‹ Traité de zoologie concrète (volume 4)Chapitre 51 sur 113 · partie postérieure du corps (»). ^''s · texte numérisé non relu

partie postérieure du corps (»). ^''s

(^) Les fibrilles de Greekf, /

si elles sont réelles, jouent (

sans doute un rôle dans ce y

niouTement. >

p] Il en est ainsi chez A, Princeps (flg. 95). D'autres fois, 1

chez A. Limax (flg.96), par /

exemple, le pseudopode est [/ aussi large que le corps luimême en sorte qu'il paraît ne Amœba princeps Amœba Umax Amœba nndosa

plus exister et que le corps (Sch.). (Scb.). (im. Pénard).

semble s'avancer par une reptation d'ensemble.

P) Cette sorte de pseudopode se rencontre toujours chez les formes terrestres et souvent chez les aquatiques. Mais d'autres fois, chez ces derniers, le mode de formation est tout autre. Il a été bien observé et décrit par Pénard [oo] chez A. undosa (fig. 97). A la partie antérieure, l'ectoplasme se ramollit brusquement et, par ce point de moindre

94 LES miIZOPODES

Les pseudopodes ont en outre des mouvements indépendants, ils peuvent s'infléchir de tous côtés. Le corps lui-même peut se tordre de diverses façons.

Tous ces mouvements sont très lents et leur vitesse est fort variable selon les espèces et Tétat d'excitation de l'individu.

La direction du mouvement est constante, au moins pendant quelque temps, en sorte que Ton peut distinguer chez TAmibe une partie antérieure où se forment les pseudopodes et qui détermine le mouvement, et une postérieure passive qui se laisse entraîner. Mais ces parties n'ont aucune difl*érence profonde entre elles, car souvent la direction du mouvement change par le seul fait que c'est un autre point du corps qui devient le lieu de formation des pseudopodes.

Pendant que TAmibe est en marche et que les parties antérieure et postérieure sont bien distinctes, on observe généralement à l'extrémité postérieure une particularité singulière. Cette partie du corps est plus glutineuse que le reste et souvent elle entraîne, collés à elle, des débris de nature variée ; elle se colle au sol et s'en détache lorsque son adhérence est vaincue par la traction de l'extrémité antérieure; elle est ainsi entraînée par petites secousses saccadées (').

résistance, sous rinfluence de la pression intérieure, une vague de cytoplasma liquide fait éruption au dehors et s'épanche à la surface externe de l'Amibe. Mais, presque instantanément,au contact de l'eau ambiante, ce cytoplasma liquide se solidifie et en mémo temps se soude à l'ectoplasme qu'il recouvre et se confond si bien avec lui qu'on ne peut plus l'en distinguer ; en sorte que tout se retrouve dans le même état qu'auparavant, sauf que l'Amibe s'est un peu avancé. F'«- ^^' Mais bientôt une autre vague fait éruption, se com-

porte de même, et ainsi de suite. Le corps s'avance par vagues successives projetées et solidifiées.

D'autres fois, comme chez A. Proteus (fig. 98},

c'est le môme phénomène mais, au lieu d'une

large vague s'épanchant par une large fente, c'est une

fusée de liquide faisant éruption par un petit trou.

^ ^ " ^ ^ Pénard a nettement vu ce petit trou (A, B, C : o) se

Formation d'un pseudopode former et rester quelques instants visible dans l'ec-

chez A. Proteus (im. Pénard). toplasme ferme ; mais, dès que la fusée liquide s'est

solidifiée en un pseudopode allongé, la soudure est si intime au point d'union que toute trace de cette disposition transitoire disparaît complètement (D).

Blochmann [94] a observé (chez A, secunda et chez Pelomyxa) un autre mode de mouvement dans lequel le corps glisse par une sorte d'écoulement continu de sa substance le long, du support. Les molécules de protoplasme de la couche superficielle du corps se portent d'arrière en avant, ce qui produit un déplacement total de la surface sur le support. L'animai parcourt ainsi jusqu'à G"™ 5 par minute. Il y a, en outre, un mouvement de l'endoplasma qui circule d'arrière en avant dans ses parties centrales et d'avant en arrière dans sa couche superficielle. Blockmann l'interprète comme une sorte de cyclose qui n'aurait rien de commun avec le mouvement précédent, tandis que Pénakd, ainsi que nous allons le voir dans un instant, le considère comme déterminé par celui-ci.

(^) C'est à cela peut-être qu'est due la formation à cette extrémité de la houppe

CYMNAMŒBIENS 95

Dans les mouvements de TAmibe, Tendoplasme est passif. Mais il n'est pas immobile pour cela. En avant, où les pseudopodes en s'avançant font le vide derrière eux, il se précipite pour combler ce vide, et en arrière il est sans cesse pousse par la **

progression de la partie postérieure. Ce mouvement est rendu visible par celui des granulations et surtout des grains d'excrétion plus faciles à voir (fig. 99). Il est naturellement beaucoup plus accentué chez les espèces les plus fluides. Chez A. proteus, par exemple, on voit ces grains ainsi lancés d'arrière en avant, rebondir contre la paroi antérieure et attendre là, immobiles. Mouvements que l'extrémité postérieure les ait rejoints pour les XezA ""protnis lancer en avant de nouveau. (im. Pénard).

C'est aussi vers l'extrémité inférieure que le noyau et surtout la vésicule pulsatile se trouvent, le plus souvent sinon toujours, relégués.

Préhension des aliments. — Les pseudopodes des Amibes ne sont pas, comme ceux de tant d'autres Rhizopodes, les agents de la capture des aliments. Il peut leur arriver de saisir une proie, mais cela est rare. Leur fonction normale est la locomotion. Quant à la préhension des aliments elle se fait selon le mode que nous avons décrit chez le type général des Rhizopodes, et par tous les points de la surface, principalement dans cette région postérieure glutineuse dont nous venons de parler (').

Digestion. — La digestion se fait encore suivant le mode que nous avons décrit à propos du type général des Rhizopodes. C'est ici principalement que Metchmkop et Le Dantec ont vu le liquide de la vacuole devenir acide et la particule se dissocier et se liquéfier lentement. Au bout d'un certain temps, parfois plusieurs jours si la proie est grosse et indigeste, il ne reste plus qu'un résidu inutilisable que ^'^ ^^^' l'animal rejette par une série d'opérations qui répètent en sens inverse celles de la capture. Pendant le temps de la digestion, la vacuole alimentaire circule dans l'endoplasme

postérieure (fig. 100, /?), sorte de chevelu ectoplasmique qui semble formé de petits pseudopodes filiformes, mais pseudopodes passifs, en quelque sorte, formés comme par un étiremcnt de la substance réiactante à l'enfraînemenl. D'autres voient dans cette houppe une .

formation active intermédiaire à des pseudopodes filiformes et h des ^

flagellums. {Amœha

(^) Chez les Amibes à ectoplasme mou, le phénomène se comprend proteua) sans difficulté. Mais dans les cas où il est différencié on membrane, (im. Pénard). ou lorsqu'il y a une vraie cuticule comme chez les Amibes terrestres observés par Greeff, que se passe-t-il? Il est probable que, dans ce cas, la cuticule se perce, la membrane se gélifie au contact de la proie et sans doute sous son influence, et ne reprend ses caractères qu'après l'avoir laissée passer. La formation des pseudopodes chez A.proteus[^,^'6y note 3J nous a montré un phénomène analogue.

comme les autres granulations, mais ne s'avance jamais bien loin vers la région antérieure.

La nourriture habituelle des Amibes consiste en végétaux, en Infusoires ou Rhizopodes de petite taille, et en débris de toutes sortes, animaux ou végétaux.

Les granules graisseux sont des produits d'une alimentation exubérante mis en réserve pour les périodes de jeûne. Les grains d'excrétion sont des produits de désassimilation.

Respiration. — Cette fonction s'accomplit sans organes spéciaux par toute la surface du corps. Peut-être cependant la vésicule pulsatile contribue-t-elle, ici comme chez les Ciliés, à fournir de Toxygène aux parties profondes du corps.

Circulation. Excrétion. Vésicule pulsatile. — Ces fonctions sont encore le sujet de discussions, car ici les avis sont partagés, les auteurs voyant dans la vésicule pulsatile, les uns un appareil circulatoire, les autres, un organe excréteur.

Nous avons vu que la vésicule se gonQe par une lente diastole et se vide par une systole brusque.

Mais où évacue-t-elle son contenu?

Les uns pensent qu'elle l'épanché à l'intérieur, sous l'ectoplasme et constitue ainsi une sorte d'appareil circulatoire. Les autres admettent qu'elle le répand au dehors et sert à expulser les produits usés. S'il en est ainsi, elle doit aussi servir à la respiration car l'eau qu'elle évacue, venue du dehors (par osmose et avec les aliments), était chargée d'oxygène lorsqu'elle est entrée dans l'organisme. Après beaucoup de discussions et d'observations contradictoires, il semble s'établir que la vésicule, ici comme chez tous les autres Protozoaires, s'ouvre simplement à l'extérieur. Mais il n'y a pas d'orifice permanent. A chaque systole la paroi se déchire et se reconstitue par soudure parfaite immédiatement après (•).

{}) D'ordinaire, on admet que la vésicule se vide à l'extérieur et constitue un organe excréteur : l'eau pénètre par osmose dans l'Amibe par tous les points de sa surface, se charge de tous les produits de dénutrition en les dissolvant et est expulsée rhythmiquement par la vésicule. Cette opinion s'appuie sur des observations où l'on a vu (ou cru voir) la vésicule se vider au dehors, et sur une remarque de Brandt qui a vu l'hématoxyline absorbée par l'animal arriver dans la vésicule et y prendre la teinte brune que lui communiquent les acides.

Pour Claparkdb et Lachmann. au contraire, la vésicule se vide dans Tendoplasme et constitue un appareil circulatoire. Grbkff, Pénard sont du même avis. Celui-ci constate que l'on ne voit jamais, au moment de la systole, une projection des particules flottantes du liquide ambiant, projection qui ne manquerait pas de se produire dans ces circonstances. Le premier fait remarquer que la vésicule a souvent, chez les Amibes terrestres, un volume égal au quart de celui du corps et se vide tous les quarts d'heure, en sorte que, si elle se vidait au dehors, l'excrétion éliminerait toutes les heures un volume de liquide égal à celui de l'Amibe, ce qui, d'après lui, serait inadmissible. L'un et l'autre ont vu qu'au moment où la vésicule a disparu, à la

GTMNAMŒBIENS

Reproduction. — L'Amibe se reproduit essentiellement par division tantôt directe, tantôt indirecte, tantôt intermédiaire à ces deux modes (*).

En outre de ce mode de reproduction, habituel et incontestable, on a observé Teukystement et la conjugaison, phénomènes qui, d'ordinaire, chez les Protozoaires, sont le prélude d'une division, mais qui, ici, ne semblent pas avoir cette signification.

Enkjrstement. — Ce phénomène consiste d'ordinaire dans la sécrétion d'une membrane forte sous laquelle l'animal, arrondi en sphère, s'abrite pour se reposer, digérer à l'aise, ou se soustraire à des influences

Fig. 101.

Vc>

Fig. 102.

A^ Bf Cf états successifs

de la Tésicule pulsatile Te.

chez Amœba proteuê

(im. Pénord).

suite de la systole, on observe dans l'endoplasme de nombreuses petites vésicules

disséminées. Ces vésicules disparaissent peu à peu à mesure que la grosse se forme.

Quand celle-ci est bien pleine (flg. 101, A), elle fait une forte

saillie et n'est séparée du dehors que par une paroi très

mince; niais quand elle se contracte, elle ne fait pas éclater

cette paroi, elle se vide en exprimant son contenu

dans le cytoplasma ambiant, et c'est ce contenu qui,

circulant dans tout le cytoplasme, se rassemble peu à

peu dans les petites vésicules disséminées, qui sont en

quelque sorte la menue monnaie de la grosse. Pé- NARD a vu, quand la systole n'était pas trop rapide, la vésicule disparaître progressivement par envahissement

de sa cavité par le cytoplasme sous-jacent et a pu dessiner une phase de ce phénomène (B et C). Grbefp assure que, chez les Amibes terrestres, qui ont une cuticule, la vésicule se vide sous la cuticule en sorte que son contenu s'épanche sous la surface, ce qui est une bonne condition pour la fonction respiratoire. S'il en était ainsi, la vésicule serait un organe non excréteur mais respiratoire et circulatoire. Mais les observations récentes de BCtschli, confirmées par Blochmann [94], nous ramènent à l'opinion la plus naturelle. Ce dernier a nettement vu chez un Amibe, la vésicule s'ouvrir au dehors à chaque systole.

(^) La division directe a été observée chez Amœba (Daciylosphsfra) polypodia parF.-E. Schulzb, dontl'observation est devenue classique (fig. 102). C'est une division directe typique. Elle dure environ dix minutes. Son existence a été récemment confinnée chez A. crystalligera (Gruber) par Schaudinn [94]. Ce môme auteur [95] a observé chez une autre espèce, A. hinucleata (Gruber), une division intermédiaire à l'amitose et à la mitose, mais tenant davantage de cette dernière. C'est, en somme, une mitose mais sans centrosome, ni fuseau, dans laquelle les corps chromatiques, d'abord irréguliers de figure et de position, prennent la forme d'haltères et se disposent en plaque équatoriale, puis se coupent en deux moitiés dont chacune se rend

au pôle correspondant. Enfin, Moohis [93] a observé des mitoses alternant avec des

divisions directes.

Amœba (Daelylosphaera) {D. polypodia)

(im. F.-E. Schulze).

A, Bf C, />, phases successives

de la division amitosique.

Vc, Véhicule pulsatile.

nocives (putréfaction, évaporation de Teau), ou pour se diviser. Ici, Tenkystement est très sommaire : TAmibe s'arrondit et reste immobile sous son ectoplasme devenu plus ferme et plus résistant, mais il n'y a pas de véritable kyste. Sous Tinfluence d'excitations modérées, l'animal ramollit sa surface, étend des pseudopodes et reprend sa vie active, sans avoir rejeté aucune enveloppe; et on ne l'a jamais vu se diviser ni pendant ni immédiatement après cette phase de repos.

Conjugaison. — Il en est de même pour la conjugaison. Elle n'a été observée que très rarement et ne semble pas avoir ici la signifîcation importante qu'on lui connaît chez les Infusoires par exemple (*).

Habitat. — Les Amibes habitent la mer, l'eau douce ou la terre humide. Les terrestres se distinguent par une texture plus ferme de leur ectoplasme et peut-être par la présence d'une cuticule. Quelques-uns vivent en parasites dans le corps des animaux. A. intestini vulgaris se trouve dans le tube digestif de l'Homme où il parait d'ailleurs ne causer aucun dommage. Amœba coli (Losch) (fig. 103) a été trouvé pullulant dans le gros intestin atteint d'inflammations ulcéreuses.

Fig. 103.

GENRES

Amœba. {AucLj emend. Biitschli) vient d'être décrit comme ( ^ type morphologique des Gymnamœbiens (Mer et eau douce). A côté des Amibes, se trouvent quelques autres formes qui vont nous montrer la différenciation progressive

Aniœb acoU (im. Leuckart).

(^) D'ordinaire, quand des Amibes se rencontrent, ils se séparent sans adhérer l'un à l'autre aux points où ils sont entrés en contact. Parfois cependant, on les a vus se fusionner deux ensemble, mais aucun phénomène particulier n'a suivi cette fusion ; il se pourrait donc qu'elle n'ait aucune signiûcation sexuelle. Gela est d'autant plus admissible que, d'après les observations de Pénard [90], la conjugaison ressemble fort à une lutte dans laquelle l'individu le plus gros mange le plus petit à la suite d'une fuite et d'une résistance énergique de celui-ci.

Gaerfp a décrit, chez une fbrme très voisine des Amibes, Pelomyxa^ une évolution des globules développés dans les corps brillants (flg. 93) en petites masses qui sortiraient du corps de la mère et se transformeraient en jeunes individus semblables à celle-ci. Son interprétation est repoussée par Butschlt, mais conflrmée par Korotnbf [so] et par Weldon chez la môme Pelomyxa, et par Pénard [90J chez un vrai Amibe, A. Proteus. Korotnef [so] a vu ces corps brillants poursuivre l'évolution suivante (fig. 108). Le corps brillant, d'abord sphérique, se creuse {A) d'une petite cavité dans laquelle pénètre le cytoplasma (mais non ses alvéoles). Cette cavité s'agrandit de plus en plus, À la manière de celle d'une gastrula embolique, et finit par réduire la partie réfringente à une capsule pleine de cytoplasma. Môme, l'orifice se ferme et la capsule devient une vésicule close, à paroi épaisse [B). De la paroi de la capsule naît une petite saillie (C : t) qui s'avance en se pédonculant dans la cavité, puis se détache et forme à son intérieur un globule libre [D : /), qui est de môme nature que la paroi et devient le corps brillant initial de la spore. A côté, se forme dans le cytoplasma une vésicule pulsatile^/>; Kc). Finalement, la coque amincie disparaît, et il reste un globule muni

GYMNAMOEBIENS

le genre

Fig. 104.

Protamœba

{P. agrlis)

(d'ap. Hâckel).

Fig. 105.

Gringa [G. fiUformis) (d'ap. Frenzel).

de petites épines radiaires de

de ces organismes. Au bas de la série nous trouvons Protamœba (Hàckel) (fig. 104) qui se distingue par Tabsence

de noyau et de vacuole pulsatile. L'absence du noyau, si

elle est réelle, constitue un caractère d'infériorité important qui fait de ce genre une Monère (Mer et eau douce). Gloidium (Sorokin) est un Protamibe pourvu d'une vésicule

pulsatile. Mais, pas plus que celui-ci, il n'a de noyau ;

c'est donc encore une Monère (Eau douce). Gringa (Frenzel) (fig. 105) est aussi une Monère et diffère

fort peu du précédent (50 (i. Lagunes). Chmtoproteus (Stein), avec son corps et

ses pseudopodes hérissés de petits

prolongements spiniformes, n'est guère

qu'une espèce du genre Amibe (Eau douce). Trichosphsdrium (Schneider) de même que Pachymyxa (Gruber) a une enveloppe

nature indéterminée.

Hyalodiscus (Hertwig et Lesser) ne diffère à'Amœba en rien d'essentiel

On l'en a séparé pour

les formes qui, comme \ l'^g- i^e. ^«' ^^'^'

A. guttula (aujourd'hui irya/odiscMs)pro-

gressent par un

unique pseudopode ayant

toute la largeur

du corps, en sorte que 1 a-

nimal semble ramper sans

pseudopodes (V. p. 93)

(Eau douce). De même, Dactylosphsarium ou Dactylosphsdra (Hertwig et Lesser) (fig. 106, 107) a été

d'un corps brillant et d'une vésicule pulsatile qui est le point de départ d'un petit Amibe {E) qui n'aura plus qu'à grandir. L'évolution du noyau n'a pas été suivie. Pénard n'a pas vu la formation des spores, mais il les a trouvées mûres dans l'organisme maternel réduit à elles et les a vues éclore. Il semble donc permis d'admettre que certains Amibes se reproduisent par des spores formées dans ces corps réfringents issus eux-mêmes du noyau. Mais nos connaissances manquent de précision sur ces points.

Enfln, Carter et WALLiscHont décrit chez A. radiosa une vraie reproduction sexuelle. Ils auraient vu des œufs et des spermatozoïdes dans des vésicules spéciales issues du noyau. Ces éléments se répandraient dans le cytoplasme et produiraient de jeunes Amibes. Mais il semble bien qu'il n'y a là qu'une fausse interprétation de noyaux multiples, peut-être

de parasites, ou même, d'après HHUMBLKn [95], de petites pelotes de matières fécales.

Dacty loaphxrium

(/>. radiosum) (d'ap. Dujardin).

Daciylosphxra

(p. polypodia)

(d'ap. M. Schuitze).

Fig. 108.

Évolution des corps brillants

(im. Korotncf).

Voir dans le texte l'cxplicaliou

des lettres.

Fig. 110.

Chromatella (C. argentina) (d'ap. Frenzel).

Fig. 111.

Eikenia {E, roluiula) (d'ap. Frenzel).

séparé du genre Amibe simplement à cause de ses pseudopodes digiti formes. Nous en avons parlé (p. 97, noie) sous le nom d'A.^o/yjoorfia. Il peut parfois rentrer ses longs pseudopodes digitiformes peu mobiles et en former d'autres, courts, obtus, très vifs, au moyen desquels il se déplace rapidement. Cela suffit à prouver le peu de valeur de la forme des pseudopodes comme caractère générique (Eau douce).

Chromatella (Frenzel) (fig. 109) diffère du précédent par ses pseudopodes servant au loucher et à la préhension des aliments, mais pas à la locomotion. Il a une vésicule pulsatile mais pas de noyau (5 à 6 |i. Lagunes)

Stylamœba (Frenzel) (fig. 110) en diffère par la possession d'un pédoncule; il a un noyau (visible seulement par les réactifs) et pas de vésicule (110 (x. Lagunes).

