CAVITÉ. BUCCALE, DENTS
des vacuoles; près de la surface postérieure se trouve une couche de granulations de forme et de dimension très variables.
De la cellule électrique géante des Maloplerurus naissent de nombreuses ramifications dendritiques et un seul cylindre-axe qui s'entoure bientôt de myéline et, à sa sortie de la moelle, d’une puissante gaine conjonctive. Le nerf ainsi constilué aborde l'organe électrique qui lui correspond entre le 1° et le 2° cinquièmes de sa longueur; il ne se ramifie que dans son voisinage immédiat où à son intérieur ; chaque électroplaxe reçoit une ramification nerveuse et une seule qui aboutit à l'extrémité renflée de son pédoncule, toujours accompagnée de sa gaine Conjonctive. Quelquefois la fibre nerveuse se termine par un renflement après un trajet plus ou moins sinueux ; le plus souvent elle se divise en trois ou quatre branches dont chacune présente un renflement ou une plaque terminale.
Les électroplaxes présentent à très peu près la même structure chez tous Îles Poissons électriques, même chez ceux dont le pouvoir électrique est faible, comme les Mormyrus. Ils ont partout la valeur de cellules géantes plurinucléées. A cet égard, ils ressemblent aux fibres musculaires striées. On a effectivement démontré que chez les Raies, les Torpilles, les Mormyrus, ils ne sont qu'une transformation des fibres musculaires striées, embryonnaires !; toutes les étapes de celle transformation sont encore conservées chez les diverses espèces de Raies adulles; la Raja radiata présentant le stade inférieur. Plusieurs myoblasles se confondent même chez les Mormyrus pour constituer une électroplaxe. Les fibrilles striées des myoblastes sont remplacées par le réseau fibrillaire dans les électroplaxes. L'origine des électroplaxes est moins nette chez les Malopterurus où l'appareil électrique, nettement séparé des muscles, semble faire partie de la peau dont il pourrait représenter les museles lisses. La présence de réseaux admirables dans les organes électriques des Gymnarchus fait penser chez ces Poissons à une origine glandulaire.
Cavité buccale: dents. — La bouche des Poissons conduit dans une cavité buccale qui est la première région du tube digestif et qui mérite d’être distinguée, en raison des particularités qu’elle présente, relativement aux autres parties du tube disgestif.
La région buccale correspond à peu près à la région céphalique du tube digestif; son squelette a été précédemment décrit, ainsi que les muscles qui s’y rattachent. Cet ensemble de parties est recouvert par une muqueuse. Diverses pièces du squelelte buccal supportent des dents; du plancher buccal dépend un organe musculaire, la langue; un organe contractile se développe immédiatement en arrière de la bouche chez les CYPRINIDEÆ; enfin des glandes sont en rapport avec la muqueuse.
Il n'existe pas encore de dents proprement dites chez les MARSIPOBRANCHES; les organes que l’on désigne ainsi chez les Lamproies (fig. 1753) ne sont que des papilles buccales kératinisées, qu'il convient de distinguer des véritables dents sous le nom d'odontoides.
Les dents des Poissons ne sont autre chose que les protolépides de la muqueuse buccale qui ont conservé, à peu de chose près, leur structure primitive et qui la conserveront encore chez tous les autres Vertébrés; c'est là un fait d'importance capitale, car il témoigne que tous les Vertébrés aériens descendent d'animaux
1 Bagucmix, Entuickelung der elektrischen Organe, Centralblatt für medicinische Wissenschaft, 1870, n°* 16 et 47. — In., Leber die Bedeutung und Entwickelung der pseudelecktrischen Organe, ibid., 1872.
analogues aux Poissons. Les dents des ÉLASMOBRANCHES se développent exactement de la même façon que leurs écailles; elles sont exclusivement limitées au pourtour de la bouche, où elles sont disposées en plusieurs rangées successives régulières. Elles peuvent revêlir des formes diverses; profondément découpées en lobes chez les Sélaciens cladodontes (Chlamydoselachus), triangulaires, (ranchantes et dentelées sur leur bord chez les Requins, elles sont aplaties chez les Cestracion et les Raies, où elles forment aux mâchoires un revêtement en mosaique.
