II. Le même ouvert montrant les amibes qui s'en échappent
ments (deux a <|iiai rej (D : a , l>, c), qui sortent en perçant la paroi
du kyste (E : a, h, c), en général par autan! de trous (0) quils ouvrent chacun en face de lui, et se montrent immédiatement avec les caractères de petites Vampyrelles. Les résidus indigérés, s'il en est, restent dans le kyste. Chez une seule espèce, V. Gomphonematis (Hâckel), le noyau serait absent. Celle espèce serait donc une Monère.
Monadopsis (Klein), n'est qu'une espèce de Vampyrelle.
(!) De ces kystes, que leur paroi soit mince ou épaisse, il sort toujours sans s'être divisé; il n'a pas de pigment rouge.
(2j Là, il forme des kystes de 20 p. environ de diamètre, à paroi ornée de sculptures (fig. Î39 A), où son contenu se divise (fig. 58, /> : amb.) en six à quinze fragments qui sortent, par des orifices /;.; et l'on serait tenté de voir en lui un Sporozoaire, si ces fragments, une fois sortis, ne se montraient sous la forme de vraies amibes. Il ne paraît pas nuire à son hôte.
(3) Les Plasmodes s'enkystent et se divisent sous le kyste en huit portions qui donneront autant d'amibes. Il y a aussi un enkystement de protection d'où te corps protoplasmique sort sans s'être divisé, mais aussitôt forme un kyste de division.
LES RIIIZOPODES
Vis- 60.
Enteromyxa (Cienkovsky) (fig. 60) est une amibe qui forme, en se
fusionnant avec d'autres individus de son espèce, de grands plasmodes, vermiformes qui ont jusqu'à lmm de long. Les pseudopodes, digitiformes, courts et disposés assez régulièrement, achèvent la ressemblance avec une petite Annélide. Ils partent d'un ectoplasme hyalin revêtant l'endoplasme granuleux. L'être, en cet état, se nourrit de Bactéries et d'Oscillaires. Mais, au moment de former son kyste, celte association temporaire se désagrège et les amibes s'enkystent séparément. Le contenu de certains de ces kystes se divise en deux ou plusieurs parties (Mer et eau douce) (').
Enteromyxa.
{E. pu 1 in I osa) 3° Or DR F.
(im. Zopf).
ZOOSPORÉS — ZOOSPORIDA
[ MONADINAZOOSPOREA ( Zopf )] TYPE MORPHOLOGIQUE
L'amibe (A) ne diffère point de celle du type précédent. Elle est tou-
Fiff. 61.
alg
Zoosporc (Type morphologique) (Sch.).
jours petite, le plus souvent nucléée, rarement pourvue d'une vésicule
i1) Ce genre est placé par Zopf parmi les Myxomycètes.
On pourrait peut-être placer ici le genre Myxastrum (Hâckel) que nous avons mis parmi les Mycétozoaires (p. 85).
PROTÉOMYXÈS ZOOSPORÉS 73
pulsatile et presque toujours munie de pseudopodes rayonnants non réticulés que lui donnent une certaine ressemblance avec Aclinophrys. Klle montre une faible différenciation de sa couclie superficielle en ectoplasme hyalin. 11 y a souvent plusieurs vacuoles dont certains observateurs ont vu parfois Tune ou l'autre se contracter, mais il y a loin de là à la vésicule pulsatile permanente si nette chez les Rhizopodes- supérieurs. Certaines espèces, même dans les genres où d'ordinaire les pseudopodes existent, en sont dépourvues et n'ont que des lobes amœboïdes.
Cette amibe vit en parasite dans la cavité cellulaire même de certaines Algues inférieures (alg.) (Diatomées, Spirogyres, etc.) dont elle dévore le contenu, chlorophylle et protoplasma. Elle grossit ainsi beaucoup et il n'est pas rare qu'elle se fusionne avec les autres individus de son espèce, si elle en rencontre dans la même cellule, en un plasmodium. Mais ce plasmode ne réunit jamais qu'un polit nombre d'individus. Quand elle a assez grossi, elle s'enkyste (B). Pour cela, elle rentre ses pseudopodes, s'arrondit et se sécrète une cuticule plus ou moins épaisse. Sous ce kyste, elle se divise en un certain nombre de petits fragments nucléés (G) qui s'arrondissent et, à maturité, sortent du kyste (/>) où reste un reliquat de segmentation. Mais voici où gît la caractéristique de l'ordre. Ces jeunes, au lieu de prendre immédiatement la forme d'amibes comme leurs parents, se montrent sous l'aspect de petites monades que l'on décore du nom assez mal approprié de zoospores (E) . Ils sont formés d'une petite masse de protoplasma pourvue d'un noyau, souvent d'une vésicule pulsatile. et prolongée en avant en un long flagellum. Ce flagellum, d'ailleurs, n'est pas, comme celui des vraies Monades, nettement distinct à sa base : le corps se prolonge insensiblement en larme batavique, et ce flagellum n'est guère qu'un pseudopode mieux dessiné et plus fixe. Il ne constitue qu'un appareil moteur bien imparfait, car l'animal a beau le manœuvrer, il s'agite sur place plus qu'il ne fait de chemin. Néanmoins, il finit par rencontrer une Alu ue de l'espèce qui lui convient, perce sa membrane (F), pénètre dans sa cavité, perd son flagellum (G), se transforme en amibe (//) et recommence la même évolution (').
Dans certaines circonstances, l'animal forme un kyste durable. Il sécrète alors une membrane beaucoup plus épaisse, après s'être débarrassé de tous ses résidus alimentaires, et vit là un temps si long que la plupart du temps on n'a pu suivre son évolution ultérieure. Il semble que d'ordinaire il en ressorte sans s'èlre modifié. Mais quelquefois il se divise sous ce kyste qui aboutit en définitive à la même évolution que ceux précédemment décrits (*).
(*) La transition de la zoospore à l'amibe se fait par gradation. La zoospore, à tout moment, est amœboïde; quand elle a pris place dans la cellule, elle le devient davantage, parfois résorbe son fouet, puis le reforme quelque temps après, jusqu'à ce qu'enfin elle le perde définitivement et devienne tout à fait amœboïde.
(2) Zopf établit une différence tranebée entre ces kystes qu'il appelle sporocystes et les premiers qu'il désigne sous le nom de zooevstes. iMais ils ne diffèrent en somme
Fig. 62.
Fis. 63.
GENRES
Pseuclospora (Cienkovsky) représente à peu près notre type morphologique. Il est caractérisé génériquement par l'absence de plasmodium (Zoospore 8 à 10 [x. Eau douce) (').