Saltonella (Frenzel) a une forme polygonale, un noyau, pas de vésicule et, en place de pseudopodes, aux angles du polygone un petit bouton hyalin. On ne comprend guère comment, si mal armé pour la locomotion, il peut se déplacer comme il le fait, par petits sauts d'une largeur égale à son diamètre (12 (x. Lagunes).

Eikenia (Frenzel) (fig. IH), bien qu'à peu près semblable, ne se déplace qu'en rampant (16 à 20 fx. Lagunes).

Plakopus (F.-E. Schulze) n'est aussi qu'un pseudopodes membraniformes (Eau douce).

Pelomyxa (Greeff) (fig. 112) est un très gros Amibe, muni de courts pseudopodes obtus, privé (à ce qu'il semble) de vésicule pulsatile et pourvu d'un très grand ^"^^f^^^'^f^e^'i^^^^^^^ nombre de noyaux. Il est caractérisé par la possession d'un grand nombre de corps brillants très évidents (2«»ni. Eau douce) (*).

Amphizonella (Greeff) (fig. 113) est remarquable par la présence d'une enveloppe gélatineuse relativement épaisse que traversent les courts pseudopodes digitiformes hyalins. Par ce caractère il se rapproche des Thécamœbiens (Eau douce et terre humide).

A mphizonella {A .pîolacea) (d'ap. Gpeeflf).

(^) Nous avons exposé plus haut (p. 98) les discussions relatives à la signification de ces corpuscules et à leur rôle dans la reproduction.

Stylamœba

(S. sessilis)

(d'ap. Frenzel).

Amibe à

THÉCAMŒBIENS

Podostoma (Clarapède et Lachmann (fîg. 1 14) est remarquable à un autre titre. C'est comme un Daclylosphwrium qui, outre ses Fig. 114.

pseudopodes ordinaires (p), en aurait un ou quel ques-uns (p) terminés par un prolongemen t long et mince, très mobile, rétractile, glutineux, servant à capturer les proies (Eau douce). Enfin Arcuothrix (Hallez) (fig. 115) montre une différenciation encore plus avancée. 11 a un seul pseudopode d'Amibe ordinaire et ce pseudopode, situé en avant dans la progression, a une réelle individualité en ce sens qu'il est toujours présent ou, quand par hasard il rentre dans le corps, se reforme à la môme place et pareil à lui-même. A la partie postérieure se trouvent deux très longs et très fins filaments pseudopodiques, bifides au bout et parsemés de petits renflements. Ces filaments sont glutineux et servent à retenir les proies. On nelesapasvusrentreràFintérieur du corps (20 à 24 fx. Dans les cultures d*Ascaris megalocephala (*).

Podostoma

[P. fi lige mm)

(im. Clarapède et

Lachmann).

Fig. tt«.

Arcuothrix {A. Balbianii) (im. Hallez].

2^ Ordre TIIÉCAMQEBIENS. — THECAMŒBIDA

[Amœbiens TestagésJ

TYPE MORPHOLOGIQUE

(FIQ. 116)

Ce type peut se définir en trois mots : c'est un Amibe muni d'une

capsule.

Le corps mou de Tanimal ne diffère de celui du type morphologique précédent qu'en deux points : !<> étant suffisamment protégé par la capsule, il n'a pas besoin de différencier à sa surface une couche protectrice, aussi ne montre-t-il pas d'ectoplasme; 2^ dans tous les points où il est en contact avec la capsule, il ne peut ni émettre des pseudopodes ni capturer d'aliments, aussi ces deux fonctions se limitent-elles à la région qui est en facedeTouverturedelacapsule. Cette cafSM/<?(c.) est une mince enveloppe formée de chitine ou d'une substance analogue, sécrétée par la surface du cytoplasme. Elle est continue en ce sens qu'elle n'a pas de pores microscopiques, et est munie d'une simple large ouverture appelée

bouche, par où sort une partie du corps qui émet des pseudopodes.

Thécamœbien (Type morphologfique) (Sch.).

c, capsule: n., noyaa ; VCt vésicule puisa tile.

(^) Mycetomyxa (Zacharias) (fig. 118) nous parait devoir prendre place ici. Il se compose d'une

LES nilIZOPODES

L*animal rampe sur la bouche de sa capsule. Il peut, à Toccasion, se retirer complètement à son intérieur. 11 arrive aussi quelquefois, mais très exceptionnellement, qu'il peut en sortir (■). Il ne lui est donc uni par aucun lien organique. Mais normale- p.^ ^^^

ment il ne la quitte point. Elle s'accroît avec lui par intussusception et il la conserve jusqu'à la mort. Pour se reproduire il se retire à Tintérieur, se divise et l'un des individus filles garde l'ancienne capsule, tandis que l'autre en sort et s'en sécrète une nouvelle.

GENRES

Cochliopodium (Hertwig et Lesser) (fig. 117) A B

est une des formes les plus simples. Son corps a la forme d'une marmite. Il est revêtu d'une cuticule si mince et si souple qu'elle participe à ses déformatioss et se voit difficilement. A la bouche, qui est très large, cette cuticule se prolonge un peu sur la base des pseudopodes. Ceux-ci sont modérément longs, étroits, à peine ramifiés, quelque peu anastomosables à leur base (Eau douce) (*).

Cochliopodium (Sch.).

Af ranimai étendu; B, le même rétracté; c, coquille.

Fig. 118.

cellule fusiforme émeitant par chacune de ses extrémités un prolongement pseudopodique ramifié un peu rigide. Certaines ramifications de ces prolongements se terminent par un ou plusieurs petits appareils formés, selon toute apparence, de filaments entortillés terminés par une sphérule verte qui n'est rien autre chose qu'une colonie fille de Pandorina morum. Ces sphérules sont en partie décolorées et représentent évidemment des proies capturées et déjà attaquées. Mais la nature des appareils terminaux est impossible à déterminer d'une manière tout à fait certaine et il reste possible qu'ils soient formés de petits segments fusi formes placés bout à bout. Dans la cellule centrale, est une vésicule, mais qu'on n'a pas vu se contracter, et l'on n'a pas pu distinguer un noyau. Ce serait donc une Monère,

Cet être singulier appartient évidemment aux Rhizopodes, mais a quelques traits frappants de ressemblance avec certains Mycétozoaires ou Champignons inférieurs tel que Rhizidium ou Spiropkora (26 {i. Eau douce, lac de Pion).

(1) Rhumbler [91] a observé le fait chez Arcella, lorsque Teau est trop chargée de Bactéries.

(2) La cuticule est d'aspect chitineux, mais formée d'une substance différente de la chitine et plus résistante aux réactifs. Elle est ornée de ponctuations orientées suivant deux systèmes de lignes presque rectangulaires. Il y a un seul noyau, deux oa plusieurs vésicules pulsatiles.

Mycetomyxa {M, Zopfii) (d'np. Zacharias).

THÉCAMŒBIENS 103

4rce//a (Ehrenberg) (fig. 119 à 121 et 124 à 12G) possède une cuticule plus épaisse, très visible, véritable capsule ou coquille (c.) qui a la forme d un verre de montre très profond dont Touverture serait rétrécie par un diaphragme plan percé d'un trou central. Le corps ne la remplit pas

Fig. 121.

Arcella Arcella Arcella.

{A. vulgaria) (Sch.). [A. uuîgaris) Vu de dessus (Sch.). Coupe (Sch.).

toute entière et lui est rattaché seulement par quelques brides entre lesquelles sont des espaces courbes servant de chambres incubatrices. La partie qui confine à l'ouverture déborde parla au dehors et émet quelques rares et gros pseudopodes digitiformes (psdp,). Dans le corps, on remarque de nombreuses vésicules pulsatiles (Vc.) et de nombreux (4 à 32) noyaux (N.). Les uns et les autres sont disposés en cercle non loin du bord de la capsule, mais ceux-ci sont assez profonds, tandis que celles-là sont très superficielles. Gruber [92] a vu les noyaux se multiplier par mitose sans disparition de la membrane. Il y a, en outre, de nombreuses et grosses vacuoles à gaz servant de flotteur à l'animal, qui semble pouvoir les former et les résorber selon qu'il veut flotter ou s'enfoncer.

La coquille est formée d'une mince couche anhiste interne et d'une couche externe de petits prismes hexagonaux disposés côte à côte radiaireraent et soudés par une mince couche de sub- ^^^

stance agglutinante. Pour grossir , l'animal fait éclater sa coquille, la disjoint en quelques places et la répare sous ses nouvelles dimensions (Kau douce) (*).

Pseudochiamys (Claparède et Lachmann) (fig. 122) s'en

distingue par un diaphragme péribuccal purement .

membraneux.

Pyxidula (Ehrenberg) en difl^ère par sa surface hérissée ^'1^1^171)'

de minimes pointes. L'un et l'autre difTèrent à peine . ^^^ ^.-E. Schuizo). du précédent, et Bûtschli se demande s'ils ne représenteraient pas des formes jeunes du genre Arcella (Eau douce).

(*) L'animal se reproduit par division : une parlie du corps sort de la coquille et se sécrète une coquille nouvelle, formant ainsi une nouvelle Arcclle jeune, collée

Fig. 123.

Hyalosphenia (Stein) (fig. 123) en diffère par sa coquille anhiste et sa forme allongée suivant Taxe et fortement aplatie parallèlement à ce même axe (Eau douce).

Difflugia (Leclerc) (fig. 127, 128, 130, 133, 134) a une capsule en forme de bouteille sans col. Le corps, qui est loin de la remplir, émet par Torifice un petit nombre de longs pseudopodes digitiformes. Cette capsule n'est pas, comme chez les Arcelles, formée uniquement de substance sécrétée. Elle est, pour la majeure partie, composée de particules étrangères, fragments de quartz, carapaces de Diatomées, etc. Mais, dans chaque individu, elle est assez uniforme : si elle est formée de carapaces de Diatomées, elle ne contient que cela; (inLF.-E.SchuiM). si elle est bâtie de grains de sable, ceux-ci sont triés de taille et de forme assez homogènes. Ces particules ne sont pas agglutinées du

Hyalosphenia {H. lata)

Fig. 124.

Fig. 125.

Arcella. Conjugaison

(Sch.).

Arcella. Reproduction

(Sch.).

bouche à bouche à Tancienne. Puis les deux individus se séparent. C'est donc plutôt une sorte de bourgeonnement qu'une division.

On a observé {fig. 124) une conjugaison de deux individus, parfois trois, quatre ou

cinq, qui se soudent bouche à bouche et échangent* des courants protoplasmiques. Mais, comme on n'a vu ni les noyaux y participer, ni la division ou quelque autre reproduction se produire à la suite, on n'est pas sûr que ce soit là un acte sexuel.

La reproduction par bourgeons a été nettement constatée (fig. 125). On voit de petites masses [jusqu'à neuf) de protoplasma logées dans le cytoplasma de l'animal mère. Ces petites masses (g) se munissent d'un noyau et d'une vacuole, se détachent, cheminent dans le cytoplasme, sortent de la coquille par la bouche, s'éloignent de la mère et se munissent d'une coquille. Malheureusement on ne sait pas comment se forment le noyau et la vacuole du bourgeon.

PÉNARD [9o] aurait vu toute la masse de la mère se transformer en sortes de spores que l'on trouve, au nombre d'une douzaine, munies chacune d'un noyau et d'une vacuole, attachées au fond de la coquille vide et fermée à l'orifice par un feutrage de détritus.

BusK [78] a décrit une formation de petites masses nucléées [ïig, 126) qui se segmentent, formant une sorte de morula ^t finalement se désagrègent en fines particules dont il n'a pu suivre l'évolution.

Les mitoses observées par Grubrr [92] dans les noyaux maternels semblent se produire pour une multiplication en vue de la formation de ces spores ou bourgeons.

Venkystement a été observé. Le corps se contracte, se ramasse en boule et se fixe sous la bouche de la coquille, protégé en outre par une membrane kystique mince, de nouvelle formation. Quant à une reproduction sexuelle affirmée ici aussi par Grkeff, elle n'est pas mieux établie ici que chez les Amibes [V. p. 97).

Fig. 126.

Arcella, Reproduction

(Sch.).

THÉCAMCEBIENS

Fig. 127.

dehors. Elles ont été incorporées comme des aliments, rejetées à la surface et maintenues là, agglutinées par une minime quantité de sécrétion. Même certains globules formés de toutes pièces à titre d'excrela entrent dans sa composition au même titre que ces particules étrange- p. ^^^

res. Dans le corps, on trouve un nombre de noyaux qui varie depuis quelques-uns jusqu'à 250 (Blanc [92]). Il y a aussi des vacuoles contractiles en nombre très variable (•).

Quadrula (F.-E. Schulze) (fig. 129) est tout à fait

Fig. 129.

Difflugia (Sch.).

Difflugia.

Coupe longitudinale (Sch.).

comparable au type précédent et s'en distingue principalement par sa coquille plus renflée et formée de plaquettes siliceuses carrées, transparentes (Eau douce).

Fig. 130.

Quadrula (Q. symmetrica) (ij ^^ ^orps est souvenl bouiTé de grains de chlo-

(im. F.-E. Schulze). rophylle (fig. 130) contenant chacun un grain d'ami-

don ; on y trouve aussi quelques Micrococcus verts. Cela donne à ces individus une teinte verte très accentuée. Ces grains verts pourraient être des aliments, des parasites ou des commensaux. C'est cette dernière interprétation qui est la plus probable, car : 1» ils sont ÎDallérés; 2'> ils paraissent, d'après Pénard [92], logés exclusivement dans l'ectoplasme, ce qui n'arrive jamais aux aliments et s'explique aisément chez des organismes vivants doués d'un tactisme positif pour la lumière; 30 enfin, les individus qui en possèdent supportent si bien le jeûne qu'on a émis l'idée exagérée qu'ils pouvaient se passer d'aliments.

Les Difflugies se reproduisent par division, à la manière des Arcelles. L'un des deux produits garde la coquille ancienne et l'autre doit s'en fabriquer une ; mais on a constaté qu'avant ce moment le protoplasma se bourre de particules destinées à former la coquille nouvelle.

On a fréquemment observé (fig. 133) la conjugaison, même à plusieurs comme

Grains de ohlorophylle

avec amidon au centre

(im. Ponard).

Fig. 131.

Nebela (Leidy) diffère du précédent par sa coquille fortement comprimée, piriforme de profil, à bouche bilabiée formée de plaquettes siliceuses, arrondies ou irrégulières, fixées sur une membrane de nature également siliceuse (Eau douce) (*).

Heleopera (Leidy) s'en distingue par sa coquille piriforme, à peu près lisse vers le haut, garnie au bas de grains de sable (Eau douce).

Lecquereusia (Schlumberger) (fig. 131) peut être considéré comme un Difflugia dont la capsule, toute garnie de grains de sable, aurait déjeté sa bouche sur le côté et fait, en s'accroissant, un demi-tour de spire (Eau douce).

Est-ce bien ici qu'il convient de placer les deux genres ci-dessous qui sont insuffisamment étudiés ? Le premier est

Petalopus (Claparède et Lachmann) (fig. 132) qui a, comme tous les précédents, ses pseudopodes limités à une partie du corps, sans que cela s'explique par la présence d'une capsule. Mais l'absence de capsule est mise en doute par Bùtschli. Elle pourrait exister et être si mince qu'elle aurait passé inaperçue, et l'unique espèce du genre n'a jamais été revue depuis sa découverte (Eau douce) (•). Le second est

Arcellina (du Plessis) dont la capsule, sphérique ou ovoïde, chitineuse, serait percée de fins pores s'ouvrant au dehors sur de petites tubérosités. L'animal est polynucléé et possède des corps brillants (Eau douce).

Lecquereusia

{L. spiralis)

(im. WplHch).

rig. 13J.

Petalopus

chez les Arcelles, et Javorovsky [92] a vu pendant ce temps les C- ^'^«/'^««) (d'ap. noyaux se multiplier, s'entourer chacun d'un peu de proto- Claparède et

y t 1 e Lachmann).

plasma et se transformer en zoospores, '

H. Blanc [92] a vu les noyaux s'isoler avec une portion du cytoplasma et se transformer en spores (fig. 434) qui sortiraient Fig. 133.

par la bouche pour devenir de petites Difflugies.

L*animal peut s enkyster sous une membrane de nouvelle formation protégée en outre par la coquille bouchée à l'orifice par des détritus [fig. 134).

On l'a vu aussi abandonner sa coquille par une sorte de mue,

(1) Il y a peut-être exagération à élever au rang de genre cette forme que d'autres auteurs considèrent comme une simple espèce de Difflugia ou de Quadrula.

(«) Pseudopodes aplatis au bout; noyau et vésicule pulsatile inconnus

Difflugia Conjugaison (im. Pénard).

Difflugia Sporulation (d'ap. Blanc).

FORAMINIFÉRES 107

4® Sous-Classe FORAMINIFÉRES. — FORAMINIFERIM

[FoRAMiNiFERA (d'Orbigny, emend.)]

Les Foraminifëres se distinguent des Amœbiens, auxquels on les réunit souvent, par un caractère capital : ils ont toujours des pseudopodes fins, ramifiés et anastomosables, en un mot réticulés, formant, en dehors du corps proprement dit de Tanimal, un riche réseau de forme irrégulière (fig. 135). Ils sont, en outre, toujours pourvus d'une capsule qui, ici, est si généralement encroûtée de substances minérales dures (calcaire, silice) qu'elle mérite bien le nom de coquille qu'on lui donne habituellement.

On divise les Foraminifères en deux ordres :

Imperfobés, à coquilles dépourvues de pores;

Perforés, à coquille percée, en outre de la bouche, de fins pores par où sortent des pseudopodes (■).

1^' Ordre

IMPERFORÉS. - IMPERFORIDA

[Imperforata (Carpenter)]

L'être est essentiellement constitué par un corps de Rhizopode réticulé renfermé dans une coquille. Cette coquille, dont la forme dérive de la sphère, est con- *^'

linue, percée seulement à la partie supérieure ■ f^-

d'une assez large ouverture, la bouche. Elle \W^>i '■ < ' '. : y^^

est constituée par du carbonate calcaire uni p^ ^jÉf ,/

aune minime quantité d'un substratum chi- 'x^ ^^jz

tineux qui sert de ciment aux molécules ' //'

inorganiques. Le corps protoplasmique ren- >.

fermé dans cette capsule n'offre rien de bien particulier. Il ne montre pas de différenciation en ectoplasme etendoplasme. Il possède un noyau (JV,) et probablement une vésicule V.c.^

pulsatile(Fc.).On y trouve, à titre de résidus N

alimentaires, des carapaces de Diatomées et autres particules du même genre (/w*.). Quand Foraminift^re

l'animal est au repos, il est entièrement ren- ^^^^^^^^Jl^^'^f "^^i^^^^ fermé dans sa coquille. Mais quand il est en vc^'*Xicul^'paUattîe'.

(^) La question du dimorphisme des Foraminifères sera traitée à roccasion des

108 I.RS nilIZOPODES

état d'activité, principalement pour la recherche de la nourriture, il s'épanche au dehors et, en quelque sorte, déborde de sa coquille. Cette masse protoplasmique extérieure forme une sorte de bouchon irrégulier et c'est de lui, uniquement, que partent les pseudopodes. Ceux-ci sont larges à la base mais, en se ramifiant, deviennent rapidement plus fins. Ils s'anastomosent entre eux en un vaste réseau extrêmement irrégulier. Ce réseau de prolongements toujours en mouvement sert à la reptation et à la capture des aliments qui sont englobés par eux et entraînés dans le corps ou digérés sur place. Le long des pseudopodes, même les plus fins, on observe le curieux spectacle de la circulation du protoplasme rendue manifeste par le mouvement des granulations que Ton voit rouler, en direction centrifuge le long d'un bord, et en sens opposé le long de l'autre, courir ici vite, là plus lentement, hésitant un instant aux anastomoses avant de se décider à suivre l'une ou l'autre des deux voies qui lui sont offertes.

L'animal se reproduit principalement par division (V. p. 120, la reproduction des Miliolides). Pour cela, il se relire dans sa coquille et divise son corps protoplasmique, soit longitudinalement, soit transversalement; l'une des deux moitiés reste dans la coquille ancienne où elle continue à grandir à l'aise, tandis que l'autre en sort et se sécrète une coquille nouvelle (■).

La coquille que nous avons attribuée à notre type morphologique est la plus simple comme forme et la plus caractéristique comme composition. Mais il faut savoir que cet organe est extrêmement varié chez les Foraminifères et que ses variations constituent le principal critérium dans la distinction des groupes grands et petits.

Nous distinguerons trois sous-ordres dans Tordre des Imperforés :

Gbomides, à coquille continue, chitineuse;

Miliolides, à coquille continue, calcaire; et

Arénacés, à coquille discontinue, formée de grains de sable.

