‹ Traité de zoologie concrète (volume 4)Chapitre 43 sur 113 · DIVISION RÉDUCTRICE · texte numérisé non relu

DIVISION RÉDUCTRICE

Fig. 36.

a. Spennatogénèse et Spermatozoïde. — La spermatogénèse est surtout bien connue chez Ascaris megalocephala grâce aux recherches de Van Beneden etJuLiN [84], 0. Hertwig [90], Boveri [87, 92], Brader [93], etc.

Au fond du cul-de-sac testiculaire, on trouve, comme toujours, des éléments jeunes, que Ton peut nommer cellules germinales. Ce sont les éléments primitifs d'où doivent dériver les éléments sexuels.

Leur transformation progressive se fait en quatre phases : une de multiplication, une à' accroissement, une de réduction et une de maturation.

Les cellules germinales commencent par se diviser un très grand nombre de fois et se multiplient beaucoup en diminuant de volume. En cet état, elles constituent les spermatogonies. Arrivées à un certain degré de petitesse, les spermatogonies cessent de se diviser et se mettent à grossir considérablement; elles se transforment ainsi en un nombre égal de spermatocytes, dits de premier ordre. Ces spermatocytes sont les cellules grand'mères des spermatozoïdes ; ils se divisent exactement deux fois : leurs filles se nomment les spermatocytes de deuxième ordre et leurs petites-filles les spermatides (ou spermatozoïdes non mûrs) qui se transforment chacune en un seul spermatozoïde mûr, sans se diviser et par une simple modification dans la forme, le volume et Farrangement de ses parties constituantes.

Ces spermatides sont des cellules d'aspect ordinaire, mais elles ont ceci de particulier que, chez elles, le nombre de chromosomes se trouve réduit de moitié. Nous verrons bientôt par suite de quoi il en est ainsi. Le spermatozoïde mûr diffère beaucoup de la spermatide par Taspect et la constitution. Sous sa forme typique la plus complète, il comprend (fig. 36) les parties suivantes : en avant une tête, effilée antérieurement, obtuse en arrière où elle donne insertion à un long flagellum, la queue; à la pointe de la tête un petit globule clair {ctrs.); entre la tète et la queue, une zone étroite, le segment intermédiaire (c). La queue se compose d'un long filament axile (fil. ax.) souvent strié en long, entouré dans sa partie supérieure d'une gaine protoplasmique {g. ptpL) qui laisse en arrière le filament axile à nu {fil. nu). Ce filament traverse

Milax .g.ptpl.

nu

Spermatozoïde (Sch.).

ctar.f masse chromatiq.;

etrs., ccntrosome ;

c, segment interméd.

fll. ax., filament axile ;

m. B«, extrémité libre

du filament axile;

S* P^l*« gaine proto*

plasmique.

le segment intermédiaire el va s^attacher directement à Textrémité obtuse de la tète. Le spermatozoïde, lorsqu'il est mobile, progresse la tète en avant, poussé par les ondulations de son flagellum.

Où sont dans cette structure les parties de la spermatide?

Les chromosomes tassés en une masse compacte forment la majeure partie de la tète. Le centrosome est toujours présent, mais les uns le croient représenté par le segment intermédiaire, les autres par le globule céphalique antérieur. Cette dernière opinion semble la plus justifiée. Dans ce cas, le segment intermédiaire serait le représentant du cytoplasma. Dans la queue, la gaîne est sûrement d'origine cytoplasmique, tandis que le filament axile est d'origine cytoplasmique pour les uns, nucléaire pour les autres. D'ailleurs cela a peu d'importance car, dans la fécondation, la tète et le segment intermédiaire entrent seuls dans l'œuf. Ainsi dans la partie qu'utilise la fécondation, sont représentés sûrement les chromosomes, sûrement aussi le centrosome et très probablement le cytoplasma.

b. Ovogénèse et œuf mûr. — L'ovogénèse est calquée sur la spermalogénèse. Dans Ascaris megalocephala que nous prendrons encore comme type, les cellules germinales qui occupent le fond du culde-sac de l'ovaire donnent, en se divisant, de petites cellules, les ovogonieSy qui n'ont aucun caractère spécial et se multiplient beaucoup en diminuant de volume. A un moment donné, la phase de multiplication s'arrête, les ovogonies se mettent à grossir, beaucoup plus même que les spermatogonies à ce stade, parce qu'elles se chargent, en outre, de réserves alimentaires abondantes et passent à l'état à'ovocytes de premier ordre. Ces ovocytes de premier ordre sont ce que les histologistes appelaient les ovules et qu'ils caractérisaient par leur volume, leur forme sphérique et leur noyau {vésicule germinative) gros, central, bien rond, réfringent. En cet état, ce ne sont pas cependant les vrais ovules capables d'être fécondés, ce sont leurs cellules grand'mères et, comme dans la spermatogénèse, il faut encore deux divisions pour leur donner naissance. L'ovocyte de premier ordre se divise donc en deux ovocytes de deuxième ordre et chacun de ceux-ci en deux cellules finales, ovules mûrSy qui sont les homologues des spermatides.

Mais, pendant cette phase de réduction, l'ovogénèse présente, avec la spermatogénèse, des dififérences sinon essentielles, du moins très remarquables. Les deux divisions des ovocytes de premier ordre ne sont pas égales. Des deux cellules filles, l'une, très grosse, continue la lignée de l'œuf, l'autre, très petite, est un produit de rebut que l'on appelle le premier globule polaire. L'une et l'autre sont cependant sœurs et représentent les ovocytes de deuxième ordre. Dans la division suivante, le gros ovocyte de deuxième ordre se divise de même très inégalement en deux cellules sœurs représentant les spermatides du mâle, l'une grosse, l'ovule mûr avec un nombre de chromo-

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