HÉMICORDES — B À LA NO G LO $ S US
tudinale , beaucoup plus développée, formée de fibres qui vont d’un point de la paroi à un autre situé sur la môme ligne verticale. Ces fibres s’insèrent aux deux bouts sur la limitante sous-épidermique, après avoir traversé la couche circulaire quand celle-ci existe. Elle ne forme pas une couche continue, étant interrompue le long des lignes médianes dorsale et ventrale et, dans la région branchio-génitale, le long d’une ligne correspondant à la série des pores génitaux et que l’on appelle la ligne submédiane. lien résulte que les muscles longitudinaux forment là quatre
Fig. 16.
Coupe transversale de la région branchio-génitale de Ptychodera clatngera (d’ap. Spengcl).
ai., ailes dorsalos ; gix., glandes génitales; lngt., languette branchiale ; «ici. 1., muscles longitudinaux ; ni cl. r-, muscles radiaires; nf. d., nerf dorsal; «f. v., nerf ventral; o. lir., orifice branchial externe; ces., œsophage; o. gtx., orifice génital; sac ln\, sac branchial.
tachent. Ils sont assez serrés sur h
larges bandes, deux dorsales et deux latéro- ventrales (fig. 16, mcl. L) (*).
Cette ligne sub-médiane coïncide dans la région branchiale avec le sillon branchio-génital (sauf chez Ptychodera où elle est un peu en dehors de ce sillon) où s’ouvrent les orifices branchiaux en dedans et les pores génitaux en dehors. Dans la région génitale, elle suit la série des pores génitaux principaux; dans la région stomacale, elle passe en dehors des diverticules hépatiques ou des régions non boursouflées qui leur correspondent. Elle a, surtout dans son trajet supérieur, une tendance à se déprimer en sillon.
11 existe, en outre, une musculature radiaire {mcl. r.) formée de minces faisceaux qui se portent isolément de la paroi du corps au tube digestif ou à ses mésentères. Ces faisceaux s’insèrent comme les autres sur les limitantes des organes où ils s’atparties dorsale et ventrale, pour
P) Celte disposition de la musculature peut être considérée comme normale et primitive. Elle n’est cependant pas la plus habituelle : on ne la rencontre que chez Ptychodera. Dans les trois autres genres, la couche circulaire externe manque; mais il existe, en dedans de la longitudinale, une couche pseudo-circulaire formée de fibres qui s’insèrent aux mésentères dorsal et ventral, mais ne les traversent pas et restent confinées dans la moitié du corps où elles sont.
Chez Clandiceps, les fibres partent, de chaque côté, de la limitante des mésentères dorsal et ventral et se portent circulairement sur la paroi du corps, à la face interne de la muscula-
HÉMICORDES — BALANOGLOSSUS 23
encombrer la cavité générale d’une sorte de parenchyme et ne laissent entièrement libre que la partie moyenne de celle-ci (‘).
Cœlome du tronc. — La cavité générale résulte comme celle du collier de deux vésicules cœlomiques complètement distinctes. 11 doit donc, ici aussi, exister un double mésentère dorsal et ventral résultant de l’adossement des deux vésicules en avant et en arrière du tube digestif. Ces deux mésentères existent, en effet, le ventral entièrement continu, le dorsal plus ou moins incomplet. À l’extrémité supérieure du tronc, de l’adossement des vésicules cœlomiques du tronc à celle du collier, résulte un diaphragme complet qui sépare les cavités cœlomiques de ces deux régions du corps (*).
ture longitudinale. Là, les unes s’arrêtant après un trajet incomplet, traversent la musculature circulaire et s'insèrent à la limitante sous-épidermique à diverses hauteurs, tandis que es autres suivent tout le demi-contour du corps et s’insèrent aux limitantes des deux mésentères.
Chez Schizocardium, la disposition est à peu près semblable, mais les fibres incomplètes allant du mésentère à la paroi du corps manquent du côté dorsal, et les libres demi-circulaires qui vont d'un mésentère à l'autre s’appliquent à la paroi branchio-digestive au lieu de suivre la paroi du corps : parties de l’insertion pariétale du mésentère dorsal, elles aboutissent à l’insertion viscérale du mésentère ventral.
