‹ Traité de zoologie concrèteChapitre 12 sur 79 · B A LA NO GLOSS U S · texte numérisé non relu

B A LA NO GLOSS U S

tapissé par l’épiderme, mais avec des caractères histologiques différents suivant les points : la voûte du tube, provenant des parties de l’épiderme extérieur situées primitivement en dehors du cordon nerveux et non différenciées, se trouvera formée d’une couche épithéliale semblable à celle de l’extérieur et par conséquent pourvue d’éléments glandulaires; la partie ventrale du tube formé au contraire par la partie médiane avec le cordon nerveux qu’elle contient, présentera exactement les caractères histologiques de cette région et par conséquent ceux de la ligne médiane du tronc qu’elle continue directement. Enfin, sur les côtés, ces deux structures passeront de l’une à l’autre par une transition plus ou moins ménagée. C’est ainsi que sont les choses, en effet, dans le genre Ptychodera , du moins chez Pt. sarniensis ainsi que l’a constaté Kcehler. Partout ailleurs, cette disposition primitive s’altère par le fait que le tube s’obture à certaines places et perd sa continuité avec les orifices extérieurs, qui se transforment en deux petites dépressions infundibuli formes assez profondes, mais en cul-de-sac. La disposition des espaces intramédullaires, restes du canal central, est aussi variable que possible, même dans les individus d’une même espèce et il n’y aurait aucun intérêt à entrer dans des détails à son sujet (*). Chez B. Merechkovskyi et chez Sch . peruvianum , il ne reste aucune trace de la cavité primitive : le tube est devenu un cordon plein.

Le cordon nerveux collaire n'est pas libre dans la cavité du collier. Il est couché sur le vaisseau dorsal entouré de ses deux diverticules périhæmaux ( dvt.ph.g . et clvt. ph.cl.), qui même d’ordinaire reviennent un peu sur ses côtés de manière à lui former une sorte de gouttière où il est couché. Cet ensemble, appelé quelquefois le cordon collaire (Kragcnstrang), est lui-même couché sur la ligne dorsale du pharynx et n’est par conséquent libre que dorsalement et sur les côtés. Dans la partie inférieure, il est contenu, en outre, dans le mésentère dorsal du collier et n’entre en rapport direct avec le cœlome collaire qu’au-dessus du point oii se termine ce mésentère, ordinairement très court (*).

Sens. — L’épiderme, avec son réseau nerveux général, ne saurait ne pas être sensible, soit qu’il soit parsemé d’éléments sensitifs (dont l’exis-

(1) Dans toutes les espèces do Ptychodera s’observe une autre particularité remarquable. Ce sont de petits tractus plus ou moins nombreux (de 1 à 6) disposes les uns au-dessous des autres dans le plan médian et qui vont du tube nerveux intra-collairo à la paroi du corps. Ces tractus sont tantôt rectilignes, tantôt floxueux, et suivent un trajet direct ou plus ou moins oblique; ils peuvent être pleins ou creux. Ceux qui sont creux sont toujours les plus élevés de la série et jamais ils ne sont tous creux (sauf le cas où il n’y en a qu'un). Leur cavité s'ouvre en avant dans celle du tube médullaire; en arrière elle se termine en cul-de-sac sous la paroi du corps sans jamais s'ouvrir au dehors. Leur structure est exactement celle du plafond du tube médullaire dont elles sont la continuité.

(2) Le long du vaisseau dorsal, à l'exception de sa portion abdominale, Sl*engel a trouvé chez P. sarniensis deux paires de eordous qu'il considère comme constituant un système nerveux sympathique. Une paire de ces cordons est située de part et d’autre du mésentère qui rattache le \ aisseau à la paroi dorsale du corps, l’autre est placée do part et d’autre de celui

H ÊMI CORDES — BALANOGLOSSUS

tence n’a pas été effectivement reconnue), soit que, comme le pense Bateson, toutes ses cellules Fi 42

(sauf les glandulaires, bien entendu) soient sensitives.

Spengel estime que le bout de la trompe et sa face ventrale, le bord libre du collier et sa face ventrale sont des points particulièrement sensibles. En fait d’organes des sens localisés, on n’a observé que chez B. cariadensis une profonde fossette située à la base de la trompe, du côté ventral (fig. 42).