Colpodella (Cienkovsky) (fig. 62)
se distingue
ABC Colpodella.
(C. pugna.r) (im. Zopf).
C, Colpodella :
pr., proie (Chlamidomonas) attaquée par les Colpodella.
Protomonas
(im. Zopf).
a, 1», c, zoospores ; d, e, amibes.
Fis. ('.'*.
par l'absence de phase amibe (*).
Protomonas (Cienkovsky) (fig. 63), au contraire, a une phase plasmo-
dium (3).
Diplophysalis (Zopf) (fig. 64) n'est, par la plupart de ses caractères, qu'un Pseudospora, mais il est remarquable par la forme étoilée de la membrane interne dans les kystes durables. 11 se reproduit par des kystes dont le contenu se segmente et donne des zoospores.
Toutes les formes précédentes avaient ceci de particulier que, avant de s'enkyster, elles ne rejettent pas leurs résidus alimentaires, que l'on retrouve dans le kyste, au milieu ou à côté de la masse protoplasmique. C'est l'inverse dans les quatre genres suivants qui épurent soigneusement leur substance avant de s'enkyster (4).
Diplophysalis (D. Stagnalis) (d'ap. Zopf).
que par le nombre et l'épaisseur des membranes protectrices et par la présence d'une membrane autour du produit de la division des seconds (spores). Nous rencontrerons dans les Protozoaires supérieurs de ces enkystements de repos ou de protection aboutissant parfois à une division, sans que les auteurs aient songé à voir là un mode spécial de reproduction.
(!) La zoospore a un noyau et une vésicule puisai ile, elle peut avoir un ou deux flagellums. L'amibe est parfois dépourvue de pseudopodes. On a observé des kystes durables, mais sans division subséquente et à évolution inconnue.
(2) Les zoospores (fig. 63 a à e) de la seule espèce connue, C. pugnax (Cienkovsky) s'attaquent à leur proie (pr.), un Chlamidomonas, par leur extrémité postérieure qui est effilée comme l'extrémité antérieure flagellifère et aspirent son contenu. Elles perdent alors leur fouet (fi) et ressemblent à un Golpode. Bientôt l'animal s'enkyste, sous deux membranes et se divise. A la maturité, la membrane interne sort de la coque du kyste comme un sac herniaire et, en se gélifiant, met les zoospores en liberté. On a observé aussi un kyste durable dont l'évolution n'a pu être suivie.
(:H) La zoospore a un ou deux cils, soit côte à côte au même pôle, soit aux deux pôles opposés. Les amibes qui naissent d'elle, peuvent s'enkyster et se reproduire isolément, mais le plus souvent elles s'unissent d'abord en un plasmodium.
(4) D'après ce caractère, les premiers sont réunis en une famille des Pskudospo-
PROTKOMYXES ZOOSPORES
Gymnococcus (Zopf) est, sauf la différence que nous venons de signaler, tout semblable à Pseudospora. Mais en outre il forme volontiers un plasmodium avec les autres individus de son espèce qui peuvent se rencontrer dans les mêmes cellules hospitalières (').
Aphelidium (Zopf) se distingue par sa reproduction qui a lieu exclusivement aux moyens de ses kystes durables, munis d'un orifice operculé (*).
Proiomyxa (Hàckel) (fig. 65) est une énorme amibe à pseudopodes extrêmement ramifiés et réticulés pouvant atteindre jusqu'à lmm. Mais sous cette forme, elle représente un plasmodium, l'amibe originelle étant de taille ordinaire et se fusionnant si complètement à d'autres individus de sa race, que l'amibe résultante est toute semblable et n'en diffère que par la taille. Ni chez l'amibe, ni chez le plasmode il n'y aurait de noyau ; ce serait donc une Monère (Mer) (*).
Pseudosporidium (Zopf) (fig. 66) est remarquable par le fait qu'il ne forme pas de kyste. Cela lient à ce qu'occupant toute la cavité de la cellule hospitalière, il se contente de la paroi de cette cellule, comme protection pour les produits de sa division. Ses zoospores sont à nu dans la cavité de la cellule qui l'héberge. (Trouvé par Brass dans des infusions végétales Ce Pseudosporidium nous conduit naturellement au genre
,...psdp.
Protomyxa
{P. aurantiaca) (d'ap. Hiickel).
psdp., pseudopodes.
Fi»-, fif».
A fi
Pseudosporidium /'. Brassanium d'ap.
Zopf).
/./v ;■ [PsF.mnsron.r: (Zopf)], et les seconds en une famille des Gyhkococcin^ [Gymnococcem Zopf)]. Zopf établit encore entre ces familles celle différence que, dans la première, les spores durables sonl sous un kyste, tandis que dans la seconde. elles sont nues, ce qui veut dire simplement qu'il y a «lins le premier cas sécrétion d'une seconde membrane sous la première, après retrait du corps protoplasmique.
I1) La zoospore a deux fouets. On a observé la division transversale et l'enkystcmenl durable.
(2) La seule espèce du genre. ./. deformans (Zopf), a une zoospore extrêmement petite (2 à 3 p.) munie d'un seul fouet. Elle donne une amibe guère plus grosse, que l'on trouve installée dans la cellule d'une Gonfervacée, Coleochsete, sans savoir si c'est elle ou la zoospore qui y a fait effraction. Là, elle dévore le contenu de la cellule qui s'hypertrophie à mesure, grossit et se divise sans s'enkyster en un nombre immense de minuscules zoospores.
(3) P. auriantaca (Hâckel), seule espèce du genre, a été trouvée en 1867 par Hàckel aux Canaries sur les coquilles de Spirula où il forme des taches orangées visibles à l'œil nu. Il n'a pas été retrouvé depuis. Grâce à sa taille, le plasmode peut capturer de grosses proies, en particulier des Péridiniens. Il forme des kystes de 0,2, d'où sortent des zoospores munies d'un gros fouet, qui se transforment presque aussitôt en amibes.
Nous placerons ici provisoirement deux formes encore insuffisamment connues, Eclobiella et Pseuclamphimonas, dont la place réelle ne pourra être exactement
Fig. G8.
Plasm odioph ora (P. Brassicse) (d'ap. Voronin).
A. Zoospore sortant de son enveloppe;
B. Zoospore à un âge plus avance' ;
C. la zoospore a pénétré dans une cellule épidermique de Brassica et se transforme en amibe; 1). l'amibe pénètre dans le parenchyme ; E. spores.