A propos de chacun d'eux, nous exposerons l'importante question de l'accroissement de la coquille, qui diffère selon sa constitution physique et chimique.

Miliolides et des Perforés au sujet desquels elle se pose le plus nettement (V. p. 118).

(^) La coquille, par son opacité, oppose de sérieuses difficultés à Tétude de l'organisation intérieure. On peut la dissoudre par les réactifs, mais Tanimal ne peut plus être observé vivant. La présence du no.vau peut être aisément constatée après la mort. On s*est assuré ainsi qu'il y en avait toujours au moins un et souvent plusieurs, ou môme un grand nombre. Quant à la vésicule pulsatile, on n'a pu s'assurer de sa présence que chez les formes à coquille mince et transparente, mais pour les autres, on reste dans l'ignorance à son sujet. Chez les premières, on a souvent constaté l'existence de plusieurs vésicules, mais chez les formes à coquille opaque on ne sait rien de leur existence.

La division du noyau est, ici encore, fort embarrassante k définir. La plupart des observations anciennes signalent une simple division directe. Dans certains cas, on

imperforés : gromides 109

1" Sous-Ordre

GROMIDES. — GROMID^ [Gromidea (Claparède et Lachmann)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

(FIQ- 136)

Ce type ne diffère de celui que nous avons esquissé pour Tensemble des Imperforés en rien de ce qui concerne la forme de la coquille ou la constitu- ^*

tion du corps. Nous le caractériserons d'un mot en disant que sa coquille est mince, formée d'une membrane cliitineuse continue, douée d'une certaine souplesse, et toujours P^*monothalame, c'est-à-dire à une seule loge.

Son accroissement se fait, comme chez Arcella et autres analogues, par intussus^ ception, et doit être compris de la manière suivante. Etant un peu élastique elle se laisse distendre, ce qui entraîne un écartement de ^ ses molécules constituantes. Entre les molécules ainsi écartées, de nouvelles molécules peuvent se déposer par précipitation au sein

du liquide qui les baigne. Lorsqu'elles sont (Type morphologique) (Sch.) formées, elles remplissent les vides produits par la distension. Dès lors il n'y a plus distension et la coquille accrue

aurait une divisioa indirecte plus ou moins réduite. Puis, brusquement, dans un type étudié à fond avec les ressources de la technique moderne, on découvre une mitose typique. En sorte que l'on se demande si les autres genres, étudiés de la môme manière, ne fourniraient pas des faits analogues. Mais néanmoins on hésite à généraliser. Ici c'est Cheviakof [ss] qui a découvert cette mitose chez Euglypha. Le noyau au repos comprend une membrane, un nucléole et un réseau chromatique. Le réseau s'épaissit, puis se coupe et l'on observe successivement les phases classiques de spirème, de peloton lâche, de peloton segmenté, Vorientation des chromosomes, la division longitudinale et la disparition progressive du nucléole. A ce moment, se montrent deux centrosomesi venus on ne sait d'où, aux deux pôles du noyau, avec leurs asters ; les anses jumelles se séparent, se portent aux deux pôles, le noyau s'allonge en biscuit, se coupe, les deux centrosomes disparaissent, et les deux noyaux filles repassent à l'état de repos. La membrane nucléaire persiste pendant toule la dorée du phénomène.

En ce qui concerne la division de Tanimal, ajoutons que souvent, surtout quand la division est longitudinale, les deux jeunes abandonnent la coquille ancienne et s'en forment chacun une nouvelle. Quand elle est transversale, on a vu l'individu situé au fond sortir et laisser à l'autre la libre possession de la coquille ancienne.

Les prétendus corps reproducteurs signalés chez divers types ne sont, ainsi que l'a montré Rhumbler [93], que des pelotes fécales que l'animal n'a pu éliminer à cause de leur volume et qu'il a isolées en les entourant d'une membrane.

Dans quelques cas très rares [Hyalopus], on a observé la conjugaison de zoospores

Fig. 137.

occupe sans effort la même étendue qu'auparavant sous cet effort (*). Elle est donc susceptible d'une extension nouvelle et le phénomène recommence.

GENRES Nous pouvons, dans ces Gromides, distinguer trois groupes, ayant pour chefs de file : Tun Euglypha, forme de transition entre les lobés et les réticulés, Tautre Gromia, franchement réticulé, avec une seule bouche, le troisième Diplophrys, à deux bouches diamétralement opposées.

Euglypha (Dujardin) (fig. 137 à 140) peut servir de forme de transition entre les Amœbiens testacés et les Foraminifères. Les pseudopodes sont en effet d'ordinaire fins, allongés, ramifiés, comme chez ceux-ci, mais anastomosables, à leur base seulement, et fort peu. La coquille {Test) (fig. 137) a la forme d'un ovoïde dont la petite extrémité serait largement tronquée par l'orifice buccal.

Elle est formée de plaquettes siliceuses arrondies qui, en s'imbriquant par leurs bords, déterminent des dessins hexagonaux. Ces plaquettes sont sécrétées par le protoplasma et déposées à la surface du corps où elles sont soudées par un ciment chitineux (0,1 à 0,2. Eau douce) (•).

Zone ahcoè.

\Zone granul.

i „yêsic. puis.

\Zone byal.

Euglypha (Sch.).

flagellées, produites par division simullanée de tout le corps mou de l'animal, mais jamais on n'a pu suivre l'évolution du produit de la conjugaison.

(1) Parfois cependant le phénomène est plus brutal. 11 se forme sous la pression du cytoplasma turgescent de petites déchirures de la coquille, qui se réparent parla sécrétion d'un nouveau ciment. Le fait a été constaté chez Arcella, comparable sous ce rapport aux animaux dont nous nous occupons en ce moment.

(2) Souvent l'orifice buccal est denté et souvent aussi la coquille est ornée, surtout vers le bas, de longues épines. Le noyau (A'bj)» gros et unique, est au centre de la partie inférieure du corps. Une vésicule pulsatile [Vésic. puis.) se montre un peu plus haut. Le cytoplasma forme trois assises : une supérieure (Zone alvéol.) très vacuolaire d'où partent les pseudopodes, une moyenne granuleuse [Zone granul.) où s'accumulent les aliments et résidus digestifs, et une inférieure (Zone hyal.) périnucléaire, hyaline.

Euglypha présente une particularité rare chez les Koraminiféres, c'est celle de

IMPEnFORÉS : GROMIDES 111

L'Euglyphe et les quelques genres secondaires (*) qui se rattachent à lui en raison de leurs pseudopodes fins, il est vrai, et aptes à se ramifier, mais peu ou point anastomosables, ne sont pas de vrais Fo-

s'enkyster. Pour cela (Og. 138), il commence par fermer sa coquille (c.) au moyen d*un diaphragme d'Algues et de Diatomées agglutinées, puis il se conlracle et se réduit à une masse sphérique qui en occupe le fond. Là, il sécrète un premier kyste ovoïde [kys.) formé de plaques conliguës comme *^' "^'

la coquille, puis, aprr riqae plus petit ib\ formé de petits grains arrondis, et suspendu dans le premier par un cordon.

Fig. 13«.

p -j L r> 1 1 . . ,. . individu; p., niigralion des pla-

t.ngtypna, Euglypha. Division (im. CheviakoO- ques allant former la coquille

Enkjstement (Sch.). c, coquille; p., plaques de la nouvelle coq. du nouvel individu.

La division (flg. 139, 140) a été très bien observée par Chkyiakof [ss] et mérite de noas arrêter un instant. Quand l'Euglyphe se prépare à se diviser, elle sécrète d'abord de nombreuses petites plaquettes squelettiques, identiques à celles qui forment sa coquille. Ces plaquettes [p.) se rassemblent dans le protoplasma hyalin périnucléaire, concentriquement autour du noyau. Puis son protoplasma commence à faire hernie à l'oriflce buccal où il forme un bouchon (lî».) qui grossit progressivement jusqu'à constituer une masse égale à celle qui remplit la coquille. C'est d*abord le protoplasma alvéolaire qui sort, puis le protoplasma granuleux; la portion hyaline périnucléaire restant dans la coquille. En même temps, les plaquettes squelettiques se rendent toutes dans la masse extérieure, et se disposent à sa périphérie, en une couche contioue, formant & cette masse fille, une coquille complète et normale d'Euglyphe. On a alors un être double, formé de deux Euglyphes soudés par la bouche, mais un seul d'entre eux possède un noyau. Ce noyau entre alors en division et donne naissance, par le processus indiqué plus haut (V. p. 109) k un noyau fllle qui se porte dans l'individu fille, entraînant avec lui une partie du protoplasma hyalin périnucléaire. Les deux individus se séparent alors, forment des pseudopodes et il ne reste aucune trace de ce qui s'était passé.

Blochmann [87] a observé chez les Euglyphes une conjugaison suivie iVenkystement, (^1 Voici, rapidement caractérisés, ces genres qui forment, avec Euglypha, la

LES RUIZOPODES

Fig. Ul.

raminifères réticulés. On pourrait aussi bien les réunir aux Difflugies. Avec les genres suivants, au contraire, nous abordons les Foraminifères normaux.

Gromia (Dujardin) (fig. 141) possède une petite coquille chitineuse flexible, ovoïde, etlecytoplasma non seulement la remplit tout entière, mais déborde par l'orifice et forme tout autour d'elle une couche irrégulière. De tous les points de ce revêtement protoplasmiqueextérieur partent des pseudopodes {psdp.) anastomosés en un riche réseau irrégulier; mais c'est surtout en face de la bouche qu'ils sont nombreux et ramifiés (Mer et eau douce) (*).

Des formes assez nombreuses se rattachent à ce type principal et plusieurs s'en distinguent par des caractères assez impor-

L/...psdp.

Gromia {G. oviformis) (im. Dujardin).

Fig. U2.

famille des EuGLYPnix.E [Euglyphina (Bûlschli)] :

Sphenoderia (Leidy) et

Placocysta (Leidy), qui ne sont guère que des espèces d'Euglypha;

Trinema (Dujardin) (fig. 142^, qui peut être défini un Eugly- />Aa,dontla bouche serait rejetée de côté (Eau douce);

Assullna (Ehrenberg), qui est un Euglypha très aplati & bouche irrégulièrement dentée. (Èau douce);

Cyphoderia (Schlumberger) (fig. 143), qui est plus allongé et a sa coquille formée de plaquettes chitineuses plus petites (Eau douce et mer) ; Fig. us.

Discella (Nemec), qui se distingue par une coquille rudimentaire formée de petits disques brillants, indépendants et mobiles, et qui émet des pseudopodes seulement par ses parties nues (Parasite entre les lamelles branchiales de Ligidium);

Paulinella ( Lauterborn ] , lagéniforme, à coquille formée de cinq rangées verticales de plaquettes siliceuses hexagonales, à pseudopodes longs et minces non anastomosables (0,2 à 0,3. Eau douce) ;

Campascua (Leidy), qui est un Cyphoderia dont la coquille serait incrustée de corps étrangers et serait ornée en bas d'appendices spiniformes (Eau douce).

0) L'animal ne possède pas de vésicule pulsatile. Quand il est jeune, il n'a qu'un noyauy mais les individus &gés en ont jusqu'à une soixantaine.

Plagiophrys (Claparède et Lachmann] a été créé pour les espèces de Gromia sans coquille, si vraiment il en existe ce qui n'est pas bien démontré; ce genre reste donc douteux.

Trinema (im. Dujardin).

Cyphoderia

(C margariiacea)

(im. Schulze).

IMPERFORÉS : GROMIDES

Fîg. 144.

tants. L'extension du cytoplasmasur toute la face externe de la coquille, en particulier, est spéciale à la Gromie et ne se rencontre pas ailleurs.

Hyalopus (Schaudinn) est un genre créé pour recevoir une espèce du genre Gromia^ G. Dujardinii, qui se distingue des autres par ses pseudopodes entièrement hyalins non anastomosables, par ses courants de granulations, par la présence de certains grains réfringents brunâtres dans le corps et, fait plus intéressant, par la formation de zoospores isogames qui se conjuguent deux à deux (■).

L/6berk(if7n/â(ClaparèdeetLachmann)(fig.l44 et 145) diffère de la Gromie par sa coquille ovoïde ou piriforme (c) dont l'ouverture est située dans une dépression latérale de la grosse extrémité qui est plus ou moins quadrilobée. En outre, le protoplasma ne forme pas un revêtement extérieur complet, mais émet un seul gros tronc pseudopodique (o) d'où se détachent de nombreuses ramifications anastomosées en réseau. On ne lui a pas trouvé de vésicule pulsatile (0,4. Eau douce) (•).

Microgromia (R. Hertwig) (fig. 146 à 149), forme très petite, est remarquable par son mode singulier

Lieberhûhnia (L, Wagnerî) (d'ap. Glaparëde et Lachmann).

de reproduction et par les colonies auxquelles elle donne naissance.

(1) Schaudinn a pu obserTcr le retrait du corps protoplasmique dans la coquille et le morcellement du corps en petites masses nucléées (sans participation des grains bruns qui tombent au fond) qui se munis-

Fig. 145.

Microgromia (M, socialis) (im. Hertwig et Lesser).

sent d'un flagellum et se conjuguent. Mais il n'a pu observer le sort ultérieur du produit de la conjugaison.

(*) L'animal se reproduit par (fimion de la manière suivante (fîg. 145). Une seconde bouche s'ouvre au fond de la coquille, et par là sort un second tronc pseudopodique

Lieberkiihnia [L. paludosa).

Division (im. Gienkoysky).

Fig. 147.

L'individu isolé (fig. 146) a une coquille (c) d'apparence chitineuse, en forme d'urne ouverte au sommet. Le corps protoplasmique contient un gros noyau uniqueetune petite vésicule pulsatile. Il n'émet au dehors qu'une petite masse de substance d'où partent seulement quelques fins pseudopodes peu ramifiés (*).

La formation des colonies résulte (fig. 147, 148) d'une division

Fig. 148.

Microgromia.

Colonie dispersée (im. Hertwig et Lesser).

Fig. 149.

Microgromia, Division (im. Hert-wig et Lesser).

À y division longitudinale; 27, division transversale; C, D, sortie d'an des deax individus; Ey sa transformation en zoospore ; F^ son union à l'autre individu pour former une colonie. ».f l'individu qui reste dans la coquille ancienne ; 1».« celui qui on sort.

Microgromia,

Colonie rassemblée

(im. Hertwig et Lesser).

semblable au premier. La coquille se creuse à son équaieur d'un sillon circulaire qui s'approfondit de plus en plus; elle Gnit par se couper; le corps mou continue à s*élrangler et l'isthme de réunion s'allonge, en sorte qu'on a deux individus (a, h) réunis par un cordon. Enfin ce cordon se coupe et les deux individus se séparent. (^) A un moment donné (fig. 148), le corps protoplasmique se divise, soit longitudi-

imperforés: gromides

Fig. 150.

Platoum

[P. stercoreum)

(im. Cienkovsky).

incomplète. L'individu né d'une division (6, dans A k D, fîg. 148) sort bien comme d'ordinaire de la coquille ; mais il reste attaché à Tancien habitant (a) par quelques filaments piseudopodiques et se munit d'une coquille {F). C'est là le commencement d'une colonie qui s'accroîtra par la répétition du même processus (40 {x. Eau douce) (•).

Pamphagus (Bailey) est un Microgromia à coque souple, suivant plus ou moins les mouvements du corps (Eau douce).

Lecythium (Hertwig et Lesser) n'est guère qu'une espèce du précédent (Eau douce).

Lecythia (Wright), que l'on place ici avec doute, serait un Lecythium porté sur un pédoncule (Mer).

Platoum (F.-E. Schulze) (fig. 150) forme aussi des colonies: c'est un Microgromia à bouche rétrécie, à coquille un peu souple et un peu trop vaste pour le corps qui l'occupe (Eau douce, terre humide et substances putréfiées).

Plectophrys (Entz) ne diffère du précédent que par la structure de sa coquille (Marais salés de Klausenburg, Hongrie).

Pseudodifllugia (Schlumberger) (fig. 151) ne diffère de la Gromie que par sa coquille qui admet des particules étrangères comme celle de la Difflugie (Eau douce et stagnante).

Diaphoropodon (Archer) (fig. 152) a sa coquille entièrement formée de particules étrangères (Diatomées, etc ). p,,„^,^,-^„^,«

Comme a 1 Ordl- ^p amphUrematoïdes) (im. Archer).

naire, de la bouche

sortent des pseudopodes branchus, mais en outre de fins pseudopodes filiformes non réticulés passent dans les vides laissés entre les particules constituantes de la coquille sur toute la surface du corps.

Fig. 152.

Fig. 151.

Diaphoropodon (D. mobile) (im. Archer).

Dalement (i4) et alors les deux individus ont accès à la bouche, soit traversalement [B] et dans ce cas l'un des deux est relégué au fond. Bientôt l'un des deux (6) (dans le cas de dÎTision transversale, c'est celui du fond) rampe hors de la coquille, reste attaché quelque temps à l'autre par quelques filaments (C, Z)), mais s'en sépare sous la forme d'une zoospore à deux flagellums [E] qui s'éloigne en nageant. Cette zoospore est sans doute destinée à se transformer en une petite Gromie, mais on n'a pas suivi son évolution.

(1) Les iodividus de la colonie peuvent s'écarter les uns des autres (fig. 147] en

Ces caractères lui donnent quelque analogie avec un Perforé, mais surtout une étroite ressemblance avec les Arénacés et il semble que Ton pourrait tout aussi bien le placer parmi ces derniers.

Fig. 153.

Les genres précédents étaient caractérisés, outre leur coquille mince et généralement chitineuse formée d'une seule loge, par leur bouche unique.

Les quelques suivants ont au contraire pour trait distinctif leur bouche double. La coquille estpercée aux deux pôles opposés de deux orifices semblables par où sortent également des bouquets de pseudopodes réticulés (*).

Diplophrys (Barker) (fig. 153) a ainsi une coquille sphérique ou fusiforme, percée d'une bouche arrondie en deux points diamétralement opposés. Mais ce genre à affinités douteuses pourrait aussi bien, comme nous l'avons vu page 81, être placé parmi les Labyrinthulés (20 |x. Eau douce et sur les excréments (*).

Ditrema (Archer) en diffère par sa coquille plus épaisse et ses bouches à bord un peu reployé en dedans (Eau douce).

Amphitrema (Archer) (fig. 154) a, au contraire, la bouche

un peu saillante et la coquille incrustée de corps étrangers {Eau douce

Fig. 154.

Diplophrys

{D. Archerî) (im.

Hertwig et Lesser)

Amphiirema {A. Wrightianum) (im.' Archer).

Shepheardella (S. Ueniiformis) (im. Ray Lanketter).

Shepheardella (Siddal) (fig. 155), a une coquille hyaline membraneuse en forme de long tube rétréci aux deux bouts (Sram. Mer) (•),

allongeant leurs pseudopodes, ou se rapprocher en les rétractant (Ûg. 149). Ils arrivent parfois à former, en se collant les uns aux autres, des amas compactes émettant quelques pseudopodes par la périphérie. Dans cet état, ils ont été décrits par Archer comme un genre distinct sous le nom de Cystophrys, On ne peut s'empêcher de remarquer une certaine ressemblance entre ces colonies et celles de certains Labyrinthulés (V. p.81).

(*) Les précédents formaient la famille des Gromfxjb [Gromidea (Glarapède et Lachmann]]; ceux-ci vont former celle des Amphistomis^ [Amphistomata (Hertwig et Lesser)] . Les uns et les autres étaient réunis par Brady dans son ordre de Gromidea,

(^) Cette coquille est d'ailleurs une simple membrane si mince que sa présence est douteuse. Il y a un noyau, plusieurs petites vésicules pulsatiles et un ou deux globules graisseux de couleur orangée.

i?) Le protoplasma qui remplit le tube et fait saillie aux deux bouts pour former les

IMPERFORÉS : MILIOLIDES 117

2« Sous-Ordrb

MILIOLIDES. — MILIOLID^

[MiLiouDA (Carpenter entend,)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

(FIQ. 156 A 161)

Ici encore, le corps mou de Tanimal ne diffère en rien de celui des autres Imperforés et c'est seulement dans p. ^^^

la coquille que résident les caractères. Cette coquille est solide, calcaire, porcelainée, formée d'une substance calcaire sécrétée par le protoplasma en même temps qu'une matière chitineuse qui lui sert de ciment. Nor- p^ maleraent, elle est simplement sphérique ou ovoïde avec une large bouche à un pôle (*).

Accroissement de la coquille. — Comment s'accroît-elle dans ce cas?

Le processus qui expliquait l'accroissement des coquilles chitineuses n'est plus applicable ici, puisqu'elle est inextensible. Malheureusement on manque de matériaux pour résoudre cette importante question.

