL
Stylonichia (im. Stein).
Urosoma (Kovalevsky), à huit cirres abdominaux et cinq transversaux (0,24. Mer et eau douce);
Oxytricha (Sterki), à cinq cirres abdominaux, sans cirres caudaux (0,2. Mer et eau douce);
Histrio (Sterki), à cinq cirres abdominaux, les deux rangées marginales continues d’un côté et d'autre (Eau douce).
(1) Il y a, en outre, trois soies terminales. Le N est doublé, formé de deux lobes réunis par un long filament mince; chacun des deux lobes est eloisonné et un n lui est annexé.
(?) Le N est semblable à celui du genre précédent.
(5) On peut sans doute adjoindre ici
Stylocoma {Gruber) qui n’est qu'un genre douteux. Toute cette nombreuse série constitue la première grande famille d'Hypotrichides
HYPOTRICHIDES 477
Dans les deux genres précédents, la réduction des cirres portait irrégulièrement sur tous et tendait à effacer leurs différences plutôt qu'à les accuser. Il en est aulrement dans la petite série de genres suivants, chez lesquels elle porte sur les rangées latérales et sur le groupe abdominal, mettant en relief les groupes frontal et transversal qui arrivent à absorber la totalité de la ciliature. En outre, le corps se distingue par une fermeté particulière.
Le type de cette série est le genre
Euplotes (Ehrenberg) (fig. 808). IL montre nettement six ou sept cirres frontaux,une bande très accusée de cinq cirres transversaux qui sortent du fond d’un sillon transversal; on voit aussi très bien quatre cirres terminaux qui se laissent assez aisément interpréter comme les derniers d’une série marginale disparue. Mais il existe, en outre, sur la face ventrale, deux ou trois cirres dont l'interprétation est assez difficile, car on peut aussi bien les appeler abdominaux en raison de leur situation entre les frontaux et les transversaux que frontaux en raison de ce qu'ils sont situés à droite du péristome. Le péristome descend, en effet, très bas et les ARE de cirres transversaux sont situés très haut, en sorte qu'il ne « RAT reste guère de place pour une région abdominale proprement dite, et c’est là un des principaux caractères du genre (0,2. Mer et eau douce) (*).
Tous ces caractères s'exagèrent dans le genre
Diophrys (Dujardin) où le péristome descend plus bas et arrive presque au contact des cirres transversaux qui sont énormes (0,15. Mer) (*),et chez
Uronichia (Stein), où en outre les cirres frontaux disparaissent (0,1. Mer).
Enfin cette réduction de la région abdominale arrive à son maximum dans le genre
Aspidisca (Ehrenberg) (fig. 809). Le corps est ti si raccourci qu'il prend un contour ovale et à presque rond et que la forme se rapproche
celle des Oxrrr1CHIN x [Oxytrichina (Ehrenberg)] qui s'oppose à une seconde grande famille, celle des Evrzorixz |Euplotina (Ehrenberg)] dont nous allons maintenant parler.
Entre ces deux familles, mais se rattachant plutôt Aspidisca (A. turrita)
à la première, se place le genre (d’ap. Claparède et Lachmann). Certesia (Fabre-Domergue) caractérisé par une consistance
ferme et par la présence de cirres marginaux d'un seul côté (à gauche), en outre
desquels 1l y a seulement neuf cirres frontaux, un abdominal et cinq transversaux
très développés (Mer).
(1) Ajoutons que le péristome s'étend tout le long du bord frontal, que l’anus et la vésicule sont situés dorsalement à droite, à la hauteur des cirres transversaux et que le n est très long, rubané en forme de GC, mais à concavité tournée à droite.
(*) I y a, en outre, trois soies sallatrices termino-dorsales de remarquable forme.