Plasmodiophora (Voronin) (fig. 68), qui ne forme pas non plus de kystes, mais dont les produits de division, au lieu d'être nus, sont munis d'une membrane à la manière de spores, ce qui rapproche ce genre des Mycétozoaires que nous allons bientôt étudier. Le corps protoplasmique se divise en innombrables petites masses enkystées séparément et réunies entre elles seulement par une certaine quantité de substance interstitielle non utilisée. Ici encore, la chose s'explique par le fait que les tissus de l'hôte fournissent à ces spores une protection suffisante, jusqu'au moment où elles donnent naissance à une zoospore munie d'un cil antérieur et d'une vésicule pulsatile (').
Tetramyxa (Gôbel) est un genre voisin chez lequel l'amibe, avant de sporuler, se divise, se segmente en fragments dont chacun produit quatre spores seulement. Il vit en parasite sur diverses plantes aquatiques sur lesquelles il détermine les productions de galles (*).
déterminée que lorsque l'on connaîtra plus complètement leur mode de reproduction. Ectobiella (de Bruyne) (fig. 67) est représentée par une zoospore à deux cils antérieurs qui
se transforme en une petite amibe parasite de certaines Diatomées qu'elle perce et dont elle se nourrit à la manière des Colpodella, pour pénétrer a leur intérieur. Elle insinue un court pseudopode dans la cavité de la Diatomée {alg.) et assimile sa substance surplace par ce pseudopode. Elle n'englobe pas, comme les aulres, des parcelles solides, mais dissout le protoplasma de l'hôte et l'absorbe par sa surface, à l'état liquide (b). Par le reste de sa surface elle n'émet point de pseudopodes ou parfois fait saillir un ou deux lobes courts et obtus. A un moment donné, elle s'enkyste et l'on ne sait pas ce qui se passe ensuite.
Pseudamphimonas (de Bruyne) dont on ne connaît que la zoospore à un ou deux cils et l'amibe qui vit en parasite sur les racines de Caulerpa et forme un plasmodium.
(!) Cette zoospore (fig. 68, A, B) très petite (2 a 3 u.) comme celle dePseudosporidium, se rend vers les jeunes radicelles des Brassica (Choux), et se transforme en une petite amibe (C) qui s'introduit [D] dans une cellule épidermique, en dévore le contenu, passe à une cellule voisine et ainsi de suite, en s'enfonçant dans le parenchyme cortical. C'est dans le tissu même, qu'elle forme, après avoir beaucoup grossi, ses spores en quantité immense [E). Celles-ci sont mises en liberté par destruction de la plante avec le concours de Bacillus amylobacter. Le nombre considérable des parasites qui attaquent une même plante détermine par irritation des nodosités hypertrophiques et le Chou finit par périr. En 1869 la moitié des Choux fut détruite en Russie par ce parasite. La maladie se nomme vulgairement la hernie du Chou.
t'-'i Ce genre forme la famille des Plasmodwphosijh^ [Plasxodtopuobeas, Zopf)] caractérisée par ses spores et l'absence de kyste.
Fig. 67.
Ectobiella. [E. Plaleaui) (d'ap. de Bruyne).
MYCET0Z0A1RES
2e Sous-Classe MYCÉTOZOAIRES — MYCETOZOARLE
[Myxomycètes (Auct.) -j- Labyrinthvlea (Hàckel)]
Ce sont des amibes qui ont pour caractère de se réunir, à un moment donné de leur cycle évolutif, en colonies temporaires ou permanentes. Nous les divisons, en suivant à peu près les idées deZopf en trois ordres :
Pseudoplasmodida qui sont les Acrasiées de Van Tieghem;
Filoplasmodida qui sont les Labyrinthulés de Cienkovskv ;
Euplasmodida qui sont les Myxomycètes des auteurs.
Ces trois ordres se caractérisent nettement par le fait que, dans le premier, les individus se groupent sans se souder (pseudoplasmodium) ; dans le dernier, ils se soudent et se fusionnent temporairement, mais entièrement (plasmodium vrai): dans le second, enfin, la soudure n'àlieu que par les ramifications des pseudopodes (plasmodium filamenteux).
1er Ordre PSEUDOPLASMODIÉS. — PSEUDOPLASMODIDA
[Acrasiées (Van Tieghem)] TYPE MORPHOLOGIQUE
CFIG. 69;
A l'état adulte, l'être est une petite amibe (A ) de Forme pas trop irrégulière, qui émet de gros pseudopodes rares, lobés, obtus. Il possède un noyau et une vésicule pulsatile. 11 vit sur des matières animales humides, se meut, se nourrit, se multiplie par simple division. Après avoir assez longtemps mené cette vie, et généralement quand la nourriture se fait rare, lesindividus, lorsqu'ils se rencontrent, au lieu de se séparer sans s'occuper l'un de l'autre, restent unis (B) et ainsi, peu à peu, tous ceux d'une même petite région arrivent à se grouper en une seule masse (C). Ce sont donc, généralement quoique pas forcément, des individus nés d'un parent commun. Une fois réunies, les petites amibes
Fig. «;:i.
Pseudoplasmodié (Type morphologique) (Sch.).
s'arrondissent, sécrètent une substance gélatineuse qui comble leurs intervalles et enveloppe leur ensemble, et chacune en outre s'enkyste sous une (D), deux, ou même trois enveloppes concentriques. Les kystes mesurent 10 \). environ. En cet état, la petite masse peut attendre sans danger le retour des conditions favorables. Alors, les corps protoplasmiques sortent de leurs enveloppes (E) et se retrouvent semblables à F amibe qui nous a servi de point de départ; ils se dispersent et recommencent chacun le môme cycle évolutif (*).
GENRES
Pour faire de notre type morphologique un
Guttulina (Cienkovsky), nous n'aurions qu'à préciser la forme de la colonie de kystes qui est sphérique et sessile, ou en massue fixée par le manche, parfois divisée en quelques tubérosités, et forme des taches d'apparence laiteuse (Sur le crottin de cheval et autres substances analogues).
Copromyxa (Zopf) (fig. 70) semble n'être qu'une espèce
du précédent. „
i i ' opromyxa.
Dans les autres genres (c est le cas le plus fré- rC% protea) (im. Zopf). quent chez ces êtres) certains individus restent stériles et se liquéfient sous la membrane épaisse de leur kyste ; ils se soudent en outre fortement entre eux après s'être disposés en pédoncules de formes variées. Par ce processus les colonies de kystes arrivent à prendre des formes diverses qui permettent de distinguer les genres. Chez
Acrasis (Van Tieghem) le pédoncule est filiforme et porte à son sommet les kystes disposés en chapelet. Chez
Dictyostelium (Brefeld) le pédoncule est épais, formé de plusieurs files cellulaires et les kystes forment un petit renflement sphérique au sommet.
