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ORGANES ÉLECTRIQUES

nerveuses. Les organes électriques des Torpilles reçoivent cinq paires de nerfs issues la première du facial, les quatre autres du vague; les organes électriques des MORMYRIDE et des Gymnarchus reçoivent des nerfs médullaires nombreux; le nombre de ces nerfs s'élève à 200 chez les Gymnotus. Au contraire, il n'existe de chaque côté qu'un seul nerf électrique chez les Malopterurus, et ce nerf n’est luimême qu'une seule fibre colossale, entourée d'une épaisse enveloppe; il nait entre le deuxième et le troisième nerfs spinaux d'une seule cellule ganglionnaire géante. Les deux cellules symétriques sont presque contiguës.

Seuls, les organes électriques des Torpedo, des Malopterurus el des Gymnotus sont réellement fonctionnels. On a même soutenu que les MORMYRIDÆ n'ont pas

Fig. 17951. — Coupe antéro-postérieure perpendiculaire à la surface de la peau à travers un fragment de l'organe électrique du Malopterurus electricus. — C, côté céphalique ; À, côté anal de l'organe ; p, plaques électriques ; /, lame conjonctive; g, espace rempli de substance gélatineuse; s, saillie centrale de la plaque ; e, cavité en entonnoir de la face supérieure au fond de laquelle se rendent les extrémités des nerfs; ec, espace libre entre la membrane basilaire et l'électroplaxe (d'après Ballowitz).

de véritables organes électriques et qu'on se trouve simplement, chez les Gymnarchus, en présence de réseaux admirables.

L'organe électrique des Torpilles a été complètement décrit p. 276. Celui des Malopterurus, récemment étudié par Ballowilz, demande une description nouvelle. Il est situé immédiatement sous la peau, sous laquelle il forme une sorte de couche gélatineuse, presque confondue avec elle. Sur les lignes médianes, il s'étend depuis la tête jusqu'à la naissance des nageoires adipeuse et anale, couvre les côtés du corps, et se termine en arrière suivant un demi-cercle à convexité postérieure qui aurait pour diamètre une ligne verticale passant par la naissance des deux nageoires précitées. Dans le plan de symétrie, une lame dorsale et une lame ventrale de tissu conjonctif le divisent en deux moitiés distinctes. L'organe électrique n’est recouvert que par l’épiderme et une mince couche de derme contenant des chromatophores dans sa région externe. En dedans, l'organe électrique est limité par une nouvelle couche de tissu conjonctif qu’une couche assez épaisse de tissu lacunaire, le tissu sous-électrique, formant aponévrose au-dessous d'elle, sépare des couches musculaires. L’organe électrique lui-même est constitué par une charpente conjonctive (fig. 1751, L),

supportant les plaques électriques proprement dites ou électroplaxes (p). La charpente

conjonctive est formée par des lames de tissu conjonctif sensiblement normales

aux enveloppes externe et interne de l'organe, allant de l’une à l'autre, mais se soudant entre elles de place en place, de manière à délimiter des espèces d’alvéoles lenticulaires irréguliers et incomplets (fig. 1751). Les électroplaxes reposent sur la face antérieure des lames constituant les alvéoles. Chaque alvéole ne contient qu'une électroplaxe qui s'étend sur toute sa paroi postérieure. L'espace laissé libre entre l'électroplaxe et la paroi antérieure de l'alvéole est rempli par une substance gélatineuse (g) contenant un fin réseau de fibrilles.

Les électroplaxes (fig. 1752) sont des plaques

irrégulières circulaires ou elliptiques, à bord feslonné, de 112 à 80 centièmes de millimètre de diamètre, et de 3 à 4 centièmes de millimètre d'épaisseur, l'épaisseur allant en augmentant légèrement depuis une très faible distance du bord jusque vers le centre; le bord proprement dit est cependant saillant en avant. Au centre même la plaque s'amincit au contraire, mais en même temps sa face postérieure s'enfonce en ombilie, tandis que la partie correspondante de la face antérieure se soulève; le sommet du dôme ainsi formé s'invagine à son tour en un entonnoir qui fait saillie dans l'axe de l’enfoncement postérieur. La pointe de cet entonnoir se prolonge en un pédoncule légèrement recourbé en corne d’abondance dont le diamètre se rétrécit peu à peu, mais qui se termine par un petit renflement; des bourrelets longitudinaux, saillants, variqueux, renflés en avant en une sorte de tête, courent sur la partie large du pédoncule, qui est immédiatement en rapport avec l’entonnoir.

Fig. 1732, — Six électroplaxes isolés de L'électroplaxe et son pédoncule sont entourés Malopterurus avec les rameaux ner- d’une membrane anhiste, l'électrolemme, sur op a e par n Tel x" laquelle sont appliquées des cellules étoilées, très rieure de la plaque à laquelle abou- gplaties, formant ensemble un réseau très délicat. tissent les extrémités nerveuses (très j , FRY: grossi, d'après Ballowitz). Au-dessus de l’électrolemme, immédiatement en

contact avec lui, se trouve une couche de courts bätonnets, à têle légèrement renflée, qui se retrouvent aussi dans les électroplaxes des Gymnotes, des Torpilles et des Raies. La couche des hätonnets enveloppe une

substance hyaline, parcourue par un réseau de très fines fibrilles se colorant à

l'aniline ou à l'hématoxyline. Dans celte substance se trouvent les nombreux

noyaux de l'électroplaxe qui doit être considéré comme une cellule plurinucléée ; lès noyaux sont généralement situés près de la surface antérieure de la plaque et daus le pédoncule; il sont pourvus d'une membrane d'enveloppe, d'un réseau nucléaire et d'un nucléole; autour d'eux rayonnent, chez les Malopterurus, des filaments en lignes brisées, unissant entre eux des corpuscules transparents, peut-être

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