Tout ce que Ton sait, c'est qu'elle s'accroît, Miiioiide

que celle des adultes est plus grande que celle (Type morphologique) (Sch.). des jeunes : ce n'est donc pas comme chez ^':,^^Ziir;iiIntl

les Coléoptères, par exemple, qui ont d'emblée leur taille définitive. On sait aussi qu'elle n'est pas rejetée et remplacée par une autre: ce n'est donc pas comme chez les Crustacés qui muent. On en est dès lors réduit à l'hypothèse de Max Schultze [54] : la coquille se résorberait par sa face interne, en même temps qu'elle s'accroîtrait, en épaisseur et par conséquent en surface, par le dépôt de nouvelles couches à sa face externe. La réalité de ce dépôt est d'ailleurs certaine, car c'est ainsi que se fait l'accroissement en épaisseur et que se forment, à la surface, les saillies, côtes, épines, qui ornent certaines coquilles. Le protoplasma qui déborde par la bouche pour former les pseudopodes s'étend, par moments au moins, sur toute la surface et dépose la substance minérale nécessaire pour les former.

pseadopodes, circule rapidement dans le lube d'un bout à l'autre, entraînant le noyau qui roule sur lui-même en se déplaçant.

(^) La présence de ce ciment est rendue évidente par le fait que, dans certaines conditions de pénurie alimentaire, l'animal ne sécrète plus de calcaire et se forme une coquille chitineuse renforcée seulement de quelques grains de sable. Dans les grands fonds on a trouvé des coquilles formées d'une trame siliceuse.

Fig. 157.

Miliolides.

Coquilles polythalames

(Sch.).

A, Bf C difTérents modes d'agencomont dos loges.

Voilà pour les coquilles monothalames, c'est-à-dire formées d'une seule loge.

Mais nous pouvons dire dès maintenant que la plupart des Miliolides ont des coquilles polythalames, c'est-à-dire à plusieurs loges et, dans ce cas, la question se simplifie singulièrement.

Quand le corps s'est trop accru pour tenir dans la loge primitive, il se porte au dehors et en forme une seconde un peu plus grande, qui communique avec l'ancienne par la bouche de celle-ci ouverte au fond de la seconde, et ainsi de suite. Il n'abandonne pas pour cela la loge ancienne, mais les occupe toutes les deux.

Les loges successives peuvent se disposer à la suite les unes des autres (fig. 157) de manières très différentes: en ligne droite (A), en spirale (C), en hélice, en crosse (B), etc. , etc. , ce qui, joint à leurs différences individuelles, explique l'infinie variété de formes que peuvent revêtir ces Foraminîfères. Dimorphisme. — Un autre facteur vient encore accroître cette diversité.

Dans beaucoup de coquilles enroulées, on trouve,

à l'origine de l'enroulement (fig. 158, A et 5 et

159, A)y une loge initiale sphérique (A) appelée

mégasphère, plus grande que les suivantes. Cette

loge communique par un canal (c) avec la première loge spirale qui, tout de suite, prend la

disposition d'enroulement caractéristique de

l'espèce. Or, chez d'autres individus de la même

espèce, on trouve (fig. 159, B), en place de cette

grande loge initiale, plusieurs petites loges (en

général six) dont une initiale très petite, appelée

microsphère, au centre, et les autres groupées autour d'elle en spirale,

sans souci de l'arrangement spécial

des loges suivantes.

Ces deux formes ont été désignées :

la première, sous le nom de méga-

sphérique ou forme A, la deuxième sous

celui de microsphérique on forme B (*).

Bl

Mégasphère (d'ap. Munier-Cbnlmas).

Aj de face; J9, on coupe.

Le canal communique en c avec la mégasphère, en o avec la 1*^ logo spiralée.

Fig. 159

Portion centrale de la coquille

(dap. Municr-Cbalmas).

Ay dans la forme m«>gasphérique ; B^ dans

la forme microsphérique.

(^) C'est à MM. Munikr-Ghalmas et Schlum- BBRGEK que l'on doit l'intéressante découverle de ce polyiiiorpbisine. Nous ne manquerons pas de signaler au passage les genres où il se rencontre. Voici la liste de ceux où il a été observé parmi les Iraperforés : Biloculina, Dillina^ Fahularia, Lacazina, Triloculina, Trillina, Quinqucloculina, Pentellina, Ileterillina, Orbitolites, Als'coiina. Il existe aussi chez divers Perforés. Nous le signalerons quand nous traiterons de ce groupe.

IMPERFORÉS : MILIOLIDES 119

Les relations mutuelles de ces deux formes ont été beaucoup disculées et Ton n'est que tout récemment, et seulement pour quelques genres, arrivé à une conclusion certaine. Deux opinions principales étaient en présence. D'après Tune, les deux formes seraient les états successifs d'un même individu. Les jeunes naîtraient tous de la forme A. Beaucoup d'entre eux vivraient et mourraient sans se modifier, mais quelques-uns, à un moment donné, résorberaient leur mégasphère et boui^eonneraient, à sa place et en sens inverse de l'accroissement à la bouche, une courte spire de quelques loges. D'ailleurs ces formes microsphériques, en se reproduisant, engendreraient de nouveau des formes A. Mais Van der Brock [93] et d'autres ont constaté que les loges voisines de la région affectée par le dimorphisme ne sont pas disposées de la même manière dans les deux formes, en sorte qu'il faudrait qu'une région importante de la coquille se résorbât et fût reformée k nouveau. Or ce travail prendrait un temps assez long et l'on devrait pouvoir surprendre des individus en voie de transformation, ce qui n'arrive jamais.

La seconde opinion est que ce dimorphisme est initial, que les individus naissent et meurent dans la forme qui leur est propre et que les deux formes résultent d'une alternance de génération, ceux de la forme A engendrant ceux de la forme B, et réciproquement. Cette opinion repose sur des faits certains, observés, il est vrai, chez un tout petit nombre de formes, mais il semble bien qu'on est en droit de les généraliser (*).

(^) Listrr [9ô] et ScHAUDiNN [95] soQt les observateurs auxquels on doit cette importante découverte. Leurs observations, concordantes dans leurs traits généraux bien qu'entreprises séparénoent, inspirent toute confiance.

D'après List£r, qui a étudié à la fois les ïmperforés (Orhitolites) et les Perforés (Polystomella)^ les individus A se reproduisent d'abord sous leur forme et par le procédé habituel. Les petites masses destinées à former les jeunes (V. p. 120), se munissent d'une coquille sphérique et constituent la loge initiale Fi^. ico. d'un jeune de la forme A. Celui-ci forme, en une heure, une deuxième loge, en vingt-quatre heures une troisième, etc., et devient peu à peu \

adulte. Cela continue ainsi pendant plusieurs générations ; mais, à v^ \} un moment donné, le processus change, Tanimal se rétracte dans sa ^ ^.^ coquille et fragmente tout son contenu en nombreuses petites masses ^y

arrondies qui se munissent d'un flagellum et constituent autant de zoospores. Ces zoospores (fîg. 160), qui mesurent 4 \i, se conjugueraient Polystomella. et formeraient une petite masse de 6 à 13 (x qui serait la loge initiale Spores flagellée» d'un individu de la forme B. Celui-ci grandirait mais, au moment de (d'ap. Lister), se reproduire, donnerait naissance, non à des zoospores ni à des formes B, mais à des formes A, selon le procède décrit il j a un instant pour celles-ci. Ainsi il y aurait alternance périodique entre une série de générations agames A et une génération sexuée' B.

D'après Schaudinn, qui a étudié seulement Polystomella^ la forme A ne se reproduit qu'exceptionnellement par elle-même. La forme B est caractérisée par la présence de nombreux noyaux répandus dans toutes les loges et provenant de la division d'un noyau initial unique (V. ci-dessous, fig. 161). Son protoplasme sort de la coquille et se morcelle autour des noyaux, chaque fragment devenant une loge

Reproduction. — La reproduction par division, si facile à comprendre chez les formes monothalames ou à coquille souple, ne se conçoit plus aussi bien avec les coquilles calcaires à loges très nombreuses et très entortillées que nous allons maintenant rencontrer. Ici se présente un mode particulier de reproduction qui tient du bourgeonnement et de la division successive. Dans Tintérieur de la coquille, le noyau unique se divise en un grand nombre de petits noyaux qui se répandent dans toutes les loges ("). Ces noyaux condensent autour d'eux des petites masses de protoplasma qui prennent la forme d'un jeune individu, se munissent d'une coquille et sortent, soit par la bouche (Awmod/scus), soit par rupture de la coquille. Chez Miliolina le corps protoplasmique maternel sort en masse de la coquille et se divise en jeunes (•).

initiale macrosphérique d'individu A. Celui-ci est d'abord polynucléé, mais ses noyaux se fusionnent bientôt en un, en sorte qu'il est désormais uninucléé. Quand il est devenu adulte, son noyau se morcelle en fragments qui se répandent dans toutes les loges, y subissent une division mitosique et, se partageant le cytoplasme, donnent naissance à autant de zoospores qui se conjugueraient avant de se développer en individus de la forme B.

Il faut noter que la conjugaison des zoospores et le sort ultérieur du produit de cette conjugaison hypothétique n'ont jamais été observés. Schaudinn [94] a, il est vrai, vu la conjugaison des zoospores chez une Gromie (Ifyalopus), mais les Gromîes sont bien loin des Polystomelles et il n'a pu suivre l'évolution du produit conjugué.

« Dans leurs travaux sur le dimorphisme des Foraminifères, MM. Munibr-Gualmas et ScHLUMBBRGBR avaient admis que la forme microsphérique dérivait par modification interne de la forme macrosphérique. Aujourd'hui M. Munier-Chalmas pense que, contrairement à celte opinion, tous les faits observés sont en faveur de la seconde hypothèse qui accorde une origine distincte à chacune des deux formes (*).» M. Schlumberger s'est également rallié à Topinion de Schaudinn et de Lister.

(^) Le mode de division du noyau a été étudié par Schaudinn [94]. Le noyau (fig. 161) est d*abord formé (A) par une masse chromatique homogène sans membrane. A un moment donné, il devient très vacuolaire (B) au moyen de liquide cytoplasmique qu'il absorbe, grossit beaucoup et se munit d'une membrane (6'). Le réseau intervacuolaire se montre formé d'une substance achromatique sur laquelle sont semées des granulations chromatiques (/>). La chromatine s'accumule d*abord au centre (E), puis se porte à la périphérie le long de filaments achromatiques radiaires [F] et s'y accumule en petites masses disposées régulièrement (G). Enfin la membrane se détruit et les petites masses mises en liberté [ff) constituent les noyaux filles qui se dispersent dans le cytoplasme (/?).

(2) Chez Orbitolites, Brady [ss] a trouvé des jeunes réduits à leur loge initiale au centre de la coquille. Il a vu aussi [92] que (*) La note entre guillemels nous est communiquée par M. Munier-Chalmas.

Fig. 161.

Miliolide (Type morphologique).

Division du noyau (im. Schaudinn).

IMPERFORES : MILIOLIDES

GENRES Ca/c/tiiba(Roboz)(fig.l62àl66), par la simplicité de sa coquille et de son

F»g. 1«2. Fig. 163

Fig. 164.

CalciUiba (C. polymorpha) montrant la chambre centrale et les tubes ramifies qui en parlent (d'ap. Schaudinn).

Calcituba.

Formation de la loge centrale

(d'ap. Schaudinn).

Calcituba.

Septum séparant 2 chambres consécutives (d'ap.

Schaudinn).

Fig. 165.

mode d'accroissement, se place à la base des Miliolides. A Tétat le plus parfait, c'est une coquille extrêmement mince, laissant voir la couleur rose du protoplasma sous-jacent, et formée simplement de grains calcaires soudés entre eux, mais pas assez noyés de ciment pour donner la structure porcelainée. Elle est formée (fig. 1C2) d'une grande chambre centrale irrégulière d'où parten t en tous sens des tubes ramifiés par dichotomie irrégulière. La paroi est imperforée, les tubes sont ouverts au bout, ce qui fait autant de bouches que de ramifications, enfin des septa incomplets assez espacés (fig. 164) les segmentent en chambres reconnaissables du ^'^^- *^<^-

dehors à un léger étranglement (i0ài2"™. Mer)(').

l'anima^ quand il est adulte, forme sur son bord de grandes chambres incubatrices tapissées d'une mince couche de protoplasma ; le protoplasma des parties centrales y arrive et y forme de nombreux individus réduits à leur loge initiale avec un noyau, qui sont mis en liberté par résorption des parois de la chambre incubatrice. Schlumberger [ss] fait remarquer que tous ces individus

jeunes ont pour loge initiale une macrosphère. II y a ici encore dimorphisme (1) L'évolution de cette forme a été récemment étudiée par Schaudinn [95] et

Calcituba,

Division des amibes

(d'ap. Schaudinn).

Calcituba, .Sortie des petites amibes (d'ap. Schaudinn).

Fig. 167.

Squamulina (M. Schuitze) (fig. 167), représente le type morphologique du

groupe à Tétat monothalame, mais sa forme

est plan-convexe; il est fixé par sa face plane et

porte, excentriquement sur la face convexe, une

bouche arrondie assez large (Vivant et peut-être

aussi fossile).

Nubecularia (Defrance) (fig. 168), est polythalame,

formé de loges fixées aussi par une face. Ses

premières loges sont en spirale, mais les suivantes deviennent si irrégulièrement disposées que la coquille n'a point de forme définie; elle est en outre souvent incrustée de sable.

Squamulina {S. hevis) (d'ap. M. SchulUe).

Fig. t68.

Nubecularia (Sch.).

Ce caractère monothalame, ou polythalame à disposition irrégulière des loges constitue la caractéristique assez peu nette de cette première série de

Bien mieux caractérisée est lia série suivante qui a

pour type l'ancien genre

Miliola (Lamarck) (fig. 170, 171). La coquille est polythalame et les loges se

succèdent en formant une spirale plane ; chacune forme exactement un

demi-tour et porte la bouche à son extrémité, en sorte que cet orifice

mérite de nous arrêter un instant. L'animal, constitué comme nous venons de le voir, est fixé sur quelque Algue marine qu'il mange. Il pousse sans cesse par la périphérie. Quand le support est mangé, la partie centrale se rompt en fragments qui tombent au fond tandis que les bouts des tubes restent sur l'Algue où ils continuent à grandir. Ces bouts, en s'accroissant, continuent à se ramifier, mais toujours ils grandissent par l'extrémité distale, tandis que l'extrémité proximale se rompt par fragments successifs qui tombent aussi au fond. Ces fragments détachés (que ce soient ceux du début ou les autres), s*ils sont tombés sur une Algue, peuvent y trouver de la nourriture et grandir. Sinon, ils sont affamés et alors, ou bien s'isolent en fermant leurs orifices par une lamelle de chitine et attendent quelque chance de rencontrer des aliments à leur portée, ou bien ils s'égrènent en petites amibes qui sortent du tube (fig. 165), rampent et s'éloignent pour manger. Mais il reste toujours dans le tube une importante portion du protoplasma continu qui, lui, est destiné fatalement à mourir. Ces amibes peuvent, si elles sont assez grosses, se diviser (fig. 166), mais en tout cas elles mangent, grossissent et reconstituent peu à peu l'individu primitif. La forme de celui-ci résulte (fig. 163) de ce que, au début, elles ne forment pas de pseudopodes, restent contractées (montrant parfois une tendance à Tenroulement spiral) et sécrètent du carbonate de chaux. Ainsi se forme la première chambre, puis elles émettent de gros pseudopodes qui, à leur tour, se couvrent de calcaire. Ceux-ci, dès lors, ne croissent plus que par le bout, se dichotomisent, et ainsi s'explique la forme de l'animal. Le cycle est terminé.

11 y a là plusieurs noyaux par chambre. Ceux-ci ne se multiplient jamais par division simple. Leur mode de multiplication est conforme à celui que nous avons décrit à la page 120.

(*) Cette première série de genres constitue la famille des Nubecularia .s [Nubecularinx (Brady)].

La série suivante forme la famille des Miuou.we [Miliolininx (Brady)].

IMPERFORÉS : MILIOLIDES

est transporté alternativement aux deux extrémités d'un même diamètre. Son entrée est rétrécie par une dent saillante à sa face interne ou par une plaque criblée. Si les loges sont peu ou point embrassantes, chacune s'ajoute aux précédentes sans les cacher, en sorte qu'il est facile de les compter toutes. Mais, dans le cas contraire, elles cachent tout ou partie des loges anciennes de manière à n'en laisser voir qu'un certain nombre et on en compte en dehors beaucoup moins qu'il n'y en a en réalité. C'est d'après cet aspect extérieur que l'on a établi divers genres dont le nom rappelle ce que l'on voit et nullement ce qui est (*).

Supposons une Miliolide qui, constituée à l'état jeune comme un Miliola (Lamarck), c'est-à-dire avec un enroulement spiral régulier et deux loges par ^*8* **^* tour, change ensuite cette disposition et prenne alors trois ou quatre loges au plus à chaque tour, nous aurons un P/an/sp/r/na(Seguenza)(fig. 169) (Vivant et fossile).

Supposons maintenant qu'avec un début semblable, les loges, au lieu de continuer H A .

(^) Voici ces genres : Planispirina (im. Schlumberger).

Spiroloculina (d'Orbigny) (flg. 170), laisse voir toutes ses --^t en coupe; B, entier.

loges (Vivant et fossile) ; Quinqueloculina (d'Orbigny) est un peu embrassant et laisse voir quatre loges d'un

côté et trois de l'autre,

mais comnae deux se voient Fig. no. Fig. i7i.

des deux côtés, il n*en

reste que cinq différentes

visibles du debors, d'où le

nom (Vivant et fossile); Pentellina (Munier- Gbalmas) , Massi/ina (Schlumberger) et Adelasina (Schlumberger) (fîg.

171) sont des genres voisins; dans ce dernier, la

loge initiale est complète- Spiroloculina

ment renfermée dans la (Sch).

suivante (Vivant);

Triloculina (d'Orbigny), est plus embrassant et ne laisse voir que les trois dernières loges. (Vivant et fossile);

Trii/ina (Munier-Chalmas et Schlumberger) et

Linderina (Schlumberger) sont des genres voisins;

Bilocuifna (d'Orbigny) ne laisse plus voir que deux loges (Vivant et fossile);

Fabularia (Defrance) est un genre voisin à chambres cloisonnées. Enfin

Uniloculina (d'Orbigny), n'en laisse plus voir qu'une, la dernière (Vivant).

Malheureusement, cette simplicité élémentaire ne correspond pas à la réalité des faits, caries loges deviennent de plus en plus embrassantes à mesure que l'animal s'accroît, et la Quinqueloculine devient plus tard Triloculine, en sorte que ces deux genres ne sont pas toujours distincts et on a proposé de les réunir dans

Adelosina (im. Schlumberger).

A, entier; fi, en coupe.

Fig. 172.

Fig. 173.

leur enroulement spiral, s'écartent pour se disposer en ligne droite suivant la tangente, et nous aurons un

Vertébral! na (d'Orbigny) (fig. 172) (Vivant et fossile) (•).

Peneroplis (Montfort) (fig. 173) a, comme les précédents, un enroulement différent suivant l'âge : les premières loges sont disposées en spirale, tandis que les suivantes, sans se disposer tout à fait en ligne droite, deviennent de moins en moins courbes. Mais ici, même dans la partie jeune, le nombre des loges par tour est indéterminé et ne suit pas la loi des Milioles. Ce dernier caractère est celui d'une série de genres donl celui-ci esl le type (•). On peut ajouter que les loges ne sont jamais embrassantes en sorte que la coquille reste très plate (') :

Vertebralina (im. Garpenler).

Peneroplis (îm. Brady)

le genre Miiiolina (Wiiliamson). Bien plus, Munibr-Chalmas et Sghlumberger [sô]

ont montré qu'une espèce, classée antérieurement

comme Triloculine et comme Quinqueloculine selon

son âge, était successivement constituée comme

ces deux genres, puis comme une Biloculine et

enfin comme une Uniloculine. Ils en ont fait le

genre Idalina (fig. 174) (Fossile). Genres voisins : Per'ilocuHna [Munier-Ghalmas et Schiumberger), à

chambres pourvues de côtes longitudinales saillantes intérieurement (Fossile), et Lacazina (Munier-Ghalmas), à chambres pourvues de

piliers (Fossile).

Il résulte de là que les formes bi-, tri-, quin-

queloculinaire ne caractérisent pas les genres

de nom semblable, mais ceux-ci n'en sont pas

moins très réels par l'ensemble de leurs caractères

et méritent d'être conservés.

(^) Ges deux genres sont les types de la famille

des Hauerœjs [Hauerina (Bradj)], caractérisés par ce début en coquille de Miliole

et cette variation dans le nombre des loges ou le sens de leur succession. Dans la

môme famille sont les genres :

Hauerina (d'Orbigny), qui diffère du premier par le fait que les tours précédents

ne sont point, comme dans celui-ci, cachés par des expansions aliformes du dernier

tour (Vivant et fossile) ; Arthulina (d'Orbigny), constitué à fort peu près comme le second (Vivant et fossile); Ophthalmidium (Kiibler), en tube spiral à cavité d'abord libre puis cloisonnée, et Sigmoîlina (Schiumberger), genre dédoublé des Spirillines.