Polysphondylium (Brefeld) est d'abord un Dictyostelium, mais en grandissant il ramifie son pédoncule. Enfin chez
Cœnonia (Van Tieghem) le pédoncule, ramifié ou non, se termine par une capsule à bord denté qui supporte la masse sphérique des kystes.
I1) Il esta remarquer que cet enkystenient n'est pas un phénomène reproducteur, puisque le nombre des individus n'augmente pas par son fait. C'est un enkystement de protection. On ne doit donc pas donner le nom de spores aux petites amibes enkystées. On le l'ait cependant en général, et cela est légitime dans une certaine mesure, car nous verrons, dans des formes assez voisines ayant un cycle parallèle, le contenu se diviser sous le kyste; et, d'autre part, tous ces individus qui se réunissent pour s'enkyster sont en général descendants d'un. même parent. C'est donc comme si celui-ci s'était divisé sous son kyste pour leur donner naissance et les avait ensuite mis en liberté pour qu'ils puissent chercher leur nourriture. Il n'y a donc qu'une anticipation d'un stade du cycle sur ceux qui auraient dû le précéder.
PSEUD0PLASM0D1ES
2e Ordhe
FILOPLASMODIÉS. — FILOPLASMODIDA
vel
LABYRINTHULÉS. — LABYRINTHUL1DA.
[Labyrinthuleâ (Hâckel)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
Ce groupe ne contenant que deux ou trois genres dont un seul bien connu et certain, Labyrinthula (Cienkovsky), nous décrirons ce genre comme type du groupe.
Structure.
Chez ce Labyrinthula, l'amibe n'est jamais isolée. Elle vit réunie en colonie avec un grand nombre de ses semblables. Elle a une forme
Filoplasmodié : Type morphologique. [Labyrinthula Cienkovskyï) (Sch.).
alg., algue j a, l>, amibes.
régulière, celle d'un fuseau (b) de 8 à 10 ou 15 ;j, de long et elle ne se déforme guère que pour s'allonger ou se raccourcir plus ou moins.
Elle est formée d'un endoplasma légèrement granuleux contenant le noyau et quelques vacuoles et d'une mince couche superficielle d'ectoplasma hyalin qui forme aussi les pseudopodes.
Elle émet à chacun de ses pôles un pseudopode long, fin, raide, qui s'unit à ceux des cellules voisines et forme avec eux un réseau délicat et très irrégulier. Assez souvent, on voit en outre un ou deux pseudopodes naissant des parties latérales du corps et se jetant sur le réseau pour en former une nouvelle maille. Par le moyen de ce réseau, tous les individus sont donc réunis en un plasmodium, mais de nature spéciale, constitué seulement par des pseudopodes filiformes, d'où le nom de plasmodium filamenteux (nous dirons filoplasmodium) qui lui a été donné.
Physiologie.
Locomotion. — Les amibes semblent mobiles sur ce réseau, comme si elles pouvaient glisser sur lui et le parcourir tout entier. C'est môme ainsi que leur mouvement avait été d'abord interprété par Cienkovsry, qui voyait dans le réseau une sécrétion filamenteuse destinée à leur servir de guide. Mais Zopf [92] a montré que le réseau était formé simplement par l'ensemble des pseudopodes filiformes anastomosés et que Fiç 7o. les amibes, pour se déplacer, contractent
et rentrent le pseudopode situé du côté où elles vont, allongent, au contraire, celui qui est du côté dont elles s'éloignent, ce qui donne absolument l'illusion du mouvement auquel Cienkovsky avait cru. La vitesse est d'ordinaire 20 ;;. par minute. Elle est donc très faible.
La colonie a donc dans son ensemble une forme incessamment variable et très irrégulière. Elle comprend d'ordinaire (fîg. 72) une masse centrale de figure quelconque formée par des individus un peu contractés et arrondis, simplement juxtaposés, sans
Fragment de la colonie rétracté fus'lOIl ailCUIie de leur protoplasma. DailS montrant des individus commen- cette maSSC, les individus Superficiels élliet-
tentseuls quelques pseudopodes quiles rattachent au réseau extérieur. Ce réseau extérieur est formé comme nous l'avons décrit et les individus qui sont sur lui se déplacent sans cesse, les uns rentrant dans l'amas central, tandis que d'autres, de l'amas central, se lancent dans le réseau. Dans quelques circonstances, tous les individus sont groupés en une seule masse et il n'y ,,. m. 73
a ni réseau, ni pseudopodes. Mais, à un moment donné, les individus les plus superficiels émettent leurs pseudopodes, les inclinent de tous côtés jusqu'à ce qu'ils en aient rencontré un autre auquel ils se soudent, commençant ainsi le réseau sur lequel ils commencent à se mouvoir. Arrivés à la périphérie, ils font de même et augmentent ainsi peu à peu le réseau sur lequel les autres individus se lancent à leur suite.
Division. — Les amibes se reproduisent (fig. 73) par division transversale et les deux moitiés du fuseau divisé restent unies par un filament qui devient un pseudopode commun s'étendant de l'un à l'autre. La nourriture est capturée par les pseudopodes. Les amibes pénètrent dans l'intérieur d'Algues inférieures (Diatomées, Spirogyres) et les vident lentement peu à peu on voit les petites parcelles
Filoplasmodié. Type morpholog.
Labyrinthula
[L. vitellind) (im. Cienkovsky).
rc on cant à se mettre en marche.
Division des Fi-
loplasmodiés
(Sch.).
FILOPLASMODIES OU LABYRINTHULES
capturées rouler lentement le long- des pseudopodes, entraînées sans doute par quelque courant protoplasmique invisible, et arriver aux amibes qui sans doute les retiennent.
Enkystement. — Dans certaines circonstances, les amibes rentrent peu à peu leurs pseudopodes et se réunissent en une masse dense sans trace de réseau. Elles grossissent et s'enkystent individuellement. Au sortir de l'enkystement, elles reprennent leur forme de fuseau et se mettent tout de suite à former des pseudopodes et à constituer le réseau. Toutes celles de la colonie s'enkystent d'ailleurs à peu près en même temps et sortent aussi ensemble de leurs kystes, (le n'est évidemment, dans ce cas observé chez L. Cienkovskyi par Zopf, qu'un enkystement de repos, puisque le nombre des individus n'augmente pas par ce processus (').
Mais dans d'autres cas, comme celui de L. macrocystis (Càenkovsky), toute la masse s'enferme en outre sous une écorce sécrétée en commun, les individus s'enkystent séparément sous cette enveloppe et, dans leur kyste, subissent une division en quatre petites masses nucléées qui, au sortir de l'enkystement, donnent autant d'amibes complètes. C'est alors une véritable reproduction ('*).