Planiplotes (Andrussova) est un genre douteux voisin.
de celle d’une lentille plan convexe. Le bord droit régulièrement arrondi se continue avec le bord frontal. Le péristome abandonne tout à fait le bord frontal, descend le long du côté gauche et prend la forme d’une étroite fente verticale qui s’étend vers le bas jusqu'au delà du milieu du corps. Le bord droit du péristome forme une grande lèvre saillante qui recouvre le péristome et n’en laisse guère qu'une située à gauche. Le bord gauche du corps est séparé en haut du bord frontal par une profonde encoche, se prolonge en bas en une pointe plus ou moins accentuée et se continue à droite, sur la face ventrale, en une lame qui détermine en dessous d'elle un profond sillon. C’est du fond de ce sillon que partent cinq cirres transversaux. La région abdominale a donc tout à fait disparu. Sur la large région frontale située à droite du péristome, s'insèrent sept gros cirres et c'est à ces douze cirres que se réduit toute la ciliature de l’animal. L’anus est à droite, immédiatement au-dessous des cirres transversaux ; la vésicule pulsatile est auprès de lui ; le n est unique et le N a la forme d'un anneau presque fermé, parallèle au contour du corps. L'animal se meut rapidement le plus souvent en cercle (0,07. Mer et eau douce).
Nous avons décrit avec quelques détails cette forme extrême pour montrer combien nous sommes, par des transitions insensibles, arrivés loin de l'Infusoire typique qui nous a servi de point de départ (").
PÉRITRICHIDES. — PE£ERITRICHIDA
[PÉRITRICHES ; — PERITRICHA (Stein)]
Les Péritrichides ont tous la zone adorale contournée en hélice. Mais chez les uns la courbe est sénestre comme chez les Hétérotrichides, et comme d’ailleurs chez tous les Infusoires étudiés jusqu'ici; chez les autres elle est dextre. Cela constitue deux types de structure que l’on peut faire dériver Pun de l’autre par des contournements plus ou moins vraisemblables, mais qui n'en sont pas moins très différents et doivent
être éludiés séparément (*).
() Aspidisca est le type unique peut-être de la famille des As?rniscixæ |Aspidiscina (Stein)]. Le genre
Onichaspis (Stein) semble n'être qu’une espèce du précédent. C’est ici que semble devoir
prendre place le genre douteux :
Rhabdotricha (Greeff). Nous ne ferons que citer les noms des genres : Discocephalus (Ehrenberg),
Turpinius (Ormancey),
Gervasius (Ormancey), dont la place mème parmi les Hypotrichides est douteuse.
(2) Pour la définition exacte des termes dextre et sénestre (voyez p. 454).
PÉRITRICHIDES : SCAIOTRICHIDES 479
fe Nous diviserons donc cet ordre en deux sous-ordres: SCAIOTRICHIDEÆE Où PÉRITRICHIDES SÉNESTRES ("), à zone adorale ; sénestre ; DexiorricarDÆ où PÉRITRICHIDES DEXTRES (*), à zone adorale dextre.
1x Sous-ORDRE SCAIOTRICHIDES. — SCAIOTRICHIDÆ ou
PÉRITRICHIDES SÉNESTRES [LICNoPuoRINA (Bütschli) + SP?rROCHONINA (Bütschli)]
Comme il n'y a ici que deux genres, il est inutile de les ramener à un type morphologique, mieux vaut les étudier directement. Licnophora (Claparède) (fig. 810). L'animal a l'aspect d'une massue. Il est formé d’un corps renflé, ovoïde, et d'un pédoncule terminé en bas par une ventouse circulaire par la- He: Pl quelle, étant parasite, il se fixe sur son hôte. Cette \ ventouse est renforcée d'un anneau qui représente, sous une forme très réduite, l'appareil que nous rencontrerons bientôt si développé chez Trichodina. Le bord externe de la ventouse donne insertion à une couronne de cils qu'il faut nommer parce que nous la rencontrerons souvent chez les Péritrichides, ce sera la couronne ciliaire inférieure.
Sur la face antérieure de la portion renflée se Dany ane trouve un vaste péristome qui n'est nullement excavé een) et représente simplement la portion de la surface générale qui est entourée par la zone adorale formée d’une rangée de simples cils. En dehors de celle-ci, on observe une seconde rangée de cils. La zone commence assez bas au côté droit de la face ventrale, suit à faible distance tout le contour du corps, redescend le long du côté gauche et, de là, se porte vers la bouche qu'elle entoure d’un tour de spire. La bouche est située un peu au-dessous et à gauche, au milieu du corps. Toute la surface du corps est entièrement dépourvue de cils : il n'y a pas d’autre production ciliaire que la zone adorale et la couronne inférieure (0,12. Parasite sur divers Invertébrés, marins : Échinodermes, Annélides, Méduses, Opisthobranches) (*).