Chez Balanùglossusy la musculeuse pseudocirculaire manque complètement.
f1) Chez IUychodmi (fig. 16), les appendices aliformes dorsaux sont garnis de faisceaux musculaires de ce genre qui se portent de l’une à l’autre de leurs parois et servent à les maintenir à l’état de replis permanents.
(2) Chez Ptychodera , il existe en outre deux mésentères accessoires laléro-dorsaux (fig. 17, mst. I .) qui s’étendent dans la région branchio-génitale et dans la partie supérieure de la région hépatique.
Dorsalement, ces deux mésentères s'insèrent à la paroi du corps, à quelque distance en dehors du mésentère dorsal, juste sous la ligue sub-médiane ; ventralemeut, ils se fixent dans ta plus grande partie de leur trajet à la paroi du tube digestif, déterminant deux compartiments cœlomiques latéro-dorsaux qui s’ouvrent en bas dans les grands compartiments correspondants de la cavité générale, tandis qu’en haut ils s’effilent et se terminent eu cul-de-sac de la manière que nous allons indiquer. En arrivant à la région branchiale, eu effet, l’insertion viscérale de ces mésentères se rapproche de la ligne médiane, atteint le mésentère dorsal, puis remonte suice mésentère et enfin atteint la paroi dorsale sur laquelle elle continue à se déplacer dans le même sens en se rapprochant de plus en plus de l’insertion pariétale qui n'a point changé de place. Enfin, elle finit par atteindre cette dernière et réduire ainsi à néant la cavité des diverticules cœlomaliques compris entre elles. Chaque diverticule va donc en diminuant progressivement de volume de bas en haut jusqu’à se terminer en pointe close; d’abord de forme quadrilatère, il a pour limites
Ptychodera. Disposition des mésentères latéraux (Sch.).
«1., diverticule dorsal de la cavité géuérale du côté gauche; d’., diverticule dorsal de la cavité générale du côté droit; mst. «I., mésentère dorsal : mat;. 1., mésentère latéral gauche; mst. I’., mésentère latéral droit; mst. v.. mésentère ventral; v., cavité générale ventrale gauche; v?., cavité géuérale ventrale droite.
HÉMICORDES — B A LA NO G L OS S l 'S
Fig. 18.
Fig. 19.
Les parois du cœlome du tronc sont tapissées d’une couche endothéliale continue, bien reconnaissable sur le tube digestif et sur les mésentères. Sur la paroi du corps, il semble bien qu’il en existe une semblable, mais son existence et, surtout sa continuité, sont moins certaines. A l’intérieur, la cavité générale du tronc est remplie d’un liquide coagulable où flottent des amœbocytes (fig. 18), tantôt isolés, tantôt réunis par petites masses.
Quand il se trouve dans la cavité générale un corps étranger, un parasite (fig. 19) (Distome, Diatomée), les amœbocytes l’entourent, mais ils ne semblent pas exercer sur lui une action phagocytaire (*).
Cellules lymphathiques de la cavité du tronc de Ptychodera minuta (d’ap. Spengel)-
Coupe à travers un jeune Distomc entouré de cellules lymphatiques chez Balano glas sus Kupffer (d'ap. Spengel).
Fiff. 20.
la paroi du corps on arrière, le tube digestif en avant, le mésentère dorsal en dedans et sa propre paroi en dehors; puis il devient triangulaire, ayant cessé de confiner à la paroi digestive; enfin il prend la forme d’un simple dédoublement de la paroi dorsale et laisse les grands compartiments du cœlome s’étendre de nouveau jusqu’au mésentère dorsal. On no sait rien de leurs usages ni de leur signification morphologique.