Organes reproducteurs. —

Les sexes sont séparés, mais les organes sont identiquement constitués chez Lun et l’autre et ne diffèrent que par la nature de leurs

produits ultimes. Coupe sagittale de la trompe de Balanoglosstitt

canadensis pour montrer la fossette sensitive

qui unit ce vaisseau au tube digestif ^ ap* sPenSe1)*

(fig. 40). Chaque cordon est formé ^v.,yotocordc PU .paroi Ldu pharynx- «.^ssetto sousilive; ' . ! 1 , gin. ctr., sinus central do la trompe; sq., squelette.

d un laisecau de libnlles trop fines

pour être musculaires et d’une enveloppe de cellules peu nombreuses (fig. 41). Spengel n’a

Fig. 40.

Coupe transversale du vaisseau dorsal et des quatre troncs nerveux sympathiques du collier de Plychodera sarniensis (d’ap.

Spengel).

mcl., muscles du vaisseau dorsal; n., nerf dorsal; sy., troncs du sympathique; vd., vaisseau dorsal.

Fig. 41.

Disposition du système nerveux sympathique de chaque côté du vaisseau dorsal (d’ap. Spengel).

mcl., muscles du vaisseau dorsal; n. d.., nerf dorsal; sy., troncs du sympathique; v. d.., cavité du vaisseau dorsal.

reconnu ni les racines ni les branches de ce système, dont la signification reste ainsi quelque peu douteuse.

HÉMICORDES — BALANOGLOSSÜS

Disposition. — Sous leur état le plus simple, ces organes forment

Fig. 44.

doux séries parallèles el symétriques de glandes ovoïdes (fi saillantes dans la cavité du tronc et s’ouvrant au dehors, par l’intermédiaire d’un col court et étroit. Ils occupent la région génitale, mais empiètent en haut

43 et 44),

Fi-r. 43.

«if* j V

-- i-vtf "

Glande génitale mâle de Balanoglossus Kupfjcri (d’ap. Spengel).

sur la région bran-

Glande génitale femelle de Balanoglossus Kupfferi (d’ap. Spengel).

1»., paroi du corps; c*., oviducle; ©v., ovaire.

!>., paroi du corps ; tes., testicule.

Fii

chiale, en bas sur

la région hépatique. La série de leurs orifices correspond à cette ligne sub-médiane qui se caractérise par l'interruption de la musculature longitudinale à son niveau et qui, suivant dans la région branchiale le sillon branchio-génital, continue ce sillon dans la région génitale et se poursuit dans la région hépatique en passant en dehors des lobes du foie. Elle a d’ailleurs une tendance à s’enfoncer en sillon dans toute son étendue, mais surtout dans ses parties supérieures. Dans le sillon branchio-génital, les pores génitaux sont toujours plus en dehors que les orifices branchiaux auxquels ils correspondent grossièrement.

Cette disposition si simple est sujette à des complications: chaque glande, en s’accroissant, a tendance à se diviser en lobes et ces lobes peuvent se souder à la paroi du corps, et se percer au point de contact d’un pore génital accessoire . Les lobes peuvent aussi se séparer complètement de la glande mère et former ainsi autant de glandes indépendantes (fig. 45), s’ouvrant par un orifice spécial qui a été nommé pore génital secondaire (o. g'.), pour le distinguer du pore accessoire qui conduit, non dans une glande distincte, mais dans un lobe non séparé de la glande principale. Ce processus de lobation et d’individualisation des lobes se produit toujours transversalement, en sorte que les pores accessoires et secondaires ne s’intercalent jamais à la série des pores principaux, mais se placent à côté d’eux, soit en dedans soit en dehors (*).

Coupe transversale dans la région génitale du Ptychodera aurantiaca montrant les pores secondaires des glandes génitales (d’ap. Spengel),

est., estomac; gtx., ovaires; mot. 1..

mésentère latéral ; 11. <1., norfdors.il; 11. v., nerf ventral ; ©. g., orifices géni* tal, o. orifices génitaux secondaires.

(l) Les pores accessoires sont hors de la ligne submédiane et traversent la musculature ongitudinale. Ils peuvent être internes ou externes par rapport aux pores principaux, mais,

HÉMICORDES — B A LA NOG LOS SU S

Fig. 48.