(1) de Exatds, sénestre.
?\ de Acttis, dextre.
3) Il y a un long noyau en chapelet à grains dissociés et une vésicule située à gauche de la bouche.
Bütschli crée pour ce seul genre une famille : Zrexoruorixæ |Licnophorina (Bütschli].
Spirochona (Stein) (fig. 811, 812). Tout autre est la forme de Spirochona. Celui-ci a plutôt la physionomie d’un Stentor. Sa forme générale est celle d’un cône allongé dont le sommet largement tronqué est dirigé en bas et sert de surface de fixation. Cette surface tronquée est, en effet, transformée en un disque adhésif circulaire. Ce disque présente quelques stries radiaires formées par la membrane. Pour comprendre la forme très compliquée du péristome, représentons-nous celui d’un Stentor (fig.812,B) qui nous servira de point de départ. Comme chez le Stentor, la surface péristomienne est horizontale et occupe la base supérieure du cône. La zone adorale commence, comme celle du Stentor, par une courbe spirale qui fait un tour presque complet avant de plonger dans ons la bouche située dans la boucle formée par son extrémité (im. Hertwig. gauche. Mais ici, l'extrémité aborale de la courbe, au lieu de s'arrêter à quelque distance de l'extrémité orale, la
rejoint, lui devient tangente et, continuant à tourner dans le même sens, fait encore un tour dans l’intérieur du péristome du côté droit (fig. 812, A). Chez le Stentor, le rebord du péristome est légèrement saillant; ici, il l’est aussi, mais beaucoup plus, il s’élève en un entonnoir très développé ou plutôt en cornet d’oublie (fig. 811). Ce cornet est situé immédiatement en de- A b hors de la zone adorale, en sorte que celle-ci reste au fond du péristome, au
Fig. 811.
Fig. 812.
Disposition de la zone adorale
pied de l’entonnoir. Enfin ce cornet ne (Sch.). TS £ A, chez Spirochona; s'arrête pas, comme la zone adorale, nt
après avoir formé un tour à droite en
dedans du premier tour, il continue à s’enrouler sur lui-même et forme encore presque un tour, en sorte qu'il fait en tout près de deux tours en dedans du tour extérieur; mais, dans son dernier tour, il n'est pas accompagné par la zone. Enfin, pour se faire une idée complète de la chose, il faut se représenter encore que le bord supérieur du cornet n’est pas dans un plan, mais que les spires intérieures du côté droit s'élèvent de plus en plus à mesure qu'elles tournent, en sorte que la plus interne est la plus saillante et que les autres forment des échelons successifs. Les cils de la zone adorale sont les seuls que possède l'animal. Son péristome n'est pas cilié, son corps est nu et il n’a pas de couronne ciliaire inférieure (0,12. Branchies ou poils des pattes de petits Crustacés marins et d’eau douce : Nebalia, Limnoria, Gammarus) (*).
(l) Spirochona à un long pharynx oblique, une vésicule pulsatile dans le voisinage du pharynx, un N ovoide el plusieurs n. Rappelons que son noyau est de ceux dits à
l'intérêt qu'il présente en lui-même que parce qu’il nous
PÉRITRICHIDES : SCAIOTRICHIDES
À côté de Spirochona, longtemps considéré comme une forme isolée,
se place un genre intéressant récemment découvert.
fente ou à cloisons et que BaLBrant [95] a montré (fig. 813) que cette apparence était due
à une simple particularité de la distribution des substances chromatiques et achromatiques dans le noyau {V. p. 410).
L'animal se reproduit exclusivement par bourgeons et ce phénomène mérite de nous arrêter un peu, tant à cause de
permettra de suivre sur le bourgeon les transformations par lesquelles Spirochona dérive de Licnophora. Au bord antérieur de l’entonnoir, sur le premier tour, un peu à gauche de la bouche, se trouve un pli vertical. Au-dessous de ce pli, le corps forme une voussure qui est l’origine du bourgeon et qui reçoit un N et un n produits par la division des N et n de la mère comme d'habitude (fig. 814, A). Le pli du
Fig. 813.
