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POL YCLINIDÆ
(TYPE MORPHOLOGIQUE
an., anus;
b., bouche;
crd ., cœur;
epc.j tube épicardique ;
est., estomac;
f. , bifurcation du tube épicardique; ggl., ganglion nerveux;
gl ., glande subneurale; gl. py., glande pylorique;
g. p., gouttière péricoronale ; lagt., crochets;
Iv. d., lèvre droite;
!v. g., lèvre gauche ;
n. , ganglion nerveux;
o. d., orifice génital male; o. orifice génital femelle ;
c. cl., orifice cloacal commun; o. i., orifices clonraux individuels ; o. s., orifice du siphon ; ov. , ovaire;
pc. ds., corne dorsale du péricarde
pc. v., corne ventrale du péricarde:
t. epc., tube épicardique;
tst., testicule ;
tt., tentacules;
tv., tubercule vibratile.
Fig. 1. Coupe dune partie de la colonie passant par le cloaque et le plan sagilt individu (Sch.).
Fig. 2. Partie supérieure du siphon dorsal de la chambre branchiale vue de (d’ap. Maurice) .
Fig. 3. Partie inférieure de la chambre branchiale (d’ap. Maurice).
Fig. 4. Coupe transversale de la région cardiaque (Sch.).
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Zoologie concrète
T. VIII
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SYNASC1DES
POLYCLINIDES
tunique et qui aboutissent (o. /.) aux cloaques individuels situés souvent assez loin. Le plancher et les parties latérales de ces galeries sont formés par la substance tunicale seule, mais dans l’épaisseur de leur plafond s’avance souvent un prolongement musculeux du bord dorsal du cloaque de l’ascidiozoïde auquel conduit la galerie. Ces prolongements convergent donc des cloaques individuels vers le cloaque commun qu’ils servent à maintenir béant : on les appelle les languettes cloacales . Les ascidiozoïdes sont complètement indépendants les uns des autres dans la colonie.
Il n’y a pas non plus d a j)rolongemenls vasculaires delà paroi du corps dans la tunique commune. Bien que formées d’une manière analogue, les languettes cloacales ne représentent pas ces prolongements.
Organisation générale de V ascidiozoïde. — Les ascidiozoïdes ont les deux siphons rapprochés l’un de l’autre, le cloacal étant situé très haut à la face dorsale du corps. Dans le corps, étroit et très long, on distingue quatre régions qui sont, de haut en bas : 1° la région pharyngo-cloacale appelée thorax ; 2° la région stomacale appelée abdomen; 3° la région génitale; 4° la région cardiaque , ces deux dernières constituant le postabdomen (*). Les trois premières sont plus ou moins renftées, séparées par de légers étranglements, la quatrième est cylindrique, étroite et très allongée.
Caractères des organes de Vascidiozoïde, — Le siphon buccal (k^.fig. 1, o. s.), situé il la partie supérieure du corps, est court, peu saillant à la surface du connus, découpé en six lobes (parfois huit) peu accentués; il est garni intérieurement d’une tunique réfléchie , à la surface de laquelle les cellules tunicales prennent une disposition épithéliale régulière.
La couronne tentaculaire (44, fi g, 2, tt.) comprend une douzaine environ (plus ou moins) de tentacules petits, non ramifiés, ordinairement de deux ou trois tailles, ceux de taille différente alternant régulièrement entre eux.
La branchie, peu développée relativement au volume du corps, est de forme cylindrique; elle est divisée en nombreuses (10 à 20) rangées de trémas par autant de sinus transversaux bien marqués et faisant saillie dans sa cavité par une lamelle horizontale ciliée, continue sur les côtés mais interrompue en avant par l’endostyle et en arrière par les languettes dorsales. 11 n’y a pas de sinus longitudinaux, et la branchie n’offre pas ce caractère quadrillé que nous avons attribué au type général : les trémas sont disposés en rangées transversales bien séparées, mais leurs séparations longitudinales sont minces, non renflées en sinus verticaux continus. A son bord dorsal est une rangée de languettes dorsales ciliées (44, fug . 1 et 2, lagt.) incurvées à droite, correspondant aux sinus transversaux et en môme nombre qu’eux.
