partie supérieure de la face ventrale
et tout le reste de cette face est garni
de cils, sauf une étroite bordure qui en
est dépourvue. On pourrait voir là une
transition entre les Tentaculifères et
les Ciliés, mais c'est plus probablement la persistance
d'une condition larvaire (0,046. Mer, sur le pédoncule de diverses
(d'ap. Zenker).
Nous plaçons ici avec doute deux formes de Tentaculifères qui, bien plus que la précédente, feraient le passage aux Ciliés si leurs particularités d'organisation étaient mieux connues et plus solidement interprétées. La première est le genre Suctorella (Frenzel) (fig. 862) qui a l'apparence d'un Tokophrya et possède, en plus, une petite ouverture fissiforme garnie de cils très fins. Si l'animal avait contenu un bourgeon interne, l'interprétation de cet orifice cilié eût été simple, et sa présence n'eût rien eu de bien remarquable, mais il n'y avait rien de tel, en sorte que l'on se demande si ce ne serait pas le reste, physiologiquement inactif (car les cils sont bien trop fins pour jouer une fonction alimentaire), d'une bouche (0,04. Eau douce). — Le second est le
Fig. 862,
Suctorella (d'ap. Frenzel).
(^) Ces deux genres constituent la fanaille des UityuLiyji [Umulina (Bûtschli)]. i^j L'animal est de forme ovalaire, mais avec la face ventrale excavée. 11 con-
TENTACULIFÈRES 513
Peitiada (Frenzel) (fig. 863), il aune forme ovoïde, mais se prolonge en haut en deux cols qui, l'un et l'autre, se terminent par un tentacule capité. A la base de chaque col, est une sorte ^*^' ^^^'
de soie raide et tout le corps est revêtu de cils fins (0,075. \ru\ Dans une petite lagune) (*).
Revenons maintenant aux Acinètes^ aux Tokophrya, à ces formes typiques qui nous ont servi de point de départ.
Nous allons suivre une nouvelle série de modifications qui va nous conduire aux formes les plus étranges qu'il soit possible d'imaginer. Ces modifications ont pour origine principale la formation de lobes sur lesquels les tentacules viennent se grouper. Peitiada Trichophrya (Glaparède et Lachmann) (fig. 864) ne diffère (dap. Frenzel). presque de Tokophrya que par l'absence de pédoncule. Que Ton suppose un Tokophrya libre, sans pédoncule, avec les tentacules groupés, comme ils le sont dans quelques espèces de ce genre, en bouquets sur des parties du corps légèrement saillantes et Ton aura un Trichophrya (0,24. Mer et eau douce) (•).
Fig. 865.
Fig. 864.
Trichophrya {T. cordiformis)
(d'ap. GheyiakoO. Dendrosoma (im. Kent).
Dendrosoma (Ehrenberg) (fig. 865) est d une taille colossale pour un Ten-
lient un longN, concave aussi en bas et une vésicule pulsalile située dans la concavité du N. Ce genre constitue la famille des Htpocominjb [Hypocomina (Bûtschli)].
{}] Frenzel a trouvé ces deux formes dans la République argentine. La première vivait en compagnie d'autres Acinètes. Il a vu les tentacules fonctionner. C'est donc sûrement un Tentaculifère. Il a trouvé le N, deux vésicules puisatiles, mais pas de n. Un individu ne montrait aucune trace de cette bouche. La seconde est moins sûrement un Tentaculifère, car l'auteur n'a pas vu les tentacules en action.
(•) Cette forme vit sur divers animaux marins et d'eau douce (pédoncule d'Epis-
taculifère, puisqu'il atteint 2°^^ll2, On croirait, au premier abord, avoir (levant les yeux une petite colonie dMlydraires. Ce sont en effet comme des stolons ramifiés dans un plan horizontal, sur lesquels auraient poussé des individus dressés côte à côte, ramifiés et portant au sommet de chacune de leurs ramifications un petit bouquet de tentacules terminés en boule au sommet. Eh bien , malgré cet aspect, ce n'est rien qu'un Tentaculifère à tentacules capités, et encore n'est-il pas colonial, car une observation attentive montre que tout le système est parcouru par un énorme N continu, mais ramifié et envoyant une branche dans chacun des rameaux dressés (2,5. Eau douce) (*).
Dans ces deux genres les tentacules étaientnettementcapités.Dansle genre Dendrocometes (Stein) (fig. 8G6), ils sont styliformes, très courts et invaginables au bout. Le corps, en forme d'hémisphère allongé, est fixé par sa face plane et émet par sa surface convexe trois à quatre (parfois deux, d'autres
Dendrocometes
{p. paradoxus). pr., proie
(d'ap. Vrzesniovski).