GENRES
Labyrinthula (Cienkovsky), que nous venons de décrire comme type morphologique, est le seul représentant bien avéré de l'ordre, les genres Diplophrys et Chlamydomyxa (3) étant encore, celui-ci trop insuffîsam-
(x) Zopf n'est cependant pas sur qu'il n'y ait pas une division en deux dans le kyste.
('-') L'habitat de ces êtres est variable. L. <.<il<>lliita .Cienkovsky) et L. macrocytis (Cienkovsky) ont été trouvés par cet auteur sur les pilotis du port d'Odessa, un peu hors de l'eau ou complètement immergés. De Bruyne 99] a retrouvé la seconde à N-aples et l'a vue se nourrir de Diatomées dont les valves vidées étaient remplies par ses amibes. Leurs colonies sont visibles à l'œil nu sous l'aspect de petites taches rouge brique ou jaune pâle.
Fig.
Fi-. 75.
Zopf a trouvé L. Cienkovskyi (Zopf) vivant en parasite sur des Spirogyra d'Allemagne dont il perçait les cellules avec ses pseudopodes et dont il vidait le contenu après avoir pénétré à leur intérieur.
Lorsque l'on croyait que le réseau était une sécrétion, la position systématique des Labyrinthulés était des plus embarrassantes. Mais aujourd'hui leurs relations avec les Myxomycètes, et en particulier avec les Acrasiées, sont devenues fort claires. Zopf les réunit à ces dernières sous le nom de Sorophorées.
(3) Faut-il placer ici le genre Diplophrys (Barker) placé ordinairement parmi les Foraminifères ?
Si l'on considère D. Archeri [Barker] (tîg. 74) qui vit dans l'eau douce, il semble
Diplophrys
(D. Archeri)
(im. Hertwig u. Lesser).
Diplophrys (D. stercorea) (d';ip. Cienkovsky).
ment connu, celui-là trop hétérogène pour pouvoir être rattachés avec certitude aux Labyrinthulés (8 à 15 p.. Mer et eau douce).
Fie
évident que cet être, avec sa membrane formant presque une coquille, sa vie isolée à l'âge adulte, est un Foraminifère monothalame voisin d'Amphiti-ema. Nous le présenterons de nouveau en étudiant les Gromides (V. p. 116).
Mais si l'on examine D. stercorea (Cienkovsky) (fîg. 75), qui vit sur le crottin de cheval, la ressemblance est frappante avec les Labyrinthulés. L'amibe est semblable avec son corps nu, son noyau, ses deux ou trois vésicules pulsatiles, ses deux minces pinceaux de fins pseudopodes raides, insérés aux deux pôles [A), et surtout avec son groupement colonial [B] et ses mouvements presque identiques avec ceux des Labyrinthula.
On est peut-être en droit de se demander si ces deux espèces ne constitueraient pas deux genres très différents appartenant, l'un aux Foraminifères, l'autre aux Labyrinthulés. Il faudrait pour se prononcer, les étudier au nouveau point de vue proposé par Zopf et présenté par Cienkovsky lui-même.
Une question non moins délicate se pose au sujet du genre Chlamydomyxa (Archer) (fi g. 76). Cet être qui a reçu le nom significatif de C. labyrinthuloïdes (Archer) a, à l'état d'extension, la forme d'un Foraminifère dont le corps serait contenu dans une sorte de capsule cellulosique ouverte en fente au sommet et laisserait sortir un gros tronc protoplasmique bientôt ramifié en pseudopodes réticulés absolument irréguliers. Le tout, en état d'extension, mesure environ un millimètre. Il n'y a point de noyau, mais des vésicules pulsatiles se rencontrent éparses çà et là dans la partie inférieure. Il se nourrit de proies solides qu'il absorbe à la manière d'une amibe. Plus souvent on le rencontre complètement renfermé dans son enveloppe cellulosique, et en cet état il peut aussi se développer.
Jusqu'ici rien de bien étonnant. Mais, si l'on examine le réseau, on voit qu'il est parcouru par de petits corps proloplasmiques, non nucléès, qui semblent glisser sur de fins filaments et ces fins filaments sont protoplasmiques et ressemblent absolument à ceux de Labyrinthula.
Mais alors que signifient ces vésicules pulsatiles au sein de la masse protoplasmique? Que signifient ces particules englobées comme par une amibe? Tout cela est extérieur au corps vrai des êtres formant la colonie, et si les particules nutritives peuvent à la rigueur se comprendre, les vésicules ne le peuvent pas. Ray Lankester a suggéré l'idée que les petits fuseaux mobiles pourraient n'être que des noyaux. Il faut de nouvelles études avant de se prononcer (Colonie l"im. Eau douce).
Chlamydomyxa
[C. labyrinthuloïdes)
(im. Archer).
C, capsule cellulosique.
EUPL.VSMODIES OU MYXOMYCETES
3e Ordre
EUPLASMODIÉS. — EUPLASMODIDA
[Myxomycètes (A uct.)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
Ici, comme dans le cas précédent, l'être, à l'état adulte et isolé, est une simple amibe lobée etnucléée, Celle amibe (fig. 77,. l)vitau milieu des substances végétales altérées, bois pourri, tan, feuilles mortes, etc., circulant dans les interstices avec ses pseudopodes et se nourrissant des particules assimilables qu'elle rencontre. Ainsi elle s'accroît, se divise et se multiplie avec activité. Si les conditions deviennent défavorables, s'il survient par exemple de la sécheresse ou du froid, elle s'enkyste sous une membrane de cellulose. Au retour de conditions meilleures, elle sort de son kyste et reprend son mode de vie. Quand elle rencontre une autre amibe de même espèce, elle passe indifférente, tant que la nourriture est abondante. Mais quand cette vie a assez duré, et principalement lorsque la nourriture devient rare, les amibes qui se rencontrent restent ensemble (B) et, au lieu de s'accoler simplement comme celles des Pseudoplasmodiés, se fondent entièrement en une amibe plus grosse à deux noyaux. Cela continuant ainsi, les amibes arrivent à former des masses considérables (C), recouvrant parfois plusieurs centimètres ou môme décimètres carrés. Leur vie n'est pas changée pour cela, et cet immense plasmodc continue à vivre comme les amibes qui ont servi à le former. Il continue à se mouvoir attiré par la lumière faible et l'humidité modérée. Quand il rencontre un obstacle, il s'ouvre devant lui, l'englobe, puis, quand il arrive à le dépasser, s'ouvre en arrière pour se dégager de lui. Cela lui donne une forme réticulée (D) absolument variable et irrégulière. Dans les mêmes conditions que les amibes isolées, les plasmodes s'enkystent. Mais ce n'est pas un enkystement in toto. La masse s'arrête, se condense, s'arrondit, puis se découpe en
Euplasmodié (Type morphologique) (Sch.).
autant d'amibes qu'il y a de noyaux, et ce sont ces amibes qui s'enkystent côte à côte. Au sortir de l'enkystement elles se fusionnent de nouveau et
la masse reprend sa vie interrom-
pis.
pue. Cet enkystement accidentel est de durée très variable. On en a observé qui avaient duré vingt ans.