(l) Ces dénominations de thorax, abdomen et postabdomen sont dues à H. Milne- Edwards qui leur empruntait le critérium distinctif de trois tribus dont nous avons fait nos trois sous-ordres.
UROCOKDES
ASCIDIES
L 'endostyle (44, fig. 1 , esty.) n’offre rien de particulier; la gouttière péricoronale (44, fig. 1 et 2, g. p.), qui offre avec lui les rapports ordinaires, n’est ciliée que sur sa lèvre inférieure.
La gouttière inférieure est présente, mais sa lèvre droite seule (44, fig. 3, Iv. d.) se continue avec la lèvre droite de l’endostyle (esty.); la gauche (Iv. g.) est indépendante et commence un peu plus loin seulement (*).
La cavité pèribranchiale règne dans toute la hauteur des parties latérales de la branchie, mais elle ne descend pas dans les régions inférieures du corps. Le long du bord ventral ses deux moitiés sont entièrement séparées. De nombreux trabécules pariéto -branchiaux correspondant exactement aux sinus transversaux et régulièrement disposés la traversent (*).
Le cloaque occupe toute la hauteur du bord dorsal de la branchie, mais ne s’étend pas plus bas. Le siphon cloacal est court en bas et sur les côtés, sa cavité seule, d’ailleurs tapissée d’une tunique réfléchie, se continuant par un de ces canaux cloacaux qui circulent tangeniiellement dans la substance tunicale commune pour arriver au cloaque commun. Mais son bord dorsal se prolonge ordinairement en une languette cloacale qui s’étend jusqu'au cloaque commun. Cette languette est formée par un prolongement de toutes les couches des parois du cloaque et contient un diverticule de la cavité générale et des muscles. Nous avons vu qu’il sert à soutenir la voûte des canaux cloacaux.
La musculature consiste en faisceaux longitudinaux descendant des orifices, le long de la paroi du corps, jusqu’à l'extrémité terminale du postabdomen, où ils aboutissent à une sorte de bouton terminal. C’est à ce système qu’appartiennent les muscles de la languette cloacale. 11 y a en outre des faisceaux transversaux formant des sphincters aux orifices et des muscles en ceinture correspondant aux sinus transversaux de la branchie.
Le tube digestif est tout entier placé au-dessous delà branchie, sauf le rectum qui remonte à une certaine hauteur dans le cloaque. L 'œsophage part du bord dorsal du fond de la branchie et descend verticalement vers Y estomac (44 ,fig. 1 , est.) qui est, lui aussi, vertical. L'estomac est tantôt lisse, tantôt aréole ou cannelé, c’est-à-dire pourvu de saillies éparses ou de côtes verticales correspondant à autant de dépressions ou
(x) Nous no savons pas si ce caractère, indiqué par Maurice chez Fragaroides, est ou non général.
(2J Au voisinage du bord ventral et sur une étendue plus ou moins grande, ces trabécules peuvent confluer en lamelles panélo-branchiales horizontales, décomposant celle portion ventrale de la cavité en petits couloirs superposés, correspondant chacun à une rangée de trémas, fermés au fond par le sinus endostylaire, limités en haut et en bas par deux lamelles pariéto-branchiales, en dehors par la paroi du corps, en dedans par la paroi branchiale percée de trémas et ouverts en avant dans la portion non subdivisée de la cavité péribranchiale.
SYNASCIDKS — P0LYCLIN1DÉS
de gouttières dont est creusée sa paroi interne (*). De l’estomac part un intestin qui descend d’abord, puis se recourbe vers la face dorsale et monte vers le cloaque où il s’ouvre (an.) vers le milieu de sa hauteur et un peu à gauche de la ligne médiane. 11 est rattaché par un court mésentère à la paroi dorsale. 11 y a une glande pylorique (gl. py.) avec ses caractères habituels.