Structure. — Les glandes génitales sont essentiellement constituées par une couche d’épithélium germinal (lig. 47. crd . gtx.) tapissant un culde-sac formé par la limitante sous-péritonéale, le tout revêtu par l'épithélium péritonéal (prt.) doublé d’une couche de fibres musculaires longitudinales. L’épithélium germinal comprend deux sortes de cellules, les unes (fig.48), cellules germinales proprement dites, mères des œufs et des spermatozoïdes, grossissent beaucoup et font de plus en plus saillie dans la cavité de la glande; les autres restent petites et se disposent autour des premières en une couche folliculaire qui doit se rompre quand l’œuf ou les sperma-

Spermatocytc

de

Balanoglossus Kupfferi (d’ap. Spengel)

Coupe longitudinale du cordon génital de Balanoglossus Kupfferi (d’ap. Spengel).

crd. gtx., cordon génital; p., paroi du corps; prt., péritoine formant l’enveloppe folliculaire.

dans la région branchiale, il n’v en a jamais d’internes. On les rencontre chez Sch. brasiliense et 67. T al aboli.

Los pores secondaires sont aussi externes ou internes. Les externes sont, de même que les pores accessoires, extérieurs à la ligne submédiane et traversent la muscu-

la ture lougi tud i n ale. Les internes s’ouvrent au contraire toujours dans la ligne submédiaue, à son bord interne; ils ne se pi outrent que chez Balanoglossus et C.landiceps ; on en rencontre aussi bien dans la région branchiale qu’au-dessous. Ils forment, chez 67. Tataboti , une série incomplète, chez B. Kupfferi une série Complète, chez B. canadensis plusieurs rangées, complètes parallèles, Chez ce dernier les pores principaux forment aussi plusieurs rangées, et ces nombreuses rangées trouvent place tontes dans la ligne submédiane, ici très élargie.

11 ne faudrait pas attribuer à ces caractères distinclifs des pores accessoires et secondaires, des externes et des internes, une videur qu’ils n’ont pas. Les choses se trouvent être ainsi, mais tous ces pores sont morphologiquement équivalents.

Chez Ptychodera, les lobes des glandes génitales s’étendent en dehors dans les appendices aliformes (lig. 46). En dedans, le septuru latéro-dorsal détermine une. profonde échancrure qui monte presque jusqu’au pore principal, en sorte qu’il y a un lobe dans le compartiment latéro-dorsal du cœlome.

Fiff. 4 lî.

Coupe transversale de la région branchio-génitalc de Plychodera clavigera (d’ap. Spengel).

ai., ailes dorsales; gtx., glandes génitales; lngt., languette branchiale; mol. 1., muscles longitudinaux ; in cl. r., muscles radiaires ; nf. <1., nerf dorsal; ni’, v., nerf ventral; o. l»r., orifice branchial externe; œs., œsophage; o. gtx., orifice génital; ■ac l»r., sac branchial.

HÉMICORDES — BALANOGLOSSUS

Fig. 49.

tozoïïles (fig. 49) sont émis au dehors. Dans l’épaisseur de la limitante est un réseau de lacunes sanguines, ou parfois une simple lacune vaste et indivise; dans l’un ou l’autre cas, ce système communique par ses bords avec le réseau capillaire cutané voisin.

Pour donner une idée complète de cet appareil génital, il est nécessaire d’ajouter quelques indications sur la manière dont il se développe. Sa formation n’est d’ailleurs pas exclusivement du domaine de l’embryogénie, car elle continue presque jusqu’à l’âge adulte.

La série des glandes génitales (fig. 50) se termine en haut brusquement par des glandes entièrement achevées; mais en bas, elle se continue par une partie indivise et inachevée. Cette partie est formée d'un amas de cellules germinales contenues entre le cœlome et la paroi du corps (fig. 47), dans cet espace que nous avons vu, à propos des limitantes et de l’appareil circulatoire, représenter la cavité de segmentation. Il y a tout lieu de croire que

Spermatozoïdes

de

Balanoglossus Kupffcri (d’ap. Spengel).

