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BRANCHIES

tandis qu’elle continue à communiquer antérieurement avec le pharynx. La cavité branchiale arrive ainsi à constituer, au-dessous du nouvel æsophage, une sorte de cæcum dirigé en arrière; rien n’est changé d’essentiel dans la disposition des orifices extérieurs. L’inspiration et l'expiralion sont accompagnées d’un double mouvement d'entrée et de sortie de l’eau à travers l’orifice nasal.

Élasmobranches. — Soutenues par les arcs branchiaux précédemment décrits, les branchies des SÉLACIENS (fig. 1761) sont des cloisons qui s'étendent de l'intestin antérieur au tégument, limitant ainsi des espaces dans lesquels l'eau peut arriver par des fentes œsophagiennes tandis qu'elle en sort par les fentes branchiales externes. Ces intervalles sont autant de poches branchiales correspondant à celles des Marsipobranches; les cloisons qui les limitent résultent de l’adossement des parois des poches branchiales de ces derniers; elles portent sur leurs

Fig. 1761. — Coupe horizontale de la cavité branchiale d'un Fig. 1762. — Coupe horizontale de la cavité Squale. — Val, narines; Hd, mandibule; Zhg, are hyoiï- branchiale d'un Téléostéen; mêmes letdien; Æb, arcs branchiaux; Oe, œsophage; Spl, évent; tres; en plus, Psb, pseudobranchie; Op, Br, branchies ; Sp, fentes branchiales; Se, cloisons sépa- opercule (d'après Gegenbaur).

‘rant les ares branchiaux (d'après Gegenbaur).

deux faces des lames branchiales dirigées en dedans, contrairement à ce qui a lieu chez les Cyclostomes, et soutenues par des arcs cartilagineux. Chez les Requins de type ancien qui forment la famille des NoTibANIDÆ, le nombre des fentes branchiales est de sept (Heptanchus) ou de six seulement (Heæanchus, Chlamydoselachus); chez les PLEURACANTHIDE de la période primaire, chez les autres Requins actuels et chez les Raies, ce nombre se réduit à cinq fentes comprises entre l'arc hyoïde et l'arc scapulaire. Mais le nombre sept lui-même n'est qu'un nombre réduit; chez beaucoup de Sélaciens, en effet, l'arc palato-mandibulaire porte encore les rudiments d’une branchie; une autre branchie plus ou moins développée correspond à un orifice situé sur la face supérieure de la tête et qu'on nomme l'évent; il a donc pu exister jusqu’à neuf branchies chez les formes tout à fait primitives. Quelquefois la première poche branchiale comprise entre l'arc hyoïde et le premier arc branchial présente d’ailleurs elle-même des traces de réduction; ses feuillets antérieurs, que devrait porter la face postérieure de l'arc hyoïde, avortent.

Cténobranches. — Chez les DipNÉS, les GaNoïnes et les TÉLÉOSTÉENS, les cloisons charnues, déjà incomplètes chez les Chimæra mais encore indiquées chez les Ceratodus, qui séparaient les poches branchiales les unes des autres, disparaissent en grande partie; il n'en subsiste plus que le revêtement très vascularisé des ares et des rayons branchiaux; c'est à ces arcs et à leur revêtement charnu que le nom de branchie est transféré, tandis qu'il ne pouvait s'entendre chez les MARSIPO- BRANCUES et les ÉLASMOBRANCHES que des poches branchiales des premiers et de l'ensemble des parois antérieure et postérieure d'une même fente branchiale des seconds. Les deux séries de lamelles branchiales que supportait, dans ce dernier cas, chaque cloison, subsistent et forment sur chaque arc branchial deux séries de lames ou de pointes (fig. 1762) qui donnent à ces arcs l'apparence d'un peigne, d'où la dénomination de CTÉNOBRANCHES donnée à l'ensemble des Poissons qui présentent ce caractères. Les fentes branchiales des Sélaciens correspondent aux intervalles entre ces arcs. |

Au point de vue du nombre des ares branchiaux, les CTÉNOBRANCHES forment une série parallèle à celle des ÉLASMOBRANCHES, mais plus complète. On trouve chez le Protopterus six arcs branchiaux; trois d'entre eux sont, à la vérilé, en voie de réduction; le Ceratodus ne présente que cinq arcs branchiaux, les quatre premiers portent seuls des branchies complètes; le cinquième est soudé à la ceinture scapulaire. Chez les GANOÏDES et les TÉLÉOSTÉENS, il n’y a plus au maximum que quatre arcs bien développés; le cinquième est représenté par les os pharyngiens inférieurs (p. 2406). Les branchies ne sont pas également développées sur tous les arçs branchiaux; certains d’entre eux peuvent ne porter qu'une seule rangée de lamelles branchiales; on dit indifféremment qu'ils portent une branchie unisériée ou une demi-branchie. Le premier des six arcs branchiaux du Protopterus ne porte qu'une pseudo-branchie; le deuxième et le troisième n'en portent pas du tout; les trois derniers ont seuls des branchies bisériées. La branchie hyoïdienne et celle du quatrième arc branchial des Chimæra sont aussi unisériées ; de même chez beaucoup de TÉLÉOSTÉENS le quatrième arc branchial ne porte qu'une demi-branchie (POMA- CENTRIDÆ, LABRIDÆ, PSYCHROLUTIDÆ, CYCLOPTERIDE, la plupart des Lopnrpx); le nombre des branchies peut même s’abaisser à trois (BATRACHIDÆ), deux et demie (Malthe); enfin l'Amphipnous cuchia, qui possède des sacs respiratoires accessoires, ne porte plus en revanche qu’une branchie rudimentaire sur son deuxième arc branchial. Toutes les branchies sont unisériées chez les HéÉmigrancues. En revanche, chez divers GANOÏDES, il existe sur le bord antérieur de l'orifice interne de l’évent une pseudobranchie comptant jusqu'à dix ou quinze feuillets branchiaux (Acipenser, Spalularia), mais elle n'est pas fonctionnelle, puisqu'elle reçoit du sang artériel et rend du sang veineux. On retrouve cette pseudobranchie en rapport avec l’évent temporaire que présentent les embryons de divers TÉLÉOSTÉENS (Salmo, etc., fig. 1777, p. 249%); elle persiste chez le Ceratodus, le Lepidosiren, le Lepidosteus, V Amia, la plupart des TÉLÉOSTÉENS adultes, mais elle a été plus ou moins déplacée de telle sorte que sa significalion a été fréquemment méconnue !. C’est l'organe désigné déjà par Broussonet (1772) sous le nom de pseudobranchie et qui se

1 À. Douux, Sprilzlochrime der Selachier, Kiemendeckelkrime der Ganoïden, Pseudobranchie der Teleoslier, Miltheilungen aus der zoologische Station zu Neapel, Bd. VII.

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