Le ganglion nerveux (44, fig. i, n. et fig . 2, ggl .), 1 % organe vibratile (44, ftg, 2, tv .), la glande prénervienne (gl.) ont la disposition et les caractères ordinaires. 11 y a un cordon ganglionnaire viscéral que l’on a pu suivre jusqu’à l’estomac.
Les organes génitaux sont représentés par un seul testicule (44 , fig. i, tst.) et un seul ovaire (ov ) (*).
L'ova ire, situé dorsalement à la partie supérieure de la région génitale, au-dessus du testicule et loin au-dessous de l’estomac, est un simple sac formé par une dilatation de l'oviducte. Les œufs y prennent naissance par différenciation de l’épithélium germinal qui le tapisse. L'oviducte monte le long de la ligne médiane dorsale, passe à droite du rectum et s’ouvre (o. $) un peu au-dessus du fond du cloaque, contre la paroi dorsale de cette cavité. Le fond du cloaque sert de cavité incubatrice.
Le testicule (tst.) est plus petit, situé plus bas, dorsalement aussi, mais un peu moins que l’ovaire, et d’une forme beaucoup plus déchiquetée. Le canal déférent monte en avant de l’ovaire vers le cloaque, mais le dépasse en passant à droite de lui et va s’ouvrir aussi (o. d) à la face dorsale du cloaque, entre le niveau de l’anus et celui de l’orifice génital femelle.
Nous avons gardé pour la fin la description du cardio-péricarde et des tubes épicardiques qui constituent un des caractères les plus remarquables de notre type.
Le péricarde est, comme d’ordinaire, un sac entièrement clos, mais il est ici très allongé. Il est ployé en deux; sa partie moyenne occupe le fond du postabdomen (44, fig. i, crd .) et ses deux extrémités se prolongent en forme de cornes longuement effilées (pc. v. et pc. ds.) dans le poslabdomen, jusque dans la région génitale, dans le plan médian, l’une en avant, l'autre eu arrière. Le cœur (crd.) est formé, comme d'ordinaire, par une invagination longitudinale du péricarde; mais ici l'invagination n’occupe que la partie moyenne du péricarde, en sorte que le cœur, ployé en deux lui aussi, n’occupe que le fond du postabdomen, ses orifices étant longuement dépassés par les cornes du péricarde. Enfin, contrairement à l’ordinaire, l’invagination cardiaque, au
(}) Lahille se sert de ce caractère pour diviser le groupe en deux sous-familles, Tune [Pohjclinidæ] à estomac lisse et l’autre [Aplididæ] à estomac cannelé ou aréole. Ces cannelures ont pour effet de multiplier la surface glandulaire de l’estomac.
(2) L’ovaire semble, au moins dans certains cas ( Fragaroides , d’après Maurice), représenter deux ovaires soudés el confondus en un organe médian. Le testicule paraît, quoique dorsal, appartenir plutôt au coté droit.
UROCOUDES — ASCIDIÉS
lieu de correspondre au bord supérieur du péricarde, s'est faite ici le long du bord inférieur (ou convexe) de cet organe.
Du fond du sac branchial, en avant de l’œsophage, partent deux prolongements situés symétriquement près l'un de l’autre (44, fig . 1 , t. epc.). Ils ont reçu le nom de tubes épicardiques (*).
