‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 5 sur 96 · DIVISION DES VERTÉBRÉS EN CLASSES · texte numérisé non relu

DIVISION DES VERTÉBRÉS EN CLASSES

marsipobranches des Poissons élasmobranches, tels que les Requins, ou ceux-ci des Poissons cténobranches. On pourrait donc à la rigueur comprendre l'Amphiozus dans l’embranchement des Vertébrés, s'il n'était nécessaire de l'isoler, comme apparenté de très près aux progéniteurs communs des Tuniciers, inintelligibles sans lui, et des Vertébrés proprement dits. Les Vertébrés se distinguent surtout de l'Amphioæus par le développement des organes des sens, par une nette différenciation du cerveau et de la moelle épinière; par l'épaississement des membranes conjonctives en lames plus ou moins puissantes, susceptibles de se transformer partiellement en cartilages et en os, et constituant ainsi le squelette, appareil de protection du cerveau et des organes des sens, appareil de soutien des parois de la bouche, des parois du corps et des membres; par la localisation de la contractilité du vaisseau ventral dans un organe musculaire nettement défini, le cœur; par le transfert du système rénal et du système génital dans la région abdominale du corps; par une accélération du développement telle que le jeune animal ne quille jamais les enveloppes de l'œuf qu'après avoir acquis tous les segments de son corps, et d’ordinaire même après avoir réalisé à peu près complètement sa forme définilive.

Division de l’'embranchement des Vertébrés en classes. — D'après leur habitat, les Vertébrés sont habituellement répartis en deux sous-embranchements : les ANAL- LANTOÏDIENS, ou Vertébrés se développant dans l’eau, et les ALLANTOÏDIENS, ou Vertébrés se développant à l'air libre.

Les premiers pendent dans l’eau des œufs relativement pelits, dans lesquels l'embryon se développe sans autre protection que la coque de l'œuf.

Les seconds pondent à l'air libre de gros œufs, ou conservent dans une dépendance de leurs conduits génitaux de petits œufs qui y accomplissent leur développement. Dans les deux cas, dès le début de l’évolution de l'embryon, celui-ci s'enferme dans deux poches qui viennent doubler les enveloppes de l'œuf : l'annios et l'allantoide. Un liquide remplit ces poches, isole le jeune animal du milieu extérieur et le protège contre la dessiccation. En même temps la paroi de ces poches s'organise de manière à régler les échanges de l'embryon soit avec l’air extérieur, soit avec l'organisme maternel.

Même lorsqu'ils mènent une existence aérienne, à l’état adulte, presque tous les Vertébrés anallantoiïdiens, obligés de revenir à l’eau pour pondre, s'éloignent peu des eaux ou des marécages; on doit les considérer, en somme, comme des VERTÉBRÉS AQUATIQUES. Les Vertébrés allantoïdiens sont au contraire affranchis de l'obligation de se tenir auprès des eaux pour se reproduire; ce sont les véritables VERTÉBRÉS AÉRIENS.

Il n'existe aujourd'hui aucune transition entre les deux sous-embranchements des Vertébrés, mais à la fin de la période carbonifère vivaient assez de formes intermédiaires pour qu'il ne puisse guère rester de doute sur le fait que les allantoïdiens sont graduellement sortis des anallantoïdiens et ne sont que des anallantoïdiens aptes à la marche dont le développement a été affecté de tachygénèse. Les allantoidiens ébauchent, en effet, dans l'œuf et perdent, avant d'éclore ou transforment en vue de nouvelles fonctions, les organes qui servent à la respiralion aquatique des Vertébrés anallantoïdiens; l’aptilude de leurs jeunes à vivre dans l'eau est par cela même supprimée; ces jeunes sont voués à une existence exclusivement aérienne. Il y a de ce fait une séparation très nette entre les deux sous-embran-

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