BRANCHIES
trouve habituellement sous l'os squamosal, derrière le muscle palatin transverse. La pseudobranchie ne présente jamais qu'une seule rangée de feuillets; mais ces feuillets eux-mêmes peuvent disparaitre et la pseudobranchie n'est plus représentée que par un réseau vasculaire bipolaire on réseau admirable, couvert par la muqueuse et qui donne à la région qu'il occupe l'aspect d’une glande. Johannes Müller a donc distingué deux sortes de pseudobranchies, les pseudobranchies libres et les pseudobranchies cachées ou pseudobranchies glandulaires; cette modification est en quelque sorte le prélude de la disparition complète de l'organe, qui est le cas le plus rare. Sur 280 genres étudiés à ce point de vue par J. Müller, 198 offraient une pseudobranchie libre ; #3 une pseudobranchie glandulaire; 39 étaient dépourvus de cet organe. Parmi les formes pourvues d’une pseudobranchie bien développée,
Fig. 1763. — Coupe à travers l'appareil branchial du Syngnathus Dumerilii. — chb, chambre branchiale ; 7, veine jugulaire ; abe, vaisseau branchial efférent ; ba, bulbe artériel: br, branchie dont les feuillets discoïdaux sont coupés transversalement; s{hy, muscles sterno-hyoïdiens (dessin original de M. Huot).
sont les BATHYCLUPEIDÆ, BRAMIDE, Peromictra, SCOPELIDÆ, THYRSITIDÆE, CHÆTO- DONTIDÆ, SPARIDE, NANDIDÆ, POLYCENTRIDEÆ, TRICHIURIDÆ, ACRONURIDÆ, CARANGIDE ; CORYPHÆNIDÆ, SCOMBRIDÆ, TRACHINIDE, FISTULARIDÆ, BLENNIIDE, ANABASIDE, parmi les formes à pseudobranchie glandulaire, les Esocipx. Les Scaphirynchus, Protopterus, Polypterus, COBITININÆ, KNERHDÆ, CHARACINIDÆE, GALAXHDEÆ, HYo- DONTIDÆ, PANTODONTIDÆ, OSTEOGLOSSIDE, CHIROCENTRIDÆ, HALOSAURIDÆ, sont dépourvus de pseudobranchies. Les rapports de ces pseudobranchies avec l'appareil circulatoire sont particulièrement remarquables (p. 2495).
Sur la face interne de l’opercule de l'Acipenser, du Lepidosteus et de divers embryons de Téléostéens, il existe encore une branchie fonctionnelle correspondant à la branchie hyoïdienne des Sélaciens.
Les lamelles respiratoires que portent les arcs branchiaux sont foliacées chez les Protopterus. Chaque lame présente chez les CHONDROPTÉRYGIENS de pelites ramifications sur son côté interne; elles ont la forme de filaments plus ou moins Cylindro-coniques chez le Polypterus et le Lepidosteus; elles ont la forme de dents coniques chez la plupart des TÉLÉOSTÉENS ; leur nombre varie pour chaque arc de 55 à 135; chaque lamelle principale porte des replis secondaires perpendiculaires à la surface et dont le nombre pour chacun varie de 700 à 4 500. Les branchies de LOPHOBRANCHES ! paraissent, au premier abord, s'éloigner beaucoup du type normal; en réalité, elles ne s’en écartent que fort peu. Chaque arc porte une double rangée de lamelles comme d'habitude, mais le nombre total de ces lamelles n’est que 6 à 10. La lamelle principale porte, à son tour, sur ses deux faces de 20 à 40 plis transversaux ; très saillants, en forme de demi-cercle et dont l’ensemble, en raison de leur grand développement, donne à chaque lamelle principale l'apparence d'une houppe qui serait formée d’un axe le long duquel seraient empilées des lames demicirculaires (fig. 1763).
Organes accessoires des branchies. — Le Protopterus présente des branchies externes consistant de chaque côté de Ja tête en trois filaments à bords crénelés, supportés par le bord supérieur et postérieur de l'arc scapulaire. Ces filaments reçoivent respectivement le sang qui les traverse des deuxième, troisième et quatrième arcs aortiques; ils sont donc en réalité des dépendances des arcs branchiaux qu'irriguent ces vaisseaux. De pareilles branchies se rencontrent avec des formes diverses chez les embryons des Sélaciens (fig. 1844, p. 2640) et les jeunes de diverses espèces de Poissons (Callorhynchus, Chimæra, Polypterus, Cobitis).
Il a déjà élé question (p. 2407) de modifications qui donnent aux pharyngiens des ANABASIDÆ leur aspect labyrinthique et transforment la partie supérieure de leur cavité branchiale en une sorte d'éponge propre à humecter les branchies. Divers CLUPEIDE présentent un appendice enroulé en spirale de la muqueuse pharyngienne.
A l'appareil respiratoire de plusieurs SILURIDÆ et OPHIOCEPHALIDE sont annexés des organes supplémentaires qui jouent un rôle dans la respiration et dont il serait d'autant plus nécessaire de déterminer l’exacte signification morphologique que les SiLURIDE semblent être les Téléostéens les plus rapprochés des Ganoïdes. Chez les Heterobranchus (fig. 176%) et les Clarias, les arcs branchiaux portent des appendices dendritiques richement vascularisés contenus dans une expansion de la cavité branchiale. Chez les Saccobranchus (fig. 1765) et les Amphipnous la cavité branchiale se prolonge de chaque côté, au-dessus de la première fente, en un sac qui s'étend très loin en arrière et est couvert d’un réseau respiratoire; ces sacs ont l'aspect des vessies natatoires.
Chez les HorLocérnaLes les fentes branchiales sont recouvertes par un repli de la peau déjà indiqué chez les Chlamydoselachus; chez les CTÉNOBRANCHES des pièces osseuses se développent dans ce repli (p. 240%) et il se forme ainsi un opercule limitant extérieurement une chambre branchiale où mieux une chambre péribranchiale, qui ne communique plus avec l'extérieur que par une fente operculaire, comprise entre l’opercule et la ceinture scapulaire.
1. A. Huor, Recherches sur les Poissons Lophobranches, Annales des Sciences naturelles, 8° série, t. XIV, 1902.