A côté de cela, il y a un enkystement régulier (fîg. 78) auquel on donne encore le nom de sporulation, bien que la multiplication des individus n'ait lieu qu'au sortir de la prétendue spore. Pour cela, le plasmode commence par s'élever le plus haut possible sous l'action d'un géotropisme négatif accentué. Arrivé au point qui lui convient, il se concentre, prend une forme régulière (A) et sécrète autour de lui une épaisse croûte cellulosique (cls.), souvent incrustée de calcaire, qui se soude solidement au support. A l'intérieur, la masse se décompose, comme dans le cas précédent, en petites amibes uninucléées (B) qui s'enkystent individuellement sous une membrane cellulosique (C : kys.), et la masse de ces kystes ou spores remplit la cavité de la coque cellulosique générale. Mais, comme cette épaisse coque serait plus tard trop résistante pour permettre aux spores de s'échapper, les amibes, avant de s'enkyster, sécrètent entre elles des filaments cellulosiques ramifiés qui forment dans la cavité un vaste (Dnn<V.s figT:ts' °? a s;iPP°sé.P°ul- i\lus ^ clarté réseau (C : r.) dans les mailles du-
qu U n existait qu un très petit nombre d'amibes v ' „ ,,,
fusionnées et par conséquent de spores). quel les SpOl'CS SOllt logées. Les fila-
ments prennent appui comme des ressorts sur la paroi interne du kyste général. L'humidité les relâche en les portant à s'enrouler, la sécheresse les bande en les étendant. Aussi lorsque le kyste est mûr, sous l'influence de la sécheresse, ils se détendent, finissent par rompre la paroi devenue friable et, de la sorte, les spores sont mises en liberté. On donne le nom de capillitium (D) à
Euplasmodié : enkystement et sporulation
(Sch.).
A h D, Sladcs successifs de la sporulation ; cls., kyste cellulosique commun ; Itys., kystes individuels ; r., réseau.
EUPLASMODIKS OU MYXOMYCÈTES
Fis. 79.
l'ensemble de cet appareil de filaments destiné à produire la rupture du kyste.
Sous l'influence de l'humidité, les spores (fig\ 79, a) mises en liberté laissent échapper leur contenu qui sort sous la forme d'une petite masse d'abord inerte (/>), mais qui bientôt pousse un court flagellum à l'extrémité qui porte le noyau, forme une vésicule pulsatile à l'extrémité opposée et se met à nager et à ramper dans le liquide (c). Au bout de peu de temps, le flagellum disparaît et l'amibe réduite à ses pseudopodes recommence la vie que nous avons décrite.
Euplasmodié.
Formation de l'amibe (Sch.).
a, spore; 1», sortie de l'amibe; c, l'amibe pourvue d'un flagellum et d'une vésicule pulsatile v.
Ce qui est variable ici, c'est surtout la forme des kystes et le capillitium. C'est principalement sur ces caractères que les
genres sont établis.
Fis. 81.
Fie. 80.
Tubulina (T. cylindricà)
i m. Zopf).
Cribraria (C. ru fa) (im. Zopf).
Lycea (Schrader) n'a pas de capillitium et la double membrane de son kyste se détruit entièrement pour donner issue aux spores. La forme des kystes est aussi simple que possible, elle représente celle du réseau plasmodique vivant, mais arrêté et entouré d'une double membrane.
Tubulina (Persoon) (fig. 80), a un kyste qui forme des petits boudins implantés côte à côte sur un support qui dépend de lui.
Limbladia (Fries) est un genre voisin.
Cribraria (Persoon) (fig. 81) n'a pas non plus de capillitium, mais le kyste sphérique, pédoncule, au lieu de s'ouvrir par destruction totale de sa paroi, ne se détruit que dans les mailles d'un réseau dont les filaments persistent. Cela tient à ce que la paroi kystique est parcourue en dedans par un réseau de bandes d'épaississement qui résistent quand les parties minces situées entre elles se détruisent à la maturité. On a assimilé, sans grande apparence de raison, ces bandes d'épaississement à un capillitium qui serait soudé à la paroi du kyste.
Dictydium (Schrader) (fig. 82),
Entericlium (Ehrenberar) et „. ± ,.
o / Die tint i ttni
Ciathroptychium (Rostafînski) présentent le même carac- m.cemuam) tère. Nous placerons ici le genre (im. Zopf).
FiS. 82
Myxastrum
(d'ap. Huckel).
Fiff. 84
Arcyria [A. incarnala) (ira. de Bary).
Myxastrum (Hâckel) (fig. 83) qui se sépare des Protéomyxés par son mode
de reproduction. Il est représenté par une amibe à pseudopodes rayonnants et, d'après Hâckel, non nucléée. Les individus se réunissent en plasinodes pouvant atteindre un demimillimètre de diamètre, ce qui leur permet d'absorber des proies plus grosses (Péridiniens, Diatomées, etc.). A un moment donné, ce plasmode s'enkyste et divise son contenu en une cinquantaine de portions disposées radiairement. Ces parties se revêtent d'une épaisse membrane kystique et, par là, se révèlent comme des spores qui, mûres, s'ouvrent au sommet
pour laisser échapper leur contenu sous la forme Fig 85
dune amibe (').
Partout ailleurs il existe un vrai capilli-
tium.
Cet organe se présente sous sa forme la
plus simple chez Trichia (Haller) (fig. 84) où il est formé de
simples filaments libres en forme de tubes
creux avec des épaississements spiraux.
Chez Trichia
Arcyria (Hill) (fig. 85), au contraire, le capilli- (im- Zopf). tium forme un réseau soudé, au point où il la rencontre, avec la paroi interne du kyste. Celui-ci est pédoncule et s'ouvre en pyxide ('*).
