FORMATION DE L'ŒUF
peine distincts à l’époque du frai, se réunissent en un court canal qui s'ouvre au sommet d’une papille, allongée chez un certain nombre d'espèces en un tube servant à la ponte (Serranus hepatus, Rhodeus amarus, fig. 1817, etc.). L'oviducte est tantôt accolé latéralement à l'ovaire, tantôt situé dans sa région axiale. Dans le premier cas, il est tapissé d’épithélium vibratile; dans le second il est tapissé des mêmes cellules cylindriques ou aplalies qui revêtent les lamelles ovariennes.
Formation de l'œuf. — La première indication des ovaires consiste en deux épaississements de l’épithélium péritonéal, les bandes ovariennes, situées de chaque côté du mésentère (fig. 1841, 0, p. 2652). Au-dessus de ces bandes cellulaires, il ne tarde pas à se former une bande ou stroma de tissu conjonctif (Scylliorhinus, Raja) à la surface de laquelle les cellules génitales primitives s’étalent en épithélium continu :; la bande germinative tout entière a la forme d’un prisme triangulaire très allongé qui serait attaché à la région dorsale de la cavité générale par une de ses faces. Sur la face externe de ce prisme, l'épithélium s'épaissit par suite de la multiplication de ses cellules et cette parlie épaissie constitue l’épithélium germinatif proprement dit, dans lequel se forment les œufs. Le stroma lui-même se différencie en une région externe, vasculaire, principalement développée au voisinage de l’épithélium germinatif, et une région interne, lymphatique, qui forme la plus grande partie de la bande ovarienne. L'épithélium germinatif est d’abord nettement séparé du stroma, mais plus tard de nombreux cordons de stroma pénètrent à l'intérieur de cet épithélium et finissent par former un réseau irrégulier dans lequel pénètrent des vaisseaux et qui finit par s'insinuer entre les œufs en voie de formation, les sépare partiellement les uns des autres, gagne même la surface de l'ovaire et s'étale en une membrane limitante, que recouvre seulement comme un épithélium la couche la plus superficielle de l’épithélium germinatif. En même temps la surface interne de l'épithélium germinatif devient elle-même irrégulière, par suite du développement des œufs.
Les premiers œufs sont déjà reconnaissables dans les bandes cellulaires qui précèdent la formation de la crête ovarienne; mais ils se localisent tous dans l’épithélium germinatif et constituent là les œufs primitifs. Ces œufs primitifs se transforment en œufs définitifs, de deux façons différentes chez les Scylliorhinus.
Dans un premier cas, probablement par suite de la division des œufs primitifs, peut-être aussi par la transformation directe de nouvelles cellules indifférentes, il se forme des nids d'œufs primitifs. Puis tous les œufs d'un même nid se fusionnent en une masse plurinucléaire qui s'accroit peu à peu tandis que ses noyaux Continuent à se diviser. Bientôt un certain nombre de noyaux augmentent de volume et se transforment en vésicules remplies d’un liquide clair mais présentant près de sa paroi une masse granuleuse très riche en chromatine; cette masse devient peu à peu étoilée, et se transforme en un réseau présentant des grains de chromatine à ses points nodaux. Quand un noyau a éprouvé cette transformation, le protoplasme qui l'entoure devient légèrement granuleux, s’'isole du protoplasme ambiant et
1 F.-M. Bacrour, On the structure and development of the Vertlebrate ovary, Studies on the Morphological Laboratory of the University Cambridge et Quarterly Journal of Microscopical Science, New Serie, vol. XVIII.
forme un œuf définitif dont son noyau est la vésicule germinative. Les noyaux qui n'out pas subi d'une manière complète cette évolution, disparaissent et sont vraisemblablement employés à la nourriture des œufs définitifs ; ceux-ci peuvent être réduits à un ou deux pour chaque nid.
Dans le second mode de développement, les œufs primitifs, une fois formés, gardent toujours leur individualité; ils peuvent encore se grouper en nid, mais ils sont aussi parfois isolés; leur noyau et leur protoplasme subissent d'ailleurs les mêmes modifications que dans le cas précédent.
De nouveaux œufs peuvent se former par l’un ou l'autre de ces procédés durant une grande partie de la vie. Presque aussitôt après l'individualisation des œufs dans chaque nid, les cellules de l'épithélium germinatif se disposent en couche autour de chacun d’eux; elles sont d'abord aplaties puis colonnaires. Chez les Scylliorhinus elles demeurent longtemps uniformes, mais dans les grands œufs elles se disposent en deux ou trois couches et chez les Raies elles présentent à ce moment un arrangement tout à fait irrégulier; mais bientôt, dans les deux cas, certaines d’entre elles s'allongent en forme de bouteille, tandis que les autres demeurent petites et ovales; les deux sortes de cellules affectent les unes par rapport aux autres un arrangement régulier et constituent le follicule de l'œuf.
Plus tard les cellules du follicule subissent une régression plus ou moins marquée.
Le vitellus est d’abord lâchement granuleux ; mais plus tard il présente très nettement un réseau protoplasmique qui Fig. 1817. — Coupe transversale dans l'ovaire de Pere rs es sérurs . ed
Herophis lumbricoïde. Les œufs prennent naissance vitellins commencent à apparaitre imde chaque côté du raphé médian, il y a deux foyers médiatement au-dessous de la surface
de production des ovules. — ra, raphé médian; eg, épithélium germinatif. de l'œuf; ils sont distribués en plages distinctes les unes des autres et surtout abondantes au pôle de l'œuf opposé; ils se transforment en grandissant en vésicules à l'intérieur desquelles se développent des corps ovales lamellaires qui sont les globules vitellins définitifs. La vésicule germinative contient un réseau nucléaire, surtout distinct chez les jeunes œufs, et des nucléoles dont le nombre s'accroit à mesure que l'œuf vieillit et qui se rapprochent alors de la membrane de la vésicule. Le stroma central fait défaut dans l'ovaire des TÉLÉOSTÉENS, qui est uniquement formé de trabécules vasculaires supportant l'épithélium germinatif. Ce dernier délimite chez les Lophobranches une cavité longitudinale dont la paroi externe est parcourue par un raphé contenant un vaisseau. Les trabécules vasculaires unissent la paroi externe de l'ovaire à celle de la cavité de l'organe. Les œufs se forment par division des cellules de l'épithélium germinatif, soit des deux côlé du raphé (Entolurus, Nerophis), soit d'un seul côté (Syngnathus). Ils se développent le plus souvent suivant le second type décrit ci-dessus chez les Élasmo-