P) Dans le liquide flottent aussi des corps particuliers (fig. 20) que l'on rencontre aussi dans le cœlorüe du collier et de la trompe et dans la vésicule cardiaque, et qui sont formés d’une masse de cellules polyédriques par pression, entourées d’un
Masse cellulaire (parasite?)
de la cavité générale de Ptychodera minuta (d’ap.
Spengel).
follicule à cellules plates. Leur nombre est parfois très grand; ils mesurent 30 à 40 g, de diamètre et leurs cellules 15 g; leur forme est arrondie, ovoïde ou plus ou moins irrégulière; on les trouve souveut accolés aux parois et, en raison de ce fait, Kovai.evsky les avait considérés comme des glandes. Peut-être sonl-ce des parasites. Cependant les amœbocytes ne s’accolent jamais à eux.
11 existe dans la cavité générale de />. Kuplfrri un singulier organe (fig. 21, ly.) qui se présente sous la forme d’un petit cumulus épithélial situé de chaque côté sur le diaphragme troneo-collaire et faisant saillie à la fois dans le cœlome collaire et dans celui du tronc. Ces organes sont formés de chaque côté de deux petits gâteaux cellulaires en forme de calotte sphérique, séparés par le diaphragme avec ses muscles, sa limitante et son réseau lacunaire sanguin, et se correspondant exactement sur
Organe du diaphragme de Balanoglossus Kupfferi (d’ap. Spengel).
ly., cœur lymphathique : eau. coll., canal collaire.
HÉMICORDES — JïALANOGLOSSUS
La cavité cœlomatique du tronc serait bien simple si elle se réduisait à ce que nous venons de décrire. Mais elle se complique par la présence de deux paires de diverticules qu’elle envoie dans la trompe : ce sont les diverticules péripharyngiens et périhæmaux , assez difficiles à bien comprendre et pour lesquels il est nécessaire d’entrer dans quelques explications.
Diverticules péripharyngiens et périhæmaux. — Supposons un instant le cœlome revenu chez l’adulte en l'état où il était chez la larve et formé, pour le collier et le corps, de deux paires de vésicules épithéliales, interposées à la paroi du corps et au tube digestif et s’adossant sur le plan médian pour former les mésentères dorsal et ventral. Supposons aussi pour nous rapprocher le plus possible de la réalité, sans abandonner notre schématisation, que les mésentères dorsal et ventral du collier se sont détruits à leur partie supérieure, laissant les lignes médianes du pharynx simplement tapissées par le feuillet viscéral du péritoine collaire (*).
Dans l’épaisseur du mésentère dorsal du tronc se trouve contenu un tronc vasculaire important, 1 ^vaisseau dorsal (2, fig-2, v. drs .), qui monte vers la tète pour aller se jeter dans le sinus sanguin de la trompe. En arrivant au collier, ce vaisseau passe d’abord dans le reste du mésentère dorsal collaire, puis, au point où celui-ci cesse, se glisse entre la paroi épithéliale du pharynx et le feuillet péritonéal qui la recouvre, pour arriver ainsi à la trompe où il pénètre par son pédicule intra-collaire. Supposons maintenant que les deux vésicules cœlomatiques du tronc envoient chacune un long et étroit diverticule en doigt de gant (dvt. pli ., et fig. 22) qui prend naissance au point même où le vaisseau dorsal perce le diaphragme tronco-collaire et accompagne ce vaisseau jusque dans le pédicule de la trompe. Nous aurons ainsi dans le collier, sous son feuillet cœlomique péripharyngien, une paire de diverticules cœlomiques du tronc, satellites du vaisseau dorsal : ce seront les diverticules périhæmaux.
Cependant, chez l’adulte, on ne trouve rien de pareil. II n’y a point de diverticules épithéliaux. On trouve seulement, de part et d’autre de la portion collaire du vaisseau dorsal, un espace libre, fort restreint par le fait qu’il est presque entièrement comblé par des muscles qui accompagnent ce vaisseau (3, fig. 5, dvt. ph.).