Spirochona. Noyau
(d'ap. Balbiani).
péristome maternel se prolonge à la base dans le bourgeon et y pénètre entrainant
Fig. 814.
Spirochona. Division (Sch.),
A à D, stades successifs de la division; en D, le bourgeon n’est plus rattaché à l’animal
mère que par un pédicule.
une portion de zone adorale et introduisant dans son intérieur un diverticule inva-
Spirochona. Division (suite) (Sch.).
E à K, stades successifs de l’évolution de l'individu fille après qu’il s’est détaché de la mère.
giné qui contient ainsi tous les éléments du péristome.
On pourrait se demander pourquoi on décrit ces phénomènes sous le nom de bourgeonnement quand on pourrait aussi bien les interpréter comme division inégale. La différence git en ceci que, dans la division inégale, la grosseur
des deux individus est fixée dès le début par le plan de division, tandis que le jeune bourgeon continue à grossir par accroissement avant de se séparer de la mère et
Kentrochona (Rompel) (fig. 816). L'animal a la forme d’un ovoïde aplati dorso-ventralement et surmonté d'un large entonnoir aplati dans le même sens qui représente celui du Spirochone avec cette différence qu'il n'est pas spiral et se ferme sur lui-même comme un vrai entonnoir. Deux paires de baguettes rigides servent à le soutenir, une dorsale et une ventrale, cette dernière plus forte. Dans l’entonnoir est une zone de membranelles qui, après en avoir fait le tour, plonge ventralement dans le pharynx. Celui-ci part du fond de l'entonnoir, s'enfonce dans l’endoplasme en obliquant à droite et s’y perd (0,04. Parasite sur les lames = epi- et exopodiales de Vebalia) QE Kentrochona (d'ap. Rompel).
Fig. 816.
sans déplacement de la ligne de séparation, par augmentation de volume aux dépens de matériaux fournis par la mère. Or c’est ainsi que les choses se passent ici (fig. 814,2, C, D). D'ailleurs, le jeune bourgeon arrive après séparation (fig. 815, Æ) à la taille normale {Æ) et ne constitue pas un microgamète. La conjugaison a lieu entre petits individus de taille égale.
Revenons à notre description. Le bourgeon se sépare de plus en plus, finit par se détacher et se montre alors (fig. 815, £) sous une forme très différente de la mère. Il a l'aspect d’un ovoïde dont la partie supérieure est tronquée et excavée en un péristome. Ce péristome est circulaire, mais est interrompu en avant et là se prolonge très bas en gouttière sur la face ventrale. La zone adorale part du bord gauche de la portion horizontale du péristome, suit le contour du péristome du côté dorsal et descend jusqu’au fond de la gouttière, le long de son bord droit. À son extrémité inférieure, la gouttière ventrale circonscrit une petite surface arrondie qui se transforme en disque adhésif (F#), et aussitôt la gouttière ventrale abandonne ce point (G), recule vers le haut (7), atteint le bord antérieur du péristome et le dépasse même en formant un petit Sinus rentrant (2). La bouche est à gauche de ce petit sinus, en dedans, juste au point où commençaient les cils de la zone adorale au stade précédent. A partir de là, les transformations sont très simples. Le bord droit du sinus continue à s’invaginer en s’enroulant sur lui-même (J/) et, en même temps, s'accroît en hauteur en dehors de la zone adorale, de manière à constituer l’entonnoir. Cela montre bien que le péristome horizontal apical de l'adulte dérive d'un péristome vertical et ventral analogue à celui de Zicnophora, et qu’ainsi ces deux formes se rattachent l’une à l’autre.
Lorsque la mère s’est épuisée par une longue suite de bourgeonnements successifs, elle subit une sorte de rénovation par le fait que son noyau émigre dans la partie supérieure du corps qui se détache du reste et régénère un individu complet. C'est comme un bourgeonnement dans lequel le bourgeon accaparerait la totalité des organes essentiels de la mère.
