‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 64 sur 96 · FORMATION DES NERFS VENTRAUX · texte numérisé non relu

FORMATION DES NERFS VENTRAUX

sont en rapport avec aucun ganglion. Dans les embryons qui dépssent 21 millimètres, les fibrilles distales entrent en rapport avec des cellules migratrices issues de l’'oculo-moteur et plus tard le nerf est entièrement couvert de cellules. L’hypoglosse se rattache d'abord au tube neural par cinq racines ventrales, dont la première correspond au huitième somite (quatrième somite postotique), tandis que la première branche du vague correspond au bord postérieur du cinquième somite ; ces cinq racines persistent chez les NotibAniDÆ; il n’en persiste que deux, probablement les deux dernières chez les adultes des Squalus et des autres Requins; elles sont dépourvues de ganglions. Le nerf dorsal dont le correspondant ventral est la première racine de l'hypoglosse, porte au contraire un ganglion qui, à une période ultérieure du développement, s’unit à un groupe de cellules ganglionnaires situées près de la racine du vague; ce groupe de cellules parait correspondre au ganglion

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Fig. 1835. — Embryon à plus de 80 somites de côté. Mèmes lettres; en plus : {, trochléaire ; mo, moteur oculaire; g, glossopharyngien; ab, abducteur; fmd, rameau mandibulaire du trijumeau; f0s, rameau ophthalmique superficiel du même; os, rameau ophthalmique superficiel du facial; op, rameau ophthalmique profond du trijumeau ; ca, commissure antérieure ; Cp, commissure postérieure; cs, commissure supérieure ; cd, commissure dorsale (d'après Neal).

dorsal du vague de l’Ammocætes, ganglion bien distinct du ganglion latéral ou épibranchial du même nerf. D'autre part, la crête neurale continue de la région occipitale et du tronc des Squalus se divise en ganglions opposés aux myomérides et reliés entre eux par un connectif dorsal, cellulaire, que l’on peut suivre jusqu’au septième myoméride ; dans la région des septième et sixième somites, il n’y a plus de ganglions, mais une large plaque cellulaire s'étend à leur place jusqu'à la racine du vague. Tandis que dans les premiers stades de développement le ganglion du huitième somite est éloigné des racines du vagus, il s’en rapproche plus tard et finalement s'unit à elles d’une façon complète. Les cellules ganglionnaires des sixième et septième somites émettent alors des cylindraxes, les uns centripètes, les autres centrifuges; ces derniers forment la racine postérieure du vague. Les ganglions dorsaux du glosso-pharyngien et du vague étaient primitivement médians, comme les ganglions spinaux; l'union des ganglions spinaux avec le ganglion du vague, rapprochée de leur identité originelle de position, établit une fois de plus qu'il n’y a aucune différence morphologique entre les nerfs crâniens et les nerfs spinaux ou médullaires.

De tout ce qui précède, il suit donc qu'on peut, comme dans les cas des nerfs médullaires, répartir les racines des nerfs crâniens moteurs en deux groupes d'après leurs relations centrales el périphériques : 1° les racines dorsales ou splanchniques : (5e, 7e, 9e et 10° paires) ayant leur origine dans les cornes latérales du tube neural et dont les fibres se distribuent dans la musculature des arcs viscéraux qui est ventrale; 2° les racines ventrales ou somatiques (3°, 4° et 6° paires) qui prennent naissance dans les cornes ventrales du tube neural et dont les fibres aboutissent à la musculature des somites qui est dorsale. La correspondance métamérique des nerfs avec les somites est moins régulière que celle des encéphalomères ; ainsi les encéphalomères IT, III et VIT envoient des fibres motrices aux somites 1, 2 et 3; les fibres dorsales issues des encéphalomères JL et V innervent deux arcs viscéraux successifs, le deuxième et le troisième.

Après que ces nerfs se sont ébauchés, le cerveau continue son évolution. L’encéphalomère I ou cerveau antérieur donne naissance aux vésicules optiques primitives, aux hémisphères cérébraux et au thalamencéphale. L'encéphalomère IT produit les corps bijumeaux et les pédoncules centraux; les encéphalomères suivants constituent le cervelet et la moelle allongée. La flexion cränienne se produit de bonne heure dans la région de l’encéphalomère III, qui pendant quelque temps forme par suite l'extrémité dorsale antérieure de l’axe neural; elle s’accentue chez les Élasmobranches, au point que finalemeut les deux surfaces que la plicature rapproche l'une de l’autre arrivent à se toucher (Scyllium), mais à ce moment le cerveau antérieur a pris un tel développement qu'il dépasse en avant le cerveau moyen et que la flexion se trouve ainsi masquée. De très bonne heure les vésicules optiques apparaissent comme deux évaginations symétriques de la base de l'encéphalomère (Marsipobranches, Élasmobranches, Ganoïdes); elles se pédiculisent peu à peu sans s’isoler cependant de l’encéphalomère I; la partie ventrale de cet encéphalomère comprise entre les deux pédoncules représente le chiasma des nerfs optiques. Pendant ce temps l'encéphalomère I s'est allongé en avant des vésicules optiques et il se forme sur sa surface dorsale un sillon qui s'enfonce obliquement en se dirigeant en bas et en avant, les parties de l'encéphalomère I entre lesquelles il s'établit, continuant d’ailleurs à communiquer l’une avec l’autre; la partie antérieure est l'ébauche des hémisphères et des lobes olfactifs, la partie postérieure celle du thalamencéphale. Dans ces parties le plancher ou surface ventrale et la voûte ou surface dorsale présentent des modifications qui leur sont propres. La voûte du segment antérieur s’élargit latéralement, et bientôt apparait une constriction médiane qui la divise en deux lobes sphéroïdaux, les deux hémisphères. Ces lobes sont creux et leur cavité représente les deux premiers ventricules cérébraux ou ventricules latéraux; la cavité du segment postérieur est le troisième ventricule. L'atrium médian dans lequel viennent s'ouvrir ces trois ventricules est le trou de Monro. La partie de la voûte comprise entre les deux hémisphères et qui s'étend en haut et en avant de la voûte du troisième ventricule jusqu'au chiasma des nerfs optiques est l'ébauche de la lamina terminalis. Le sillon de séparation des deux hémisphères est très peu profond chez beaucoup d'Élasmobranches ; toutefois les hémisphères sont toujours volumineux, et dépassent en arrière le thalamencéphale.

La région antérieure du plancher du thalamencéphale donne naissance aux nerfs optiques et à leur chiasma; la région postérieure produit une saillie, ébauche de

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