‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 6 sur 96 · VERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

VERTÉBRÉS

chements. A la vérité, l'accélération embryogénique s’exerçant dans un sens différent de celui qui a abouti aux Vertébrés allantoïdiens peut amener, chez quelques anallantoïdiens actuels, la suppression de la phase aquatique de leur existence : notre Salamandre terrestre perd ses branchies très peu de temps après son éclosion; la Salamandre noire des Pyrénées éclôt dans l’oviducte maternel et y perd ses branchies avant d'être mise en liberté; les Batraciens serpentiformes (Cæcilia, Epicrium), une Rainette de la Martinique (Hylodes martinicensis) éclosent sous leur forme délinitive et pourvus seulement d'organes de respiration aérienne; mais ces animaux n'ont pas pour cela d'enveloppes embryonnaires et leur mode de développement diffère peu de celui des Batraciens ordinaires.

Si importantes que paraissent ces différences entre les Vertébrés anallantoïdiens et les Vertébrés allantoïdiens, elles sont d'ordre purement embryogénique, et la conservation de ces deux sous-embranchements risquerait de masquer la véritable nature des liens qui existent entre les diverses classes de Vertébrés. En fait, les Batraciens se sont séparés de très bonne heure des Poissons; les seuls avec qui ils présentent une ressemblance d'ailleurs assez lointaine sont les DipNÉS qui malgré leurs poumons et leur cœur à trois cavités ont conservé une structure très primitive. Tandis qu’à partir de ces formes primordiales, les Poissons s'adaptaient de plus en plus à la natation, les Batraciens s’adaptaient au contraire à la marche et passaient graduellement aux Reptiles. Les VERTÉBRÉS NAGEURS et les VERTÉBRÉS MARCHEURS forment donc deux séries naturelles divergentes, dans chacune desquelles les formes sont liées généalogiquement, tandis que les Batraciens et les Poissons ont sans doute une origine commune, mais ont évolué en deux sens tout à fait différents.

On est convenu de n’admetire, dans le sous-embranchement des VERTÉBRÉS NAGEURS, qu'une seule classe, celle des Poissons, bien qu'entre les MaARsipo- BRANCHES, les ÉLASMOBRANCHES et les CTÉNOBRANCHES, il y ait certainement des différences aussi importantes que celles qui séparent les diverses classes de Vertébrés marcheurs. Les Poissons peuvent être définis des Vertébrés essentiellement aquatiques, conservant toute leur vie les branchies, organes de respiration aquatique, et se déplaçant dans l’eau à l’aide de lames cutanées soutenues par des rayons Carlilagineux ou osseux et qu'on nomme des nageoires.

Le sous-embranchement des VERTÉBRÉS MARCHEURS comprend, au contraire, quatre classes : les BATRACIENS, les REPTILES, les O1sEAUX et les MAMMIFÈRES.

Les BarrAciENs vivent dans l’eau durant les premières phases de leur existence, mais peuvent ensuite perdre leurs branchies et acquièrent toujours des organes de respiralion aérienne, les poumons. Dépourvus à leur naissance de nageoires paires, ils présentent, par la suite, des pattes divisées en trois segments et leur permettant de marcher sur un sol ferme. Ces poumons et ces membres en font des animaux capables de vivre à l'air libre.

Les REPTILES ont aussi les téguments nus, mais leur épiderme s'épaissit au-dessus des papilles du derme, prend une consistance cornée et se divise en aires souvent délimitées avec une grande régularité, et qu'on appelle improprement des écailles. 11s se meuvent, en général, à l’aide de quatre pattes analogues à celles des Batraciens. Leurs poumons sont de simples sacs, plus ou moins cloisonnés, dans lesquels l’air et le sang ne sont en contact que le long des parois ou des cloisons de l'organe; leur sang veineux se mélange toujours au sang artériel;

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