‹ Traité de zoologie concrèteChapitre 59 sur 79 · IV · texte numérisé non relu

IV

Coupe de la partie terminale de la gouttière stomacale de Styela ; au-dessus et à droite se voit la coupe du canal collecteur de la glande pylorique (d’ap. de Lacaze- Duthiers et Y. Delage).

Coupe transversale de l’intestin, montrant les cul-de-sacs terminaux de la glande pylorique de Styela (d’ap. de Lacaze- Duthiers et Y. Delage).

Fia. 243.

Région où le canal collecteur se jette dans la gouttière stomacale de '-Styela (d’ap. de Lazaze-Duthiers et Y. Delage).

Alderia (Lahillo) ne semble pas distinct du précédent ;

Glandula (Stimpson) pourrait être défini un Styela b trémas de Molgule; ses boudins ovariques sont au nombre de cinq à droite et trois à gauche (Côtes atlantiques de F Amérique du Nord) ;

Dendrodoa (Mac Lcay) est un Styela à ovaire unique situé à droite (Océan Arctique) ;

Styelopsis (Traustedt) n’a aussi qu’un ovaire unique, allongé à droite, le long de la cloison sous-endostylaire; les testicules forment sur les côtés de l’ovaire de petits follicules ovoïdes d’où naissent des canaux déférents qui vont s’ouvrir par petits groupes le long du bord libre de l’ovaire; eu outre, sa branehie n’a quTun pli unique, impair, situé à droite près du bord dorsal, les vaisseaux longitudinaux sont peu nombreux et irrégulièrement distribués comme s’ils avaient quelque tendance à se serrer en petits groupes comparables à ceux des plis branchiaux (Côtes occidentales de l’Curope).

Bathyoncus (Herdman) (fig. 244) a un ovaire de chaque côté du corps; sa branehie a les plis peu marqués et les mailles des sinus longilu-

Fig. 244.

Branchie de Bathyoncus mirabilis (d’ap. Ilerdman).

dinaux et transverses sont librement ouvertes, non pourvues, comme d’ordinaire, d’une

MONASCIDÈS — CYNTHIDÉS 305

membrane fondamentale percée de trémas (Pacifique par 1.000 à 3.125 brasses. C’est le Tunicier le plus profondément abyssal qui ait été recueilli) ;

Pelonaia (Forbes et Goodsir) n’a point du tout, de plis branchiaux (Côtes occidentales de l'Europe) .

Styeloides (Sluiter) n’aurait ni sac branchial ni tube digestif, mais il se pourrait bien qu’il s’agît là d’un exemplaire monstrueux ou altéré (Malaisie).

Polycarpa (Ileller) (53, fig. 1 , 3, 7 et 8 et fig. 245 à 248) diffère de Styela par ses organes reproducteurs disséminés sur toute l’étendue de la face

Fig. 245.

Fig. 246.

Fig. 247.

Epithelium intestinal et cæcums terminaux de la glande pylorique de Polycarpa glacialis (d’ap. de Lacazc-Duthiers et Y. Delage).

Coupe transversale de l’intestin de Polycarpa glacialîs (d’ap. de Lacazc-Dulliîers et Y. Delage).

Coupe au niveau de l’orifice du canal delà glande pylorique de Polycarpa glacialîs (d’ap. de Lacaze-Duthiers et Y'. Delage).

externe des deux cavités péribranchiales. Les ovaires forment de petites masses ovoïdes sessiles, déterminant sur la paroi une saillie plus ou moins accentuée selon leur état de plénitude; leur petite extrémité est tournée vers le cloaque et porte un court oviducte dressé, librement ouvert au

Fig. 248.

sommet. Autour de chaque ovaire est un cercle de petits follicules testiculaires piriformes, émettant chacun un spermiducte qui se joint aux voisins et donne naissance à un court canal déférent commun qui s’ouvre à la face libre de l’ovaire plus loin du bout que l’oviducte (*) (Très nombreuses espèces dans foules les mers).

Heterooarpa (Lacazc-Duthiers et Yves Delage) n’a de chaque côté que trois plis branchiaux et fort peu accentués et ses organes génitaux sont tout autrement constitués que ceux des autres Tuuieiers. Les ovaires sont dans la cavité péri branchiale droite et les testicules dans celle du côté gauche. Les uns et les autres, au nombre de huit à dix,

Coupc transversale de la région pylorique de l’estomac de Polycarpa glacialis, montrant les replis de la muqueuse stomacale et la gouttière pylorique (d'up. de Lacaze-Duthiers et Y. Delage).