(2) Ges genres constituent la famille des PexeroplinjE [Peneroplida (Brady)].

(^ Quant au détail de la disposition des loges, il est variable. Ici, il y a une

courte partie spirale suivie d'une partie qui se détache suivant la tangente et s'élargit

en éventail. La bouche est fermée par une cloison percée d'une unique rangée de

trous et toutes les cloisons de séparation des loges ont le môme caractère.

Jdalina au stade biloculine

(d'ap. Munier-Ghalmas

et Schiumberger).

IMPERFORÉS : MILIOLIDES 125

Orbiculina (Lamarck) (fig. 175) a ses loges formées suivant la même loi que

Peneroplis, mais il se forme en outre de petites p. ^^^

cloisons radiaires perpendiculaires aux faces de

la coquille et aux cloisons concentriques séparant les loges. Ces cloisons divisent chaque loge

en nombreuses logettes disposées comme les

degrés d'une circonférence. Elles sont, déplus,

percées de trous qui permettent aux logettes

d'une même loge de communiquer ensemble,

tandis que les trous des cloisons circulaires leur

permettent de communiquer avec celles des OrbicuUna (Sch.).

loges contiguës (Atteint 19™"». Vivant et fossile) (*). Orbitolites (Lamarck)(fig. 176) diffère du précédent principalement par le fait

que son enroulement est spiral dès Torigine et devient toujours et

rapidement cyclique : il y a la loge centrale, ^.^ ^^^

puis deux loges faisant un deuxième tour

et, dès le tour suivant, chaque loge fait un

tour complet. Les loges s'épaississent en

grandissant, en sorte que l'ensemble prend

la forme d'un disque plus épais au bord

qu'au centre; elles sont subdivisées en orbitoUtea (Sch.).

logettes de la même manière que chez Orbiculina, et alternent d'un cycle à l'autre (Atteint O^mg. vivant et fossile) (•).

(^) Une autre complication peut s'ajouter à la précédente et elle se présente dans les formes les plus typiques du genre. Que Ton suppose les dernières loges continuant à s'accroître en éventail chez un Peneroplis ; elles circonscriront peu à peu la partie ancienne de la coquille et finiront par l'entourer complètement. Les loges deviendront alors circulaires et formeront chacune un tour complet. A partir de ce moment, l'accroissement continuera de la môme manière, chaque loge formant un tour entier, concentrique aux précédents. Dès lors, la bouche formera toute la circonférence de la coquille. Gomme chez Pe/iero/?/w, la bouche étant percée d'une rangée de trous, quand une nouvelle loge se formera, cette ancienne bouche deviendra la cloison circulaire de séparation entre les deux dernières loges, cloison percée aussi d'une rangée de trous pour les faire communiquer ensemble. Il peut aussi y avoir plusieurs rangées parallèles de trous, lorsque la loge est assez épaisse.

P) C'est à cela que se borne la complication dans les plus simples Orbitolites dont on a fait le sous-genre

Sorites [Ehrenberg]. Mais dans les vrais

Orbitolites [Lamarck, s. str.), les logettes se subdivisent, non tout de suite, mais dans les cycles qui sont à quelque distance du centre, en trois parties superposées, une centrale et deux superficielles. La centrale, plus grande, plus élevée que les deux autres, conserve les mêmes rapports et multiplie simplement ses communications avec les logettes voisines de même ordre à mesure qu'elle augmente de hauteur. Dans les parties anciennes où elle est peu élevée, elle communique par un seul canal avec ses deux voisines du même cycle et par deux canaux avec les voisines des cycles limitrophes avec lesquelles elle alterne. Mais dans les parties épaisses de la coquille, il y a, pour chacune de ces communications, plusieurs canaux superposés. Les périphériques forment sur les deux faces du disque une couche de logetles spéciales. Celles-ci ne

Cornuspira (Max Schuitze) se distingue de tous les autres par le fait qu'il est monothalame étant formé d'un tube sans cloisons, contourné en longue spirale plane [Vivant et fossile) ("). Alveolina (d'Orbigny) (fig. 177), au contraire, au lieu de former une coquille plate, à axe d'enroulement très court, devient ovoïde ou fusiforme, à axe d'enroulement au moins aussi long et souvent plus que toutes les autres dimensions du corps. Cela tient à ce que les loges, d'ailleurs toujours enroulées en spirale régulière, sont très basses, mais très larges, et complètement embrassantes, chacune s'étendant d'un pôle à l'autre de la coquille et recouvrant complètement la partie correspondante du tour précédent. Comme elles sont très peu élevées dans le sens de l'enroulement, il en Fig. 177. j^^j ^^ grand nombre pour faire un tour. Les cloisons qui les séparent s'étendent parallèlement à l'axe d'enroulement, d'un pôle à l'autre, mais elles sont très basses et ne forment qu'une forte côte au plafond des loges, laissant celles-ci communiquer largement entre elles, au niveau de . leur plancher. La dernière loge s'ouvre naturellement au

(im. Bridy). dehors par une longue bouche qui va aussi d'un pôle à l'autre. Indépendamment de ces loges et cloisons primaires parallèles à l'axe, s'en trouvent de secondaires et même de tertiaires (15 à 75mm. Vivant et fossile) (•).

commuuiqueDt pas entre elles, mais seulement avec les logettes centrales sousjacentes, n'alternent pas d*un cycle à Tautre comme ces dernières, et enfin reculent un peu vers le centre de manière à être à cheval sur la cloison de séparation du cycle dont elles dépendent et du cycle précédent; et elles communiquent avec les logettes sous-jacentes de ces deux cycles. Ajoutons que les logettes périphériques sont> dans chaque cycle, plus nombreuses que les centrales, il j en a souvent trois ou quatre pour une de ces dernières.

P) A ces genres ajoutons, comme faisant partie de la famille des Peneroplinse :

Archiacina (Munier-Chalmas) qui est un Peneroplis sans côtes, décomposé en deux sousgenres:

BrcBckina (Munier-Chalmas] et

Brœckella (Munier-Chalmas).

Le genre Cornuspira mériterait de former une famille à part. (^) Les cloisons secondaires sont disposées suivant des plans parallèles à Téquateur du fuseau et, comme les cloisons primaires sont très peu développées, elles s'étendent sans interruption depuis la bouche jusqu'à l'origine de la coquille. Bien entendu, elles ne vont pas jusqu'à l'origine même de la coquille, car les loges anciennes très courtes ne peuvent être recoupées par autant de cloisons secondaires que les jeunes beaucoup plus grandes. Elles s'arrôlenl à des niveaux différents. Elles découpent la fente buccale en une série d'orifices juxtaposés. Ces cloisons sont complètes, percées seulement dans chaque loge primaire d'un ou deux orifices qui font communiquer entre elles les loges secondaires qu'elles séparent. Enfin, dans certaines espèces, il s'ajoute encore à cela des cloisons tertiaires déterminant des loges de troisième ordre. Ces cloisons sont parallèles à la surface de la coquille. Il y en a de deux à cinq dans chaque compartiment secondaire des loges primaires. Elles s'insèrent sur les cloisons secondaires, mais ne s'étendent, dans le sens de Tenroulement, que sur une partie de la lon-

IMPERFORÉS : ARÉNACÉS 127

Keràmosphsdra (Brady) a une coquille sphérique avec une multitude de logettes de forme plus ou moins irrégulière disposées en courbes concentriques (Vivant) (■).

3* Sous-Ordrb

ARÉNACÉS. — ARENACID^

[AsTRORHiziDiE (Brady) 4- Arenace^ (Bûtschli)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

(FIQ. 178)

Ici encore, Fanimal est fort semblable à celui que nous avons décrit pour notre type morphologique dlmperforé, et c'est par la constitution de sa coquille qu'il se caractérise. Cette coquille (c) est formée, en effet, de particules étrangères (grains de sable, carapaces de Diatomées, spicules d'Epongés, etc.), tantôt simplement agglutinées contre la surface du corps par le protoplasma superficiel, tantôt plus ou moins fortement cimentées entre elles par une substance organique p. ^^^ qui d'ordinaire est, ou semble être, de la vraie chitine, mais parfois se montre avec les réactions spéciales de la matière cornée. LorsquUl y a un ciment chitineux complet formant un vernis continu à la face interne de la coquille, celle-ci est aussi imperforée que celle des groupes précédents, mais lorsqu'il en est autrement, il reste entre les particules mal associées qui forment la coquille de petits espaces par lesquels le cytoplasma sous-jacent peut émettre des prolongements mobiles analogues à des pseu- j dopodes, et il y a là une condition qui rapproche ces êtres des Foraminifères perforés.

L'accroissement de la coquille se comprend aisément, soit que ses particules soient Arénacé (Type morphologique)

indépendantes les unes des autres, auquel (Sch.).

cas il se conçoit sans explication, soit «..coq

qu'elles soient réunies par un ciment chitineux. Dans ce cas, les choses

guear de la loge primaire de manière à laisser communiquer entre eux tous les compartiments qu'elles déterminent. Elles ont pour effet de recouper la série unique d'orifices buccaux en deux à cinq séries parallèles superposées. (Les fossiles seuls arrivent à la taille de 75"»"»; les vivants atteignent 15"»"» seulement.)

Alveolina est le seul représentant de la famille des Alveouninje [Aheolinirue (Brady)].

(^) On fait de ce seul genre la famille des KebamosphjEriitjs [Keramosphxrina (Bradj)] .

se passent pour cet enduit chitineux comme pour la coquille des Gromides. Quant au dépôt de nouvelles particules étrangères pour combler les lacunes produites par Técartement des anciennes, il se fait au moyen des pseudopodes, ou de petits prolongements pseudopodiformes nés du cytoplasma dans les hiatus de la coquille, qui saisissent des particules et les accolent. L'animal ne prend d'ailleurs pas au hasard : il choisit la grosseur et la nature des matériaux, triant des grains de sable d'une certaine taille, ou des spicules d'Épongés. Dans bien des cas, il semble, en outre, que des résidus alimentaires, grains de sable, carapaces de Diatomées, etc., sont ajoutés à la coquille par le dedans, conformément à ce qui a été observé ailleurs (chez Difflugia par Verworn) (*).

On peut distribuer les Arénacés en deux tribus :

AsTRORHizjNAy à grandes coquilles asymétriques, le plus souvent monothalames et en forme de tubes simples ou associés entre eux ou à une chambre centrale commune;

LiTUOLiNA, à coquilles régulières, le plus souvent polythalaraes, mais à loges séparées par des cloisons imparfaites, labyrinthiques ; ces êtres représentent les isomorphes arénacées des Miliolides et des Perforés lesplud simples.

Ire Tribu

ASTRORIIIZINES. — ASTRORHIZINA [AsTRomirzrDyE (Brady)]

QENRE8 Astrorhiza (Sandahl) (%. I 79) a une coquille formée d'une épaisse couche de grains de sable et de vase, simplement ^^ ^^^

accolés par le protoplasma ou légèrement cimentés. Cette coquille, parfois fusiforme,a ordinairement la forme d'un disque aplati et muni sur son bord de prolongements radiaires. Ces prolongements sont ouverts au bout et, par leurs extrémités, sortent autant de bouquets de pseudopodes réticulés (10»"» et plus. Mer).

A Astrorhiza se rattachent quelques genres qui n'en diffèrent que par des caractères secondaires (•).

Astrorhiza (îm. Brady).

(^) La coquille est ordinairement monothalame et de grande taille, souvent branchue ou radiée. Parfois sa cavité est subdivisée en compartiments par des constriclions de la paroi, mais ce ne sont là ni de vrais septa ni de vraies loges, et ces formes poljthalames sont toujours asymétriques.

(*) Ces genres, au nombre de cinq, sont les suivants : Peiosina (Brady) (fig. 182), qui a sa coquille formée seulement de chitine et de vase, avec

IMPERFOnÉS : ARÉNACÊS

Pilulina (Carpenter) (fig. 180) a sa coquille, ici encore, monothalame et de forme ronde, formée uniquement de spicules d'Epongés ou de sable fin, sans ciment calcaire ou autre. La bouche est fusiforme, courbe tMer. Vivant).

Il en est de même chez

Technitella (Norman), de forme ovale et cylindrique, à bouche arrondie (Mer. Vivant).

Saccamm/na (Sars) (fig. 181)est, selon les espèces, mono- ou />//w/ina (im.Brady). polythalame. Les formes polythalames, toutes fossiles, sont formées déloges monothalames unies, soit latéralement de manière à respecter la bouche, soit en série linéaire par leur p.^ ^g^

tube buccal, le tube de la précédente étant soudé au pôle aboral de la loge suivante. Les formes vivantes sont monothalames sphériques, ont une carapace lisse formée de gros grains de sable soudés par un fort ciment corné qui forme en outre un enduit intérieur continu. La bouche est au sommet d'un petit prolongement

conique (Vivant et fossile) (*). Saccammîna

(im. Brady).

¥\fi. 182.

Fig. 183.

Peloxina (im. Brady).

Storth osphêpra (im. Brady).

une bouche au sommet d'un prolongement chitineux,ce qui lui donne la forme d'une bouteille (Mer);

Storthosphœra [Brsidy) (fig, \S3],qa\ est subglobuleux, très irrégulier, garni de nombreuses protubérances terminées chacune par un orifice buccal (Mer);

Dendrophrya (Wright), qui peut être défini: un Astvorhiza à disque plus élevé et pourvu de prolongements ramifiés, dressés ou rampants. Sa coquille est aussi formée de chitine et de vase (G'"™. Mer);

Syringammina (Brady), qui est au contraire constitué de gros grains de sable Lâchement agglomérés, et formé d'une masse globuleuse de tubes branchus disposés radiairement, arrangés plus ou moins distinctement en couches superposées (Mer. Vivant);

Julienella (Schiumberger), h test épais, à loge centrale cloisonnée et à tubes courts et irréguliers (Vivant).

Ces genres forment avec Astvorhiza la famille des Astroriuzi^jE [Asirorhizinœ (Brady)].

(1) On ne sait rien de plus au sujet des formes polythalames fossiles, mais Rmumbler [94], qui a fait une étude très détaillée de ce Foraminifère a fait connaître plusieurs particularités intéressantes des formes vivantes monothalames. Quand il est jeune, Saccammina a une coquille primitive de 0"™"!! formée de tout petils grains avec des spicules d'Épongés et d'Oursins. Mais il s'en forme bientôt, en dehors de celle-ci, une seconde qui grossit beaucoup plus, en sorte que la première est accolée à elle comme une petite tubérosilé. Cette seconde coquille n'est pas encore la coquille définilive : elle n'a, en effet, pas de bouche et les grains de sable qui la forment sont disposés sans aucune régularité en sorte qu'elle e.st très raboteuse. L'animal ne communique avec le dehors que par des expansions pseudopodiques qui passent dans les interstices des grains de sable. Fin cet état il a été décrit comme un genre spécial sous le nom de Psammosphœra (F.-E. Schuize).

Mais peu à peu, Tanimal remanie sa coquille, oriente ses grains de sable de manière

SorosphsBPa (Brady) est monothalame et n'a, à son unique loge, aucun orifice notable méritant le nom de bouche; ses pseudopodes sortent des orifices interstitiels, mais sa coquille comprend plusieurs chambres directement unies entre elles (Mer. Vivant) (").

Jusqu'ici, nous n'avons trouvé, comme éléments de formation de la coquille, que des grains de sable et, s'il s'y trouvait mêlés des spicules d^Éponges, ce n'était qu'à titre exceptionnel.

Dans les Arénacés qui nous restent à citer, les spicules d'Epongés font régulièrement partie de la coquille et sont fortement unis entre eux et à des grains de sable pour la constituer. En outre, la forme de la coquille dérive de tubes cylindriques directement associés entre eux(*).

Jaculella (Brady) (fig. 184) forme un simple tube conique ouvert à la grosse extrémité (atteint près de lO™". Mer. Vivant). ^^^

Bathysiphon (Sars) est en forme de tube légèrement conique, non cloisonné,

dont la paroi, d'épaisseur notable j^^^^^f^^ ^.^ ^^^^^^

(0n»"»5), contient des spicules d'Epongés agglutinés que l'on peut mettre en évidence en dissolvant la partie calcaire (20'»'". Mer. Vivant et fossile). Marsipella (Normann) (fig. 185) est un tube ^'s- ^««•

cylindrique ^.^ ,,,

ou renflé en fuseau au milieu et *# • ;i /• » ^ x

Marsipella (im. Brndv).

ouvert aux

deux bouts (6mm. Mer. Vivant).

RhabdamminaiSurs) (fig. 186)est formé de tubes Rkabdammina (im. Brady). radiaires droits ou ramifiés, ouverts à l'extrémité, et souvent s'insérant par l'autre sur une partie centrale renflée qui joue le rôle de chambre commune (25"»™. Mer. Vivant).

à se former une surface tout à fait lisse, et se forme une bouche au sommet d*un prolongement conique. Dès lors, les orifices par où passaient les pseudopodes se ferment.

L'animal contient un noyau avec plusieurs prétendus nucléoles qui se dissolvent peu à peu (sans doute quand Tanimal se dispose à se diviser) et fournissent la substance d'un réseau chromatique qui se dessine progressivement.

Rhumbler décrit ici cinq nouveaux genres de Protozoaires ou Protophjtes doni il indique à peine les affinités et dont nous ne ferons que citer les noms en indiquant les groupes avec lesquels il leur trouve des ressemblances:

Rhynchogromia (Rhumbler), Rynohosacous (Rhumbler),

Dentrotuba (Rhumbler).

Dactylosaccus (Rhumbler), Ophiotuba (Rhumbler) et n les a trouvés dans la coquille de sa Saccammina. Il croit reconnaître des affinités chez le premier avec les Gromies, chez le deuxième avec les Grégarines, chez le troisième et le cinquième peut-être avec les Characées, chez le quatrième avec les Ifaliphysema,

(^) Ces genres forment la famille des Saccammina [Saccammininx (Brady)]. (^) Ils constituent la famille des Rhabdammina [^Rhahdammininm (Brady)].

IMPERFOnÉS : ARÉNACÉS

Fig. 187.

Hyperammina (Brady) pourrait se définir un Rhabdammina réduit à un tube unique ayant les caractères de l'un des tubes du genre précédent (Mer. Vivant).

Aschemonella (Brady) (fig. 187), n'était la constitution de sa coquille conforme à ce que nous venons d'indiquer, ne serait qu'une espèce d'Astrorhiza. Cependant, il faut noter que les tubes peuvent être moins nombreux et que, parfois, ils se soudent par leur extrémité au bout des tubes d'individus voisins, de manière à former un organisme polythalame (Mer. Vivant).

Rhizammina (Brady) (fig. 188) est formé d'une masse libre de tubes flexibles.

Aschemonella (im. Brady).

Rhizammina (im. Brady).

Fig. 189.

Sagenella (im. Brady).

*., ranimai; »,, support.

Fig. 182.

irrégulièrement ramifiés (25mm. Mer. Vivant).

Sagenella (Brady) (fig. 189) est assez semblable, mais ses tubes sont fixés sur un support (pierre ou coquille) (Mer. Vivant).

Botellina (Carpenter) est en forme de tube cylindrique dont l'intérieur porte des saillies irrégulièrement contournées, déterminant un cloisonnement incomplet. Il paraît être fixé à une extrémité, tandis que l'autre laisse passer les pseudopodes par des interstices (23mm. Mer. Vivant).

Haliphysema (Bowerbank) (fig. 190) a une coquille constituée comme toujours de particules étrangères, mais qui sont ici presque exclusivement des spicules d'Epongés. La forme est celle d'une sorte de verre à pied long, étroit, îrrégulier, dont le pied discoïde sert à fixer l'animal. Par l'orifice évasé, sortent les pseudopodes, longs, minces, irréguliers, très réticulés (Mer. Vivant) (•).

(*) Le corps contient de nombreux noyaux et des globules énigmatiques qui sont peut-être des sortes de spores.

Cet être singulier avait été pris par Bowerbank pour une Eponge, et par Hàckel [77] pour un êlre extrêmement simple à deux feuillets, le prétendu Enterozoon (Hâckel) dont il faisait le type d'une classe des Physémaires, Ses beaux dessins où est rcpré-

Haliphysema

{H. Tumanofitzii)

(d'ap. Ray Lankester).

2e Tribu

LITUOLINES. — UTUOLINA

[LiTUOLWA'. (Brady)]

Indépendamment des caractères indiqués plus haut, la coquille présente, chez beaucoup de Lituolines, un caractère singulier. L*animal, après l'avoir formée, comme nous l'avons vu, de particules étrangères, l'accroît intérieurement par le dépôt, à la face interne, de nouvelles particules qui dessinent des lames irrégulières se coupant de la manière la plus variée, de façon à combler presque entièrement la cavité avec une substance réticulée labyrinthique. Les cloisons de séparation des loges polythalames se perdent plus ou moins dans cet ensemble. C'est ce caractère que nous désignerons sous le nom de chambres labyrinthtques chaque fois que nous le rencontrerons.