{):ILest collé par la face ventrale sur ces lames, au moyen d’une sécrétion gélatineuse, qui déborde souvent sur les côtés en prolongements plus ou moins accentués, mais parait absente ou très réduite sur le dos. A l'intérieur, le N est sous la base de l’entonnoir et le n serait (exception rare) situé loin de lui, vers l'extrémité inférieure. A la place du n, c’est-à-dire dans une excavation du N se trouve (fig. 818)un globule pâle qui se comporterait absolument comme un centrosome et devra en recevoir le nom. C’est le seul exemple cité d’un centrosome chez les Ciliés. Quand le N se divise, le centrosome se diviserait aussi en deux autres dont l’un resterait à sa place, tandis que
PÉRITRICHIDES : DEXIOTRICHIDES 483
2% Sous-ORDRE
PÉRITRICHIDES DEXTRES.— DEXIOTRICHIDES.— DENIOTRICHIDÆ [VORTICELLINA (Ehrenberg, emend. Bütschli)]
Structure
L'animal a la forme générale d’un cône à pointe arrondie. La base
tournée en haut constitue le péristome ts Meta portedla zone adorale (Z4.); un peu au-dessus de l'extrémité inférieure se trouve une rangée annulaire de cils, c'est la couronne ciliaire postérieure (cour.). Le corps et la surface du péristome sontentièrementnus.
Au côté gauche de l'animal, à l'union du péristome avec la face ventrale, est un large orifice que l’on croirait être la bouche, mais qui est, en réalité, l'entrée d’un large vestibule qui sert d'antichambre à la bouche. C’est bien un vestibule, en effet, c'est-à-dire une portion de la surface du
DEXIOTRICHIDT (Type morphologique) (Sch.).
a., anus; cour., couronne ciliaire postérieure ; e. par., cils paroraux ; mb., membranelles; Mb. w., membrane ondulante; N, macronucléus; m., micronucléus ; ph., pharynx; P.st., péristome ; R. V. p., réservoir de la vésicule pulsatile ; VW. p., vésicule pulsatile ; Z. a., zone adorale.
corps invaginée, car on trouve à son intérieur des parties qui, morpholo-
l'autre se transporterait au pôle opposé, et l’on observerait un cône, sinon achromatique du moins fait d’une substance peu colorable entre ces centrosomes et la substance chroma-
Fig. 818.
Division nucléaire chez Kentrochona (d’ap. Rompel).
tique interposée. Celle-ci se diviserait en deux masses par un plan équatorial et chaque
giquement, appartiennent à la surface externe, savoir: l'anus (a.) et le pore excrélewr, le premier à peu près au milieu de sa hauteur, le second un peu au-dessous. L'un et l'autre du côté tourné vers le centre du corps. Au fond de ce vestibule s'ouvre la vraie bouche conduisant dans un pharynx (ph.) bien développé.
Le N est grand (N.), en forme de bâtonnet arqué, le n est unique et fort pelit (».) et annexé au N. La vésicule pulsatile ne s'ouvre pas directement au pore excréteur. Elle s'ouvre dans une cavité nouvelle, le réservoir (R.V.p.) qui lui-mème s'ouvre dans le vestibule. Ce réservoir est strié à sa surface de lignes se coupant en losange et qui sont probablement l'indice de filaments contractiles, car il se contracte énergiquement pour se vider dans le vestibule. Il n'est autre chose qu'une dépendance du vestibule, c'est-à-dire une seconde invagination de la surface dans l’invagination veslibulaire. Aussi est-il en communication permanente avec le vestibule, tandis qu'il n’a, avec la vésicule, qu'une communication temporaire, comme celle des vésicules des autres Ciliés avec la surface du corps. Le vrai pore excréteur morphologique est cet orifice non permanent entre la vésicule et le réservoir.
Ilne nous reste à décrire, pour bien comprendre notre type, que son péristome et sa zone adorale. Nous les avons gardés pour la fin, car ici surgissent des complications inattendues. La face supérieure du corps horizontale et circulaire constituant le péristome (P. st.) est bordée par la zone adorale (Z.a.). Mais cette zone, au lieu de tourner dans le même sens que chez le Stentor, tourne en sens inverse; en allant de la bouche vers l'extérieur, elle passe à droite de sa tangente: elle est donc dextre (V.p.45%). Elle part du bord inférieur de l'orifice du vestibule, parcourt successivement les bords antérieur, droit, postérieur et gauche du péristome en montant légèrement et, revenant ainsi un peu au-dessus de son point de départ, passe au-dessus de l'orifice vestibulaire et continue encore son trajet vers la droite pendant environ un quart de tour. Elle est formée de hautes et étroites membranelles (mb.) à chacune desquelles est annexé en dedans un cil paroral (c. par.).