Fig. 50.

ri. d

ov

ces cellules proviennent d’élém en ts m ésen ch y m a-

teux présents dans cet espace depuis les stades embryonnaires. Là, cette masse grossit, se lobe, se divise, suivant la série des processus que nous avons indiquée pour expliquer la complication progressive de l’organe, mais tout cela se fait avant que s’établissent les communications avec le dehors.

Celles-ci se percent secondairement en des points où la masse se soude à l’épiderme, en sorte que tous les orifices, aussi bien les principaux que les accessoires et les secondaires, sont tous équivalents et tous secondaires au sens embryogénique de ce mot.

11 résulte de ce qui précède que, malgré la présence d'une limitante entre elles et le péritoine, les glandes sexuelles ne sont pas plus dépendantes de l’épiderme que du cœlome et, bien que Spengel n’en parle pas, si sa conception des limitantes est exacte, il doit exister une limitante, très mince peut-être, aussi bien entre la glande et l’épiderme

Paroi dorsale du corps dans la région génitale de Balanoglossus Kupffcri vue du côté interne (d’ap. Spengel).

n.«l., uorf dorsal; o. br., orifices des branchies; ov., ovaires; p., paroi du corps.

T. VIII

HÉMICORDES — DALANOGLOSSUS

qu’entre elle et le péritoine. 11 ne faut point plier la nature à nos systèmes et décrire des membranes là où elles n’existent pas sous le prétexte qu’elles devraient exister, mais ces choses sont cependant bonnes à dire pour préciser la situation de l’organe et éclairer sa conception.

Physiologie.

Habitat. — L’animal vit dans le sable, au niveau des basses mers, dans des trous cylindriques très longs et en forme d'U aboutissant à la surface par les deux extrémités comme ceux du Chætoptère, et très profonds dans leur partie moyenne. Ces trous ne sont pas maçonnés, mais ils ont cependant une certaine persistance, grâce à une couche de mucus dont ils sont tapissés et qui agglutine quelque peu le sable qui forme leur paroi. L’un des orifices du tube ne porte aucune marque distinctive; l’autre est rendu très évident par un tortillon de sable rejeté par le tube digestif et semblable à celui des Arénicoles, mais d’une taille proportionnée à celle de l’animal. Celui-ci se tient dans son trou, soit au fond, soit près de l’un ou l’autre des orifices, selon le moment du jour ou de la marée, naturellement, l’anus toujours tourné du côté où est le tortillon (*).

Mouvements. — L’animal peut fouir le sable pour faire son trou et se déplacer dans ce trou qui est beaucoup plus long que lui. Le collier et surtout la trompe sont ses organes locomoteurs les plus actifs. Lorsqu’il ne s’agit que de se déplacer dans son trou ou de ramper sur une surface, le corps y contribue activement par des mouvements péristaltiques et des inflexions latérales. Pour fouir, l’animal utilise surtout sa trompe qu’il manœuvre à peu près comme fait un Solen de son pied, l'allongeant, la renflant et la rendant rigide, puis se halant en prenant sur elle un point fixe. Le collier, en môme temps, se resserre pour passer, puis se dilate pour repousser l’obstacle comme un homme qui joue des coudes pour se faire place dans une foule. Ces mouvements ont pour condition la rigidité de la trompe qui doit, étant creuse, se mettre dans un état d’érection, pour agir efficacement. Pour cela, l’animal ferme le trou de sa trompe et contracte la musculature de l’organe sur le noyau liquide qui, étant incompressible, se comporte comme un corps solide. Malgré l’imperfection apparente de ces instruments, l'animal creuse le sable assez rapidement et se déplace dans son trou avec une surprenante rapidité. Ses mouvements sont facilités par le mucus très visqueux dont il est enduit et qui est sécrété par les cellules glandulaires de son épiderme.

La question de savoir d’où vient ce liquide a donné lieu à des discussions. Batesok a constaté que les particules colorées mises dans le liquide

l1) T. 11. Morgan a constaté qu’aux îles Bahama ranimai était toujours, le soir, au voisinage (le l’orifice correspondant à la tête, le matin auprès de celui qui est marqué d’un tortillon.

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extérieur ne pénètrent jamais dans la trompe, tandis que celles injectées dans la trompe ressortent par son orilice. Gela semble indiquer que le liquide contenu est simplement celui que le glomérule a extrait du sang et qui n’est rejeté par une sorte de miction que lorsqu’il est trop abondant.