Les Lituolines sont souvent perforés et font ainsi le passage à Tordre des Perforida (*).

GENRES

Lituola (Lamarck) est une forme libre, polythalame, à loges labyrinthiques disposées en spirale régulière, sauf les dernières qui peuvent prendre la direction de la tangente. La coquille est épaisse, rugueuse, grossière, formée de gros grains de sable (Vivant et fossile) (*).

sentée rorganisalion de cet être avec des feuillets épithéliaux réguliers à belles cellules nucléées ne correspondent à rien de réel.

(^) BCtschli [80-82] n'admet pas le groupe des Lituolines, préférant répartir ses genres parmi les Perforés et les Imperforés avec lesquels ils présentent le plus d'affinités.

Au point de vue de l'enseignement, cette manière de faire a rinconTénient de troubler la pureté des caractères des groupes où l'on fait entrer ces Lituolines. C'est pour cela que nous ne l'avons pas adoptée. Mais, au point de vue des affinités, elle est très admissible, la famille des Lituolines ne contenant guère de formes propres et étant surtout formée de représentants arénacés des types hyalins ou porcelaines des autres groupes tels que Comuspira, Miliolina, Peneroplis, Lagena, Nodosaria, Cristellaria, Glohigerina, Botalia, Nonionina, etc.

(2) Ce caractère de structure de la coquille est celui d'une série de genres qui constituent la famille des Lituolinjb [Lituolinx (Brady]) dont la XiVwo/e est le type. ^'

Ces genres sont les suivants:

Haplophragmium (Reuss) (fig. 19i), qui est un Lituola à loges non labyrinthiques (Fossile);

Haplostiche (Reuss), qui est un Lituola dont les loges sont disposées en ligne droite ou un peu courbe, mais non spirale ; il est parfois monothalame (Vivant et fossile);

Rheophax (Mont fort), qui est un Ilaplostiche k loges non labyrinthiques (Vivant et fossile) ;

Coskinolina (Si&che), qmesi un Haplophragmium dont . . mium (Sch)

les dernières loges vont en diminuant rapidement; ^^ ^^ iragmium [

„. ,, .^. tn i \ ' * 1 X 1 ^, entier ; lï, en coupe.

Bdelloidina (Carter), qui représente, avec la structure

de coquille particulière aux Lituolines, un Peneroplis; il est fixé par une face; la

IMPERPORÉS : ARÉNAGÉS

Fig. 192.

Trochammina (îm. Brady).

Fig. 193.

Trochammina (Parker et Jones, emend. Brady) (fig. 192), au contraire, a sa

coquille mince, lisse, par le fait qu'elle

est formée de très petits grains de sable,

fortement soudés par un ciment chitineux

et calcaire. L'intérieur des chambres est

lisse , non laby rin thique (Vivant et fossile) (•) . Encfof/iyra (Phillips) (fig. 193) dissimule plus

encore que les précédents son caractère

arénacé par la prédominance du ciment

calcaire sur les grains de sable (Fossile) (*).

Endothyra

{E. crassa)

(im. V. Mdller).

partie supérieure des loges est labyrinthique; le test serait perforé, les septa de séparation des loges sont percés d'une série de trous qui font communiquer les loges entre elles (Vivant, non fossile);

PliGopsiUna (d'Orbigny), qui représente le précédent sans perforations ni cloisons labyrinthiques (Vivant et fossile).

i^) Ces caractères se retrouvent dans toute une série de genres Fîg- tw.

constituant la famille des Trochammix.e [Trochammininx (Brady)], dont Trochammina est le type. Génériquement celui-ci est caractérisé par ses loges multiples enroulées à la manière de celles d*nn Nautile ou d'un Trochus. Il est libre oa flxé (Vivant). Voici les autres genres de la famille :

Thurammina f Brady) (fig. 194), qui est monothalame, formé d'une seule loge sphérique, avec ou sans bouche principale à un pôle, mais avec plusieurs orifices accessoires au sommet de petites éminences (Vivant) ;

Thuramminopsis (Uâusler), qui n'est qu'un sous-genre du précédent;

Hippocrepina (Parker], qui est aussi monothalame, mais à loge allongée, renflée à un bout, étroite à l'autre avec une bouche unique, de forme variable (Vivant);

Homosina (Brady), qui est, pour la forme, un Rheophax à loges plus arrondies, pour la structure, un Trochammina (Vivant) ;

Ammodisous (Reuss) (fig. 195), qui est libre et a une forme spirale ou hélicoïdale plus ou moins irrégulière : il est néanmoins monothalame, sa coquille n'ayant point de cloison intérieure (Vivant et fossile) ;

Carterina (Brady), qui est polythalame, et représente un Trochammina avec spicules calcaires lui appartenant en propre (Vivant);

Webbina (d'Orbigny), qui est fixé, formé d'une ou plusieurs loges, Ammodiscus réunies dans ce dernier cas en série irrégulière par des tubes de O"^- B^adj). jonction (Vivant).

(^ 11 est le type de la famille des Exdotuybix^ [Endothyrinx (Brady)] caractérisée par cette structure de la coquille ainsi que par la netteté des cloisons qui séparent les loges. Celles-ci ne sont point labyrintbiques. La plupart de ces formes sont perforées et font le passage aux Perforida.

Voici les genres de cette famille :

Hodoiinella (Brady), qui est un Nodosaria (V. p. 135) pour la forme, un Endothyra pour la structure (Fossile);

Polyphragma (Reuss), qui a la forme d'un tube fixé par une extrémité, formé de courts segments cylindriques superposés, labyrinthique à l'intérieur et terminé par une bouche criblée (Fossile) ;

hfolutina (Terquem), qui a un enroulement nautiloïde, mais à tours si embrassants que

Thurammina (T, papillata) (îm. Brady).

Fig. 195.

Fig. 196.

Loftusia (Brady) (fig. 196) est caractérisé par une structure arénacée si dissimulée par la finesse des grains et Tabondance du ciment calcaire qu'elle a pu être mise en doute. En outre, la structure intérieure des loges est compliquée par le développement d'un tissu labyrinthique abondant qui obstrue, en grande partie, la cavité de la coquille. Cette forme est perforée et fait, comme les précédentes, passage aux Perforida (Fossile) (*).

Parkeria (Carpenter) est de forme sphérique et ses chambres très basses n'ont pas de vraies cloisons, mais sont soutenues par des piliers creux qui s'ouvrent dans la chambre située au-dessus et établissent ainsi une communication. Il n'y a pas de bouche. Les prétendues chambres initiales centrales, orientées suivant un rayon de la sphère, ne sont peut-être que la place du support primitif englobé par la coquille (Fossile).

Loftusia (Sch,).

Ensemble de ranimai et

coupe frontale.

l'ombilic est caché et que l'ensemble ne forme plus qu'une masse lenticulaire où Ton ne dislingue pas les différents tours (Vivant et fossile);

Bradyina (Môller), qui est un Endothyra à bouche criblée (Fossile);

Stacheya [Brady), qui est fixé et dont l'enroulement est rendu irrégulier par la présence du support (Fossile).

(1) Que Ton se figure une grande coquille nautiloïde (Ommg) à tours embrassants jusqu'à l'ombilic, de sorte que le dernier cache toujours tous les autres. Ces tours, très nombreux, jusqu'à vingt-cinq et plus, sont très peu élevés, mais très larges, en sorte que la coquille gagne plus en épaisseur, c'est-à-dire dans le sens de l'axe passant par l'ombilic et perpendiculairement à l'enroulement, que dans le sens de l'enroulement, et la coquille devient ainsi ovoïde ou même fusiforme, le grand axe passant par les ombilics. En outre, au lieu d'un cloisonnement régulier, avec des septa bien nets, séparant des loges bien libres, on trouve une disposition très différente. Plaçons-nous, par l'imagination, dans l'intérieur de la coquille en un point quelconque, les pieds tournés vers Taxe et la figure vers l'ouverture. Nous avons pour plancher la lamelle qui nous sépare du tour précédent, pour plafond celle qui nous sépare du tour suivant. A droite et à gauche, nous pourrions atteindre jusqu'à l'ombilic. Le plancher est lisse, mais le plafond est garni d'une épaisse couche de tissu labyrinthique qui rétrécit de moitié au moins l'espace déjà si restreint entre le plancher et la voûte. De distance en distance, sont les cloisons qui séparent les chambres. Ces cloisons sont obliques, complètes, mais formées du même tissu labyrinthique qui est à la voûte, en sorte qu'elles laissent communiquer les loges entre elles. Enfin, entre les cloisons, s'étendent des tubes calcaires qui subdivisent la loge en loges secondaires. On voit que la cavité de la coquille est aux trois quarts remplie par ces productions squelettiques : les loges anciennes le sont même tout à fait. La famille comprend seulement un autre genre :

Cyclammina (Brady), moins compliqué, simplement nautiloïde (Vivant).

PEUFORÉS

Fig. 197.

2* Ordre

PERFORÉS. — PERFORIDA

[Perforât A (Carpenter)] TYPE MORPHOLOGIQUE

(FIQ. 197)

Le corps mou n'offre, ici encore, aucune particularité différente de celles des Imperforés. La coquille (c) est calcaire et, sous sa forme la plus simple, sphéroïdale. Elle est munie d'un large orifice qui est la bouche (o), par où sortent des pseudopodes réticulés.

Hais, en outre, elleestpercée, sur toute sa surface, d'une multitude de fins pores qui donnent issue à des pseudopodes filiformes rayonnants -^-^= réticulés. Il existe un noyau mais, pas plus ici que chez les Perforés à coquille opaque, on ne sait s'il y a une vésicule pulsatile.

Comme chez les Imperforés, cette coquille simple, monothalame, réalise la forme primitive fondamentale; mais, comme chez eux aussi, cette forme peut se compliquer par l'adjonction de nouvelles loges qui s'unissent entre elles de façons très variées. Nous retrouverons ici les mêmes complications progressives que chez les Imperforés, et d'autres encore (*).

Perforé (Type morphologique).

^) Le caractère essentiel du Perforé est Ja perforation de la coquille. Nous avons trouvé dans le sous-ordre des Arénacês des formes qui émettaient aussi des prolongements protoplasmiques sur la surface du corps mais, la plupart du temps, ces prolongements étaient simplement destinés à la capture des éléments de la coquille; ce n'étaient pas de vrais pseudopodes réticulés comparables à ceux qui sortaient par la bouche. Dans les quelques cas où cette distinction n'eût pas été justifiée, il restait au moins ceci, que les pores par où ils sortaient étaient de simples hiatus entre les éléments dissociés de la coquille et nous ne les avons jamais rencontrés dans des coquilles compactes. La présence de pores définis, donnant issue à de vrais pseudopodes à travers une coquille compacte est donc le caractère essentiel des Perforida. Tout ce que nous avons dit de l'accroissement de la coquille à propos des Perforés à coquille calcaire (V. p. 109 et 117) s'applique naturellement ici.

Un Dimorphisme semblable à celui des Imperforés existe aussi chez beaucoup de Perforés. 11 n'y a qu'à appliquer ici tout ce que nous avons dit en discutant cette question à propos des Miliolides (V. p. 118) (*).

Nous diviserons les Perforés en six sous-ordres : Lagenid^e, à pores fins et sans enroulement vrai; CiulostomelliDjE, à pores fins et enroulement de Miliolide; TextularidjE, à pores fins et enroulement en hélice ; GlobigerinidjE, à pores larges et enroulement en spire obscure; RotalWjE, à pores laides et enroulement spiral régulier asymétrique; NuMMiLiTiDM, à pores fins et enroulement spiral régulier symétrique.

1*^ Sous-Obdrb

LAGÉNIDES. — LAGENID^

[Lagenid.e (Carpenter)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

Le type de ce sous-ordre serait une forme à perforations très fines, polythalame, à loges unies les unes aux autres en série linéaire, et agencées de telle façon que la partie supérieure de la précédente forme le fond de la suivante, les parois communes étant formées d'une seule lame calcaire qui appartient tout entière à la plus ancienne des deux. La forme de la série est, soit rectiligne, soit courbe, ou se complique d'autre manière. Enfin, il peut n'y avoir qu'une seule loge. De la combinaison de ceux de ces caractères qui sont variables, état monothalame oa polythalame et forme de la colonie dans le cas de polythalamie, résultent de nombreuses formes que Ton peut rattacher à quatre genres types.

GENRES

Lagena (Walker et Boys) (fig. 198) est monothalame et a une forme sphérique ou ovoïde ou en fuseau; la bouche est à un pôle, généralement portée par un col allongé. La coquille est compacte, brillante, percée de pores très fins (Vivant et fossile) (*).

Nodosaria (Lamarck) (fig. 199) est formé de plusieurs loges de Lagena disposées en ligne droite. La bouche est ronde (Vivant et fossile).

Fig. 199.

Nodosaria (Schj.

Lagena

(^) On l'a constaté dans les genres suivants : ('"*' ^'•«<^y)- Nodosaria, Dentalina, Siphogenerina, Rotalia, Truncatulina, Calcarina, Polystomelia, Amphistegina, Nummulites et Assilina,

(2) Dans ce genre on a taillé des sous-genres que l'on peut considérer comme de

PERFORÉS : LAGÉNIDES

Ce genre est le chef de file d'une longue série de genres dérivés (*).

Polymorphina{&g. 200) (d'Orbigny) justifie son nom par ses loges de forme très variable, disposées sur deux rangs ou en spirale, mais toujours d'une façon peu nette, et plus ou moins embrassantes, en sorte que les nouvelles cachent un nombre variable des anciennes (Vivant et fossile) (•).

Ramulina (Rupert Jones) (fig. 201) est formé, dans ses premières loges, comme une Polymorphine, mais continue par des loges armées de tubulures, les unes longitudinales servant à les

Fig. 201.

Polymorphina (im. Brady).

Ramulina (d'ap. Schiumberger).

simples espèces. Ils forment avec Lagena la famille des LAQEymjB [Lageninse (Bradj)]. Entosolenia (Ehrenberg) à col invaginé, FissuHna (Reuss) à bouche fissiforme, Capitetlina (Marsson) à col étranglé, Syoidium (Sandb.), genre douteux, la structure de son test étant inconnue.

(^) Voici, rapidement résumés, les caractères de ces genres : Dentalina (d'Orbigny), semblable à Nodosaria, mais légèrement courbe (Vivant et fossile); Rhabdogonium (Reuss), semblable au môme, mais à loges carénées, triangulaires ou qua-

drangulaires sur la section transversale (Vivant); Orthooerîna (d'Orbigny), à loges indistinctes à la surface ; Yaginulina (d'Orbigny), comprimé d'un côté (Vivant et fossile) ; MarginuUna (d'Orbigny), en crosse (Vivant et fossile) ; Planularia (Defrance), semblable, mais comprimé latéralement ; Crtstellaria (Lamarck), partiellement ou tout à fait spiral (Vivant et fossile) ; Lingullna (d'Orbigny), comme Nodosaria, mais comprimé et à bouche fissiforme ; Rimulina (d'Orbigny), Vaginulina à bouche fissiforme (Vivant et fossile) ; Robuiina (d'Orbigny), Cristellaria k bouche fissiforme (Vivant et fossile) ; Conulina (d'Orbigny), simple sous-genre du précédent; Glandulina (d'Orbigny), Nodosaria à loges embrassantes recouvrant la majeure partie des

précédentes (Vivant et fossile) ; Psecadium (Reuss), sous-genre de Robuiina; Frondhularia (Defrance), comprimé en feuille et à loges triangulaires embrassantes,

cachant les précédentes (Vivant et fossile) ; Flabellina (d'Orbigny), semblable au précédent, mais à premières loges enroulées en

spire comme chez Cristellaria (Fossile); Amphimorphina (Neugeboren), commençant en Frondicularia et finissant en Nodosaria; Dentalinopsis (Reuss), commençant en Rhabdogonium et finissant en Nodosaria ; >l/np^/cory/?e (Schiumberger), commençant en 67rû/e//aria et finissant en iVorfo5a n'a (Vivant) ; Lingufinopsis (Reuss), commençant en Cristellaria et finissant en Lingulina, dont il ne constitue guère qu'un simple sous-genre.

Tous ces genres forment, avec leur chef de file, la famille des Nodosabiiy^ [genre Nodosarina (Carpenter)].

(*) Genres voisins :

Dimorphina (d'Orbigny), qui commence en Polymorphina et finit en Nodosaria (Fossile) ;

unir aux loges précédente et suivante, les autres latérales qui servent à fixer l'animal tandis que la loge elle-même est libre (Vivant) (*).

2* Sous-Ordre CHILOSTOMELLIDES. — CHILOSTOMELLID^E

[Chilostomellidm (Brady); — Cryptostegia (Reuss)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

On peut s'en faire une idée en imaginant un Perforé polythalame à fins pores dont les loges sont disposées suivant la loi des Miliolides, c'est-à-dire formant chacune un demi-tour et transportant la bouche alternativement d'un pôle à l'autre de la coquille. Comme chez les Miliolides, elles peuvent revêtir l'apparence bi-, tri- ou uniloculinaire.

GENRES

Allomorphina (Reuss) (fig. 202) est construit comme une Triloculine, c'est-à-dire formé de loges embrassantes sur trois rangs, chaque loge nouvelle cachant la plus ancienne des trois ^*fi^- ^^• précédentes et transportant la bouche fissiforme à son extrémité (Vivant et fossile).

Chilostomella (Reuss) est un Allomorphina ^ mais construit comme une Biloculine, sauf que les loges sont plus enveloppantes, en sorte que Ton ne voit qu'une faible partie de la précédente. La bouche est successivement trans- Allomorphina portée aux deux extrémités de l'axe (Vivant et fossile). (im, Brady).

Ellipsoidina (Seguenza) est complètement embrassant et ne

laisse voir que la dernière loge comme les Uniloculines. Mais, à Tintérieur, toutes Les loges ont la bouche dirigée dans le même sens et sont réunies entre elles par une petite colonne insérée près de la bouche fissiforme (Vivant et fossile) (*).

Uvigerina (d'Orbigny) qui a ses loges disposées sur trois rangs en spire hélicoïdale et la

bouche prolongée en col (Vivant et fossile); Sagrina (d'Orbigny) qui commence en Uvigerina et se termine en Nodosaria (Vivant et fossile).

Ces genres forment avec leur genre type la famille des Polymouphiutm [Pofymor^ phininx (Brady)].

(^) Genre unique de la famille des Ramvlix^ [Ramulininse (Brady)].

(2) Cet arrangement des loges qui rappelle celui des Globigérines. sauf qu'il n'est pas spiral comme chez celles-ci, donne la raison pour laquelle ces êtres avaient été réunis sous le nom de Cryptostegia (Reuss) aux Globigérines; mais celles-ci s'en distinguent, oulre le caractère sus-indiqué, par la grandeur de leurs pores.

PERFORÉS : TEXTULARIDES 139

' 3* SOUS-OUDRE

TEXTULARIDES. — TEXTULARIDAi

[TextularidjE (Brady)]

TYPE MORPHOLOGIQUE C'est un Perforé polythalame à fins pores, à test hyalin chez les petites formes, recouvert chez les grandes d'une couche arénacée, ayant ses loges disposées toujours en hélice, mais de telle façon que, souvent, Thélicc portant juste deux ou trois loges par tour, celles-ci ont Tair disposées sur deux ou trois rangées parallèles non spirales. Souvent l'enroulement varie avec Tâge.

GENRES

Textularia (Defrance) (fig. 203) est formé de loges arrondies, assez peu embrassantes, disposées sur deux rangées contiguës. Les nouvelles loges appartiennent alternativement à Tune et ^'^' ^°^*

à l'autre rangée et portent la bouche, en fente verticale, à leur bord interne presque sur le prolongement de la ligne de suture des deux rangées. La coquille est calcaire et finement poreuse (Fossile) (*).

(^) A ce genre se rattachent de nombreuses formes dont beaucoup pourraient être comptées comme de simples sous-genres :

Plecanium (Reuss), formé de particules arénacées (Vivant et fossile);

Yenillâ (Giimbel), qui commence en Plecanium et finit en Liguline Textularia (Sch.). (Fossile) ;

Grammostomum (Ehrenberg), à bouche terminale et corps déprimé d'avant en arrière (Vivant et fossile);

Schizophora (Reuss), Grammostomum finissant par des loges unisériées (Fossile);

Qemmulina (d'Orbigny), qui diffère du précédent par sa bouche ronde (Vivant) ;

Cuneoh'na (d'Orbigny), à corps comprimé en sens inverse de Gram- ^^^ ^^^

mostomum et autres, c'est-à-dire ajant les deux séries de loges aplaties Tune contre l'autre (Vivant et fossile) ;

YerneuHina (d'Orbigny), à coquille arénacée, à loges sur trois rangs donnant à la coquille la forme d'une pjramide triangulaire, et à bouche de Textularia (Vivant et fossile);

Tritaxia (Reuss), Vemeuilina à bouche centrale (Vivant et fossile);

ffevM/a (Schwager), Vemeuilina à coquille calcaire (Fossile) ;

Valvulina (d'Orbigny), semblable à Vemeuilina, à coquille arénacée comme chez celui-ci, mais à grains très fins et à bouche recouverte d'une lèvre (Vivant et fossjle) ;

Bigenerina (d'Orbigny), commençant en Textularia et finissant par

des loges unisériées en ligne droite, avec une bouche ronde 5- /^

terminale (Vivant et fossile) ; (d'op'^s^umberger).