(q Cette disposition fondamentale est sujette à de nombreuses variantes. En particulier, les ovaires peuvent se fusionner en longs boudins qui sillonnent toute la surface d'un réseau à mailles étroites dans lesquelles s’insèrent les vésicules pariétales (P. varions)*

T. VIII

tJROCORDES

ASCIDIES

situés du côté ventral, ont la forme de gros follicules sphériques, très saillants à maturité dans la cavité péribranchiale et sessilos, mais rattachés à la paroi par un mince mésentère membraneux; les ovaires sont munis d’un large et court oviducto en trompette partant, de leur base, les testicules d’un spormiducte filiforme partant de leur sommet. Les individus sont réunis par petits groupes et adhérents les uns aux autres par leur base comme s’ils étaient nés par bourgeonnement, mais on ne voit aucun indice bien net d’un pareil mode de formation (Manche, à Hoscoff) (*) ;

Stolonica (Lacaze-Duthiers et Yves Delage) a trois plis branchiaux à droite et deux à gauche. Ses organes génitaux forment de petits groupes étoilés le long du bord ventral, à droite et à gauche de la cloison sous-endos tyl a ire. Les plus inférieurs de la rangée de gauche sont hermaphrodites, formés d’un ovaire et d'un oviducto semblables à ceux du genre précédent, mais flanqués d’un petit groupe de follicules spermatiques d’où part un spormiducte filiforme. Les autres masses génitales semblent réduites à la partie testiculaire des groupes hermaphrodites, mais i! serait possible qu’une partie femelle s’y développât (au moins dans certains d’entre eux) à un certain moment.

Les prolongements palléaux, au nombre de quatre au moins, sont très évidents; ils partent de l’extrémité inférieure du corps.

Les individus sont, ici aussi, groupés d’une manière analogue au genre précédent (*#) (Manche, à Hoscoff).

2° Tribu

CYNTIIINES. — CYNTHINA [Cynthiinæ (Herdman) -f- Bolteniinæ (Herdman)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

L’animal réalise la combinaison de caractères des Cyntiiid.e inverse de celle qui caractérisait le type de la précédente tribu. La taille est généralement plus grande, la tunique plus épaisse et plus coriace.

Le corps j pédonculé chez Boltenia et les genres voisins est, partout ailleurs, sessile. Les tentacules sont ramifiés; la brancliie a plus de quatre plis (sauf dans le genre Forbesella où il y en a quatre seulement); son bord dorsal est orné normalement de languctles, rarement d’une lamelle continue ( Microcosmus ). Westomac forme un renflement peu sensible; il n’est pas cannelé, mais un foie mnllilobé, très évident, lui est annexé; l'intestin est long et forme une anse très fermée qui remonte haut le long de la branchie. Les vésicules péribranchiales normalement absentes sont très peu développées quand par hasard elles existent ( Cynthia sigillata ); les organes génitaux, assez variables dans le détail,

(’) Nous avons discuté (Lacaze-Duthiers et Yves Delage [92]) la synonymie de ce genre avec les genres Polystycla et Synstycla de Giard.

(*') Dans l'ouvrage où ce genre a été établi (Lacaze-Duthiers et Yves Delage [92]), leurs auteurs l’ont donné comme se reproduisant par bourgeonnement ce qui, d’après les critériums différentiels adoptés ici, nous obligerait à le placer permis les Synascides. Mais je me demande aujourd'hui si l’échantillon récolté et dessiné par l’un des deux auteurs du genre appartient bien ù la même forme que ceux qui ont été disséqués et représentés par son collaborateur, et, pour tout, dire, je pense aujourd'hui qu’il doit être différent. Comme c’était le seul sur lequel la blaslogénèse fût évidente, je pense que la forme disséquée est seule une vraie Styelina , non bourgeonnante. Bien que, dès lors, le nom de Stolonica no lui convienne guère, il faut le lui conserver, la forme qui donne des stolons n’étant connue que par un dessin d’extérieur.

Si la chose nous est possible, nous tenterons de trancher la question taxonomique soulevée ici par une nouvelle étude des échantillons.

MONASCIDES

CYNTIIIDES

ont tendance à sc disposer des deux cotes du corps en deux masses hermaphrodites, s’ouvrant chacune au cloaque par deux canaux, un pour chaque sexe.