Pour le collier, au contraire, tout porte à croire qu’il contient de Peau de mer qui peut entrer et sortir par ses deux pores.

Alimentation. — Pour creuser, l’animal refoule le sable sur les côtés, mais surtout il se fait de la place en l’avalant. Son tube digestif en est toujours rempli et l’extrémité caudale en est toujours si chargée, qu’alourdie par cette masse elle se rompt avec la plus grande facilité, sans que d’ailleurs l’animal paraisse souffrir le moins du monde de cette mutilation.

Sans doute il doit se nourrir des détritus de toute sorte mélangés au sable qu’il avale pour fouir. Mais il avale aussi des proies véritables. L’un de nous a vu un gros Ptychodera (probablement le P. clavigera) en avaler un de plus petite taille placé dans la même cuvette. Peut-être chasse-t-il les Arénicoles qui vivent dans les mêmes parages ou les autres Vers qu’on y rencontre aussi.

Le sable qu’il avale, rendu glissant par une abondante quantité de mucus, traverse le pharynx sans jamais pénétrer dans l’orifice, d’ailleurs microscopique, du diverticule de la trompe. 11 traverse aussi l’œsophage sans s’engager, chez Ptychodera , dans la portion respiratoire de l’organe. C’est dans l’estomac que s’accomplit la digestion, sous l’influence du suc sécrété par les cellules dites hépatiques ; l’intestin sert sans doute à l'absorption du chyme. Peut-être les pores intestino-cutanés , les sillons ciliés de l'intestin, le siphon stomacal de GL Ilacksi (Voir p. 30, note) sont-ils destinés, un peu comme le siphon des Echinodermes, à séparer et à évacuer par une voie plus directe l’eau qui, ingurgitée en masse avec le sable, ne peut que diluer les sucs digestifs.

Respiration. — L’eau pénètre dans les branchies par la bouche et l’œsophage et ressort par les pores dorsaux. Cette circulation a évidemment pour moteur principal les cils des parois branchiales. Mais l’eau ingurgitée par la bouche est sans doute aussi poussée au delà, en même temps que le sable, par les contractions du pharynx. Les fibres musculaires que nous avons vues se rendre du pore expirateur aux parois septales peuvent contribuer aussi à ce mouvement.

Des descriptions que donne Spengel de la disposition des capillaires branchiaux, il semblerait résulter que les faces des septaet des languettes ne servent que peu ou point à la respiration proprement dite. Mais peut-être ces descriptions autorisent-elles quelques réserves. Il semble bien étrange que les faces septales soient dépourvues de capillaires en dedans, et que le réseau lacunaire des languettes soit plus rapproché du cœlome que du courant d’eau qui traverse la branchie. N’y aurait-il pas un second réseau lacunaire sous-épithélial dans les languettes et un autre

Il ÉMI CORDES — DALANOGLOSSUS

dans la partie des septa située en face des languettes? S’il n’y en a point, ce serait donc la partie externe des sacs branchiaux qui serait l’organe, actif de la fonction respiratoire, et les couloirs situés entre les septa et les languettes £ auraient qu’un rôle conducteur comme les bronches par rapport aux poumons. II faut en effet reconnaître que l’épithélium bas des parties externes des sacs branchiaux semble mieux fait pour permettre les échanges osmotiques que les hautes cellules de la portion interne. En somme, toute cette question réclame un complément de recherches.

Circulation. — Le sang circule de bas en haut dans le vaisseau dorsal ; poussé par les contractions de ce vaisseau, il arrive au sinus central de la trompe, où la vésicule cardiaque lui donne une impulsion nouvelle pour lui faire traverser le glomérule et les vaisseaux efférents du glomérule ainsi que les arcs péripharyngiens qui, dépourvus de musculature, sont passifs. 11 arrive ainsi à la partie supérieure du vaisseau ventral qui le reprend et, par ses contractions, le renvoie vers la queue où il reprend la voie du vaisseau ventral. C’est là le courant général et direct. Mais sur ce courant se greffent des courants dérivés dont l’importance n’est pas moins grande puisque, à l’exception du glomérule qui seul est sur le trajet de la grande circulation, tous les organes sont desservis par eux. Entre les courants dorsal et ventral existe évidemment une circulation intestinale dont la direction n’a pas été déterminée expérimentalement, mais qui, à en juger d’après la direction des courants principaux, doit aller de chaque point du vaisseau dorsal à la partie de l’intestin située en face, passer dans le vaisseau ventral et revenir delà immédiatement vers le bas; un courant tout semblable et parallèle doit circuler dans le réseau lacunaire de la paroi du corps.