Siphogenerina iSchlumberger) (fig. 204), différant de Bigenerina par ^^ ^^tier; b, en coupe, la présence d'un canal inférieur qui réunit toutes les loges et ne leur permet de communiquer que par une fente dont il est percé au-dessus de chaque bouche (Vivant et fossile);

Bulimina (d'Orbigny) (flg. 205) est construit sur un autre plan. Ses loges sont

enroulées en hélice et forment une

coquille turbinée. La bouche, en ^''«' ^^^' Fig^m.

virgule, est placée sur le côté de la

dernière loge (Vivant et fossile) (*).

Cass/cfi///>7a(d'0rbigny)(fig. 206) peut

être défini une Textulaire dont la

coquille, à deux séries de loges,

serait enroulée en spirale; la

bouche est latérale, en fente (Vi- UuUmina CassiduUna

vant et fossile) (*).

(im. Gappenter). (Sch.).

Pavonina (d'Orbigny), semblable à Bigenerina, mais la partie qui, chez celui-ci, eat droite

devenant ici courbe, aplatie et en éventail, et la bouche étant cribriforme (Vivant);

Spiropleota (Ehrenberg), différant de Textularia par ses premières loges enroulées en

spirale (Vivant et fossile) ; Gaudryina (d'Orbigny), à loges d'abord trisériées, puis bi- ou unisériées et à bouche en

fente (Fossile); Plectina (Marsson), représentant un Gaudryina à bouche ronde (Fossile); Cfavulina (d'Orbigny), à loges d'abord trisériées, puis unisériées, à coquille arénacée et k

bouche valvulée (Vivant) ; Climacammina (Brady), à loges disposées à peu prés comme chez une Textulaire, mais k bouche très large et fermée d'une plaque cribreuse, et à coquille calcaire revêtue d'une couche extérieure arénacée à ciment calcaire (Fossile); Tetrataxis (Ehrenberg, emend, Nôller), à loges disposées en hélice conique à axe creux communiquant toutes avec cette cavité columellaire par leur bouche tournée en dedans, et à coquille formée de deux couches, comme chez le précédent, mais avec la couche arénacée en dedans (Fossile); Chrysalidina (d'Orbigny), qui peut être défini une Textulaire trisériée à bouche de Climacammina (Vivant et fossile).

Tous ces genres forment avec la Textulaire la famille des Tejtularixjs [Textularidse (Garpenter)].

(^) Genres voisins :

Robertina (d'Orbigny) n'est qu'un sous-genre de Bulimina (Vivant et fossile) ; Virgulina (d'Orbigny), dont le pas de Thélice est tel que les loges tendent à reprendre une

disposition irrégulièrement bisériée (Vivant et fossile); Bolivina ;d'Orbigny), tout à fait bisérié, mais que sa bouche de Bulimine empoche de

joindre aux Textulaires (Vivant et fossile); Pleurostomella (Reuss), à loges bisériées aussi, mais à bouche de Bulimine très élargie et

entaillée à son bord inférieur (Vivant et fossile); Bifarina (Parker et Jones), commençant en hélice et se terminant par des loges unisériées.

Ces genres forment la famille des BuuMjy^ [Buliminx (Brady)]. (*) Genres voisins :

Orthoplecta (Brady), qui n'est qu'un sous-genre du précédent; Ehrenbergia (Reuss], qui pourrait être défini : une Cassiduline déroulée.

Ces trois genres forment la famille des Cassiduline [Cassidulina (Brady)].

PERFORÉS : GLOBIGÉRINIDES

4® Sous-Ordre GLOBIGÉRINIDES. — GLOBIGERINW.^.

[Globigerïnidm (Brady)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

C'est un Perforé formé d'un petit nombre de loges sphériques, percées de gros et rares pores et disposées en spirale obscure.

GENRES

(jlobigerina (d'Orbigny) (flg.207 et 208) est une forme polythalame très petite, formée de loges sphériques sou-

Fig. 207.

Fig. 208.

dées les unes aux autres en spire confuse. Les loges ne s'ouvrent pas les unes dans les autres : la spire réserve une sorte de cavité ombilicale dans laquelle toutes les bouches s'ouvrent plus ou moins profondément, ou bien cette cavité ombilicale est effacée et la dernière loge seule s'ouvre par la bouche, à côté de la dépression qui la représente (Vivant et fossile) (*). Orbulina (d'Orbigny) (fig. 209 à 211) est très petit aussi, formé d'une coquille calcaire entièrement sphérique, avec deux sortes de perforations, les

Globigerina (Sch.).

Vu du côté dorsal.

Globigerina (Sch.).

Vu du côté ventral.

Fig. 20».

Fig. 210.

Fig. 211.

Orbulina (im. Schlumberger) .

Orbulina (Aire d'adhérence vue de face) (im. Rhumbler).

Orbulina (Coupe) (Sch.).

unes {a) larges, espacées, les autres (ft), petites, serrées. Il n'y a que rarement, en outre de cela, une ouverture plus large que l'on puisse considérer comme bouche. Les individus très adultes sont tous réduits à cela et sont, par conséquent, monothalames. Mais les autres ont, en

(M Le lest des formes pélagiques est toujours hérissé d'épines; ce genre est commun dans toutes les mers, pélagique ou dans les grands fonds.

142 LES RHIZ0P0DE8

outre, à leur intérieur, une masse très semblable à une Globigérine, soudée par sa plus grande loge et par les extrémités de ses épines à la face interne du test de TOrbuline (*).

Les recherches récentes de Rhumdler [94] ont montré que les choses se passent de la manière suivante. Les Globigérines sont de deux sortes, les unes à test épais, les autres à test extrêmement mince. Les premières constituent le genre Globigerina^ les secondes ne sont que des jeunes d'Orbulina encore dépourvus delà loge sphérique caractéristique. Les deux sortes de Globigérines grandissent avec des caractères très semblables (sauf l'épaisseur du test) et se munissent des mêmes grandes épines. Si certaines ont été décrites comme étant dépourvues de ces appendices, c'étaient des Globigérines minces (futures Orbulines) dont les épines avaient été rompues par Tengin de pêche, en raison même de la fragilité de leur test. Quand les Globigérines minces arrivent à posséder douze à quatorze loges, elles se sécrètent une grande loge sphérique emboîtante et les voilà Orbulines avec Globigérine incluse. A ce moment la Globigérine occupe environ les 2/3 de la cavité de TOrbuline, et c'est à ce stade qu'appartiennent les formes présentant à peu près le rapport de taille indiqué. Mais, après un certain temps, la Globigérine incluse commence à entrer en dégénérescence : son calcaire se résorbe, ses loges se réduisent à des lamelles membraneuses qui s'affaissent les unes sur les autres et finissent par disparaître tout à fait. Toutes les Orbulines de grande taille sont dans ce cas. Elles contiennent parfois deux ou trois loges sphériques, incluses, concentriques, mais jamais de spire globigérinienne (*).

(1) On avait cru jusqu'ici que toutes les Orbulines étaient d'abord dépourvues de Globigérine, que certains individus en restaient dépourvus pendant toute leur vie, et que d'autres (dans la même espèce) en formaient une à leur intérieur, à un certain moment de leur existence, par bourgeonnement interne à l'intérieur de la loge périphérique. Il y aurait eu \k dimorpbisme comme chez les Milioles, existence simultanée des deux formes l'une B avec, l'autre A sans spire globigérinienne interne, avec cette différence qu'ici la loge initiale, loge sphérique orbulinienne, est à la périphérie et que les loges spiralùes de la forme B poussent à son intérieur.

(2) Cette remarquable modification de la forme avec l'âge serait due à l'adaptation, les Globigérines étant pélagiques, celles à test mince sont exposées à être endommagées par l'action des vagues et prendraient, lorsque leur taille et le nombre de leurs loges deviennent assez grands pour que le danger soit réel, cette forme sphérique si avantageuse en pareil cas. C'est là évidemment une hypothèse. Mais le fait que révolution ôntogénétique se passe comme il vient d'être dit repose sur des observations très démonstratives. Rhumblbr a trouvé, en effet, des Orbulines chez lesquelles la spire globigérinienne, au lieu d'être soudée à la face interne du test, faisait partie de sa surface sur une certaine étendue; et l'on voyait (fig. 210, 2il), sur le test à trous plus grands et de deux sortes de i'Orbuline, une région perforée comme chez les Globigérines de trous beaucoup plus petits et tous égaux. Cela est impossible à expliquer si l'on admet que la loge orbulinienne est la première formée, et s'explique au contraire très aisément si c'est la spire globigérinienne qui a formé la loge orbulinienne: la loge enveloppante a laissé libre une portion plus ou moins étendue de la spire enveloppée. Enûn, la présence des loges membraneuses flétries est la preuve formelle

PERFORÉS : GLODIGÉRINIDES 143

Hastiê^rina (Wyville Thompson) (fig. 204) a une coquille nautiloïde à parois minces, percées de pores fins et armés de longues épines. La bouche est grande, en croissant. Toute la coquille est noyée au sein d'une masse de protoplasma vacuolaire qui émet de fins pseudopodes réticulés. Les longues épines calcaires sont creuses et remplies de protoplasma (Une seule espèce, vivante, pélagique).

Mikrocometes (Cienkovsky) est remarquable par sa coquille chitineuse percée de une à cinq ouvertures représentant de gros pores, et par son habitat : c'est,

avec le genre Entzia (Daday), le seul Hastigerina (im. Brady).

Perforé qui ne soit pas marin (Eau douce et étangs salés) (*).

5« Sous-Ordrk

ROTALIDES. — ROTALID.^

[RoTAUD.E (Brady)]

C'est une coquille polythalame, enroulée en spirale régulière, et plus embrassante à la face inférieure qu'à la supérieure B, '^' ^"" en sorte que celle-ci est concave et laisse voir toutes

les loges de la coquille, tandis que Tinférieure, légèrement convexe, ne laisse voir que celles du dernier tour. C'est elle qui porte la bouche fissiforme. Le test est percé de larges pores. Les parois communes ne sont pas doubles, mais formées seulement par la paroi de la plus ancienne des deux A, Les loges communiquent entre elles par des orifices fissi-

Rotalide(Sch.).. formCS (•).

d'une dégénérescence de la portion globigérinienne à l'inlérieur de l'Orbuline et est

incompatible, au contraire, avec l'hypothèse de loges globigériniennes à l'intérieur

de rOrbuIine.

{}) A ces genres principaux s'ajoutent les quelques genres secondaires suivants : Pullenia (Parker et Jones), formant une spire à plusieurs tours, mais à loges très

embrassantes, en sorte qu'on n'en voit qu'une partie; toutes les loges communiquent

entre elles. Les perforations sont très fines, la bouche est au ras du tour précédent

(Vivant et fossile) ; Sphœroîdina (d'Orbigny), à loges plus embrassantes encore, en sorte qu'on ne voit que

les trois à quatre dernières (Vivant et fossile); Candeîna (d'Orbignj), à enroulement trochoïde et à bouche remplacée par des orifices

percés le long des sutures (Vivant).

(*) Mais parfois les parois sont doubles et il peut arriver que la convexité soit à la

LES RIIIZOPODES

Fig. 214.

Fig. 215.

Le mode de reproduction par bourgeonnement interne, y compris le mode de division du noyau décrit chez les Miliolides (V. p. 120) a été observé aussi chez quelques Rotalides (/)îscorima). Les jeunes sortent par rupture de la coquille maternelle.

GENRES

Sp/r/7//na (Ehrenberg) (fig. 214) est conformé comme un Comuspira, sans divisionsintérieures; on ne la rattache à ce sous-ordre, et avec quelques doutes, qu'en raison de son test perforé de gros canaux (Vivant et fossile) (•).

Discorbina (Parker et Jones) (fig. 215) retrace presque exactement notre type nlorphologique, mais la face inférieure n'est pas concave, étant remplie par un dépôt secondaire de calcaire non poreux (Vivant et fossile).

Rota//a (F-.amarck, entend, Parker et Jones) (fig. 216) a des pores très fins, un enroulement hélicoïdal et, chez les grandes espèces du moins, les cloisons communes des loges sont Fig- ate^ doubles et comprennent entre elles un espace vide d'où partent vers la surface des canaux qui se bifurquent avant de l'atteindre. (Vivant et fossile) (*).

SpirilUna (im. Brady).

Discorbina (im. Brady).

Rotalia (Sch.).

face inférieure, bien que celle-ci resle plus embrassante, et

que les parois des loges soient doubles et parcourues par

un système de canaux du test, mais cela est exceptionnel dans

ce sous-ordre.

(^) Il forme à lui seul la famille des Spirtllis\e [SpirilUnina (Brady)]. (2) Genres voisins :

Asteriger'ina (d'Orbigny), simple sousgenre du précédent; Planorbulina (d'Orbigny), fixé par sa face supérieure devenue plane et laissant voir à

peu près toutes les loges des deux côtés (Vivant et fossile) ; Truncatulina (d'Orbigny), fortement convexe en dessous, plan ou concave en dessus

(Vivant et fossile) ; >1/?oma//Vîa (Parker et Jones), à tours de spire marqués très fortement et à peu près autant

en dessus qu'en dessous (Vivant et fossile) ; Planulina (d'Orbigny), très plat, presque symétrique (Vivant et fossile)

(Ces trois genres ne sont guère que des sous-genres de Planorbulina] ; Pulvinulina (Parker et Jones), biconvexe, à ombilic souvent comblé; test à pores fins

(Vivant et fossile); Cribrospira (Môller), en hélice, à dernier tour- seul visible, à orifice terminal cribreux,

à cloisons simples et à pores larges (Fossile); Cymbalopora (Hagenof) à loges enroulées d'abord en hélice, puis en cercle, fonnaol

un cône surbaissé à axe creux dans lequel s'ouvrent les cavités des loges

(Vivant et fossile) ; Carpenteria (Gray), disposé comme le précédent, mais moins régulièrement et

fixé par la base du cône dont le sommet tronqué, servant de bouche commune, se

prolonge parfois en un tube simple ou dendritique (Vivant) ;

perforés: rotalides

Fig. 217.

Calcarina (Sch

Calcarina (d'Orbigny) (fig. 217) est constitué comme Rotalia, mais est recouvert d'un dépôt calcaire concrétionné appelé intersqueletie, qui garnit toute la surface, comble toutes les dépressions, tous les intervalles, ne laissant apercevoir qu'une faible partie du test (les dernières loges à la face inférieure) et des épines très développées, insérées sur le test et traversant cet intersquelette. Celuici se dépose pendant toute la vie, en sorte qu'il existe jusqu'au centre de la masse séparant lés tours de spire; mais il augmente d'épaisseur avec l'âge, en sorte que la coquille vraie, avec ses loges à paroi propre mince, y est complètement noyée. Ces parois propres sont percées des gros pores habituels; l'intersquelette, au contraire, est parcouru d'un riche système de fins canaux ramifiés et anastomosés qui viennent s'ouvrir à la surface (Vivant et fossiJe) (■). Tinoporus (Carpenter) (fig. 218) a une forme variant de la sphère au cône et à la lentille, souvent avec de gros tubercules très saillants; il est formé de loges cuboïdes, toutes semblables, disposées en strates horizontaux et verticaux séparés par des lames calcaires de même direction; les parois des loges sont simples, généralement sans canaux dans leur épaisseur; les horizontales sont percées de nombreux et fins pores, les verticales d'un petit nombre d'orifices plus larges, en sorte qu'elles communiquent toutes ensemble; les superficielles communiquent par leurs pores avec le dehors, mais il n'y a pas de grand orifice méritant le nom de bouche. Quand on examine avec soin la disposition des loges, on voit qu'il y en a au centre un certain nombre enroulées en une spire plane régulière, tandis que les autres sont orientées radiairement. Ces loges spirales constituent la coquille primitive et les autres sont des loges accessoires, développées comme celles de la cavité axiale des Patellines dans un squelette secondaire abondant qui s'est rapidement développé autour de la coquille primitive, et a empêché son développement ultérieur. Un système de canaux, s'ouvrant, d'une part dans les chambres, d'autre part au dehors se montre dans ce squele.tte secondaire et en particulier dans ses protubérances spiniformes (Vivant et fossile) (*).

Fig. 218.

Tinoporus (im. Brady).

Bupertia (Wallich), dont la coquille a un enroulement spiral irrégulier déterminant une masse sphérique irrégulière où les loges ne sont pas visibles et qui est fixée par une colonnelte dépourvue de pores (Vivant) ; Pstellinâ (Williamson), enroulé comme le précédent, mais à cavité axiale remplie de loges irrégulièrement empilées communiquant avec celles de la surface, qui sont incomplètement divisées en logettes par des sepla radiaires (Vivant et fossile).

(^) Tous ces genres, depuis et y compris Discor bina, forment la famille des Rotalin^ [Rotalina (Brady)].

(•) «M. Munler-Ghalraas pense que certains genres de Foraminifèresse comportent

Fig. 219.

Polytrema (Risso) (fig. 219) est formé d'une base encroûtante dans laquelle on reconnaît, au centre, un groupe de loges à arrangement spiral qui représente la coquille primitive. Mais à ces loges primitives s'en ajoutent d'autres, beaucoup plus nombreuses, qui s'entassent d'abord en couches irréguiières, puis forment des tubes dressés ramifiés, creux. Cela donne à l'animal la forme d'un petit Polypier et, comme il est ordinairement rouge, il a été longtemps pris pour une sorte de Corail. Les loges de ce système secondaire n'ont pas de pores ordinaires, et leurs communications entre elles et avec le dehors s'établissent par des sortes d'enfoncements en forme de piliers creux qui partent du plancher des loges, et descendent dans la loge sous-jacente, la traversent et se fixent à son plancher. La cavité de ces piliers s'ouvre ea haut à plein canal dans la loge supérieure, et en bas, par des orifices latéraux, dans la sous-jacente. Pour les loges superficielles, le tube s'ouvre distalement en dehors (*).

Polytrema {P. cylindricum) (d'ap. Carter) montrant une coupe transversale, l'ensemble de l'animal, le détail de la surface et une partie de la section transversale plus grossie.

comme s'ils représentaient des colonies dérivées par blastogénèse de types simples. Dans cette hypothèse, les loges sériées qui se développent sur le pourtour ou sur les côtés d'un individu central ou médian, représenteraient un développement blastogénétique ; ainsi Tinoporus serait une colonie dérivée d*un type simple analogue à Calcarina, Il en serait de même des rapports d* Orbitoïdes et de Cycloclypeus , Dans ce même ordre d'idées Dicyclina représenterait deux individus d* Orbitolina accolés par la face qui ne porte pas le réseau externe».

Cette note nous est communiquée par M. Munier-Chalmas.

Nous exprimons à notre collègue nos remerciements pour l'obligeance avec laquelle il a bien voulu nous donner la primeur de ses idées nouvelles. Mais il nous semble difficile d'interpréter comme un phénomène blastogénétique la formation des loges secondaires quand les loges de la coquille primitive se forment par un phénomène d'accroissement.

Qui dit blastogénèse, en effet, dit formation d'un nouvel individu par bourgeonnement. Or chez ces êtres, l'individu comporte au moins un noyau : une loge sans noyau n'est pas un individu. Chez la Polystomelle macrosphérique, par exemple, la formation des nouvelles loges est un phénomène d'accroissement et non de blastogénèse : cela est démontré par le fait que le noyau reste unique pendant leur formation. Pour que Ton put dire que chez Tinoporus, les loges delà coquille primitive se sont formées par accroissement et celles de la coquille secondaire par blastogénèse, il faudrait que l'on ait constaté que le noyau reste unique pour la formation des loges de la première et se divise pour former les loges de la seconde. Or personne n'a constaté cela et nous sommes convaincus qu'en cherchant à le vérifier on reconnaîtrait que les choses ne se passent pas ainsi. Très probablement, ici comme ailleurs, le noyau reste unique pendant l'accroissement de l'individu et se divise seulement à certains moments pour sa reproduction.

(1) Genres voisins :

Gypsina (Carter), parfois fixé et encroûtant, grossièrement perforé, sans système de

PERFORÉS : NUMMULITIDES 147

6® Sous-Ordre

NUMMULITIDES. — NUMMULITIDjE,

[Ni'MMULiNiDA (Carpenter, entend. Brady)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

C'est un Perforé libre, à pores Ans, polythalame, à enroulement régulièrement spiral et symétrique. Mais les parois des loges sont doubles, en ce sens que, lorsqu'une nouvelle loge se forme, elle ne se contente pas, là où elle confine aux loges anciennes, de la paroi de celles-ci, mais en sécrète une autre qui la double. Dans Tespace entre ces deux parois contiguës, naît un système compliqué de canaux. Enfin, un squelette supplémentaire et perforé se développe dans divers points* Mais il n'est guère possible de systématiser les dispositions de ces diverses parties; elles seront indiquées dans la description des genres.