En arrivant au vestibule, les membranelles se transforment brusquement en une membrane (Wb.u.) de la nature des membranes ondu-
moitié reformerait avec le centrosome adjacent un noyau complet. Ce serait done une sorte de mitose, mais sans chromosomes ni vrais filaments achromatiques. Mais nous avons vu que BALBIANI à infirmé ces interprétations par ses observations sur Spirochona (V. p. 418).
L'animal se reproduit par bourgeons qui naissent sur la partie moyenne du corps sans emporter, comme chez Spirochona, une partie de l'entonnoir. Des deux noyaux issus de la division, l'un reste dans la mère, l’autre passe dans le bourgeon.
Certaines espèces, cependant, possèdent quelques soies sensitives au bord libre de l’entonnoir. On a voulu les élever à la dignité de genre et on a fait le
Slylochona (Kent). — Le genre Heliochona (Plate) n’est guère mieux justifié. Ces genres forment la famille des SrzxocnoviNx [Spirochonina (Stein)].
PÉRITRICHIDES : DEXIOTRICHIDES 485
lantes pharyngiennes, mais qui est ici immobile (ou du moins non vibrante et ne se mouvant qu'occasionnellement au moment de la déglutition) et qui continue leur trajet. Cette membrane plonge en hélice dans le vestibule qu’elle suit presque jusqu'à l’orifice buccal en décrivant un tour et demi; très haute à son origine à l'entrée du vestibule, elle diminue progressivement de hauteur et se termine en pointe. Sa partie terminale sépare le vestibule en deux couloirs, un plus large qui sert au passage des aliments, et un plus étroit où se trouvent le pore excréteur et l'anus, en sorte que les matières rejetées se trouvent séparées des substances ingérées. La série des cils paroraux se continue aussi dans le vestibule, y décrit aussi une hélice mais, au lieu de s'arrêter comme la membrane ondulante avant la bouche, s'étend presque jusqu'au fond du pharynx. Les cils sont, dans le vestibule, inclinés vers l’orifice d'entrée et conservent l’orientation correspondante dans la partie extérieure de la zone adorale (*).
(:) La constitution de la zone et du péristome est aisée à comprendre, mais ce qui l'est moins c’est de quelle manière cette disposition, exactement inverse de celle des autres Ciliés; a pu prendre naissance. Voici l'explication proposée par Bütschli.
Partons de Licnophora |fig. 819). Ce Péritrichide a un péristome vertical ventral et une zone adorale sénestre comme les CGiliés ordinaires.
La couronne eiliaire inférieure est horizontale et perpen- Fig. 819.
diculaire à l’axe du corps. Mais nous avons vu que dans le genre Spirochona où elle a la même disposition chez l'adulte, elle appartient nettement chez le jeune à la face ventrale. Nous pouvons donc admettre que chez le prototype du Péritrichide cette couronne appartenait à la partie inférieure de la face ventrale et qu’elle était dans le même plan que le péristome (4). Supposons que la couronne ciliaire devienne plus saillante et que la zone adorale, s'étendant vers le bas par son extrémilé Diagramme montrant comment aborale, fasse le tour de la couronne ciliaire de manière jes Dexrorrrcmrpæ dérivent à l’enfermer dans sa cavité, à remonter jusqu'à la bou- des ScarorrICHIDÆ
che et à la dépasser même en passant dorsalement par (d’ap. Bütschli.) rapport à elle (BZ). Supposons enfin que la couronne ciliaire
s’étende de manière à occuper toute la face ventrale, tandis que la face dorsale s’aplatit, et plaçons l’animal comme si son axe était perpendiculaire au centre de sa couronne ciliaire au lieu de lui être parallèle. Nous aurons alors un être (C) qui ne différera de notre type en rien d’essentiel, qui, au point de vue descriptif, aura comme lui un péristome et une couronne ciliaire horizontaux et perpendiculaires à l'axe du corps, etune zone adorale dextre, tandis qu'au point de vue morphologique, sa face supérieure devra être considérée comme dorsale, l’inférieure comme ventrale et son axe vertical comme un axe antéro-postérieur, le vrai axe morphologique du corps étant parallèle à ses faces horizontales. Gela explique en même temps le renversement du sens de l’hélice adorale. Ce renversement n’est qu'apparent : il vient de ce que l’on voit cette courbe par derrière lorsqu'on la regarde par la face péristomienne, puisqu’en réalité cette face est dorsale. Pour la voir dans sa position morphologique, il faudrait la regarder en plaçant devant soi la face pédieuse de l’animal {représentée par la couronne ciliaire); on la verrait alors dans le sens normal.
