APPAREIL CIRCULATOIRE
lumière, mais deviennent plus tard entièrement solides. La masse est richement vascularisée et contient de grands follicules transparents, vésiculaires, dont la paroi interne est tapissée d’un épithélium ; ces follicules sécrètent suivant le mode mérocrine, chez les TÉLÉOSTÉENS, une substance colloide qui en occupe la région centrale. Toute la masse est enveloppée par du tissu conjonclif.
Dans la région branchiale des Poissons existent aussi des corps folliculaires dont le mode. de développement est fort remarquable, et qui constituent le tymus. L'origine et les transformations de ces corps sont décrits p. 2622. Le thymus des Sélaciens forme de chaque côté une masse accolée à la veine jugulaire. Il n'existe aussi qu'un seul thymus de chaque côté chez les Téléostéens. Mais nous verrons que ces organes naissent de la fusion d'organes métamériques.
li existe également dans le tissu mésodermique de la partie antérieure du péricarde un amas de follicules (Squalus) qui dérivent de la 6° fente branchiale avortée; ce sont les organes suprapéricardiens ; ils manquent chez les TÉLÉOSTÉNS.
Appareil circulatoire. — 1° Cœur; dispositions générales. — L'appareil circulatoire des Poissons comprend un cœur, des artères, des veines reliées aux artères
par des capillaires et un système CONE ARTÉRIEL …
lymphatique.
Le cœur est placé, du côté ventral, VENTRIQULE immédiatement en arrière des branchies, si bien que leur appareil de OREILLETTE - -
soutien lui fournit, chez les MARSIPO- BRANCHES et les ÉLASMOBRANCHES, une corbeille ou une lame cartilagineuse protectrice (p. 2380 et 2390). Il com- SINUS HÉP. / — prend toujours au moins une oreillette | et un ventricule (g. 1769). L'oreillette reçoit le sang d’un sinus veineux, situé hors du péricarde, en arrière du ventricule ; elle présente deux prolongements latéraux qui se rabattent de chaque côté du ventricule et sont les deux auricules. Sa musculature est LOBED. VÉS:BILIAIRE LOBE G. faible, et sur sa paroi interne les Fig. 1769 — Schéma du cœur, sinus hépatique et orifaisceaux des fibres musculaires for- Sn du foie du Scylliorhinus stellaris (d'après ment un réseau saillant. Le ventricule est au contraire formé par un réseau de puissants faisceaux charnus, dont les mailles font saillie à son intérieur. Chez une partie des Ganoïpes et chez les TÉLÉ- OSTÉENS, il se décompose en deux tuniques musculaires entre lesquelles s'étend un espace lymphatique tapissé d’un endothélium. L’orifice de communication entre l'oreillette et le ventricule, ou orifice auriculo-ventriculaire, est habituellement muni de deux lames membraneuses ou valvules susceptibles de l’oblitérer lors de la contraction du ventricule; mais le nombre primitif a dû être plus considérable, car on en comple six chez le Lepidosteus et quatre chez l'Amia.
Le ventricule est surmonté d'un tronc artériel dont la base est différenciée, chez les SÉLACIENS, les DiPNÉS et les GANOÏDES, en un organe musculaire plus volumi-
neux, le cône artériel à l'intérieur duquel sont disposées trois ou quatre rangées longitudinales de valvules en nid de pigeon; le nombre des valvules contenues dans chaque rangée se réduit graduellement de neuf (Polypterus), huit (Lepidosteus, fig. 1769, n° 1 (ou six) Chlamydoselachus) à trois (PLAGIOSTOMES), et, par suite de la disparition successive des valvules du dernier rang, il ne reste plus chez les TÉLÉOSTÉENS qu'une seule couronne de valvules. Le cône artériel se réduit en même temps; ce n'est qu'exceptionnellement,chezles Butyrinus qui ont encore trois rangs de valvules et quelques CLUPEIDÆ, par exemple, qu’on en retrouve des traces. A sa place se développe de plus en plus le bulbe artériel qui le surmonte et qui finit par naitre directement du ventricule. Ce bulbe est formé de fibres élastiques.
Des replis valvulaires uniquement formés de tissu conjonctif, mais bien différents des véritables valvules, se développent entre le sinus veineux et l'oreillette, région où il existe aussi un puissant réseau nerveux.
En même temps que le sac pneumatique devient un poumon chez les Dipxés, leur cœur se complique et tend à se diviser en deux moitiés.
l'une droite et l’autre gauche. Cette division est complète pour l'oreillette, mais elle s'étend aussi au cône artériel, et dans nne certaine mesure au
. ventricule, de sorte qu'il y a, au point Fig. 1770. — Circulation des Poissons. — N° 1, ensemble
des veines branchiales et commencement de l'artère pul- de vue physiologique, chez les Cera-
monaire da Ceratodus. — ci, carotide interne; 1v à 4, fodus (fig. 1770, n° 2 et 3) un cœur veines branchiales; p, p', artères pulmonaires: av, ao, 5 aorte ; cæ, artère cœliaque; s, s', artères sous-clavières. droit et un cœur gauche. Le cœur
— N° 2, cœur de l'Amia. — 1a à 4a, artères branchia- : : ang noir raples; £, tronc artériel; co, cône artériel: at, atrium. — AO TOC ONE le s ng p N° 3, cône, tronc et artères branchiales du Lepidosteus porté du corps par la veine cave, du platystomus. — oa, artère ophlalmique ; 1a à 4a, artères sang rouge venant des poumons, et
branchiales ; co, cône artériel (d'après Boas). l'envoie aux premier et deuxième arcs branchiaux, où il se charge d'une nouvelle provision d'oxygène. Le cœur gauche ne reçoit au contraire que du sang noir et l'envoie aux troisième et quatrième arcs aorliques. De ce dernier arc nait, on l'a vu, l'artère pulmonaire. Du poumon le sang revient au cœur par un vaisseau spécial, accolé à la veine cave. La division du cône artériel est plus complète chez le Protopterus et le courant sanguin s'y partage en un courant de sang rouge et un courant de sang noir distincts. Le sang rouge venant des poumons va de l'oreillette gauche au ventricule,
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