GENRES

FusuHna (Fischer de Waldheim) (fig. 220). La coquille a Taspect d'un petit fuseau de 10 à 12 millimètres de long. Pour la disposition intérieure des loges primaires et de leurs cloisons, c'est absolument une Alvéoline.

Ce sont les mêmes

*^* * loges, basses et

^ ^ restant basses mal-

\ coup pour faire un

Fiisnlina (im. Carpenter). t^U»*» ^ais larges

et augmentant de plus en plus en largeur à mesure que la coquille s'accroît, de manière à être toujours absolument embrassantes, s'étendant d'un pôle à l'autre de la coquille dans toute la longueur du méridien correspondant. La bouche forme une longue fente méridienne. Les cloisons primaires

canaux ni protubérances (Vivant et peut-être fossile, mais cela n'est pas certain); Aphnsina (Carter), finement perforé, fixé, encroûtant (Vivant) ; Thâlâmopora (Rômer), en forme de tigelle ramifiée, fixée par sa base et dépourvue de

bouche ( Fossile) ; Flabelliporua (Dervieux), caractérisé par le fait que les loges de la coquille initiale sont

laissées tout au bord de la coquille par les logettes secondaires qui sont plus petites,

d*abord semi-lunaires, puis rhomboïdales.

Ces genres forment la famille des Tisoforis^ [Tinoporinae (Brady)] qui a pour

caraclère cette combinaison de loges primitives régulièrement spirales et de loges

secoDdaires tout autrement disposées que Ton retrouve chez tous.

148 LES nHIZOPODES

sont simples comme chez TAlvéoline. Mais le test est perforé de très fins pores extrêmement serrés. 11 y a, en outre, des différences dans le détail de la structure. Ici, en effet, les cloisons primaires sont complètes et séparent entièrement les loges (/.),sauf un assez large orifice fissiforme (o) au ras du plancher, dans le plan équatorial de la coquille. Tous ces orifices forment donc un canal spiral ininterrompu qui traverse toutes les loges en leur milieu. 11 n'y a ni cloisons secondaires, ni cloisons tertiaires; mais il y a cependant des loges secondaires produites de la manière suivante. Les cloisons ne sont pas des lames planes. Elles sont planes seulement dans I/o environ de leur hauteur, le long du plafond (a, b); mais dans les quatre autres cinquièmes, elles sont fortement onduleuses, plissées, disons môme gaufrées. Les plis sont disposés perpendiculairement à la hauteur de la cloison, s'avançant alternativement dans les cavités des deux loges que la cloison sépare. Ils sont si saillants qu'ils arrivent à se rencontrer d'une cloison à l'autre, divisant aussi la loge en logettes (c). Mais ces logettes ne régnent, comme les plis, que dans les 4/5 de la hauteur de la loge et communiquent ainsi toutes avec elle le long du plafond de celle-ci (Fossile) (*). Polystomella (Lamarck) (fig. 2:21 , 222 et 223). La coquille a un enroulement nautiloïde symétrique. Les loges sont nombreuses à chaque tour et très embrassantes, mais pas complètement, en sorte qu'à l'ombilic on devrait, Pj , 221. ^® chaque côté, voir tous les tours

précédents. On les voit en effet sur l'animal décalcifié. Mais, le plus souvent, l'ombilic est comblé par un tissu squelettique secondaire, en sorte que l'ensemble devient lenticulaire.

Les cloisons de séparation des loges sont simples et perforées d'une ran- Poiystomeiia. géc dc trémas disposés sur une seule

Entier (d'ap. Brady) ligne uu pcu au-dcssus du plancher.

et ca Cl e ( ap. arpen er). jj ^^ ^^^ ^^ même pOUr Torifice buC-

cal. Enfin, les loges envoient en arrière des prolongements en cul-de-sac

(^) Genres voisins :

Hemifusulina (Môller) n'est guère qu'un sous-genre des Fusulines, mais ses cloisons sont formées de deux lamelles entre lesquelles règne un espace qui s'ouvre dans la loge par une fente située au-dessus de l'oriûce de communication des loges. Dans cet espace se trouve, en outre, un système de canaux ramifiés (Fossile);

Fusulinella (Môller) considéré par les uns comme un sous-genre des Fusulines serait pour les autres un Imperforé voisin d'Als'eolina (Fossile);

Schwaggerina (Môller) diffère de la Fusuline en ce que ses cloisons, dans la plus grande partie de leur étendue, ne sont pas plissées; mais, en approchant de l'axe, elles deviennent brusquement très sinueuses, se ramifient, anastomosent leurs ramiOcations et forment là un tissu irrégulièrement réticulé, à peu près comme chez les Nummulites (V. p. 150) (Fossile).

Ces trois genres forment la famille des Fusuu?hn£ [Fusilininœ (Brady)].

PERFORÉS : NIJMMULITIDES 149

qui font saillie sur son bord postérieur. En outre de cela, il existe un système de canaux interseptaux et, de chaque côté, un canal spiral qui suit la spire ombilicale (*).

Ces deux canaux (fîg. 222) sont réunis par des canaux méridiens {cL) qui suivent la suture de chaque cloison avec le plafond de sa loge. Ces canaux méridiens émettent : 1** des canaux divergents [cd.) qui se portent alternativement en avant et en arrière, dans le plafond de la loge suivante

cl \<^y\

Polyslomella (Sch.).

Test coupé pour montrer la disposition des loges et des canaux interseptaux.

c, cnls-do-sae des loges; cd., canaux divergents; cl., canaux méridiens; cps.» canal hélicoïdal supérieur; cspl., canal hélicoïdal inférieur; ext., surface extemo du test; I.O.I., loges coupées longitudinalemont; I.o.t., loges coupées transversalement; o., o., trémas faisant communiquer les loges entre elles; p., pores terminaux des canaux divergents.

et dans celui de la précédente, et, très courts, se terminent presque immédiatement à la surface externe de ce plafond. Au dernier tour, ces canaux s'ouvrent donc au dehors par deux rangées de pores (jo.) parallèles à la suture; mais aux tours précédents, ils s'ouvrent dans les loges situées au-dessus d'eux et établissent ainsi une communication entre ces loges et le système des canaux. Les canaux méridiens émettent, en outre, des canaux convergents qui descendent dans l'épaisseur de la cloison sous-

[^; Pour bien comprendre celte slruclure, supposons enlevé le bouchon calcaire qui comble l'ombilic de chaque côtô. Les tours n'étant pas complètement embrassants, on voit de chacun de ceux qui précèdent le dernier, une étroite bordure. Cette bordure dessine un petit trottoir hélicoïdal qui va, en descendant, de la bouche au centre de l'ombilic. Le long de cette hélice règne, de chaque côté, un canal. Ce canal est logé exactement dans l'angle entre les deux tours, sous le bord extrême du plus jeune des deux, étant formé par un espace que laisse chaque nouvelle loge en se soudant à la loge correspondante du tour précédent.

150 LES nHIZOPODES

jacente et vont se jeter dans les trémas (o) de communication entre les loges. Les deux masses calcaires qui comblent les ombilics, sont percées de canaux à peu près rectilignes, partant du canal spiral sous-jacent et débouchant au dehors par de fins pores. Tous les canaux sont occupés par des prolongements du protoplasma comparables aux pseudopodes (vivant et fossile).

Les Polystomelles sont dimorphes. La forme B, beaucoup plus rare que Tautre ne se rencontre guère qu'une fois sur quarante. C'est à elle surtout, parmi les Perforés, que s'applique *^* la théorie de Lister du Dimorphisme initial et des zoospores. .^ , Nous renvoyons pour le détail à Texposé que nous en avons L^ }L donné à propos des Miliolides (V. p. 118) (*). ^ -f^,,^ Nummulites (Lamarck) (fig. 224, 225). La coquille est lenticu- ^^ laire; elle a donc un axe très court. Malgré cela, elle est cons- Poiystomeiia. truite essentiellement comme une Fusuline, et la différence Spoï-esflagenées de forme tient seulement à ce que les parties latérales des loges sont si plates qu'elles n'augmentent, à chaque tour, l'épaisseur de la coquille que d'une quantité très faible relativement à son augmentation de diamètre dans le plan équatorial. Les loges sont donc, comme celles de la Fusuline, étendues d'un pôle à l'autre tout le long des méridiens; mais, au lieu d'être à peine concaves vers le centre de la coquille, elles sont formées de deux moitiés qui se joignent au bord de la coquille sous un angle très aigu. Il y a un grand nombre de tours et Fig. 224. "" grand nombre de loges par tour. Le dernier tour est circulaire, il se ferme donc sur lui-même, en sorte qu'il n'y a pas de bouche. Les cloisons sont complètes, sauf un orifice fîssiforme au ras du plancher dans le plan équatorial, comme chez la Fusuline. Elles sont convexes vers la bouche et régulièrement disposées dans toute leur partie moyenne équatoriale, mais dans ces prolongements latéraux dirigés vers les pôles ou centre de la coquille, elles deviennent très irrégulières, se ramifient, s'anasto- Nnmmuhtes moscut cutrc ellcs et donnent naissance à une sorte

structure (bch.). ^ . - ,.

de reseau irrégulier.

Les cloisons sont doubles ainsi que toutes les parois communes

(1) Le noyau toujours unique de la forme A est constamment situé dans une des deux ou trois dernières loges de l'avant-dernier tour. L*un de nous a observé comment il s'étire pour passer, au fur et à mesure de l'accroissement, d'une loge dans la suivante, par quelqu'un des orifices de communication beaucoup plus étroits que lui. Nonionina (d'Orbigny) diffère du précédent par sa bouche fîssiforme, ses septa percés d'une fente unique dans le plan équatorial, l'absence des prolongements en cul-de-sac des loges et le faible développement du système de canaux du test (Vivant et fossile).

Ces deux genres forment la famille des Polystomklli.we [Polystomellinx (Brady)].

PERFORÉS : NUMMILITIDES 151

des loges et, entre ces parois, s'étend un système de canaux du test qu'il faut maintenant décrire. Il y a d'abord deux canaux spiraux, comme chez les Polystomelles, mais autrement situés : au lieu d'être relégués à la partie la plus externe de la loge, ce qui, ici, les confondrait au pôle, ils sont tout près de l'équateur, séparés Tun de l'autre seulement par l'orifice fissiforme qui perce les cloisons pour faire communiquer les loges; ils sont contenus entre le plafond de la loge d'au-dessous et le plancher de la loge d'au-dessus. De ces canaux partent des ramifications qui se répandent dans l'épaisseur des cloisons et y forment tout un réseau. De nombreuses branches de ce réseau s'ouvrent dans les loges et établissent la communication avec celles-ci, pour permettre au protoplasma de les envahir. En outre, il existe, le long du bord dorsal des loges, exactement dans le plan équatorial, une bande calcaire imperforée constituée par un épaississement de la paroi en ce point. Cette bande, appelée cordon dorsal suit naturel- 225

lement tous les tours de spire dans le plan équatorial. Le cordon dorsal est parcouru dans toute sa longueur par quatre canaux plus petits que les canaux spiraux, mais qui donnent, comme eux, des branches qui se répandent dans toute ^^ ^

l'épaisseur du cordon dorsal et se mettent en

... 1 r j i: Nummitlites. Formes keiB

communication avec le reseau des cloisons, en ^j^^ schiumberger). sorte que tout le système est continu.

Il y a ici aussi dimorphisme, avec deux formes A et B (fig. 225) (*). Cycloclypeus (Carpenter) (fig. 226) est une grande coquille lenticulaire, contenant dans son plan équatorial une seule couche de loges d'abord spirales, puis circulaires. Tout Fig. 226.

le reste de l'épaisseur est formé par une épaisse masse calcaire secondaire, perforée, dont les pores, développés ici en longs canaux en raison de l'épaisseur de la masse, s'ouvrent

(•) Le genre Nummulites (Lamarck) a été dédoublé par d'Orbigny en deux sous-genres :

Nummu/ina (d'Orbigny), qui est la forme que nous avons

décrite sous le nom de Nummulites (Lamarck) et cydoclypeus (im. Brady).

Astilina d'Orbigny), qui se distingue de Nummulina par le fait que la portion des loges qui recouvre les

tours précédents est si mince et si plate qu'elle laisse voir tous les tours de spire.

Opercuh'na (d'Orbigny), Nummulite à tours d'abord non embrassants, puis embrassants; croissant rapidement en hauteur, ne devenant pas circulaires et laissant une bouche fissiforme au ras du plancher (Vivant et fossile) ;

Heterostegina (d'Orbigny) a un enroulement semblable à celui du précédent, mais a ses loges subdivisées par des cloisons secondaires perpendiculaires aux cloisons primaires, et la bouche formée d'une rangée d'orifices (Vivant et fossile) ;

Amphistegina (d'Orbigny) est très transparent, plus convexe d'un côté que de l'autre ;

au plafond des loges. Les loges d'un même lour ne communiquent pas entre elles, mais avec celles des deux tours contigus, avec lesquelles elles alternent, par de grosses perforations de leurs parois circulaires. Dans répaisseur des parois des loges et de leurs cloisons circule un riche système de canaux du test qui s'ouvrent fréquemment dans les loges et établissent une communication générale de toutes les parties de Tanimal. L'épaisse couche du squelette secondaire est traversée par des enclaves de substance non poreuse, en forme de lames verticales (la coquille étant à plat), qui continuent jusqu'à la surface les parois des loges. Certaines sont minces, mais renflées en certains points en forme de cônes qui se terminent à la surface par une papille saillante représentant leur base. Ces enclaves sont formées de calcaire non perforé, mais sont traversées par des prolongements des canaux du test qui viennent s'ouvrir à la surface au niveau de leur base (50 à ÔOmm. vivant et fossile). Orbitoïdes (d'Orbigny) (fig. 227) se déduit aisément du précédent en ajoutant que la masse de calcaire secondaire est creusée de plusieurs couches de loges secondaires communiquant entre elles. Ces loges, dans une Fig. 227. même rangée verticale, communiquent entre elles, avec la loge principale correspondante et avec le dehors, par les perforations de la masse poreuse dans laquelle elles sont creusées; elles communiquent avec celles des rangées voisines, avec lesquelles elles alternent, par des canaux Orbitoïdes obliqucs allant aux deux qui lui correspondent un peu plus (im. Brady). j^^^^j ^^ ^jj p^^ pj^g ^^^^ Enfin Ics loges principales contiguës d'un même cycle communiquent entre elles par un canal percé dans leur cloison de séparation. Le système des canaux du test et des enclaves de substance non poreuse, canaliculée, est semblable en ses traits essentiels à celui de Clycloclypeus [FossWe] (*).

des deux côlés ses loges se prolongent presque jusqu'à l'ombilic mais, du côté le moins convexe, elles restent simples dans leur partie latérale, tandis que, du côté le plus convexe, elles donnent naissance, par une bifurcation accessoire, chacune k une loge secondaire (Vivant et fossile);

Hemistegina (Kaufmann) est plan convexe, à loges atteignant l'ombilic du côté convexe, effacées du côté plat par accolement de leurs parois en une masse calcaire feuilletée (Fossile);

Archasdiscus (Brady), lenticulaire, formé d'un tube simple, sans cloisons, à parois percées de fins pores, et pelotonné sur lui-môme en nombreux tours spiraux alternativement contigus entre eux et séparés, noyés dans une masse calcaire finement tubulée qui comble tous les intervalles et revêt la surface d'une couche uniforme (Fossile). Tous ces genres forment la famille des Nummulitinm [Nummulitirue (Brady)]. (1) GCmbbl divise Orbitoïdes en cinq sous-genres :

Asterocyclina (Gtimbel), Lepidocyclina (Gûmbel),

Discocyclina (Gûmbel), Phipidocyclina (Gûmbel), AstinocycUna (Gûmbel),

qu'il distingue par des caractères de forme et par quelques détails d'arrangement

des loges principales.

Tous ces genres forment la famille des Cycloclypeix^ [Cycloclypeirut (Brady)].

FORAMINIFERES : APPENDICE

APPENDICE

Aux Foraminifères se rattachent, avec doufe, certaines formes dont les affinités ou môme la nature animale sont fort discutées. Nous les présenterons ici rapidement, sans vouloir préjuger par là de leur vraie nature, et uniquement pour donner au lecteur quelques renseignements à leur sujet.

Fig. 228.

STROMATOPORIENS. — STROMATOPORE A

[STROMATOPORIDA (Nicholson et Mûrie)]

On désigne sous ce nom des formes, toutes fossiles, qui se présentent (fig. 228) sous Taspect de lames calcaires onduleuses superposées parallèlement en masses feuilletées. Les espaces compris entre ces lames sont imparfaitement divisés en loges par de petites colonnes calcaires qui, d'ordinaire, s'étendent d'une lamelle à Tautre, mais souvent s'arrêtent à moitié route. Ces lamelles sont, en outre, percées de pores et ornées de papilles. Tout le système est traversé par des canaliculcs entrecroisés généralement à angle droit, qui sont ré- .pandus dans l'épaisseur des lames et passent de Tune à l'autre par les colonnettes. Il y a là certainement un ensemble de dispositions qui fait penser aux Foraminifères et en particulier aux genres Parkeria et surtout (Bùtschli) Polylrema; mais RosBN [bt] a décrit ces canalicules comme des fibres cornées et considéré tout le système comme fibreux. D'autre part, on observe parfois des canaux verticaux à parois propres et, à la surface des lamelles^ des sillons étoiles groupés autour d'une papille saillante qui, jointes k d'autres particularités de la structure, font penser à certains Hydroïdes du groupe des Hydrocorallines JMurie et Nicbolson [is]). On hésite donc, pour ces êtres, entre les Foraminifères, les Eponges et les Hydrocorallines. On en a décrit de nombreux genres dont nous ne donnerons que les noms :

Stromalopora {S. reticulata) (d*ap. Ziltel).

8tromatopora (Goldfuss, entend. Nicholson

et Mûrie) (fig. 228), Stylodictyon (Nicholson et Mûrie), Chiathrodictyon (Nicholson et Mûrie), Pachystroma (Nicholson et Mûrie), Dictyostroma (Nicholson et Murie\

Ellipsactinia (Steinmann),

Caunopora (Phillips),

Stromatocerium ;Hall, entend. Nicholson et

Mûrie), Labechia (Lonsd.)

RECEPÏACULIENS. — RECEPTACULEA

[HECEPTACULITID^ (ROmer)l

Non moins douteuse est la signification des Recepiaculiens, formés des débris de la grande famille des Dactyloporida dont les autres genres Dactylopora^ T/iyrsoporella^ G^-roporella y Uteria, Petrascula, Ovulites , etc.\ ont été rendus par Munocr-Ghalmas aux Algues calcaires). Le genre type

LES nHIZOPODES

Receptaculites (Defrance) (flg. 229) est une grande coquille (lOOmm), en forme de coupe évasée, à parois épaisses. Ces parois sont re-

▼êlues, en dedans et en dehors, de plaquettes losangiques marquées de lignes diagonales. L'espace compris entre les deux lames de plaquettes, et qui forme la plus grande partie de l'épaisseur de la paroi de la coupe, est divisé par des colonnettes radiaires qui s'appuient par leurs bases sur les plaquettes. Tout le système est traversé par de fins canalicules (Fossile).

Les autres genres, tous fossiles aussi, sont

Pig. 239.

Receptaculites {R, Neptuni) (d'ap. Gûmbel). A. l'ensemble; B, coupe transversale.

Ischadites (Murchison), Cyclocrinus (Eichwald), Pasceolus (Billings), Polygonosphasrites (Rômer),

Dictyocrinus (Hall), Sphssrospongia (Pengelly)?, Tetragonis (Eichwald)?,

Archœocyathus (Billings), Archœooyathellus (Ford.^ Protocyathus (Ford.).

TESTAMŒBIFORMIENS. — TESTAMŒBIFORMEA

Pis. S30.

[TESTAMGEBIFORMJA (Carter)] ^

Nous signalerons ici encore trois formes vivantes dont la place précise n'est pas déterminée faute de renseignements sufGsants à leur égard :

Ceratestina (Carter) (fîg. 230), formé de chambres chitineuses, subglobuleuses réunies par un tube stolonifère (Vivant) ;

Ceratestina

{C. tessellata)

(d'ap. Carter).

Fig. 331.

Cycleodictyina (C. compressa) (d'ap. Carter) montrant l'ensemble et le détail de la structure de la surface.

Cycleodictyina (Carter) (fig. 231), à coquille calcaire formant un réseau rampant sur le support et à surface uniformément ponctuée (Vivant);

GooQle

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