Chez le jeune, ils s’ouvrent au fond de la cavité branchiale, mais plus tard cette communication disparaît. Ils passent l’un adroite, l’autre à gauche de l’estomac et, au-dessous de cet organe se fusionnent en un tube, le sac èpicardique (44, fig. 1 et 4, epc.), médian, très aplati d’avant en arrière, très large de droite à gauche (f.), qui descend jusque vers le fond du postabdomen. Cependant, un peu au-dessus du cœur, le tube se divise en deux branches droite et gauche qui, un peu plus bas, se terminent en cul de sac, de part et d’autre de la portion moyenne du péricarde. Dans toute la longueur du postabdomen, le tube èpicardique est soudé par ses bords à la paroi interne du corps et divise J a cavité du postabdomen en deux compartiments distincts. Le compartiment ventral contient seulement la corne antérieure du péricarde, le dorsal contient la corne postérienne de cet organe et les deux glandes génitales avec une partie de leur canal excréteur. Le cœur s’ouvre en bas par chacun de ces deux orifices dans l’un de ces deux compartiments. Or, il faut bien comprendre que la cavité du postabdomen est une vaste dépendance de la cavité générale. Elle se jette en haut dans les espaces sanguins qui entourent l’estomac, lesquels communiquent à leur tour avec les sinus de la branchie situés au-dessus. Dès lors, la circulation se comprend aisément. Le sang chassé par le cœur dans le sinus ventral du postabdomen arrive aux lacunes péristomacales , de là au sinus ventral endos ty luire, d’où il va, par les sinus péricoronal et transversaux de la branchie, au sinus dorsal de la branchie , puis retombe dans les lacunes péri-stomacales qui le ramènent au cœur par le sinus dorsal du postabdomen. Le cours du sang suit une marche inverse quand le cœur se contracte dans le sens opposé.
La reproduction sexuelle a lieu par des œufs qui évoluent dans la cavité incubatrice et sont évacués par le cloaque, mais l’animal se multiplie aussi par un bourgeonnement très actif qui donne naissance aux colonies.
Le postabdomen constitue en elTet un véritable stolon, et les tubes épicardiques sont les représentants du prolongement endodermique que nous avons vu, chez la plupart des Tuniciers précédemment étudiés, s’avancer, simple ou double, dans le stolon. Le stolon ici a seulement ceci de particulier qu'il est formé par un prolongement de la totalité du corps au lieu d’être formé par un simple diverticule, et qu’il contient entièrement un viscère, le cœur.
P) Ce sont Van Beneden et Julin qui les ont découverts chez la Claveline et ont proposé ce nom assez impropre, ainsi que celui de sac èpicardique.
SYNASCIDES
POLYCLINIDES
Bourgeonnement. — Le bourgeonnement (fig. 179) a lieu d’une manière très simple. Le postabdomen se segmente (fig. 179, B, s. s.) et
sépare à son extrémité un segment libre dans la tunique commune et contenant, dans une enveloppe épidermique, le cœur et une portion du sac épicardique. Sur l’individu mère, les cornes du péricarde se ressoudent et sans doute, aux dépens du péricarde reconstitué, un nouveau cœur se forme qui fonctionnera jusqu’à ce qu’une nouvelle segmentation vienne l’enlever. Le segment détaché représente un bourgeon. A son intérieur, le cœur disparaît par atrophie; le sac épicardique se renfle vers le haut, tandis que sa partie inférieure, restée étroite, formera les tubes épicardiques, après avoir sans doute fourni un nouveau cardio-péricarde. La portion renflée supérieure se divise par deux sillons verticaux antéropostérieurs en trois vésicules juxtaposées, une médiane (fig. 180, v, 7ïi. ) qui deviendra le pharynx et deux laté- 8., segments. raies ( v . /.) qui formeront la cavité
péribranchiale. La première bourgeonne le tube digestif; les dernières, après s’ être entièrement séparées du pharynx, se fusionnent dorsalement pour former le cloaque (fig. 181). Les stigmates se forment comme d’ordinaire.
La bouche et l’orifice cloacal se forment, après que le a gagné la surface, par deux courtes invaqui se mettent en communication avec les cavités correspondantes.