Malgré l'absence de diverticule épithélial bien net, en continuité
les deux faces du diaphragme. Leurs cellules sont hautes, cylindriques, et il eu part des filaments d’une substance muqueuse qui se répandent dans diverses directions, et sur lesquels circulent des amœbocytes détachés évidemment du gâteau épithélial et doués de fonctions phagocytaires. S'il existe un parasite dans la cavité générale, il est toujours entouré par eux. [Malgré des différences sur lesquelles il n’esl pas besoin d’insister, on ne peut s’empêcher de comparer ce singulier organe à une Labyrinthulée.]
(\) Dans ces explications, il est fait abstraction du cordon nerveux qui ne pourra être utilement décrit qu’à l’occasion du système nerveux considéré dans son ensemble.
HÉMICORDES — BALANOGLOSSUS
avec le cœlome du tronc, on serait fondé à interpréter cette formation comme un prolongement du cœlome du tronc dans le collier si l’étroit espacedont nous venons deparler communiquait nettement à sa base avec le cœlome du tronc, vu que l’épithélium a pu disparaître ici comme en tant d’autres points en donnant naissance aux muscles. 11 est probable que cette communication a lieu, mais Spengel qui a découvert ces dispositions ne dit rien de précis à cet égard. C’est, sur la présence et la situation des muscles satellites du vaisseau dorsal qu’il se fonde pour admettre ces diverticules. En effet, supprimons par la pensée le diverticule périhæmal : dès lors le vaisseau dorsal doit se trouver dans l’épaisseur de la limitante intermédiaire à l’épithélium cœlomique collaire transformé en muscles et à l’épithélium pharyngien, et l’on ne peut trouver de muscles qu’en dehors de la limitante, du côté du cœlome collaire, puisque ces muscles proviennent de l’épithélium cœlomalique collaire extérieur à sa limitante. Or, les muscles satellites du vaisseau sont situés sous cette limitante. On trouve, en allant du vaisseau vers la cavité collaire : le sang, une limitante, les muscles satellites du vaisseau, un étroit espace libre, une limitante, les muscles internes du cœlome collaire et enfin la cavité collaire. Cela autorise à admettre l’interprétation de Spengel et avec d’autant plus de confiance que ces muscles satellites se continuent en bas, comme nous allons le voir avec la musculature du tronc.
Il est parfaitement inutile de reprendre cette série de raisonnements pour montrer de môme que les muscles péripharyngiens, dont nous allons parler et qui sont situés sous la limitante des muscles internes du cœlome collaire, ont une origine semblable au moyen d'une paire de diverticules péripharyngiens .
Cela bien compris, décrivons en elle-même cette musculature périhæmale et pérypharyngienne complémentaire de celle du collier.
La musculature pèrihæmale consiste surtout en une paire de rubans musculaires situés à la face dorsale des diverticules périhæmaux et qui sont en bas en continuité avec la musculature dorsale longitudinale du tronc. A la face opposée de ces diverticules se trouvent d’autres muscles moins développés et dont la direction varie suivant les genres(1). Enfin, il existe des libres dorso-ventrales qui traversent ces espaces dans la direction qu’indique leur nom.
La musculature pêr pharyngienne occupe, comme les diverticules dont elle dérive (fîg. 22, dot. pph .), un espace péripharyngien de forme triangulaire (5, clvt. pph.) limité d’un côté par le diverticule périhæmal correspondant, de l’autre parle repli arciforme qui contient les racines du vaisseau ventral, tandis que le troisième côté curviligne et antéropostérieur confine au diaphragme tronco-collaire et correspond à
([) Ils sont longitudinaux chez Ptychodera , transversaux chez Schnocardium et GlandiccpSj nuis chez Balanoglossus.