Rappelons ici le sinus circulaire qui réunit dans le diaphragme tronco-collaire les courants dorsal et ventral. De l’extrémité supérieure du vaisseau dorsal se détache, au coté dorsal du pédoncule de la trompe, un courant qui alimente les lacunes de la paroi de la trompe. Ce courant retourne aux vaisseaux efférents du glomérule par deux canaux situés, l’un dans le septum ventral de la trompe, le long de son bord libre supérieur, l’autre dans le septum dorsal.

La circulation génitale n’est qu’une dépendance de la circulation pariétale du voisinage.

Tout cela semble fort clair. Seule, la circulation branchiale présente des obscurités imputables surtout à l’insuffisance de nos connaissances anatomiques. Il semble bien probable que le sang passe du vaisseau dorsal dans les canaux des septa et des languettes et de là dans les réseaux lacunaires des parois branchiales. Le sang qui a pris la voie de la circulation septale trouve un débouché naturel dans le réseau capillaire de la partie non respiratoire de l’œsophage, qui le ramène au vaisseau ventral.

Mais où va le sang qui s’est engagé dans les vaisseaux de languette?

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HEMICUOR DI A ( Bal ano gloss us )

(TYPE MORPHOLOGIQUE

(Suite).

Développement.

bl., blastopore;

c.; anneau vibra tile ;

co II., région collaive;

h., bouquet de poils sensitifs;

mb.f membrane de l’œuf;

n. , invagination du cordon nerveux dorsal ;

o. br., orifices des fentes branchiales; s. j étranglement circulaire supérieur; s'.; étranglement circulaire inférieur; trp., trompe.

Fig. 1 à 11. Stades successifs du développement.

Fig. 1 j 2, 3. Trois stades successifs de l'œuf jusqu’à la formation de la blastula (d’ap. Bateson) .

Fig. 4. Gastrula (Sch.1.

Fig. 5 et 6. Fermeture du blastopore et formation de l’anneau vibratilc (d’ap. Bateson). Fig, 7. Allongement de la larve (d'ap. Bateson).

Fig. 8. Formation du premier étranglement circulaire et du bouquet de poils sensitifs (d’ap. Bateson).

Fig. 9. Formation du second étranglement circulaire délimitant la région collaire (d’ap. Bateson).

Fig. 10. Formation du cordon nerveux dorsal (d’ap. Bateson).

Fig. 11 . Formation des premières fentes branchiales (d’ap. Bateson).

HÉMICORDES — BALANOGLOSSUS

Il ne peut évidemment rejoindre la circulation générale qu’en repassant par le bord supérieur dos languettes, le seul qui soit en relation avec le reste du corps. Or on ne connaît là aucun vaisseau et la voie des lacunes capillaires offrirait semble-t-il une résistance nuisible à la rapidité du courant. Ce n’est pas là, d’ailleurs, le seul desideratum dans nos connaissances au sujet de cet appareil.

Excrétion. — L’excrétion ne peut avoir pour organes que le glomérule, dont les produits doivent être déversés dans le cœlome de la trompe et évacués par le pore situé à sa base du côté dorsal.

Sensation. — On ne sait à peu près rien des sensations de l’animal. Les dispositions du système nerveux, sa diffusion sur toute la surface des téguments, l’absence presque complète d’organes localisés, semblent indiquer une vague sensibilité générale probablement tactile, plus délicate peut-être et plus précise à la face ventrale de la trompe et du collier.

Génération. — Les œufs sont pondus isolément (et non unis en filaments comme on l’a cru) et sortent par les pores sexuels et non par rupture de la paroi des sacs génitaux, bien que peut-être cette rupture ne soit pas rare à litre accidentel. Pour les spermatozoïdes, ces indécisions ne peuvent exister.

