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METAMORPHOSES

dans une certaine mesure, à leur alimentation, en attendant qu'ils puissent se suffire complètement à eux-mêmes. Après leur éclosion, beaucoup de jeunes Poissons ont à subir d’autres transfôrmations que la résorption de la vésicule vitelline ; comme ils possèdent déjà tous les segments de leur corps, ces transformations doivent être considérées comme des métamorphoses. Les Poissons dont l'éclosion est le plus précoce sont les Petromyzon. Dans l'œuf, en raison du volume de la masse macromérique, l'embryon a la forme d'un sphéroïde duquel se dégage d’abord l'extrémité antérieure quelque peu vermiforme du corps. A mesure que cette région vermiforme s’allonge, la masse sphéroïdale s'amoindrit, et, au moment de l'éclosion, de quinze à vingt jours après la fécondation, la jeune Lamproie a la forme d'un ver légèrement renflé à son extrémité postérieure, en raison de la persistance d’une petite quantité d'éléments nourriciers ; elle possède déjà tous ses orifices branchiaux. Elle prend en trois ou quatre semaines sa forme définitive, mais elle a si peu les caractères du Petromyzon adulte, qu'on avait autrefois créé pour elle le genre Ammocætes. La Lamproie atteint à l’état d'Ammocætes sa taille définitive, qui, chez les grandes espèces (Petromyzon marinus, P. fluvialis), varie de 0 m. 5 à 1 mètre de long; elle y emploie environ trois ou quatre années. La transformation de l'Ammocœtes en Petromyzon ne demande que quelques semaines; elle a lieu à la fin de l'automne et durant l'hiver, après quoi la Lamproie se reproduit et meurt d'habi-

Fig. 1849. — Embryon de Sgualus. — Sp, évent; M, bouche, suivie des branchies externes ; Nb, cordon ombilical.

tude au début de l'été. Le Petromyzon marinus vient pondre dans les fleuves où il passe les premiers temps de sa vie. Les Ammocætes vivent dans les cours d’eau, enfoncées dans la vase ou dans le sable ‘; elles ont une bouche en forme de croissant (fig. 1647, p. 2363), à lèvre antérieure saillante; leur large vestibule buccal est dépourvu de dents; mais est garni au fond d’un cercle de papilles; leurs yeux sont cachés sous la peau. Chez le Petromyzon, au contraire, la bouche est circulaire, le vestibule est muni d’odontoides cornés; les yeux deviennent superficiels et la nageoire dorsale, primitivement continue, se divise en deux autres. Des changements internes importants (p. 2470) accompagnent ces modifications externes.

Les Sélaciens, à leur naissance, possèdent des branchies externes, représentées par des filaments portés par le bord antérieur des fentes branchiales (fig. 1849). Les Ganoïdes ont également des branchies de cet ordre ; chez l'Acipenser elles sont représentées par des papilles vascularisées disposées en plusieurs rangées sur les bords des fentes branchiales ; ces organes sont remplacés, chez les jeunes Polyptères, par une longue branchie plumeuse, située de chaque côté.

Chez les jeunes Esturgeons, il existe en avant de la bouche quatre saillies cylin-

1 On les trouve en été en grand nombre enfouies dans le sable des grèves desséchées de la Loire, aux environs de Blois, à St-Dyé-sur-Loire, par exemple.

driques; à la place correspondante, on observe chez les larves des Lepidosteus un large disque chargé de papilles et formant un organe d'adhérence (fig. 1850, ds); un rudiment très caractérisé de ce disque et de ses pagilles se retrouve chez les larves d'Améa. La nageoire impaire est continue; il n'y a pas encore de nageoires paires ; la queue, d'abord diphycerque, devient hétérocerque par suite de l'atrophie de la partie de la nageoire dorsale située à l'extrémité de la queue, et du développement qu'alteint dans cette même région la nageoire impaire ventrale.

Les Téléostéens, au moment de leur naissance, ont, en général, une tête volumineuse, des yeux très grands, une grosse vésicule vitelline, une nageoire impaire continue aussi bien du côté dorsal que du côté ventral (fig. 1840 et 1841); la

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Fig. 1850. — Larve de ZLepidosteus.— ds, disque suctoriel ; "ms, mâchoire supérieure ; "», mâchoire inférieure; on, narine ; 0, opercule; xp, nageoire pectorale ; nd, nageoïre anale; ne, nageoire caudale ; na, nageoire anale; a, anus. La vitelline est encore bien développée.

queue, d’abord diphycerque, devient ensuite hétérocerque et finalement homocerque, en même temps que la nageoire impaire continue à se lober, quand il y à lieu, de manière à fournir trois, deux ou une seule ventrale, une anale et la caudale. Les nageoires paires sont d’abord insérées longitudinalement; ce n'est que graduellement que leur ligne d'insertion devient oblique ou même verticale; les ventrales n'apparaissent qu'après les pectorales, et, chez les embryons pélagiques, n'apparaissent même qu'au moment où la vésicule ombilicale étant presque résorbée, on peut considérer la période larvaire comme terminée. Le dernier reste de cette vésicule est un réseau vasculaire que les très jeunes poissons présentent encore longtemps près de leur extrémité caudale (fig. 1851, vs). L'opercule ne se développe souvent que tardivement; dès lors les fentes branchiales sont à nu et quelquefois pourvues de rudiments de branchies externes.

Le jeune animal peut éprouver longtemps encore des modifications plus ou moins importantes. Le jeune Saumon, par exemple, présente durant sa première période une teinte grise, avec bandes transversales plus foncées; il a des dents vomériennes, comme les Truites, et présente la même forme d'opercule et le même aspect général que celles-ci; peu à peu son opercule prend sa forme définitive caractéristique, et son dos se teinte de bleu; il descend alors à la mer et en revient deux ou trois mois après avec les caractères de l'adulte, qui s’accentuent encore l'année suivante après un second voyage à la mer.

Les CONGERIDE et les ANGUILLIDE présentent des modifications plus importantes encore !. Les uns et les autres sont d'abord les larves marines si différentes des

1 Gill avait soupçonné en 1864 que le Leplocephalus Morrisii élait la larve du Conger

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