HÉMICORDES — BALANOGLOSSUS
l’ouverture du diverticule dans la cavité du tronc. Elle est formée de fil» res transversales qui s’étendent du repli arciforme au diverticule péri-
Fi"\ 2ï
Coupe verticale dans la région du sillon tronco-collaire de Plychoclera minuta (d’ap. Spengel).
car. coll., cavité générale du collier ; cav. trc., cavité générale du corps; dph., diaphragme tronco-collaire; <lvt. ppli., diverticule péripharyngien; ep., paroi du collier; pli., paroi du pharynx.
hæmal en suivant la courbure du pharynx. Ce plan musculaire ne revêtqu’une partie des parois pharyngiennes, mais il est complété en avant parles muscles pharyngiens transversés (3, fig- 7, mcl. tr.) dépendant du cœlome collaire, qui s’étendent précisément d’un repli arciforme à l’autre à la face ventrale du pharynx, et dorsalementpar les muscles du plancher péripharyngien. Chez Schizocardium où ces derniers sont précisément transversaux, on voit que l’ensemble de ces trois ordres de muscles forme une musculature circulaire péripharyngienne complète (').
Appareil digestif. — Le tube digestif s'étend comme un simple canal rectiligne de la bouche à l’anus. On peut néanmoins distinguer en lui plusieurs régions : la bouche, le pharynx, l’œsophage, l’estomac et l’intestin, ce dernier dégénéraut peu à peu en rectum pour aboutir à l’anus. L’œsophage (4, fig. 1) est composé de deux parties très distinctes, une inférieure (œs\) qui ne présente rien de particulier et une supérieure (œs.) où sont les branchies. Nous ferons ici abstraction de cette dernière pour la décrire spécialement à propos de l’appareil respiratoire.
Dans son ensemble, le tube digestif peut être considéré comme formé d’une simple couche épithéliale ciliée, doublée d’une limitante. La musculature propre est partout insignifiante ou nulle; mais nous avons vu, en décrivant le collier et la paroi du tronc, que des muscles cœlomiques plus développés lui sont adjoints en divers endroits.
Bouche (b,). — La bouche est un large orifice sans limites bien précises qui occupe le fond de l’infundibulum collaire. Elle ne possède aucune armature. Son épithélium est intermédiaire à celui de la peau et à celui du pharynx.
Pharynx ( ph .). — Large et court, cylindrique, il présente vers le haut
(l) C’est chez Sch i zocard iu m seul que les diverticules péri pharyngiens existent tels que nous venons de les décrire. Chez Glaitdiceps et Batmoylossus (sauf Ii. Kovalevskyi ), ils manquent rl le feuillet viscéral du cœlome collaire entoure directement le pharynx. Chez Vtjjchodera , où les replis arciformes sont situés transversalement tout à fait en haut autour de. la bouche rl se réunissent au bord antérieur de celle-ci, les diverticules péri pharyngiens envahissent l’espace laissé libre par le recul des replis arciformes et s'avancent tout autour jusqu’au rebord buccal, séparés l’un de l'autre seulement sur les lignes médianes, veiilralemeiit par le vaisseau ventral, dorsalement par les diverticules périhæmaux. Par suite, leur musculature enveloppe tout le pharynx, interrompue seulement sur les lignes ventrales et dorsales aux mêmes limites.
IÏÉMICORDES — BALANOGLOSSUS
Fig. 23.
de sa face dorsale l’orifice d’entrée du diverticule pharyngien ou notocorde . Nous avons vu que ses parois sont soutenues en arrière et sur les côtés par les crura du squelette de la trompe. Son épithélium (fig. 23) est formé de longues cellules qui présentent, quoique à un degré un peu moindre, celte différenciation vacuolaire qui donne au diverticule une structure que l’on a comparée à celle de lanotocorde des Vertébrés. Ses longues cellules filiformes présentent, en effet, chacune une grande vacuole située à un niveau différent des voisines, en sorte que l'ensemble a l'air vacuolaire dans toute son épaisseur. Entre ces cellules s’en trouvent de glandulaires, piriformes, beaucoup plus courtes, qui sécrètent du mucus. Cette région est garnie de cils courts et denses.
Œsophage (4, jïg. 1, œs. et ces'.). — La région œsophagienne post- branchiale est un simple tube conducteur sans différenciations particulières. Il a un revêtement de cils peu développés.