Chez les GANOÏDEs et les POISSONS OSSEUX, elles peuvent se développer sur des régions de la muqueuse qui correspondent à presque tous les os du squelette péribuccal : prémaxillaires, maxillaires, mandibulaires, palatins, vomers, ptérygoides, parasphénoïde et aussi sur l'arc hyoïde et certaines parties des arcs branchiaux (os pharyngiens des SALMONIDEÆ, de beaucoup d'Esocinz, de CLUurEIDE et des CYpRI- NIDÆ). Chaque dent est supportée par un socle conjonctif calcifié, soudé à los sous-jacent, traversé par des canalicules recouverts d’endothélium (canalicules de Havers) dans lesquels cheminent les nerfs et les vaisseaux, mais dépourvu de corpuscules osseux. L'intérieur de la couronne de la dent est occupé par un tissu richement vascularisé, la vaso-dentine, dont la structure est intermédiaire entre celle de l'os fibreux et celle de l'ivoire. L'ivoire vient ensuite avec ses canalicules dentaires; enfin l'émail, protégé par sa cuticule. Les dents, en général dirigées en arrière, sont surtout destinées à retenir des proies el ne leur permettent de cheminer que vers le pharynx et l’œsophage: elles sont d'habitude cylindriques, coniques ou courbées en crochet, parfois fines et allongées comme des soies (CHÆ-
TODONTA); ces dents, toutes à peu près semblables entre Fig. 1753. — Tête de Petromy- s
=on marinus, vue par la face ClleS, Sont alors serrées les unes contre les autres de
inférieure, pour montrer les manière à former sur la muqueuse une sorte de toison;
dents cornées de la cavité buc- : ; sie A bar x
cale (d'après Heckel et Kner). C'est là une disposition évidemment primitive à laquelle le
nom de dents en velours a élé attribué. La toison dentaire peut d'ailleurs se développer en plaques de formes diverses, en bandes longitudinales ou transversales. Lorsque les dents, plus grandes, s'écartent les unes des autres et forment néanmoins des rangées régulières, ce sont des dents en carde; il peut aussi ne se développer sur chaque pièce osseuse qu’un petit nombre de rangées de dents, ou même qu'une seule rangée ; enfin il existe également des dents isolées. Les dents présentent chez les Poissons divers degrés de différenciation et d'adaptation. Principalement chez les Poissons chasseurs pélagiques ou des grandes profondeurs, de grandes dents en crochet, dites canines, surgissent parmi les autres, et les mächoires peuvent être exclusivement armées de dents de celle sorte (STOMIADEÆ, fig. 1700 et 1701, p. 2508). Les dents des intermaxillaires et des mandibules des ScARIDÆ et des SARGINE sont aplaties et tranchantes comme les incisives des Mammifères, tandis que celles des Poissons herbivores sont souvent basses et arrondies comme des moluires. Le mode de distribution, l’arrangement et la forme des dents ont fourni à la nomenclature un grand nombre de caractères; on trouvera par conséquent de nombreux délails sur ce sujet dans la partie relative à la classification.
Les longues dents en crochet de nombreux Poissons carnassiers sont susceptibles, lorsqu'elles subissent une pression, de s'incliner sur leur base en dirigeant leur pointe vers l'intérieur de la bouche; comme elles ne peuvent, une fois redressées, s’incliner en sens inverse, elles laissent pénétrer leurs proies dans la bouche, mais s'opposent à leur sortie. Le redressement de la dent peut être dù soit à l’élasticité de son socle (GADID#Æ, LoPuribE), soit à ce que, le socle étant immobile, la dent est reliée au squelette par des fibres très élastiques issues de l'intérieur de la dentine (Esox !).