Développement. — Les œufs pondus se développent souvent dans la cavité cloacale et il arrive même que l'embryon entre en rapport avec la mère par une sorte de placenta formé, du côté de celle-ci, par un simple épaississement de la paroi cloacale, du côté de celui-là par un épaississement de la paroi folliculaire avec accumulation de calymnocystes au point correspondant (Amai'œcium, Fi'agarium , etc.). Le développement n’est pas si bien connu que chez les Didemnides auxquels nous renvoyons pour les nom-
A, jeune Amarœcium avant le commencement de la division,
B, Amarœcium avec le postabdomen segmenté (d:ap. Kovalevsky)
crd., vésicule cardiaque; s.
bourgeon
ginations
Bourgeon libre d'Amarœcium montrant les trois vésicules du tube épicardique et l’invagination de l’intestin (d’ap. Kovalevsky).
Int., intestin; n., ébauche du système nerveux ; v. 1., vésicules latérales devant former la cavité péribranchialc et le cloaque: v. m.y vésicule médiane devant former la chambre branchiale.
UROCORDES — ASCIDIES
Fig. 182.
Inxt-
breux points communs à l’embryogénie des uns et des autres. C’est la même formation d’une gastrula épibolique et l’organogénèse semble être
en somme semblable, sauf sur les points suivants, si du moins on s'en rapporte au travail de Maurice et Schulgin qui aurait peut-être besoin d’être confirmé.
Les deux diverticules de la cavité endodermique primitive, formés par pincement latéral de celle-ci, au lieu de représenter l’une l’estomac, l’autre l’intestin, seraient, comme chez les Clavelines d’après Van Bekeden et JüLiN,les deux vésicules péribranchiales. Celles-ci se réuniraient sous l’ectoderme en une partie commune dorsale qui serait le cloaque (fig. 182 et 183, o. cl.) (endodermique aussi par conséquent), et une invagination dorsale impaire formerait seule-
-efx
Bourgeon d 'A marœcium après la séparation des vésicules latérales (d’ap. Kovalevsky).
epc.y tube épicardiquc; esty., en* rmdosl.ylü; Int., intestin; n., ganglion nerveux; o. cl., invagina- <le l’orifice du cloaque; o. invagination de l’orifice du siphon.
A marœcium proliférant .
Larve vue de dessus (d’ap. .Maurice et Schulgin).
l>r., branchies; e., extrémité de la queue; esty., endostyle; nf., système nerveux; ntcli., notoeorde; o. cl., orifice cloacal.
esty., endostyle; lut., intestin ; nf., système nerveux ; ntcli., notoeorde; o. cl., orifice cloacal; o. orifice du siphon; p., papilles adhésives; vtll., vitellus.
ment le siphon expirateur. L’absence d’invaginations dorsales paires nous semble bien extraordinaire et fait naître des doutes dans notre esprit. Le tube digestif (fig. 183) se formerait aux dépens d’éléments vitellins, et les muscles de la corde proviendraient d’éléments endodermiques comme celle-ci.
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POL YCLINIDÆ
(GENRES
Fig. 1. Polyclinum sabulosum (d’ap. Giard).
Fig. 2. Aplidium aspersim (d’ap. Drasche).
Fig. 3. Amarouciim densum (d’ap. Giard).
Fig. 4. Fraijanum dryam (d’ap. Giard).
Fig. 5. Cormus de. Circinalium montrant la concrescence et la hlastogénèse ovarienne (d’ap. Giard).
Fig. 6. Connus de Frayaroïdes aurantiacum (d’ap. C. Maurice).
Zoologie concrète. T. VIII.
PL
SYNASCIDES — POLYCUNIDÉS
GENRES
Polyclinum (Savigny) (45, fig. 1) ne diffère de notre type que par un seul caractère interne de quelque importance. Son tube digestif, outre qu'il présente quelques renflements accessoires, est tordu au sommet de l'anse intestinale, de telle façon que le commencement de l’anse ascendante passe à droite de la fin de l'anse descendante; mais le rectum n'en revient pas moins à gauche vers sa terminaison. La bouche a six lobes; les colonies sont massives, ordinairement sessiles; souvent des grains de sable sont englobés dans la tunique (Presque toutes les mers).