Estomac ( est .). Foie ( dvt . hep., et fig. 24, 25). —
Cette région appelée aussi hépatique, en raison de sa structure, se distingue toujours extérieurement par sa coloration jaune ou verdâtre. Elle est un peu
plus large que le reste du canal et garnie de cils plus longs et plus
Epithélium pharyngien de Ptychodera minuta (d’ap, Spengel).
Fig. 24.
Fig. 25.
actifs. Elle est le siège
y'mcZ.
Coupe d’un diverticule hépathique de Ptych odera. sa mien sis (d’ap. Krehler).
oj., tissu conjonctif ; e., extrémités renflées des cellules hépatiques ; ep., épithélium ; jj., granulations vertes: incl., muscles; n., noyaux.
d'une différenciation hépatique, localisée à sa face dorsale et qui, chez les divers Entéropneustes, est poussée plus ou
moins loin. Chez Balanoglossus cl Glandiceps , la paroi dorsale se montre seulement tapissée, à droite et à gauche de la ligne médiane, de cellules plus grandes, plus richement ciliées et garnies de granulations verdâtres qui témoignent de leurs propriétés excrétrices. Chez Schizocardium (fig. 25), ces régions hépatiques se développent en deux séries de larges diverticules, régulièrement alignées et faisant une forte saillie à la face dorsale du corps. Ces diverticules sont assez épais dans le sens vertical, mais
Portion du foie de Schizocardium brasi/iense vue du côté dorsal (d’ap. Spengel).
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HEMICHORDIA
(Balanoglossus)
(TYPE MORPHOLOGIQUE
(Suite).
an., anus; b., bouche;
brlt., bourrelet du sillon intestinal; en. int. eut., canaux intestino-cutanés.
coll., collier;
dvt. hep., diverticules hépatiques; est., estomac; ft. br., fentes branchiales; ft. br. }., orifice inférieur des fentes branchiales ;
ft. br. s., orifice supérieur des fentes branchiales ;
gtx., glandes génitales; int., intestin ;
Ingt., languette des sacs branchiaux.
Iv., lèvre du sillon intestinal.
nf. d., nerf dorsal; o. br., orifices branchiaux externes; œs ,, région branchiale de l’œsophage; œs'., région génitale de l’œsophage; o. hep., orifices des cæcums hépatiques dans rintestin ; p h., pharynx; sac. br., sacs branchiaux; sill. It. d., sillon latéro-dorsal ; sq., squelette des sacs branchiaux; synp., synapticules ; trp., trompe.
Fig. 1. Coupe sagittale (Sch.).
Dans cette coupe les mésentères nont pas été figurés ponr permettre de voir les organes placés derrière.
Fig. 2. Région branchiale. Aspect d’une portion de la face dorsale vue par la face œsophagienne (Sch ).
Sur un des côtés de la figure, une coupe en escalier montre la disposition interne de la branchie; de l’autre côté, le squelette supposé vu par transparence, est figuré en bleu. En bas de la figure ont été représentées des fentes branchiales pourvues de synapticules.
Fig. 3. Région hépatique. Aspect d’une portion de la paroi dorsale de l’estomac dans la partie supérieure (Sch.).
D’un côté une coupe en escalier montre l’intérieur d’un diverticule hépatique.
Zoologie concrète. T. VII 1.
ced.
- (yw.j/nJs. cl l t .
oiv. vnM. cufy
cotb.
ph.
an
HÉMICORDES — BALANOGLOSSÜS
surtout développés transversalement; leur embouchure dans l’estomac a la forme d’une longue fente mince dont les bords amincis font saillie dans la cavité et forment des sortes de valvules rudimentaires, en sorte que les aliments n’y pénètrent point. Chez Ptychodera, la disposition fondamentale est la môme et les orifices de communication avec l’estomac forment également deux séries régulières symétriques, mais les diverticules sont plus longs et, pour se faire place les uns aux autres et se mieux tasser, se déjettent les uns en dedans, les autres en dehors, en sorte qu’extérieurement, ils semblent former de chaque côté plusieurs séries alternes et irrégulières, dans lesquelles cependant les plus grands culs-de-sac sont en dedans et les plus petits en dehors. Aux limites supérieure et inférieure de larégion, les diverticules deviennent de plus en plus petits, et il se pourrait que ce soit là pour eux un lieu de formation.