GENRES

Cynthia (Savigny) (53, fig. 4 et 6 et fîg. 249 et à la bran chie dont le

bord dorsal est orné delanguettes ou d’une

Fig. 249.

ueiangueuesouu une ^

membrane decoupee ,• .V v

en languettes au bord libre, mais jamais d’une membrane entière. Les organes génitaux forment de chaque côté deux niasses mâle et femelle, symétriques, celle de gauche dans l’anse intestinale qui remonte très haut (Presque toutes les mers).

!50) a six à douze plis

Rhabdocynthia (llcrdman) diffère du précédent par la présence de spiculés calcaires dans la l unique et dans les lissus conjonctifs du corps, en particulier

Coupe transversale de l’intestin de Cynthia monts , montrant

l’épithélium intestinal et les cæcums pyloriques (d’ap. de Lacaze-Dulhiers et Y. Delage).

Coupe transversale. à l’endroit où débouche le canal excréteur de la glande pylorique chez Cynthia morus : parsemées dans l’épaisseur de la paroi intestinale se voient les lumières des canaux de la glande (d’ap. de Laeaze-Duthiers et Y. Delage).

dans les parois des principaux sinus vasculaires (Océans de l'hémisphère sud);

Herd mania (Lahille) n’est peut-être qu’un synonyme du précédent et dans ce cas il aurait droit à la priorité;

Microcosmus (Heller) (53, fig. 8) est un Cynthia dont la branchie porte au bord dorsal une lamelle continue non découpée en languettes ; ^

en outre, l’anse intestinale est empâtée dans la masse génitale gauche plutôt qu’elle ne la cerne comme dans le genre Cynthia (La plupart des mers) ;

Forbesella (Herdman) (fig. 2ol) n’a que quatre plis à la branchie de chaque côté, parfois même, à gauche, trois seulement. Il aune lamelle dorsale découpée dans presque toute sa largeur en fines languettes; ses orifices sont très écartés; il est fixé par presque

Forbesella lesscltata.

A, extérieur; B, portion de l’orifice branchial interne (d‘ap. de Laeaze-Duthiers et Y. Delage). l>r., branchie; gtt., gouttière coronalo; tt., couronne tentaculaire; t. v., tubercule vibratUe.

toulo sa face ventrale; enfin, il est couvert de nodosités saillantes de substance tunicale qui dessinent sur sa tunique des figures polygonales (Côtes occidentales de l’Europe).

UROCORDES — ASCIDIES

Boltenia (Savigny) (fig. 252) a la structure d’un Gynthia , mais il en diffère par un long et mince pédoncule qui part d’un point quelconque de la face ventrale, parfois au niveau même de l’orifice buccal et va, d'autre part, se fixer par une extrémité un peu élargie à quelque corps immergé.

Ce pédoncule est plein, formé uniquement par un prolongement de la

Fig. 252.

tunique. À son extrémité adhérente au corps, il reçoit cependant un court prolongement conique de la paroi du corps, qui se loge dans une cavité de cette extrémité légèrement évasée. Mais la branehie ni même la cavité péribranchiale ne s’étendent dans le diverticule, en sorte qu’en somme ce pédoncule ne retentit que d’une manière insignifiante sur la structure du corps (Atlantique nord, Australie, mers arctiques).

Fungiilus cinereus (d’ap. Herdman).

Fig. 254.

Boltenia elegans Culeolus Moseleyi

Cystingia (Mac Loay) est lino Bolténie à (d!ap. Herdman). (d’ap. llerdman).

pédoncule très court, sans trémas

vrais : la branehie qui a environ quatorze plis n’a point, dans les larges mailles formées par les sinus longitudinaux très espacés et les sinus transverses, de membrane fondamentale percée de trémas (Mors arctiques) ;

Fungulus (Herdman) (fig. 253) a la branehie conformée d’une manière semblable; son pédoncule, qui part de l'extrémité supérieure, est court aussi, mais ses orifices sont, le branchial triangulaire, le cloacal bi labié, et sa branehie porte au bord dorsal une membrane dorsale entière (Océans de l'hémisphère sud, par 1.600 brasses);

Culeolus (Herdman) (fig. 234) est conformé comme le précédent, mais son pédoncule, attaché aussi à Fcxtrémîlé supérieure du corps, est large et mince; sa branehie, dépourvue aussi de trémas vrais, a dés languettes au bord dorsal et le long de l’endostyle et des principaux sinus; ses tissus sont bourrés de spiculés calcaires (Atlantique et Pacifique).

MONASCIDES — MOLGULIDÉS

3e Sous-Ordre

MOLGULIDÉS. — MOLGULIDÆ [Molgulides; — Molgulidæ (Lacaze-Duthiers)]

TYPE MORPHOLOGIQUE

Page 1