A la suite de ces genres, se présentent quelques formes qui ressemblent fondamentalement à Arcyria, mais qui s'en dis- Fig 8G tinguent par le caractère suivant: les nœuds du réseau du capillitium sont volumineux et remplis de petits nodules calcaires, et des nodules semblables se rencontrent dans l'épaisse paroi du kyste. Tels sont:
Craterium (Trentepol) (fig. 86), dont le kyste a la forme d'une pyxide pédonculée et s'ouvre de la même manière, et dont les spores violettes occupent, comme d'ordinaire, les mailles du réseau (3) ; et
FuligO (Haller), qui est le plus célèbre des Myxomycètes.
C'est lui qui, le premier, a attiré les regards par ses dimensions consi-
(!) Cet être a été observé en 1867 par Hâckel à l'île Lancerotte, aux Canaries. La seule espèce est M. radians (Hâckel). Les spores sont mises en liberté par simple rupture du kyste sans capillitium.
I2) Le capillitium est conformé d'une manière analogue dans les genres Hemiarcyria (Koslafinski), Cornuvia (Rostafinski),
Reticularia (Bulliard), Lyco^ala (Khrenberg),
(3) Genres voisins :
Physarum (Persooni, Badhamia (Berkeley),
Tilmadoche (Fries), Œthaliopsis (Zopf),
( 'll(tC) • llllll
(C. vu/gare) (im. Zopf).
Perichœna (Fries), Lachnobolus (Fries).
Leocarpus (Linki.
EUPLÂSMODIÉS OU MYXOMYCÈTES
dérables. Il forme à la surface des amas de tan ces fleurs du tan qui ont jusqu'à deux à trois décimètres de large et deux à trois centimètres d'épaisseur. Ses kystes discoïdes sont protégés par une épaisse croûte remplie de petits nodules calcaires semblables à ceux des nœuds du capillitium.
Une dernière complication du capillitium résulte du prolongement du pédoncule dans la cavité du kyste en une sorte d'axe central appelé columelle d'où partent les branches <lu réseau pour s'insérer d'autre part à la paroi interne du kyste.
Stemonitis (Gleditsch) (fig. 87), donne une bonne idée de cette disposition. Ici, les spores redeviennent claires et les nodules calcaires sont absents ('). Chez
Amaiirochete (Rostafînski), les columelles deviennent nombreuses et petites, en sorte qu'elles se distinguent à peine du réseau et disparaissent presque. On pourrait donc placer ce genre à côté à'Arcyria.
Combinons maintenant les caractères de Stemonitisa.vec ceux de Cru terium, c'est-à-dire une columelle à nodules calcaires avec des spores violettes et nous aurons : soit
Didymium (Schrader) (fig. 88), soit
Chonclrioclerma (Rostafînski), à columelle courte et renflée (■).
Il faut faire une place à part pour le genre
Ceratium (Albertini et Schweinitz) (fig. 91), qui mériterait de s'opposer comme genre unique d'un groupe des Exosporés à tous les autres Euplasmodiés formant ensemble un groupe des Endosporés. Ici, en effet, la sécrétion durcie qui correspond au kyste est centrale et sert seulement de
Stemonitis [S. ferruginea)
(im. Zopf).
Fis. 88.
Didymium
[D. farinaceum']
(im. Zopfj.
support aux spores qui sont libres à sa surface. Cette sécrétion est gélatineuse.
Elle forme une sorte de gâteau (A) sur lequel s'élèvent, soit des lamelles, soit de petites tiges (Jî). Tout ce minime édifice squelettiqueest revêtu du plasmodium qui l'a sécrété et qui forme à
Fie. 89.
Fis. 90.
(J) Il en est de même chez Comatricha (Preuss) (fig. 88), Lamproderma (Kostafinsky), Enerthenema (Bowman).
(2) Soit un des genres :
Lepidoderma (de liary) (fig. 90),
Comatricha (C. Friesiana)
(im. Zopf).
A, l'ensemble; B, un capillitium.
Spumaria (Bulliard),
Lepidoderma
(L. ligrinum) (im. Zopf).
Diachea (Fries).
sa surface une simple couche protoplasmique parsemée de noyaux. Quand tout cela est prêt, le plasmodium se divise, comme d'ordinaire, en autant de parcelles uninucléées qu'il y a de noyaux; comme d'ordinaire, ces parcelles s'enkystent sous une enveloppe cellulosique et constituent les prétendues spores; mais chacune de ces spores, avant de s'enkyster, sécrète encore un minime pédoncule gélatineux, au bout duquel elle reste appendue, comme un petit fruit (C). On trouve des kystes exosporés gros de quelques millimètres, sur le bois mort des Conifères. A la maturité, et lorsque la spore a acquis sa taille définitive (D), tout le squelette gélatineux vient à être dissous par une goutte d'eau et les spores tombent (E). Quand elles sont mûres ellesmêmes, elles laissent échapper leur contenu sous la forme d'une petite amibe (F). Mais celle-ci, au lieu de commencer tout de suite la vie errante habituelle, se divise successivement trois fois {G, If, I) et
Ceratium
(C. hydnoïdes) (im. Zopf).
A à K, stades successifs de révolution.
donne ainsi huit petites zoospores munies d'un flagellum (./). Mais bientôt, comme chez les Pseudoplasmodiés, ce flagellum disparaît et les petites amibes (À) se dispersent en quête de nourriture, et se multiplient par division simple jusqu'à ce que soit arrivé pour elles le moment de s'unir, comme d'ordinaire, en un véritable plasmodium qui sécrète de nouveau un support de gélatine et recommence la série de phénomènes déjà décrite.
Il y a ici, peut-être, un acheminement vers la constitution de véritables spores auxquelles il ne manque, pour mériter tout à fait ce nom, que de se diviser sous leur enveloppe au lieu de ne le l'aire qu'après.
GYMNAMOERIENS
3e Sous-Classe AMŒBIENS. — AMŒBIM
[Amœbina (Dujardin, entend.)]
Les Amœbiens, caractérisés essentiellement par leurs pseudopodes lobés, obtus, non anastomosables, se divisent en deux ordres : Gymnamcebiens ou Amœbiens nus, Thecamœbiens ou Annrbiens à carapace.
1er Ordre
AMOEBIENS NUS. — GYMNAMOE BIENS. — GYMNAMOEBIDA
[Gymnamoeba p.p. (Hâckel); — Gymnamœbm (Hertwig)].
TYPE MORPHOLOGIQUE
genre
Fiç. 92.
P?eurt(,
Il se trouve ici que le type morphologique est représenté par le réel Amœba. L'Amibe n'est pas le plus simple des Hhizopodes, mais, parmi les formes simples, il est une des plus typiques. Aussi méritet-il d'être étudié avec quelque détail.
Structure.