Résistance. — bien que d'apparence délicate, l’animal est, en réalité, assez résistant. Il se conserve bien dans de simples cuvettes où, après avoir rejeté de grandes quantités de mucus, il reprend et conserve l’aspect qu’il avait au moment de la capture. L’un de nous en a vu un ramper encore après vingt-quatre heures, dans une solution assez forte d’acide picrique.

Phosphorescence. Photogénie. Odeur. — Nous ne saurions dire si les autres espèces sont phosphorescentes, mais celle qui habite les côtes de Bretagne et que nous croyons être le Ptychodera clavigera se montre assez vivement phosphorescente pour que la lueur soit encore visible en présence d'une bougie. Chez cette même espèce, Batesqn a constaté que le mucus est photogénique et devient violet à la lumière.

Certaines espèces dégagent une odeur forte et caractéristique qui rappelle celle du chlore ou de l’iodoforme.

Régénération. — Spengel a vu l’animal régénérer sa trompe et a constaté que le cœlome de cet organe se reformait indépendamment de toute participation du tube digestif. C’est un cas de non-parallélisme de la régénération et de l'ontogénèse, car nous verrons que, chez l’embryon, les vésicules cœlomiques se forment toutes aux dépens du tube digestif. Ces cas sont encore assez peu nombreux pour que celui-ci mérite d’être cité, et il est d’autant plus frappant que l’organe est obligé ici de se former aux dépens d’un feuillet différent de celui qui l’a engendré chez l’embryon.

Parasites. — On a trouvé chez les diverses espèces des parasites variés : Flagellâtes dans les branchies; Diatomées dans la cavité générale;

HÉMICORDES — BALANOGLOSSUS

Fig. 51.

Fijr. 52.

Fig. 53.

Grég armes monocijstidées (fig. 51 et 52) et autres Sporozoaires indéterminés dans les cellules du tube digestif; un Distonie indéterminé dans la

cavité du tronc et du collier (fig. 53); un Nématode (?) dans la musculature de la trompe; un Annélide, Anoplonereis Herrmanni (Giard)

[= Ophiodromus Herrmanni (Giard)] non parasite, mais commensal.

Mais le parasite le plus remarquable est Ive Balanoglossi , Crustacé copépode trouvé par P. Mayer chez P. minuta dans la cavité générale

et par Hill chez B . australiensis . Spengel enfin a trouvé dans la cavité générale ou les couches musculaires de G. Talaboti et de G. Hacksi desCopépodes conformés comme les Copépodes libres et qui, selon lui, pourraient avoir été entraînés là malgré eux, comme une barbe de blé dans un étroit canal, au moyen de leurs soies.

En outre de ce Crustacé, Spengel se demande s'il ne faut pas considérer comme des parasites d'une nature à déterminer, ces masses cellulaires (fig. 54) entourées d’un follicule et flottant partout dans la cavité générale, que nous avons décrite, en traitant de cette cavité (Voir p. 24, note).

Grégarinedans les cellules intestinales de Balanoglossus Kupfjeri (d’ap, Spengel).

Coupe ù travers un jeune Distome en- .touré de cellules lymphatiques chez B a l an o g l o s s u s Kitpfferi (d'ap.

Spengel).

Grégarine des cæcums hépatiques de Ptychodera clavigera (d’apr.

Spengel).

Fig. 54.

Développement.

(PI. 7 à 10.)

L’œuf fécondé, naturellement hors de l’organisme, subit une segmentation totale et régulière (*) qui aboutit à une blastula sphérique (7, fig. 1 et 2). Cette blastula s'invagine emboliquement et se transforme en une gastrula typique (7 , fig. 4) dont le blastopore se resserre peu à peu (7 , fig. 5), puis se ferme en un point correspondant à l’extrémité inférieure de l’axe du futur animal (7, fig. 6). Le corps se couvre entièrement de cils fins. Au-dessus du point où le blastopore vient de se fermer se montre un anneau vibratile transversal (c.) formé de cils très développés. Puis se dessine une première constriction circulaire au milieu du

Masse cellulaire (parasite?) de la cavité générale de P l y c ho de ra minuta ('d’ap.

Spengel).

(l) Les premiers phénomènes n’ont été vus que chez une espèce, B. Kovalevskyi , et c’est seulement pour le stade 2 et pour la blastula achevée que l’égalité des blastomèrcs a été

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