Intestin (4, fig. 1, int.9 et fig. 26). —
Dans l’intestin, la structure redevient la meme que dans l’œsophage, sauf une tendance à la multiplication de la surface se manifestant, soit par quelques légères sinuosités de l’ensemble du tube ( Balanoglos sus) y soit par des replis ou dépressions de la surface, mais toujours peu développés (. Ptychodera). En se rapprochant de l’anus, vers ce que l'on pourrait appeler le rectum , ces faibles différenciations disparaissent, et là le canal, rectiligne et de plus en plus étroit, aboutit à Yaniùt (an.) naturel, parfois muni d’un sphincter, plus souvent à un orifice artificiel, à la suite des ruptures si faciles de la queue. La musculature intestinale est insignifiante ou nulle.
Canaux intestino-cutanés (4, fig . 1, en. int. eut.). — Dans la portion du tube digestif intermédiaire à la région branchiale et au foie, on observe assez fréquemment une particularité curieuse dont la signification physiologique aussi bien que morphologique reste inconnue. C’est une communication directe entre la cavité digestive et l’extérieur au moyen de petits canaux qui ne sont nullement des perforations accidentelles, vu qu’un épithélium très net les tapisse dans toute leur longueur.
Dans les formes les plus élevées des Entéropneustes, chez le Ptychodera, il n'en existe point; mais on les rencontre chez les trois autres genres, quoique peut-être pas chez toutes leurs espèces. Ces canaux forment deux catégories distinctes: les uns sont pairs , symétriques, situés dans la portion la plus élevée de l’estomac en un lieu qui, par son diamètre plus grand, appartient nettement à l’estomac, mais qui ne présente pas encore la différenciation hépatique; les autres sont impairs,
Fig. 2G.
Coupe transversale de l’intestin dans la région génitale de Schizoca rtl i u m brasiliense (d’ap. Spcngcl).
v. il., vaisseau dorsal; v. v., vaisseau yen Irai.
HÉMICORDES — BALANOGLOSSUS
asymétriques, situés soit d’un côté, soit de l’autre, dans la région œsophagienne intermédiaire à la branchie et à l’estomac.
Les canaux symétriques sont plus répandus que les autres : ils peuvent exister seuls, tandis que les asymétriques ne se présentent jamais sans que les symétriques existent également. Ils sont toujours placés à la face dorsale, entre les lignes médiane et submédiane et traversent par conséquent la musculature longitudinale. Leur nombre varie avec les espèces : Scli. brasiliense en a une seule paire, Gl. Hacksi deux, B . Kovalevskyi quatre à six. Ils sont tapissés de hautes cellules épithéliales ciliées, ont souvent un sphincter à leur orifice cutané et peuvent même présenter, à leur embouchure dans l'intestin, un petit anneau squelettique dépendant de leur limitante sous-épithéliale.
Les canaux asymétriques ou impairs peuvent quelquefois être pairs et symétriques, mais cela ne constitue sans doute pas une altération de leur caractère essentiel car, pouvant exister d’un côté ou de l'autre, il suffit qu’un du côté droit tombe en face d’un du côté gauche pour déterminer une symétrie locale secondaire. C’est ce qui arrive chez Sch. brasiliense qui en a 29, 16 d’un côté et 13 de l’autre dont 7 formant la paire avec ceux du côté opposé. Chez GL Hacksi , il y en a 9, tous impairs, le plus élevé à droite, les autres à gauche. Chez les GL Talaboti, dont on ne connaît que la partie supérieure du corps jusqu’à la région génitale inclusivement, on en a trouvé 9 groupes impairs et irrégulièrement distribués qui s’ouvrent indépendamment dans l'œsophage tandis que, vers l’extérieur, tous ceux d’un même groupe débouchent dans une petite cavité atriale commune, située à moitié dans le cœlome, à moitié dans l’épaisseur de la paroi du corps, et qui semble communiquer par un seul canal avec le dehors. L’épithélium qui tapisse ces cavités ampulliformes est riche en cellules glandulaires. La structure de ces canaux est la même que celle des canaux pairs (*).