Constitution générale — L'Amibe (fig. 92) est un petit être microscopique ou à peine visible à l'œil nu, incolore et si admirablement transparent qu'il a l'aspect d'un fragment de cristal. Sa forme est irrégulière et on ne saurait la préciser, car elle change à chaque instant. Cependant ces changements ne sont pas quelconques et, au milieu de ses variations, elle garde un faciès qui permet de la reconnaître. Sa forme dérive toujours d'un sphéroïde déformé par des lobes irréguliers et obtus, peu ou point ramifiés, qui partent des divers points de la surface. Ces lobes sont les pseudopodes (Pseudop.).
L'être se compose simplement d'un noyau (No y.) et d'une petite masse nue de cytoplasma
Vésic. puis.
Gymnamcebien. — Lype morphologique.
[A/nœba) (Sch.).
Les lettres se passent d'explication.
Mais, dans ce
cytoplasma, on peut distinguer deux couches : un ectoplasma hyalin (Ectop.)et un endoplasma granuleux (Endop.) contenant de nombreuses inclusions. Dans l'endoplasme, mais tout près de la surface, est une vés ic ule puisât i le ( Vés ic . p u ls.).
Noyau. — Le noyau n'offre rien de bien particulier dans sa structure. Il est conforme, en ses traits essentiels, à celui du type général des Rhizopodes que nous avons précédemment décrit (').
Endoplasme. — L'endoplasme est formé d'un protoplasma fluide parsemé de granulations élémentaires ou microsomes (Granul. élém.), tels que nous les avons décrits dans la première partie de ce volume en parlant de la structure du protoplasma en général (p. 6). Il contient, en outre, des parties très variées désignées en bloc sous le nom d'inclusions endoplasmiques . Ce sont ici: des grains d'excrétion (Grains d'exc), des vacuoles alimentaires (Vac. alirn.), des globules graisseux (Gouttes huit.) et des vacuoles à gaz (Vac. à gaz).
Les grains d'excrétion sont beaucoup plus volumineux que les granulations élémentaires. Ils sont foncés, de couleur brune ou verdàtre, de forme variable, souvent cristalline, et paraissent formés de pyramides groupées ensemble. Ils ne sont pas de nature graisseuse, car ni l'alcool ni l'éther ne les dissolvent. Bïtsciili les croit formés d'acide oxalique, Eintz, d'acide urique. Ils semblent être, non des résidus de la digestion, mais des excréta dus à la désassimilation. Ils sont naturellement très variables comme nombre et position et peuvent même manquer tout à fait à certains moments.
Les vacuoles alimentaires ne sont naturellement ni fixes ni constantes. Elles se forment autour des particules alimentaires au moment où celles-ci sont englobées, et disparaissent lorsque leur digestion est achevée. Elles sont notablement plus grandes que l'aliment qu'elles renferment, contenant en outre un suc digestif dans lequel Hotte celui-ci. Leur volume est donc variable ainsi que leur nombre et souvent on peut n'en rencontrer aucune.
Les globules graisseux, reconnaissables à leur solubilité dans l'alcool
(r) Le noyau n'est pas constant chez les Amœbiens. Quelques genres [Protamœba, Gloïdium) sont comptés parmi les Monères. D'autre part, certains Amibes, renferment plusieurs noyaux et môme un grand nombre. Ce nombre est très variable en lui-même mais, dans chaque espèce, il est fixe, du moins tant qu'il n'est pas Irop élevé. Quand un Amibe est normalement uninucléé, il n'a jamais qu'un noyau; ceux qui en ont deux ou trois ne varient guère non plus sous ce rapport; mais au delà, il n'y a point de fixité: A. alba en a de 10 à 20, A. fibrillosa de 20 à 200 ; chez une forme géante très voisine des Amibes, Pelomyxa viridis qui atteint 2 millimètres, Bournk [9l] en a trouvé jusqu'à 1000. En général, il y en a d'autant plus que l'animal est plus volumineux. Le nombre de noyaux est dicté par la nécessité d'un rapport assez iixe entre leur masse et celle du cytoplasma et, d'après Bouhne, ce rapport serait d'environ 1/60 comme dans les œufs des Mammifères. Dans les formes polynucléées, les individus jeunes n'ont d'abord qu'un noyau qui se multiplie à mesure que l'animal grandit.
GYMNA.MOF.BIENS
et l'éther, sont très petits (1 à 2 \k). Ce sont des produits de réserve, variables comme sont toujours les substances de cette nature. Souvent on n'en trouve pas trace; d'autres fois ils sont très nombreux.
Les vacuoles à gaz sont des lacunes adventives qui se forment dans le cytoplasma, là où une substance s'est dégagée à l'état gazeux. Leur gaz est l'acide carbonique comme le montre son absorption par les alcalis. Cet acide est, comme toujours, un produit d'excrétion respiratoire.
Vésicule pulsatile. — La vésicule pulsatile est, au contraire, une formation permanente. On ne l'a pas trouvée chez toutes les espèces, mais il en est peu chez qui elle manque. Elle est volumineuse, plus grosse que le noyau, ordinairement unique, parfois multiple, mais jamais il n'y en a un très grand nombre. Elle est située dans la région du corps qui est postérieure dans la marche, et forme souvent une saillie à la surface. Elle appartient à l'endoplasme mais, en raison de sa position superficielle, elle déprime l'ectoplasme qui est fort aminci à son niveau. Elle est animée de deux mouvements inverses, l'un de diastole lente pendant lequel elle se remplit, l'autre de systole brusque où elle disparaît tout à fait pour un instant.
On admet généralement qu'elle communique avec le dehors, soit par un pore permanent, soit par une multitude de petits orifices ultramicroscopiques perçant sa paroi externe comme une écumoire, soit par une rupture de cette paroi qui se ressouderait aussitôt. Mais il faut reconnaître que, le plus souvent, on ne voit d'orifice à aucun moment, en sorte que sa communication avec le dehors, si évidente chez les Infusoires ciliés, est ici un peu problématique. D'après quelques observateurs, la vésicule, en se contractant, se viderait non au dehors, mais dans l'endoplasme. Nous aurons à revenir sur ces interprétations en parlant de la physiologie de l'animal.
Nous ne ferons que signaler les corpuscules brillants (') et autres
Fi''. 94.
f1) Les corpuscules brillants (fig. 93) (Glanzkôrperchen), découverts d'abord par Greeff chez une forme voisine des Amibes, Pelomyxa, ont été retrouvés par Péxakd [90] dans quelques Amibes [A. Protons) (lig. 94). Mais ils sont loin de
se rencontrer chez toutes. Ce sont des globules
Fig. 'J3.