Nous ferons remarquer que ce mode de dérivation n’est pas du tout démontré et qu'il ne donne même pas satisfaction aux exigences de l'esprit. Sans entrer dans le détail de la discussion d’une théorie aussi dénuée de base, faisons remarquer que, dans
Physiologie
Locomotion. Alimentation. Excrétion. — Notre Péritrichide nage au moyen de sa couronne ciliaire et peut se reposer en se fixant momentanément par l'extrémité inférieure du corps. Il s’alimente au moyen d’un tourbillon déterminé par la zone adorale et il y a ici une sorte de choix des aliments, car bien des parcelles solides précipitées dans le vestibule en ressortent sans en avoir dépassé le fond. Le pharynx se remplit peu à peu de particules alimentaires. Quand il est plein, tout ce bol est avalé d'un coup avec une certaine quantité d’eau et forme une vacuole alimentaire. La membrane vestibulaire semble aider à ce mouvement de déglutition.
Nous avons vu les modifications bien superficielles apportées au fonctionnement de l'appareil excréteur par la présence du réservoir contractile. Il nous reste à décrire les phénomènes de la reproduction.
Division. — La division a lieu ici longitudinalement par un plan sagittal qui laisse la bouche et le vestibule à l'individu de gauche (").
La manière dont se forme le nouveau péristome est très remarquable (fig. 820). À l'opposé du vestibule ancien (A), se forme un nouveau vestibule et il se détache de la zone adorale une nouvelle courbe spirale qui continue, avec un rayon beaucoup plus petit, la courbure primitive, et plonge dans ce nouveau veslibule. Puis, la portion moyenne de la zone adorale ancienne se détruit, et il reste deux portions semblables de zone adorale représentées l’une et l’autre
DEXIOTRICHIDÆ ES) : à (Type morphologique). par une extrémité vestibulaire (B). Ces deux
Division du péristome (Sch.). Lortions se complètent et l’on a alors une
A, Péristome avant la division; B, après sa division.
Vorticelle à deux vestibules et deux zones adorales semblables. Déjà l’animal a commencé à s’élargir transversalement et son péristome a pris une forme ovalaire. Après la division, chaque individu se trouvera avoir une zone et un péristome complets.
Les phénomènes nucléaires n'offrent rien à signaler.
Conjugaison. — La dégénérescence sénile produit iei ses effets ordinaires, mais elle n’altère pas progressivement la taille de tous les indi-
l'hypothèse de Bütschli, le pharynx devrait, à partir de l’orifice buccal, remonter vers la surface du péristome au lieu de plonger dans la profondeur.
(?) Si vraiment le péristome était morphologiquement dorsal, cette exception à la règle de division transversale deviendrait plus apparente que réelle, car alors le plan transversal couperait le péristome suivant un diamètre vrai. À vrai dire, il faudrait que la bouche fût rigoureusement antérieure pour que le plan de division tel qu'il est placé soit réellement transversal. Or, nous avons vu qu'elle est à la partie gauche de la face ventrale. Mais nous savons qu’une certaine obliquité du plan de division est fréquente.
PÉRITRICHIDES : DEXIOTRICHIDES 487
vidus, comme à l'ordinaire. Tous gardent d’abord leur taille normale; mais, au moment de la maturité sexuelle, certains se divisent deux fois successivement et si rapidement que l’on trouve des stades où les quatre individus nouveaux sont encore unis en une rosette (*). Ces quatre individus finissent cependant par se séparer. Ils ne grossissent pas et constituent les microgamèles, tandis que les individus non divisés qui ont - gardé la taille normale jouent le rôle de macrogamètes.
à Le microgamète (fig. 821, À : mg.) nage à la recherche d’un macro-
vid à OO Non ao.
NW