Ce caractère do torsion de l’anse intestinale se retrouve dans les genres suivants, qui constituent pour L a Mlle une famille [Volyclinidæ (Lahillc)] qu’il oppose aux autres genres de notre sous-ordre dont il fait une autre famille [Aplididæ (Lahille)].
Aurantium (Giard) n’a que la valeur d’une espèce du précédent;
Glossophorum (Laliille) (fig. 184, 185 et 180) a la branchie ornée intérieurement de papilles disposées le long des
Fig. 184.
sinus
Fig. 185.
Fig. 18G.
Portion de la couronne tentaculaire de Glossophorum sahulosum (d’ap.
Laliille).
transversaux et qu’il faut considérer comme dérivant de lamelles horizontales insérées sur ces sinus et découpées en languettes; chaque colonie est formée, en général, d’un seul système (Méditerranée, Europe occidenlali>) ;
Pleurolophium (Giard) n’en
serait peut-être pas distinct d'après Herdrnau;
Atopogaster (Hordman) ne diffère de Polyclinum que par son estomac plissé transversalement, la tunique est épaisse et rude (Atlantique Sud,
Australie, détroit de Magellan);
Polyclinoides (von Drasche) a au contraire l'estomac plissé en long, caractère qui le rapprocherait des formes du groupe Aplidium ; sa tunique est transparente et la colonie entière forme des masses transparentes (Ile Maurice);
Aplidiopsis (Laliille), ayant Panse intestinale non tordue, devrait appartenir au groupe suivant avec lequel il forme transition. Laliille le laisse ici en raison de son estomac à parois lisses (Méditerranée, Atlantique, détroit de .Magellan).
Pharyngodictyon (Hordman) se distingue de tous les autres genres par le caractère rudimentaire de sa branchie formée d'un simple réseau de sinus à mailles rectangulaires sans membrane branchiale spéciale percée de trémas. L’eau passe simplement dans les mailles des sinus (Océan antarctique, par 1.600 brasses).
Tylobranchion (Herdman) a, comme Glossophorum , des papilles le long des sinus transversaux ; mais ici, ces papilles, souvent claviformes, parfois ramifiées, sont des cæcums vasculaires en communication avec les sinus qui les portent (Ile Kerguelen) .
Branchie de Glossophorum sahulosum (d’ap. Lahille).
Tube digestif de Glossophorum sahulosum vu du côté gauche (d’ap. Lahille).
C., cæcum rectal ; c. cl., canal déférent; est., estomac; esty., endostyle ; rect., rectum.
Aplidium (Savigny) (45, fig . 2) a, comme notre type morphologique, l’anse intestinale non tordue, mais l’estomac est pourvu de fortes cannelures longitudinales. La bouche a six lobes; le corps est relativement court; il n'y a pas de languettes dorsales; l’orifice cloacal est reculé assez
UROCORDES — ASCIDIÉS
loin de la bouche; les colonies, massives ou lobées, sont formées de systèmes composés, irréguliers (Dans presque toutes les mers).
Ces caractères du tube digestif so rencontrent aussi dans les genres suivants :
Psammaplidium (Herdman), ne différant du précédent que par des grains de sable dans sa tunique, ne mérite sans doute pas de faire un genre. (Atlantique, Australie);
Amaroucium (H. Milne-Edwards) (45, fig. 3) a seulement l’orifice cloacal beaucoup plus rapproché de la bouche et le corps beaucoup plus long (Presque toutes les mers) ;
Triglossium (Giard) est k peine un sous-genre du précédent.
Sigillina (Savigny) a la branchie plus étroite que l’abdomen et le postabdomen très allongé; les colonies sont allongées et pédonculées (Sud-Est de l’Australie).