Appareil respiratoire. — Le système branchial des Entéropneustes présente une structure passablement compliquée; mais, comme toujours, cette complication n’est atteinte que par degrés dans l'ontogénèse et dans la phylogénie, et il nous semble avanta-
geux de suivre ces étages dans notre description.
Fig. 27.
7id
l1) Siphon (fig.27). — Chez Cl. Hacksi existe un curieux organe qui rappelle, sauf la position qui est ici dorsale, le siphon des Echinodermcs et des Géphyricns. C’est un canal superposé au tube digestif et communiquant avec lui à ses deux extrémités, mais complètement indépendant dans sa partie moyenne. Il mesure en diamètre un peu plus du dixième et en longueur un peu plus de la moitié (soit6<»»«)
des dimensions correspondantes de l’estomac dans lequel il se jette à ses deux extrémités, en
Coupe transversale de Glandiceps Hacksi au niveau du siphon intestinal (d’ap. Spcngel).
int,., iutestin: mcl., mu s des; »«!., nerf dorsal; s., siphon intestinal; v. <1., vaisseau dorsal.
HÉMICORDES — BALANOGLOSSUS
Si, dans l’un quelconque des quatre genres, on examine l’extrémité inférieure de la région branchiale (fîg. 30), on trouve là, symétrique-
Fig. 30.
Région inférieure de la branchie droite de Ptychodera minuta vue du côté de l’intestin (d’ap. Spengel).
Développement des sacs branchiaux (Sch.).
A, commencement, de Fînvngiual.ttm du sac branchial (br.)\
R, le phénomène indiqué eu A s’accentue;
C, le sac branchial s’est mis en rapport avec la paroi externe, et un orifice (o.) situé au fond du sillon branchial le fait communiquer avec l’extérieur;
I), le sac branchial s’étend en largeur ;
E, une invagination ( lagt .) se creuse sur la paroi dorsale du sac
branchial pour former la languette:
F, la languette (lagt.) est complètement formée.
l>r., sac branchial : lagt., languette ; o., orifice externe du sac branchial; ces., œsophage : sill., sillon branchial.
ment à droite et à gauche, des branchies en voie de formation dont les plus jeunes se présentent sous l’aspect d/une invagination en doigt de gant (fig. 31 À, br.), procédant des parties latérales de
haut un peu au-dessus de son milieu, eu bas à son union avec Finteslin. Il est tapissé d’un épithélium peu élevé et non cilié.
Sillon et bourrelet ciliés (4, fiy. 3 , et fig. 28 et 29'. — Chez toutes les espèces de Ptychodera , on observe dans la plus grande longueur du tube digestif, depuis la partie inférieure de l’œsophage jusque vers la fin du rectum, un sillon [si II.) et lin bourrelet ciliés ( brlt .) formés de cellules, grandes, claires, sans granulations excrétrices et puissamment ciliées. Le bourrelet est situé au bord dorsal du sillon et le surplombe partiellement. L'un et l’autre courent verticalement sur la partie latéro-
dorsale du tube digestif,
F,g* 29, entre les lignes médiane
cl submédiane ; au niveau du foie, elle passe en dehors des diverticules hépatiques. Ils existent d'ordinaire symétriquement des deux côtés; mais chez P. minuta et P. sarniens tis j on ne les trouve que du côté gauche. Fréquemment une ligne leur correspond sur l'épiderme de la face dorsale du corps, reconnaissable
Sillons cl bourrelet intestinaux de Ptychodera minuta vers leur extrémité supérieure (d’ap. Spengel).
Sillon et bourrelet de l’intestin de Ptychodera minuta (d’ap. Spengel).