Les dents simples des Poissons sont généralement caduques et remplacées par des dents nouvelles qui poussent dans leur voisinage et dont les germes sont d'habitude directement produits par un bourgeonnement de la muqueuse. Les dents fontionnelles et les dents de remplacement des ÉLASMOBRANCHES sont placées les unes derrière les autres; à mesure que s'usent et tombent les dents les plus extérieures, elles sont remplacées par les suivantes, de telle facon que les dents d'une même série cheminent graduellement de l'intérieur vers l'extérieur. Chez les autres Poissons, plusieurs dents de remplacement diversement disposées correspondent à chaque dent fonctionnelle ; lorsque celle-ci est implantée dans un alvéole, ses remplaçantes sont généralement disposées en série verticale au-dessous d'elle. Les dents composées (CHIMERIDÆ, DiPNOA, LABRIDÆ, TETRODONTIDE, etc.) ne tombent pas, mais l’usure de leur surface est constamment compensée par la croissance continue de leur partie basilaire ?. Par suite de l'avortement de dents qui ont primitivement existé, et qui se montrent parfois encore temporairement au cours du développement, la bouche est inerme chez divers Poissons, les ACIPENSERIDE, les Coregonus, les LOPHOBRANCRES, etc.
On ne connait pas chez les Poissons de glandes buccales bien caractérisées.
Leur langue demeure même à un état rudimentaire. Sauf chez les Lamproies, où elle joue un rôle important comme organe de succion, elle est réduite à un simple épaississement plus ou moins nettement délimité de la muqueuse qui revêt les copules hyoïdiennes et dont tous les mouvements dépendent de ceux du squelette. Toutefois elle peut acquérir des bords et une pointe libre chez les PLA- GIOSTOMES et surtout chez le Polypterus; elle est alors pourvue de muscles spéciaux; chez divers Téléostéens (Salmo, Osteoglossum, etc.) elle porte des dents.
Tube digestif. — Le tube digestif des MARSIPOBRANCHES, des Dipxés et des HoLocé- PHALES est droit. On y distingue seulement deux régions, dont la postérieure s'élargit brusquement. A la naissance de cette région élargie débouche le canal cholédoque ou canal excréteur du foie; on peut considérer son orifice comme marquant le lieu de terminaison de ce que nous nommerons l'intestin antérieur. La surface interne de ce dernier présente, chez les Cyclostomes, de délicats plis longitudinaux. Tandis que chez l’'Ammocætes il fait suite à la région branchiale, il passe audessus d'elle chez les Petromyzon, la région branchiale s’étant isolée de manière à constituer une sorte de sac s’ouvrant dans le pharynx et dirigé en arrière. Dans la région suivante de l'intestin existe toujours, chez ces trois types, un repli longitudinal saillant, le repli héliçoïdal (improprement appelé valrule spirale), qui part
1 C.-S. Toues, The implantation of teeth, Proceed. of the odontographie Society, 1874-76.
— 10,, À manual of dental Analomy, 1898.
? Boas, Die Zähne der Scaroiden, Zeitsch. f. wiss. Zoologie, t. XXXII, 1878.
de la région dorsale de l'intestin, décrit à son intérieur un demi-tour d’hélice chez les Cyclostomes, trois chez les Chimères et davantage chez les Dipnés ; une valvule
| l Nr ART. CŒLIAQUE
Fig. 1754. — Parties essentielles de l'appareil digestif du Squalus vulgaris (d'après Neuville).
plus ou moins compliquée se trouve, en général, à ses deux extrémités. Ce repli rappelle le typhlosolis des Oligochètes et de divers Polychètes. à
Il commence à se différencier un véritable estomac chez les Ceratodus. Getle diffé- *
renciation s’accuse nettement chez les Sélaciens, où le trajel du tube digestif se complique et prend la forme d'un S couché, à boucles contiguës (fig. 1754 et 1755).
ere dent enr pa tree
ppp
La branche descendante de la première boucle est formée par l'œsophage et l'estomac, dont les parois soi très épaisses; la branche ascendante qui rejoint les deux boucles constitue le canal pylorique: elle appartient encore, comme l'estomac, à l'intestin antérieur, car.à son extrémilé antérieure s'ouvre le canal cholédoque.
