POUMONS ET VESSIE NATATOIRE
elle-même disparait chez le plus grand nombre des TÉLÉOSTÉENS PRYSOCLISTES, ainsi nommés d'ailleurs parce que leur vessie natatoire est complètement close. I y a à cela quelques exceptions, car chez les Caranæ part de la région dorsale de la vessie natatoire, au niveau de la 7e côte, un canal qui longe l'aorte du côté droit et s'ouvre sur la muqueuse de la cavité branchiale, dans sa région postérieure el supérieure !.
La vessie natatoire fait défaut chez beaucoup de PuYsOCLISTES (PLEURONECTIDE, ZLoarcinæ, GoBnbx, GOBIESOCIDE, LUCIOCEPHALIDÆ, CYCLOPTERIDE, ACANTHOCLI- NIDÆ, BLENNUDE, Coryphæna, Stromateus, SCOMBRIDE, Echeneis, Elacate, TRACHI- NIDÆ, beaucoup de TriGLipæ, Cérrhites, Curithripthys, Chironemus).
La vessie natatoire des Lepidosteus (fig. 1756, p. 2462, e) s'ouvre dans l'æsophage par une fente en forme de T renversé ([). La branche verticale du T est comprise entre deux saillies arrondies en forme de poche et la membrane élastique dans laquelle la fente est pratiquée semble capable de produire des vibrations sonores lorsque l'air est chassé de la vessie nataloire. Le vestibule conique s’accole à son tour par sa face ventrale’à la face dorsale de l’æsophage; la paroi commune est perforée d’une fente lougitudinale. On peut considérer ce vestibule comme une première ébauche de larynæ. La vessie natatoire elle-même est un vaste sac impair qui s'étend sur toute la longueur du corps et est très étroitement soudée à la face dorsale de l'estomac et à l'aorte. Une large bande médiane fibreuse qui fait saillie sur toute la longueur de sa paroi dorsale interne peut être interprétée comme le reste d’une cloison indiquant que le sac résulte de la soudure de deux autres comparables aux deux sacs du Polypterus et aux poumons des Drpnés. De celte bande partent latéralement des trabécules transversaux saillants, d'étendue inégale, mais qui peuvent alteindre jusqu'à la ligne médiane ventrale du sac; ces trabécules délimitent des cavilés pariélales, elles-mêmes divisées par des trabécules secondaires en espaces alvéolaires irréguliers et arrondis rappelant les dispositions qu'on observe dans les poumons des Drexés. Des trabécules analogues mais moins réguliers, existent sur la paroi interne de la vessie natatoire de l'Amia, vaste sac cylindrique qui s'étend des derniers os pharyngiens jusqu'à l'anus et se bifurque légèrement en avant. La paroi interne de la vessie nataloire des Spatularia et des Acipenser est, au contraire, lisse comme chez les Polypterus.
Les SILURIDÆ qui, par Lant d’autres caractères, affirment leur qualité de Téléostéens primitifs, ont souvent une vessie natatoire à paroi alvéolaire comme celle du Lepidosteus, et il peut même se développer des cæcums à sa surface (Pimelodus macropterus, Doras loricatus, D. Hancocki, Corydoras ophthalmus, C. dorsalis, fig. 1766); dans le même genre le Doras polygramma a une vessie nalatoire lisse et cordiforme, le D. asterifrons a une vessie semblable mais munie en outre d'un petit appendice conique; cet appendice est bifurqué chez le Corydoras punctatus (fig. 4766, n° 1) etle Doras Hancocki; il constitue un véritable segment postérieur de la vessie chez les Corydoras brevis et dorsalis ?; le P. filamentosus a une vessie natatoire lisse, mais divisée par une constriction transversale en deux parties, placées bout à bout. Cette disposition devient ordinaire chez les CyPriNipÆ. Fréquemment la vessie nalaloire
1 Moreau, Recherches physiologiques sur la vessie nataloire des poissons, 1877. 2? Kwer, Ueber einige sexual Unterschiede bei der Gattung Callichthys und der Schwimmblase bei Doras, Sitzungsb. der Akadem. der Wissenschaften, t XI, 1853.
est enfermée dans une capsule osseuse qui se développe sur la face ventrale des vertèbres. Cete dernière particularité se rencontre aussi chez les CYPRINIDE, où une chaine osseuse relie en outre, comme chez les SILURIDE, les CHA- RACINIDE et les GYMNOTIDE, la vessie natatoire à la capsule auditive.
La structure alvéolaire de la paroi 1 interne se retrouve chez des formes
très éloignées des SILURIDÆ, plu-
sieurs Erythrinus, les Gymnarchus
et les SCIÆNIDÆ notamment. Dans 3 cette dernière famille et dans celle des POLYNEMIDÆ, cette structure se complique, sauf dans les genres Larimus et Eques, de la présence
Fig. 1766. — No 1. Vessie nataloire de Corydoras punc-
tatus. — N° 2. Vessie nataloire de Doras loricatus. — d'appendices latéraux, bien que ces ° 3, Vessie natatoi le Corydor rsalis (d'après : : : one natatoire de Corydoras dorsalis (d'après poissons soient physoclistes. Des
appendices semblables existent chez les Chrysophrys. Chez les Otolithus, la vessie natatoire, pointue en arrière, élargie et tronquée en avant se prolonge à chacun de ses angles antérieurs en un tube qui porte lui-même deux sacs à extrémilé pointue, dirigés l'un en avant, l’autre en arrière. Chez le Pogonias chronis, sa moilié antérieure est pourvue latéralement de larges lobes irrégulièrement découpés, à peu près symétriques et dont le dernier, de chaque côté, s’allonge en arrière en un tube étroit, lui-même pourvu d'appendices et qui va s'ouvrir à l'extrémité postérieure de la vessie. Chez le Callichthys lucida, on compte de chaque côté de la vessie vingt-cinq appendices dont les premiers sont dirigés en avant tandis que les suivants s'orientent peu à peu vers l'arrière; tous ces appendices se divisent bientôt en une branche dorsale et une branche ventrale qui se terminent après s'être une ou deux fois divisées, ou continuent à se diviser et s'allongent au point de se fusionner avec leur symétrique sur les lignes médianes dorsale et ventrale. Ces branches sont enveloppées par le péritoine qui forme autour d'elles un sac ventral; ce dernier reçoit dans sa cavité l'intestin, le foie et les glandes génitales. Chez les Sciæna, le nombre des branches latérales s'élève à cinquante-deux, de chaque côté; chacune d'elles porte à son tour deux séries d’appendices qui peuvent se bifurquer plusieurs fois et se raccourcissent graduellement jusqu'à son extrémité.
Tantôt la vessie est très courte, tantôt elle se prolonge en arrière, soit en deux appendices situés sous la musculature de la queue (beaucoup d'ACANTHOPTÈRES, SPARIDÆ, MÆNIDÆ, ACRONURIDE, etc.), soit en un cæcum logé entre les arcs inférieurs très dilatés des vertèbres caudales. La vessie natatoire est bilide en avant et en arrière chez les Sargus et les Teuthis; elle est double chez les GYMNOTIDEÆ.
Les parois de la vessie natatoire contiennent très souvent des fibres musculaires transverses; ces fibres, notamment chez les SILURIDÆ, CYPRINIDÆ, CHARACINIDEÆ, provoquent, en se contraclant, l'expulsion des gaz qu’elle contient; en outre, chez un certain nombre d'espèces de cette dernière famille, elles sont susceptibles