POUMONS ET VESSIE NATATOIRE
d'exécuter des contractions rythmiques qui se transmettent à l'air inclus et déterminent ainsi la production de sons. Un phénomène analogue a été également observé chez des Poissons physoclistes (Zeus faber, Trigla). Ses parois sont richement vascularisées et les vaisseaux se disposent souvent en réseaux admirables. Ces réseaux sont répandus sur toute la surface de la vessie chez les CYPRINIDÆ; ils sont plus ou moins localisés chez les Esocin et finissent par former chez beaucoup de Physoclistes (Caranx, Perca, etc.) des corps glandulaires connus sous la dénomination de corps rouges; il existe des corps rouges chez les Conger et Anguilla. Ces corps contribuent activement à la sécrétion et à l'absorption des gaz que contient la vessie. La paroi de la région antérieure de la vessie natatoire des Lophobranches présente de véritables culs-de-sac glandulaires.
La position de l'orifice de la vessie natatoire dans l'intestin antérieur, la forme de la vessie, ses dimensions sont extrêmement variables chez les Poissons; l'orifice de la vessie dans le pharynx est latéral chez les Erythrinus; il est reporté dans la région cardiaque de l'estomac chez l'Esturgeon, à l'extrémité du cæcum stomacal chez les CLUPEIDE (fig. 1766).
Quelques TETRODONTIDÆ (Tetrodon, Diodon, etc.) possèdent, outre leur vessie natatoire, une autre poche aérienne qui s'ouvre dans la région ventrale du pharynx, et s'élend de la mandibule jusqu'au voisinage de la queue. En remplissant d'air cette poche, ces poissons peuvent se gonfler démesurément. Rapprochant ce fait de la position variable de l’orifice des poches aérifères dans l'intestin antérieur et de divers faits embryogéniques, on a pu penser ! que deux sortes de poches à gaz pouvaient être on rapport avec l'intestin antérieur : les poches oratoires morphologiquement ventrales et les poches natatoires morphologiquement dorsales. Au premier type appartiendraient les sacs aérifères des Dipnés, du Polyptère, le sac ventral des TETRODONTIDXÆ, les poumons des Verlébrés aériens; au second type appartiendraient la vessie natatoire normale des Poissons et les cæcums rétropharyngiens de divers Mammifères (Éléphants, Porcins, Camélidés, Homme). Cette interprétation sera discutée dans la partie embryogénique.
Le gaz contenu dans la vessie natatoire est un mélange à proportions très variables d'azote, d'oxygène et d’anhydride carbonique. Il peut être formé de 98 à 80 0/0 d'azote, de 70, qui estla proportion ordinaire, à 20 0/0 d'oxygène et de 7 à 0,6 0/0 d'anhydride carbonique. Ces gaz ne sauraient provenir directement ni de l'air, ni de l'eau; ils sont manifestement extraits du sang et de la lymphe?.
De précises expériences physiologiques (Moreau) ont montré que la vessie natatoire est essentiellement pour le Poisson un organe de station qui lui permet d'égaliser avec son poids celui de.l’eau déplacée, à quelque profondeur qu'il se trouve, de manière à demeurer en équilibre et à n'avoir aucun effort à faire pour se maintenir à un niveau donné. Cet état d'équilibre n’est alteint que peu à peu, bien plus vite cependant chez les PRYSOSTOMES que chez les PnYsOCLISTES, qu'une brusque diminution de pression entraine rapidement vers la surface sans qu'ils aient le temps de réagir. L'équilibre s'établit plus vite chez les Caranx, dont le
1 ALeRecuT, Sur la non homologie des poumons des Vertébrés pulmonés avec la vessie natatoire des Poissons, Paris et Bruxelles, 1886,
2 Byecerzki, Ueber die in der Schwimmblase enthallenen Gaze, Abh. der Naturforscher Gesellschaft zu CharkofT, 1884.
canal aérien fonctionne comme un véritable « canal de sireté». L'absence de la vessie hydrostatique chez les Poissons qui vivent au contact du sol est une conséquence du principe de Lamarck.
Corps thyroïde et thymus. — A la face inférieure du pharynx, sur la ligne médiane se développent le corps thyroïde, sur les arcs branchiaux mêmes le tkymus ; mais ces corps ne gardent pas leur position primitive (p. 2622). Très développé chez l'Ammoceætes (fig. 1768, 1773 et 1774), le corps thyroïde (4) est représenté chez le Petromyzon adulte par une série de follicules glandulaires sans communication avec le
Fig. 1767. — Appareils digestifs et organes géaitiux du Hareng (Clupea harenqus). — Br, branchies; Oe, œsophage; V, estomac; 7, testicules; Ap, appendices pyloriques; S, rate; Dp, canal de communication de l'estomac avec la vessie natatoire; D, intestin; A, anus; Gp, pore génital; Vd, canal déférent; Va, vessie natatoire (d'après Brandt).
pharyax. Il consiste chez les ÉLASMOBRANCHES en corps lobulaires creux, qui chez les Squalus demeurent toute la vie en contact avec le pharynx dans la région de l'arc mandibulaire. La glande principale chez les GANOÏIDES cartilagineux adultes est située sur la symphyse de la mandibule, au point de Ja bifurcation du tronc branchial artériel auquel elle est réunie par un faisceau de tissu conjonctif. La glande thyroïde des Poissons osseux occupe une position correspondante à celle des Sélaciens, au niveau du deuxième arc branchial.
Chez les LOPROBRANCHES, le corps thyroïde, fonctionnel toute la vie, est double ; chacune de ses moiliés est developpée autour de l’une des veines de Duvernoy, qui se jettent dans les veines jugu- Fig. 1768. " Coupe longitudinale schémalique à travers la laires et s'étendent dans toute la
région céphalo-branchiale d'un embryon de Petromyson.
— N, système nerveux; ch, corde dorsale ; Of, otocysle ; région branchiale ; ces deux corps
2er le veus A égnaten anne D sont en avant, à peu près confon-
olfactive (d'après Balfonr). dus sur la ligne médiane. Le corps thyroïde ! commence toujours par présenter une structure nettement glandulaire, mais il prend ensuite l'aspect d’une masse divisée en lobes et en lobules qui présentent d'abord une
1 Gurarr, Étude sur la glande thyroïde dans la série des Vertébrés el en particulier chez les Sélaciens, Thèse, Paris, 1895.