Fig. 867.
tylisy cavité branchiale de divers Tuniciers, surface du corps de certains Entoinostracés et même sur les branchies de quelques Poissons. L'une d'elles T. cordiformis qui vit entre les fourches caudales de Cyclops pha- Icratus a été prise pour une valve operculaire, sorte de telson, destiné h protéger l'anus. Le bourgeonnement est endogène et tout semblable à celui de Tokophrya,
Nous placerons ici, l'auteur n'ayant pas discuté ses affinités, le curieux genre Staurophrya (Zacharias) (fig. 867), forme libre, comparable à une sphère munie de six protubérances, deux aux pôles supérieur et inférieur, déterminant le grand axe et quatre dans le plan équatorial. Ces protubérances sont grosses, très obtuses et portent chacune quinze à vingt tentacules non capités, très rétractiles bien que lents à se mouvoir. Sur ces tentacules, on voit parfois se former des vésicules comme s'ils avaient une membrane. Par une exception rare, l'animal est capable d'absorber de petits fragments solides que l'on retrouve dans son endoplasme (0,05. Eau douce).
(^) Il y a de nombreuses vésicules pulsatiles éparses dans tout le corps. Aux extrémités de certains rameaux, se voient des bourgeons externes et, plus bas sur la con-
staurophrya (d'up. Zacharias).
Fi g. 868.
TENTACULIFÈRES 515
fois cinq ou six) gros prolongements qui se ramifient deux ou trois fois, et chaque fois en trois branches, mais irrégulièrement. Chaque branche se termine par un petit bouquet de trois à quatre tentacules très courts, en forme de cône fortement tronqué, dans lesquels le canal et ses parois sont très évidents et qui sont très rétractiles et peut-être invaginables à leur extrémité.
Les canaux des différents tentacules se continuent indépendamment les uns des autres jusque dans l'intérieur du corps, ce qui permet d'interpréter les bras tentaculifères comme formés simplement par les tentacules soudés jusqu'auprès de leur extrémité. La lobation du corps est donc plus apparente que réelle (0,1. Eau douce, sur les branchies des Gammarus) (*). — Chez
Stylocometes (Stein), les tentacules, semblables en eux-mêmes à ceux du précédent, restent indépendants jusqu'au bout, en sorte qu'il n'y a plus du tout de lobation, ni réelle, ni apparente (0,1. Eau douce, sur les branchies d'Asellus el sur les bouquets di* Ophrydium) (•).
Il ne nous reste plus à présenter qu'un genre, mais le plus singulier de tous, incontestablement. C'est le genre
Ophryodendron (Claparède et Lachmann) (fig. 868 à 870). L'animal (fig. 868), de forme ovoïde allongée, est fixé par l'extrémité inférieure de son corps rétrécie en pédoncule. A la partie supérieure, il porte un à quatre gros et très longs prolongements coniques, dressés, très rétractiles, armés vers l'extrémité de petits tentacules styliformes. L'animal produit par bourgeonnement interne de petites larves munies d'une ceinture de cils (fig. 869), qui se fixent et se transforment à la manière ordinaire en individus semblables au parent.
Mais il naît aussi, à la base du (ou des) prolongement tentaculifère, des bourgeons externes (fig. 870, A : a) qui se détachent
Fig. 869.
Ophryodendron .
{O. abietinum).
Larve (d'ap.
Claparède et
Lachmann).
Fig. 870.
Ophryodendron
[O. multiplicatum)
(dap. Kent).
tinuité des rameaux, des sortes de tumeurs déterminées par des bourgeons endogènes.
Ces deux genres constituent la famille des Dendrosominjb [Dendrosomina (BQtschli)].
(^) L'animal possède un N auquel est accolé la vésicule pulsatile. Celle-ci est donc profondément située dans le corps, aussi est-elle munie d'un long canal excréteur très évident. Le bourgeonnement est endogène
(2) Ces deux genres forment la famille des Dendrocometixjb [Dendrocometina (Stein)]
Ophryodendron.
Formation de l'individu vermiforme.
A, B [O. pedicellatum) ; », b, bourgeons (d'ap. Koch); C, individu vermiforme d'O. trinacrium (d'ap. Grubcr).
oI6 LES INFUSOIRES
{B : b) et se transforment en individus dits vermiformes (C) qui sont tout autrement conformés que le parent. Leur forme est plus allongée et leur corps se termine par un simple prolongement en col de bouteille muni d'un orifice à son extrémité, ils sont fixés auprès des individus de la première forme ou même sur eux.
On ne sait rien de certain sur les relations biologiques de ces deux formes.
On s'est demandé si la seconde ne représentait pas simplement une phase jeune de certaines larves, ou si elle n'était pas destinée à s'unir à l'autre par conjugaison (0,13. Mer) (*).