Le renflement stomacal est ici bien marqué, et l'estomac se prolonge mème parfois en un cæcam postérieur; mais il n'y à pas encore de démarcalion extérieure bien marquée entre l'æsophage et lui. Une stracture différente de la mugneuse et parfois une gouttiere annulaire délimitent intérieurement Îles deux organes. L'estomac prend chez les Raies, un développement transversal considérable, tandis que la région suivante de l'intestin est très courte. Ce dernier débute, en général, par un daodénum renflé, signalé d'abord par Ent et qui a reçu le nom de bursa Entiana.
Chez tous les ELASMOBRANmères, il contient encore un repli hélicoïdal (üg. 1155, J) qui décrit plusieurs tours d'hélice; chez les CarCH4anDE et les Galeocerdo, il est large, inséré longita dinalement. et s'enroule en-
suite en spirale. Le repli nr 5 : Fig. 1755. — Appareil disesif de Torpede. — À, ersûces brazhéliçoidal est uniquement chisux: NW. etomar; L. foie: Gb. vesoule bibaire: J, intestin
formé par la muqueuse ei ne pa rul le spirale ; E. mteste terminal: Dr, divertirale glancontient ni fibresmascalaires "7": 7: "720 + Tenéocte-
transversales, ni fbres lon-
gitudinales, mais il est richement vasculaire (p. 2498). Chez les SÉLACIEXS, pas plus que chez les Dipsés ou les MARSIPOBRANCRES, il n'y à pas de régions différenciées dans la portion de l'intestin qui fait saite à l'orifice da canal cholédoque. On peut considérer cependant comme un infestin postérieur la courte région conique qui s'étend au-devant de la terminaison postérieure du repli hélicoïdal et s'ouvre sur la face ventrale du cloague. Ce dernier est un diverticule dirigé en avant de l'intestin terminal, daus lequel viennent s'ouvrir les canaux excréteurs de l'appareil urogénital et aussi chez les Dipnés le pore abdominal. Un peu avant l'anus, on observe, chez les Sélaciens, un organe tubulaire plus ou moins développé, la glande digütiforme ou glande superanale (Gg. 1755, Dr}, de couleur brune et qui est probablement une glande vasculaire sanguine.
Le tube digestif se présente sous des aspects assez différents chez les GANOÏDES.
L'intestin antérieur y conserve la forme d’anses à parois épaisses déjà réalisées chez les Sélaciens; mais la branche ascendante de l’anse est très courte chez le Lepidosteus, presque aussi développée que la branche descendante chez le Lepidosteus et l'Amia; elle ne présente aucune différenciation stomacale; tandis que la branche descendante présente un renflement ovoide encore peu développé chez l'Acipenser, très volumineux chez la Spatularia. Le sommet de l’anse, exagérant une disposition déjà indiquée chez les Amia, se prolonge en une longue poche stomacale conique et à parois minces chez les Polypterus, dont l'intestin moyen et l'intestin terminal sont en ligne droite. L'intestin moyen est, au contraire, recourbé en tube de clairon chez l'Amia, en anse à concavité postérieure chez l'Acipenser. Dans le premier genre l'intestin postérieur ne se caractérise pas nettement, il constitue une longue poche ovoide, à parois épaisses dans le second. L’intestin moyen des CROSSOPTERYGIUM et des Ga- Noipes contient encore un repli héliçoidal.
Ce repli est bien développé chez les Polypterus, où il commence presque immé-
LS SA Te