Fragarium (Giard) (45, fig. 4) diffère d 'Aplidiiim par sa bouche à lobes en nombre variable, 6 k 12, souvent 8; les cloaques communs sont larges et ont les bords denticulés (Méditerranée et Europe occidentale).
Fragaroides (Maurice) (45, fit 7. G) a constamment huit lobes buccaux (Méditerranée).
Sidnyum (Savigny) a do nouveau six lobes buccaux, mais son estomac est aréole , c’est-à-dire garni de bosselures éparses correspondant à des dépressions intérieures qui sont comme le morcellement: des sillons longitudinaux de Fragarium; il n’v a pas de languettes cloacales ; souvent chaque système détermine un lobe saillant (Atlantique nord et sud).
Morchellium (Giard) (Atlantique nord et sud) et
Synoicum (Phillipps)(fig. 187) (Spitzberg) sont des genres voisins.
Parascidia (H. Milne-Edwards) a huit lobes buccaux et l’estomac plissé longitudinalement (Europe occidentale) ;
Circinalium (Giard) (45, fig. o) est voisin du précédent; il a huit lobes buccaux, ses colonies sont sessiles ;
Morchelliopsis (Lahille) n’est qu’un sous-genre de Circinalium à six lobes et k colonies pédonculées.
Morchellioides (Herdman) a aussi huit lobes buccaux mais l’estomac aréole (Atlantique nord et sud).
Polyclinopsis (Gottschaldt) mériterait, d’après son auteur, de constituer un groupe de valeur égale aux Polyclinidés car, s’il se rattache à ceux-ci par son corps à trois régions bien séparées, il en diffère par ses organes génitaux séparés l’un de l’autre, l’ovaire dans le post-abdomen et le testicule dans l’abdomen; ce dernier, en outre, est tubuleux, un peu comme chez les Distomines (Voir ci-dessous), et non en grappe comme d’ordinaire. La colonie est épaisse, massive, arrondie; la tunique, cartilagineuse, est rendue plus coriace encore par des grains de sable; les ascidiozoïdes forment des systèmes arrondis ou plus ou moins allongés (Spitzberg).
Fig. 187.
Synoicum turgens (d’ap. Gottschaldt).
SYNASCIDES — DIDEMN1DÉS
2e Sous-Ordre
DIDEMNIDÉS. — DIDEMNIDÆ [Didemnides (H. Milne-Edwards); — Didemnidæ (Giard)]
Il se divise en deux tribus, dont nous décrirons séparément les types morphologiques :
Didemnina , siphon cloacal des ascidiozoïdes aboutissant à des cloaques communs;
Distomina , les deux siphons des ascidiozoïdes, sauf rare exception, aboutissant isolément à la surface.
Ire Tribu
DIDEMNINES. — DIDEMNINA
[Didemnidæ (Lahille); — Ascidiæ reticulatæ p. p. (Giard)]
TYPE MORPHOLOGIQUE
(PI. 46 ET FIG. 188 a 191 )
N’était le raccourcissement du corps qui est un acheminement vers les formes les plus élevées des Tuniciers, ce type devrait être considéré comme inférieur au précédent et décrit avant lui, car toute son organisation est plus simple, plus rudimentaire.
Anatomie. — La colonie (46, fig. 1) est mince et encroûtante, ce qui est rendu possible par la petitesse absolue et le raccourcissement du corps des ascidiozoïdes dont la longueur règle l’épaisseur de la colonie. La tunique commune contient souvent des spiculés calcaires simples ou étoilés (46, fig. 2, sq.). Pour le reste, elle présente les caractères ordinaires.