(^) Les espèces, assez nombreuses, ont des formes très différentes et on a souTent fait des genres avec des différences moindres. Chez une espèce, O. abietinum, on trouve des trichocystes. Mais comme ces trichocystes manquent quelquefois et qu'ils sont tout à fait semblables aux nématocystes de la Campanulaire sur laquelle vit l'animal, on est peut-être fondé à se demander s'ils lui appartiennent bien en propre.
Ce genre constitue à lui seul, et à bon droit, la famille des OpuRroDEyDRrs^ [Ophryodendrina (Stein)].
LES PROTOZOAIRES
Après avoir étudié indépendamment les uns des autres les divers groupes des Protozoaires, nous devons maintenant examiner Tembranchcment dans son ensemble pour le délimiter, faire ressortir ses caractères généraux, établir un lien entre ses parties constitutives, montrer la variation des fonctions et des organes, enfin résumer Tensemble de sa classification. C'est à cela que sont destinés les deux chapitres qui suivent et les tableaux synoptiques qui terminent Touvrage.
Caractères distinctifs des animaux et des plantes.
C'est seulement à propos des Protozoaires que se pose la question indiquée dans ce titre. Chez les êtres plus hautement organisés, le caractère animal ou végétal s'exprime si nettement que la confusion n'est pas possible.
D'ailleurs la question n'est pas si grave qu'elle le paraît. Au point de vue théorique, posée d'une certaine façon, elle n'existe pas, envisagée de l'autre, elle est insoluble. Si l'on demande, en efi'et, de répartir les êtres vivants en deux groupes distincts comprenant l'un les plantes, l'autre les animaux, la question n'a pas de sens, car l'animal et la plante sont des concepts qui n'ont aucune réalité objective; dans la nature, il n'y a que des individus. Si, prenant les êtres que nous considérons comme des animaux ou des végétaux incontestables, nous cherchons à remonter leur lignée phylogénétique, décidés à mettre dans la même catégorie tout ce qui dépend de la même lignée, nous sommes sûrs de n'arriver à rien. Les tentatives de ce genre sont toujours restées infructueuses. En outre, qui nous dit que les animaux et les plantes peuvent
se ramener à deux séries convergentes seulement? Il est fort probable qu'il n'en est pas ainsi.
Par contre, la question a une utilité pratique indéniable comme toutes nos classifications et, nous plaçant à ce point de vue, nous pouvons nous demander quelles formes, parmi celles qui sont indécises, doivent être classées parmi les animaux et à quels caractères on peut les distinguer de celles qu'il vaut mieux ranger parmi les plantes, tout en reconnaissant que ces caractères n'ont rien d'absolu.
Malheureusement, tous les caractères que l'on cherche à invoquer comme critérium distinclif se montrent en défaut ici ou là.
1® En général, les enveloppes fermes que sécrète la cellule pour se protéger sont formées de cellulose chez les plantes, de chitine chez les animaux, ou de substances analogues à l'une ou à l'autre.
Mais sans parler de la tunicine qui forme la tunique des Ascidies et qui est plus voisine de la cellulose que de la chitine, on a constaté la présence de la cellulose dans les kystes ou dans les capsules de divers Protozoaires qui, par tous leurs autres caractères, se rattachent aux animaux, et celle de la chitine chez les Champignons (Gilson [95]);
2» Même chose arrive pour la chlorophylle.
On sait que les Champignons en sont dépourvus et que, chez divers animaux, on la rencontre, non sous formes d'Algues commensales, mais appartenant en propre à l'organisme où elle se trouve. Ainsi, chez les Bonellies, Rietsch [86] a montré que la substance verte est diffuse dans les cellules, sans être même sous forme de grains. Son spectre ne diffère de celui de la chlorophylle en rien d'essentiel et tous les auteurs (Gottlieb, Schmarda, Schenk), s'accordent à la considérer, sinon comme de la chlorophylle véritable, du moins comme une substance extrêmement voisine (*).
Il existe un Infusoire, VoiHicella campanula, qui a des grains de chlorophylle. Enfin, les Euglènes ont de la chlorophylle en grains, avec pyrénoïde et amidon. Bien des auteurs, il est vrai, considèrent les Euglènes comme des plantes, mais cette opinion est inacceptable, car les Euglènes sont inséparables des Péranémines dont elles sont la copie exacte jusque dans les minimes détails. Or les Péranémines avec leur mobilité, leur vésicule pulsatile, leur bouche et leur pharynx bien dessinés, absorbant des proies solides, etc., etc., sont des animaux au même degré que les Infusoires.
3** Les animaux capturent des proies solides, les végétaux ne se nourrissent que des liquides qui les baignent (Dangeard).
Ce caractère a plus de valeur que les précédents, mais il souffre des exceptions. Nombre de Flagellés et tous les Sporozoaires se nourrissent,
(^) Rietsch, il est vrai, n'a pu obtenir que des traces d'oxygène, mais il déclare luimême que ses expériences n'ont pas été faites dans des conditions où elles pussent donner des résultats concluants.