Les ascidiozoïdes sont entièrement indépendants les uns des autres, comme dans le type précédent, mais ils ne sont pas, comme dans ce dernier, libres de toute attache à la tunique. Ils émettent, en effet, un ou quelques diverticules tunicaux (46. fig. 2, mcl.) qui, soit simples, soit ramifiés, en tout cas les rattachent aux parties profondes de la tunique et qui, étant pourvus de muscles, leur permettent de se rétracter. L’orifice cloacal (o.c/.) est souvent placé très bas sur la face dorsale, ce qui fait que les galeries intratunicales qui conduisent aux cloaques communs sont, à leur départ au moins, moins superficielles. Ces galeries sont très larges, très irrégulières et aboutissent à de très larges cloaques communs irréguliers. La substance tunicale commune se trouve ainsi comme minée de cavités beaucoup plus vastes que dans le type précédent.
Tels sont les caractères de la colonie; énumérons maintenant ceux des ascidiozoïdes. Le corps beaucoup plus court que chez les Polyclinidés n’a que deux régions : la région branchiale ou thoracique et la région viscérale ou abdominale , et, dans celle-ci, le cœur et les organes
Il ROCOU DES — ASCIDIES
génitaux sont situés, soit sur les côtés de l’anse digestive, soit immédiatement au-dessous, à son contact, en sorte qu’il n’y a pas de postabdomen.
La bouche (o.s.) a six lobes. Le siphon branchial , la couronne tentaculaire, la gouttière coronalewe présentent rien de particulier. La branchie beaucoup plus simple que dans le type précédent ne présente que trois (parfois quatre, très rarement six) rangées de trémas . Ces rangées sont séparées par des sinus transversaux bien marqués, munis en dedans d’une lamelle horizontale ciliée, saillante dans la cavité branchiale et qui, interrompue du côté ventral de l’endostyle, se continue dorsalement d’un côté à l’autre. Il n’y a pas de sinus longitudinaux. L 'endostylc { esty .) présente ses caractères habituels, mais les languettes dorsales , en même nombre que les sinus transversaux et leur correspondant, sont rejetées du côté droit, assez loin de la ligne médiane. Elles sont d’ailleurs grandes, incurvées vers la ligne médiane, ciliées, implantées sur la lamelle transversale correspondante qui ne s’interrompt pas à leur niveau.
La gouttière ventrale , Y organe vibratile ( o.vb .), le ganglion { n .) et la glande prénervienne ne présentent rien de particulier. La cavité cloacale située assez bas, souvent au niveau de la partie inférieure de la brancliie, a, pour le reste, la disposition habituelle.
Les cavités péribranchiales sont aussi disposées normalement; elles descendent à quelque distance au-dessous de la branchie. Sauf exceptions qui seront signalées en décrivant les genres, il n’y a pas de trabécules pariéto-branchiaux , en sorte que la branchie est rattachée au corps uniquement à la base du siphon branchial, le long de l’endostyle {esty.) et, sur une hauteur assez grande, le long de la ligne intersiphonale. La musculature est semblable à celle du type précédent; mais il y a en outre, comme chez les Pyrosomes, un prolongement des faisceaux longitudinaux dans le (ou les) diverticules tunicaux qui sert de muscle rêtrateur . Ces diverticules tunicaux ne sont point ramifiés, et il y en a toujours au moins un principal inséré à droite au niveau du fond de la branchie, non loin du bout de l’endostyle, et qui va s’insérer à la surface adhérente de la tunique commune.
Le tube digestif complètement ployé en U est remarquable par la complexité de sa forme. Il présente au moins trois renflements. Après Yœsophage, vient un estomac lisse {est.), puis un rétrécissement pylorique, puis un intestin renflé en vésicule {int.), puis un rétrécissement qui le sépare d’un rectum {rect.) renflé à sa basp en cæcum et qui va en s’effilant jusqu’à Y anus situé dans le cloaque assez haut et un peu à gauche.
Il y a une glande pylorique .
Le cœur , contenu dans un péricarde de dimensions très modérées, est situé presque verticalement sous l’intestin. La circulation se fait par les voies habituelles en suivant les sinus sous-endostylaire , péri-
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